venise verte

MARAIS POITEVIN : Le lancement des Valeurs du Parc Naturel Régional

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En organisant la première édition de la « Fête de la transhumance par bateau », le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR) a officiellement lancé sa marque « Valeurs Parc Naturel Régional », samedi 1er juin 2019 sur le site de l’ancienne scierie du village de La Garette à Magné (79). L’occasion de promouvoir, entre autres, le travail des éleveurs locaux et la viande bovine qu’ils produisent.

« Elle est pas belle la maraîchine ? » Photo Gilles Petit

Les bovins du Marais Poitevin n’ont jamais connu de transhumance, du moins dans le sens littéral du mot. Selon un dictionnaire, la transhumance, du latin trans (de l’autre côté) et humus (la terre, le pays), est la migration périodique du bétail (bovidés, cervidés, équidés et ovins) entre les pâturages d’hiver et les pâturages d’été. Elle a pour objectif l’engraissement du troupeau, mais aussi sa reproduction. Elle se pratique sur tous les continents. Festive ou pas, elle remonterait au moins à 4 000 ans.

Dans le Marais mouillé du Marais Poitevin, le terme « transhumance » n’est guère approprié. Le site de La Garette a la particularité d’être constitué de petites parcelles de 5 à 10 hectares entourées d’eau couvrant les communes de Sansais-La Garette et Magné. N’étant pas accessibles par voie de terre, ces îlots n’étaient pas ou plus entretenus par leurs propriétaires respectifs. Face à la friche qui gagnait et à l’envasement du réseau hydraulique secondaire, le PNR a pris le bétail par les cornes en étroite relation, entre autres, avec des éleveurs du secteur. Ces derniers ont alors créé l’Association des éleveurs par bateau, présidée par un agriculteur coulonnais M. Dominique Moinet.

Chaque îlot sélectionné a bénéficié d’aménagements destinés à améliorer les conditions d’exploitation : la création de parcs de contention pour rassembler les animaux; la mise en place de franchissements permettant la circulation entre les parcelles; le curage des voies d’eau; la réhabilitation de l’ancienne scierie de La Garette en port technique pour l’entretien du Marais; et la mise à disposition d’un chaland bétaillère permettant le transport des bovins vers le site inaccessible par voie de terre.

M. Pierre-Guy Perrier, Président du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin. Photo Gilles Petit

« Il faut savoir que cette activité permet de maintenir des prairies naturelles. En effet, il est aujourd’hui possible de les maintenir en l’état grâce à l’action de nos amis éleveurs qui organisent cette transhumance d’une manière tout à fait originale, » explique M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin.

Une satisfaction partagée par M. Xavier Garreau, de la Chambre d’agriculture de Vendée représentant les trois Chambres d’agriculture (Vendée, Charente-Maritime, Deux-Sèvres) au bureau du PNR : « On découvre une petite partie de ce qui se fait en terme d’élevage dans le Marais Poitevin. C’est quand même remarquable. J’apprécie le travail que font les éleveurs et plus particulièrement le travail d’entretien car, finalement, sans élevage, sans éleveurs, le Marais Poitevin ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Malgré tout, on assiste à une baisse très importante du nombre d’éleveurs, du nombre de vaches. A chaque fois que, dans une exploitation, un agriculteur s’en va, souvent, c’est l’élevage qui disparaît. Alors, pour essayer de maintenir l’élevage sur le Marais, la marque Valeurs Parc Naturel Régional a été une solution. Maintenant lancée, la marque est partie avec 44 éleveurs et avec un certain nombre d’opérateurs : Parc, commerçants, . . . Ce fut un long travail de trois années durant lesquelles il a fallu mettre sur le papier des choses qui se font déjà. C’est à dire qu’on n’a pas voulu mettre des contraintes supplémentaires sur les éleveurs. On a donc regardé ce qui se faisait de remarquable en terme d’alimentation, en terme de bien-être animal d’un point de vue social, d’un point de vue environnemental. On a identifié tous ces aspects, on les a mis sur le papier. Ça s’appelle la traçabilité, du moins une partie de la traçabilité. Aujourd’hui, les éleveurs qui se sont lancés dans cette marque en attendent les fruits parce que l’un des facteurs qui participent à la baisse du nombre d’éleveurs est que les gens ont du mal à vivre de leurs activités. La contrepartie, c’est une juste rémunération sur le prix de la viande qui permettra, on l’espère tous, au moins à maintenir le nombre d’éleveurs tel qu’il est aujourd’hui pour continuer à entretenir le Marais Poitevin. On commence à trouver la viande dans un certain nombre de magasins dont l’Hyper U de l’Aiguillon. On espère qu’il y en aura beaucoup d’autres à l’avenir : les restaurateurs, la boucherie traditionnelle et, pourquoi pas, les cantines dans nos communes. Il faut le faire savoir; c’est le travail de tout le monde de faire connaître la marque. »

Une partie des « lanceurs » de la marque Valeurs Parc Naturel Régional. Photo Gilles Petit

« Une marque qui met en valeur tout ce qui est propre au territoire du Marais Poitevin et en particulier la viande bovine typique d’ici, » ajoute M. Perrier. Valeurs Parc Naturel Régional est une marque nationale attribuée aux produits, savoir-faire et services des professionnels des Parcs naturels régionaux qui s’engagent à porter les trois valeurs fondamentales que sont le territoire, l’environnement et l’humain. En plus de la viande bovine (maraîchine, charolaise, Salers), le PNR propose déjà d’autres produits et services marqués comme le miel, le savon à l’eau de peuplier ou des gîtes et chambres d’hôtes.

