Communauté d’agglomération du Niortais

SAINT-GEORGES-DE-REX (79) : Un four à pain participatif

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« En 2015, la commune de Saint-Georges-de-Rex a acheté un terrain de 500 m² contenant un ancien four à pain avec sa remise, un balet et un verger. Tout était enfoui sous le lierre, les épines. . .  Tout était à l’abandon ! » informe son maire Alain Liaigre. Un chantier participatif plus tard, le premier objectif est atteint : la remise en chauffe du four à pain.

« Aujourd’hui, la journée des Rexois consiste à essayer de voir si le four à pain fonctionne » s’inquiétait M. Denis Bigot, un ancien boulanger venu donner la main.

« On a tout nettoyé ! » On, c’est une équipe. C’est un chantier participatif mis en place par la municipalité, laquelle avait invité les Rexois à adhérer au projet. Dès avril 2016, une quinzaine de bénévoles se sont ainsi retrouvés un samedi sur deux pour travailler entre huit et treize heures.

« Nous avons demandé l’aide de la Région, à l’époque la région Poitou-Charentes, dans le cadre de la trame verte – trame bleue et on a obtenu une subvention, » remercie le maire. Dans un premier temps, cette aide a permis la création d’un verger communal, planté en novembre 2016. Ensuite, l’équipe s’est attaquée au bâti, à savoir « essayer de sauvegarder le four à pain dont la cheminée tombait à l’extérieur. » Par contre, la voute était « apparemment correcte. »

Située rue du Pigeonnier à Saint-Georges-de-Rex, cette remise héberge un four à pain et une ponne à bugeaille.

Progressivement, les bénévoles ont refait la toiture du four-remise, posé la porte, reconstitué la cheminée. Entre temps, ils ont lancé une vaste récupération de matériaux directement sur les chantiers du village. Deux palettes de tuiles traditionnelles viennent de l’ancienne poste et épicerie de St Georges que la municipalité a rachetées. Les pierres viennent de l’ancienne propriété de la famille locale Cardin.

« Qui nous aide ? Pour les vergers, dans un premier temps, nous avons été accompagnés par un de nos employés communaux ; pour les bâtiments, nous collectons des renseignements. Des gens viennent nous conseiller dont deux artisans Michel Boisseau et Denis Quertain, un menuisier -charpentier du village, au niveau du bois. »

Pour tester la bonne chauffe dans la tradition, le boulanger a fait cuire le fameux « préfou » (au premier plan), ces petits pains-maison garnis d’ail et de beurre, offerts à toutes les personnes présentes à cet événement.

Le four est terminé et il fonctionne depuis ce samedi 29 septembre 2018. Maintenant, il s’agit d’achever la remise en installant trois conceptions de toitures différentes : une à base de roseaux, une en volige classique et une troisième à la charentaise où « les tuiles tige-de-botte sont guidées par des chevrons parallèles à la pente. »

Ensuite, ce sera le tour du balet. Le gros œuvre de ce chantier participatif. Toute la toiture est à refaire, les murs sont à reprendre en pierre à partir de mi-hauteur. « Nous aurons probablement besoin de l’aide de professionnels. »

Une vigne sera plantée dans le verger situé à l’arrière du balet (à droite).

Le projet final : la création d’un espace ouvert dont les portes ne seront pas verrouillées afin que « les gens puissent venir visiter la remise-four à pain laquelle héberge une ponne à bugeaille avec sa poëlonne qui servaient au lavage commun des draps. » Dans une exposition permanente, des panneaux d’information détailleront l’usage d’anciens outils de l’agriculture, plutôt liés aux céréales, dont des couteaux à foin, un ciseau pour couper les roseaux, des moulins à venter, une baratte à beurre manuelle, une vieille charrue, des pelles à pain. Une aire de pique-nique à l’extérieur et une table sous le balet, complèteront l’équipement d’accueil. Sur les murs de ce balet, il y aura aussi des outils anciens accrochés. Et un troisième projet est cher au cœur des Rexois : planter de la vigne le long du verger, car Saint-Georges-de-Rex a un important passé viticole.

« Nous souhaitons, » conclut M. Liaigre, « que ce site soit intégré dans le parcours des lavoirs, le parcours de notre patrimoine communal, qui passe déjà par ici, par le pigeonnier. C’est un enrichissement permanent de notre patrimoine qu’on doit maintenir afin que Saint-Georges-de-Rex soit un centre d’intérêt dans le Marais Poitevin. »

Selon le Rexois Christian Tricot (89 printemps) : « on faisait sécher des poires, des prunes … Le four servait surtout pour les fruits, je ne l’ai pas vu cuire du pain. Il ne servait pas beaucoup. La ponne à bugeaille, elle, fonctionnait davantage ! »

Après la cuisson du préfou, chacun et chacune a pu apporter son ou ses plats (pâtés en croûte, volailles, tartes et tomates farcies. . . pizzas) pour les faire cuire gratuitement dans le four et les déguster sur place sur une grande table commune dans une ambiance festive.

Gilles PETIT

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MAGNE (79) : Histoire(s) d’un four à pain restauré

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« Il fonctionne notre four à pain tout juste rénové et déjà en service, » semble s’étonner le maire de Magné Gérard Laborderie. « C’est pas une rénovation de façade pour faire beau. Il est vraiment opérationnel. Ce four appartient au petit patrimoine communal. » Voici la grande histoire d’un petit patrimoine magnésien inauguré le dimanche 16 septembre 2018 dans le cadre des Journées du patrimoine.

Roger Bodet

« C’était en friche, il y avait des lierres partout. Il a fallu débroussailler, trier et retailler certaines pierres. L’arrière du four était complètement écroulé, il restait juste la partie cheminée. J’ai refait l’intérieur du four. Il n’y avait plus de portes, j’ai refait la porte ; il n’y avait plus de toit, j’ai refait une pente. En fait, j’ai tout refait ! » résume ainsi M. Roger Bodet au sujet de la restauration du four à pain de la rue du Port Musqué à Magné (Deux-Sèvres).

Jean-Louis Brouard

Ce four a une histoire liée aux familles Riffault puis Brouard. Jean-Louis Brouard, l’un des quatre enfants, nés de l’union de Louis Brouard avec Lucienne Riffault, retrace la genèse du four : « Si vous me demandez la date de construction du four, je serais très embêté. Par contre, je peux vous dire précisément la date à laquelle il n’existait pas. C’est 1833, parce que sur le cadastre napoléonien de 1833, il n’était pas là. Donc on peut supposer qu’il était du courant du XIXè siècle. Il a fonctionné jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Après, les fermes se sont équipées en cuisinières à bois, avec des fours. Puis, on a vu des boulangeries apparaître dans les villages. Les fours de ferme comme celui-ci ont été petit à petit laissés à l’abandon.  Nous sommes ici dans le quartier des Riffault. Riffault était un patronyme très fréquent dans le Marais. Par exemple dans ce quartier, on avait Alexandre Riffault avec Denise. La maison attenante au four, c’était chez Roger Riffault. En face de cette dernière, la maison des frères Riffault André et Léon, célibataires tous les deux. » Le four à pain est rattaché à la maison située juste de l’autre côté de l’étroite rue du Port Musqué. Une grande demeure appartenant alors à Edmond et Angélina Riffault, lesquels ont eu une fille Lucienne, et donc quatre petits-enfants. « Jacqueline, l’aînée, est la dernière propriétaire du four avant de le céder à la commune ! »

Trois des quatre enfants Brouard étaient présents à l’inauguration : Martine, Jean-Louis et Jacqueline (de g. à d.)

