venise verte

Dans le Marais Poitevin 79, une caméra piège des ratons laveurs

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Des ratons laveurs ont été filmés, en juillet 2024, dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres. A notre connaissance, cet animal n’a jamais été observé dans cette seconde zone humide de France.

« Depuis plusieurs années, j’ai plaisir à capturer des vidéos animalières dans le marais, » explique l’inventeur de cette découverte. « A cette fin, j’ai placé des caméras sur mes parcelles dans la Venise Verte, uniquement accessibles en bateau. Au-delà de mes observations habituelles (chevreuils, genettes, martres, sangliers, …), en juillet dernier, j’ai eu la surprise de voir une famille de ratons laveurs a priori non observés dans le marais. »

Une famille de ratons laveurs figée par une caméra piège dans le Marais Poitevin Photo DR

Cette « observation récente et inattendue dans nos contrées » ravive, chez le Maraîchin vidéaste, le souvenir du fameux cabaret « Le Raton laveur » installé à Coulon. « Quand je pense, il y a trente ans quand on avait le raton laveur, les gens demandaient « Pourquoi le raton laveur, y’en a pas dans le marais ? » Les gens gobaient, ils croyaient qu’il y avait vraiment des ratons laveurs. On se moquait d’eux, c’est pas bien. 30 ou 40 ans plus tard, c’est devenu réalité. Il n’y a pas de rapport. »

« Il y a énormément de martres, de genettes, de chevreuils, de sangliers, … . Quand je pense que j’arrive tôt le matin, je ne vois jamais personne, sachant qu’ils sont tous là. La configuration des lieux attire les animaux, je trouve ça fabuleux », poursuit l’homme qui n’a rien vu, mais tout filmé avec des caméras pièges judicieusement placées aux lieux stratégiques dans une forêt impénétrable légèrement aménagée pour y circuler. « Un animal qui peut se cacher, se déplacer, trouver de la nourriture, il reste, » a constaté le Maraîchin. « Cette zone est déclarée zone de non chasse. En fait, ces parcelles sont transformées légalement en refuges. Je soupçonne les animaux de savoir lire les panneaux « Chasse interdite, Zone de refuge », à moins que le bouche à oreille fonctionne parfaitement entre animaux », plaisante-il.

Parmi les nombreuses captures enregistrées, le vidéaste a saisi une genette. Photo DR

Il poursuit :  » Les américains, notamment les canadiens étaient venus avec leur mascotte en 1944. Il y avait des bases de l’OTAN dans l’est de la France, leur mascotte était un raton laveur. Donc, il y en aurait dans l’est de la France. Il a dû s’en échapper. Il y en aurait aussi en Gironde, peut-être qu’ils sont remontés de Gironde. Surtout une famille, ça aurait été un ou deux individus … Ça laisse à penser qu’ils se sont installés là. Toutes les hypothèses sont envisageables quant à sa présence dans ce marais. Ces animaux nagent fort bien. Apparemment, il n’y a pas d’envahissement. Je les ai vus deux fois en quinze jours, je vais surement les revoir. »

Extrait d’un dossier Ouest France Le Mag des Animaux Photo DR 3 février 2020

Le raton laveur est un mammifère intelligent qui serait facile à apprivoiser étant jeune. D’autant que les petits se domestiquent très facilement, dit-on. A l’âge adulte, il devient agressif. « Cette bestiole est porteuse de nombreuses maladies comme la rage, la gale, la leptospirose, la maladie de Carré. C’est une espèce classée nuisible », déclare le vidéaste.  » Comme la genette que j’ai observée l’an dernier, puis cette année avec son petit, le raton laveur semble sédentaire. L’écrevisse de Louisiane, en grand nombre dans le Marais Poitevin, est son mets préféré. »

« On a toujours cru que le raton laveur lavait ses aliments. Pas du tout : il y a confusion car il a sans arrêt les pattes avant dans l’eau. Et en fait, c’est sa façon de pêcher les écrevisses, il tape dans l’eau, ce qui fait remonter les écrevisses. Il ne lave rien du tout. C’est rentré comme ça dans l’imaginaire populaire. »

Un des ratons laveurs observé dans le Marais Poitevin Photo DR

Selon la journaliste Corinne Goëffon (Ouest France) : « Jugé comme une menace pour la biodiversité, le raton laveur a rejoint la liste des espèces invasives dans de nombreux pays où il peut donc être chassé, voire éradiqué, afin que la faune locale puisse être protégée. En France, depuis 2016, il fait partie des animaux nuisibles. »

Gilles PETIT

COULON : Le Festival Marché Gourmand 2024 a perturbé la quiétude du village maraîchin

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Les 23 et 24 août 2024, les résidents de la commune de Coulon (Deux-Sèvres), à savoir les habitants et de nombreux touristes, n’avaient nul besoin d’acheter de billets pour bien entendre les groupes programmés lors du 3ème Festival du Marché Gourmand. Le son était tellement fort qu’il était parfaitement audible à plus de trois kilomètres. En effet, le plateau scénique avec ses grappes de sonorisation placées en hauteur, était orienté vers ce village réputé calme et paisible dans l’écrin silencieux du Marais Poitevin.

Exemple d’implantation d’un festival dit ouvert. Image d’illustration Festival Tribal Elek 2024 à Andilly-les-Marais Photo Gilles PETIT

« Un festival de musique est une manifestation artistique annuelle ou ponctuelle pouvant se dérouler sur plusieurs jours durant lesquels des artistes évoluent selon un programme ou une thématique définis. Ces festivals sont généralement organisés pour promouvoir un artiste, un genre musical, un instrument, etc. », cite Wikipedia. Les Maraîchins pensaient que ce festival visait à promouvoir les adhérents de l’association « Marché gourmand de la laiterie », laquelle organise, les vendredis d’été, un marché de producteurs locaux et d’artisanat d’art, avec restauration, sur le site de l’ancienne laiterie de Coulon.

Aujourd’hui, l’association s’appelle les « Vendredis gourmands de la Laiterie de Coulon », afin de se dissocier du Festival Marché Gourmand, explique M. Jean-François Coursaud. Le président a publié « une mise au point » sur la page Facebook de cette nouvelle structure : « Les Marchés Gourmands de la Laiterie, c’est un fait, est l’association qui a créé, par le biais de son président de l’époque, le Festival Marché Gourmand. Celui avec Yarol Poupaud. Ensuite, le pavillon a changé au profit de J’adore Niort qui gère aujourd’hui le Festival que vous connaissez tous. Un événement qui devait accueillir plus de monde, avoir une belle programmation, etc… Mais que nous, petite association, ne pouvions évidemment pas organiser par manque de réseaux, compétences ou même moyens financiers. L’an dernier, certains de nos producteurs étaient présents sur l’événement, avec un certain succès malgré les couacs des uns ou des autres, inhérents aux débuts d’un bel événement comme celui-ci. Cette année, nouveau Festival, nouvelle programmation, nouvelle organisation ? Cela étant, aucun des producteurs des Vendredis Gourmands n’est présent au Festival Marché Gourmand, et l’association n’est en aucun cas organisatrice de l’événement. »

Sur son site internet, J’adore Niort apporte des précisions : « L’aventure a commencé en 2022, lorsque J’adore Niort rencontre les producteurs de la laiterie et débarque à Coulon pour co-organiser un évènement alliant musique et gastronomie locale sur une seule soirée avec le célèbre musicien Yarol Poupaud. Des milliers de visiteurs ont participé à cette première aventure qui deviendra les prémices du festival. » Par définition, le Festival Marché Gourmand est une organisation professionnelle à but lucratif. De ce fait, les nombreux bénévoles qui construisent cette animation, travaillent avec cœur, sans retour, hormis les (excellents) repas fournis et quelques libertés pour assister aux spectacles. Qu’en est-il de la municipalité qui met à disposition le terrain, ainsi que les moyens et les personnels techniques, au service d’une structure extérieure à la commune ?

Qui est responsable du trouble de voisinage engendré par le festival ?

Deux jours de suite, la Venise Verte, jusqu’aux hauteurs du bassin versant de la Sèvre Niortaise, a été baignée dans une musique de type rock parfois insupportable. Placé à environ un kilomètre de la source sonore, votre serviteur a clairement senti, surtout le samedi, la pression acoustique engendrée par les fréquences hautes de la sonorisation. Alors que les fréquences basses semblaient diluées dans l’atmosphère.