Cette maraîchine semble très heureuse de retrouver la quiétude du Marais… et ses congénères. Photo Gilles Petit

Selon un des éleveurs présents à La-Garette : « Ce n’est qu’un début ». « C’est un encouragement pour montrer la valeur de notre territoire, » conclut le président du PNR.

Gilles PETIT

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Marais Poitevin : la 5ème Transhumance de la Vallée du Curé à Saint-Sauveur d’Aunis

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La Transhumance de la Vallée du Curé est née à l’initiative principalement des éleveurs de races limousines de Charente-Maritime. Elle est organisée les années impaires. Photo Gilles PETIT

Créée en 2011, par les communes de Nuaillé d’Aunis, du Gué d’Alleré et de Saint-Sauveur d’Aunis, la fête de la Transhumance 2019, organisée par l’association Transhumance de la Vallée du Curé, présidée par Rémy Mouche, s’est déroulée, cette année, sans Le Gué-d’Alleré, faute de bénévoles locaux semble-t-il, mais avec l’arrivée de la commune de Ferrières d’Aunis. Le Curé est le plus court des trois fleuves, avec le Lay et la Sèvre Niortaise, qui se jettent dans la Baie de l’Aiguillon.

« Ce n’est pas véritablement une tradition. En fait, il s’agit d’une animation autour du marais, » explique M. Jean Luc, maire de Saint-Sauveur d’Aunis. « Avant, il y avait la mise à l’herbe avec une arrivée un petit peu échelonnée des troupeaux sur le marais communal. Ici, des organisateurs dynamiques et imaginatifs ont voulu transposer la transhumance des montagnes de France. C’est une très, très belle fête qui met en valeur la vocation d’élevage et la qualité de nos marais communaux. L’élevage est quand même très vivant dans nos plaines céréalières. Ce rassemblement, cette convivialité, sont un aspect économique non négligeable parce que 157 bêtes sur une cinquantaine d’hectares de marais à Saint-Sauveur, constituent une grande richesse. Nous avons des éleveurs qui viennent d’autres communes pour mettre leurs bêtes. C’est important, ça fait chaud au cœur. Beaucoup de monde accompagne cette transhumance, ce qui montre que l’élevage fait partie de l’ADN de notre région. Le marais communal a une vocation en matière d’écoulement des eaux, les eaux y stagnent, elles s’y reposent. On y trouve une végétation importante, la faune, la flore, tout ce qu’il faut pour faire un milieu naturel, une biodiversité comme on dit maintenant. Les vaches vont rester dans le communal jusqu’au mois de décembre. Elles ont de quoi manger. »

Des centaines de marcheurs ont accompagné la 5ème Transhumance de la Vallée du Curé. Photo Gilles PETIT

L’étude réalisée et publiée par Eléonore Charles « Les communaux du Marais Poitevin : géohistoire et construction collective d’un projet global » explique (extrait) :

« Nés entre le Xème et le XIIème siècles lors des premières opérations de dessèchement par les abbayes, les communaux du Marais Poitevin sont, en fait, des terres gagnées sur la mer. Au Moyen-Age, ils avaient une place importante au sein de la société. Les moines et les seigneurs les mettaient à disposition des communautés d’habitants, notamment les plus pauvres, pour y chasser, pêcher, ramasser des champignons et y faire paître les bêtes. Cette propriété commune est ancienne et antérieure à la naissance des communes actuelles (« marais commun » plutôt que « communal »), et résulterait d’une concession aux paroisses de droits territoriaux sur les propriétés des seigneurs ou des abbayes. Au XVIIème siècle, après la deuxième phase de dessèchement du Marais Poitevin, l’arrêt du Parlement de Paris du 30 avril 1654 impose aux Compagnies de « laisser à chaque paroisse un vaste communal à portée et en bon état ». A la Révolution française, les marais communaux deviennent la propriété des communes mais garderont longtemps un statut ambigu : ni privés ni publics, ils sont du domaine commun. Peu modifiés par l’homme, ces espaces n’ont jamais (ou presque) été exploités autrement qu’en pâturage extensif, libre, collectif et plurispécifique (bovins, équins et quelques ovins). »

« Pas de chevaux sur Saint-Sauveur », signale le maire M. Luc qui informe : « Au XIX° siècle il y avait des chevaux soldats destinés à aller à la guerre, pour acquérir de l’endurance, on les mettait sur le marais communal. Saint-Sauveur a une tradition de cheval, d’élevage de chevaux, toutes les belles demeures de la commune appartenaient à d’anciens marchands de chevaux qui vendaient leurs chevaux élevés dans les marais communaux. Actuellement, dans notre marais, ce sont des bestiaux destinés à l’alimentation des êtres humains. »

MAGNE (79) : La saison 2019 des expositions au Four Pontet

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Au sein du 1er Salon de Printemps à Magné (79), vingt artistes amateurs locaux ont ouvert ensemble la saison 2019 de l’Espace culturel en compagnie des Ateliers du Four Pontet. L’ouverture d’une nouvelle saison d’expositions au Four Pontet concoctée par la nouvelle équipe de l’association Les Amis du Four Pontet et de la Culture, présidée par Thierry Larrat. Tout un programme.

