venise verte

Concours PNR « Ma maison dans le Marais Poitevin » : le palmarès 2018

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Le palmarès du second concours « Ma maison dans le parc du Marais Poitevin » a été proclamé à Maillezais (Vendée) au domicile de M. Didier Arnaud et Mme Yolande Boissinot, lauréats du 1er Prix de la catégorie « Maison récente construite en majeure partie après 1948 ».

Après la délibération du jury, réuni le 27 octobre 2018 à Marans, les résultats ont été proclamés le 5 décembre 2018 à Maillezais, suivis de la remise des prix.

Ce concours est organisé par le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), un syndicat mixte qui rassemble 91 communes de Charente-Maritime, Vendée et Deux-Sèvres. A travers ses missions, le Parc cherche à reconnaître et à préserver la valeur et la diversité des paysages du territoire. La sauvegarde de l’architecture traditionnelle et le soutien aux évolutions, voire aux innovations architecturales peut contribuer à sensibiliser le public au paysage bâti local. De plus, ce concours va permettre au Parc de recueillir des exemples d’habitations, d’élargir les références en matière d’architectures locales intégrées dans les paysages du Marais.

Supervisé par Mesdames Gaële Clavez, architecte-conseil du Service Aménagement et Cadre de vie au PNR et Sandrine Guiheneuf, directrice de ce même service, présidé par M. François Bon, conseiller départemental de Vendée, vice-président du PNR en charge de l’aménagement et du cadre de vie, et président du CAUE 85 (Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement), le jury était constitué de trois élus, deux spécialistes (maître d’œuvre et architecte) et sept habitants. Neuf candidatures ont été retenues et jugées en deux catégories maison traditionnelle ou maison récente.

L’extension lauréate du 1er Prix des « Maisons récentes » (côté jardin).

Pourquoi ce concours ? Selon M. Bon, en prélude à la proclamation des résultats, « parce que le Marais Poitevin, bien sûr, c’est un paysage naturel, végétal et très présent. L’eau est très présente. Mais le végétal et l’eau ne font pas tout le paysage, il y a aussi le bâti, le patrimoine construit. On souhaite promouvoir sur le territoire l’architecture additionnelle, mais aussi toutes les évolutions que peut connaître l’architecture et, pourquoi pas, l’architecture contemporaine. Ici, à Maillezais, nous en avons une belle illustration en mariant le traditionnel et le contemporain. Nous avons été séduits par ce travail sur le marais que l’architecte a su parfaitement interpréter. »

Les aménagements (côté cour) de la résidence de M. Arnaud et Mme Boissinot sont « le travail d’une équipe, précise M. Bon. « Une rencontre, des dialogues, un maître d’œuvre. Presque une cabane accrochée au fond du jardin. »

Le président du jury poursuit : « L’objectif de ce concours est d’avoir un certain nombre de réalisations dans le marais en traditionnel et en contemporain. De faire une sorte de catalogue, de guide qui pourra ensuite donner des idées à tous ceux qui veulent rénover leur maison ou bien construire ou faire une extension. A brève échéance, ce guide sera mis à la disposition des habitants du territoire. »

Le Parc ne cache pas qu’il souhaite encourager les gens à avoir recours à un maître d’œuvre compétent ou à un architecte. Ce n’est pas facile. Le seul mot « architecte » peut faire peur parce qu’on se dit « ça va coûter cher ». Parfois les architectes ont des idées de grandeur aussi. Le concours veut changer cette image d’architecte car c’est « un compagnon du maître d’ouvrage », dit-on. Y compris l’architecte des bâtiments de France.

Gilles PETIT

LE PALMARÈS 2018

Entourés de l’architecte et des artisans qui ont réalisés le projet, les lauréats ont reçu leur prix remis par le président du jury M. François Bon.

1ER PRIX DE LA CATEGORIE MAISON RÉCENTE
M. Didier ARNAUD et Mme Yolande BOISSINOT pour leur maison à Maillezais en Vendée.
Ce projet d’architecte a produit un mariage agréable et réussi entre ancien et nouveau, notamment par le choix et la mise en œuvre des matériaux. Architectes : Frenesis à Maillezais.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Normandie-Maine.

 

 

M. Frédéric GUESDON

2ème PRIX DE LA CATEGORIE MAISON RÉCENTE
M. Frédéric GUESDON  pour sa maison construite à Arçais en Deux-Sèvres.
Bien que située dans un contexte de lotissements récents, cette maison propose une architecture hors des standards habituels tout en restant simple et en étant plus respectueuse de l’environnement par sa construction en bois.
LOT :  1 bon d’achat de 200 euros chez un pépiniériste produisant des végétaux locaux :  la pépinière Carpus à Courçon.

 

Mme Corinne TEXIER-CASPAR

1ER PRIX DE LA CATEGORIE MAISON TRADITIONNELLE (en majeure partie bâtie avant 1948)
Mme Corinne TEXIER-CASPAR pour sa maison située à L’Ile d’Elle en Vendée.
Cette maison a été particulièrement récompensée pour son alliance de la tradition et de la modernité, notamment par la création d’une extension permettant les usages contemporains et par la préservation d’un moulin.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Loire Anjou Touraine.