Selon les services de l’Assurance Maladie : « Les effets du bruit sur la santé peuvent être multiples. L’exposition au bruit entraîne des troubles de l’audition mais a également des répercussions sur d’autres domaines de la santé. Il existe un lien bien établi entre l’exposition au bruit et le risque de perte d’audition. L’exposition prolongée à des niveaux de bruits intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l’oreille interne. Elle conduit progressivement à une surdité irréversible. Les jeunes sont particulièrement exposés. En effet, une écoute à des niveaux élevés peut causer des pertes permanentes d’audition après 5 ans ou plus d’exposition. On considère que l’ouïe (audition) est en danger à partir de 80 décibels. Si le niveau de bruit est supérieur, le danger existe pour une plus courte durée. Si le niveau est extrêmement élevé (supérieur à 135 dB), toute exposition, même de très courte durée, est dangereuse. »

L’association fédère plus de 60 organisations nationales et régionales : syndicats, organismes de formation, festivals… Ensemble, elles œuvrent à une gestion sonore maîtrisée, conciliant préservation de la santé auditive, respect de l’environnement et des conditions de la pratique musicale. 

L’association « Agi-Son : AGIr pour une bonne gestion SONore » rappelle les prescriptions du décret « son » du 7 août 2017 (décret d’application publié le 1er octobre 2018) relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés. Un décret qui s’applique à tous les lieux diffusant des « bruits » ou sons amplifiés qu’ils soient clos ou ouverts (salle de concert, festival, cinéma, discothèque, bar, restaurant…) :

  • Dans le volet santé, la limitation des niveaux sonores, qui s’étend aux concerts de plein air, passe de 105 décibels (A) (dB) à 102 dB(A) sur 15 minutes ; le niveau des basses fréquences est désormais limité à 118 dB(C) sur 15 minutes. Une limitation spécifique est fixée pour les spectacles jeune public (jusqu’à 6 ans révolu) : 94 dB(A) et 104 dB(C). Il est précisé que l’ensemble de ces niveaux sonores sont à respecter en tout endroit accessible au public ; De plus, les régies des spectacles doivent afficher des niveaux en continu à la console et enregistrer également en continu ces niveaux en dB(A) et en dB(C) avec conservation de ces enregistrements pendant six mois. Le dispositif doit aussi enregistrer les niveaux de pression acoustique de façon à refléter l’exposition du public ;
L’Afficheur/enregistreur doit être consultable en continu. Image d’illustration Festival Tribal Elek 2024 à Andilly-les-Marais Photo Gilles PETIT
  • Dans le volet environnement, une étude d’impact des nuisances sonores (EINS) est obligatoire et mise à jour en cas de modification des aménagements des locaux, de modification des activités, ou du système de sonorisation.
  • Enfin, pour l’ensemble des points cités, l’exploitant du lieu, le producteur et le diffuseur sont co-responsables. A ce sujet, Agi-Son préconise de contractualiser avec l’ensemble de la chaîne des acteurs concernés, à savoir, la production, l’organisateur, l’artiste, le prestataire son… Et, dans le cas du Festival Marché Gourmand, la municipalité coulonnaise serait impliquée car le site est public et « le maire doit assurer la tranquillité publique de ses administrés en réprimant notamment les bruits et les troubles de voisinage (Article L2212-2 du CGCT) ». Par ailleurs, il est dit que « des activités bruyantes ne pourront se situer qu’en dehors des parties habitées de la commune. »

Un feu d’artifice ?!?!

Quant au feu d’artifice, très fourni et terriblement sonore, tiré samedi soir (ou dimanche matin) à 00h45, sans annonce préalable, la commune de Coulon est entièrement responsable des troubles occasionnés à sa population, et aux visiteurs hébergés (bébé/enfants et adultes ayant réussis à s’endormir malgré le vacarme, avant les tirs de fusées) et aux animaux (chiens apeurés et/ou hurlants, chats qui se sauvent ou se cachent, volailles affolés qui se déplument dans leur enclos et ne donneront plus d’œufs pendant plusieurs jours, les chevaux et les vaches de prés voisins traumatisés qui risquent de se blesser… Et que dire du dérangement de la faune sauvage qui contribue à enrichir cet écrin naturel qu’est le Marais Poitevin ?!

Un tel festival installé au cœur d’un village est une hérésie. D’autant que sa programmation se situe aux antipodes des valeurs maraîchines. Il est question de reconduire la manifestation l’an prochain sur trois jours. Si le projet est maintenu sur le site actuel de l’Autremont à Coulon, un mouvement populaire pourrait se créer spontanément pour s’y opposer. La raison doit l’emporter pour l’intérêt général.

Gilles PETIT

P.S. : quelques chiffres (source CidB Centre d’information sur le bruit)

1 personne sur 4 devrait avoir des problèmes d’audition d’ici 2050 ;

15 millions de personnes acouphéniques en France (JNA-IFOP 2023)

1 français sur 4 est touché par un trouble de l’audition (Inserm 2022)

1 jeune sur 2 s’expose à des niveaux sonores dangereux (BMJ Global Health 2022)

90% des publics de concerts ont déjà ressenti un trouble auditif (Agi-Son 2023)

1 enfant pour 1000 naît avec une surdité profonde (Hôpital universitaire Necker-Enfants malades 2023)

147 milliards d’euros, c’est le coût social du bruit en France (Ademe 2021)

1607 verbalisations ont été dressées pour nuisances sonores par la Ville de Paris (observatoire TP 2023)

COULON : Après l’incendie, la reconstruction des services techniques

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Un mal pour un bien ! Détruits par un incendie en 2021, les bâtiments d’exploitation des services techniques municipaux de Coulon sont en cours de remontage. A cette occasion, on a choisi l’éco-construction, liant le bois, la paille, l’énergie photovoltaïque, et une chaufferie-bois.

« Le 24 juillet 2021, un incendie s’est déclaré aux ateliers Albert-Cheminet, route de Benet à Coulon (Deux-Sèvres), détruisant une grande partie des bâtiments les plus anciens, ainsi que trois véhicules et de nombreux matériels. Les différentes expertises menées tant par les représentants des assurances que des services de la gendarmerie, ont conclu à un incendie purement accidentel dont l’origine indéterminée se situe dans une cellule des ateliers municipaux où se trouvaient du matériel et des véhicules. Compte tenu de ces résultats, et ne s’agissant ni d’un incendie criminel, ni d’un acte de malveillance ou encore d’une erreur humaine, les experts n’ont pas jugé utile de poursuivre davantage leurs investigations. » Telles sont les conclusions de l’enquête rapportées au conseil municipal local, le 30 septembre 2021.

Le futur bâtiment qui hébergera les services techniques de la commune de Coulon (79). Viendra s’adjoindre, à gauche hors illustration, une chaufferie-bois. Document aBi.

Le dossier d’indemnisation du sinistre des services techniques municipaux a été clôturé le 7 janvier 2022. En résumé, « le montant de l’indemnisation a été évalué à la somme de 637 973,00 € (déduction faite d’une franchise de 498,40 €) dont 239 431,40 € pour le bâtiment, 100 000,00 € pour le contenu (mobilier et matériel hors véhicules qui, eux, ont été indemnisés à hauteur de 16 890,00 €), 299 040,00 € au titre des garanties annexes (pertes d’usage, frais de dépollution/démolition, honoraires d’experts, frais liés à la reconstruction. . .). »

Dans les jours qui ont suivi le sinistre, la présence d’amiante dans la toiture a contraint l’intervention d’une entreprise spécialisée pour mettre le site en sécurité. Après dépollution réalisée par l’entreprise spécialisée ITS de Luçon (Vendée) pour un montant global de 50 444,00 € HT (60 532,80 € TTC), les bâtiments endommagés ont été démolis.

Place à la reconstruction.

Le cabinet d’architecture aBi, dirigé par Messieurs Thomas BRAUD, architecte, et Simon BORDAGE, ingénieur énergéticien, a été retenu pour élaborer le projet de reconstruction des ateliers municipaux Albert-Cheminet. Ces maîtres d’oeuvre ont chiffré, en février 2023, un Avant-Projet Définitif (APD) estimé à 954 040 € HT, somme à laquelle il faut ajouter les honoraires de maîtrise d’œuvre et les frais annexes. Le coût total de l’opération devait atteindre les 1 050 896,10 € HT. Plusieurs avenants, plus-value ou moins-value, présentés récemment par des entreprises prestataires, ont ajusté le coût total. Le bâtiment représentera une superficie de 1 400 m2 dont un hangar ouvert de 216 m². Il intégrera une partie administrative avec bureau et salle de réunion/restauration, une partie sanitaires/vestiaires aux normes et une partie technique avec plusieurs cellules pouvant accueillir divers ateliers et une zone de stationnement pour les véhicules.

