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Camping-Car Bienvenue : Des camping-caristes créent un label pour évaluer l’accueil par les communes

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Le Monde du Camping-CarUn article de la revue « Le Monde du Camping-car » nous livre cette information.

Texte d’Antoine Chapenoir

Label Camping-Car Bienvenue

L’initiative est partie d’une association de camping-caristes nommée « Baroudons ». Ce nouveau label, “Camping-Car Bienvenue” sera accordé aux communes qui le méritent (et qui paieront la somme forfaitaire de 100 €). Un panneau, fixé à l’entrée de la commune, indiquera la note accordée à la commune par l’association Baroudons.

Si l’on en croit le site internet dédié au label « Camping-Car Bienvenue », les conditions d’accueil des camping-cars en France sont de moins en moins satisfaisantes. Pour résumer : du fait de l’augmentation du nombre de camping-cars, les communes interdisent le stationnement des camping-cars ou créent des aires d’accueil trop loin des centre-villes. Mais voilà : “Les riverains ne supportent plus le ballet incessant de gros véhicules qui manœuvrent chaque jour à côté de chez eux.” Et les riverains ne seraient pas les seuls mécontents : “Certains camping-caristes ne veulent plus aller dans ces aires. Certains camping-caristes quittent les villes qui ne proposent rien d’autre en matière de stationnement. Certains camping-caristes partent à l’étranger où l’accueil serait moins hostile. D’autres se posent la question tout simplement de vendre leur véhicule de loisirs.” Forte de cet état de fait, qualifié de “triste constat”, l’association Baroudons a décidé de créer un label pour sensibiliser et conseiller les communes, autant que pour informer les camping-caristes.

 

Un label, un panneau
label-camping-car-bienvenueLe label Camping-Cars Bienvenue se distingue avant tout par son panneau. Un grand rectangle jaune moutarde, mentionnant le nom du label et comportant des dessins représentant des camping-cars. Ce panneau devrait être apposé par les communes adhérentes, sous leur panneau d’entrée de ville. Le nombre de camping-cars correspond à la note accordée par l’association à la commune. “Le label 4 camping-cars est décerné aux communes par l’association qui ont atteint un niveau d’accueil exemplaire”, explique le communiqué fourni par l’association. Ce document indique aussi les critères sur lesquels seront jugés les communes :

• La différenciation du stationnement diurne et nocturne ;
• L’accès aux zones de services ;
• Le temps de parcours pédestre entre la zone de stationnement et le centre-ville ;
• Le nombre de places réservées aux camping-cars à mettre en relation avec la capacité d’accueil de la commune ;
• Les durées de stationnement autorisé ;
• Le coût du stationnement et des services ;
• La nature du sol des zones de stationnement ;
• . . .

 

Encore des panneaux
Les trois petits points qui terminent cette liste laissent à penser que d’autres critères seront ajoutés par l’association de camping-caristes. On aurait aimé prendre connaissance de la liste exhaustive, parce que c’est bien là que tout se joue: quelles sont les communes qui auront droit au label. On imagine que si la liste n’est pas complète, c’est qu’elle sera affinée avec le temps. Remarquons aussi, sur le site internet du label, que des panneaux ont été dessinés, afin d’être apposés sur les aires d’accueil, afin de spécifier “les services proposés sur les places de stationnement”. On y trouve un panneau pour le wifi, un autre pour la présence d’emplacements de plus de 8m, un autre sur la durée maximum du stationnement.

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Une longue route…
Créer un label de l’accueil des camping-cars est une idée louable. Mais la mise en pratique est ardue. Il n’est pas facile de déterminer des critères qui permettent de dire qu’une commune accueille convenablement les camping-cars. Certains apprécieront le fait qu’une ville ait créé une grande aire d’accueil tout équipée proche du centre, d’autres déploreront que le reste de son territoire soit interdit au stationnement. Pour prendre un exemple, la commune de La Bernerie-en-Retz (44) possède une belle aire d’accueil, louée par de nombreux camping-caristes. Mais la ville a fait l’objet d’actions en justice de la part du Comité de Liaison du Camping-Car, pour sa réglementation sévère. Pour autant, la tâche nous paraît ardue, mais pas impossible. La création de ce label vise à améliorer l’accueil des camping-cars, à sensibiliser les communes et à créer des espaces de stationnement proches des commerces. Une bonne idée, en somme.

