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MAGNE 79 : une œuvre magistrale de Jean-Marie ZACCHI accrochée à la mairie
Lors du 37ème Festival International de peinture de Magné-Coulon (du 18 au 20 juillet 2025), les participants et le public ont découvert une fresque urbaine accrochée sur le pignon de la mairie de Magné (Deux-Sèvres). L’artiste Jean-Marie Zacchi, auteur de cette magistrale œuvre et président du jury, évoque la genèse de ce projet inédit.

M. Zacchi se souvient qu’un jour, « Gérard Doray [président de Magné Animation, l’association qui organise le Festival. NDLR] m’a dit : on voudrait que désormais chaque invité d’honneur puisse faire un grand panneau qui serait posé sur un pignon de bâtiments dans Magné. Je suis parti sur cette idée. Je voulais faire le Marais Poitevin avec les arbres têtard, les perspectives et il m’a dit : non, tu vas faire tes bouquets. Donc, comme c’est effectivement une œuvre assez grande qu’il fallait voir de loin, de très loin, je me suis inspiré d’un bouquet que j’avais fait. J’ai travaillé ce bouquet avec des couleurs rouge, rose, assez puissantes et avec un fond bleu pour qu’il se voit de très loin. On m’a demandé de travailler sur une surface de quatre mètres sur trois mètres. » L’artiste a imaginé un tableau sous forme d’un triptyque composé de trois panneaux en contreplaqué-marine de quinze millimètres d’épaisseur, d’un mètre trente de base sur trois mètres de long. « Un support qui peut résister au vent », dit-on.

La ville de résidence de M. Zacchi lui avait déjà commandé une telle œuvre. « Elle tient le coup depuis 25 ans, » assure-t-il. Il espère qu’à Magné « ce bouquet tiendra le coup aussi ».

Car il s’agit d’une œuvre de conception similaire exposée à tous vents.« Je ne sais pas si elle va rester accrochée à Magné en permanence comme dans ma ville. Si elle peut rester tant mieux. J’ai passé un gesso avant de peindre, puis, au final, j’ai passé un verni dessus. Normalement, ça devrait tenir. » Photo Gilles PETIT
Né en 1944, Jean-Marie Zacchi, président du jury du 37ème Festival international 2025 de peinture de Magné, est un artiste français de renom, reconnu pour son style singulier mêlant abstraction et figuration. Son approche picturale, empreinte de poésie et d’émotion, offre un regard vibrant sur le monde qui l’entoure.

« Je suis arrivé au 4ème festival, donc presque aux débuts du festival de Magné, » se souvient M. Zacchi, « et après je n’ai pas arrêté. Donc, tous les ans, j’étais présent parce que j’y retrouve une famille. Au bout d’un certain nombre d’années, on devient des amis, en fait. C’est ça qui est intéressant à Magné, tous les artistes s’y retrouvent. C’est une fête, avant tout. C’est la fête de l’art, c’est la fête des amis qui viennent. Aux autorités qui me disent : ah ! 300 peintres ! Je leur réponds que ce n’est pas le nombre de peintres qui compte, c’est qu’ils venaient de plus de quarante départements. Alors, sans être péjoratif, c’est un peu les gens du coin qui participent, mais là, ils viennent d’Alsace, de partout, … Ça montre la santé d’un festival. L’avenir est toujours incertain pour tout le monde, le Festival continuera, c’est tout ce que je lui souhaite. Les artistes peut-être moins nombreux effectivement car en 37 ans certains ne sont plus là. C’est la vie. En espérant que les jeunes viennent, que la nouvelle génération adhère à ce festival. Que ce 37ème voie le 38ème, le 39ème et un beau quarantième anniversaire. Il n’y a pas beaucoup de festivals qui arrivent à cet âge-là. C’est tout ce que je souhaite pour la mémoire de Claude Audis et de toute l’équipe qui était avec lui au début, et qui ont travaillé superbement pour donner un retentissement international au festival de Magné. »
Le président du jury 2025 ne voit pas de concurrence au festival de Magné. Bien sûr, il existe d’autres manifestations artistiques de cette envergure. Cependant, chaque festival a ses propres caractéristiques. « Le bon côté ici à Magné, » ajoute M. Zacchi, « c’est que tous les artistes déjeunent ensemble, dînent ensemble, font la fête le soir ensemble, alors que dans d’autres festivals, ils vont manger au restaurant. Ça casse un peu l’ambiance. Donc, chaque année, les artistes se retrouvent du samedi matin au dimanche soir dans une grande fête. Magné est un paradis pour les peintres. »

