MAGNE (79) : Remise des prix en vidéo du 30ème Festival international de peinture

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Le Festival International de Peinture de Magné (79 FRANCE), ouvert à tous, est un des premiers rendez-vous de peintres en France. Ce festival est organisé par Magné Animation, association culturelle soutenue par les Salons Nationaux que sont la Société des Artistes Français et le Salon Violet, ainsi que par des journaux spécialisés tel que Univers des Arts, et de nombreux autres partenaires fidèles. Pendant deux jours, les peintres participants doivent réaliser une œuvre exclusivement sur le territoire de la commune.

La manifestation a fêté sa 30ème édition les 21 et 22 juillet 2018, voici le palmarès et le film vidéo de la remise des prix au lien YouTube suivant : https://youtu.be/9GqYMywFmLQ

 

30ème Festival international de Peinture de Magné : Palmarès 2018

Grand Prix du Festival – Commune de Magné DOUDA Fabrice 86100 Châtellerault

1er Prix du Public – Prix Jean Thébault PETIT Sylviane 16460 Aunac

1er Prix Huile et Acrylique – Prix Placoplâtre JIPE 72200 La Flèche

1er Prix Pastel – Prix Carrefour VALLENET Annick 86400 Blanzay

1er Prix Techniques Mixtes – Prix Super U Magné POUILLAULT Nathalie 85600 Montaigu

1er Prix Aquarelle – Prix BFM RAUSA Robert Victor 01480 Jassans Riottier

1er Prix Dessin – Prix Univers des Arts JANDARD Tony 79410 Saint Rémy

Prix Poujoulat BELAIR Yvan 86000 Poitiers

Prix Groupe Thébault FREMY Dominique 85170 Dompierre sur Yon

Prix Restaurant La Belle Etoile OLIVIER Isabelle 79400 Saint Maixent L’Ecole

Prix Embarcadère Cardinaud LOUIS Hervé 79000 Niort

Prix Audis – Coup de Cœur du Festival BARJOLLE Claire 33000 Bordeaux

2ème Prix Huile et Acrylique – Prix Isover SAAKYAN Armen 44000 Nantes

2ème Prix Techniques Mixtes – Prix Crédit Mutuel PRINCE Régis 33620 Laruscade

2ème Prix Pastel – Prix Crédit Agricole RIBARDIERE Marie-Noëlle 86800 Pouillé

2ème Prix Aquarelle – Prix Groupama ROUNDHILL Michael Angleterre

2ème Prix Dessin – Prix Magné Animation LE DEROFF Michel 29000 Quimper

Prix Groupe Y Nexia ACHARD Joël 17100 Saintes

Prix Grafic Encadrement MAILLOCHON Dominique 95100 Argenteuil

Prix Best Western Niort PARDON Kim 16200 Jarnac

Prix L’ambassade du Vin BARJOLLE Viviane 44120 Vertou

Prix Terrasson et Fils ASSELINEAU Lionel 23210 Mourioux Vieilleville

Prix Graphic QUINOT-LEVET Anne Marie 56890 Saint Avé

Prix Piejac Maingret LE BORGNE Alexis 22190 Pelrin

Prix Axa AVRIL Christophe 76000 Rouen

Prix Mutuelle de Poitiers PFLEGER Olivier 47800 Miramont de Guyenne

3ème Prix Huile et Acrylique – Prix Marais Poitevin Immobilier DAUGA Jean-Jacques 33160 Saint Médar en Jalles

3ème Prix Techniques Mixtes – Prix CIC Ouest MEMETEAU Christian 44400 Rézé

3ème Prix Pastel – Prix Rouvreau Recyclage DAVID Nadia 86280 Saint Benoît

3ème Prix Aquarelle – Prix Pix Newloc PERET Patrick 12140 Florentin La Capelle

1er Prix Juniors de moins de 15 ans – Prix Desvignes Pralines BELLOT Paul 79210 Prin Deyrancon

2ème Prix Juniors de moins de 15 ans AVRIL Maxence 76000 Rouen

3ème Prix Juniors de moins de 15 ans RODRIGUEZ Mathis 47600 Nerac

4ème Prix Juniors de moins de 15 ans SIMMONET Léonie 79000 Niort

1er Prix Juniors de moins de 10 ans MAQUERLOT Aurélie 94350 Villiers sur Marne

2ème Prix Juniors de moins de 10 ans ETIENNE Roxane 44800 Saint Herblain

3ème Prix Juniors de moins de 10 ans MENARD Hugo 79400 Saint Maixent L’Ecole

4ème Prix Juniors de moins de 10 ans AVRIL Maëline 76000 Rouen

 

