Espace Saint-Hilaire de Niort

COULON (Marais Poitevin) : « Le mystère de l’icône cachée », une exposition BD dans l’église en août 2019

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L’Espace Saint-Hilaire de Niort, avec la participation des paroisses Sainte-Sabine et Saint-Jean-Baptiste en Niortais, propose COULON (Marais Poitevin) : « Le mystère de l’icône cachée », une exposition BD dans l’église en août 2019

M. Roger Barbe (à gauche), membre de la paroisse, et le Père Jérôme de La Roulière ont inauguré la nouvelle exposition consacrée à la BD de Jean Evesque « Le mystère de l’icône cachée ». Photo Gilles Petit

En 1967, un Français se balade dans les rues de Moscou, une capitale qu’on ne présente plus. Au détour d’une rue, Jean-Claude est abordé par un inconnu qui lui fait une proposition étonnante : acheter clandestinement une vieille icône orthodoxe du XVème siècle. Piqué par la curiosité, Jean-Claude va suivre cet inconnu et découvrir l’histoire singulière de cette icône à travers les siècles. Cette rencontre improbable va changer sa vie. Telle est la trame de départ de la BD « Le mystère de l’icône cachée », publiée aux éditions Béatitudes.

Après le Festival de la BD d’Angoulême, en décembre 2019, l’exposition était installée à Melle le mois dernier. En septembre, elle rejoindra Bruxelles en Belgique.

Inspirée d’une histoire vraie, cette BD est le récit d’une icône du Christ, réalisée par le moine Andreï Roublev, qui devint la propriété d’une humble famille russe. Passant de main en main, tour à tour cachée, puis oubliée pendant des années, à sa réapparition elle fascine tous ceux qui la contemplent.

Quels sont les destins de ces hommes et de ces femmes qui ont croisé le regard de cette icône ? Quel mystère entoure cette œuvre qui a traversé les siècles ? La réponse n’est pas forcément évidente à définir au fil de la vingtaine de planches (sur 44 que compte la BD originale) exposées en l’église de la Sainte-Trinité à Coulon.

Selon le Père Jérôme de la Roulière, animateur de l’Espace Saint-Hilaire à Niort : « On voit bien les trois « époques  » de cette histoire. Elle commence par un homme qui, dans les années 1980, avant la chute du Mur, est allé en Russie. Il rencontre par hasard une famille qui veut vendre un bien familial, une icône. Cette icône a une grande valeur artistique. Il se rend compte que c’est une icône d’Andreï Roublev, le grand peintre de l’icône. Le moine Andreï Roublev, à un moment, s’est enfui de son monastère, et a donné sa dernière icône au membre de cette famille qui l’accueille à sa sortie du monastère. A l’époque du communisme, cette icône a changé la vie du grand-père de la famille qui, persécuteur de chrétiens, est devenu chrétien lui-même. Depuis, cette icône protège la famille. Finalement, l’homme achète l’icône, laisse l’argent mais ne prend pas l’icône, puisqu’elle a protégé la famille. »

Dans cette exposition, des planches relatent la création d’une icône, d’autres évoquent Andreï Roublev et la beauté de la nature. Quelques planches rappellent la persécution par le communisme des années 1930, alors que d’autres planches d’aujourd’hui représentent quelqu’un seul dans la vie qui découvre la Russie et l’icône.

L’auteur Jean Evesque Photo DR

« L’auteur Jean Evesque est un éducateur de jeunes, » poursuit le commissaire de l’exposition. « Il s’agit de sa première bande dessinée. Jean Evesque parle des icônes et de ce qui se passe dans les églises. » Jean Evesque est membre de la Communauté des Béatitudes depuis 2004. Diplômé de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille, il se lance en 2013 dans la bande dessinée. Dans cet album, il exprime, dit-on, un beau sens de la narration avec un récit qui parcourt les siècles, d’un monastère rayonnant du XVème siècle, au dénuement misérable d’un appartement du Moscou des années 1960, dans lequel se terrent les derniers héritiers de l’icône séculaire, cherchant à s’en débarrasser pour la sauver de la destruction. C’est de « l’Église du silence » qu’il est aussi question, celle de ces chrétiens condamnés à la clandestinité sous l’ère soviétique.

« Cette BD est dessinée dans les tons sépia », fait remarquer le Père Jérôme de La Roulière. « C’est un peu la mode aujourd’hui. Nous, on est plus habitué à des couleurs plutôt vives, crues. Le noir et blanc confère de la sobriété. »

L’icône ?!?!

L’icône religieuse est une forme de peinture particulière. On dit que la première icône a été peinte par Saint-Luc. L’art des icônes a pris naissance dans l’empire romain d’Orient (Grèce, Syrie, Égypte. . .). Il a vraiment commencé à se répandre au Vème siècle après le concile d’Éphèse où Marie a été déclarée solennellement Mère de Dieu. Dès le Xème siècle, l’icône avait pénétré dans une Russie qui s’ouvrait au christianisme. L’icône est devenue un élément essentiel de la vie religieuse des orthodoxes russes avec un nombre impressionnant d’icônes produites. « Il y a une tradition russe et une tradition grecque, » précise le commissaire de l’exposition. « Le doré a beaucoup d’importance puisque l’icône montre que le monde est habité par des forces spirituelles et des belles forces. Andreï Roublev est un moine, mais les icônes peuvent être peintes par tout le monde. Même aujourd’hui sous sa forme bande dessinée. Les gens aiment peindre les icônes. Les écoles d’icônes sont ouvertes aux non croyants comme aux non pratiquants. »

L’exposition est ouverte jusqu’au 31 août 2019, de 8h00 à 20h00, en l’église de la Sainte-Trinité de Coulon. Entrée libre.

Gilles PETIT

http://www.eglise-niort.net/-espace-st-hilaire
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