La nouvelle équipe dirigeante de Magné Animation a décidé de confier la présidence d’un jury, constitué de professionnels de l’art, à l’invité d’honneur de chaque édition. En 2025, l’invité d’honneur était M. Jean-Marie Zacchi qui a exposé un large panel de ses œuvres dans l’espace culturel du Four Pontet situé au cœur du Festival à Magné. « Je trouve très sain que chaque invité d’honneur prenne la présidence du jury, » estime M. Zacchi, « c’est la bonne santé d’un jury qui est garantie. Ceci par rapport aux artistes participants qui pourraient dire : c’est toujours les mêmes qui nous jugent ! »
Le prochain invité d’honneur sera l’artiste Christoff Debusschère, 63 ans, peintre officiel de la Marine et de l’armée de Terre, entre autres.

Gilles PETIT
COULON : Coulon-Rive Gauche, seize artistes de talent
Cette saison estivale 2021, seize artistes investissent La Grange de Camille, à l’invitation de « Coulon, Rive gauche ». Toutes les techniques y sont présentées : aquarelle, huile, dessin, sculpture, estampe, photographie, art du papier, … Parmi les petits nouveaux, une jeune « peintre sur mobilier » Sabrina Brulay, à l’enseigne « NINA B ART DU MOBILIER ».







Lors de l’inauguration de La Grange de Camille, la maîtresse de maison Cosette Pignoux, de sa plume poétique, a expliqué « comment la Grange a grandi » : « Quand est-ce qu’on ouvre la Grange à Camille ? Quand ? Perchée sur mon escabeau, la phrase prononcée me fait dans le cœur une tristesse tendre. Ce lieu si pensé à deux dans la passion qui fait vibrer la corde sensible, rencontrer la sensibilité de notre nous-même, en ressentir les vibrations. La Grange, ce lieu vibrant de mille pas, de mille joies. Ce lieu qu’on a rêvé ensemble, André et moi, si plein de nos désirs d’échanges, si plein de nos rêves de troubadours fous, fous d’amour, d’extravagance, de beauté, de musiques, de mots, de partages. Cette grange qui était destinée à fermer sa porte à toute vie, nous allions la faire renaître. Mais offrir une grande et belle aventure. Camille, le voisin d’enfance accepta par tendresse. Son « Oui, je veux bien » fut un chant d’alouette, un baiser de tendresse de l’enfant que j’avais été. On exposerait des photos. Travaux des champs sur le foin. De l’authentique. La grange avait sa fierté, nous nous devions de la respecter. Elle avait cette odeur du passé où l’homme vivait encore au pas des bêtes, sur les chemins des cigales, où les soirs se partageaient la parole sur les seuils des portes. La Grange ouverte au regard sur la beauté d’expression, d’échange. Pas n’importe quelle grange : la grange à Camille avec ses pavés cirés par les pas des visiteurs, sa douce fraîcheur quand on y entre par les journées chaudes. La Grange, habitée de poésie et d’amour. Ce qu’il faut à l’être pour être heureux, c’est la beauté, de la passion. Notre désir était de faire de cette grange, le lieu de création pour poètes, amoureux de la vie, du beau, du fantastique. Prendre le temps de regarder, de se laisser surprendre. Tout simplement, le temps d’aimer, de partager, laisser ses yeux vagabonder. Alors oui, il faut la rouvrir la Grange de Camille. » Cette scène s’est déroulée voici 52 ans. Depuis, ce lieu unique de rencontres d’artistes rouvrent ses portes tous les étés sur la commune de Coulon sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise.
Seize artistes de talent