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Cyclisme : le Tour 79 de passage à Coulon (79)

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La dix-huitième édition du Tour cycliste des Deux-Sèvres – Magasins U, du 12 au 14 juillet 2018, est une épreuve réservée aux coureurs des catégories “Élite professionnel“ des équipes Pro Continentales et aux amateurs de 1ère et 2ème Catégories. Elle est inscrite au calendrier “ Élite Nationale“ de la Fédération Française du Cyclisme.

Un premier groupe s’est présenté avec quelques secondes d’avance sur un peloton morcelé en grappes.

L’originalité de la deuxième étape, vendredi 13 juillet 2018, vient du fait que, pour traverser la commune de Coulon, la course n’a pas suivi le parcours initialement prévu dans le programme largement diffusé dans le magazine du tour. Le trajet avait été modifié, voici quelques jours, pour cause de travaux sur la route départementale 123, plus connue localement sous le nom de la Route de Saint-Rémy.

En effet, venant du village de Saint-Rémy, la caravane devait rejoindre directement Coulon par la voie la plus directe, la plus large, la plus belle et la plus roulante. Au lieu de cela, pour la toute première fois, et probablement l’unique fois, la course cycliste s’est engagée dans des chemins vicinaux, lesquels ne connaissent habituellement que les trafics agricoles et des carrières de matériaux voisines.

Pourtant très étroites, ces voies communales, parfaitement « carrossables » en cette saison, ont très bien absorbé ce bref flux de circulation exceptionnel. A savoir, la caravane publicitaire, les motos des services d’ordre et de sécurité suivies des 130 coureurs engagés et des nombreux véhicules d’assistance des équipes, tous lancés à vive allure, vent favorable, dans la descente de la Route de Malécot-Touvaireau.

Le peloton a franchi en « pièces détachées » ce qu’il reste de la voie ferrée Niort – Fontenay-Le-Comte sur les hauteurs de la Venise Verte. En photos dans l’ordre de passage, les différents groupes qui foncent vers Coulon.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : les traditions maraîchines à la 12ème Fête du Miget à Coulon (79)

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Organisée, les 30 juin et 1er juillet 2018, par le Comité d’animations coulonnais, la douzième édition de la Fête du miget, s’est déroulée sur le site de l’Autremont à Coulon (79). En un coup d’œil, les visiteurs se sont trouvés plongés au cœur du quotidien des Maraîchins des siècles passés.

Dans leur ouvrage [disponible sur le site Internet de la galaxie Aranei-Orbis] : A la Croisée de l’Anjou, de la Touraine et du Poitou, Jean-Claude Raymond et François Jourdin expliquent : « Le Miget ou migé est une boisson traditionnelle, rafraîchissante à base de pain, de vin et de sucre (de lait pour les enfants), quelquefois agrémentée de fruits : fraises ou groseilles. Quelques minutes suffisent pour le préparer avec la mie du pain dur, du sucre, de l’eau et du vin rouge peu alcoolisé (8° environ) ou du lait sans eau. »

Les auteurs précisent : « le miget était consommé l’été quand il fait chaud et particulièrement les jours de battage au cours de l’après-midi. Le vin sortait de la cave où des bouteilles avaient été mises à rafraîchir dans un seau d’eau tirée du puits. Lorsqu’il était consommé lors des travaux des champs, le vin était emporté dans des bonbonnes ou dames Jeanne, les mijettes dans des saladiers. Pour leur garder une certaine fraîcheur, le tout était enveloppé dans des sacs de jute qu’on arrosait de façon à les maintenir humides. L’évaporation est un processus physique qui produit du froid et maintenait ainsi les ingrédients à une température inférieure à la température ambiante. »

Le public a dégusté le miget au bar « Le Nénuphar », du nom d’un établissement renommé de Coulon aujourd’hui disparu.