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MARAIS POITEVIN : des bovins « mis à l’herbe » par bateau pour entretenir les îles du Marais mouillé

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Dans le marais de La Garette (Deux-Sèvres) au cœur des Marais mouillés du Marais Poitevin, un site appelé « Venise Verte« , les vaches (surtout de race maraîchine) regardent passer . . . les touristes, qui flânent en barque durant la saison estivale.  Installées sur des parcelles inaccessibles par voie de terre, elles sont « mises à l’herbe » jusqu’à l’automne. Pourquoi ? Comment ?

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La Maraîchine est élevée dans les marais atlantiques et leurs régions bordières et participe ainsi au maintien des prairies de marais, support de la biodiversité des zones humides. Vache rustique et à croissance lente, elle possède les aptitudes d’un animal de type mixte adapté à un milieu difficile et à des conditions d’élevage extensif.
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Avec ses yeux maquillés et sa robe brun orangé, la vache maraîchine cadre bien dans le Marais poitevin.

« La Maraîchine est une bonne mangeuse d’herbe qui se complait sur les prairies humides des marais de Vendée, de Charente Maritime et des Deux-Sèvres. Elle a gardé toute sa rusticité, sa fécondité, ses facilités de vêlage. Elle a une grande productivité numérique. Moins précoce en croissance que les races à viande spécialisées, elle excelle dans la production de veaux blancs ou rosés élevés sous la mère et dans la production de bœufs de 3 ans et demi à 4 ans, élevés à l’herbe. »

 

 

Cette année, six exploitations, membres de l’Association des Éleveurs par bateau de la Venise Verte, déplacent près de 150 animaux vers les marais inaccessibles par voie de terre situés entre les villages de Coulon, Magné et La Garette. Pour ce faire, les éleveurs disposent du chaland-bétaillère appartenant au Parc naturel régional du Marais poitevin. Les vaches et les bœufs vont pâturer jusqu’à l’automne, sur 120 Ha de prairies naturelles.

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Afin de faire « tourner » l’entretien des parcelles, durant la saison, sept éleveurs utiliseront ce chaland, à cinq portes-passerelles, pour permettre aux troupeaux de franchir aisément les « conches ». Ainsi, en l’absence de ponceau, le bateau est positionné en passerelle, en long ou en large, au travers du cours d’eau.

Grâce à l’action combinée du Parc naturel régional du Marais poitevin et de l’Association des Éleveurs par bateau de la Venise Verte, les parcelles concernées par la déprise agricole depuis les années 1970 dans le marais, retrouvent une activité pérenne. Fruit de 15 ans de travaux et de collaboration avec les éleveurs, l’agriculture renaît dans les îles de La Garette.

« Étendu sur environ 300 hectares au cœur de la Venise Verte, le marais de La Garette se situe à cheval sur les communes de Sansais-La Garette et Magné. Cette zone humide bocagère bordée, au nord-ouest, par la Sèvre Niortaise est constituée d’un fort maillage hydraulique, constitué de canaux étroits, et de petites parcelles de prairies avec alignements de frênes, taillés en têtard, et de peupliers. Elle est intégrée au site Natura 2000 Marais Poitevin, pour sa valeur écologique. Ses intérêts paysager et scientifique ont également justifié en 1981 son classement en site classé selon la loi du 2 mai 1930. »

 

 

On dit que la mise à l’herbe est une tradition ancestrale. C’est vrai et faux à la fois. En effet, seules les fermes du marais déjà inaccessibles par voie de terre déplaçaient leurs cheptels en « barque à vaches » dans un espace limité autour de leurs installations. Ces grands bateaux servaient aussi de simples passerelles entre prairies. En revanche, beaucoup de fermiers utilisaient ce moyen de transport pour se rendre plus aisément aux marchés aux bestiaux des communes environnantes ou rejoindre les camions pour des déplacements plus lointains. A cette époque, la grande majorité des parcelles du Marais mouillé étaient, soit cultivées, soit fauchées par les éleveurs, lesquels ramenaient leurs productions, le foin et l’herbe à la ferme en bateau.

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Avant l’embarquement, les bovins doivent passer dans un « travail » pour les peser, puis traités avec un produit contre mouches et tiques. Cette année, le public n’a pas assisté à ces étapes indispensables car elles ont été menées préalablement à cette animation publique.
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L’entretien des marais inaccessibles par voie de terre est le fruit d’une étroite collaboration entre collectivités, institutions et associations.

Gilles PETIT

Sources : Parc Naturel Régional du Marais Poitevin; Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes; Association des Éleveurs par bateau de la Venise Verte; CIVAM SUD 79 Marais mouillé.

