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COULON : Coulon-Rive Gauche, seize artistes de talent

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Cette saison estivale 2021, seize artistes investissent La Grange de Camille, à l’invitation de « Coulon, Rive gauche ». Toutes les techniques y sont présentées : aquarelle, huile, dessin, sculpture, estampe, photographie, art du papier, … Parmi les petits nouveaux, une jeune « peintre sur mobilier » Sabrina Brulay, à l’enseigne « NINA B ART DU MOBILIER ».

Lors de l’inauguration de La Grange de Camille, la maîtresse de maison Cosette Pignoux, de sa plume poétique, a expliqué « comment la Grange a grandi » : « Quand est-ce qu’on ouvre la Grange à Camille ? Quand ? Perchée sur mon escabeau, la phrase prononcée me fait dans le cœur une tristesse tendre. Ce lieu si pensé à deux dans la passion qui fait vibrer la corde sensible, rencontrer la sensibilité de notre nous-même, en ressentir les vibrations. La Grange, ce lieu vibrant de mille pas, de mille joies. Ce lieu qu’on a rêvé ensemble, André et moi, si plein de nos désirs d’échanges, si plein de nos rêves de troubadours fous, fous d’amour, d’extravagance, de beauté, de musiques, de mots, de partages. Cette grange qui était destinée à fermer sa porte à toute vie, nous allions la faire renaître. Mais offrir une grande et belle aventure. Camille, le voisin d’enfance accepta par tendresse. Son « Oui, je veux bien » fut un chant d’alouette, un baiser de tendresse de l’enfant que j’avais été. On exposerait des photos. Travaux des champs sur le foin. De l’authentique. La grange avait sa fierté, nous nous devions de la respecter. Elle avait cette odeur du passé où l’homme vivait encore au pas des bêtes, sur les chemins des cigales, où les soirs se partageaient la parole sur les seuils des portes. La Grange ouverte au regard sur la beauté d’expression, d’échange. Pas n’importe quelle grange : la grange à Camille avec ses pavés cirés par les pas des visiteurs, sa douce fraîcheur quand on y entre par les journées chaudes. La Grange, habitée de poésie et d’amour. Ce qu’il faut à l’être pour être heureux, c’est la beauté, de la passion. Notre désir était de faire de cette grange, le lieu de création pour poètes, amoureux de la vie, du beau, du fantastique. Prendre le temps de regarder, de se laisser surprendre. Tout simplement, le temps d’aimer, de partager, laisser ses yeux vagabonder. Alors oui, il faut la rouvrir la Grange de Camille. » Cette scène s’est déroulée voici 52 ans. Depuis, ce lieu unique de rencontres d’artistes rouvrent ses portes tous les étés sur la commune de Coulon sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise.

Seize artistes de talent

Une partie des artistes qui exposent dans la Grange de Camille, en compagnie de Cosette Pignoux (au centre) Photo Gilles PETIT

Cette année, « Coulon, Rive Gauche » invite les œuvres de Jean Artibricolo, Danièle Baudry, Élisabeth Blanchart, Anne Bouffard, Anne Dahomé, Fredy Gautier, Patrick Gélineau, Christiane Gilbert, Phil Lejeune, Daniel Mar, Richard Métais, Olivier Nillesse, André Pignoux, Sandrine Pignoux, Philippe Simon et, parmi les petits nouveaux, une jeune « peintre sur mobilier » Sabrina Brulay.

NINA B ART DU MOBILIER

Sabrina Brulay vient d’ouvrir un atelier de métier d’art de peintre sur mobilier sous le nom de « Nina B Art du mobilier » à Mauzé-sur-Le-Mignon en Deux-Sèvres, entre Niort et La-Rochelle. « Je rénove et transforme des meubles anciens et aussi contemporains, » explique-t-elle et précise « j’utilise des techniques contemporaines et du XVIIIème siècle pour le décapage puisque je fais tout à la main, décors compris ».

Sabrina Brulay poursuit : « Mes clients sont des gens qui ont du mobilier souvent ancien, parfois contemporain. Ils viennent à l’atelier ou je vais à leur rencontre comme ici [à La Grange de Camille] dans une galerie d’art. Je fais un projet décoratif adapté en fonction de leur projet. Souvent, le mobilier a une histoire familiale, les gens ne veulent pas s’en séparer d’autant que le meuble a une âme. Ils aimeraient le conserver et pouvoir leur donner un peu plus d’allure ou une « nouvelle tête ». Je peux proposer beaucoup de choses et je m’adapte en fonction de leur intérieur puisque j’ai des outils modernes, comme la planche décorative sur laquelle ils peuvent visualiser leur projet avec leur intérieur. C’est super intéressant. »

Photo Sabrina Brulay

Nina B a suivi une formation complète à Rians (83) . Dans ce petit village de Provence, le centre de formation Atelier Garance dispense une qualification unique en France qui délivre le titre d’artisan d’art avec certification professionnelle. « Nous sommes aujourd’hui exactement cinquante-deux artisans à proposer ce métier d’art en France. Actuellement sur mon secteur, je suis la seule », précise Sabrina Brulay.

Lors de ses permanences prévues les vendredis et samedis après midi, à La Grange de Camille, Nina B pourra détailler chaque pièce exposée comme autant d’échantillons de ses talents. Du faux cuir, de la fausse rouille sur des matières métallisées ; la création ou rénovation de boiseries, d’éléments de cuisines, de salles à manger… Elle transmettra sa passion en démontrant pourquoi elle fait des patines inspirées des techniques du XVIIIème siècle : les meubles à nu, sept couches, des fiches de travail, le décapage, la préparation sur place, l’impression des peintures, la couleur des patines, la finition et la protection de l’ouvrage.

Sabrina Brulay poursuit : « je suis aussi spécialisée dans le travail à la feuille d’or, une formation complémentaire enseignée en Suisse que je peux utiliser sur une assiette comme sur un meuble (photo ci-contre). Posée sur ce meuble, une lampe boule année 1960/1970 revisitée avec un abat jour en accord avec l’effet porphyre. Le porphyre est une pierre pourpre tachetée de blanc. Je n’utilise que des pigments naturels provenant de trois carrières en France dont la plus connue, la carrière de Gargas, les fameux ocres de Provence dans le Vaucluse. »

Photo Gilles PETIT

« Je suis heureuse de faire partie des artistes standard, inscrite au registre de l’Institut national des métiers d’art qui participe à la protection des ouvrages artistiques français. Ce n’est pas rien. C’est une reconnaissance au niveau national », se félicite Sabrina Brulay. http://www.ninabartdumobilier.fr

L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte tous les après-midi jusqu’à fin septembre dans « la Grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise, face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.