 « Cette boisson, à cause de l’alcool et du sucre, donne un coup de fouet, le pain lui se digère plus lentement. Elle était particulièrement bien adaptée pour les travaux des champs. »

Le nom de cette boisson comprend de nombreuses variantes : migé en berrichon, migi, migeot en poitevin, miet, miôt, miotte, miéttée en solognot, miotte ou miottée en tourangeau. Ces noms sont à rapprocher de celui qui désigne la mie, les miettes de pain, voire de fines tranches : mijette ou migette en poitevin, mejette, mijà ou mijade à Availles-Limouzine.

En présence de quelques animaux du Marais Poitevin présentés par le CREGENE (conservatoire des ressources génétiques du centre ouest atlantique), le programme des festivités était copieux :

un marché artisanal ;

des expositions de photos, de peinture, d’anciens appareils photo et une collection d’étiquettes de fromage ; des voitures anciennes, des vélos d’antan, des tracteurs d’époque et de vieux outils. . . ; un film retraçait la fabrication d’une roue par un charron ;

La reconstitution d’un mini village (le garage, la salle à manger maraîchine, la boulangerie, l’école, le fromager et l’épicerie, l’étable) avec son bistrot « Le nénuphar » où l’on pouvait déguster le fameux miget ;

Des jeux étaient proposés dont la pesée du cochon, le tir à la carabine, la pétanqu’oeuf, une pêche à la ligne ; les jeux de la grenouille et de la ficelle, . . .

Les visiteurs ont aussi assisté aux spectacles équestres offerts par Mélanie et ses traits poitevins, aux prestations de sonneurs de trompes de chasse, comme du groupe folklorique « Les Grelets de Santun ».

Dans la tradition, les bénévoles de l’association organisatrice ont aussi reconstitué des saynètes maraîchines, à savoir le mariage, la bugeaille et les activités d’antan essentiellement pratiquées en bateau.

Un des points forts de ce weekend d’animations : la bugeaille, ou plutôt le rinçage du linge au lavoir du fleuve, puis le séchage sur place.
Un bateau-tracteur pétaradant a fermé le défilé sur l’eau.

Gilles PETIT (photos)

MARAIS POITEVIN des Deux-Sèvres : une manifestation au chevet du pont d’Irleau

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Un tablier de pont qui s’affaisse, les activités économiques et touristiques de la Venise Verte s’effondrent. Entre le « pont de la discorde » et le « Pont des Révérences », les Maraîchins ont choisi une manifestation historique, samedi 23 juin 2018. La conciliation doit succéder à la colère. A l’issue d’importants travaux, programmables en fin d’année 2018, le pont d’Irleau devrait retrouver « la situation qui existait avant. »

Enjambant la Sèvre Niortaise sur trente mètres, entre les communes du Vanneau-Irleau et de Coulon, le pont d’Irleau est actuellement limité à 3,5 tonnes et réduit à deux mètres de large.

Parallèlement à une passerelle métallique type Eiffel, encore récente en 1929, le « Pont des Révérences » d’Irleau, construit en béton armé [voir sa genèse et l’origine de ce nom dans le livre « Marais Poitevin : les rives du passé » de Jean-Claude Coursaud et Daniel Mar, aux éditions du Marmot], est inauguré en juin 1931 après deux années de travaux.

Aujourd’hui, le tablier de ce pont, lequel franchit le fleuve La Sèvre Niortaise à cheval sur les communes deux-sévriennes du Vanneau-Irleau et Coulon, donne des signes de faiblesse. Son utilisation est désormais limitée aux véhicules jusqu’à 3,5 tonnes ou deux mètres de large. Habitants, agriculteurs, élus locaux, acteurs du tourisme. . . dénoncent la position du Conseil départemental des Deux-Sèvres, propriétaire de l’ouvrage.

M. Gilbert Favreau (à gauche) président du CD79 en compagnie de M.Robert Gousseau (au micro) maire de la commune du Vanneau-Irleau.