Cette année, « Coulon, Rive Gauche » invite les œuvres de Jean Artibricolo, Danièle Baudry, Élisabeth Blanchart, Anne Bouffard, Anne Dahomé, Fredy Gautier, Patrick Gélineau, Christiane Gilbert, Phil Lejeune, Daniel Mar, Richard Métais, Olivier Nillesse, André Pignoux, Sandrine Pignoux, Philippe Simon et, parmi les petits nouveaux, une jeune « peintre sur mobilier » Sabrina Brulay.
NINA B ART DU MOBILIER
Sabrina Brulay vient d’ouvrir un atelier de métier d’art de peintre sur mobilier sous le nom de « Nina B Art du mobilier » à Mauzé-sur-Le-Mignon en Deux-Sèvres, entre Niort et La-Rochelle. « Je rénove et transforme des meubles anciens et aussi contemporains, » explique-t-elle et précise « j’utilise des techniques contemporaines et du XVIIIème siècle pour le décapage puisque je fais tout à la main, décors compris ».

Sabrina Brulay poursuit : « Mes clients sont des gens qui ont du mobilier souvent ancien, parfois contemporain. Ils viennent à l’atelier ou je vais à leur rencontre comme ici [à La Grange de Camille] dans une galerie d’art. Je fais un projet décoratif adapté en fonction de leur projet. Souvent, le mobilier a une histoire familiale, les gens ne veulent pas s’en séparer d’autant que le meuble a une âme. Ils aimeraient le conserver et pouvoir leur donner un peu plus d’allure ou une « nouvelle tête ». Je peux proposer beaucoup de choses et je m’adapte en fonction de leur intérieur puisque j’ai des outils modernes, comme la planche décorative sur laquelle ils peuvent visualiser leur projet avec leur intérieur. C’est super intéressant. »
Photo Sabrina Brulay
Nina B a suivi une formation complète à Rians (83) . Dans ce petit village de Provence, le centre de formation Atelier Garance dispense une qualification unique en France qui délivre le titre d’artisan d’art avec certification professionnelle. « Nous sommes aujourd’hui exactement cinquante-deux artisans à proposer ce métier d’art en France. Actuellement sur mon secteur, je suis la seule », précise Sabrina Brulay.
Lors de ses permanences prévues les vendredis et samedis après midi, à La Grange de Camille, Nina B pourra détailler chaque pièce exposée comme autant d’échantillons de ses talents. Du faux cuir, de la fausse rouille sur des matières métallisées ; la création ou rénovation de boiseries, d’éléments de cuisines, de salles à manger… Elle transmettra sa passion en démontrant pourquoi elle fait des patines inspirées des techniques du XVIIIème siècle : les meubles à nu, sept couches, des fiches de travail, le décapage, la préparation sur place, l’impression des peintures, la couleur des patines, la finition et la protection de l’ouvrage.

Sabrina Brulay poursuit : « je suis aussi spécialisée dans le travail à la feuille d’or, une formation complémentaire enseignée en Suisse que je peux utiliser sur une assiette comme sur un meuble (photo ci-contre). Posée sur ce meuble, une lampe boule année 1960/1970 revisitée avec un abat jour en accord avec l’effet porphyre. Le porphyre est une pierre pourpre tachetée de blanc. Je n’utilise que des pigments naturels provenant de trois carrières en France dont la plus connue, la carrière de Gargas, les fameux ocres de Provence dans le Vaucluse. »
Photo Gilles PETIT
« Je suis heureuse de faire partie des artistes standard, inscrite au registre de l’Institut national des métiers d’art qui participe à la protection des ouvrages artistiques français. Ce n’est pas rien. C’est une reconnaissance au niveau national », se félicite Sabrina Brulay. http://www.ninabartdumobilier.fr