Gilles PETIT

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

MAGNE (79) : Le « grand merci des Magnésiens » à M. Claude Audis

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Samedi 18 juillet 2020, l’équipe de Magné-Animation et les bénévoles du Festival International de Peinture de Magné (79), dont l’édition 2020 est annulée en raison de la pandémie du COVID19, a rendu hommage à son président fondateur et président d’honneur Claude Audis. Une plaque « lumineuse » a été dévoilée au cimetière local.

« Nous sommes le samedi 18 juillet 2020 et il est 11h35. A cette heure-ci, nous devrions être en train de parcourir les allées du Festival dans le cadre de l’inauguration de sa 32ème édition, » signale M. Gérard Laborderie, maire de Magné. « Malheureusement, cette année, le Festival a dû être annulé en raison de la crise sanitaire inédite que nous traversons et je pense que c’est une sage décision que l’équipe de Magné Animation, avec son président, a prise. Même si, j’en suis sûr, ce n’était pas de gaîté de cœur. Cette situation est vraiment inédite car c’est la première fois, en trente-deux ans que le Festival de peinture n’aura pas lieu. Faut-il y voir un signe du destin ? Justement l’année où Claude Audis, son président historique et emblématique, nous a quittés. »

Le maire de Magné, Gérard Laborderie (à gauche) et le président du Festival, André Prunier, (à droite) ont mené la cérémonie devant la tombe de Claude Audis au cimetière de Magné. Photo Gilles PETIT

M. André Prunier, le nouveau président du Festival International de Peinture de Magné, a proposé « un moment de recueillement en l’honneur de Claude ». En associant « les personnes disparues qui ont participé à la réussite du Festival, » M. Prunier pensait, entre autres, à deux personnes : Jean Thébault, l’initiateur du Festival décédé en 2015, et Jean-Claude Ballereau, membre actif de l’équipe de restauration du Festival 2019, parti en mai 2020.

 

Les origines du Festival

L’actuel président a retracé la genèse de la manifestation : « Il y a plus de trente ans, le Conseil municipal de Magné a mis en place une équipe avec, à sa tête, Claude Audis. Magné Animation était née et, tous les ans, c’est une famille qui se retrouve pour le grand rendez-vous de juillet. Fidèle à la volonté du maire Jean Thébault, Claude a su entraîner avec lui une équipe motivée et responsable qui a construit de façon durable un Festival reconnu et apprécié de tous. Claude est un bâtisseur, organisateur, rassembleur, il a su fédérer une équipe de fidèles bénévoles. Aujourd’hui, les rêves sont devenus réalité. La ténacité, l’enthousiasme de Claude ont permis de développer cette manifestation au-delà des espoirs des premières années. Disant souvent : je ne connais pas l’art, je ne sais pas dessiner, Claude s’est appuyé sur ses faiblesses, rendant ce Festival encore plus simple et populaire. Les artistes parisiens, comme on les appelait, géraient la partie artistique. Avec son parcours, Claude a aussi beaucoup évolué au service de l’art, en général, » conclut le président. « Le succès du Festival de peinture n’a jamais faibli au fil des années. Le chemin parcouru est immense. Que de contacts noués, d’amitiés construites. » Claude Audis aimait rappeler, « le Festival est né comme un pari, comme un défi, et il s’est installé comme une évidence. » La satisfaction du devoir accompli.

M. Gérard Laborderie : « En trente ans de présidence active, grâce à son engagement, à sa ténacité, mais aussi, et peut-être surtout, sa gentillesse et son sens aigu du relationnel, Claude Audis, avec l’aide de Nicole, son épouse, et une équipe de bénévoles, a fait de cet événement la manifestation phare de Magné. Grâce à la réputation du Festival, notre village est aujourd’hui connu de tous les amateurs de peinture de France et bien au-delà. Puisqu’il n’est pas rare d’y accueillir des artistes venus de différents pays européens, voire des cinq continents. Pour tout cela Claude, pour le rayonnement que tu as donné à notre beau village de Magné, je me fais le porte-parole de toutes les équipes municipales qui se sont succédé depuis la première édition en 1989 pour te dire un grand merci auquel j’associe également l’ensemble des Magnésiens. »

Jusqu’à la 31ème édition, l’artiste-peintre Jean-Marie Zacchi (à gauche) et Claude Audis (à droite) étaient les piliers du Festival International de Peinture de Magné. Photo Michel Castellani

Une plaque-photo

Le maire de Magné a refermé ainsi le livre des éloges : « En guise de reconnaissance de [son] action, l’équipe municipale qui m’entoure réfléchit à donner [son] nom à un espace de la commune en lien avec le site du Festival. La période de confinement ne nous a pas permis d’être prêts pour aujourd’hui, mais je m’engage à ce que tout soit prêt pour l’inauguration de juillet 2021. »

Magné Animation a déposé une plaque en hommage à Claude Audis, récemment disparu. Photo Gilles PETIT

Mme Nicole Audis a accepté le principe d’un « geste symbolique » en « hommage extraordinaire à [son] petit Claude ». En effet, Magné Animation a déposé une plaque sur la tombe de Claude Audis, sous la forme d’une « photo lumineuse » (auteur Michel Grégoire) présentant parfaitement le Festival avec les peintres, la Sèvre Niortaise et le village de Magné à l’horizon. M. Prunier précise : « Nous avons souhaité placer une inscription sur cette plaque et nous avons choisi : « Le Festival de peinture de Magné, comme un pari, comme un défi ! Merci Claude ! Et nous avons ajouté trois mots qui nous tenaient à cœur : Amitié – Respect – Fidélité. »