Le 1er Salon de Printemps réunit une vingtaine d’artistes locaux à l’Espace culturel du Four Pontet à Magné. Photo Gilles PETIT

Avec son four à deux étages et son tour de potier, le Four Pontet a conservé le souvenir de son ancienne activité, à savoir la confection de poteries. Au service des arts plastiques depuis 1998, l’Espace culturel du Four Pontet a déjà hébergé plus de 350 expositions, 852 artistes et environ 100 000 visiteurs.

Au fil de l’exposition … Photos Gilles PETIT

Du 26 au 28 avril 2019, l’Espace a accueilli 73 œuvres des artistes magnésiens : Odile Bonnefoi (acrylique), Réjane Cartier (pastel sec), Violetta Cenzano (acrylique, dessin), Christiane Charmy (acrylique, huile), Jean-Claude Daroux (gravure technique burin), Danielle Debono (dessin, fusain), Martine Delaune (pastel sec), Maguy Dubreuil (huile), Chantal Gadreau (pastel), Maryvonne Gazeau (pastel sec, acrylique), Jean-Marc Houllier (dessin), Jocelyne Jenty (aquarelle), Jacqueline Grégoire (huile), Damien Larrat (technique mixte), Thierry Larrat (sculpture), Hélène Moreau (pastel sec), André Prunier (aquarelle), Catherine Saunier (pastel sec), Majade Rihault (pastel sec, pastel à l’huile, acrylique), et Christiane Wavrant (huile, sculpture).

 

 

 

 

La suite du programme 2019 de la saison d’expositions au Four Pontet :

1er au 15 mai : Paulove (technique des maitres anciens); 16 au 29 mai : D. Filiatre; 30 mai au 12 juin : Pierre Auzanneau (peintre graveur) et Richard Métais (sculpture métal); 13 au 26 juin : Gérard Teillay (photographie Un autre regard sur le handicap) ; 27 juin au 10 juillet : V. Thévenoux et Edmond Yawovi Seddoh (peinture); 11 au 17 juillet : Nathalie Sabourin (aquarelle); les 20 et 21 juillet : les invités d’honneur du 31ème Festival international de Peinture de Magné, Hélène Nué (gravure), Jean-Pierre Gendis (sculpture) et « les peintres de Corée du Sud »; 24 juillet au 7 août : Aline Decrouez (peinture volumétrique); 8 au 21 août : Catherine Chauviré (dessin, peinture, pastel, aquarelle); 22 août au 4 septembre : Françoise Bousseau-Janon (technique mixte) et Van Mo (peinture spéciale); 5 au 18 septembre : S. Puma (peinture) et Ocio Shelleigh (huile, pastel à l’huile); 19 septembre au 2 octobre : les Journées du patrimoine; 3 au 16 octobre : Jean-Claude Daroux (gravure) et J.C. Ferrand (sculpture); 17 au 23 octobre : exposition des œuvres primées à l’issue du festival international de peinture.

Entrée libre. Espace culturel du Four Pontet, 5 quai de la Sèvre Niortaise à Magné (79460 Deux-Sèvres France) – Courriel : fourpontet@magneculture.fr – Internet : http://www.magneculture.fr

 

Seize ans déjà : le 8 mai 2003 on repêchait « L’enfant de la Conche » à Coulon (79 France)

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Le 16 juillet 2003, Alice Géraud, journaliste à Libération, écrivait : « Elle n’a pas de nom. Pas d’âge. Pas de visage. Les gendarmes disent «la fille», parfois «la femme». Le curé du village, lui, préfère parler de «la maman». Ils ne savent rien d’elle. Si ce n’est qu’elle a dû accoucher d’un garçon fin avril, début mai. Le corps du nouveau-né a été retrouvé le 8 mai dans l’eau d’un canal du Marais poitevin ».

Le 8 mai 2003 était une journée quasi estivale dans le Marais Poitevin. Particulièrement à Coulon (Deux-Sèvres France), « capitale » de la Venise Verte. Ce jour-là, cette seconde zone humide de France offrait d’agréables balades aux nombreux promeneurs.  Notamment le long du canal de la Rive droite de la Sèvre Niortaise, communément appelé la Rigole du Grand-Coin. C’est dans cette cathédrale de verdure, qu’en milieu d’après-midi, un homme remarque un objet flottant accroché aux herbes. Avec l’aide de ses amis, ils  repêchent une besace noire de marque Centrix, lestée d’un poids. A l’intérieur, un banal sac poubelle dans lequel ils découvrent le corps d’un nouveau-né.

Une cellule « Grand Coin »

Une cellule, intitulée « Grand Coin », composée de six gendarmes de la brigade de recherche départementale de Niort est alors constituée. Les militaires sont entièrement mobilisés pour identifier le bébé et retrouver sa maman. Sous le contrôle du juge d’instruction de Niort, ils ont procédé à des centaines de vérifications. Ils ont contrôlé tous les campings, gîtes et hôtels de la région, vérifié toutes les rumeurs qui circulaient sur cette affaire. Des plongeurs ont minutieusement inspecté le cours d’eau à la recherche du moindre indice. Coulon étant située en limite de trois départements, l’enquête s’est poursuivie en Vendée et Charente-Maritime. Les enquêteurs ont même fait appel à l’hypnose pour aider un témoin à éclaircir ses souvenirs. Ce dernier aurait assisté à une animation inhabituelle près de la rigole où le promeneur a repêché la besace.