Le bâtiment est ici à l’état de squelette. Il sera habillé, sur l’extérieur, d’un millier de bottes de paille insérées à force entre des panneaux de bois. Photo Gilles PETIT

Gérant une agence d’architecture, qui a tout juste trois ans d’existence, M. Thomas Braud (photo ci-contre), architecte HMONP, a élaboré une méthode constructive respectueuse de l’environnement : « Nous avions carte blanche de la maîtrise d’ouvrage [la commune de Coulon, ndlr], ce qui est rare.« 

« Le choix de matériaux ressourcés, en particulier la paille comme isolant s’est rapidement imposé. Construire en bois et en paille, c’est construire le plus neutre possible. La paille est un matériau qui, en lui, a déjà absorbé, comme végétal, du CO2. Ce niveau négatif de consommation CO2 contrebalance l’impact du reste du bâtiment conventionnel, tel qu’on peut le voir aujourd’hui. Nous sommes dans le Marais Poitevin, dans le Parc naturel régional, nous avons repris une typologie classique commune dans le Marais, la longère. La structure métallique sera recouverte partiellement d’un bardage bois vertical, et à l’intérieur de ce hangar nous aurons un bâti, une boîte dans la boîte, qui accueillera les ateliers. 925 m² d’emprise au sol pour environ 400 m² d’ateliers. Nous allons proposer un plan modulable, réversible et extensible. Les caractéristiques des ateliers ont été rassemblées pour définir un atelier type. Ces ateliers sont dégagés de tout obstacle naturel et s’aménagent selon les besoins. C’est la modularité. Chaque atelier peut s’intervertir et la cellule de l’atelier est duplicable et peut être reproduite. C’est l’extensibilité. L’enjeu était aussi de limiter l’impact sur le paysage et sur le sol. A terme, l’espace de stationnement en amont sera végétalisé par les services techniques. On est vraiment dans l’éco-construction. La fin de chantier est prévue pour la fin de l’année comme un cadeau de Noël pour les agents du service technique. C’est le premier projet qui s’installe dans un ensemble puisqu’il y aura une chaufferie bois qui desservira la salle des fêtes et les écoles, et en toiture, il y aura tout un ensemble de panneaux photovoltaïques pour l’autoconsommation électrique. »

M. Aurélien Bouquet (en démonstration photo ci-contre), cogérant de la SCOP Bois et Paille siégeant à Vausseroux (79), responsable des sections commerciale et planification, a souligné : « On pourrait penser que c’est culotté de mettre de la paille après un bâtiment qui a brûlé. On sait que la paille ne brûle pas si bien que ça quand elle est bien protégée dans les murs, bien comprimée. On mettra en place les bottes de paille une fois que les murs seront levés. » Photo Gilles PETIT

« Le mur est composé de deux structures. On a une structure porteuse avec un panneau de prolongement. Côté extérieur et côté intérieur on a refait une structure légère servant à fixer les panneaux côté intérieur. On commence par poser des chausse-bottes, lesquels vont faciliter la mise en place des bottes de paille. Il y aura deux équipes de pose différentes car il y a aussi le plancher isolé en bottes de paille. Il faut plus de mille bottes. » Document Résonance et Paille

Les bottes de paille seront insérées à force (verticalement) comme le montre cette animation qui a bien amusé les élus invités. Photo Gilles PETIT

Finalement, l’incendie constitue un mal pour un bien pour les services techniques municipaux Albert-Cheminet de Coulon. Une cérémonie de pose de la première botte de paille s’est déroulée le 1er juillet 2024 en matinée, en présence des élus habituels et de plusieurs prestataires. Toutefois, on notera que les Coulonnais et les Coulonnaises n’ont pas été invités à cette cérémonie. Pourtant, les habitants sont les premiers intéressés par cette reconstruction puisqu’il s’agit de leurs ateliers techniques, lesquels travaillent à leur service, financés par des fonds publics provenant de leurs impôts. Gageons que ce « feu de paille » ne puisse perdurer.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : 16ème édition des randonnées La Maraîchine, dimanche 26 mai 2024 au départ de Coulon (79)

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L’association coulonnaise Les Cyclos de la Venise Verte organise sa 16ème édition de La Maraîchine, dimanche 26 mai 2024. Une journée de randonnées pédestres et cyclistes dans les Marais mouillés du Marais Poitevin.

Un peu d’histoire

Fondé en 1977 le « Club cyclotouriste » était une section de la « Maison pour Tous » de Coulon, une association pluridisciplinaire qui rassemblait alors toutes les structures sportives et culturelles locales. Côtoyant, entre autres, l’Office de tourisme et la bibliothèque, son siège se trouvait, bien évidemment, dans le bâtiment appelé, encore aujourd’hui, MPT, coincé entre le boulodrome et le stade de football, à deux pas du camping municipal.

Suite à la fondation d’un Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) à Coulon, les activités de la MPT sont englobées dans cette nouvelle entité. Par conséquent, en date du 12 janvier 1990, les cyclistes-sociétaires créent leur propre club « Les Cyclos de la Venise Verte », siégeant au CSCM et affilié à la Fédération Française de cyclotourisme.

Toute l’année, Les Cyclos de la Venise Verte proposent des parcours hebdomadaires d’une grande variété au fil des routes du Marais Poitevin, de la Gâtine deux-sévrienne et des régions limitrophes. Il ne s’agit pas de compétition, mais, selon les dirigeants du club : « Pour favoriser la cohésion et pour que chacun puisse prendre plaisir à pédaler dans un peloton homogène, après une heure de route ensemble, des groupes peuvent se former. Vous choisissez votre rythme, notre devise : on part ensemble, on rentre ensemble. » 

Un invité Sébastien Bichon

A l’occasion de cette nouvelle édition de La Maraîchine, les Cyclos de la Venise Verte ont souhaité adhérer à l’opération « Terre de jeux 24 » en lien avec les animations locales prévues dans le cadre des prochains jeux olympiques et paralympiques qui se dérouleront cet été sur le territoire français.

Ainsi, le cycliste coulonnais Sébastien Bichon, qui a débuté le vélo au sein du club local avant de se lancer dans la compétition à La Pédale Saint-Florentaise de Niort, présentera le film-documentaire « Born To Ride » tourné à l’occasion d’un de ses exploits effectués à pied et à vélo. Sébastien est un sportif hors du commun, amputé tibial dès l’âge de 4 ans et demi suite à un accident de tracteur survenu dans un hameau de la commune de Coulon. Durant sa carrière de compétiteur, il décroche cinq titres de champion de France, est deux fois vice-champion d’Europe, et revient médaillé de bronze des Jeux paralympiques de Sydney en 2000.

Produit et réalisé par Grenouilles Productions lors d’un périple à vélo de 1 200 km, le film sera diffusé dans la salle des fêtes, n°31 rue Gabriel Auchier à Coulon, à 20 heures précises, en présence de Sébastien Bichon. Tous publics, entrée gratuite.

Photo Gilles Petit : Sébastien Bichon anime aussi des conférences sur le handicap sportif.

Par ailleurs, les Cyclos de la Venise Verte adhèrent à l’opération « Soutien à Célia ». Célia est une petite Coulonnaise de 7 ans, scolarisée à l’école de Coulon, qui est atteinte de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une maladie génétique qui touche ses membres inférieurs et supérieurs. Lors de La Maraîchine, dimanche 26 mai 2024, il sera proposé de déposer des dons, afin d’acheter un vélo-cargo qui lui « offrira la joie de pouvoir faire du sport, s’évader, s’amuser, … « 

Gilles PETIT

Les circuits 

Dimanche 26 mai 2024, La Maraîchine proposera sept circuits, entièrement fléchés, dont deux pédestres. Les tracés de ces circuits sont consultables sur le site internet de l’association : cyclos de la venise verte.com.

VTC Famille : 25 km
VTT/GRAVEL : 55 km et 70 km
Cyclos Route : 60 km et 90 km
Marche : 8 km et 10 km

Parcours entièrement fléchés. Un casse-croûte sera servi sur les parcours. Les randonnées de La Maraîchine sont ouvertes à tous(tes) sportifs(ves), licencié(e)s ou non. Sans esprit de compétition, en respectant le code de la route, en portant un casque, sans la moindre atteinte à l’environnement. On notera que les participants âgés de moins de 18 ans circuleront sous la responsabilité des parents.

La Maraîchine : Inscriptions (4 €, licencié ; 7 € non licencié ; gratuit – de 18 ans) uniquement sur place au départ entre 7 heures et 10 heures, dimanche 26 mai 2024 à Coulon (Deux-Sèvres France)

Parking près de l’aire d’accueil des camping-cars à l’Autremont, route D123, direction Irleau à Coulon.

COULON 79 : 11 artistes exposent à la 54ème édition de « la grange de Camille »

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Pour la 54ème fois, l’espace culturel « la grange de Camille » a rouvert ses portes. Tous les après-midis jusqu’au 29 septembre 2024, le public peut déambuler librement dans ce lieu artistique atypique, fondé par le regretté André Pignoux.

Il manquait quatre adhérents lors du 54ème vernissage de la grange de Camille. Qu’à cela ne tienne, la photo a, quand même, une haute valeur artistique, en présence de Cosette Pignoux, cofondatrice de cet espace culturel avec son mari André. Photo Gilles Petit

Photographie, peinture, sculpture, art papier, aquarelle, dessin à la plume, pastel . . . et luminescences, onze artistes se partagent l’espace culturel : Danielle BAUDRY, Fredy GAUTIER, Patrick GÉLINEAU, Christiane GILBERT, Camille GOUGNARD, Phil LEJEUNE, Daniel MAR, Sandrine PIGNOUX, Pierre REBICHON, Cécile HALAIS, et une sélection de photographies prises entre 1964 et 1976 par André PIGNOUX.