Enfin, « Claude a toujours prétendu qu’à Magné, on avait la maîtrise sur la météo. Et il l’a prouvé, car elle a été favorable pendant plus de 25 ans. Nous avons eu quelques épisodes rafraîchissants, mais Claude a quand même toujours maintenu sa position sur le beau temps au Festival de peinture. Jusqu’à ce merveilleux Festival 2018, le trentième, qui restera le Festival de Claude et de Jean-Marie [Zacchi]. »

La cérémonie s’est terminée par une minute d’applaudissements.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN – COULON – MAGNE : 50 ans, l’âge d’Or de « La Grange de Camille »

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« 50 ans, l’âge d’Or. L’âge dort mais nous allons le réveiller pour évoquer ces années 1970 où, après une petite décennie passée sur Paris dans le milieu théâtral, Cosette et André reviennent à Coulon et décident que la nouvelle scène de leur vie aura maintenant pour décor leur pays natal. » Le maître dans l’art du papier, Daniel Mar, avec Cosette Pignoux retracent la genèse du centre culturel « Coulon, rive gauche », une vraie grange maraîchine appelée « La Grange de Camille ».

La Grange de Camille est située sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise face au village de Coulon. Photo Gilles PETIT

« En 1968, on écrivait « sous les pavés la plage », et en 1980 « sur les pavés l’art ». C’est ainsi que Bijou ne faisant plus entendre le bruit de ses sabots ferrés sur les pavés, étant déjà parti depuis quelque temps rejoindre ses compagnons de chevauchée dans la prairie du grand large, et Camille ayant refermé cette porte d’écurie comme on referme un livre quand l’histoire se termine. Camille le voisin d’enfance, le voisin du jardin d’à côté. C’est ainsi que commence l’histoire de la Grange à Camille, » se souvient Mme Cosette Pignoux, metteur en scène de théâtre.

L’écurie de Camille Paris

Monsieur Camille PARIS

Nous sommes en 1969, le fermier maraîchin Camille Paris vient de vendre ses trois dernières vaches et son cheval Bijou, l’écurie et la grange restent désormais vides. Résidant juste en face, sur l’autre rive de la Sèvre Niortaise, M. André Pignoux voyait cette grange vacante. « Il demande à Camille s’il ne pouvait pas lui louer ce lieu un peu improbable. Tellement symbolique de l’âme du pays. Là, ses photos seraient exposées en parfaite symbiose avec ce qu’elles représentent, » commente Daniel Mar.

L’année suivante, la famille Pignoux a l’idée d’en faire un lieu d’exposition et l’ensemble est alors réhabilité. S’y succèdent des potiers, tisserands, ébénistes. . . Puis de nombreux artisans et artistes. Citons des peintres de prestige : Chenilleau, Bugeant, Hélène Besnard-Giraudias et des intellectuels. « On a connu le potier de Jean Cocteau qui a bien voulu exposer là une trentaine de ses pièces », se souvenait le regretté André Pignoux. « Dans les années 1970, la grange faisait office de lieu culturel à Coulon« .

L’homme de théâtre et complice des artistes de toutes factures André Pignoux (juillet 2017) est décédé en mars 2018. « Sa mémoire demeure, » assure Cosette Pignoux.    Image Gilles Petit

Ouverte en 1970, sous le nom de « la Grange à Camille », l’ancienne ferme de Monsieur Paris, vit les premières expositions, sur 120 m², des photographies de M. André Pignoux et la fondation, en 1974, d’un groupement d’artisans régionaux. « Il y avait encore du foin à l’étage et les vaches juste parties », aimait rappeler le photographe local. Très fréquentée, « la Grange à Camille » ne devait pas rouvrir ses portes, après la pause hivernale. Mais André et Cosette Pignoux n’ont pu se résigner à laisser les volets clos. Parlant alors au nom des artistes de la première édition, le regretté sculpteur Laurent Page expliquait : « Avec cette rénovation de la grange, nous faisons le pari de continuer à faire vivre cet endroit avec les fruits de nos travaux ».

Quand la « Grange » change de nom !

Rebaptisée « la Grange de Camille », l’ancienne propriété de M. Camille Paris, conserve l’architecture caractéristique de ces vieilles maisons du bord de fleuve, à savoir un corps d’habitation et une écurie en l’état, les auges, les râteliers, même le sol a été conservé intact avec ses pierres inégales et le « courant au purin » intégralement préservé. Construite comme la plupart des maisons maraîchines, à la fin du XIXe siècle, elle dispose d’un rez-de-chaussée (l’ancienne écurie) et d’un étage (ancien fenil).

Certains artistes exposent leurs œuvres dans « la Grange de Camille » depuis une vingtaine d’années, c’est le cas de Daniel Mar (photographie puis art du papier). L’artiste retrace la genèse d’une aventure « gagnante » : « Lorsqu’André a retrouvé son pays natal, il a tout de suite pris conscience des mutations qui étaient en train de se produire dans ce milieu rural. Une époque charnière où les tronçonneuses remplacent les scies, les tracteurs se substituent aux chevaux. . . Alors lui qui, sur Paris, a aussi appris la photo, se met à saisir en noir-et-blanc les ultimes images du transport du bétail dans les bateaux, des lavandières sur les bords de Sèvre, tous les gestes ancestraux de ce monde rural qui bientôt vont disparaître. Et dans cette grange, toutes ces images vont trouver là un parfait écho. Et puis très vite, André et Cosette pensent qu’ils pourraient peut-être aussi accueillir en ce lieu d’autres artistes, artisans d’art susceptibles de présenter ici leurs œuvres. Alors, les années suivantes, vont se croiser ici potiers, ébénistes, tisserands. Et d’emblée c’est le succès car à l’époque nulle part ailleurs dans la région il n’y a d’équivalent. On y trouve du mobilier, des abat-jours, des foulards, des peaux de bête, et bien sûr des œuvres peintes ou sculptées par des artistes locaux. On y accourt de partout de la région et plus encore du proche pays niortais où tout le monde a, au moins, entendu parler de la Grange à Camille.