Cette besace à bandoulière a fait l’objet de toutes les attentions de la part des enquêteurs. Ceux-ci étaient même prêts à interroger tous les propriétaires de ce sac très particulier (il s’agit d’un objet publicitaire largement distribué en entreprises sur lequel figure le logo de celles-ci, une marque soigneusement découpée) resté immergé au fond de l’eau «au moins neuf à dix jours». «Il était très abîmé», explique-t-on. On imagine l’état du nouveau-né qui ne portait pas de trace de violences . « Juste un corps de nourrisson. De sexe masculin, de type européen. Sans vêtement ni signe distinctif. Et sans passé, forcément ! » précisait Alice Géraud.

Seize ans plus tard, on ignore toujours si l’enfant est mort-né ou s’il a vécu. L’autopsie n’a donné aucune certitude. Du côté de la maman, les enquêteurs ont cherché une femme ayant pu être enceinte ce printemps-là. Ils ont comparé les grossesses déclarées et les naissances enregistrées dans les trois départements. Mais elle a pu cacher sa maternité et/ou accoucher seule. Ils ont aussi recoupé l’affaire avec les précédents dossiers d’infanticides et d’abandon d’enfant sur leur juridiction.

La municipalité se substitue à la famille.

Durant l’enquête, le curé du village, le père Michel Châtaigner, a écrit au maire pour demander que le corps du bébé soit «dignement inhumé» en souhaitant : «Il faudrait respecter la religion de la maman. Enfin, si on la retrouve.» Les enquêteurs n’ont pas retrouvé cette personne.

Finalement, comme le prévoit la législation, selon le délai d’instruction et s’il n’y a pas d’identification, le corps doit revenir à la commune du lieu de la découverte. S’adressant au Conseil municipal de Coulon, dès le 13 mai 2003, le maire de l’époque Michel Grasset annonçait : « la commune devra assumer si nécessaire. Dans cette hypothèse, la municipalité devra offrir une sépulture à la petite victime. La crémation est proscrite dans l’éventualité où la famille réclamerait ultérieurement son corps.« 

Début octobre 2003, le petit corps a effectivement été rendu à la commune de Coulon. Il a été inhumé le mercredi 15 octobre à 10h30 dans le cimetière communal à l’issue d’une cérémonie solennelle en présence de la municipalité, du curé, d’un pasteur, de représentants de la Gendarmerie et de l’Etat, accompagnés de quelques Coulonnais. Les dépenses (mise en bière, transport de corps, plaque, gerbe de fleurs…) ont été prises en charge par la collectivité locale.

Depuis ce jour, la petite tombe de « L’enfant de la Conche » est régulièrement entretenue par des anonymes.

Gilles PETIT

COULON – MAGNE : le Centre Social et Culturel du Marais entre nouveau et renouveau !

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À 33 ans, le Centre Social et Culturel du Marais renaît après une seconde crise existentielle. Entre des valses à la présidence et à la direction, cette association, qui siège à Coulon (79), repart dans « des conditions de travail saines et motivantes », selon sa nouvelle présidente Estelle Howell.

Le Centre Social et Culturel du Marais siège au bord de Sèvre Niortaise à Coulon.

Né en juillet 1986 dans la continuité de la Maison Pour Tous de Coulon, association pluridisciplinaire, le Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) a ouvert ses portes en 1987 à Coulon. Installé dans une maison ancienne reconstruite par la municipalité coulonnaise sur les bords du fleuve Sèvre Niortaise, le CSCM a développé sur sa zone d’influence (à l’origine sur les douze communes du Marais Mouillé) un ensemble d’actions qui l’ont fait connaître comme une véritable structure de développement social et culturel. Encore aujourd’hui, les locaux, les services permanents et les activités sont toujours ouverts à l’ensemble de la population du Marais, toutes générations confondues. Les actions mises en œuvre chaque année ont concerné, en 2018, environ 500 usagers réguliers dont beaucoup d’enfants et de jeunes, ainsi qu’une vingtaine d’associations.

Ces missions d’intérêt général sont conduites avec l’aide de plusieurs partenaires financiers : les communes (essentiellement Coulon et Magné), la Mutualité Sociale Agricole, le Syndicat Intercommunal à Vocation Unique Magné-Coulon pour la petite enfance et la jeunesse, le Conseil départemental des Deux-Sèvres, l’Europe, l’État français, la Communauté d’Agglomération du Niortais et la Caisse d’allocation familiale des Deux-Sèvres. Cette dernière verse annuellement une prestation de service, par contrat quadriennal. Portant ainsi le budget prévisionnel 2019 du CSCM à 525 490 euros.