Une nouveauté : les luminescences

Cette année, une nouvelle adhérente, Cécile Halais, s’est installée dans un coin « obscure » de La grange de Camille. Au-dessus de la porte de son antre, un écriteau annonce : « Bienvenue dans l’univers du Phoenix ». Cet accueil énigmatique pousse à ouvrir un rideau noir installé en guise de porte. Sur une affichette, Cécile Halais explique, en peu de mots car ses tableaux parlent d’eux-mêmes, « dans cet espace, vous trouverez des œuvres aux multiples facettes. Ces œuvres sont faites sur des planches de bois recouvertes de feuilles de vieux livres. Elles sont peintes avec de l’encre de chine, habituellement de la peinture fluorescente (UV) et parfois de la peinture phosphorescente ou d’autres matériaux. »

Ces tableaux sont présentés ici en lumière blanche ou en lumière UV ? (œuvres Cécile Hallais)
Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leurs auteurs. Photos Gilles Petit

Exposition de l’association Coulon Rive Gauche à « la grange de Camille » n° 75 chemin de Halage 79510 COULON. http://www.lagrangedecamille.jimdofree.com

Ouverte jusqu’au 29 septembre 2024 de 14h30 à 18h30 Entrée libre

Gilles PETIT

L’histoire des 50 ans de « la grange de Camille » est à revivre au lien suivant : https://wp.me/p61nmR-NR

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

MEDIA : Pigouille-Radio, la voix du Marais Poitevin en ligne sur internet

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Âgée d’un an, elle a tout d’une grande. Pigouille Radio, la radio associative du Marais Poitevin, s’adresse à tous les consom’acteurs. Animée par des bénévoles, cette radio libre, diffusée sur Internet sans publicité commerciale, tient à préserver sa liberté d’expression, loin des pressions politiques et/ou économiques.

Photo Gilles PETIT

Créée début 2023, l’association « La Radio du Marais Poitevin » compte aujourd’hui 59 adhérents, actifs ou sympathisants, impliqués au sein de trois commissions : vie associative, communication et programmation. La toute première activité de la structure fut d’offrir une formation aux métiers de la radio à 39 bénévoles actifs. En un an, l’association a animé des ateliers de sensibilisation et d’initiation à la radio à l’attention des scolaires. Elle a aussi conçu 23 émissions, 178 productions, plus les bulletins météo quotidiens. Parallèlement, elle a retransmis en direct quatre événements dans les Deux-Sèvres, à savoir, le lancement de Pigouille Radio en juin 2023 à Sansais ; la fête de la musique à Arçais ; les 24 heures de la barque à Saint-Hilaire-la-Palud ; le Marais sauvage festival au Vanneau. Enfin, il a fallu créer un site internet et une application mobile pour assurer la diffusion 24H/24, car les réseaux hertziens (bande FM) sont saturés. On peut aussi écouter Pigouille Radio depuis le player RadioKing. En attendant la version numérique de Pigouille Radio, par les airs cette fois, envisagée en 2025.

Présenté à l’assemblée générale de l’association, le rapport d’activité 2023 affiche, du 24 juin 2023 au 1er janvier 2024, une moyenne d’environ 50 visiteurs par jour, sur le site, avec des pics de 300/400 personnes qui correspondraient à la présence de la radio sur les événements. RadioKing a enregistré 14 065 écoutes, soit plus de 1 000 auditeurs uniques par mois. « C’est le démarrage, on ne sait pas trop comment les interpréter, » estime Natacha, secrétaire de l’association.

La radio du Marais Poitevin est née par la voie de Christelle Perrier : « Je suis issue du milieu radio plutôt commerciale. J’ai fait un peu d’animation, il y a quelques années, également dans une radio associative locale. » Quand la future présidente est arrivée dans le Marais Poitevin, il y a trois ans, on sortait à peine du confinement. « Ici, c’était difficile de savoir ce qui se passait autour de nous, » se souvient-elle. « Sachant qu’on est au milieu de trois départements, et que les départements ne communiquent pas entre eux, c’était compliqué. Je me suis dit, c’est quoi les supports de communication pour connaître ce qui se passe. Et notamment en radio. Il n’y avait pas de radio. Je me suis posé la question : pourquoi il n’y en a pas ? Je n’ai pas vraiment eu la réponse mais je me suis dit : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Lancer une radio, oui, mais je n’avais pas envie de faire une radio publicitaire, commerciale. J’en ai parlé autour de moi. L’idée a démarré comme ça. » Ainsi plusieurs personnes ont pris les choses en main et lancé une grande mobilisation de bénévoles. « Nous avons imaginé l’information radio, suivi des formations de réalisation de podcasts et d’administration d’une association car c’est un secteur particulier. »

Pourquoi le milieu associatif ?

Mme Perrier explique ce choix : « Plutôt qu’une radio privée, une radio associative me semblait plus légitime par rapport à ce que l’on voulait faire avec l’ensemble des habitants. Le milieu associatif apporte cette diversité-là. »

Pourquoi ce nom Pigouille ?

« Pigouille, parce que quand on a regardé tout autour dans ces villages du Marais Poitevin et notamment le Marais mouillé, » précise la présidente, « nous avons constaté qu’il y a beaucoup d’entités qui s’appellent Pigouille. Déjà, la pigouille en elle-même, c’est sûr. Puis il y avait le restaurant La Pigouille, l’embarcadère La Pigouille, etc. On voulait que ce soit emblématique. Le Marais Poitevin est reconnu aussi avec la pigouille. La Radio du Marais Poitevin : Pigouille Radio. Ça sonne bien. » Document ci-contre Pigouille Radio

Une jeune radio libre

Il y a un an, au stade de projet, la radio associative du Marais Poitevin s’était fixé comme principales missions : contribuer à la communication, à la culture et au lien social de proximité. Dès mars 2023, des volontaires ont rejoint l’aventure. Ayant différents niveaux de connaissance, d’envie, d’expérience et d’horizon, ces personnes ont été formées à l’animation d’une radio. Beaucoup d’entre elles se sont investies par envie de réaliser du contenu radio afin de partager leur passion musicale, le jardinage, le sport, ou parce qu’elles ont des choses à dire, qu’elles aiment rencontrer des gens, des artistes, l’envers du décor des événements, ou encore parce qu’elles considèrent que la radio est un loisir sympa. D’autres se sont impliquées dans le fonctionnement de l’outil et l’administratif.

Intarissable sur le sujet, Christelle Perrier lance : « Pour faire de la radio, un studio était envisagé. L’opportunité s’est présentée assez rapidement à Saint-Hilaire-la-Palud. Il était indispensable qu’il y ait un lieu pour accueillir les bénévoles, mais aussi le public, les collectivités, les acteurs locaux. Une radio rassemble beaucoup de domaines d’activités, de nombreux savoir-faire. On a fait avec les moyens du bord, on est arrivé à créer, à faire un premier programme radio avec, seulement, deux/trois bénévoles qui ont mis à disposition leur propre matériel à l’ensemble des autres réalisateurs bénévoles. C’était un peu compliqué parfois. Pour faire nos reportages sur la totalité du territoire, il faut que nos bénévoles soient équipés en matériel radio mobile. Nous devons aussi nous procurer du matériel radio pour notre propre studio. Une radio associative doit répondre à des charges financières de structure et de fonctionnement. Les partenaires sont autant indispensables dans notre activité radio que les bénévoles et tous ceux qui nous soutiennent. L’administratif et la logistique demandent beaucoup d’implication chaque jour. On constate, comme beaucoup d’associations, que nous sommes trop peu nombreux à nous en charger. Il nous faut davantage de bénévoles pour proposer des programmes radio et participer aux commissions, sans oublier d’assurer des permanences pour la diffusion quotidienne. »

Les objectifs

Le conseil d’administration 2024 de Pigouille Radio offre une parfaite parité, fruit du hasard. Photo Gilles Petit

On l’aura compris, Pigouille Radio souhaite enrichir sa grille des programmes, en développant ses compétences de maîtrise des aspects techniques de la radio, en particulier lors des directs ; maintenir les liens avec le jeune public et les seniors via des ateliers radio ; créer des relations avec des partenaires en matières de communication, de culture locale, lien social de proximité, etc. Enfin, les bénévoles souhaitent développer les moyens de communication en faveur de la population du territoire en étendant l’agenda, les offres d’emploi, les dédicaces, les ateliers radio, et en diversifiant les prestations radio, voire en créant des événements ponctuels.

Pour que Pigouille Radio ne soit pas une station éphémère, en plus des bénévoles, il lui faudra un ou plusieurs permanents professionnels. Ainsi, pour 2024, le conseil d’administration de « La Radio du Marais Poitevin » envisage l’ouverture d’un premier poste de salarié ou d’un prestataire externe. Avant de recruter quatre autres personnes, dans les cinq prochaines années.