 

Bonus:

Le reportage de France 3 Poitou-Charentes.

MISE A JOUR 29/5/2016:

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Reportage de TF1 sur le Marais Poitevin à partir de la 15ème minute.

 

 

BESSINES (79) : un Jean Richard en cachait un autre ! L’hommage d’une commune à son célèbre enfant.

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« C’est le jour de la Saint-Parfait qu’est né Jean Richard dans le petit village de Bessines, au cœur du Marais Poitevin. Son grand-père maternel, maire du village pendant 17 ans, s’est spécialisé dans l’élevage des ânes du Poitou. Ainsi tout jeune, Jean est déjà dans le monde des animaux ! Son père Pierre reprend l’élevage et y ajoute celui de chevaux nommés « postiers bretons ». » Tels sont les premiers pas de l’artiste, acteur et directeur de cirques, Jean Richard, né le 18 avril 1921. Bessines a célébré son anniversaire, les 16 et 17 avril 2016, en proposant une riche exposition et en donnant son nom à sa toute première école.

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Jean Richard et son épouse Annick Tanguy, à la ville comme à l’écran dans les enquêtes du Commissaire Maigret. Collection Pierre Fenouillet
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LE BERCEAU DE JEAN RICHARD Témoignage de M. Barbaud : « Mes parents étaient cultivateurs à la ferme de La Ménagerie de Ménigoute. Cette ferme appartenait à la famille Richard, dont le père de Jean Richard et son frère. Jean Richard adorait la chasse et venait souvent à la ménagerie du fait que son père était un grand chasseur et un grand fumeur ! Maman s’est retrouvée enceinte et lors d’un repas, Jean Richard lui dit : Henriette, ne cherche pas de berceau, je t’apporterai le mien ! Et c’est ainsi que j’ai été bercé dans le berceau de Jean Richard ! » Collection M. Barbaud

« Jean-François-Henri Richard a fréquenté l’école de garçons de Bessines, dixit le panneau d’accueil de l’exposition consacrée au Bessinois.

Puis lycéen au Lycée Fontanes de Niort, il est passionné par le dessin alors que sa famille le destine à devenir notaire. C’est aussi le début de sa passion pour le cirque qui l’a habité toute sa vie.

Le petit Jean était souvent emmené par sa mère et sa grand-mère voir les fêtes foraines et surtout la ménagerie. Il y rencontre les fauves pour lesquels il aura toujours une grande fascination.

Enfant unique, il partage ses jeux avec ses cousines. Il aime se déguiser et « jouer au théâtre ». Son habileté dans le dessin lui vaut d’obtenir un contrat pour plusieurs journaux qui réclament ses caricatures.

 

Toujours au lycée, il monte sur les planches pour le spectacle de fin d’année : il joue avec un grand succès le rôle de Purgon dans « Le Malade imaginaire ». A ses goûts s’ajoute celui du cinéma : Jean est un passionné du grand écran, il va voir tous les films qui passent à Niort et devient un excellent cinéphile !

Il avait 17 ans lorsque son père disparait emporté par un cancer. Ayant échoué au bac, n’ayant pas l’envie de reprendre l’élevage de chevaux, Jean doit chercher du travail. A commencer par l’usine de son oncle, mais ce travail ne lui plait guère. Il vise l’entrée à Saumur, la ville du « Cadre noir« . Pour cela, il fait ses classes à Rambouillet aux ordres d’un certain Michel Debré, lieutenant instructeur. La guerre arrive et Jean est engagé dans la cavalerie. En 1940, il est envoyé en Bavière pour le Service du Travail Obligatoire (STO).

Rentré à Paris, il épouse en premières noces Anne-Marie Lejard, avec laquelle, en 1946, il aura une fille Elisabeth, dite Babette.

Collection Pierre Fenouillet 3796Après avoir participé à plusieurs spectacles pour le théâtre aux Armées, il fonde en 1945 les Productions Richard qui deviennent le concessionnaire exclusif de tous les spectacles de théâtre ou de variétés relevant des autorités françaises en Allemagne. En 1948, il décide de présenter en Allemagne la pièce de Marcel Achard « Jean de la Lune ».

Après diverses péripéties, Jean est amené à jouer lui-même un rôle dans la pièce, ce sont ses premiers vrais débuts d’acteur. Les tournées des Productions Richard ont duré jusqu’en 1950, avec près de 460 spectacles. Son premier grand succès au cinéma « Belle mentalité » date de 1952, et Jean Renoir lui offre l’un des meilleurs rôles dans « Elena et les hommes ».