Depuis sa naissance, le CSCM s’est considérablement développé sous la houlette de plusieurs présidents ou présidentes et directeurs ou directrices. Malgré quelques vicissitudes, il fonctionnait bien jusqu’à l’arrivée, début 1997, d’un nouveau directeur recruté par voie de concours. M. Dany Le-Tohic a alors bouleversé les « habitudes », créé un nouveau dynamisme en activités tant sociales que culturelles et remonté la trésorerie avec les félicitations de tous. Malheureusement, ce changement s’est accompagné de conflits relationnels entre ce directeur et les salariés. Un problème qui s’est propagé à des bénévoles du Centre, à des responsables d’associations, à la Fédération départementale des Centres sociaux et à certains membres du Conseil d’administration. La Fédération départementale des Centres sociaux avait alors pris les rênes de l’association. Elle avait fourni un professionnel pour gérer les dossiers courants, puis suggéré la nomination, en septembre 2001, d’une nouvelle directrice Marie-Noëlle Louis-Bonnin. L’année 2001 restera la première année noire du CSCM.

L’histoire s’est répétée en 2017. La fièvre est de nouveau montée au CSCM entre le personnel et la directrice. En entamant un mouvement de grève soutenu par des bénévoles, les salariés, qui contestaient le management, attendaient du conseil d’administration qu’il prenne ses responsabilités et tienne ses engagements. Des membres de ce conseil, dont la présidente Nicole Bernard, ont alors démissionné.

Madame Stéphanie Kerdoncuff, par ailleurs conseillère municipale de Coulon, a assuré pendant neuf mois l’intérim à la présidence d’un Conseil d’administration (CA) en cours de renouvellement. Le 20 novembre 2017, ce CA a élu sa présidente Madame Estelle Howell. Enfin, le 29 novembre suivant, le Conseil d’administration et la nouvelle présidente ont licencié la directrice. Un nouveau directeur, Mickaël Abbes, a rapidement été engagé. Cependant, le courant est mal passé entre la présidence et la direction. « On n’est pas resté en amour avec le directeur », regrette Estelle Howell. L’arrivée d’un autre nouveau directeur, Anthony Levrault, et d’une nouvelle comptable Nathalie Sauzeau, ont permis « d’apporter au centre des conditions de travail saines et motivantes », selon la présidente.

Mme Estelle Howell, la nouvelle présidente du Centre Social et Culturel du Marais Photo Gilles Petit

Mme Howell : « Nous sommes très heureux de la nouvelle constitution de notre équipe d’animation, de notre organisation administrative et de l’évolution des activités emploi famille et enfance jeunesse. Nous avons une équipe soudée, détendue, volontaire et dynamique. Ceci a été fait avec un grand souci du respect de notre contrat de projet social et des salariés. La mise en lumière des particularités et des compétences de chacun a permis d’atteindre leurs objectifs personnels, ainsi que ceux du Centre. Formations, optimisation des missions, sécurisation des contrats, accompagnement personnalisé ont été mis en place pour s’assurer du respect des attentes de tous. » Enfin, s’adressant aux adhérents présents à l’assemblée générale du CSCM, qui s’est tenue le 11 avril 2019, la présidente a terminé son rapport moral ainsi : « C’est vous qui portez les projets et on vous accompagne. C’est quelque chose qui nous tient vraiment à cœur. »

Quant aux représentants des municipalités, Mme Anne-Sophie Guichet, 1ère adjointe au maire de Coulon a expliqué : « On a été présents dans les bons moments, dans les moins bons, et là dans des moments beaucoup plus sereins. Avec Anthony, on vit les choses beaucoup plus sereinement. » Le maire de Magné, M. Gérard Laborderie a constaté : « L’an dernier, c’était l’assemblée générale de la renaissance après une période de turbulences qui nous avait passablement inquiétés. Mais une nouvelle équipe était en train de se mettre en place. Une équipe renouvelée, dirigée, semble-t-il, de main de maître par Anthony. Des activités ont lieu aussi sur Magné, c’est vrai que nous avons des salles à disposition. »

M. Anthony Levrault, nouveau directeur du CSCM. Photo Gilles Petit

Le directeur Anthony Levrault a dressé un rapide rapport d’activité 2018 du CSCM. Il a notamment présenté Mme Amandine Fleur, encore une nouvelle venue depuis novembre 2018, chargée du secteur enfance-jeunesse. Amandine Fleur a expliqué : « de janvier à juin 2018, en enfance, les Temps d’Activités périscolaires (TAPS) existaient sur Coulon et, depuis septembre, Coulon est passé à la semaine d’école de quatre jours, sans les TAPS. Donc, avec l’équipe nous avons fait le choix de monter des opérations sur le temps périscolaire chaque jour le matin ou le soir et les mercredis. » En fait, les enfants coulonnais n’ayant plus école le mercredi matin depuis la rentrée scolaire 2018-2019, un accueil de loisirs a été mis en place le mercredi dès le matin. Leurs camarades de Magné dont les écoles ont conservé la semaine de cinq jours, les rejoignent l’après-midi après le déjeuner.

Parmi les nombreux ateliers culturels ou sportifs, le secteur jeunesse du CSCM a connu une baisse d’activité. L’équipe d’animateurs aimerait renouer le dialogue avec les parents et les jeunes afin de proposer un espace dédié. Ils voudraient permettre aux jeunes de se retrouver dans un lieu d’échanges, d’écoute, de rencontre, de détente et contribuer à développer leur citoyenneté. Mais aussi, impliquer les jeunes dans la construction de leurs temps de loisirs avec l’aide des animateurs.