Les idéaux seraient de communiquer sur l’ensemble du Marais Poitevin, à savoir sur les départements des Deux-Sèvres, Vendée et Charente-Maritime, et d’essayer de trouver des bénévoles qui soient déjà implantés dans leur territoire. « Nous avons réussi à créer la radio du Marais Poitevin. Nous pouvons être fiers de nous. Petit à petit, on va y arriver comme ça, » conclut Madame Christelle Perrier.

Le Marais Poitevin sur Pigouille Radio s’écoute, dans le monde entier, à l’adresse internet http://www.pigouilleradio.fr. Le site propose un bulletin d’adhésion ou de don, et une cagnotte de financement participatif, dont le montant est libre.

Pigouille Radio, accueil/studio Grande-Rue à Saint-Hilaire-la-Palud (79210) dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres

Gilles PETIT

COULON (79) : des feux « intelligents » en Zone 30 sur la RD1

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Après de longues tergiversations, la municipalité coulonnaise a décidé d’améliorer la sécurité sur la Route départementale n°1 qui effleure le village. A l’aide de feux tricolores de circulation dits « intelligents » et l’instauration d’une « Zone 30 », le but est d’essayer de ralentir les usagers sur cette voie très fréquentée aux heures de pointe.

Suite à une réunion d’information et de concertation (voir notre article : COULON (79): quatre secteurs de sécurisation sur la RD1 à l’adresse : https://wordpress.com/post/actualitescoulonmaraispoitevin.com/14861) qui s’est tenue en juillet 2023, en présence de la municipalité et d’habitants intéressés, les feux tricolores de circulation viennent d’être remplacés au carrefour des routes départementales n°1 et n°123. Cette initiative, censée réguler la circulation automobile, permet de moderniser un équipement obsolète âgé d’une quarantaine d’années.

A Coulon, ce carrefour est maintenant doté de nouveaux feux tricolores de circulation dits « intelligents ». Photo Google Map

Chaque année, on recense en France, aux 30 000 carrefours à feux estimés, 10 000 accidents, 1 500 blessés hospitalisés et quelque 150 tués. Plusieurs villes, comme Nantes, Bordeaux et Paris, ont décidé d’en retirer certains afin d’améliorer la sécurité, fluidifier le trafic et respecter l’environnement. (Romain Poisot pour RMC 13 octobre 2017)

Les élus coulonnais ont choisi d’installer des feux dits « intelligents micro-régulés ». La fiche 38 du « Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement » (CEREMA) intitulée : CLIMAT & TERRITOIRES DE DEMAIN Savoirs de base en sécurité routière, explique ainsi la micro-régulation des feux tricolores de circulation.
« Aux abords des intersections ou des passages piétons équipés de feux, les vitesses excessives sont fréquentes et sont sources d’insécurité et de nuisances sonores. En carrefour à feux, les accidents sont surreprésentés aux heures creuses. Une vitesse inadaptée constitue le premier facteur accidentogène des intersections et passages piétons régulés par feux. Les analyses de données de vitesse montrent une augmentation des vitesses pratiquées pendant que le feu est au vert. Ce phénomène est particulièrement accentué aux heures creuses. On observe également un taux de franchissements du feu rouge plus élevé aux heures creuses, conséquence de l’attente aux feux, jugée inutile en l’absence de traversée de piétons ou de véhicules sur la voie sécante. Une stratégie permet de lutter contre ces deux phénomènes : la micro-régulation intégrant un « repos au rouge intégral véhicule ». En l’absence de véhicules, les feux véhicules sont au rouge. Une détection des véhicules permet le passage du feu vert dans une logique « premier détecté, premier servi ». Le rouge fait ralentir les véhicules. La détection des véhicules à l’amont du feu, permet d’anticiper le passage au vert et de limiter les arrêts inutiles de véhicules. Il n’y a pas de contrôle de la vitesse de chaque véhicule, mais cette technique réduit de manière globale la vitesse au niveau du passage piéton ou de l’intersection. »

L’enquête, publiée dans Les Portes de l’Essonne Environnement le 26 février 2017, constate qu’un « carrefour sans feux est moins accidentogène. Ceci est paradoxal quand on apprend à l’auto-école, qu’un feu est censé sécuriser une intersection. Une des hypothèses à envisager est que pour augmenter ses chances de franchir l’intersection sans risquer de perdre de temps si le feu vient à passer au rouge, un usager a tendance à accélérer dangereusement à l’approche d’un feu vert. À l’opposé, lorsqu’il aborde une intersection sans feux, son premier réflexe est de réduire son allure pour la franchir prudemment en observant le comportement des autres usagers. On pourra objecter qu’il y aura toujours d’irréductibles cinglés qui franchiront l’intersection à toute allure (et qui ne s’arrêteront que le jour de la rencontre avec un de leurs congénères). Ceux-là ne faisaient déjà bien souvent que peu de cas des feux rouges. Gardons à l’esprit qu’un feu n’est qu’un signal et non pas une muraille infranchissable. » (© Jean-Marie CORBIN)

Suivant la logique d’élus coulonnais, les signaux lumineux resteraient au rouge en l’absence de véhicule en approche. Prioritairement sur la voie la plus fréquentée RD1, semble-t-il. La voie transversale RD123 serait au vert, peut-on supposer. Le système fonctionnerait en micro-régulé. Le réglage des feux diffèrerait en fonction des plages horaires, périodes de pointe ou non.

Selon une autre étude : « le feu rouge, en plus d’être un gaspilleur de temps, est aussi gaspilleur d’énergie avec un bilan environnemental négatif : Il y a la consommation d’électricité due aux feux, mais aussi, la consommation des véhicules arrêtés avec les moteurs qui restent en fonctionnement (en dehors de quelques véhicules « stop and start »), et enfin, l’énergie cinétique perdue aux freinages des véhicules qui doivent marquer l’arrêt (même sur les véhicules hybrides ou électriques, le freinage par récupération n’est pas de 100 %).« 

Curieusement, les boutons de demande de priorité pour les piétons et les personnes à mobilité réduite sont installés uniquement sur les mâts placés sur la RD1. Rien sur la RD123 qui longe le groupe scolaire. Par ailleurs, ces mêmes usagers ne disposent que d’un seul passage surbaissé sur quatre, celui qui jouxte la pharmacie. Les fauteuils roulants, les poussettes, les trottinettes et les vélos d’enfants apprécieront. Photo Gilles Petit

Le coût d’exploitation

« Les feux de signalisation ont en France un coût annuel estimé entre 1 500 et 4 500 euros, comprenant l’usage, l’énergie et la maintenance. » (Gabriel Siméon, « Faut-il supprimer les feux rouges », Sciences et vie,‎ 24 décembre 2018) Les nouvelles technologies étant supposées moins énergivores, et le suivi du bon fonctionnement du système ayant un coût plus élevé, on peut estimer que les économies réalisées par la municipalité sur la réduction de la durée d’éclairage public, couvriront difficilement les frais incompressibles.

Avec les travaux de câblage, raccordement électrique, installation, réglage et mise en service, équiper un carrefour de feux de circulation « ordinaires » revient en moyenne à 40 000 €, selon un fournisseur, non compris un système « intelligent ». La municipalité coulonnaise a prévu, au budget d’investissement 2023, une enveloppe de 56 000 €.

La Zone 30

Quant à la Zone 30, il s’agit d’un essai, qui sera peut-être transformé, censé ralentir les automobiles en agglomération. En particulier, celles qui entrent à Coulon par la RD1 depuis le lieu-dit La Repentie de Magné. Pour le moment, les résidents du secteur n’ont guère constaté de changement dans les comportements des automobilistes, des chauffeurs de poids-lourds et autres agriculteurs. Wait and see, attendre et voir !

Gilles PETIT

En France, les feux de signalisation lumineux et leurs conditions d’emploi sont définis dans l’instruction interministérielle sur la signalisation routière (IISR) dans sa 6e partie (article 109 à 111-1). Le Code de la route dans la section 5 (article R412-29 à R412-33) précise le comportement de l’usager devant ces feux, et les peines encourues. Les signaux sont de quatre couleurs : vert, jaune, rouge (les feux de signalisation jaunes et rouges pouvant être clignotants) et blanc, cette dernière couleur étant réservée aux signaux pour services réguliers de transport en commun (feux R17 et R18) .

MAGNE (79): Le Festival de peinture fait don de tableaux grand format à la commune

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L’association Magné Animation a fait don à la municipalité magnésienne de six tableaux grand format réalisés par des artistes-candidats lors du 34ème Festival international de peinture de Magné. L’art de donner une autre dimension au « village de la peinture ».

De gauche à droite, M. Gérard Laborderie, maire, les artistes Joël Achard, Francis Pollet et Ludovic Le Moal, M. Gérard Doray, président de Magné Animation. Photo Gilles PETIT

Lors d’une soirée conviviale, samedi 20 janvier 2024, le maire de Magné Gérard Laborderie a réceptionné six tableaux réalisés par des artistes assidus au Festival de peinture local. Ces œuvres, de grand format sont aujourd’hui accrochées aux murs de la salle polyvalente.