Son « petit » frère se souvient : « C’était un four assez astucieux à l’époque. En fait, il était composé différemment. On avait à l’arrière un toit à cochon. Au-dessus du four, c’était l’aire de jeux des enfants. On y était au chaud, on était bien, à l’abri. On a passé des heures et des heures au-dessus du four. Le four était fermé devant, c’était la salle d’eau. Notre grand-mère faisait chauffer l’eau dans un chaudron sur la cheminée, puis la versait dans une grande baille et on prenait nos bains. Je pense que nous avons à l’ouest de Niort, le four multifonctions le plus ancien. »

M. Gérard Laborderie a ouvert une autre page d’histoire, municipale celle-là : « A partir de 2008, la municipalité, conduite par M. René Potiron qui voyant que ce four commençait à tomber en ruine sérieusement, a décidé de l’acquérir. Les choses en sont restées là. En 2014, on avait mis dans notre programme la rénovation du four. Il s’est trouvé qu’un Magnésien, M. Louis Dazelle a fait don à la commune d’un terrain qu’il possédait à l’arrière du four. En compensation, il demandait à la commune la rénovation du four à pain. Le conseil municipal est parti sur cet engagement. Il fallait rénover ce four et il fallait trouver quelqu’un capable de le faire ! »

Gérard Laborderie, maire de Magné : « C’est un engagement qui va bien au delà de ce que l’on pourrait attendre d’un conseiller municipal. Roger Bodet mérite la médaille d’honneur communale. »

Stupéfaction, dans l’équipe municipale, un certain Roger Bodet, retraité de l’administration, a déclaré : « Moi le four, je le rénove ! » Le conseiller est passionné par la pierre, s’intéresse aux fours à pain et . . . possède des compétences en compagnonnage platrier-carreleur . M. Laborderie insiste : « Roger a fait ce travail entièrement bénévolement. La commune n’a payé que les matériaux avec l’argent de la revente du terrain que nous avait donné M. Dazelle, dont la commune n’avait pas l’utilité. Il s’est trouvé qu’il intéressait les trois riverains qui habitaient autour. »

 

 

 

 

 

« Tout seul, ce n’était guère évident, » poursuit le maire de Magné. « On a créé une association pour porter le projet. Elle s’appelle : Les amis du four à pain et la sauvegarde du petit patrimoine. Présidée par Roger, la structure s’est donnée pour mission : la rénovation du petit patrimoine local. »

Roger Bodet a officiellement inauguré le nouveau Four à pain de la rue du Port Musqué à Magné, en présence du député Guillaume Chiche (à gauche), du maire avec une partie de son conseil municipal, des enfants Brouard et d’Elisabeth Maillard, vice -présidente chargée de la culture à la Communauté d’agglomération du Niortais.

Placé tout près des barbecues préparant le grand repas commun d’inauguration (près de 200 convives inscrits), le député des Deux-Sèvres Guillaume Chiche a ainsi débuté son allocution : « On a l’habitude de dire que les politiques ont parfois tendance à enfumer les gens avec des grands discours, là je peux vous dire que j’ai mon compte. » Il a quand même pu ajouter : « Le petit patrimoine, en réalité il est immense, parce que ce patrimoine commun, c’est celui de ceux qui n’en ont pas, ceux qui n’ont rien, qui habitent dans une commune. Ils peuvent se reposer uniquement sur ce petit patrimoine parce qu’il est partagé. Et donc, son entretien, sa sauvegarde, son développement demandent l’engagement de particuliers, d’artisans, d’élus. . .  Il vous réunit autour de valeurs, autour d’un outil. La symbolique est très très forte autour d’un four à pain parce que quoi de plus noble que le pain, la valeur du partage, la valeur du travail et la valeur de la patience. »

La conseillère départementale du secteur Dominique Pougnard pense que « C’est l’essence même de la vie d’un village de pouvoir réhabiliter ce patrimoine là. Pour moi, c’est un patrimoine double : bâti et culinaire. Un patrimoine gastronomique qui ravive la mémoire du pain, et restitue la mémoire du savoir-faire. »

 

A l’arrière, dans un espace réduit, il a réussi à construire un plan de travail, aménager une chambre de « pousse » où on fait lever la pâte, avec des rayonnages…

Maintenant, sous l’égide de l’association, M. Roger Bodet anime des activités autour du pain. Il accueille ainsi des apprentis, des stagiaires. . . « Son prétexte au début, c’était qu’il fallait chauffer le four pour qu’il puisse monter en température progressivement, » soupçonne le maire. « Je pense que ça fait longtemps qu’il est monté en température et qu’il est sec. »

Gilles PETIT

 

 

 

« Zone de rencontre » à Coulon (Deux-Sèvres) : un PAVE dans le Marais

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Le bourg de Coulon est entièrement transformé en « Zone de rencontre ». Sachant qu’un village est, par définition, un lieu de rencontre, « Bé ! qu’est o qu’o l’est ? » se demandent des Coulonnais qui ont remarqué la présence de nouveaux panneaux carrés de couleur bleue. Pour une fois, il ne s’agit pas d’interdire, mais d’autoriser. Les élus municipaux lancent ainsi un PAVE dans le Marais.

C’est un euphémisme de dire que le village de Coulon est une zone de rencontre. En particulier en pleine saison estivale.

Ils se nomment B52 (entrée) et B53 (sortie) ; ils sont postés à l’amorce de chaque voie d’entrée vers le centre de Coulon ; ils ont une forme qui tranche parmi les ronds rouges ; ils sont rigolos avec leurs pictogrammes disposés en perspective photographique ; le bleu leur sied bien dans la verdure maraîchine ; ils n’interdisent rien, mais délivrent deux stupéfiantes autorisations ; valant au minimum 136,44 € TTC pièce (tarif fabricant), leur pose a coûté dans les 200 € l’unité avec les poteaux et leurs accessoires, sans compter la main d’œuvre et le temps d’installation par les employés communaux ; ils sont nés, dès 1988, d’un concept créé aux Pays-Bas, puis étendu à la Belgique, la Suisse, la France (2008) et l’Autriche (2013) ; ils font partie du « code de la rue » lancé en 2006 par le ministre français des transports ; en 2007, le Grenelle Environnement en a recommandé une généralisation en France ; ce sont les panneaux routiers « Zone de circulation apaisée » qui « affectent une zone à la circulation de tous les usagers » sous le nom de « Zone de rencontre ».



Voici la définition d’une « Zone de rencontre », telle que définie par le Décret 2008-754 du 30/07/2008, et les articles du Code de la Route R.110-2 et R.431-9, ce dernier modifié par le décret n°2015-808 du 2 juillet 2015 – article 13 :

« Une « zone de rencontre », en droit, est une zone particulière de circulation en agglomération. Cette notion a été introduite dans le code de la route en juillet 2008. Elle complète deux autres dispositifs juridiques existants, « l’aire piétonne » et la « zone 30 ». Cependant, aucun de ces deux outils ne comportait une totale mixité entre tous les usagers sur une partie de la voirie urbaine : piétons, cyclistes, usagers motorisés, transports en commun… Avec les « zones de rencontres », au contraire, on cherche à faire cohabiter de manière apaisée dans un même espace les piétons et les véhicules.