Après une tournée au Canada avec la troupe des « Burlesques de Paris », fondée pendant la guerre, Jean Richard est engagé dans un cabaret de la rive droite, « L’Amiral », où, pendant neuf ans, il joue des revues avec Darry Cowl, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. C’est à « L’Amiral » qu’il crée le personnage de Claudius Binoche, le « gars de Champignol », qui lui amène le succès, mais aussi une étiquette d’amuseur public qui lui a collé à la peau jusqu’à ce qu’il s’impose dans le rôle de Maigret :  « C’est la série télévisée des Maigret qui a décollé l’étiquette « Champignol », et m’a permis de m’exprimer dans un style plus conforme à ma vraie nature », précisa plus tard l’artiste.

Parallèlement au cinéma, Jean Richard se lance aussi dans le music-hall (l’Olympia où il  joue un sketch de dompteur de lion . . .), ainsi que l’opérette, notamment au Châtelet en partageant la vedette avec Georges Guétary dans la version théâtrale de « Certains l’aiment chaud », « La Polka des lampions » et enfin le théâtre « le Médecin malgré lui », « Noix de Coco », « Demeure chaste et pure ».

Dans les années 1950, Jean Richard fréquente le Tabarin, un cabaret de Pigalle, où se produit une « ravissante débutante blonde », Annick Tanguy, qui exécute un numéro de danse en forme de parodie de dressage. Jean Richard en tombe amoureux, l’entraîne dans les spectacles de L’Amiral et l’épouse en 1957. En 1958, ils auront un fils, Jean-Pierre.

Collection Pierre Fenouillet 3813Sa passion pour les animaux le pousse à  se constituer une véritable ménagerie. Celle-ci devint si imposante qu’il crée, au milieu des années cinquante, un zoo à Ermenonville dans l’Oise.  En 1963, il crée dans cette ville « La Mer de sable », le premier parc d’attraction à thème français. C’est là que seront tournées les séries télévisées sur le cirque produites par Jean Richard.

Collection Pierre Fenouillet 3820Il participe à des galas avec le cirque Medrano, puis crée en 1957, son propre cirque avec la collaboration des Gruss, et rachète le 29 janvier 1972, le cirque Pinder. Pour financer ses projets coûteux, il s’est résigné à tourner dans beaucoup de films à l’accueil souvent mitigé et dans des pièces de théâtre de qualité inégale, enfin à tourner en province avec les galas Karsenty-Herbert. Il dira être « le seul homme à nourrir des lions avec des navets« .

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Considéré comme LA référence de Georges Simenon, le maire des Sables d’Olonne (85), M. Didier Gallot a analysé le personnage de Maigret qu’il soit joué par Jean Gabin, Jean Richard ou Bruno Cremer. Il a souligné qu’il y a eu deux commissaires avant et après le jeudi 10 mai 1973, jour du terrible accident de voiture à Evreux dont réchappa miraculeusement Jean Richard.

Il est devenu célèbre pour avoir incarné pendant plus de 20 ans, à partir d’octobre 1967, le Commissaire Maigret à la télévision, sous la direction de Claude Barma et de Jacques Rémy, dans 92 épisodes dont 18 en noir et blanc. Sa stature imposante, son côté naturellement bourru et lent, sa démarche assurée et le fait qu’il fumait la pipe depuis longtemps lui ont sans doute permis de décrocher ce rôle. C’est le seul acteur au monde à avoir tourné l’ensemble des Maigret de Georges Simenon, le dernier ayant été diffusé sur le petit écran en juin 1990.

En 1973, alors qu’il se trouvait au sommet de sa popularité, il est victime d’un terrible accident de voiture qui le laissera six semaines dans le coma.

Les organisateurs de l’exposition-hommage à Jean Richard ont eu la bonne surprise d’accueillir un visiteur pas comme les autres : M. Daniel Lavie, régisseur du Cirque Jean Richard et le dernier Monsieur Loyal, formé par l’illustre Sergio.

Il reçoit en 1980, le Grand Prix national du cirque après avoir obtenu de l’Etat la reconnaissance du cirque comme une activité culturelle à part entière, puis il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1995.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bessines avait déjà rendu hommage à  son illustre citoyen en lui donnant, de son vivant, le nom d’une rue de sa commune maraîchine. Jean Richard en éprouvera d’ailleurs une grande fierté. Aujourd’hui, à l’occasion des 95 ans de sa naissance et dans le cadre du festival « Regards noirs », les écoles ont désormais un nom : Groupe scolaire Jean-Richard.