 

M. et Mme Jean-François DESVIGNES

2ème PRIX CATEGORIE MAISON TRADITIONNELLE (en majeure partie bâtie avant 1948)
M. et Mme Jean-François DESVIGNES  pour leur maison située à Saint-Sigismond en Vendée.
En plus d’un bâti préservé et respecté dans son ensemble (enduits, couleur pastel volets bois), l’effort de gestion du jardin a été souligné, depuis ses haies bocagères jusqu’aux abords plus ornementaux de la maison, en passant par le potager. Cette végétation graduée assure l’intégration de la maison en entrée de village. Le jury suggère d’utiliser de la peinture de couleur pour l’entretien futur des fenêtres et portes.
LOT :  1 bon d’achat de 200 euros chez un pépiniériste fournissant des végétaux locaux : Végétal 85 de La Chaize Le Vicomte.

 

Séduit par la demeure de Mme Nicole CAQUINEAU, le maire de Marans, membre du jury, Thierry Belhadj a remis ce prix « Coup de Cœur ».

PRIX D’ENCOURAGEMENT DU JURY
Mme Nicole CAQUINEAU pour sa maison le long de la Sèvre Niortaise au Mazeau en Vendée
Cette maison a été remarquée par le jury pour son image typique des maisons du Marais mouillé : sa situation au bord de l’eau, sa préservation du bâti, sa gamme de couleurs. Ce prix vise à encourager la poursuite de la rénovation suivant des techniques et matériaux respectueux du site, notamment lors de la réalisation des enduits ou le changement des gouttières.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Millevaches en Limousin.

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MARAIS POITEVIN : « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » un recueil de Jean-Claude Coursaud (2)

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Loin des clichés touristiques, aux antipodes du roman, le dernier livre de Jean-Claude Coursaud est avant tout un recueil de nouvelles qui concernent précisément les gens d’une certaine époque vivant dans les Marais Mouillés du Marais Poitevin aux confins des départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime. « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » retrace la vie « des gens du marais d’en haut », mais aussi « des gens des grandes cabanes », des bords du fleuve à Coulon, Le Vanneau, Le Mazeau, Damvix . . .

 

« Qu’il mouille ou qu’il vente, il faut prendre le bateau, la pelle et la pigouille pour entrer dans le monde ordinaire, de l’autre côté de la rivière ». Photo Gilles PETIT

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » ne connaît point de « Venise verte », de « plates », de « parc d’attractions », de « balades en barque » et autres locutions inventées pour appâter les touristes et faire tourner une certaine économie. Ce recueil sent l’authentique, le vrai, le quotidien d’illustres inconnus maraîchins, Coco des Cabanes, Louisette, Sidonie, Adolphe, René, Georgina, Marie, Paulette, Alcide, Christiane, Marius, et d’autres, croisés au fil des eaux.

Ces nouvelles maraîchines rapportent des événements qui se déroulent principalement dans les années 1920, entre la fin de la première guerre mondiale jusqu’à la seconde, en débordant un peu sur les années 1960. « A cette époque la société rurale bifurque totalement, » explique Jean-Claude Coursaud. « Dans le cas précis du Marais Poitevin, nous avons d’un côté le monde rural qui évolue. Il y a une dégringolade de l’agriculture, mais, sur un plan industriel, les scieries vont prendre un essor considérable en passant de la planche au contreplaqué. Puis il y a tout ce monde artisanal qu’on a connu, avant qu’arrive brutalement un nouveau monde à partir des années 1975/1980. »

L’auteur a voulu dépeindre tout ce petit monde de la campagne maraîchine face à la bifurcation qu’est l’arrivée de nouveaux métiers, d’un nouveau concept. C’est à dire l’évolution du manuel au pseudo intellectuel , à savoir, l’intronisation du monde tertiaire.

L’écrivain maraîchin Jean-Claude Coursaud

Jean-Claude Coursaud : « Ce qui est important aussi, c’est la façon dont s’expriment les gens. Car ce livre, je l’ai conçu d’une façon un peu particulière. Je ne me suis inspiré de quiconque sur le plan littéraire, sinon être en prolongement d’un écrivain coulonnais exceptionnellement brillant, par le biais d’un de ses ouvrages dont le mot pigouille est important. Ce sont les fameux « Contes de la Pigouille » de Louis Perceau. Louis Perceau est un personnage assez fantastique, sa vie a été fantastique, mais dans la première partie de son enfance, il a dépeint avec un réalisme certain le monde du Marais, le monde maraîchin tel qu’il était. La petite personne que je suis a continué son œuvre pour parler de la seconde partie de ce monde de la pigouille, de ce monde du marais. C’est donc un livre qui est totalement complémentaire de l’œuvre de Louis Perceau. Sauf que Louis Perceau est devenu un écrivain pamphlétaire, ami entre autres de Guillaume Apollinaire. Ce n’est pas anodin. Je crois que nos deux noms pourraient être associés dans cette vie rurale et dans cette vie maraîchine de la fin du 19ème au début du 20ème siècle. Je le précise dans ma préface : ça n’existe plus. »

Le livre se décompose en histoires qui touchent les Coulonnais, des personnages comme Mmes Fichet et Marie Pisse-trois-gouttes, des lieux comme la rue de l’Église. Ce sont des histoires très éclectiques qui se terminent vers l’estuaire au fil de la Sèvre Niortaise en bateau dans les années 1920 par des gens de Coulon, du Vanneau, de Damvix qui vont, par exemple, au marché de Marans, alors le grand rassemblement des « cabanas » du Marais Poitevin. Des gens du « marais d’en haut » mais aussi des « gens des grandes cabanes ». Les grandes cabanes, ce sont les grandes exploitations de Charente-Maritime ou de Vendée.