« Au sein de ces zones :
♦ les piétons peuvent circuler sur la chaussée sans y stationner ;
les piétons ont la priorité sur les véhicules, à l’exception du tramway ;
tous les véhicules peuvent y circuler (voiture, vélo, bus…), mais ceux motorisés ne peuvent pas excéder une vitesse de 20 km/h.
La « zone de rencontre » correspond ainsi à des espaces publics où l’on souhaite favoriser les activités urbaines et la mixité des usages sans pour autant s’affranchir du trafic motorisé : rues résidentielles, quartiers historiques, places, sorties d’écoles, rues commerçantes, etc. Plus ou moins étendue, ses dimensions doivent rester toutefois compatibles avec une vitesse limite très basse pour les véhicules et une attention soutenue des conducteurs du fait de la priorité piétonne.
Une « zone de rencontre » est créée par un arrêté local de l’autorité détentrice du pouvoir de police de la circulation (généralement le maire en agglomération). Un second arrêté rend applicables les règles particulières de circulation sur la base de l’aménagement cohérent des zones et la mise en place de la signalisation correspondante.
Les entrées et sorties de cette zone doivent être annoncées par une signalisation. »
Dans cette rue d’entrée principale de Coulon, on imagine mal un piéton marchant sur la chaussée en toute sécurité.

A Coulon, les piétons peuvent donc désormais s’affranchir des trottoirs et marcher où ils veulent. L’autre stupéfiante autorisation, c’est la généralisation des doubles-sens cyclables. Les panneaux B52 et B53 ne portent aucune mention qui informe les usagers qu’ils peuvent rencontrer un cycliste à contre sens d’une voie à sens unique. Les Coulonnais vivent ce risque depuis des années, en toutes saisons. Et ça ne va pas s’arranger avec l’aménagement récent d’une piste cyclable recouvrant le chemin de halage sur la rive droite de la Sèvre Niortaise, et avec la diffusion de l’information du double-sens cyclable.

Selon l’étude réalisée par les avocats au Barreau de Nantes, Jérôme Maudet et Louis-Marie Le Rouzic :

« Au-delà de ce nouveau positionnement des conducteurs de cycle sur la chaussée, le code de la route a été modifié pour généraliser le « double sens cycliste », c’est-à-dire une voie où la circulation est possible dans les deux sens mais dont une voie est impérativement et exclusivement réservée aux cyclistes.

Sur la rive droite de la Sèvre Niortaise, cette section privée du halage ne devrait pas être réglementée, sauf autorisation des propriétaires. Par ailleurs, les panneaux ne sont pas placés sur le côté droit de cette voie.

L’introduction de ce double sens par le décret n°2008-754 du 30 juillet 2008 portant diverses dispositions de sécurité routière répondait à une exigence des cyclistes selon laquelle leur situation n’était pas suffisamment prise en compte et les obligeait à des comportements contraires à la réglementation.

Selon le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, « les cyclistes font rarement les détours engendrés par la présence de voirie à sens unique, soit parce que l’itinéraire proposé est plus long, soit parce qu’il est ressenti comme plus dangereux ». Il s’agit donc de « prévenir ces comportements, non par la répression mais par une signalisation, et là où c’est nécessaire, par un aménagement adapté ».

(…) « Les conducteurs de cycles peuvent circuler sur les aires piétonnes [dont les zones de rencontre] dans les deux sens, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police, à la condition de conserver l’allure du pas et de ne pas occasionner de gêne aux piétons ».

Une zone de rencontre à Coulon : un PAVE opportun

La Loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » place les collectivités au cœur de la prise en compte de tous les handicaps, de la continuité de la chaîne de déplacements et de la concertation sur le territoire communal. Une étude devait être menée au titre de la politique publique prioritaire de l’accessibilité « de tous à tout ». La loi préconise la réalisation de diagnostic et de Plans de mise en Accessibilité de la Voirie et des Espaces publics (PAVE).

Le 16 mai 2013, le conseil municipal de Coulon avait accepté d’adhérer au groupement de commande constitué par les communes d’Amuré, Arçais, Le Vanneau-Irleau, Saint-Georges-de-Rex, Saint-Hilaire-la-Palud et Vallans, pour le recrutement d’un bureau d’études chargé de la réalisation du PAVE sur chacune des communes concernées. Une consultation a donc eu lieu et la commission d’appel d’offre, présidée par monsieur Robert Gousseau, maire du Vanneau-Irleau, avait retenu la proposition du cabinet AGORACITE, basé à Lormont en Gironde, pour un coût de 35 785,00 € HT dont 6 250,00 € HT pour la seule commune de Coulon.

Suite au diagnostic d’AGORACITE, établi au printemps 2014, un périmètre a été défini, recensant les voies à intégrer dans ce PAVE. Il s’agit essentiellement des rues du centre-bourg de Coulon avec des extensions sur certains secteurs urbanisés de la commune : à savoir la route des Bords de Sèvre (de Préplot au Marais Gonds), La Sotterie, route de Benet par Glandes, Le Mazureau, Le Grand Coin, le Village de Lessert, la Gare, Roche Neuve et Roche Avane. Mais il restait à déterminer les priorités d’actions et à définir un calendrier de réalisation des travaux de mise en conformité.

En octobre 2014, le cabinet d’études a fixé trois priorités d’action :

– le centre-bourg et la place Gilbert-Tessont (hors RD1 et RD123) où serait créée une zone de rencontre avec une limitation de vitesse à 20 km/h. Les cyclistes et les piétons seraient  prioritaires. [Les élus ignoraient alors l’existence du double-sens cycliste.] Cette solution, jugée la moins onéreuse et la mieux adaptée à la configuration du cœur de bourg, avec ses venelles et ses rues étroites, éviterait des travaux importants de mises aux normes (largeur de trottoirs . . .). Le coût était estimé à près de 200 000 € ;

– la Route Départementale n°1 (de La Repentie à l’entrée du stade municipal) et la RD123 (des feux tricolores à Préplot) supporteraient des travaux importants de réfection des trottoirs, de création de passages piétons ainsi que la redéfinition des conditions de stationnement. L’estimation prévisionnelle était d’environ 300 000 € ;

– les écarts où tout reste à faire puisque rien ne répond aux normes en vigueur. Une somme de près de 1 million d’euros est à prévoir mais à longue échéance (15 à 20 ans).

Quelques  B52 et B53 avaient déjà été posés par-ci par-là voici quelque temps sans que personne ne les remarque. La zone de rencontre coulonnaise est effective depuis le 1er mai 2018. Les panneaux ont fleuri sans aucun aménagement particulier dans le centre-bourg. Pourtant, quoique non obligatoire à l’échelle du village maraîchin, il est recommandé, entre autres, de « prévoir des aménagements provisoires à adapter aux réalités locales avant de réaliser des aménagements définitifs », et pour les double-sens cyclables « privilégier au sol les pictogrammes plutôt qu’une voie dédiée donnant la fausse impression d’une priorité des cyclistes sur les piétons » et y mettre en place une signalisation spécifique pour chaque tronçon de rue.

De plus, la loi de 2005 sur le handicap préconise « le respect des cheminements sécurisés pour les personnes handicapées » (décret n°2008-754 du 30 juillet 2008 portant diverses dispositions de sécurité routière). Des aménagements doivent être réalisés pour permettre les déplacements des personnes à mobilité réduite, comme par exemple les personnes malvoyantes afin que tous les piétons puissent profiter des avantages d’une zone de rencontre.

Le stationnement ne doit pas être organisé en files latérales dont l’effet est de séparer trottoirs et chaussée et de mettre en confiance les conducteurs rapides.

Ce « stop » devra disparaître car placé en zone de rencontre. On notera une originalité : un ralentisseur de vitesse côtoyant la bande blanche du stop.