Jean Richard est décédé le 12 décembre 2001 à Senlis dans l’Oise à l’âge de 80 ans.

Gilles PETIT

 

« Parlons gravure » avec Jean-Claude Daroux

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Invité dans les locaux de la médiathèque du Lambon à Niort (79), par le Centre socioculturel et le Conseil de quartier de Souché, le graveur Jean-Claude Daroux a animé des ateliers gravure destinés aux adultes et aux enfants de 7 à 11 ans durant son exposition intitulée « Parlons gravure« . A cette occasion, Capt’Action79 a produit un documentaire vidéo dans lequel l’artiste magnésien explique la Taille Douce.

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Durant un mois, l’artiste Jean-Claude Daroux va expliquer la Taille Douce et initier à la gravure au burin.

vlcsnap-2016-03-30-20h38m29s96Né à Niort (Deux-Sèvres) en 1942, Jean-Claude Daroux a séjourné pour raisons professionnelles en région parisienne pendant 35 années. En 1973, il fait la rencontre du peintre Sotelo, réfugié politique chilien, avec lequel il se lie d’amitié. Il prend des cours d’arts plastiques et découvre la gravure. De retour dans son Marais Poitevin natal, le tout jeune retraité ouvre son atelier de graveur « La Tailledoucerie » à Magné, petit village situé entre Niort et Coulon dans la Venise Verte. Sa source d’inspiration est en grande partie la Femme. L’artiste précise : « C’est au burin, ma technique préférée sur cuivre ou zinc, que je contourne la Femme, je la creuse, la caresse, la respecte, la donne à voir. J’essaie de faire vivre au quotidien cette réflexion de Paul Eluard (1929) : « donner à voir » revient par des mots et des images à lever les œillères sociales, morales, religieuses, qui font à l’homme un destin d’aveugle. »

 

logo_biennale60En 2015, l’association magnésienne « Les Amis du Four Pontet  » a organisé un rendez-vous bien particulier : la 4e Biennale de l’estampe. Cheville ouvrière de cette organisation, Jean-Claude Daroux, peintre et graveur local, ne boudait pas son plaisir. « La 4e Biennale a confirmé son succès, affirme l’artiste, avec la présence de 128 plasticiens et 19 nationalités représentées. Ils ont, comme des magiciens, étonné par leur technicité au service de la création. Cette Biennale, précise-t-il, s’inscrivait dans le cadre de la 3è fête nationale de l’estampe organisée par Manifestampe (Fédération nationale des graveurs) confirmant une fois encore le Four Pontet en tant que poumon culturel du centre bourg tant apprécié par les Magnésiens et tous les amoureux de l’Art. »

A cette occasion, Capt’Action79 a posé ses caméras au Centre culturel du Four Pontet à Magné. Dans la vidéo, « Si on parlait gravure . . . » (disponible sur YouTube ci-dessous), Jean-Claude Daroux nous livre une démonstration de gravure au burin dite Taille Douce.

Atelier La TAILLEDOUCERIE, 21 rue du Château 79460 Magné. Contact : jcd.tailledoucerie@gmail.com ;   internet http://www.magneculture.fr

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : des pontons non autorisés effacés du paysage dans la Venise Verte

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Top ! Dans le Marais Poitevin, en 2014, nous étions 723 sur 24 km entre Marans (17) et Coulon (79) ; cette année-là, nous étions 18 seulement déclarés et autorisés ; en 2015, 113 d’entre nous ont été démolis ; en mars 2016, 19 non déclarés et non autorisés ont été détruits le long de la Sèvre Niortaise à Coulon et au Vanneau-Irleau ; nous sommes ! nous sommes ! . . . les pontons et autres installations recensés par l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise. L’IIBSN qui a décidé de renforcer les contrôles des « installations engendrant une occupation du domaine public » sur les 183 km de voies d’eau qu’elle gère dans le Marais Poitevin.

Depuis le début de l’année 2014, l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSN), qui siège à Niort (79), est propriétaire gestionnaire du domaine public fluvial (DPF) de la Sèvre Niortaise, du Mignon et des deux Autizes. Une gestion partielle des Marais Mouillés du Marais Poitevin transférée par l’Etat. Une mission autrefois confiée à la DDTM (Direction départementale des territoires de la mer). Les autres voies d’eau (canaux de dérivation, conches, fossés . . .), dites de propriétaires, sont gérées par des Syndicats intercommunaux réunis au sein d’une Union des Syndicats des Marais Mouillés du Marais Poitevin.