M. Gérard Doray, président de Magné Animation : « Lors du festival 2022, mon prédécesseur [M. André Prunier ndlr] avait proposé à un petit nombre d’artistes de s’exprimer sur des tableaux de dimensions différentes », en marge de la 34ème édition du Festival. La nouvelle équipe de Magné Animation qui avait ces tableaux en réserve, a choisi de les sortir pour « donner un reflet de la dimension de la peinture à Magné », à l’attention des habitants, mais aussi pour marquer « cette relation privilégiée avec la peinture ». Après consultation et acceptation des auteurs des œuvres concernées, Magné Animation a fait don des grands tableaux à la collectivité locale. Ainsi, le maire a choisi de les exposer dans « un lieu à privilégier », à savoir la salle polyvalente de Magné.

« Quand le président de Magné Animation m’a proposé de les offrir à la municipalité, » explique M. Laborderie, « je me suis dit, voilà une première étape, la possibilité de mieux faire connaître la peinture à tous, en les exposant dans une salle où tout le monde passe. Cette salle polyvalente est très demandée et les gens vont pouvoir admirer ces œuvres. »

Des artistes primés au Festival international de peinture de Magné

Six tableaux grand format ont donc été fixés sur trois murs de la salle hexagonale de Magné. Il s’agit des œuvres de madame Kim Pardon et de messieurs Joël Achard, Félix Trost, Francis Pollet, Ludovic Le Moal et JIPE.

Trois artistes étaient présents à cette petite cérémonie d’affectation : Ludovic Le Moal, Francis Pollet, et Joël Achard. Les trois autres artistes étaient excusés : (photos ci-dessous de gauche à droite) JIPE, Kim Pardon et Félix Trost, en plein travail lors du 34ème Festival de peinture de Magné.

M. Joël Achard pense que « c’est une brillante idée esthétique. On aurait pu penser à la salle de sports dans laquelle les jeunes passent, mais finalement c’est encore mieux ici. La différence entre un format classique et un grand format ? C’est la patte habituelle du peintre à la différence que c’est plus grand. »

M. Ludovic Le Moal se souvient « Le jour de la réalisation de ces tableaux, il faisait très chaud et nous étions super bien exposés. Faire des tableaux plutôt grands demande plus de rapidité. C’est un vrai challenge et c’est un vrai plaisir à faire. La difficulté était de réaliser un tableau en plus durant le Festival. » Il a ajouté : » Je suis venu dans la région parce que j’ai découvert le Festival de Magné. »

M. Francis Pollet a résumé la genèse de cette histoire : « La première fois que le président de l’époque André Prunier m’en a parlé, c’était au festival de Saint-Loup. Je lui ai demandé quelle grandeur il souhaitait. Deux mètres sur deux mètres, oh ! J’ai rarement eu si chaud. J’ai mis deux jours à m’en remettre car le festival plus un grand format … L’urgence ça ne me déplait pas parce que ça oblige à être rapide. Je suis très heureux d’être accroché à côté de ces talents. »

Un vœu

Monsieur le maire de Magné, Gérard Laborderie, a fait un vœu : « Nous arrivons à la 36ème édition du Festival et aujourd’hui on imagine mal la commune de Magné sans son festival de peinture. Chaque année, c’est une très belle réussite. C’est vrai, tout le monde connaît le festival, mais néanmoins, en dehors de la période du festival, quand on traverse Magné, rien n’indique que la peinture y est très présente. Il y a le Four Pontet, une salle d’exposition qui expose des œuvres pendant environ neuf mois de l’année. Mais il faut y aller, on n’y va pas par hasard. J’aimerais donner une autre dimension de la peinture à Magné et que toute personne qui traverse la commune se dise « Ah Magné, c’est un village où la peinture est très présente ! » Tout ça reste à faire, il faudra trouver les bonnes solutions. Les artistes-peintres pourraient nous conseiller. Je me suis dit : ce don peut être une première étape. Pour poursuivre cette action, je souhaiterais qu’un groupe de travail se mette en place pour y réfléchir. » Il serait composé d’élus municipaux, de membres de Magné Animation, d’artistes, chargés de trouver un moyen d’exposer la peinture dans les rues de Magné. Une peinture qui résiste à tous les temps, toute l’année.

Gilles PETIT

LA GARETTE (79) : entre macarons, bornes, barrières et questionnaires, depuis 30 ans, la rue des Gravées traîne son « serpent de mer ».

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Après deux années de « Grands Travaux », la rénovation de la rue des Gravées à La Garette s’est achevée au printemps 1995. Depuis, la circulation et le stationnement sont au centre des débats des équipes municipales successives qui se heurtent à une partie des habitants de ce village touristique. Un consensus a mené vers l’accès aux seuls riverains. Une « libre circulation » étant toujours constatée, l’actuel maire de Sansais-La Garette souhaite faire installer des barrières. Des habitants s’offusquent.

Le 16 septembre 1995 était inaugurée, en grande pompe, une rue des Gravées, toute neuve, à La Garette, un des deux hameaux de Sansais-La Garette, une commune située dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres. Après deux années de travaux, les problèmes de circulation et de stationnement sur cette voie touristique ont (re)surgi. Alors, à peine les engins de chantier partis, le conseil municipal local, conduit par le maire Daniel Biston, réglemente la circulation automobile aux seuls habitants de la voie, dès la saison estivale 1995.

Le village-rue de La Garette : une partie de la rue des Gravées Photo Gilles PETIT

Comment contrôler l’accès à la rue des Gravées ?

Depuis 30 ans, les élus successifs ont rivalisé d’imagination en cherchant LA solution : en 1996, la municipalité Biston a instauré un système de macarons destinés aux habitants. Ainsi, chaque résident a reçu un macaron autocollant par véhicule possédé jusqu’à concurrence de deux par foyer et un autre réservé à leurs invités. Par ailleurs, la mairie avait enregistré de nombreuses demandes d’attributions supplémentaires de macarons. De grands panneaux d’informations avaient été dressés aux entrées de La Garette, ainsi qu’une signalisation routière ad hoc. Les visiteurs étaient invités à stationner sur deux parkings de dissuasion, l’un en bordure de la route départementale N°1, l’autre à l’entrée du centre touristique. Parallèlement, la municipalité avait engagé un programme d’achat de parcelles afin de créer localement de petits parkings au fil de la rue.

Est concernée par le contrôle d’accès la partie résidentielle de la rue des Gravées, à savoir cet arc de cercle de 800 mètres de long. Image Mapcarta

A l’heure du bilan de cette expérience, en octobre 1996, la mairie a adressé des formulaires d’opinion aux riverains. La moitié des questionnaires est revenue à la mairie. La majorité des réponses s’exprimait pour le maintien de la règlementation en place. En conséquence, « l’arrêté pris au printemps 1996 ne sera pas modifié. La rue restera fermée toute l’année à la circulation automobile à l’exception des véhicules riverains disposant d’un macaron qui devront respecter un sens unique et rouler à vitesse réduite. Le stationnement sera interdit sur toute la longueur du village-rue. »

En 1998, les macarons ont disparu, un nouveau sens unique est décrété, et la circulation est ouverte à tous les véhicules du 1er novembre 1998 au 30 avril 1999, à titre d’essai. Le 19 octobre 1998, le conseil « reste néanmoins soucieux du non respect de la réglementation par certains riverains qui empruntent toujours le sens interdit, et les touristes qui empruntent la rue en période d’affluence. »

Le 10 avril 1999, M. Biston reçoit une pétition signée par 31 familles sur 42 foyers habitant dans la rue des Gravées : « Aujourd’hui, nous regrettons de constater que cette rue piétonne n’existe pas. En fait, la libre circulation et le stationnement sont, non seulement tolérés, mais autorisés. (…) La rue, qui n’a pas été à l’origine construite pour une circulation dense, se dégrade. (…) Ne devait-on pas donner à La Garette un caractère particulier, un village piéton au cœur du Marais Poitevin où les visiteurs semblent apprécier s’y promener. De ce fait, nous réclamons que la rue reprenne ses droits et qu’elle soit réellement piétonne afin que chacun puisse s’y promener sereinement. »

Le 4 juin 1999, le conseil municipal décide d’installer des jardinières au départ de la rue, côté D1/Grand-Port, et lance l’idée d’installation d’un « système de dispositif de fermeture de la rue ». Arrive alors un devis pour l’implantation d’une borne escamotable électrique, avec anneau magnétique et un petit feu, d’un montant de 50 591,70 francs TTC.