« la Grange a 50 ans ! »

La soirée d’anniversaire « la Grange a 50 ans ! » était ponctuée des musiques et poèmes interprétés par Anne Testard. Photo Gilles PETIT

« Dès qu’il y a un cadeau à faire pour un parent : la Grange à Camille; un collègue qui part à la retraite : la Grange à Camille; le voisin qui va pendre sa crémaillère : la Grange à Camille. Les années passent, les temps changent. Nous sommes dans les années 1990, la Grange elle aussi se doit d’évoluer, mais Cosette et André craignent vivement que les organismes officiels les obligent à des changements radicaux comme, par exemple, la démolition du sol et son pavage qui participeraient à anéantir l’âme du lieu. Mais la bonne fée du Marais veille et la Grange ne connaîtra pas les transformations. Souhaitant alors se positionner en dehors de tout mercantilisme, en 1999, le couple va finalement décider de ne réserver la Grange qu’aux artistes. Elle va alors devenir un incontournable lieu culturel, un espace un peu hors du temps et de l’agitation galopante, une escale précieuse où il fait bon se poser. Et ils vont être nombreux à s’y succéder les artistes. Des dizaines et des dizaines, reconnus, connus ou inconnus, mais tous animés par une même flamme créative, reflet de leur âme. A ce jour, ont exposé ici, en ce lieu magique environ 280 artistes. Je fais partie de ceux-là. Je voudrais dire au nom du plus grand nombre combien nous sommes attachés à cet endroit qui se perçoit au travers de nos cinq sens. »

« Coulon Rive gauche » offre du rêve

« On avait besoin d’un lieu pour mettre nos rêves, » reprend Cosette Pignoux. « Nous cherchions justement un lieu habité par une histoire. Oui, Camille les murs de ta grange parlent, les murs racontent ! Camille, toi qui fais maintenant des promenades en bateau avec les touristes, tu sais, ils seraient heureux ces gens-là de voir une expo ! L’amitié de voisinage allait jouer en notre faveur. Et voilà, mes ailes repoussent, mes rêves s’envolent, on parle, on rencontre, on partage, on crée, on imagine. Ah oui, l’imagination est au pouvoir. Rêves réalisés, on est dans le concret dans ce lieu avec des photos d’André accrochées sur un mur de foin. Qui pourrait faire ça, qui pourrait imaginer faire une chose pareille ? C’était très beau, les photos de labour, sur un mur de foin. C’était extraordinaire! »

« Coulon, rive gauche » (aquarelle, huile, dessin, sculpture, estampe, photo, art du papier) héberge, cette année, Jean Artibricolo, Danièle Baudry, Françoise Bousseau-Janon, Fredy Gautier, Christiane Gilbert, Phil Lejeune, Daniel Mar, Fabrice Morin, Sandrine Pignoux, Louise Maby, Sébastien Momot, Jean-Michel Tronche et les photographies d’André Pignoux. Photo Gilles PETIT

Une création Daniel Mar

Daniel Mar : « Sereine au bord du fleuve, la Grange est aujourd’hui d’une nature forte qui a vu passer bien des natures mortes mais qui pourtant reste toujours bien vivante. Tu vois André, tu vois Cosette, vous pouvez être fiers de ce jour et de ce que vous avez créé qui, cinquante ans plus tard, continue à se perpétuer. » L’artiste apporte « une petite preuve supplémentaire à ce constat. » En s’amusant avec les lettres du mot grange, Daniel Mar a mélangé les lettres. « Pour le mot grange, il n’y a qu’un anagramme possible : gagner! »

« C’est ainsi que vit la Grange, une porte ouverte aux rencontres, aux moments chaleureux des instants partagés, les yeux engrangent les souvenirs, les paroles s’échangent, s’enrichissent. La Grange, c’est le pas lourd des sabots de Bijou sur le pavé. La Grange, c’est Camille. La Grange, c’est l’amour, pour l’échange de deux passionnés. La Grange, telle est sa vocation, la beauté du tableau, la lumière des photos, le geste assuré du sculpteur passionné, les odeurs de lavande échappées du tableau, les pas du visiteur caressant les pavés. La Grange, c’est le lieu magique des magiciens. La Grange, c’est le reflet d’une vie transparente du vécu comme un poème qui s’éternise dans le temps, » conclut Cosette Pignoux.

L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte jusqu’à fin septembre dans « la Grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise, face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.

Gilles PETIT

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

LA GARETTE : des arbres solidaires pour aider SOS Préma 79

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Un quart d’heure ! En un quart d’heure, des bénévoles de cinq structures ont planté une haie de 100 mètres sur le site du centre équestre La Maison du Cheval à La-Garette (commune de Sansais – La-Garette en Deux-Sèvres), samedi 1er février 2020. Une opération solidaire précédée par la plantation de « l’arbre de la fraternité et de la paix » : un chêne vert.

A l’occasion des 20 ans de La Maison du Cheval, l’association sportive Maraisthon, qui milite depuis dix ans pour une action sociale et solidaire, avait lancé, lors de son édition 2019, une opération « 5 € pour SOS Préma = 1 arbre planté dans le Marais Poitevin« . Cette moisson a permis de collecter 925 €, à ce jour. En collaboration avec la commune de Sansais – La-Garette, les associations SOS Préma, We are et Laponie Trophy 2020,  l’opération, également soutenue par Territoria Mutuelle, a réuni une trentaine de planteurs de toutes générations.

A La-Garette, les représentants des structures partenaires de l’opération ont symboliquement terminé la plantation d’un chêne vert sur le site de La Maison du Cheval. Photo Gilles PETIT

Avant de se mettre au travail, les participants se sont rassemblés devant « l’arbre de la fraternité et de la paix », un chêne vert déjà mis en place par Alain Bertrand, le paysagiste magnésien qui a préparé le terrain et fourni les plants d’arbustes. Le maire de la localité Rabah Laïchour informe que le chêne vert est « un arbre très résistant qui nous arrive du Sud. Selon les spécialistes, vu le réchauffement climatique, cette essence s’adapte facilement à notre climat. C’est sans doute l’arbre de demain dans notre région. »

Puisqu’il est question de climat, nous soulignerons que les nuages ont retenu la pluie le temps nécessaire à la plantation de cornouillers sanguins, charmes communs, érables champêtres, troènes bulgares et aubépines, soit une centaine de plants sur cent mètres linéaires, protégés par une bâche biodégradable et un filet anti-rongeurs. Une clôture viendra compléter ces protections contre l’éventuel appétit des chevaux.