Sont concernés, des communes dans les Deux-Sèvres et en Vendée, le canal de la Vieille-Autize, la rivière de la Vieille-Autize, le canal de la jeune Autize (de Souil jusqu’à la Sèvre). Les communes de Damvix, Maillé, Vix, Coulon, Le Vanneau-Irleau et Sansais-La Garette ont fait l’objet de contrôles.

Beaucoup de Maraîchins et de résidents occasionnels ignoraient que les occupations privées sur ce domaine public qu’est le fleuve et deux de ses affluents sont soumises à une autorisation d’occupation temporaire (AOT).
De ce fait, les particuliers doivent déclarer leur installation, laquelle doit être conforme pour être autorisée, contre le paiement d’une redevance domaniale annuelle (76 € par an pour un ponton jusqu’à 3 m2, plus 60 € par m2 supplémentaire). L’amarrage d’une barque ou d’un canoë dans la limite de deux par foyer et par ponton est gratuit ; 30 € seront demandés pour une barque supplémentaire. L’amarrage d’un bateau pour l’année coûtera 150 € ou 100 € pour la période estivale du 1er avril au 30 septembre.
Photo G.PETIT 3731Selon l’IIBSN : « A défaut de contrôles et de sanctions, les constructions se sont multipliées au fil des décennies le long des berges, de façon très anarchique. Ces installations peuvent entraver la libre circulation sur l’eau, poser des problèmes de sécurité voire d’esthétique lorsque certains ont eu l’idée de bétonner. »
Depuis juin 2014, l’IIBSN a recensé les installations construites sans autorisation sur le domaine public fluvial. Après une réunion publique, organisée fin 2014, l’IIBSN avait procédé à une première vague d’enlèvements en mars et avril 2015.  Une deuxième est intervenue les 7 et 8 mars 2016 entre le Pont d’Irleau et la limite d’exploitation de la commune de Coulon (voir plus bas). Une nouvelle opération de déconstruction est prévue en avril du côté de Taugon, La Ronde, Maillé, Vix, puis sur le secteur de Marans.


Les installations autorisées sont désormais identifiées par une plaque d’immatriculation normalisée.

Les particuliers ont toujours la possibilité d’installer un escalier, un ponton, des poteaux pour les barques . . . à la condition de déposer une demande auprès de l’Unité gestion du domaine et de la navigation, soit par téléphone au 05.49.09.01.55, soit par courriel à gestion.domaine@ sevre-niortaise.fr

Sont concernées par cette Autorisation d’Occupation Temporaire toutes installations de type ponton fixe ou flottant, descente (escalier ou échelle), point d’amarrage ou d’ancrage sur berge, cale de mise à l’eau, canalisation dans la berge, prélèvement d’eau et travaux de protection de berge.

 

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L’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise a dépêché le « Rutilus », son bateau à fond plat équipé d’une puissante mâchoire. Ici en aval du barrage de La Sotterie, sur la commune de Coulon, l’engin a délicatement déconstruit 19 installations, dont certaines ancestrales.

La commune de Coulon a établi une convention avec l’IIBSN : Depuis de nombreuses années, la commune est signataire avec l’Etat d’une convention qui l’autorise à utiliser le domaine public de l’Etat sur son territoire, lui permettant d’accorder des autorisations d’exploitation aux différentes entreprises de batellerie installées sur la rive droite de la Sèvre Niortaise. La signature est assortie du versement à l’Etat d’une redevance annuelle calculée en fonction de différents critères : longueur de berges, nombre de barques et canoës à usage commercial. Or, depuis le 1er janvier 2014, la gestion du domaine public fluvial a été confié à l’IIBSN.  La nouvelle convention est assortie des conditions suivantes : durée de 6 ans jusqu’au 31 décembre 2020. Le linéaire concédé est de 535 mètres pour trois sections : 447 mètres du pont de la route départementale n°1 (Magné – Benet) qui enjambe la Sèvre Niortaise, à la rue du Port aux Moules au cœur du bourg de Coulon; 53 mètres soit la longueur de la rue Elise-Lucas, face à l’immeuble légué par Mme Lucas ; 35 m de quai Louis-Tardy en aval de la rue du Port aux Moules sur l’emprise de l’embarcadère La Trigale. Le nombre d’embarcations professionnelles qui stationnent à Coulon est composé de 136 bateaux et 8 canoës. La redevance annuelle a été fixée à 0,70 € par mètre linéaire. A cela il faut ajouter 119 € par barque et 85 € par canoë. Cette redevance est revalorisée chaque année en fonction de l’indice INSEE.