Les 36 nouvelles que compte le recueil sont écrites en français, mais des dialogues sont franco-patoisés, c’est à dire qu’ils peuvent être compris par n’importe qui, et en cas de mot douteux, il y a un rappel en bas de page. 36 histoires dont, de temps en temps, des « Brèves d’écuries », « Racontages «  et « Petites médisances ». Ce sont des fragments d’histoires drôles authentiques. « Ancien agriculteur, j’ai connu et j’ai vécu ces situations, » assure l’auteur. « Je suis le seul, de Niort à Marans, à pouvoir parler de ce genre de choses sur le plan de l’écriture. »

Co-auteur, Isabelle Savariau est une jeune retraitée maraîchine qui a apporté un regard extérieur aux récits. Également quelques textes reflètent des histoires de sa famille.

Enfin, hormis la couverture, l’ouvrage ne comporte pas de photos. Ainsi le lecteur se fera sa propre vision des situations évoquées. Pour ce faire, il vaut mieux connaître le site. Les autochtones vont savourer les 180 pages, les autres (touristes ou étrangers au pays) curieux de découvrir le Marais Poitevin pourront, au fil des histoires, suivre une sorte de jeu de piste pour essayer de retrouver les lieux cités.

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre niortaise » s’adresse aux personnes qui veulent connaître le vrai Marais. Une vie au rythme du bateau de 22 pieds mené à la pigouille.

Auto-édité, le recueil est vendu 20 € TTC, notamment dans les librairies niortaises et au Centre culturel Leclerc de Niort ; à Coulon à la Maison de la presse et à la Maison du Marais Poitevin ; mais aussi, dans les communes voisines : Magné, Le Vanneau, Saint-Georges-de-Rex. . .

Ou  chez l’auteur M. Jean-Claude Coursaud, lieu-dit Les Cabanes de Balanger, 562 route des Bords de Sèvre 79510 Coulon Tél. 05 49 35 92 55

 

Gilles PETIT

(Photos de barques extraites du défilé des métiers d’antan sur l’eau à Coulon (79) lors de la Fête du Miget 2018 organisée en juillet par le Comité d’Animation Coulonnais)

Disponible chez les mêmes auteurs, Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau : « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine ».

Ce roman auto-édité retrace l’étonnant parcours de « l’oncle Gelot » chez des pionniers de l’Ouest canadien, à savoir Théodore Gelot et son compagnon d’aventure Eugène Ménard, partis du Marais pour les territoires glacés d’Amérique du Nord.

MARAIS POITEVIN : « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » un recueil de Jean-Claude Coursaud

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Loin des clichés touristiques, aux antipodes du roman, le dernier livre de Jean-Claude Coursaud est avant tout un recueil de nouvelles qui concernent précisément les gens d’une certaine époque vivant dans les Marais Mouillés du Marais Poitevin aux confins des départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime. « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » retrace la vie « des gens du marais d’en haut », mais aussi « des gens des grandes cabanes », des bords du fleuve à Coulon, Le Vanneau, Le Mazeau, Damvix . . .

 

« Qu’il mouille ou qu’il vente, il faut prendre le bateau, la pelle et la pigouille pour entrer dans le monde ordinaire, de l’autre côté de la rivière ». Photo Gilles PETIT

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » ne connaît point de « Venise verte », de « plates », de « parc d’attractions », de « balades en barque » et autres locutions inventées pour appâter les touristes et faire tourner une certaine économie. Ce recueil sent l’authentique, le vrai, le quotidien d’illustres inconnus maraîchins, Coco des Cabanes, Louisette, Sidonie, Adolphe, René, Georgina, Marie, Paulette, Alcide, Christiane, Marius, et d’autres, croisés au fil des eaux.

Ces nouvelles maraîchines rapportent des événements qui se déroulent principalement dans les années 1920, entre la fin de la première guerre mondiale jusqu’à la seconde, en débordant un peu sur les années 1960. « A cette époque la société rurale bifurque totalement, » explique Jean-Claude Coursaud. « Dans le cas précis du Marais Poitevin, nous avons d’un côté le monde rural qui évolue. Il y a une dégringolade de l’agriculture, mais, sur un plan industriel, les scieries vont prendre un essor considérable en passant de la planche au contreplaqué. Puis il y a tout ce monde artisanal qu’on a connu, avant qu’arrive brutalement un nouveau monde à partir des années 1975/1980. »

L’auteur a voulu dépeindre tout ce petit monde de la campagne maraîchine face à la bifurcation qu’est l’arrivée de nouveaux métiers, d’un nouveau concept. C’est à dire l’évolution du manuel au pseudo intellectuel , à savoir, l’intronisation du monde tertiaire.

L’écrivain maraîchin Jean-Claude Coursaud

Jean-Claude Coursaud : « Ce qui est important aussi, c’est la façon dont s’expriment les gens. Car ce livre, je l’ai conçu d’une façon un peu particulière. Je ne me suis inspiré de quiconque sur le plan littéraire, sinon être en prolongement d’un écrivain coulonnais exceptionnellement brillant, par le biais d’un de ses ouvrages dont le mot pigouille est important. Ce sont les fameux « Contes de la Pigouille » de Louis Perceau. Louis Perceau est un personnage assez fantastique, sa vie a été fantastique, mais dans la première partie de son enfance, il a dépeint avec un réalisme certain le monde du Marais, le monde maraîchin tel qu’il était. La petite personne que je suis a continué son œuvre pour parler de la seconde partie de ce monde de la pigouille, de ce monde du marais. C’est donc un livre qui est totalement complémentaire de l’œuvre de Louis Perceau. Sauf que Louis Perceau est devenu un écrivain pamphlétaire, ami entre autres de Guillaume Apollinaire. Ce n’est pas anodin. Je crois que nos deux noms pourraient être associés dans cette vie rurale et dans cette vie maraîchine de la fin du 19ème au début du 20ème siècle. Je le précise dans ma préface : ça n’existe plus. »