Faisant suite à l’initiative du Maraisthon, Territoria Mutuelle a décidé de prendre à sa charge le coût de cette plantation. « C’est une action qui a du sens », a précisé son président M. Robert Chiche, « c’est une valeur réelle de pouvoir aussi associer le personnel à cette manifestation. C’est la première fois. La Mutuelle a voulu le faire avec ses salariés. »

Le maire de Sansais – La-Garette Rabah Laïchour et la sportive Sonia Thomas n’ont pas ménagé leurs efforts. Photo Gilles PETIT

Au nom du Maraisthon, son nouveau président M. Jean-Yves Saint-Céran a félicité Ludo, un adhérent handicapé de We are qui a gravi le Mont-Blanc en septembre 2019, car « il a relevé un défi où tout le monde est lié au-delà des différences dans l’esprit du sport. » Il a ensuite remercié M. Chiche, « je crois que quand les entreprises sont au service du bien commun et du respect des différences, nous souhaitions marquer la participation active de Territoria Mutuelle. » Par ailleurs, on notera que la commune de Sansais – La-Garette accueillera le prochain Maraisthon, le samedi 20 juin 2020, sur le site du Châtelet à La-Garette. Cette épreuve nature, 1er éco-marathon en France qui quittera donc Coulon, se déroulera sous une autre forme en une seule journée. « Et on espère bien pouvoir planter plein d’arbres et de haies », ajoute le président.

Des membres de l’association We are ont raconté leur récente ascension du Mont-Blanc. Et Sonia Thomas (à droite) a retracé sa performance au Laponie Trophy 2020 disputé en Finlande avec sa co-équipière Hélène Morisseau. Photo Gilles PETIT

Mme Céline Caquineau et M. Emmanuel Messager représentaient SOS Préma. Ce dernier a rappelé que « cette plantation va aider au réaménagement de la salle parents en néonatalogie du Centre hospitalier de Niort, actuellement en travaux. Tous les dons collectés amélioreront le quotidien des parents dont le bébé est hospitalisé. »

Cerise sur le gâteau, l’association SOS Préma a reçu un tweet de sa marraine Clarisse Agbégnénou, la vice-championne olympique de judo, championne du monde et d’Europe, meilleure athlète française 2018 et 2019, qui est née prématurément à sept mois. Elle a écrit : « Vous savez que vous pouvez toujours compter sur moi. Certes, je ne peux pas être là physiquement mais je vous envoie des cargos et des cargos de forces et d’ondes positives ! Mais surtout gardez bien à l’esprit qu’en chaque préma naît un champion ! »

Gilles PETIT

 

 

 

Fontenay-Le-Comte : le gala de SALAM DANSE ORIENTALE les 17 et 18 juin 2017

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L’association SALAM DANSE ORIENTALE (influence égyptienne) offre tous les deux ans un somptueux gala à un millier de spectateurs et devant les caméras de Capt’Action79. Les 17 et 18 juin 2017, sous le titre « Shayna et les Merveilles du Nil », les danseuses seront de retour sur la scène de l’Espace Culturel René-Cassin-La Gare de Fontenay-Le-Comte (France 85). Il est prudent de réserver vos places dès maintenant.

Voici maintenant 17 ans que Mme Karine JUVENAL (alias Shayna), professeur chorégraphe, fait danser le Pays de Fontenay-Le-Comte au sein de Salam Danse Orientale, une association qui compte aujourd’hui plus d’une centaine d’élèves.

Forte de ses expériences et de ses nombreux stages de perfectionnement auprès des plus grands noms de la scène orientale, Karine JUVENAL a préparé les chorégraphies de la section « Elite » de l’association et des différents niveaux des élèves.

Il faut bien deux années de travail pour offrir des tableaux époustouflants aux couleurs lumineuses sur des mises en scène aussi bien aériennes que millimétrées. En habits de lumière, les danseuses, petites et grandes, transportent les spectateurs dans l’univers des Mille et une Nuits et assurent un spectacle de qualité inspiré des danses égyptiennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gilles PETIT

 

Revivez en vidéo des extraits du Gala 2015 :

 

 

 

« Shayna et les Merveilles du Nil », samedi 17 juin 2017 à 20h30 et dimanche 18 juin 2017 à 15h30, à l’Espace culturel René-Cassin-La Gare, à Fontenay-Le-Comte (85). Tarifs : 7€ (moins de 10 ans), 14€ (adulte). Réservations à la billetterie du Centre culturel Leclerc (tél. : 02 51 50 13 15), avenue du Général-de-Gaulle à Fontenay-Le-Comte.

Contact Salam Danse orientale : tél. 06.81.96.45.15 ou courriel asso.salam.85@orange.fr

MARAIS POITEVIN : Damvix (Vendée), un village en fête à la mi-août.

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Durant la saison estivale, de nombreuses communes du Marais Poitevin organisent leur grande journée festive. A la mi-août, des Vendéens proposent « Damvix en fête ! ».  Clin d’œil aux Damvitaises et Damvitais qui, en costumes d’époque, ont offert, dimanche 14 août 2016, un copieux programme : vide-greniers, brocante, fête foraine, marché de produits locaux, expositions, danses folkloriques, . . . et même un vrai-faux mariage avec un vrai maire, un faux curé et des mariés peu ordinaires.

DAMVIX Noces villageoises 14 août 2016 Photo Gilles PETIT 4693
Dans les fêtes de villages en Marais Mouillés du Marais Poitevin, la reconstitution des activités d’antan, par voie d’eau, représente toujours une animation très attendue par le public. La noce villageoise, arrivant en barques sur la Sèvre Niortaise, constitue donc un double événement.