On notera que, lors de sa réunion du 15 décembre 2015, le Conseil municipal de Coulon a décidé d’amortir la redevance due à l’IIBSN en facturant aux entreprises locales de batellerie le stationnement de leurs embarcations : 215.00 € HT par barque ou 103.00 € HT par canoë. Pour les particuliers, l’amarrage d’une barque ou d’un canoë reste gratuit le long des berges coulonnaises du fleuve.

Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise, adresse postale : Maison du département CS 58 880, 79028 Niort cedex. Adresse physique : 5, rue Duguesclin, Niort. Tél. 05 49 78 02 60 ; fax. 05 49 78 02 66.

Gilles PETIT

Tourisme en France : Quand le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin devient un Parc Naturel d’Attractions

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Ils l’ont fait ! Ils ont osé ! Les professionnels du tourisme vert en Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée ! Pour eux, le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin est désormais « Mon Parc Naturel d’Attractions« . Point de manèges, chenille géante, accrobranche, stands divers, grande roue, barque fantôme . . . ni de village(s) d’irréductibles Maraîchins, le Collectif « Destination Marais Poitevin » veut attirer les touristes en rétro-littoral. Les internautes vont être surpris par le nouveau site Internet créé à cet effet. Découverte. Impression . . .

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La ville de Marans, unique porte maritime du Parc Naturel d’Attractions du Marais Poitevin.

45 € / jour / automobile, 65 € à 70 € / jour / cycliste. Voilà ce que dépensent en moyenne annuelle 1,410 Million de touristes qui visitent les 93 communes du Marais Poitevin. Ce ne sera pas le prix du ticket d’entrée au nouveau Parc d’Attractions, payable à l’une des quatre portes situées à Fontenay-le-Comte et Luçon en Vendée, Niort en Deux-Sèvres, La Rochelle en Charente-Maritime, et à l’entrée maritime de Marans (Charente-Maritime). Imaginez la longueur de la clôture nécessaire pour fermer un site de 197 221 hectares !!!

Sous le nom « Destination Marais Poitevin », un Collectif de promotion touristique concertée regroupe le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, les Agences de Développement Touristique de Charente-Maritime, des Deux-Sèvres et de Vendée, les Offices de Tourisme Aunis-Marais Poitevin, Niort-Marais Poitevin-Vallée de la Sèvre Niortaise, et Sud Vendée Tourisme. Entre autres outils et actions de promotion, il a créé une identité visuelle dont un logo et un site Internet, censés incarner L’Attractivité.

CZUVc47WQAAP4x8.jpg largeLe logo et son slogan interpellent :
LE Marais poitevin, parce que c’est un ensemble, parce qu’il n’y en a qu’un !
MON Parc naturel, parce que c’est le vôtre !
D’ATTRACTIONS (au pluriel) parce qu’il est impossible de s’y ennuyer, parce qu’il est attirant !

17 / 79 / 85 : parce que le Marais poitevin est à la fois sur les départements de Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée ! Dans quel pays ?     

Pourquoi le second « A » de Marais est-il tout petit derrière la jambe trop longue du « R », en plein milieu du mot ? Les deux soirées de présentations, organisées à l’Aiguillon-sur-Mer, puis à Marans et Niort, n’ont guère apporté de réponse. De facto, l’œil du surfeur associe ce graphisme aux mots parc d’attractions. Mais oui, bien sûr, le « A » glisse sur le « R », lequel forme un toboggan. Il y aurait donc des jeux dans ce parc ?!?!

Le site Internet « Destination Marais poitevin » a emprunté l’adresse http://www.parc-marais-poitevin.fr du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional. Il est donc actuellement impossible de joindre ses services, de bénéficier de nombreuses informations utiles, et de s’imprégner de Marais poitevin.

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La ville de La Rochelle, vue de satellite.

La page d’accueil propose en plein écran une photo satellite d’un paysage vert avec pour titre « Embarquement immédiat » et, en bas à droite, le logo déjà évoqué. Imaginons l’internaute lambda qui tombe sur cette page : en observant de très près, il pourra déchiffrer des noms de villes quasi fondus dans le décor ; s’il s’attarde inconsi-dérément, il reconnaitra au moins un nom connu : La Rochelle. Et là, s’il a quelques notions de géographie, il devinera qu’il a sous les yeux une vue du sol français. Un grand pas sera alors franchi car il manque les plans de situation (monde – pays).