Le livre se décompose en histoires qui touchent les Coulonnais, des personnages comme Mmes Fichet et Marie Pisse-trois-gouttes, des lieux comme la rue de l’Église. Ce sont des histoires très éclectiques qui se terminent vers l’estuaire au fil de la Sèvre Niortaise en bateau dans les années 1920 par des gens de Coulon, du Vanneau, de Damvix qui vont, par exemple, au marché de Marans, alors le grand rassemblement des « cabanas » du Marais Poitevin. Des gens du « marais d’en haut » mais aussi des « gens des grandes cabanes ». Les grandes cabanes, ce sont les grandes exploitations de Charente-Maritime ou de Vendée.

Les 36 nouvelles que compte le recueil sont écrites en français, mais des dialogues sont franco-patoisés, c’est à dire qu’ils peuvent être compris par n’importe qui, et en cas de mot douteux, il y a un rappel en bas de page. 36 histoires dont, de temps en temps, des « Brèves d’écuries », « Racontages «  et « Petites médisances ». Ce sont des fragments d’histoires drôles authentiques. « Ancien agriculteur, j’ai connu et j’ai vécu ces situations, » assure l’auteur. « Je suis le seul, de Niort à Marans, à pouvoir parler de ce genre de choses sur le plan de l’écriture. »

Co-auteur, Isabelle Savariau est une jeune retraitée maraîchine qui a apporté un regard extérieur aux récits. Également quelques textes reflètent des histoires de sa famille.

Enfin, hormis la couverture, l’ouvrage ne comporte pas de photos. Ainsi le lecteur se fera sa propre vision des situations évoquées. Pour ce faire, il vaut mieux connaître le site. Les autochtones vont savourer les 180 pages, les autres (touristes ou étrangers au pays) curieux de découvrir le Marais Poitevin pourront, au fil des histoires, suivre une sorte de jeu de piste pour essayer de retrouver les lieux cités.

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre niortaise » s’adresse aux personnes qui veulent connaître le vrai Marais. Une vie au rythme du bateau de 22 pieds mené à la pigouille.

Auto-édité, le recueil est vendu 20 € TTC, notamment dans les librairies niortaises et au Centre culturel Leclerc de Niort ; à Coulon à la Maison de la presse et à la Maison du Marais Poitevin ; mais aussi, dans les communes voisines : Magné, Le Vanneau, Saint-Georges-de-Rex. . .

Ou  chez l’auteur M. Jean-Claude Coursaud, lieu-dit Les Cabanes de Balanger, 562 route des Bords de Sèvre 79510 Coulon Tél. 05 49 35 92 55

 

Gilles PETIT

(Photos de barques extraites du défilé des métiers d’antan sur l’eau à Coulon (79) lors de la Fête du Miget 2018 organisée en juillet par le Comité d’Animation Coulonnais)

Disponible chez les mêmes auteurs, Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau : « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine ».

Ce roman auto-édité retrace l’étonnant parcours de « l’oncle Gelot » chez des pionniers de l’Ouest canadien, à savoir Théodore Gelot et son compagnon d’aventure Eugène Ménard, partis du Marais pour les territoires glacés d’Amérique du Nord.

MARAIS POITEVIN : une journée balades et sport pour les migrants du CAO de Frontenay-Rohan-Rohan (79)

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« Un étranger est un ami qu’on n’a pas encore rencontré » (Proverbe irlandais), tel est le credo de l’ASAF (Accueil Solidarité Accompagnement Frontenay-Rohan-Rohan). Cette association a organisé une journée des migrants, samedi 3 novembre 2018 à La-Garette. Des balades en barque et en calèche dans la Venise Verte, suivies, en spectateurs, d’un match de football de Ligue 2 à Niort.

 « L’histoire du Marais se rappellera que ce 3 novembre 2018, à La-Garette, il n’y avait ni Français, ni Soudanais, ni Afghans, ni Maliens, ni Somaliens, ni Érythréens, ni Guinéens, ni Pakistanais, mais seulement des hommes et des femmes qui sont solidaires et unis », a déclaré M. Rabah Laïchour, maire de la commune de Sansais-La Garette (Deux-Sèvres), devant un parterre composé de 39 jeunes migrants, sur les 50 actuellement hébergés au Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) de Frontenay-Rohan-Rohan, et de nombreux sympathisants et adhérents à l’ASAF.

« Faire découvrir notre territoire, nos modes de vie, nos paysages, nos faune et flore, nos villages, nos coutumes, nos traditions, était le but de cette sortie appréciée de tous », au départ de la Maison du Cheval et de l’embarcadère Les frênes à La Garette.