Dans une zone de rencontre, il n’y a plus de passage piéton, ni de feu de signalisation ; le « stop » privilégie la priorité à droite, le mini giratoire ou le giratoire compact, combinés, éventuellement, avec des rampants pour éviter les reprises de vitesse. Par ailleurs, il convient de mettre en place une signalisation minimale (par exemple : pas ou peu de panneaux type « zone bleue », ainsi que de réglementation de stationnement, et de matérialisation de cases de stationnement . . .). Le stationnement est autorisé uniquement sur les emplacements aménagés et tout stationnement autorisé doit être identifié.

Dans cet espace, il n’est pas possible ou souhaité d’interdire la circulation des véhicules. La présence potentielle des véhicules motorisés demeure car il n’y a pas de sélection quant à leur accès dans une zone de rencontre.
Dans ces deux venelles, les piétons ont une grande liberté, …
… pas de voiture possible et des vélos qui ne peuvent pas rouler vite.

La vitesse des véhicules est limitée à 20 km/h. C’est une vitesse qui permet la convivialité, la civilité et la courtoisie. Le conducteur du véhicule a ainsi un champ de vision élargi qui lui permet d’entrer en contact avec les autres usagers. Cette vitesse est celle à partir de laquelle le contrôle radar est possible avec les techniques disponibles aujourd’hui. Elle correspond aussi à la première graduation sur le compteur d’une automobile récente. Cette vitesse faible permet un arrêt du véhicule sur une courte distance évitant un certain nombre d’accidents. En cas de choc, elle entraîne des conséquences moindres pour les victimes.

Par ailleurs, un bilan d’expérience expose, notamment, qu’il pourrait être tentant de profiter de l’espace public dégagé de la circulation motorisée pour multiplier les autorisations d’occupation de cet espace notamment pour les commerces (terrasses de café, étalages, panneaux publicitaires, . . .).

A ce jour , aucune évaluation ne permet de dire si ces nouvelles zones ont eu un effet positif sur la sécurité des usagers. (La sécurité routière de A à Z)

Gilles PETIT

MAGNE (79) : Remise des prix en vidéo du 30ème Festival international de peinture

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Le Festival International de Peinture de Magné (79 FRANCE), ouvert à tous, est un des premiers rendez-vous de peintres en France. Ce festival est organisé par Magné Animation, association culturelle soutenue par les Salons Nationaux que sont la Société des Artistes Français et le Salon Violet, ainsi que par des journaux spécialisés tel que Univers des Arts, et de nombreux autres partenaires fidèles. Pendant deux jours, les peintres participants doivent réaliser une œuvre exclusivement sur le territoire de la commune.

La manifestation a fêté sa 30ème édition les 21 et 22 juillet 2018, voici le palmarès et le film vidéo de la remise des prix au lien YouTube suivant : https://youtu.be/9GqYMywFmLQ

 

30ème Festival international de Peinture de Magné : Palmarès 2018

Grand Prix du Festival – Commune de Magné DOUDA Fabrice 86100 Châtellerault

1er Prix du Public – Prix Jean Thébault PETIT Sylviane 16460 Aunac

1er Prix Huile et Acrylique – Prix Placoplâtre JIPE 72200 La Flèche

1er Prix Pastel – Prix Carrefour VALLENET Annick 86400 Blanzay

1er Prix Techniques Mixtes – Prix Super U Magné POUILLAULT Nathalie 85600 Montaigu

1er Prix Aquarelle – Prix BFM RAUSA Robert Victor 01480 Jassans Riottier

1er Prix Dessin – Prix Univers des Arts JANDARD Tony 79410 Saint Rémy

Prix Poujoulat BELAIR Yvan 86000 Poitiers

Prix Groupe Thébault FREMY Dominique 85170 Dompierre sur Yon

Prix Restaurant La Belle Etoile OLIVIER Isabelle 79400 Saint Maixent L’Ecole

Prix Embarcadère Cardinaud LOUIS Hervé 79000 Niort

Prix Audis – Coup de Cœur du Festival BARJOLLE Claire 33000 Bordeaux

2ème Prix Huile et Acrylique – Prix Isover SAAKYAN Armen 44000 Nantes

2ème Prix Techniques Mixtes – Prix Crédit Mutuel PRINCE Régis 33620 Laruscade

2ème Prix Pastel – Prix Crédit Agricole RIBARDIERE Marie-Noëlle 86800 Pouillé

2ème Prix Aquarelle – Prix Groupama ROUNDHILL Michael Angleterre

2ème Prix Dessin – Prix Magné Animation LE DEROFF Michel 29000 Quimper

Prix Groupe Y Nexia ACHARD Joël 17100 Saintes

Prix Grafic Encadrement MAILLOCHON Dominique 95100 Argenteuil

Prix Best Western Niort PARDON Kim 16200 Jarnac

Prix L’ambassade du Vin BARJOLLE Viviane 44120 Vertou

Prix Terrasson et Fils ASSELINEAU Lionel 23210 Mourioux Vieilleville

Prix Graphic QUINOT-LEVET Anne Marie 56890 Saint Avé

Prix Piejac Maingret LE BORGNE Alexis 22190 Pelrin

Prix Axa AVRIL Christophe 76000 Rouen

Prix Mutuelle de Poitiers PFLEGER Olivier 47800 Miramont de Guyenne

3ème Prix Huile et Acrylique – Prix Marais Poitevin Immobilier DAUGA Jean-Jacques 33160 Saint Médar en Jalles

3ème Prix Techniques Mixtes – Prix CIC Ouest MEMETEAU Christian 44400 Rézé

3ème Prix Pastel – Prix Rouvreau Recyclage DAVID Nadia 86280 Saint Benoît

3ème Prix Aquarelle – Prix Pix Newloc PERET Patrick 12140 Florentin La Capelle

1er Prix Juniors de moins de 15 ans – Prix Desvignes Pralines BELLOT Paul 79210 Prin Deyrancon

2ème Prix Juniors de moins de 15 ans AVRIL Maxence 76000 Rouen

3ème Prix Juniors de moins de 15 ans RODRIGUEZ Mathis 47600 Nerac

4ème Prix Juniors de moins de 15 ans SIMMONET Léonie 79000 Niort

1er Prix Juniors de moins de 10 ans MAQUERLOT Aurélie 94350 Villiers sur Marne

2ème Prix Juniors de moins de 10 ans ETIENNE Roxane 44800 Saint Herblain

3ème Prix Juniors de moins de 10 ans MENARD Hugo 79400 Saint Maixent L’Ecole

4ème Prix Juniors de moins de 10 ans AVRIL Maëline 76000 Rouen

 

MARAIS POITEVIN des Deux-Sèvres : une manifestation au chevet du pont d’Irleau

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Un tablier de pont qui s’affaisse, les activités économiques et touristiques de la Venise Verte s’effondrent. Entre le « pont de la discorde » et le « Pont des Révérences », les Maraîchins ont choisi une manifestation historique, samedi 23 juin 2018. La conciliation doit succéder à la colère. A l’issue d’importants travaux, programmables en fin d’année 2018, le pont d’Irleau devrait retrouver « la situation qui existait avant. »

Enjambant la Sèvre Niortaise sur trente mètres, entre les communes du Vanneau-Irleau et de Coulon, le pont d’Irleau est actuellement limité à 3,5 tonnes et réduit à deux mètres de large.

Parallèlement à une passerelle métallique type Eiffel, encore récente en 1929, le « Pont des Révérences » d’Irleau, construit en béton armé [voir sa genèse et l’origine de ce nom dans le livre « Marais Poitevin : les rives du passé » de Jean-Claude Coursaud et Daniel Mar, aux éditions du Marmot], est inauguré en juin 1931 après deux années de travaux.