En 2001, la municipalité du maire Jean-François Berny-Tarente lance une nouvelle consultation concernant la rue des Gravées. Les résultats tombent le 15 novembre 2001 : 28 retours sur 47 questionnaires (un par maison) diffusés ; 21 favorable, 6 non et 1 sans avis pour une rue piétonne ; 26 oui, 1 non et 1 sans avis pour un sens unique ; 18 oui, 8 non et 2 sans avis pour un contrôle d’accès ; 21 oui, 5 non, et 2 sans avis pour des livraisons avant 10 heures ; 9 oui, 13 non et 6 sans avis pour le stationnement interdit ; 7 oui, 14 non et 7 sans avis pour des emplacements réservés ; 8 oui, 15 non et 5 sans avis pour un stationnement réservé entre 20 heures et 22 heures ; 7 oui, 18 non et 3 sans avis pour le plan vélo avec une variante pied et vélo. Aucune décision n’est alors prise, « la synthèse sera faite », dit-on.

En mai 2002, des élus estiment qu’il faut « absolument arriver à contrôler l’accès à la rue des Gravées sans pénaliser les riverains. » On recense les possibilités, à savoir, les systèmes de barrière ou bornes escamotables, les chaînes qui se déroulent, avec cartes magnétiques, avec places de stationnement matérialisées au sol. Mais en juin 2002, arrive à la mairie un courrier d’habitants de la rue des Gravées qui s’opposent à l’installation de bornes. Aucune décision n’est prise alors qu’il arrive un autre sujet d’inquiétude : le parcours du « Plan vélo » doit passer par cette rue.

Aujourd’hui, la Vélo Francette, itinéraire cyclable, 650 km, de Caen à La Rochelle, traverse La Garette par la rue des Gravées. Tracé de couleur violette sur cette carte. Document Conseil Départemental 79

Le 25 novembre 2002, une réunion avec les habitants de la rue des Gravées n’ayant dégagé aucun consensus, il a été « provisoirement décidé d’interdire le stationnement les samedis, dimanches et jours fériés de 10 heures à 18 heures du 19 avril au 31 août 2003 pour une période d’essai d’un an. » (…) « Le stationnement serait vraisemblablement interdit dans la rue des Gravées au niveau de l’étranglement pour faciliter le passage des véhicules de secours qui doit être au minimum de trois mètres. » Il est précisé qu’il faudra « trouver une solution et trancher à un moment ou à un autre. »

Bis repetita, le retour du passé

Dès la fin des travaux d’aménagement, le village de La Garette a accueilli de nombreuses animations dont la Fête Henri IV (photo). Aujourd’hui, la rue des Gravées est bien monotone. Photo Gilles PETIT

Ces vingt dernières années, le problème d’accès à la rue des Gravées était évoqué sporadiquement. Jusqu’en novembre 2023. Ce jour-là, Mme Marie-Claude Collet, conseillère municipale, habitant dans cette voie, raconte : « C’était pendant les vacances de la Toussaint, un samedi , j’ai vu dans ma boite à lettres un papier. Il y avait marqué enquête publique mais ce n’était pas du tout une enquête publique. C’était plutôt un sondage, il fallait répondre : oui ou non, êtes-vous favorable à la fermeture de la rue ? Il fallait voter jusqu’au 31 octobre 2023. Le résultat est tombé comme quoi il y a eu 27 votes : 19 pour et 8 contre. Sauf que dans la rue il y a 52 maisons et tout le monde n’avait pas répondu parce qu’une maison sur deux est un gîte. Toutes les maisons se vendent et il n’y a plus personne dans ce pauvre village de La Garette. Dans cette rue du moins. Donc, le maire [Richard Pailloux, ndlr] a écrit un article sur le site Internet de la commune en disant qu’il allait procéder dans les mois qui viennent à la pose de barrières et qu’il y aurait une réunion publique, après. »

M. Rabah Laïchour, ancien maire de la commune (deux mandats, précédés de postes comme conseiller municipal) précise : « Il n’y a que des habitants de la rue qui ont été questionnés, alors qu’il y a des habitants hors de cette rue qui auraient aimé l’être. Je pense qu’il y a quelques personnes qui se sont peut-être plaintes du fait, que, surtout pendant la période estivale, il y a des gens qui prennent quand même la rue normalement réservée aux riverains. Il y a toujours des incivilités. Il faut d’abord chercher les raisons pour lesquelles il y a des gens qui passent ainsi. »

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De quelle fermeture parle-t-on ?

Selon M. Laïchour, « la municipalité n’a pas trouvé mieux qu’un projet, qui risque de se réaliser, d’installation de barrières aux deux bouts de la rue pour éviter que les non-riverains puissent l’emprunter. A la demande de quelques habitants certainement, ou pas d’ailleurs, qui auraient aperçu des gens prendre le sens interdit, la municipalité a fait un sondage auprès de 50 % des habitants et la majorité de ces 50 % serait d’accord pour la mise en place de ces barrières de la honte. Ce sujet divise bien sûr les habitants puisqu’il y a aussi une bonne partie qui est contre pour des raisons diverses et variées. Ce projet va coûter cher aux contribuables. » Le devis pour la pose de deux barrières automatiques présenté au conseil municipal du 12 septembre 2023 se monte à 16 730,94 € TTC. « D’un côté, on fait de la pub pour attirer les touristes dans ce village, et de l’autre, on barricade les habitants. Qu’en est-il de l’accès à la rue pour les parents des habitants, des services à la personne, les pompiers, etc. Sans oublier les questions relatives à la fiabilité de ce système. Que fait-on s’il y a une coupure de courant par exemple, si un artisan vient faire des travaux chez un particulier qui a une fuite d’eau subite ? »

Bombardé de questions, le maire Richard Pailloux s’explique :  » Quand nous [l’équipe municipale élue en 2020, ndlr] sommes arrivés, il y avait déjà une interdiction de passer sauf riverains, déjà un sens interdit sauf riverains, et il n’y avait pas de places de stationnement dans la rue des Gravées. Donc les gens stationnaient là où ils pouvaient et là où ils voulaient. La problématique est venue le jour où les pompiers sont venus me voir en disant : dans la rue des Gravées à certains endroits, on ne passe pas. Je vis moi-même rue des Gravées. Je reste persuadé qu’on est élu pour l’intérêt collectif et pas simplement pour sa propre personne. Et donc, il a fallu trouver une solution. La solution qui a été critiquée déjà à l’époque, c’était de prendre un arrêté et de délimiter des zones de stationnement par des clous de voirie. C’est globalement respecté. C’est une première étape. L’autre étape, c’est que nous sommes aussi une commune touristique, surtout La Garette, et que les gens ne respectent pas les panneaux, touristes, familles, référents. Du coup, les gens stationnent partout, se garent sur les places des habitants qui ne sont pas forcément contents puisque les places sont limitées. Et donc on s’est retrouvé l’été dernier avec un souci, on a fait venir les pompiers. Effectivement, il a fallu prendre un quart d’heure pour aller chercher les gens mal stationnés. Vous allez me dire qu’un quart d’heure ce n’est rien, il n’y avait pas de gravité vitale, mais ça aurait pu. Et donc, on a pensé, du moins en période estivale, à un système pour que seuls les riverains, les agents, les entrepreneurs, les gîtes, les chambres d’hôtes, puissent passer. Mais que le plus gros des touristes puisse suivre la circulation réglementée et stationner sur les parkings qui restent gratuits. Et j’insiste pour qu’ils restent gratuits. »

L’entrée du camping de La Garette est déjà contrôlée par une barrière automatique. Photo Gilles PETIT

Le maire poursuit : « Ça fait deux ans que l’on travaille dessus. Il y a eu plusieurs systèmes d’envisagés. On a trouvé un système qui me convient, pas par esthétique mais par facilité d’installation, d’entretien et de coût. Nous avons passé ça en conseil municipal dont l’ensemble a acté cette décision. Nous avons fait un avis aux habitants pendant deux semaines. Les trois-quarts des habitants sont d’accord pour une réglementation par des barrières. Comme c’est passé en conseil municipal, j’ai respecté mon engagement. La majorité est d’accord, on va les implanter. J’aimerais bien qu’au mois d’avril, ce soit fait. »

Actuelle conseillère municipale, Mme Collet affirme : « Au conseil municipal, nous n’avons voté que le fait de consulter la population de la rue d’une part et d’étudier la faisabilité du projet. Il faudra bien prendre une vraie délibération actant la pose de ces fameuses barrières. »

Le projet

Dans sa communication publiée sur le site internet de sa commune, le maire Richard Pailloux a présenté ce modèle de barrière automatique.