Présent sur le site, le président du Conseil départemental 79 Gilbert Favreau a tenté d’expliquer les décisions prises : « En 1998, les services du département ont décidé de le fermer après une étude, puis de le limiter à 12,5 tonnes. Les usagers ont continué à circuler avec des véhicules de plus en plus lourds. En 2017, quand je suis arrivé à la présidence, un cabinet d’études m’a conseillé de fermer immédiatement le pont à toute circulation. Il fallait prendre des mesures. Il fallait faire des travaux, alors on a fait faire une étude technique qui a préconisé trois séries de travaux. D’abord, il y avait des appuis qui risquaient de lâcher. Ce sont les premiers travaux qui ont été fait en avril dernier. Aujourd’hui, il reste à faire des travaux sur le tablier du pont, surtout au niveau des soubassements qui portent le pont aux extrémités. La chaussée et les garde-corps sont également fatigués. » Le Conseil est intervenu sur la priorité, à savoir les appuis-piliers en béton qui tiennent le pont. Parallèlement, le poids limite des véhicules a été ramené à 3,5 tonnes. « Bien évidemment, il y a un certain nombre d’usagers qui sont gênés par cette situation et notamment les agriculteurs. Ils veulent qu’on rouvre le pont à tous tonnages. Le problème, c’est que le président du département que je suis ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Si un jour il y a une chute ou s’il y a un problème d’effondrement parce qu’on aura mis un gros cube de 35 tonnes. Le responsable, c’est moi ! Aujourd’hui, je suis dans un esprit de conciliation avec tout le monde. J’ai fait programmer des travaux pour l’automne et j’espère qu’à l’issue, on pourra me confirmer que, effectivement, on peut rouler à 12,5 tonnes. On reviendra donc à la situation qui existait avant. Mais on n’aura jamais l’autorisation sur un pont de cette qualité de faire passer des 35 tonnes. Voilà la situation. Je comprend aussi la gêne. Je suis obligé de faire comme ça. »

Promu porte-parole des manifestants, le maire du Vanneau-Irleau Robert Gousseau pose les problèmes : « On ne peut pas prétendre être les Portes du Marais, le Marais dans sa splendeur, l’emblème du département, un site touristique, un site classé, un Parc naturel régional, un Grand Site de France, et ne pas passer la Sèvre Niortaise à pied sec. Tous nos agriculteurs ne peuvent plus travailler, les touristes ne peuvent plus passer. On peut concevoir que le pont peut avoir des faiblesses, mais on ne peut pas, non plus, ne pas penser à demain. Par conséquent, il serait judicieux d’avoir, au moins, une perspective de ce qui va se faire dans la suite. Mettre 700 000 € sur trois ans, c’est un fait. A ce moment-là, il faut mettre 4 millions d’euros sur cinquante ans et puis on refait un pont. Si on avait un Département ambitieux, on ferait comme ça, sauf que ,apparemment, ce n’est pas le cas. On ne nous prend pas au sérieux, alors on fait voir qu’on n’est pas contents, c’est tout. On ne veut pas faire passer des revendications extraordinaires, mais en vérité, on est là pour démontrer que nos agriculteurs sont en souffrance et même éventuellement les touristes, les camping-cars ne passant plus. C’est désastreux. On ne peut pas se contenter de ça. De toute façon, on se bat contre plus fort que nous ; nous sommes tenaces. Si c’est faire des travaux pour ne rien faire de mieux, c’est pas la peine. Quand on me dit, on va mettre 700 000 € et qu’en fin de compte le pont va rester comme il est en ce moment, c’est pas satisfaisant. A ce moment-là, il ne faut pas mettre d’argent, moi j’appelle ça du gaspillage de l’argent public. Nos anciens, en 1930, ont pensé qu’il fallait un pont et il n’y avait pas de touristes, aujourd’hui il y a des touristes mais on ne peut même pas faire de pont. Peut-être qu’on pourrait remettre la passerelle à ce moment-là ! »

Au delà des « bons mots », le quotidien doit se réorganiser. Un agriculteur-éleveur de charolaises à Benet en Vendée : « Nous avons des terres sur Irleau, Le Vanneau, Arçais, Saint-Georges-de-Rex. Nous habitons de l’autre côté [rive droite de la Sèvre Niortaise] et je ne peux pas passer sur le pont pour aller en Deux-Sèvres. Nous exploitons environ 170 hectares sur ces communes-là. Nous élevons 600 bêtes en tout, dont à peu près 150 de ce côté deux-sévrien. L’ensemble tracteur, avec, par exemple, tout le matériel de fenaison ou la bétaillère, est trop large pour passer entre les chicanes. De plus, un convoi agricole pèse entre 4 à 12 tonnes maxi. Quand le pont a été construit, c’étaient des chevaux qui passaient là. Doit-on vivre avec les méthodes du 19ème siècle ou du 21ème siècle ? Parce que, on constate qu’au 20ème siècle, il a été fait un pont pour favoriser les échanges et qu’au 21ème siècle, on le ferme. Nous passions sur ce pont environ trois fois par jour. Actuellement, nous passons par Sansais-La Garette (79) ou par Damvix (85), ça dépend où on va. Ça va être compliqué cet été avec les véhicules qui vont tous dévier par là-bas. Le problème, c’est qu’un automobiliste coincé entre deux tracteurs pendant dix minutes, voire un quart d’heure, double dans un virage avec une petite visibilité. Quand dix plateaux à paille circuleront à longueur de journée, bonjour les dégâts. »