Aujourd’hui, le tablier de ce pont, lequel franchit le fleuve La Sèvre Niortaise à cheval sur les communes deux-sévriennes du Vanneau-Irleau et Coulon, donne des signes de faiblesse. Son utilisation est désormais limitée aux véhicules jusqu’à 3,5 tonnes ou deux mètres de large. Habitants, agriculteurs, élus locaux, acteurs du tourisme. . . dénoncent la position du Conseil départemental des Deux-Sèvres, propriétaire de l’ouvrage.

M. Gilbert Favreau (à gauche) président du CD79 en compagnie de M.Robert Gousseau (au micro) maire de la commune du Vanneau-Irleau.

Présent sur le site, le président du Conseil départemental 79 Gilbert Favreau a tenté d’expliquer les décisions prises : « En 1998, les services du département ont décidé de le fermer après une étude, puis de le limiter à 12,5 tonnes. Les usagers ont continué à circuler avec des véhicules de plus en plus lourds. En 2017, quand je suis arrivé à la présidence, un cabinet d’études m’a conseillé de fermer immédiatement le pont à toute circulation. Il fallait prendre des mesures. Il fallait faire des travaux, alors on a fait faire une étude technique qui a préconisé trois séries de travaux. D’abord, il y avait des appuis qui risquaient de lâcher. Ce sont les premiers travaux qui ont été fait en avril dernier. Aujourd’hui, il reste à faire des travaux sur le tablier du pont, surtout au niveau des soubassements qui portent le pont aux extrémités. La chaussée et les garde-corps sont également fatigués. » Le Conseil est intervenu sur la priorité, à savoir les appuis-piliers en béton qui tiennent le pont. Parallèlement, le poids limite des véhicules a été ramené à 3,5 tonnes. « Bien évidemment, il y a un certain nombre d’usagers qui sont gênés par cette situation et notamment les agriculteurs. Ils veulent qu’on rouvre le pont à tous tonnages. Le problème, c’est que le président du département que je suis ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Si un jour il y a une chute ou s’il y a un problème d’effondrement parce qu’on aura mis un gros cube de 35 tonnes. Le responsable, c’est moi ! Aujourd’hui, je suis dans un esprit de conciliation avec tout le monde. J’ai fait programmer des travaux pour l’automne et j’espère qu’à l’issue, on pourra me confirmer que, effectivement, on peut rouler à 12,5 tonnes. On reviendra donc à la situation qui existait avant. Mais on n’aura jamais l’autorisation sur un pont de cette qualité de faire passer des 35 tonnes. Voilà la situation. Je comprend aussi la gêne. Je suis obligé de faire comme ça. »

Promu porte-parole des manifestants, le maire du Vanneau-Irleau Robert Gousseau pose les problèmes : « On ne peut pas prétendre être les Portes du Marais, le Marais dans sa splendeur, l’emblème du département, un site touristique, un site classé, un Parc naturel régional, un Grand Site de France, et ne pas passer la Sèvre Niortaise à pied sec. Tous nos agriculteurs ne peuvent plus travailler, les touristes ne peuvent plus passer. On peut concevoir que le pont peut avoir des faiblesses, mais on ne peut pas, non plus, ne pas penser à demain. Par conséquent, il serait judicieux d’avoir, au moins, une perspective de ce qui va se faire dans la suite. Mettre 700 000 € sur trois ans, c’est un fait. A ce moment-là, il faut mettre 4 millions d’euros sur cinquante ans et puis on refait un pont. Si on avait un Département ambitieux, on ferait comme ça, sauf que ,apparemment, ce n’est pas le cas. On ne nous prend pas au sérieux, alors on fait voir qu’on n’est pas contents, c’est tout. On ne veut pas faire passer des revendications extraordinaires, mais en vérité, on est là pour démontrer que nos agriculteurs sont en souffrance et même éventuellement les touristes, les camping-cars ne passant plus. C’est désastreux. On ne peut pas se contenter de ça. De toute façon, on se bat contre plus fort que nous ; nous sommes tenaces. Si c’est faire des travaux pour ne rien faire de mieux, c’est pas la peine. Quand on me dit, on va mettre 700 000 € et qu’en fin de compte le pont va rester comme il est en ce moment, c’est pas satisfaisant. A ce moment-là, il ne faut pas mettre d’argent, moi j’appelle ça du gaspillage de l’argent public. Nos anciens, en 1930, ont pensé qu’il fallait un pont et il n’y avait pas de touristes, aujourd’hui il y a des touristes mais on ne peut même pas faire de pont. Peut-être qu’on pourrait remettre la passerelle à ce moment-là ! »

Au delà des « bons mots », le quotidien doit se réorganiser. Un agriculteur-éleveur de charolaises à Benet en Vendée : « Nous avons des terres sur Irleau, Le Vanneau, Arçais, Saint-Georges-de-Rex. Nous habitons de l’autre côté [rive droite de la Sèvre Niortaise] et je ne peux pas passer sur le pont pour aller en Deux-Sèvres. Nous exploitons environ 170 hectares sur ces communes-là. Nous élevons 600 bêtes en tout, dont à peu près 150 de ce côté deux-sévrien. L’ensemble tracteur, avec, par exemple, tout le matériel de fenaison ou la bétaillère, est trop large pour passer entre les chicanes. De plus, un convoi agricole pèse entre 4 à 12 tonnes maxi. Quand le pont a été construit, c’étaient des chevaux qui passaient là. Doit-on vivre avec les méthodes du 19ème siècle ou du 21ème siècle ? Parce que, on constate qu’au 20ème siècle, il a été fait un pont pour favoriser les échanges et qu’au 21ème siècle, on le ferme. Nous passions sur ce pont environ trois fois par jour. Actuellement, nous passons par Sansais-La Garette (79) ou par Damvix (85), ça dépend où on va. Ça va être compliqué cet été avec les véhicules qui vont tous dévier par là-bas. Le problème, c’est qu’un automobiliste coincé entre deux tracteurs pendant dix minutes, voire un quart d’heure, double dans un virage avec une petite visibilité. Quand dix plateaux à paille circuleront à longueur de journée, bonjour les dégâts. »

M. Gousseau poursuit : « Votre participation prouve que ce pont a une valeur symbolique, aussi bien pour les gens de chez nous que pour les gens de l’extérieur. La solution de facilité était de fermer le pont. Hier il marchait à 40 tonnes, aujourd’hui à 3,5 tonnes, ça fait une différence. En 1930, quand nos anciens, qui étaient aussi intelligents que nous, ont pensé qu’il fallait faire un pont, il n’y avait pas de touristes, il y avait les mogettes. Aujourd’hui, y a plus de mogettes, y a des touristes. Est-ce que ça compense, la question reste posée. On ne peut pas se contenter d’un pont à 3,5 tonnes et deux mètres de large. Un Conseil départemental digne de ce nom, soucieux du bien être de son bassin de vie, peut mettre, à mon avis, 3 millions d’euros sur cinquante ans. »

S’adressant à nouveau aux 200 personnes présentes sur le pont, M. Favreau précise: « Ceux qui ont fait ce pont n’ont peut-être pas pensé qu’il devait durer plus de 80 ans. Ce pont est dans un état déplorable, ce qui justifie des décisions prises. Nous avons fait en sorte de laisser passer au minimum les véhicules de tourisme jusqu’à 3,5 tonnes. Les travaux commenceraient probablement à la mi-septembre sur les soubassements et les garde-corps, pour une durée de deux mois et demi. Durant ces deux mois et demi, il y aura une fermeture. Après, nous serons à douze tonnes. Au delà de douze tonnes, je ne peux vous promettre. Il y a des contingences techniques qui ont fait que nous n’avons pas pu aller plus vite. Après ?!?! Un nouveau pont ?!?! Je ne sais pas si vous connaissez aujourd’hui les exigences administratives en matière de construction, notamment dans le Marais Poitevin qui est un site Natura 2000. C’est une administration d’État qui gère tout ça. Il faudra faire une étude très exigeante. C’est une bagatelle de 4 à 5 millions à la sortie. Je suis désolé des ennuis que ça cause à la population et à tout le secteur économique du Marais, mais je crois que c’est une obligation. »

Ancien maire de la commune d’Arçais (79), M. Joël Bourchenin, a ouvert le volet tourisme : « notre territoire sert de vitrine à notre département, de longue date. Évidemment que ce pont a toute son utilité pour notre tourisme d’été et de toutes saisons. On voit des agriculteurs se mobiliser, on voit aussi des acteurs du tourisme. » Un tourisme estival détourné dont dépend de nombreux commerçants installés dans les villages desservis par le pont.