Importante assistance à l’assemblée générale du CSCM le 11 avril 2019. Photo Gilles Petit

« Ce qui nous rend fiers, aujourd’hui, conclut la présidente Estelle Howell, c’est que le Centre a à nouveau ouvert non seulement ses portes, mais aussi son cœur et ses oreilles pour écouter la parole des habitants et répondre à leurs attentes. »

Gilles PETIT

Centre Social et Culturel du Marais, 3 place de la Coutume 79510 Coulon – Tél : 05 49 35 99 90 – Courriel : contact.lemarais@csc79.org – Site lemarais.csc79.org

 

 

Saint-Georges-de-Rex (79), l’ancien maire René MATHE a participé au « grand ouvrage de la vie » du Marais Poitevin

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A propos de « son » Marais, René Mathé disait à qui voulait l’entendre : « le travail laborieux de l’homme, c’est les pyramides ! Le Marais chez nous est un milieu construit, bâti et il faut toujours, toujours, le travailler, l’entretenir, le sauvegarder ! » René Mathé, ancien maire de Saint-Georges-de-Rex, est parti le 1er février 2019, à l’âge de 72 ans. Sans aucun doute, il continuera à veiller sur cette cathédrale de verdure qu’est le Marais Mouillé du Marais Poitevin.

A Coulon, le 15 juin 2014, l’ancien maire de Saint-Georges-de-Rex, René Mathé participait à la remise au Syndicat mixte du label Parc Naturel Régional, par la ministre Ségolène Royal. Photo PNRMP

Mardi 5 février 2019, 10h30, le centre du village de Saint-Georges-de-Rex est fermé à toute circulation automobile. Dans un grand silence, des dizaines de personnes convergent vers le parvis de l’église. Une église trop petite pour accueillir tout ce monde venu de l’ensemble du Marais Poitevin et de la couronne niortaise, dont beaucoup de responsables politiques et d’anciens élus. D’ailleurs, la municipalité locale avait prévu cette affluence en installant un tivoli ouvert, équipé d’une sonorisation permettant de participer à la cérémonie.

Au micro, Clément, l’un des trois enfants du couple René et Jeannick Mathé, a retracé la « carrière » de son père : « Une sensibilité pour ton prochain aura été l’un des moteurs de ton engagement pour ta communauté. Je pense que les Rexois peuvent en témoigner : cinq mandats, 31 ans à la mairie et des réélections à plus de 80% aux premiers tours. » Parallèlement, René Mathé compte 35 ans d’activité au sein du Syndicat mixte du Parc, d’abord Interrégional, puis Naturel Régional, du Marais Poitevin, en charge de l’architecture et de l’urbanisme. Sans oublier son poste de secrétaire au Syndicat intercommunal à vocation unique des Grands Travaux du Marais Poitevin, dont il fut l’un des artisans avec la présidente Mme Ségolène Royal. Des Grands Travaux lancés, le 4 février 1992, par M. François Mitterrand, alors président de la République française.

Clément poursuit : « Nous nous retrouvons donc à Saint-Georges-de-Rex, ce petit village du Marais Poitevin, à quelques kilomètres d’Irleau où tu as vu le jour le vendredi 5 avril 1946 et où, surprise pour la famille Mathé, vous êtes arrivés à deux, Jacques et René. Des jumeaux rejoignant leurs parents Roger et Madeleine et le frère aîné André. »

En mai 1994, René Mathé, alors maire depuis 11 ans, constatait que les projets de Saint-Georges-de-Rex prenaient déjà forme grâce à l’adhésion de sa commune à la Communauté d’Agglomération de Niort. Photo C.O.

Dans un film vidéo, diffusé sur Internet (Dailymotion), René Mathé raconte « je suis né dans le Marais , toute ma famille maternelle et paternelle est liée à ce territoire. J’ai même eu un arrière-grand-père qui a été maire de la commune d’à côté et ma famille était liée aussi à une production du bois, les bois du Marais, les usines de scierie, le contreplaqué que, moi étant enfant, j’ai pratiqué, y compris sur le terrain avec l’exploitation du bois, les chantiers, les abatteurs, donc je suis vraiment un enfant du pays. »

Cependant, René Mathé n’a pas travaillé dans l’entreprise familiale. Selon son fils, « malgré des études loin de nos conches, frênes têtards et peupliers, malgré les voyages pour découvrir culture et patrimoine aux quatre coins du monde, le soixante-huitard revient s’installer avec sa belle dans le Marais. » Puis, en 1980, il se marie avec Jeannick, une Bretonne qui lui donne Clément, Capucine et Vivien.

Clément enchaîne : « Vient alors le temps du Parc Naturel Régional et des engagements locaux, politique, associatif et militant. [Il] va avancer et combattre avec des valeurs chevillées au cœur et au corps : patrimoine, histoire, écologie, humanité, cherchant le compromis pour ne léser personne, malgré [ses] convictions parfois très tranchées. »

René Mathé : « Ce n’est pas la fin du monde, juste une page qui se tourne et chacun continuera d’écrire et prolongera son histoire dans le grand ouvrage de la vie. »

 

Gilles PETIT

MAGNE 79 : Quand des vœux se réalisent…

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Les projets que dessine la municipalité de Magné semblent se concrétiser naturellement avec une facilité déconcertante. De quoi rendre envieuses des communes voisines. De nouveaux terrains à bâtir, de nouveaux habitants, de nouvelles entreprises, de nouvelles associations . . . et une capacité d’autofinancement pour investir, malgré la baisse des dotations d’État.