Damvix est un village touristique vendéen construit, en grande partie, sur la rive droite de la Sèvre Niortaise, dans un site appelé « La Venise Verte » dans le Marais Poitevin. Selon le site internet officiel de la commune damvix.fr : « L’appellation Damvix reste quelque peu mystérieuse. Selon l’église, sous le nom de « Datunum » ou « Domnovito », Damvix aurait été donné, vers 1010, à l’abbaye de Saint-Maixent par Guillaume V, comte du Poitou. Selon d’autres recherches le nom de Damvix serait beaucoup plus ancien puisque remontant à l’époque des invasions romaines. Damvix viendrait alors du latin Dam Vix contraction de Damnum Viccus, signifiant « village maudit » ou « bourg des damnés ». Selon d’autres recherches encore, il paraîtrait que le village se soit surnommé « la porte de l’enfer » à l’époque du bagne de Cayenne, époque où les prisonniers devaient traverser nos marais pour rejoindre le port d’embarquement de La Rochelle. Une autre origine, plus réaliste, est souvent évoquée. Damvix serait peut-être tout simplement à rattacher à Saint Guy, saint patron de l’église : Dominus Vitus ou Dominus Vicus en latin.« 

Peu importe les origines de son nom, Damvix vit paisiblement dans son écrin de verdure baignée par le principal fleuve qui irrigue le Marais Poitevin, à  savoir la Sèvre Niortaise.

DAMVIX Noces villageoises Photo Gilles PETIT 4684
Le cortège nuptial a descendu la Sèvre Niortaise jusqu’au port de Damvix. A l’époque, le seul moyen de transport possible était par voie d’eau.

DAMVIX en fête Affiche 14_aout_2016-2Dimanche 14 août 2016, « Damvix en fête » a débuté dès 6 heures, et pour toute la journée, par un vide-greniers et une brocante, bien achalandés. Mais aussi avec une mini fête foraine avec ses jeux et ses stands de produits les plus divers, un mini marché de produits locaux, un grand espace de jeux et jouets en bois, de grandes tablées pour déguster le traditionnel « grillé de mogettes-jambon », . . . , et un plateau scénique proposant des danses folkloriques, la prestation du conteur vendéen Christophe Noulet (prix Talent 2015 des artistes du Marais poitevin, catégorie arts vivants), et la vraie-fausse cérémonie de mariage.

Avec la participation des Damvitaises et Damvitais, petits et grands, le Comité d’Animation de Damvix, présidé par Alain Barrandon, aidé par l’Union des commerçants et artisans, ont fait le maximum pour que cette fête villageoise reste inoubliable pour les visiteurs qu’ils soient locaux ou de passage. Tous ont fait le plein d’images, lesquelles sont désormais enregistrées dans les appareils photos. Jusqu’à l’année prochaine.

« Damvix en fête ! » Tous les ans, le dimanche proche du 15 août. Renseignements au tél. : 02.51.51.78.53.

Un grand merci pour leur accueil au président du Comité d’animation Alain Barrandon et à l’artiste peintre-vannier Jean-Claude Meunier (ancien élève des Beaux-Arts) .

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : Le 42ème Rallye du Marais du Canoë-Kayak Niortais en vidéo

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Chaque dernier week-end de juin, le Canoë-Kayak Niortais organise « la plus grande manifestation nocturne de canoë-kayak de France ». Une manifestation, reconnue par la Fédération Française de Canoë-Kayak, qui attire tous les ans, plus d’un millier de participants qui viennent de toute la France. Il s’agit d’un jeu de piste nocturne en canoë ou kayak dont le départ est donné de Coulon (79) à la nuit tombée . . .

L’équipe de Capt’Action79 a filmé tous les étages de cet événement, en vidéo HD, bien sûr ! Le montage est terminé. Voici le film après ces quelques images capturées au hasard des rushes. A l’insu du plein gré de notre monteur. C’est cadeau.

Images Gilles PETIT Capt’Action79

Vidéo, une réalisation Capt’Action79

Le podium des équipes qui ont remporté les trois premières places.
Le podium des équipes classées aux trois premières places du classement général.

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MARAIS POITEVIN : Le CSCM fête ses 30 ans . . . « et c’est pas fini »

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Une programmation éclectique ouverte à tous. C’est à partir de cette idée que l’équipe du Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) a organisé son trentième anniversaire. Rayonnant principalement sur les communes de Coulon (Deux-Sèvres) et sa voisine Magné, le CSCM a investi le site de La Repentie, pour trois jours de fête. Clin d’œil à cette structure, lieu de citoyenneté, d’échanges, de réflexions, d’épanouissement des initiatives . . .

Texte et photos Gilles PETIT

Le Centre Social et Culturel du Marais siège au bord de la Sèvre Niortaise à Coulon.

Né en juillet 1986 dans la continuité de la Maison Pour Tous de Coulon, association pluridisciplinaire, le Centre Social et Culturel du Marais a ouvert ses portes en 1987 à Coulon. Installé dans une maison ancienne reconstruite par la municipalité coulonnaise alors conduite par M. Maurice Moinard, le CSCM a développé sur sa zone d’influence (à l’époque, douze communes du Marais Mouillé) un ensemble d’actions qui l’ont fait connaître comme une véritable structure de développement social et culturel. Les locaux, les services permanents et les activités sont toujours ouverts à l’ensemble de la population du Marais, toutes générations confondues.

Les actions mises en œuvre concernaient déjà 232 usagers en 1987, 485 en 1988, 672 en 1989, 734 en 1990. Trente ans plus tard, le CSCM annonce près de 750 personnes adhérentes dont les trois quarts d’enfants et de jeunes. Entre 60 et 70 bénévoles s’investissent dans les activités, régulières ou saisonnières, de cette association qui compte, aujourd’hui, 14 salariés et 20 à 25 vacataires, pour un budget annuel de 620.000 €.

Le CSCM assure des missions d’intérêt général avec l’aide de nombreux partenaires : les communes (principalement Coulon et Magné), les Conseils départemental et régional, l’Etat et la Caisse d’Allocation Familiale, laquelle verse une prestation de service dans le cadre de la « fonction d’animation globale et coordination ».

En 30 ans, le CSCM a connu 8 présidents(es), de Nicole Sagory à Nicole Bernard, et 6 directeurs(trices), de Jacques Brenet à Marie-Noëlle Louis-Bonnin.

A sa création en 1987, le CSCM devait regrouper quinze communes mais son rayonnement étant étroitement lié aux choix municipaux, celui-ci n’était soutenu financièrement que par six communes : Amuré, Arçais, Coulon, Saint-Georges-de-Rex, Saint-Hilaire-la-Palud et Le-Vanneau – Irleau.