M. Michel Simon, maire de Coulon, s’exprimant au titre de président de l’Office de tourisme Niort-Marais Poitevin : « A l’Office, nous expliquons aux touristes le problème du pont d’Irleau et l’interdiction des camping-cars. Ils le comprennent. Mais quand un touriste arrive en voiture, il voit tous ces panneaux de déviation. Il se dit que la commune doit être en travaux partout, il file son chemin. On perd du tourisme notamment depuis le début de la saison, les premiers chiffres de fréquentation de l’aire de camping-cars de Coulon l’attestent. »

Cherchons ensemble les bonnes idées pour restaurer le pont d’Irleau et apaiser le climat social dans la Venise Verte ?!?!

Finalement, la conciliation succède à la colère. Tout le monde s’est retrouvé autour d’une table qui « dessèche le gosier », à l’invitation du maire du Vanneau-Irleau. Là, au moins, on s’est parlé sans titre, sans tabou, ni procédure administrative.

 

Gilles PETIT (récit et photos)

COULON (Marais Poitevin 79) : FIAT LUX !!! « Que la lumière soit ! »

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Comme un enfant regarde la vitrine d’un magasin de jouets la veille de Noël, le maire de Coulon Michel Simon voit déjà sa commune « mise en lumière » par l’association Petites Cités de Caractère. Datant de 2016, ce « vieux » projet départemental, lancé par feue l’Agence de Développement Touristique (ADT79), est censé « permettre la mise en valeur du cadre du centre-bourg patrimonial et rural. » D’études en études, pourquoi faire simple (et moins cher !) quand on peut faire compliqué.

 

Comme ici à l’occasion des dernières Nuits Romanes, l’église de Coulon aurait fière allure avec une « mise en lumière » permanente.

Selon Mme Corinne GION, chargée de mission tourisme au Conseil Départemental des Deux-Sèvres (CD79), ce dernier ayant absorbé l’ADT79 : « Douze collectivités deux-sévriennes ont été associées à ce projet. » A savoir, les dix communes engagées dans les Petites Cités de Caractère (Airvault, Arçais, Celles-sur-Belle, Coulon, La-Mothe-Saint-Héray, Mauléon, Melle, Oiron, Saint-Loup-Lamairé et, peut-être, Chef-Boutonne) et les deux villes d’Art et d’Histoire : Thouars et Parthenay.

« La mise en lumière est en même temps un vecteur pour embellir un centre-bourg mais aussi un enjeu de développement économique et touristique puisqu’il s’agit, au travers de ce projet d’aménagement, d’élargir les amplitudes de visites et de séjours au niveau du cœur de bourg », telle est la démarche officielle. En somme, comme des insectes, il s’agit d’attirer par des lumières toujours plus de touristes dans nos petits villages. Mais pas que ! Car il existe un volet éclairage public qui pourrait intéresser les Coulonnais, tant les avis sont partagés sur la gestion des horaires de veille et des économies à faire. La chargée de mission précise : « l’éclairage public va de paire, la mise en lumière sera là pour souligner et pour être en complémentarité avec les sources fonctionnelles et sécuritaires. » En saison estivale uniquement.

Qu’est-ce donc que cette « mise en lumière » ? Il s’agit d’ « intéresser les concepteurs de lumière dans l’étude et la conception de ce projet. La mise en lumière est inscrite dans le cadre du schéma départemental de développement cognitif, approuvé en 2016 par le Conseil départemental des Deux-Sèvres, établi pour la période 2017-2021.  Qui doit permettre de justifier, puis de déclencher des financements départementaux spécifiques. » En clair, le CD79 a travaillé, depuis deux ans, avec l’agence Orpin de Lune, basée à Lyon, en mission d’assistance de maîtrise d’ouvrage sur cette mise en lumière. Évidemment, à l’échelle du département, mais avec des points communs à minima entre ces Petites Cités de caractère.

C’est pas gagné ! En effet, selon Mme Gion : « Il faut répondre aux besoins spécifiques de chacune des collectivités au travers de la déclinaison. Ce n’est pas seulement mettre en lumière un objet déterminé comme un bâtiment, il faut prendre en compte tout un zonage, un secteur donné. Vous pouvez entrer dans une programmation, c’est la définition d’un plan lumière, à savoir, que l’on prend en compte un périmètre donné dans lequel il y a un certain nombre d’objets d’intérêt patrimonial que l’on souhaite valoriser. Ce plan de lumière permettra de définir un phasage, une enveloppe et un calendrier pour déterminer la tranche de travaux. Un état des lieux a déjà été effectué fin 2017 avec l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, puis formalisé dans le cadre d’un support écrit avec un reportage photographique, inventaire de tous les points lumineux. »

Le maire de Coulon souhaite remettre en valeur l’église de la Sainte-Trinité dont l’éclairage est  désormais inhibé tant le système disjonctait. Il pense aussi au pigeonnier de la place de l’Ecu et quelques autres façades ou places et des passages de venelles. Ses yeux ont brillé à l’évocation de l’autre volet de cette mise en lumière : les illuminations estivales des quais de la Sèvre Niortaise, voire du centre du village. Il faut dire que la mission tourisme lui en a mis plein la vue en organisant, l’été dernier, des déplacements à Chaumont-sur-Loire ( Loir-et-Cher) et surtout à Montrésor (Indre-et-Loire). Depuis une dizaine d’années, Montrésor organise en juillet et en août, dans les rues du village et au bord de l’Indrois, au pied de ses deux châteaux, dont un est construit au début du XIe siècle à l’extrémité d’un éperon rocheux surplombant la vallée, une série d’animations et de spectacles estivaux nocturnes retraçant l’histoire de Montrésor appelés Les Nuits solaires de Montrésor.

La halle aux laines de Montrésor mise en lumière en permanence.

Au conseil municipal de Coulon, M. Simon s’est lancé dans un panégyrique vantant la majesté de ces manifestations  monumentales et rêvant de voir la Sèvre Niortaise et ses quais s’animer, à la nuit, d’effets lumineux de toutes sortes ponctués musicalement de diverses apparitions végétales et/ou animales sous forme d’ombres (la belle anguille du Marais remplaçant le grand lézard de Montrésor, par exemple). Il a précisé : « Tout ne sera pas éclairé, il y aura aussi des zones sombres ». Nous avons une pensée pour les Coulonnais qui imaginent déjà la disparition des billetteries des embarcadères entre 22/23 heures et 1 heure (du matin). Un rêve parmi d’autres.