M. Gérard Laborderie, maire de Magné : « Depuis 2015, j’espère, comme chaque année, débuter cette cérémonie de vœux sur une note légère. Mais malheureusement, l’actualité me l’interdit encore. Les nombreux attentats des années passées, aussi horribles soient-ils, avaient pour conséquence de nous rassembler, politiques de gauche, de droite, syndicats, forces de l’ordre, tous unis pour la France, pour cette liberté de toute nature, contre l’obscurantisme, le fanatisme, sa violence aveugle incompréhensible. Les événements qui agitent notre pays depuis novembre dernier sont d’une autre nature. La révolte dite des gilets jaunes vient de l’intérieur de notre pays. Et nous oppose les uns aux autres, le peuple aux gouvernants, le peuple aux forces de l’ordre, avec un niveau de violence rarement atteint lors de manifestations, faisant voler en éclats la belle unité nationale malheureusement éphémère des lendemains de catastrophes. Les revendications sont nombreuses. Cette révolte exprime un sentiment profond de colère et de désespoir qu’il faut entendre. »

Le premier vœu du maire pour 2019 sera « un vœu d’apaisement de la violence qui sévit en ce moment dans notre pays, et, pour cela, [il] souhaite qu’un véritable dialogue se mette en place avec une écoute réciproque, attentive et une recherche de solutions concertées au bénéfice de plus d’égalité et plus de justice sociale. »

2018

2018 a été une année d’activités particulièrement intenses pour tous, élus et services, mais, regrette M. Laborderie, « la conduite simultanée de nombreux dossiers ajoutée à la gestion quotidienne nécessite beaucoup d’énergie, beaucoup de travail, beaucoup de temps passé et aussi beaucoup de tracasseries car l’administration est lourde et de plus en plus complexe. Elle nécessite de nombreuses compétences dans les domaines administratif, réglementaire, juridique, comptable, fiscal, technique, etc. Dans tous les domaines. » Est-ce pour cela que M. Alain Sauviac a démissionné du conseil municipal, le 26 juin 2018, laissant vacant son poste de 2ème adjoint en charge de la communication et des projets structurants ? Membre non élu de la liste du maire aux municipales, M. Jean-Claude Daroux a été appelé pour compléter le conseil. Les fonctions d’adjoints ont glissé vers le haut, le 3ème devenant le 2ème, et ainsi de suite jusqu’au 5ème. Auparavant « simple » conseiller, M. Jean-Paul Chaudron a été élu, le 3 juillet 2018, 5ème adjoint à la communication. Le maire reprenant la gestion des projets structurants.

La baisse des dotations de l’État diminue les recettes de la commune. Une baisse constante de 2013 à 2017 qui représente quand même 420 000 euros de recettes cumulées en moins dans le budget d’investissement. « Heureusement, soupire le maire, d’autres recettes sont venues atténuer ce manque, dont le PACT [Programme d’Appui Communautaire au Territoire] de la CAN [Communauté d’Agglomération du Niortais] d’un montant de 230 000 euros sans lequel nous n’aurions pas pu terminer l’aménagement du centre-bourg. » La municipalité a également bénéficié d’une subvention de 80 % dans le cadre du dispositif TEPCV [Territoire à Énergie Positive pour la Croissance Verte], pour le remplacement de la totalité des 516 points lumineux d’éclairage public par des LED [Diodes Électro Luminescentes] permettant des économies annuelles de plus de 60 % sur les consommations d’électricité. Un investissement amortissable sur environ trois ans.

M. Laborderie précise : « Nous sommes donc contraints à une gestion toujours plus rigoureuse de nos dépenses. Pour cela, la recherche d’économies que nous menons depuis 2008, avec une intensité accrue depuis 2014, nous permet de dégager chaque année une capacité d’autofinancement, grâce à laquelle nous pouvons conduire les projets, sans recours à l’emprunt, sauf pour la ZAC [Zone d’Activités Commerciales] de la Chaume-aux-Bêtes, bien sûr. Et toujours sans augmentation de la part communale des impôts locaux depuis 2010, conformément à notre engagement de campagne. Et ce sera maintenu en 2019. »

La traversée du centre-bourg de Magné a été réaménagée. Photo Gilles PETIT
Des associations sont maintenant logées au rez-de-chaussée de cet immeuble, Place de Weitnau. Photo Gilles PETIT

L’année passée a vu de nombreux projets se concrétiser dont la refonte de l’espace public du centre-bourg, à savoir la sécurisation de la circulation, l’embellissement du village et l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Le deuxième gros chantier a été l’aménagement d’un tourne-à-gauche sur la Route départementale n°9, direction Coulon, afin de sécuriser le carrefour avenue du Marais Poitevin / chemin de la Chaume-aux-Bêtes / rue du moulin / chemin de Franc-Girouard. Autre grand chantier, la création d’un pôle associatif autour de la Place de Weitnau. En effet, déplacés vers le pôle commerces et services dans la ZAC de La-Chaume-aux-Bêtes, le Crédit Agricole, la pharmacie et La Poste ont laissé des locaux vides d’une surface totale de 450 m². La municipalité leur a vite trouvé une nouvelle utilisation : héberger les associations précédemment logées dans des locaux dont la mise aux normes de sécurité et d’accessibilité aurait nécessité un investissement disproportionné.