Estimant que « la solidarité est d’abord une valeur », l’Asaf est créée le 11 décembre 2017, en soutien à la famille Bulica. Originaire d’Albanie et installé à Frontenay-Rohan-Rohan depuis décembre 2016, le couple Petrit et Kujtime Bulica, avec trois enfants, dont un bébé né en France (les aînés, de 8 et 10 ans, sont scolarisés) fait l’objet d’une procédure d’expulsion du territoire. En juillet dernier, les bénévoles frontenaisiens apprennent que, déboutés de leur demande de droit d’asile, la famille se retrouve assignée à résidence. Spontanément, les bénévoles se sont alors occupés de leur trouver un logement, tout en lançant une pétition (2500 signatures recueillies en 10 jours) et en organisant diverses manifestations de soutien dont des marches de la fraternité, l’occupation de la salle des fêtes locale, . . . Aujourd’hui, « la situation est apaisée, la menace d’expulsion est moins alarmante. »

En présence des élus Mme Dominique Pougnard, conseillère départementale du canton, MM. Jacques Moronval, maire de Bessines (une commune voisine) et Olivier Poireau, représentant la municipalité de Frontenay-Rohan-Rohan, M. Laïchour a dressé ce constat que nous publions dans son intégralité : « Tout le monde parle de migrants, de l’Afrique à l’Asie, en passant par le Proche-Orient, de l’Amérique du Sud et Centrale aux Amériques du Nord, du Sud vers le Nord, de l’Est vers l’Ouest. Mais derrière ce mot, se cachent des hommes, des femmes, des enfants, qui fuient les guerres, la famine, la maladie, les régimes autoritaires, à la recherche d’une vie meilleure au risque de mourir en mer. Les pays du Nord dit industrialisés, civilisés, modernes, qui ont connu les guerres, la famine, les maladies, les migrations, se rejettent la responsabilité, érigent des clôtures de barbelés, parfois des murs en béton, pour éviter l’arrivée de ces populations. Dans maintes constitutions, à commencer par la Déclaration universelle des droits de l’homme, dans toutes les religions, il est dit et écrit que nous naissons tous égaux et que nous devons partager et être solidaires avec nos semblables. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, comme nous, ont passé neuf mois dans le ventre de leur maman, rien ne nous différencie d’eux. Et si nous regardions tous ensemble la face positive de cette tragédie. Cette face positive, c’est cette jeunesse, ces sourires, cette solidarité qui est née entre eux, malgré leurs différences culturelles, linguistiques, ethniques, géographiques. Leur point commun, c’est qu’ils sont tous migrants et ont parcouru des milliers de kilomètres pour arriver dans cette terre de Frontenay-Rohan-Rohan où l’association AUDACIA* les accompagne, grâce au soutien de bénévoles. »

*AUDACIA est une association qui siège à Poitiers (86). Au sein de son pôle d’activités migrants, elle met ses compétences dans les domaines social, administratif, juridique et de la santé au service des demandeurs d’asile et des personnes en demande de titre de séjour dans le but de leur assurer une insertion sociale et une intégration dans la cité. L’accès à l’hébergement est un préalable nécessaire à l’autonomie. La prise en charge vise à assurer l’accès aux droits fondamentaux des personnes accueillies : droits relatifs au séjour, aux soins, à l’éducation, à la culture et à l’emploi.

Gilles PETIT

Quatre barques et une calèche bien chargée ont transporté une soixantaine de personnes en balade découverte dans la Venise Verte. Avant le pique-nique à la Maison du cheval, puis direction le stade René-Gaillard à Niort pour assister au match de football en Ligue 2 Niort-Le Havre.

MARAIS POITEVIN : Clôture du 30ème Festival de peinture de Magné

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A l’espace culturel du Four Pontet, le 30ème Festival International de Peinture de Magné (79) s’est achevé, les 20 et 21 octobre 2018, par l’exposition des œuvres primées, suivie de la remise des tableaux aux partenaires présents. A cette occasion, M. Claude Audis, le président emblématique de Magné Animation, l’association organisatrice, a passé la barre du navire à une nouvelle équipe qui sera dirigée par son vice-président M. André Prunier.

A l’occasion de la 30ème édition du Festival International de peinture beaucoup d’invités d’honneur des éditions passées sont revenus à Magné saluer les organisateurs.

Le président Claude Audis : « Pour fêter cette 30ème édition, nous avions demandé à tous les invités d’honneur, depuis le départ, ainsi qu’aux artistes ayant participé au concours et ayant reçu le Grand Prix du Festival, d’être à nos côtés. 26 artistes invités d’honneur en peinture et sculpture, étaient présents et 13 grands prix du public étaient parmi nous. Pour marquer cet événement, nous avons eu le plaisir, le samedi soir, de retracer le Festival de peinture grâce à un spectacle pyrotechnique, tiré par l’entreprise Mille Feux. Un spectacle magnifique suivi par plusieurs milliers de personnes. »

L’édition 2018, a enregistré 257 peintres, représentant cinquante départements dont l’île de la Réunion et plusieurs pays étaient représentés dont l’Angleterre, le Canada. . .  Quant au public, il a été estimé à plus de 10 000 personnes.

 

Le film événement du 30ème Festival est à découvrir sur YouTube à l’adresse https://youtu.be/Q7hF6Y0TSl4. Pour rappel, voici le lien du film du palmarès et de la remise des prix : https://youtu.be/9GqYMywFmLQ.

A l’issue du 30ème Festival de peinture, le président Claude Audis (à gauche) passe la main à son vice-président André prunier (à droite).