« Ce seront deux barrières, l’une à l’entrée [côté D1/le Grand Port], l’autre à la sortie [côté camping] de la rue des Gravées, » explique M. Pailloux. « Chaque habitant aura deux badges par habitation, et à l’entrée il y aura aussi un digicode qui permettra aux familles, aux amis, aux chambres d’hôtes, aux entrepreneurs, aux secours, et ainsi de suite, de passer n’importe quand. Je ne veux pas empêcher les gens de passer rue des Gravées, je veux empêcher les gens qui n’ont rien à faire rue des Gravées d’y passer. (…) Les entreprises que nous avons trouvées ont un bon matériel, mais elles ne font que l’installation. Elles ne prennent pas tout en charge. En terme de contraintes techniques, j’ai décidé de choisir une jeune entreprise qui s’est déjà occupée de la barrière du camping. Ça fonctionne, elle travaille bien, elle est proche et peut intervenir rapidement. Le bloc moteur resterait à l’année. L’idée est de laisser ouvertes les barrières ou de pouvoir les démonter, hors saison estivale. En maintenant, les sens interdits. »

Mme Collet : « Nous n’avons eu qu’un seul devis d’une entreprise qui n’est pas du métier, car d’autres entreprises n’auraient pas répondu. Pourquoi avoir choisi une société qui fait des meubles de cuisine. Société nouvellement créée le 5 juin 2023 SAS DP Rénov à Saint-Symphorien (79) qui vend des meubles selon son code APE. La barrière du camping a été installée par une entreprise vendéenne. »

« Un habitant m’a dit : je suis contre car c’est un échec de la société. Si les gens respectaient les panneaux il n’y aurait pas besoin de ces choses là. Les autres ne causent pas de soucis. Le souci c’est le stationnement, pas la seule circulation. Il n’y a pas d’estimation des infractions car on voit très peu les gens qui sont partis vers les embarcadères, les restaurants, ou se balader, …. Je n’ai pas ces statistiques, je ne peux que constater, » ajoute le maire de Sansais-La Garette.

Selon M. Laïchour : « Il faut quand même boucler le dossier. Mais il y aura de la casse : première casse, on a divisé la population de la rue. Il y a des gens qui sont pour, il y a des gens qui sont contre et d’autres qui s’en fichent. Ça laissera des traces entre les habitants. Je suis sûr qu’à cause de ce machin-là, il y a des gens qui du jour au lendemain, ne parleront plus à leurs voisins. C’est aussi une barrière psychologique. On ne peut pas faire une chose et son contraire. Depuis des siècles, ce village était accueillant, ouvert, puis, du jour au lendemain, … . »

Gilles PETIT

COULON (79): le CAJCA, une idée différente des rapports Nord-Sud

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Du terrain de football aux tables-bancs en passant par l’alphabétisation, l’adduction d’eau potable et la construction de latrines, entre autres, le CAJCA (Coulon Association de Jumelage et de Coopération avec Anié 1) œuvre, depuis 1989, au développement du village togolais d’Anié en Afrique. Grâce à 35 ans d’échanges riches et constructifs soudés par la volonté d’avancer ensemble, l’association est reconnue d’intérêt général, un statut qui autorise la collecte de dons défiscalisés.

A ce jour, l’association a financé 640 tables-bancs pour les écoles Photo : documentation CAJCA

« Au fil des ans, l’écart entre le Nord et le Sud se creuse de plus en plus », expliquait en juin 1992, Mme Josette Moinard, la regrettée présidente-fondatrice du CAJCA. « Les associations de jumelage-coopération ont une idée différente des rapports Nord-Sud. Il ne s’agit ni de charité, ni d’aide impersonnelle et vague mais d’échanges basés sur le respect mutuel et l’amitié. Car les Africains peuvent nous apprendre beaucoup en ce qui concerne les rapports humains, la place des « anciens » dans la société, l’hospitalité, la convivialité et la communicabilité. »

Anié, une commune togolaise

Le 18 janvier 1989 était signé l’acte de jumelage, au village africain d’Anié, situé dans la région des Plateaux, à 180 km de Lomé, la capitale du Togo, et à 30 km de la ville d’Atakpamé, localité jumelée avec Niort. Anié compte environ 45 000 habitants. On notera que dans le cadre de la décentralisation au Togo, la Loi locale du 29 juin 2017 a divisé la commune d’Anié en deux parties : Anié 1 et Anié 2. Le CAJCA est désormais jumelé avec la commune d’Anié 1 dont le maire, M. Atara, a été élu en juin 2019.

Document publication CAJCA

Sur place, les Togolais de l’ADJAC (Association de Développement du Jumelage Anié-Coulon) jugent de l’opportunité de lancer un projet, en évaluent le coût, établissent un devis et précisent quelle pourrait être leur participation, le plus souvent en main d’œuvre. Il revient alors à l’association française de calculer si, avec l’aide communale coulonnaise (1€/habitant), de diverses entrées extérieures, et avec l’apport du CAJCA, il est possible de financer le projet présenté par leurs amis africains.

En mars 1995, l’assemblée générale du CAJCA était présidée par Mme Josette Moinard (au centre) en compagnie de MM. Pierre Rousseau (à droite), maire de Coulon, et Moutawakilou Abdoulaye (à gauche), membre de l’ADJAC, l’association de jumelage togolaise. Photo Gilles PETIT

Lors d’un entretien que Mme Moinard nous avait accordé en janvier 1993, la présidente emblématique du CAJCA, définit la genèse de l’association de jumelage-coopération avec Anié : « Peut-être est-il nécessaire d’expliquer pourquoi aller chercher si loin des gens à aider alors que, si près, la misère gagne. Aller à la rencontre d’un autre monde, d’une autre culture, c’est apprendre à se comprendre, à se respecter, à s’enrichir mutuellement. L’Afrique bouge. Peuple soumis pendant des siècles, il devient majeur, il veut se prendre en main ; secouant le joug du despotisme, il marche vers la démocratie. Le chemin est long et semé d’embûches mais la volonté est là et elle vaincra. A Anié comme ailleurs, les villageois se mobilisent, ils se refusent à demeurer des assistés, ils veulent décider de leur avenir, améliorer leur cadre de vie, instruire leurs enfants, accueillir leurs malades de façon décente. Cela coûte, ils ont peu, nous les aidons. Plus nous les aiderons à bien vivre chez eux, moins ils seront tentés d’aller chercher dans nos pays dits riches, le bonheur qu’ils auront du mal à trouver, et c’est peut-être une façon de mieux respecter la dignité de l’homme. Que recevrons-nous en retour ? Une grande leçon de sagesse et d’humilité. »

Les réalisations

Les Coulonnais sont tout d’abord intervenus dans la construction de latrines publiques (en 1990 et 1991). Ils ont doté le dispensaire local en médicaments et petit matériel médical (1991), aidé à l’aménagement d’une bibliothèque (1993) et participé à l’achat de manuels scolaires (1993). Est venu ensuite, un projet cher aux habitants, la construction d’un nouveau terrain de football dont le mur de clôture fut le plus gros investissement et le plus important pourvoyeur de recettes locales. Au fil du temps, les efforts conjugués ont permis de construire des latrines publiques, une bibliothèque, une salle de soins, un dispensaire, un bâtiment scolaire de trois classes, des latrines scolaires, des bornes-fontaine, etc.

19 bornes-fontaine sont installées. Photo : publication CAJCA

Pour aider au financement de ces actions, les Coulonnais organisent ou participent régulièrement à des manifestations publiques : bourse aux vêtements d’hiver, loto, bric-à-brac, marché africain, etc. L’association a longtemps procédé chaque trimestre à une collecte de vieux papiers et cartons avec le concours de la municipalité. Aujourd’hui, la collecte de ferrailles est une grande réussite.

La pérennité du jumelage-coopération

En mars 2016, l’assemblée générale du CAJCA a pris une importance particulière. Après Mme Josette Moinard, présidente pendant une quinzaine d’années, Mme Nicole Sagory qui avait pris la suite, a souhaité passer la main en assurant une coprésidence avec Mme Christine Nouzille. Cette dernière est aujourd’hui présidente du CAJCA.

Actuellement, le CAJCA mène simultanément sept actions : une opération tables-bancs aux écoles, l’aménagement de la bibliothèque, les cours d’alphabétisation pour adultes, l’agriculture dont le maraîchage, d’autres latrines, la distribution d’électricité, et l’extension du réseau d’eau potable avec la pose de bornes-fontaine publiques.

Un appel aux dons

Le CAJCA poursuit donc son action de solidarité au profit des écoles d’Anié qui manquent de tout : bâtiments, latrines, tables-bancs, tableaux, craies, matériel didactique… Depuis 2010, grâce à de nombreux dons, l’association a financé notamment l’achat de 640 tables-bancs, 14 tableaux et des cartons de craies.

Les besoins demeurent néanmoins très importants. L’objectif 2024 du CAJCA vise à financer 400 tables-bancs. Pour contribuer à l’équilibre fragile de la forêt sur la région chaque table-banc fera l’objet d’une plantation d’arbres. Don pour 1 table-banc + 1 plant d’arbre = 25 € (soit 8,50 € après défiscalisation). En effet, le CAJCA étant reconnu association d’intérêt général depuis 2017, 66% du montant du don peuvent être déductibles de l’impôt sur le revenu.

Contacts CAJCA : Christine Nouzille : tél. 06 74 88 18 32 – Nicole Gatineau : tél. 06 67 49 59 98

Gilles PETIT