M. Gousseau poursuit : « Votre participation prouve que ce pont a une valeur symbolique, aussi bien pour les gens de chez nous que pour les gens de l’extérieur. La solution de facilité était de fermer le pont. Hier il marchait à 40 tonnes, aujourd’hui à 3,5 tonnes, ça fait une différence. En 1930, quand nos anciens, qui étaient aussi intelligents que nous, ont pensé qu’il fallait faire un pont, il n’y avait pas de touristes, il y avait les mogettes. Aujourd’hui, y a plus de mogettes, y a des touristes. Est-ce que ça compense, la question reste posée. On ne peut pas se contenter d’un pont à 3,5 tonnes et deux mètres de large. Un Conseil départemental digne de ce nom, soucieux du bien être de son bassin de vie, peut mettre, à mon avis, 3 millions d’euros sur cinquante ans. »

S’adressant à nouveau aux 200 personnes présentes sur le pont, M. Favreau précise: « Ceux qui ont fait ce pont n’ont peut-être pas pensé qu’il devait durer plus de 80 ans. Ce pont est dans un état déplorable, ce qui justifie des décisions prises. Nous avons fait en sorte de laisser passer au minimum les véhicules de tourisme jusqu’à 3,5 tonnes. Les travaux commenceraient probablement à la mi-septembre sur les soubassements et les garde-corps, pour une durée de deux mois et demi. Durant ces deux mois et demi, il y aura une fermeture. Après, nous serons à douze tonnes. Au delà de douze tonnes, je ne peux vous promettre. Il y a des contingences techniques qui ont fait que nous n’avons pas pu aller plus vite. Après ?!?! Un nouveau pont ?!?! Je ne sais pas si vous connaissez aujourd’hui les exigences administratives en matière de construction, notamment dans le Marais Poitevin qui est un site Natura 2000. C’est une administration d’État qui gère tout ça. Il faudra faire une étude très exigeante. C’est une bagatelle de 4 à 5 millions à la sortie. Je suis désolé des ennuis que ça cause à la population et à tout le secteur économique du Marais, mais je crois que c’est une obligation. »

Ancien maire de la commune d’Arçais (79), M. Joël Bourchenin, a ouvert le volet tourisme : « notre territoire sert de vitrine à notre département, de longue date. Évidemment que ce pont a toute son utilité pour notre tourisme d’été et de toutes saisons. On voit des agriculteurs se mobiliser, on voit aussi des acteurs du tourisme. » Un tourisme estival détourné dont dépend de nombreux commerçants installés dans les villages desservis par le pont.

M. Michel Simon, maire de Coulon, s’exprimant au titre de président de l’Office de tourisme Niort-Marais Poitevin : « A l’Office, nous expliquons aux touristes le problème du pont d’Irleau et l’interdiction des camping-cars. Ils le comprennent. Mais quand un touriste arrive en voiture, il voit tous ces panneaux de déviation. Il se dit que la commune doit être en travaux partout, il file son chemin. On perd du tourisme notamment depuis le début de la saison, les premiers chiffres de fréquentation de l’aire de camping-cars de Coulon l’attestent. »

Cherchons ensemble les bonnes idées pour restaurer le pont d’Irleau et apaiser le climat social dans la Venise Verte ?!?!

Finalement, la conciliation succède à la colère. Tout le monde s’est retrouvé autour d’une table qui « dessèche le gosier », à l’invitation du maire du Vanneau-Irleau. Là, au moins, on s’est parlé sans titre, sans tabou, ni procédure administrative.

