MARAIS POITEVIN : un nouveau policier municipal à Coulon (2)

Publié le Mis à jour le

Le policier municipal nouveau est arrivé à Coulon (Deux-Sèvres). La nouveauté vient du fait que Nicolas Fauchez est titulaire du grade de chef de service de Police municipale principal de 1re classe. Arborant trois barrettes blanches, ce nouveau « cadre d’emploi agent de Police municipale » est un professionnel d’expérience qui devrait faire oublier son prédécesseur.

M. Nicolas Fauchez, chef de service de Police municipale de 1ère classe, catégorie B, en poste à Coulon.

Le jeudi 15 mars 2018, en prélude à la réunion du Conseil municipal, le maire de Coulon, Michel Simon, a présenté aux élus, Nicolas Fauchez. En quelques mots, ce dernier a dressé un curriculum vitae digne d’un employé municipal de luxe à l’échelle d’une si petite commune aux moyens modestes.

 « Je m’appelle Nicolas Fauchez, j’ai 42 ans, je suis marié et nous avons deux enfants âgés de 4 et 8 ans ». Son cursus universitaire est riche d’une licence en droit social, d’une maîtrise en droit privé spécialisé en droit pénal des affaires, et d’études en Institut de police judiciaire. Le tout dispensé à La Rochelle (Charente-Maritime).

Puis vient son parcours professionnel : « J’ai débuté comme policier municipal sur l’Île-de-Ré ». Il a ensuite rejoint les rangs de la Police nationale à la police de l’air et des frontières en l’aéroport international de Paris – Roissy – Charles-de-Gaulle durant trois ans environ. Ensuite, il a « retrouvé un poste de policier municipal sur l’Île-de-Ré dans la même commune qu’auparavant ». Avant d’effectuer un tournant, en 2002, en réussissant le concours de chef de service (catégorie B). Il a été recruté, en 2003, par une ville de la banlieue sud d’Orléans (Loiret) jusqu’à son arrivée à Coulon le 1er mars 2018. Il a « dirigé une brigade comptant jusqu’à quatre personnels ». Pendant ces quinze ans, il a « informatisé tout le service, mis en place un système de radio-communication numérique, la vidéoprotection, l’armement, des actions en sécurité routière et du contrôle radar sur la voie publique ». Après une période d’adaptation, M. Fauchez risque de s’ennuyer à Coulon.

Suite à un changement professionnel de sa femme, le ménage a décidé de revenir dans la région.

 A l’issue d’une laborieuse première expérience de Police municipale, l’agent en poste à Coulon avait démissionné en juin 2017. Le maire avait alors engagé son conseil dans le recrutement d’un nouveau policier visant les grades de «gardien brigadier», de «brigadier-chef principal» et de «brigadier». Or, suite aux entretiens de sélection menés avec les services du Centre départemental 79 de gestion du personnel territorial, qui a reçu deux personnes, le choix du recrutement s’est porté sur un candidat titulaire d’un grade du cadre d’emploi des « Chefs de service de Police municipale ». Les élus devaient donc modifier le libellé de ce poste, à savoir : Chef de service de Police municipale principal de 1ère classe, catégorie B, à temps complet.

S’agissant d’un recrutement par voie de mutation, et compte tenu d’un délai de préavis de trois mois, la nomination de ce nouvel agent n’a pu être effective qu’à compter du 1er mars 2018.

Un luxe que le budget municipal de Coulon n’avait pas prévu.

Selon la Gazette, le journal des communes, départements et régions de France, la rémunération des agents de Police municipale a été revalorisé au 1er janvier 2017 (décret n°2017-398 du 24 mars 2017). Ainsi, le « traitement indiciaire brut mensuel (montants indicatifs) des grades brigadiers chef principal et chef de service de Police municipale est porté, au 1er février 2017, de 1 537 euros environ en début de carrière à 2 310 euros environ en fin de carrière (échelon spécial, chef de service). » De plus, de nouvelles « bonifications indiciaires » peuvent être perçues, ainsi qu’une participation récente au « régime indemnitaire ».

 Les finances de la commune doivent aussi supporter l’achat et l’équipement d’un véhicule de fonction. Un investissement initialement prévu pour le policier précédent. Le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin proposait à la vente une Renault Clio diesel. Malgré un compteur  affichant plus de 180 000 km, Coulon a investi 1 000 €. « Le budget d’entretien des véhicules et du matériel roulant est serré », a notamment fait remarquer l’adjoint Yves Pouzet. Il pensait peut-être à l’âge de la Clio, aux nouvelles règles du contrôle technique, ainsi qu’aux frais de carburant et d’assurance.

En plus, il a fallu équiper cette voiture du matériel réglementaire, à savoir, une rampe lumineuse, des avertisseurs sonores et la sérigraphie « Police municipale ». Le coût de cet équipement est de 4 710 euros. Il convient d’ajouter la main d’œuvre pour l’installation.

En prime, la municipalité doit participer à l’armement du policier, à hauteur de 2 500 euros, afin que ce dernier conserve son habilitation de port d’arme, durant son passage à Coulon. Enfin, qui dit arme dit protection, pour 300 euros, les Coulonnais devront aider à l’achat d’un gilet pare-balles (valeur 550 euros).

 Au cours de cette réunion du Conseil municipal, le maire a souligné qu’il avait fait le tour des commerçants en compagnie du chef Fauchez, « il y a plein de choses qui ne sont pas aux normes à Coulon. Nicolas connait ça par cœur, il doit voir » pour y remédier. Au sujet des controversées zones bleues, M. Simon a informé que l’agent n’est pas du « style à mettre des PV à tout va ». Pour le moment, « il met des papiers sur les véhicules. » Il souhaite « se faire respecter et respecter tout le monde. Il est dans la bonne démarche ». Mais, le maire a ajouté que cette zone bleue est « faite pour les commerçants. » Un détail que la population ne va guère apprécier, surtout les nombreux Coulonnais qui résident dans les écarts. Enfin, le clou final de M. Simon: « Avant, les PV étaient à 17 euros, maintenant c’est 35 euros, l’État a légiféré. » Autour de l’église, le stationnement est limité à « une heure et demie avec une tolérance, dont, par exemple, à midi, pour les convives d’un restaurant, mais ça peut ne pas suffire pour des clients d’un coiffeur. »

En tout état de cause, le chef de service de Police municipale Nicolas Fauchez devra (re)nouer des liens de confiance avec les Coulonnais, et réguler les impulsions de leur maire.

Gilles PETIT

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