Par ailleurs, M. Audis a tenu à remercier tous ceux qui l’ont aidé et « supporté » depuis vingt-neuf ans : « une équipe fidèle qui a fait d’une boutade de maire, une manifestation connue et reconnue dans l’hexagone et au-delà. De l’équipe ayant vécu l’aventure depuis le départ, seuls deux acolytes ont subsisté, c’est mon ami Louis Richard dit Loulou et mon ami Gérard Albert dit Gégé. Le premier s’occupe de la bouffe, le second des comptes. J’ai le plaisir de remercier en public toute l’équipe de Magné Animation, y compris les bénévoles, tous les parrains, collectivités et privés qui ont cru en notre équipe et nous ont aidé financièrement. Mais aussi, tous les artistes invités d’honneur et les artistes participants. Un merci particulier à un homme qui travaille toute l’année dans l’ombre et qui donne des conseils importants, je veux nommer mon inséparable ami Jean-Marie Zacchi. Jean-Marie a reçu récemment le grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, l’une des principales distinctions de la République Française. Je vous signale qu’une nouvelle équipe se met en place avec, à sa tête, mon vice-président André Prunier. »

Avant d’animer la remise aux partenaires des tableaux primés à l’issue du 30ème Festival, M. Prunier a simplement déclaré : « Dans quelques semaines, la nouvelle équipe réfléchira au Festival 2019. Il est déjà en partie sur les rails, notamment pour les invités d’honneur qu’il faut retenir pratiquement un an à l’avance. »

Présidente départementale de la Ligue contre le cancer, Mme Martine Pelonnier (à droite) a remis le tableau aux heureux gagnants.

La cérémonie a débuté par un point sur l’action que Magné Animation a mené depuis quatre ans en faveur de la Ligue contre le cancer. Sur quatre années, près de 10 000 € ont été collectés. « Cette somme va bien vers la recherche et vers l’aide aux malades et ça ça nous tenait à cœur aussi, a expliqué M. Prunier qui précise cette année, le chèque n’est que de 1 275 €, mais c’est une participation. Pour collecter ces fonds, il y avait un système de tombola dont le prix était un tableau. » Une très belle huile réalisée par M. André Rouvreau offerte à La Ligue. M. et Mme Biron sont les heureux gagnants.

Emma Burgaud a reçu un important lot de cadeaux.

Pour la seconde année consécutive, il était proposé « Le jeu de la couleur mystère ». A savoir, sur un dessin, chercher à positionner la couleur rouge à l’endroit que les organisateurs avaient préalablement placé sur une image-témoin. « Cette année, nous n’avons pas eu beaucoup de dessins vraiment terminés. Nous n’avons qu’une seule gagnante Melle Emma Burgaud. Le point à trouver était la barrière du pont-levis traitée en rouge. »

 

 

Mesdames Catherine Dambrine et Dominique Bauruel (de gauche à droite) ont dressé un rapide bilan des actions menées auprès des jeunes durant le Festival.

Dans le prolongement de ce jeu, un atelier jeunes était animé par Mme Dominique Bauruel, une artiste locale qui participe au Festival tous les ans et par M. Pierre Rebichon, aidés par l’adjointe au maire de Magné Catherine Dambrine en charge des actions liées à l’enfance. Pierre Rebichon avait aussi lancé l’idée de réaliser une vaste fresque (2 mètres de haut sur 3 mètres de large) à coloriser pendant les deux jours du festival par tout le monde, petits et grands. Cette initiative a bien plu aux festivaliers. Cette fresque sera offerte aux écoles de Magné.

La fresque à l’ouverture du Festival, le samedi matin.
La fresque à la fermeture du Festival, le dimanche en fin d’après-midi.

Lors de cette soirée de clôture du 30ème Festival de peinture de Magné, les partenaires présents ont pris possession des œuvres qu’ils ont parrainées.

Prix Restaurant La Belle Étoile
Commune de Magné : Grand Prix du Festival

Le dernier mot revient au maire de Magné M. Gérard Laborderie : « Je voudrais saluer cette belle longévité. Lorsqu’une manifestation dure trente ans, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est parce qu’il y a toute une équipe autour de Claude Audis qui a œuvré pour faire de ce festival ce qu’il est aujourd’hui, c’est à dire un festival de réputation nationale, mais aussi internationale. C’est un festival qui contribue aussi à la notoriété de la commune. La réussite a été exceptionnelle avec une densité de peintres de pointure nationale voire internationale au mètre-carré qu’on ne doit pas trouver partout. »

Gilles PETIT

(crédit photos : Michel Castellani, Gilles Petit)

 

SAINT-GEORGES-DE-REX (79) : Un four à pain participatif

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« En 2015, la commune de Saint-Georges-de-Rex a acheté un terrain de 500 m² contenant un ancien four à pain avec sa remise, un balet et un verger. Tout était enfoui sous le lierre, les épines. . .  Tout était à l’abandon ! » informe son maire Alain Liaigre. Un chantier participatif plus tard, le premier objectif est atteint : la remise en chauffe du four à pain.

« Aujourd’hui, la journée des Rexois consiste à essayer de voir si le four à pain fonctionne » s’inquiétait M. Denis Bigot, un ancien boulanger venu donner la main.

« On a tout nettoyé ! » On, c’est une équipe. C’est un chantier participatif mis en place par la municipalité, laquelle avait invité les Rexois à adhérer au projet. Dès avril 2016, une quinzaine de bénévoles se sont ainsi retrouvés un samedi sur deux pour travailler entre huit et treize heures.