S’il est intéressé, le candidat-touriste doit alors suivre le jeu de piste proposé par les concepteurs du site. Il promènera sa souris sur la page vers les petites « flèches + ». Dès lors, il acquerra la certitude qu’il n’y a qu’un point de départ pour faire du vélo, un seul pour faire des balades en barque, un seul pour admirer les charmes de la ville la nuit, un seul pour trouver les trésors de la nature, etc. En somme, les lieux d’implantation des différentes attractions. Un Parc à thèmes ?!?!

En cliquant sur un de ces « + », et en patientant un peu (le chargement est lourd), les choses se préciseront sous forme de fort belles images. Mais il devra toujours « travailler » pour comprendre la règle du jeu (située discrètement en bas de l’écran) et aller piocher des infos. Les vues idylliques sont toutes représentées en période estivale. Pourtant, le Marais poitevin vit au rythme des quatre saisons. Le Parc est ouvert toute l’année.

En fin, et enfin, s’il arrive à ce stade, l’internaute est « récompensé » par une ultime page qui propose les liens vers les trois offices de tourisme du Parc naturel d’attractions.

 Il y a beaucoup de « si » dans cette impression. Nous vous en offrons un dernier : s’il ne déboute pas les visiteurs au premier clic, le nouveau site Internet du Parc sera « une vitrine pour séduire, attiser la curiosité et l’envie ».

Nous nous permettons de donner un conseil aux 197 000 autochtones : évitez de visionner les vidéos proposées ; en 40 secondes chacune, elles sont censées présenter la Destination Marais poitevin de façon décalée et humoristique. Un Parc d’attractions, on vous dit !!!

Chaque jour, les Maraîchins attendront la fermeture des portes du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin pour profiter de « leur » territoire exceptionnel.

Nous ne sommes pas rancuniers, voici l’une des trois vidéos disponibles sur le nouveau site :

 Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : l’évaille de janvier, la Venise Verte devient « blanche »

Publié le Mis à jour le

Dans les Marais mouillés du Marais Poitevin des Deux-Sèvres, les Maraîchins retrouvent, enfin ! leur « évaille » d’antan, à savoir leur crue si bénéfique, indispensable à toutes leurs activités ancestrales, voire vitale à cette seconde zone humide de France.

Photo Gilles PETIT 3491AVANT, les anciens étaient fiers de LEURS deux crues annuelles, au printemps et en automne. Les « marais étaient blancs », les bateaux à fond plat pouvaient circuler sans barrières, en passant au dessus des clôtures et en slalomant entre les frênes et les peupliers. Suivant le niveau d’eau, évidemment. Une fois franchis les lits bouillonnant et dangereux de la Sèvre Niortaise ou des canaux latéraux des rives gauche et droite du fleuve, on entre dans un pays inimaginable, un autre monde. Une eau claire et étrangement calme.

Nous avons flâné dans le bief en aval du barrage de La Sotterie sur les communes de Coulon et de Sansais-La Garette (79) et Les Bourdettes sur la commune de Damvix (85). Un bief est la « marche d’un escalier » qui régularise la descente des eaux vers l’océan, à l’aide de barrages-écluses construits en aval de Niort (79) sur la Sèvre Niortaise : écluses de Comporté, La Roussille, Marais-Pin, La Sotterie, Les Bourdettes, Bazoin et Marans, voire l’écluse maritime du Brault en cas de nécessité. Le marais semble plat, sachez qu’il existe pourtant un dénivelé de 12 m entre Niort et la baie de L’Aiguillon. Avec une pente très faible de l’ordre de 10 cm au kilomètre.

Le bief en aval de La Sotterie est le seul palier du Marais Poitevin sur lequel les gestionnaires de l’eau peuvent « étaler » de fortes précipitations, protégeant ainsi des inondations le chef-lieu des Deux-Sèvres et les communes situées en amont de cette ville. Il permet aussi de garder l’eau avant de l’envoyer dans le palier inférieur. Ce dernier, n’étant pas assez « creux » et pratiquement situé au dessous du niveau de la mer, est dépendant des fortes marées, lesquelles, renforcées par un grand vent d’ouest, peuvent refouler les courants et provoquer quelques brèves inondations dans le Marais dit desséché et alentours.

Petite balade entre ciel et eau ; entre grand silence et murmures d’animaux.

Texte et photos Gilles PETIT

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