Outre son rôle de maison des associations, le CSCM est, également, un centre de services : secrétariat permanent (dactylographie, reprographie), action sociale (aide aux démarches administratives, relais d’information pour la garde d’enfants à domicile) . . .

En fin d’année 1998, le centre a accueilli l’adhésion de Bessines, une commune qui ouvrait ainsi à sa population et plus particulièrement aux enfants, les nombreuses activités permanentes et ponctuelles que propose l’association.

Lors de la dernière assemblée générale, en mai 2016, il a été précisé que « le secteur d’intervention des communes participantes demeure Magné et Coulon, celle de Sansais – La-Garette apportant aussi sa coopération ». Cependant au cours de cette réunion annuelle, le maire de Magné, M. Gérard Laborderie a fait remarquer : « Nous devons élargir à d’autres communes. Actuellement, nous ne sommes que deux financeurs, à raison de 100.000 € soit un peu plus du quart du budget.»

La grande fête était installée au lieu-dit La Repentie sur la commune de Magné (79).

Plusieurs associations ont participé à la fête en présentant leur(s) activité(s). En voici quelques unes, en photos prises au hasard des stands.

En plus des tables rondes proposées sous le grand chapiteau noir, Photo Gilles PETIT 4114dressé par la Cie aiRe de Cirque, ou dans la yourte, construite par la SCOP La Frênaie, les « 30 ans » offraient aussi des séries de spectacles et d’animations, diurne ou nocturne. Le tout gratuitement. La liste étant longue, voici, pêle-mêle, un échantillon des talents saisis sur les différentes scènes disséminées dans la végétation du Marais Mouillé.

 

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Le Chœur de Rohan

L'énorme libellule, œuvre collective d'une quarantaine de personnes, de tout âge et tout milieu, qui accueillait les visiteurs.
L’énorme libellule, œuvre collective d’une quarantaine de personnes, de tout âge et tout milieu, qui accueillait les visiteurs.

HISTOIRE : A Irleau (Deux-Sèvres), une stèle en l’honneur de neuf patriotes du « Groupe Marais »

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Samedi 28 mai 2016, la commune du Vanneau-Irleau (Marais Poitevin des Deux-Sèvres) et le Souvenir Français ont rendu hommage à neuf patriotes du Groupe Marais arrêtés par la police politique de Vichy le 23 mai 1944, dont trois furent surpris à la ferme du Deffend à Irleau ; les autres étant arrêtés à Damvix (Marais Poitevin de Vendée) et à Niort (Deux-Sèvres). Huit seront exécutés sur la Butte de Biard (Vienne), le 4 juillet 1944 ; leur hébergeur Honoré Cadet sera déporté en Allemagne à Neckargerach, où il mourra le 29 décembre 1944.

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Dressée à proximité de la ferme du Deffend (en arrière plan), la stèle rend hommage au Groupe Marais.

« En entrant en résistance, ils savaient qu’ils risquaient leur vie. Dans l’ombre, individuellement puis collectivement, ces femmes et ces hommes avaient à cœur de retrouver leur liberté. Les raisons de leur engagement furent multiples : refuser la défaite, chasser l’occupant, défendre les valeurs de la République. Leurs actes et comportements prirent des formes diverses s’adaptant à la radicalisation et à l’expression arbitraire de la répression imposée par l’occupant et le régime de Vichy ». Source : « Au nom de la Résistance » la Butte de Biard 1942-1944 – Hommage aux 128 fusillés, édité par l’association VRID Vienne Résistance Internement Déportation.

Pendant l’occupation, le Marais et sa configuration compliquée permet aux réfractaires du STO (Service du Travail Obligatoire) et aux jeunes du Parti communiste de se dissimuler. Ainsi, les sites de Coulon, d’Arçais, du Vanneau et d’Irleau sont alors des plaques tournantes. Un noyau de résistants «le Groupe Marais», qui n’est à aucun moment un maquis organisé, rassemble des jeunes dont le seul lien est l’appartenance à la même famille politique. Le climat va engendrer des dénonciations, il s’ensuit, une cascade d’arrestations aux terribles conséquences.

RESISTANCE
Camille DORE (archives documentaires)

RESISTANCE
Michel DORE (archives documentaires)

Ils s’appelaient : Honoré Cadet, Camille et Michel Doré, Jacques Jabouille, Raymond Giraudineau, Marcel Forestier, Paul Constant Mohimont, Léon Monéger, et Marcel Pouponneau. Ils ont été dénoncés à la Feldkommandantur de Poitiers, à la suite d’un sabotage sur la voie ferrée Niort-La Rochelle.

 

Souvenir Français 3986Honoré CADET était cultivateur à la ferme du Deffend. Il a hébergé, entre autres, les membres du Groupe Marais : Camille et Michel DORE sont nés le 9 juillet 1922 à Niort. Enfants de l’Assistance Publique et élevés à Coulon, ils sont requis au Service du Travail Obligatoire, qu’ils refusent en se cachant dans la ferme d’Irleau. Francs Tireurs Partisans tous les deux, ils sont arrêtés ensemble ; Marcel FORESTIER est né le 15 mai 1923. Il était électricien et résidait à St-Cloud (Seine) ; Raymond GIRAUDINEAU est né le 29 mai 1924. Il était ouvrier, domicilié à Bondy (Seine) ; Jacques JABOUILLE  est né le 22 juillet 1920. Marié, il était ajusteur, domicilié à Rochefort (Charente-Maritime). Responsable du Front National (mouvement de résistance créé par le Parti communiste), Jacques Jabouille avait été interné en juin 1942 au camp de Rouillé (Vienne), puis au camp de Migné (Vienne) d’où il s’évade le 29 septembre 1943 ; Paul Constant MOHIMONT est né le 1er juin 1923 à Bosseval (Ardennes). Ce cantonnier était entré dans le maquis en Vendée ; Léon MONEGER est né le 1er mars 1923. Photographe, il travaillait en région parisienne ; Marcel POUPONNEAU est né le 11 janvier 1918. Il était cultivateur à Yves (Charente Maritime).

