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COULON (79) : L’Epicerie d’Isa, la nouvelle supérette COOP

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« Que les Coulonnais prennent le temps de découvrir le magasin. J’aimerais qu’ils oublient l’ancien. Qu’ils viennent rencontrer la nouvelle propriétaire », tel est le souhait de Madame Isabelle Montillaud. Nouvelle venue dans la Venise Verte, la commerçante vient d’ouvrir L’Epicerie d’Isa, reprenant ainsi la supérette Coop installée depuis 1932, 10 rue du Marais à Coulon (Deux-Sèvres).

Le magasin COOP devient L’Epicerie d’Isa de Coulon. Photo Gilles PETIT

Géré depuis le 3 mai 2017 par Mme Alexandra Gobin-Flandrois et M. Thierry Albert, au sein de la SARL ALEXTHINO, le magasin Coop de Coulon a fermé juridiquement le 1er mai 2020 au terme de la location-gérance de trois années donnée par la société Coop Atlantique. Un contrat renouvelable d’année en année par tacite reconduction, sauf dénonciation. Dès la dissolution et la clôture décidées lors des assemblées générales extraordinaires des 10 janvier 2020 et 23 avril 2020 de la SARL ALEXTHINO, Madame Isabelle Montillaud a saisi l’opportunité de (re)venir aux origines de sa famille : le village de Coulon.

Mme Isabelle Montillaud, nouvelle gérante de l’enseigne COOP de Coulon. Photo Gilles PETIT

Née à Paris, Mme Isabelle Montillaud a grandi en région parisienne : « Je suis arrivée en 2002 sur la région à Saint-Pierre-le-Vieux en Vendée », se félicite-t-elle. La néo-maraîchine a toujours œuvré dans le commerce d’alimentation. « J’ai débuté avec le groupe Monoprix. » Puis, après une petite interruption d’activité consacrée à ses enfants, elle a repris du service . . .  dans une station-service. En 2015, elle a acheté un fond de commerce, en co-gérance, la Coop de Maillezais qu’elle a quittée en décembre 2018.

 

Et la voilà dans la Venise Verte.

Pourquoi Coulon, s’étonneraient les autochtones ? « Parce que les événements privés font parfois qu’on peut être amené à se déplacer et il se trouve que Coulon était la ville de ma famille », avoue l’intéressée. « Je suis petite-fille, arrière-petite-fille de Coulonnais. Mon arrière-grand-père était le sabotier de Coulon, M. Pierre Vergnon et son épouse Germaine qui travaillait à la cantine de l’école locale, je crois. Mes grands-parents s’appelaient Léon et Lisette Morin. J’ai passé mes vacances ici. » Peut-être à courir dans les venelles de Coulon qu’elle dit « bien connaître ». En fait, « quand on a quitté la région parisienne, c’était pour venir à Coulon. »

Une petite histoire de la Coop à Coulon

Créée par un sieur Martin, qui pérennisa l’affaire durant près de quatre décennies, l’épicerie de la rue du Marais a connu plusieurs gérances. Ce commerce a tenu le haut de l’affiche de 1996 à 1998. En effet, le 14 septembre 1996, les Coulonnais découvrent sur la porte d’entrée du magasin Score, la renommée supérette située près de l’Eglise de Coulon, le panonceau « Fermé pour congés annuels ». En réalité, la propriétaire Mme Marie Villeneuve avait choisi d’arrêter définitivement son commerce d’alimentation après la saison estivale car elle ne « pouvait plus assurer la qualité du service faute d’un chiffre d’affaires satisfaisant », avait-elle argumenté. Prenant l’affaire à cœur, le maire d’alors M. Pierre Rousseau a entrepris des démarches pour « recréer un magasin d’alimentation afin de maintenir un peu de vie dans le bourg« . Et de préciser : « Il y a pourtant de la place pour deux commerces de ce genre ». L’autre magasin à l’enseigne Coop était tenu par M. et Mme Jacques Celereau, rue du Marais. « Malheureusement », soulignait le maire, « il est légèrement décentralisé. Il faudrait qu’il se rapproche du centre-bourg ». De ce fait, M. Rousseau avait contacté la direction générale de la Coop à Saintes (Charente Maritime) afin de solliciter une implantation place de l’Eglise. Dans sa réponse, la coopérative avait suggéré la construction d’un atelier relais par la municipalité dans lequel seraient installés des commerces. Cette solution n’a pas été approuvée par les élus. De plus, l’extension du supermarché Unico, situé à Magné la proche commune voisine, était en projet. Cette moyenne surface commerciale « joue un grand rôle dans les difficultés financières des petits commerces des bourgs voisins », constatait déjà le maire de Coulon.

En 1997, la Coopérative régionale de Saintes annonce que le bâtiment qui abrite son magasin de la rue du Marais va bénéficier d’une totale rénovation de la cave au grenier, intérieur et extérieur, profitant de l’occasion pour doubler sa surface de vente qui passera ainsi de 38m² à 78m². Afin d’éviter la fermeture de son commerce pendant deux mois de travaux, M. Celereau a trouvé un local dépannage donnant sur la place de l’Eglise au n°38, voisin du restaurant de la Venise Verte, aujourd’hui dénommé Le Marais Social Club. La Coop a fermé le vendredi 24 octobre 1997 le temps de déplacer les rayons durant un week-end. La famille Celereau qui logeait au-dessus du magasin, était alors hébergée dans un bungalow du village de vacances mis à sa disposition par la commune. Le magasin Coop a réintégré ses locaux rénovés début janvier 1998 après avoir réalisé un remarquable et inespéré chiffre d’affaires malgré l’exiguïté de la boutique temporaire. Force est de constater que l’implantation définitive dans le centre-bourg était une belle opportunité manquée par la Coop.