Le projet « mise en lumière » est une « œuvre globale unique en France », dit-on. Or, il n’est pas certain que les douze collectivités retenues adhèrent à l’initiative. « On va s’appuyer sur le collectif pour faire réduire les coûts liés à l’étude, » explique Mme Corinne Gion. « Le département prendrait à sa charge la quasi totalité du chiffrage estimatif (50 000 €) en demandant une participation forfaitaire à chacune des communes à hauteur de 1 000 € » (Coulon a déjà prévu une enveloppe de 3 000 €). Pour les phases suivantes : projets et travaux, le département n’ayant pas vocation à aller plus loin en termes d’appui et de maîtrise d’ouvrage, chaque collectivité reprendra à son compte la maîtrise d’ouvrage, dont le financement, et déclenchera les phases techniques. Il faut que les conseils municipaux acceptent afin que le département sache le nombre définitif des communes qui souhaitent s’engager.

Les Nuits solaires illuminent les bords de l’Indrois et le château Renaissance de Montrésor chaque été.

En résumé, des études ont été réalisées par une agence de maîtrise d’ouvrage. Cette agence doit traverser la France pour travailler en Deux-Sèvres. Maintenant, les communes sont invitées à adhérer à un groupement de commandes chargé de recruter un nouveau cabinet d’études, lequel devra émettre au moins deux propositions au comité de pilotage à former. Ensuite, il faudra encore d’autres études pour définir un plan lumière par collectivité. Suivront des études réalisées concrètement par le ou les prestataires techniques. Parallèlement, des études fixeront les coûts des opérations par collectivité engagée. Tout ça avant que quelqu’un appuie sur le bouton d’allumage estival. « Il s’agit d’avoir un projet suffisamment avancé en terme de simulation, de rendu de simulation, d’estimation financière et puis de descriptif technique. »

On ne peut guère faire plus compliqué. Pour la phase éclairage public, Coulon finance déjà un prestataire-fournisseur d’énergie compétent pour repenser le système, comme l’ont fait des communes voisines réalisant désormais d’importantes économies d’énergie. Pour la phase animation lumineuse estivale, il suffit de débloquer une enveloppe tirée d’un budget culture à remettre à une structure associative experte en technique scénique (à l’image de l’ancienne association Côté Marais qui organisait le Festival du Marais) pour voir émerger des animations féériques. Le tout ne prend que quelques semaines de mise en place, sans gaspillage de fonds.

« L’étude doit durer jusqu’en mai 2019 », précise la chargée de mission. Au mois de mai, il sera trop tard pour penser et installer des lumières artistiques pour la saison 2019. 2020 sera une année de renouvellement des équipes municipales avec ses incontournables remises en cause des politiques antérieures.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple !!!

Gilles PETIT

Crédit photos les Nuits solaires de Montrésor : Alain Crozemarie — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45362902

MARAIS POITEVIN : l’eau, source de « La Vague citoyenne »

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Les 2 et 3 juin 2018 à La Garette (commune deux-sévrienne de Sansais-La Garette, France), « La Vague citoyenne » n’a pas submergé les porteurs des dix-neuf projets de retenues dites de substitution, les fameuses bassines. A l’origine de ce waterstock #3, « Bassines non merci ! », un collectif citoyen, apolitique et pacifiste, qui lutte contre les bassines et l’irrigation à outrances, et lutte aussi pour les paysans.

Durant ces deux jours, « La Vague citoyenne », un nom sous-titré : « Pour une agriculture respectueuse de l’Eau, de la Terre et des Hommes », a rassemblé environ 2000 personnes dont 1200 ont participé à la grande déambulation festive du dimanche après-midi.

Lors des assises citoyennes du samedi, traitant, durant quatre heures, les sujets eau, agriculture et paysage, suivies des prises de paroles en clôture de la manifestation, nous retiendrons quelques propos et témoignages d’intervenants de toutes tendances, ou presque, car on regrettera l’absence des porteurs des projets en question.

Quand il parle de réserves de substitution, au départ, le collectif n’était pas systématiquement contre, et peut-être pas encore aujourd’hui, mais les projets portaient sur des prélèvements de surface, c’est à dire, des rivières qui étaient prêtes à déborder, et des nappes phréatiques archi pleines. En excluant les nappes profondes, indemnes de tout produit, à pomper vers des retenues construites à l’air libre. Dans ces retenues, l’eau va alors se réchauffer et sa qualité va se dégrader. « On est donc complètement dans l’inverse de ce qu’on voudrait faire », estime le collectif.

Selon M. Pierre Lacroix, membre du collectif et président de la Fédération de pêche des Deux-Sèvres : « Aujourd’hui, si les politiques n’ont pas le courage d’amener les mesures d’accompagnement pour changer les modes de culture, il ne serait pas préférable de subventionner un monsieur qui n’irrigue pas et qui sous-produit en faisant de la qualité, par rapport à celui qui irrigue et reçoit des subventions. Parce qu’il faut savoir que ces bassines-là seront subventionnées à 75% par l’Agence de l’eau, argent public, et que, quand ces gens-là prendront l’eau dans les bassines pour irriguer un hectare de maïs, ils toucheront une subvention de 300 € environ. Ils seront donc subventionnés deux fois. »

A savoir, dès qu’une culture est arrosée, il est nécessaire, le lendemain, de traiter la parcelle en pulvérisant un fongicide afin d’éviter le développement de la maladie.

Rapidement lors des assises citoyennes, les interventions fusent, dont celle-ci : « A qui profite le crime ? 9 millions de mètres-cube d’eau pour 230 bénéficiaires. Sur 10% d’irrigants, 2% vont en bénéficier. Sur  les 230 exploitations concernées par les bassines du seul projet de la Sèvre Niortaise que sont les adhérents à la Coop de l’eau, 119 vont être directement raccordés aux bassines. Ce qui représente, à peu près, 6% des exploitations du territoire, tout confondu, irrigants ou non. Il s’agit d’une confiscation de l’eau potable au profit d’une infime partie des gens. »