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En présence des sections maraîchines d’anciens combattants, d’amis, de sympathisants et de membres des familles des héros honorés, la cérémonie a été organisée par le Souvenir Français et la municipalité locale, sur une proposition d’un ancien Irleaudais Jean-Michel Caquineau (2ème à droite)

Ezilda BARREAUNous avons aussi une pensée pour Ezilda BARREAU. Née à Cerzeau (Deux-Sèvres) en 1893, elle vend sa maison pour rejoindre son fils unique, Eugène, instituteur à Irleau. Tout premiers résistants communistes de cette région, ils s’engagent ensemble dès 1941 dans l’Organisation Spéciale, puis appartiennent aux Francs-Tireurs et Partisans, actifs dans le Marais Poitevin. Ezilda Barreau héberge de nombreux clandestins dont Rol Tanguy, assure les liaisons entre le «Groupe Marais» et les Francs-Tireurs et Partisans, distribue des tracts et transporte des armes. Arrêtée le 26 mai 1944 à Azay-le-Brûlé (Deux-Sèvres) où elle s’était repliée au début du mois après que son fils soit entré dans la clandestinité, elle meurt à la prison de la Pierre Levée à Poitiers le 1er juin 1944 suite aux supplices infligés. Madame Barreau est la seule femme inhumée au Carré Militaire du Cimetière des Sablières de NIORT.

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Gérée par Honoré Cadet, la ferme du Deffend a hébergé de nombreux réfractaires au STO, ainsi que des communistes et autres personnes persécutées par la police politique de Vichy.

 

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : des bovins « mis à l’herbe » par bateau pour entretenir les îles du Marais mouillé

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Dans le marais de La Garette (Deux-Sèvres) au cœur des Marais mouillés du Marais Poitevin, un site appelé « Venise Verte« , les vaches (surtout de race maraîchine) regardent passer . . . les touristes, qui flânent en barque durant la saison estivale.  Installées sur des parcelles inaccessibles par voie de terre, elles sont « mises à l’herbe » jusqu’à l’automne. Pourquoi ? Comment ?

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La Maraîchine est élevée dans les marais atlantiques et leurs régions bordières et participe ainsi au maintien des prairies de marais, support de la biodiversité des zones humides. Vache rustique et à croissance lente, elle possède les aptitudes d’un animal de type mixte adapté à un milieu difficile et à des conditions d’élevage extensif.

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Avec ses yeux maquillés et sa robe brun orangé, la vache maraîchine cadre bien dans le Marais poitevin.

« La Maraîchine est une bonne mangeuse d’herbe qui se complait sur les prairies humides des marais de Vendée, de Charente Maritime et des Deux-Sèvres. Elle a gardé toute sa rusticité, sa fécondité, ses facilités de vêlage. Elle a une grande productivité numérique. Moins précoce en croissance que les races à viande spécialisées, elle excelle dans la production de veaux blancs ou rosés élevés sous la mère et dans la production de bœufs de 3 ans et demi à 4 ans, élevés à l’herbe. »

 

 

Cette année, six exploitations, membres de l’Association des Éleveurs par bateau de la Venise Verte, déplacent près de 150 animaux vers les marais inaccessibles par voie de terre situés entre les villages de Coulon, Magné et La Garette. Pour ce faire, les éleveurs disposent du chaland-bétaillère appartenant au Parc naturel régional du Marais poitevin. Les vaches et les bœufs vont pâturer jusqu’à l’automne, sur 120 Ha de prairies naturelles.

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Afin de faire « tourner » l’entretien des parcelles, durant la saison, sept éleveurs utiliseront ce chaland, à cinq portes-passerelles, pour permettre aux troupeaux de franchir aisément les « conches ». Ainsi, en l’absence de ponceau, le bateau est positionné en passerelle, en long ou en large, au travers du cours d’eau.


Grâce à l’action combinée du Parc naturel régional du Marais poitevin et de l’Association des Éleveurs par bateau de la Venise Verte, les parcelles concernées par la déprise agricole depuis les années 1970 dans le marais, retrouvent une activité pérenne. Fruit de 15 ans de travaux et de collaboration avec les éleveurs, l’agriculture renaît dans les îles de La Garette.

« Étendu sur environ 300 hectares au cœur de la Venise Verte, le marais de La Garette se situe à cheval sur les communes de Sansais-La Garette et Magné. Cette zone humide bocagère bordée, au nord-ouest, par la Sèvre Niortaise est constituée d’un fort maillage hydraulique, constitué de canaux étroits, et de petites parcelles de prairies avec alignements de frênes, taillés en têtard, et de peupliers. Elle est intégrée au site Natura 2000 Marais Poitevin, pour sa valeur écologique. Ses intérêts paysager et scientifique ont également justifié en 1981 son classement en site classé selon la loi du 2 mai 1930. »

 

 

On dit que la mise à l’herbe est une tradition ancestrale. C’est vrai et faux à la fois. En effet, seules les fermes du marais déjà inaccessibles par voie de terre déplaçaient leurs cheptels en « barque à vaches » dans un espace limité autour de leurs installations. Ces grands bateaux servaient aussi de simples passerelles entre prairies. En revanche, beaucoup de fermiers utilisaient ce moyen de transport pour se rendre plus aisément aux marchés aux bestiaux des communes environnantes ou rejoindre les camions pour des déplacements plus lointains. A cette époque, la grande majorité des parcelles du Marais mouillé étaient, soit cultivées, soit fauchées par les éleveurs, lesquels ramenaient leurs productions, le foin et l’herbe à la ferme en bateau.

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Avant l’embarquement, les bovins doivent passer dans un « travail » pour les peser, puis traités avec un produit contre mouches et tiques. Cette année, le public n’a pas assisté à ces étapes indispensables car elles ont été menées préalablement à cette animation publique.

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L’entretien des marais inaccessibles par voie de terre est le fruit d’une étroite collaboration entre collectivités, institutions et associations.

Gilles PETIT

Sources : Parc Naturel Régional du Marais Poitevin; Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes; Association des Éleveurs par bateau de la Venise Verte; CIVAM SUD 79 Marais mouillé.

 

Bonus:

Le reportage de France 3 Poitou-Charentes.

MISE A JOUR 29/5/2016:

http://www.wat.tv/embedframe/157116chuPP3r13001332

Reportage de TF1 sur le Marais Poitevin à partir de la 15ème minute.