« Nous avons demandé l’aide de la Région, à l’époque la région Poitou-Charentes, dans le cadre de la trame verte – trame bleue et on a obtenu une subvention, » remercie le maire. Dans un premier temps, cette aide a permis la création d’un verger communal, planté en novembre 2016. Ensuite, l’équipe s’est attaquée au bâti, à savoir « essayer de sauvegarder le four à pain dont la cheminée tombait à l’extérieur. » Par contre, la voute était « apparemment correcte. »

Située rue du Pigeonnier à Saint-Georges-de-Rex, cette remise héberge un four à pain et une ponne à bugeaille.

Progressivement, les bénévoles ont refait la toiture du four-remise, posé la porte, reconstitué la cheminée. Entre temps, ils ont lancé une vaste récupération de matériaux directement sur les chantiers du village. Deux palettes de tuiles traditionnelles viennent de l’ancienne poste et épicerie de St Georges que la municipalité a rachetées. Les pierres viennent de l’ancienne propriété de la famille locale Cardin.

« Qui nous aide ? Pour les vergers, dans un premier temps, nous avons été accompagnés par un de nos employés communaux ; pour les bâtiments, nous collectons des renseignements. Des gens viennent nous conseiller dont deux artisans Michel Boisseau et Denis Quertain, un menuisier -charpentier du village, au niveau du bois. »

Pour tester la bonne chauffe dans la tradition, le boulanger a fait cuire le fameux « préfou » (au premier plan), ces petits pains-maison garnis d’ail et de beurre, offerts à toutes les personnes présentes à cet événement.

Le four est terminé et il fonctionne depuis ce samedi 29 septembre 2018. Maintenant, il s’agit d’achever la remise en installant trois conceptions de toitures différentes : une à base de roseaux, une en volige classique et une troisième à la charentaise où « les tuiles tige-de-botte sont guidées par des chevrons parallèles à la pente. »

Ensuite, ce sera le tour du balet. Le gros œuvre de ce chantier participatif. Toute la toiture est à refaire, les murs sont à reprendre en pierre à partir de mi-hauteur. « Nous aurons probablement besoin de l’aide de professionnels. »

Une vigne sera plantée dans le verger situé à l’arrière du balet (à droite).

Le projet final : la création d’un espace ouvert dont les portes ne seront pas verrouillées afin que « les gens puissent venir visiter la remise-four à pain laquelle héberge une ponne à bugeaille avec sa poëlonne qui servaient au lavage commun des draps. » Dans une exposition permanente, des panneaux d’information détailleront l’usage d’anciens outils de l’agriculture, plutôt liés aux céréales, dont des couteaux à foin, un ciseau pour couper les roseaux, des moulins à venter, une baratte à beurre manuelle, une vieille charrue, des pelles à pain. Une aire de pique-nique à l’extérieur et une table sous le balet, complèteront l’équipement d’accueil. Sur les murs de ce balet, il y aura aussi des outils anciens accrochés. Et un troisième projet est cher au cœur des Rexois : planter de la vigne le long du verger, car Saint-Georges-de-Rex a un important passé viticole.

« Nous souhaitons, » conclut M. Liaigre, « que ce site soit intégré dans le parcours des lavoirs, le parcours de notre patrimoine communal, qui passe déjà par ici, par le pigeonnier. C’est un enrichissement permanent de notre patrimoine qu’on doit maintenir afin que Saint-Georges-de-Rex soit un centre d’intérêt dans le Marais Poitevin. »

Selon le Rexois Christian Tricot (89 printemps) : « on faisait sécher des poires, des prunes … Le four servait surtout pour les fruits, je ne l’ai pas vu cuire du pain. Il ne servait pas beaucoup. La ponne à bugeaille, elle, fonctionnait davantage ! »

Après la cuisson du préfou, chacun et chacune a pu apporter son ou ses plats (pâtés en croûte, volailles, tartes et tomates farcies. . . pizzas) pour les faire cuire gratuitement dans le four et les déguster sur place sur une grande table commune dans une ambiance festive.

Gilles PETIT

MAGNE (79) : Histoire(s) d’un four à pain restauré

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« Il fonctionne notre four à pain tout juste rénové et déjà en service, » semble s’étonner le maire de Magné Gérard Laborderie. « C’est pas une rénovation de façade pour faire beau. Il est vraiment opérationnel. Ce four appartient au petit patrimoine communal. » Voici la grande histoire d’un petit patrimoine magnésien inauguré le dimanche 16 septembre 2018 dans le cadre des Journées du patrimoine.

Roger Bodet

« C’était en friche, il y avait des lierres partout. Il a fallu débroussailler, trier et retailler certaines pierres. L’arrière du four était complètement écroulé, il restait juste la partie cheminée. J’ai refait l’intérieur du four. Il n’y avait plus de portes, j’ai refait la porte ; il n’y avait plus de toit, j’ai refait une pente. En fait, j’ai tout refait ! » résume ainsi M. Roger Bodet au sujet de la restauration du four à pain de la rue du Port Musqué à Magné (Deux-Sèvres).