Le rêve d’Isa

« Je préfèrerais être plus au centre qu’ici », regrette Mme Montillaud. « Tout ce qui est tourisme ne passe plus devant le magasin, on envoie directement vers le grand parking alors qu’avant les touristes qui rentraient à Coulon passaient forcément par ici, tous les bus, tout passait par là. Maintenant plus personne ne passe devant un magasin placé ici. En plus le stationnement a été supprimé. » Toutefois, la nouvelle gérante souffle que la Coop étudie un projet d’implantation sur le site de l’ancienne station-service de Coulon qui est judicieusement placé rue André-Cramois sur le passage des estivants. « Ce serait toujours mieux là-bas qu’ici. Il y aurait du passage, du stationnement sans problème, un magasin deux fois plus grand », imagine la commerçante. « Ce magasin resterait proche des habitants du centre-bourg lesquels n’auraient pas de déplacement plus long. Ça ne devrait pas changer. Les résidents des écarts auront plus de visibilité. » De plus, il y aurait la présence d’un boulanger dans ce projet.

Mme Isabelle Montillaud (à gauche) présente à ces clientes le nouvel agencement de son magasin. Photo Gilles PETIT

Un nouvel agencement

Pour l’heure, Mme Isabelle Montillaud présente L’Epicerie d’Isa : « Le magasin a eu pas mal de transformations. Il a été réaménagé à mon goût. En terme d’agencement tout a été revu, les peintures refaites. De nouvelles vitrines froides ont été mises en place. Un nouveau présentoir en bois qui n’existait pas pour les fruits et légumes. On est sur la gamme des produits auxquels on peut accéder en tant que gérant de chez Coop et des produits U puisque, depuis 2015, les petites supérettes Coop ont la marque U intégrée dans leurs magasins. C’est un plus car, d’abord U est une marque connue, reconnue, appréciée. Ça permet d’avoir des prix de vente plus raisonnables que ceux qu’il y avait avant. On ne peut pas demander à un magasin de proximité de pouvoir s’aligner sur les prix pratiqués en grande surface car on n’a pas le même débit. Mais maintenant, on est capable d’offrir une gamme de produits quasiment tout aussi importante que dans une grande surface. Et au-delà de la Coop, j’ai une entière liberté de travailler également avec d’autres fournisseurs. En terme de statut, je suis complètement indépendante. Ici je loue les bâtiments appartenant à Coop. »

« J’ai la chance de faire le métier que j’aime sinon je n’aurais pas ouvert les portes. Je suis seule à travailler ici pour l’instant », conclut la commerçante. « Bien sûr, j’ai des projets. Mais pour que ces projets aboutissent, c’est comme tout petit commerçant, il nous faut des clients. Si je n’ai pas de clients, je n’évoluerai pas. Que les Coulonnais prennent le temps de découvrir le magasin, de me rencontrer. J’aimerais qu’ils ne restent pas sur l’idée de l’ancien magasin. Tout dépendra des Coulonnais. »

Des services

L’Epicerie d’Isa offre ses services d’abord aux locaux. En plus de l’alimentaire, la supérette envisage de proposer d’autres produits (des fleurs, des vêtements, de l’outillage, de la quincaillerie, des produits artisanaux. . .) Les idées ne manquent pas. En revanche, il n’y a plus de « chinage », à savoir le colportage avec un camion-magasin. Mais des livraisons à domicile seront assurées sur la commune de Coulon, sur les villages de Sansais et La Garette, ainsi qu’à Magné en complément du drive de Super U pour les personnes qui ne peuvent se déplacer.

Client-coopérateur

Les clients de L’Epicerie d’Isa peuvent devenir coopérateurs-actionnaires chez Coop porteurs d’une carte ad hoc. Un coopérateur achète au minimum une part d’une valeur actuelle de 7 euros, sachant qu’il est possible d’en acheter bien d’avantage. Ainsi, à chaque fois qu’un client-coopérateur fait un achat, au bout d’un certain temps, il reçoit un ou plusieurs bons de réduction valables sur l’ensemble du magasin ou d’autres offres. La carte donne aussi accès à des conditions de vacances, de logements, etc suivant un système d’autocollants qui peuvent permettre d’obtenir par exemple un filet de 15-30 euros offert. En plus, la supérette proposera de petites opérations commerciales, dont, le mois prochain, un euro offert pour 15 euros d’achat utilisable lors d’un prochain achat que l’on soit client-coopérateur ou non.

L’Epicerie d’Isa, magasin Coop, 10 rue du Marais 79510 Coulon, ouverte tous les jours sauf le mercredi de 8h30 à 13h00 et de 15h00 à 19h30, le dimanche de 9h00 à 13h00. Tél. : 05 49 35 90 01

Gilles PETIT