2019

Organisée en 2018, la première fête du pain autour du four à pain rénové par l’association Les Amis du Four à Pain et le savoir-faire de son président Roger Bodet devrait avoir une seconde édition lors des Journées du Patrimoine 2019. Photo Gilles PETIT

« Il y aura encore des travaux en 2019, annonce M. Laborderie. Le premier chantier qui va démarrer très vite sera la 4ème tranche de requalification des espaces publics du centre-bourg. Il s’agit de la partie sud de la Grande-Rue depuis l’avenue du Marais Poitevin jusqu’à la rue du Clouzis. Toujours avec les mêmes objectifs : sécurisation, accessibilité avec un large trottoir du côté boulangerie et embellissement de la commune. Un chantier de trois mois. L’autre chantier qui va aussi démarrer, c’est l’extension de la zone habitat de la ZAC de La-Chaume-aux-Bêtes avec la création de sept nouveaux terrains viabilisés d’une surface comprise entre 500 m² et 850 m², situés en prolongement des maisons déjà construites. A l’arrière du centre de formation, ouvert l’année passée, le bailleur social 3f Immobilière Atlantic Aménagement va construire douze logements sociaux du T2 au T4. Ce seront des logements particulièrement économes en énergie qui auront le label de maisons passives. Du côté du pôle commerces et services, un second bâtiment devrait sortir de terre juste à côté du bureau de presse. Les choses bougent aussi concernant le projet de pôle médical. C’est un projet très difficile à monter puisque ce n’est pas le genre de projet qu’une commune peut monter toute seule car il faut nécessairement une implication des professionnels médicaux. Un terrain est réservé à une maison de santé juste derrière l’actuel bureau de presse. »

Par ailleurs, un sentier du patrimoine verra le jour. Baptisé « De port en port », cette création permettra, sur deux kilomètres environ, de découvrir, à pied ou à vélo, le patrimoine, l’histoire et même une légende de Magné autour de l’eau. Les promeneurs seront invités à suivre un parcours balisé à l’aide de « clous » en bronze placés dans le sol. Un service d’aide sociale à l’écriture est déjà en place dans le cadre du CCAS [Centre Communal d’Actions sociales]. Il est entièrement gratuit sur rendez-vous par une écrivaine publique un jeudi sur deux en alternance avec son bureau de Coulon. Enfin, l’installation de la fibre optique va débuter par l’installation de six armoires de connexion couvrant l’ensemble de la commune. 580 logements magnésiens seront éligibles fin 2019, la commune sera couverte à 80 % fin 2020 et 100 % en 2022.

Les îlots directionnels de l’avenue du Marais Poitevin avaient été ensemencés, dans le cadre du fleurissement de la commune. Malheureusement, la faible épaisseur de terre a fait que ça n’a pas fonctionné et la sécheresse de l’été n’a pas arrangé les choses. Il a été décidé de les recouvrir de béton et il reste à les peindre au printemps pour une meilleure visibilité. Photo Gilles PETIT

Côté environnement, le maire explique : « Cela fait deux ans que l’usage des pesticides pour l’entretien des espaces publics et notamment les trottoirs est interdit. La nature reprend peu à peu ses droits. C’est particulièrement visible sur les trottoirs de certaines rues qui verdissent sur la totalité de leur surface. Il est indispensable de changer notre regard sur ces herbes, certes indésirables mais qui témoignent d’un sol sain et, par là même, d’une nappe phréatique moins polluée. C’est important si nous voulons laisser une planète vivable à nos descendants. Cette année encore et les suivantes, particulièrement au printemps, les agents municipaux feront le maximum. » M. Laborderie demande à tous ceux qui le peuvent d’entretenir le trottoir devant chez eux, « sans pesticide, bien sûr. »

Une dernière information, la médiathèque a été transférée à la CAN le 1er janvier 2019. Dans le cadre de ses compétences optionnelles, la CAN a pris celles des équipements sportifs et culturels d’intérêt communautaire et la médiathèque, inaugurée en septembre 2015, remplissait les conditions pour ce transfert. La CAN assurera donc désormais l’entretien et la charge relative au bâtiment comme c’est déjà le cas depuis 2014 pour la piscine communautaire.

Le maire de Magné ajoute « modestement bien que sincèrement, que 2019 nous garde aussi la santé si précieuse et dont on n’apprécie la valeur réelle que le jour où elle se dégrade. Et en disant cela, [il] pense à toutes celles et ceux qui auraient sans doute aimer être présents à cette soirée de vœux et qui en sont empêchés par la maladie, la souffrance, l’isolement ou la précarité. »

En conclusion, M. Laborderie adhère aux vœux prononcés par Jacques Brel le 1er janvier 1968 sur la radio Europe 1. « Il y a 51 ans mais ils n’ont pas pris une ride et il m’a semblé qu’un peu de poésie ne pouvait que faire du bien par les temps qui courent, alors que les turpitudes de la vie quotidienne nous font oublier l’essentiel de ce que nous sommes et pourquoi nous vivons ». Jacques Brel : « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences, je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fiers de l’être et heureux car le bonheur est notre destin véritable ! »

Gilles PETIT