Jean-Louis Brouard

Ce four a une histoire liée aux familles Riffault puis Brouard. Jean-Louis Brouard, l’un des quatre enfants, nés de l’union de Louis Brouard avec Lucienne Riffault, retrace la genèse du four : « Si vous me demandez la date de construction du four, je serais très embêté. Par contre, je peux vous dire précisément la date à laquelle il n’existait pas. C’est 1833, parce que sur le cadastre napoléonien de 1833, il n’était pas là. Donc on peut supposer qu’il était du courant du XIXè siècle. Il a fonctionné jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Après, les fermes se sont équipées en cuisinières à bois, avec des fours. Puis, on a vu des boulangeries apparaître dans les villages. Les fours de ferme comme celui-ci ont été petit à petit laissés à l’abandon.  Nous sommes ici dans le quartier des Riffault. Riffault était un patronyme très fréquent dans le Marais. Par exemple dans ce quartier, on avait Alexandre Riffault avec Denise. La maison attenante au four, c’était chez Roger Riffault. En face de cette dernière, la maison des frères Riffault André et Léon, célibataires tous les deux. » Le four à pain est rattaché à la maison située juste de l’autre côté de l’étroite rue du Port Musqué. Une grande demeure appartenant alors à Edmond et Angélina Riffault, lesquels ont eu une fille Lucienne, et donc quatre petits-enfants. « Jacqueline, l’aînée, est la dernière propriétaire du four avant de le céder à la commune ! »

Trois des quatre enfants Brouard étaient présents à l’inauguration : Martine, Jean-Louis et Jacqueline (de g. à d.)

Son « petit » frère se souvient : « C’était un four assez astucieux à l’époque. En fait, il était composé différemment. On avait à l’arrière un toit à cochon. Au-dessus du four, c’était l’aire de jeux des enfants. On y était au chaud, on était bien, à l’abri. On a passé des heures et des heures au-dessus du four. Le four était fermé devant, c’était la salle d’eau. Notre grand-mère faisait chauffer l’eau dans un chaudron sur la cheminée, puis la versait dans une grande baille et on prenait nos bains. Je pense que nous avons à l’ouest de Niort, le four multifonctions le plus ancien. »

M. Gérard Laborderie a ouvert une autre page d’histoire, municipale celle-là : « A partir de 2008, la municipalité, conduite par M. René Potiron qui voyant que ce four commençait à tomber en ruine sérieusement, a décidé de l’acquérir. Les choses en sont restées là. En 2014, on avait mis dans notre programme la rénovation du four. Il s’est trouvé qu’un Magnésien, M. Louis Dazelle a fait don à la commune d’un terrain qu’il possédait à l’arrière du four. En compensation, il demandait à la commune la rénovation du four à pain. Le conseil municipal est parti sur cet engagement. Il fallait rénover ce four et il fallait trouver quelqu’un capable de le faire ! »

Gérard Laborderie, maire de Magné : « C’est un engagement qui va bien au delà de ce que l’on pourrait attendre d’un conseiller municipal. Roger Bodet mérite la médaille d’honneur communale. »

Stupéfaction, dans l’équipe municipale, un certain Roger Bodet, retraité de l’administration, a déclaré : « Moi le four, je le rénove ! » Le conseiller est passionné par la pierre, s’intéresse aux fours à pain et . . . possède des compétences en compagnonnage platrier-carreleur . M. Laborderie insiste : « Roger a fait ce travail entièrement bénévolement. La commune n’a payé que les matériaux avec l’argent de la revente du terrain que nous avait donné M. Dazelle, dont la commune n’avait pas l’utilité. Il s’est trouvé qu’il intéressait les trois riverains qui habitaient autour. »

 

 

 

 

 

« Tout seul, ce n’était guère évident, » poursuit le maire de Magné. « On a créé une association pour porter le projet. Elle s’appelle : Les amis du four à pain et la sauvegarde du petit patrimoine. Présidée par Roger, la structure s’est donnée pour mission : la rénovation du petit patrimoine local. »

Roger Bodet a officiellement inauguré le nouveau Four à pain de la rue du Port Musqué à Magné, en présence du député Guillaume Chiche (à gauche), du maire avec une partie de son conseil municipal, des enfants Brouard et d’Elisabeth Maillard, vice -présidente chargée de la culture à la Communauté d’agglomération du Niortais.

Placé tout près des barbecues préparant le grand repas commun d’inauguration (près de 200 convives inscrits), le député des Deux-Sèvres Guillaume Chiche a ainsi débuté son allocution : « On a l’habitude de dire que les politiques ont parfois tendance à enfumer les gens avec des grands discours, là je peux vous dire que j’ai mon compte. » Il a quand même pu ajouter : « Le petit patrimoine, en réalité il est immense, parce que ce patrimoine commun, c’est celui de ceux qui n’en ont pas, ceux qui n’ont rien, qui habitent dans une commune. Ils peuvent se reposer uniquement sur ce petit patrimoine parce qu’il est partagé. Et donc, son entretien, sa sauvegarde, son développement demandent l’engagement de particuliers, d’artisans, d’élus. . .  Il vous réunit autour de valeurs, autour d’un outil. La symbolique est très très forte autour d’un four à pain parce que quoi de plus noble que le pain, la valeur du partage, la valeur du travail et la valeur de la patience. »

La conseillère départementale du secteur Dominique Pougnard pense que « C’est l’essence même de la vie d’un village de pouvoir réhabiliter ce patrimoine là. Pour moi, c’est un patrimoine double : bâti et culinaire. Un patrimoine gastronomique qui ravive la mémoire du pain, et restitue la mémoire du savoir-faire. »

 

A l’arrière, dans un espace réduit, il a réussi à construire un plan de travail, aménager une chambre de « pousse » où on fait lever la pâte, avec des rayonnages…

Maintenant, sous l’égide de l’association, M. Roger Bodet anime des activités autour du pain. Il accueille ainsi des apprentis, des stagiaires. . . « Son prétexte au début, c’était qu’il fallait chauffer le four pour qu’il puisse monter en température progressivement, » soupçonne le maire. « Je pense que ça fait longtemps qu’il est monté en température et qu’il est sec. »

Gilles PETIT