M. Jean-François Périgné, « citoyen-paysan de la mer », précise-t-il, secrétaire national à la Confédération paysanne et référent de la question de l’eau, a ainsi résumé la situation : « Je voudrais aborder la question de l’eau sur un angle beaucoup plus global, de façon que tout le monde comprenne bien ici l’enjeu local et largement planétaire. Vous avez remarqué que le but majeur de la conquête spatiale est d’aller trouver une planète où il y a de l’eau. Pourquoi ? Car il n’y a pas de vie, telle qu’on la connaît, nous, sans eau. Il n’y a pas une goutte d’eau qui est perdue lorsqu’elle part à la rivière car les racines de l’océan, ce sont les rivières. Et tout comme les poissons qui pondent et qui meurent au stade larvaire, pour nous, c’est exactement la même chose au niveau des coquillages, des crevettes et au niveau de toute la ressource halieutique puisque les zones de reproduction, de frayères, et de nurserie se trouvent dans les zones estuaires parce que c’est là que se fait le mélange entre les sels nutritifs amenés par la terre, il en faut et c’est nécessaire, pour le développement du premier maillon de la chaîne alimentaire de l’océan. Et le premier maillon de la chaîne alimentaire de l’océan, c’est le phytoplancton. Les océans c’est 4/5ème de la surface de la planète. Le phytoplancton est la première biomasse végétale de la planète qui produit les deux tiers de l’oxygène que l’on respire et qui joue un rôle hyper important sur le captage du CO2 car toutes les plantes consomment du CO2 et rejettent de l’oxygène. Tout ce qui est à support calcaire (les coraux, nos coquillages. . .) est en danger de disparition rapide. En une petite trentaine d’années, malgré les sonnettes d’alarme tirées par les conchyliculteurs, la situation se dégrade d’année en année, avec un empilement de mesures environnementales censées sauver la biodiversité, parc naturel marin, Natura 2000, etc. Entre le temps de décision de l’humain et le temps de réponse de la nature, il se passe un certain temps. La terre a son propre rythme qui n’est pas le rythme des humains. Quand on parle de l’eau, on parle de la composition du corps humain, on parle de l’aliment principal. 70% de notre alimentation, c’est de l’eau. Que ce soit sous forme liquide, végétale ou animale, c’est de l’eau qu’on consomme. L’enjeu est énorme. Ici, dans l’ouest de la France, on lutte contre un système d’irrigation pour nourrir une plante qui, dans son pays d’origine est la déesse de la fécondité et qui est en train de devenir chez nous la déesse de la stérilité. Tout simplement parce qu’on est en train de se battre en plein dérèglement climatique pour produire une plante tropicale et donc reconstituer un climat autour de la plante qui n’est pas son climat d’origine. Pourtant, il existe un maïs local. Sur le constat, on est tous d’accord, la FNSEA, les politiques, la Confédération paysanne, les citoyens lambda. Les climatologues nous annoncent 20 à 30% de moins dans les débits des rivières, une pluviométrie qui va devenir de plus en plus aléatoire, huit années sur dix de sécheresse sévère, une évaporation qui va augmenter de 20 à 30 %. L’évaporation sur le problème des bassines, c’est le syndrome du Shadok, on pompe de l’eau qui est stockée naturellement dans le sol, ça n’a rien coûté de la stocker, elle est à l’abri de l’évaporation, pour la mettre dans une bassine où de toute façon sur la globalité du volume d’eau, il va falloir laisser 20% au fond pour maintenir le liner en place, alors qu’au minimum 30% de l’eau va s’évaporer et rentrer naturellement dans le cycle de l’eau. Donc il reste utilisable globalement 50% de l’eau qui aura été pompée de la ressource. Il y aura, quand même, une baisse du stockage de l’eau en souterrain.

« Par rapport à ce contexte climatique, on a deux écoles : pour prévenir on va stocker en hiver quand il y a trop d’eau, etc. ; et l’autre école qui dit : le stockage naturel ne coûte rien, il est là et on va s’adapter de différentes manières, adapter les cultures aux sols. La filière maïs est déficitaire, globalement elle redevient rentable parce que ce maïs est exporté par le port de commerce de La Rochelle-La Pallice. Il va nourrir des poulets au milieu du désert dans le Maghreb ou ailleurs. Et peut-être que dans ces pays, les habitants ne mangent que les cuisses et les blancs et nous ramènent les nuggets que nos gamins mangent dans les MacDo. Ici on est sur une privatisation déguisée, c’est de l’argent public qui va aller à quelques personnes. La problématique de l’eau, c’est la survie de la vie sur la planète parce que l’océan, c’est la vie de la planète. »

Tout le monde s’accorde à dire « il ne faut pas donner plus que la nature ne peut donner. » Mais aussi que « cette lutte contre les bassines et l’irrigation à outrance, c’est une lutte POUR les paysans ! C’est la population où il y a le plus de suicides. Ce sont les premiers impactés par les maladies liées aux pesticides qu’ils utilisent eux-mêmes. C’est une population qui est en pleine dérive morale. »

Le « paysan » Benoît Biteau constate : « La Loi sur l’eau dans son premier article explique que l’eau est un bien commun. Force est de constater que l’eau est devenu un bien marchand. Ça convoque au moins une dimension, celle du partage. Le deuxième article sur la Loi sur l’eau hiérarchise l’usage de l’eau dans un ordre précis : le premier c’est l’eau potable pour que tout ce qui vit sur cette terre puisse avoir accès à l’eau potable, le fluide vital dont nous avons tous besoin ; la deuxième priorité, notamment dans le Marais Poitevin, c’est la préservation du bon état du milieu aquatique. Par le milieu aquatique se jouent énormément d’enjeux, l’équilibre, la préservation des ressources sur les plans tant qualitatifs que quantitatifs, la préservation des biodiversités qu’elles soient sauvages ou domestiques, la climatique fondamentale car ce sont aussi des zones de séquestration du carbone, des gaz à effet de serre, et bien sûr, la santé ; le troisième article, c’est l’eau économique mais ce n’est que le troisième. L’eau économique inclut, entre autres, l’usage de l’eau par les agriculteurs. Le maïs exporte l’eau si rare chez nous vers d’autres contrées alors qu’on pourrait la préserver en revenant sur des fondamentaux agronomiques qui consistent, d’une part, à nourrir des herbivores avec de l’herbe et qui consiste aussi à produire du maïs avec d’autres ressources génétiques que le maïs proposé par les grandes firmes semencières ; les intérêts de quelques-uns se rapprochent, c’est à dire que ceux qui sont derrière ces projets de stockage sont aussi ceux qui proposent de la semence certifiée, des maïs hybrides, des produits de traitement et du matériel d’irrigation. Avec tout ça on télescope l’article premier qui dit que l’eau est un bien commun. Un autre modèle alternatif est possible depuis toujours, il porte un nom : agronomie, agroécologie. Revenons aux fondamentaux, au bon sens paysan. On est en train de dévaster la terre, avec un petit T, telle que nous, paysans, avons entre nos mains, et de la terre avec un grand T, celle qui nous porte tous sur fond de changement climatique. »

Les débats ont aussi porté sur la nourriture : « Aujourd’hui, le combat est dans l’assiette. La qualité des produits n’est pas un problème, c’est un drame. Rien n’est perdu, la mal bouffe n’est pas une fatalité. Il vaut beaucoup mieux moins manger, mais bien manger. Aller chez son petit producteur local. Il faut arrêter de manger des saloperies. »

Quand on parle d’eau souterraine, on parle d’infiltration dans le sol. Un agriculteur maraîchin qui plante depuis des années, a ainsi pointé : « Les milieux sont ouverts. Du moment qu’ils sont ouverts, il y a une chute de la population d’oiseaux, d’insectes, . . . Pour y remédier, le système est simple, on referme les milieux agricoles, on remet de la vie. Ça revient très vite. Le plus beau et le plus énorme mouvement citoyen possible, serait de planter des arbres et des kilomètres de haies. »

Selon la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho : « On ne peut changer les choses que si on est dans l’interaction entre des citoyens qui se mobilisent et des élus qui sont déterminés. S’il n’y a pas de rapport de force, c’est toujours la même chose :  tout continue comme avant, et les lobbies y gagnent à la fin. La mobilisation a déjà commencé à faire bouger les choses. Les problèmes des volumes, de la qualité de l’eau, de la biodiversité, du processus pour un projet de territoire, doivent faire l’objet de dialogues. Tous les espoirs sont permis. »

Le bilan de cette manifestation affiche une fréquentation de l’ordre de 2000 personnes sur le weekend. Dimanche, environ 1200 personnes ont déambulé, en plus de ceux restés sur le site. Ce n’est pas pleinement satisfaisant. Il faut prendre en considération le temps incertain et les nombreuses autres animations organisées dans la région.

« C’est sûr, il y aura un waterstock #4. Si ce n’est pas pour le fait qu’on aura gagné contre les bassines d’ici là, ce sera un waterstock #4 pour reconstruire l’agriculture, pour reconstituer notre paysage et nos rapports humains avec nos agriculteurs. »

Gilles PETIT