 

Gilles PETIT (récit et photos)

COULON (Marais Poitevin 79) : FIAT LUX !!! « Que la lumière soit ! »

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Comme un enfant regarde la vitrine d’un magasin de jouets la veille de Noël, le maire de Coulon Michel Simon voit déjà sa commune « mise en lumière » par l’association Petites Cités de Caractère. Datant de 2016, ce « vieux » projet départemental, lancé par feue l’Agence de Développement Touristique (ADT79), est censé « permettre la mise en valeur du cadre du centre-bourg patrimonial et rural. » D’études en études, pourquoi faire simple (et moins cher !) quand on peut faire compliqué.

 

Comme ici à l’occasion des dernières Nuits Romanes, l’église de Coulon aurait fière allure avec une « mise en lumière » permanente.

Selon Mme Corinne GION, chargée de mission tourisme au Conseil Départemental des Deux-Sèvres (CD79), ce dernier ayant absorbé l’ADT79 : « Douze collectivités deux-sévriennes ont été associées à ce projet. » A savoir, les dix communes engagées dans les Petites Cités de Caractère (Airvault, Arçais, Celles-sur-Belle, Coulon, La-Mothe-Saint-Héray, Mauléon, Melle, Oiron, Saint-Loup-Lamairé et, peut-être, Chef-Boutonne) et les deux villes d’Art et d’Histoire : Thouars et Parthenay.

« La mise en lumière est en même temps un vecteur pour embellir un centre-bourg mais aussi un enjeu de développement économique et touristique puisqu’il s’agit, au travers de ce projet d’aménagement, d’élargir les amplitudes de visites et de séjours au niveau du cœur de bourg », telle est la démarche officielle. En somme, comme des insectes, il s’agit d’attirer par des lumières toujours plus de touristes dans nos petits villages. Mais pas que ! Car il existe un volet éclairage public qui pourrait intéresser les Coulonnais, tant les avis sont partagés sur la gestion des horaires de veille et des économies à faire. La chargée de mission précise : « l’éclairage public va de paire, la mise en lumière sera là pour souligner et pour être en complémentarité avec les sources fonctionnelles et sécuritaires. » En saison estivale uniquement.

Qu’est-ce donc que cette « mise en lumière » ? Il s’agit d’ « intéresser les concepteurs de lumière dans l’étude et la conception de ce projet. La mise en lumière est inscrite dans le cadre du schéma départemental de développement cognitif, approuvé en 2016 par le Conseil départemental des Deux-Sèvres, établi pour la période 2017-2021.  Qui doit permettre de justifier, puis de déclencher des financements départementaux spécifiques. » En clair, le CD79 a travaillé, depuis deux ans, avec l’agence Orpin de Lune, basée à Lyon, en mission d’assistance de maîtrise d’ouvrage sur cette mise en lumière. Évidemment, à l’échelle du département, mais avec des points communs à minima entre ces Petites Cités de caractère.

C’est pas gagné ! En effet, selon Mme Gion : « Il faut répondre aux besoins spécifiques de chacune des collectivités au travers de la déclinaison. Ce n’est pas seulement mettre en lumière un objet déterminé comme un bâtiment, il faut prendre en compte tout un zonage, un secteur donné. Vous pouvez entrer dans une programmation, c’est la définition d’un plan lumière, à savoir, que l’on prend en compte un périmètre donné dans lequel il y a un certain nombre d’objets d’intérêt patrimonial que l’on souhaite valoriser. Ce plan de lumière permettra de définir un phasage, une enveloppe et un calendrier pour déterminer la tranche de travaux. Un état des lieux a déjà été effectué fin 2017 avec l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, puis formalisé dans le cadre d’un support écrit avec un reportage photographique, inventaire de tous les points lumineux. »

Le maire de Coulon souhaite remettre en valeur l’église de la Sainte-Trinité dont l’éclairage est  désormais inhibé tant le système disjonctait. Il pense aussi au pigeonnier de la place de l’Ecu et quelques autres façades ou places et des passages de venelles. Ses yeux ont brillé à l’évocation de l’autre volet de cette mise en lumière : les illuminations estivales des quais de la Sèvre Niortaise, voire du centre du village. Il faut dire que la mission tourisme lui en a mis plein la vue en organisant, l’été dernier, des déplacements à Chaumont-sur-Loire ( Loir-et-Cher) et surtout à Montrésor (Indre-et-Loire). Depuis une dizaine d’années, Montrésor organise en juillet et en août, dans les rues du village et au bord de l’Indrois, au pied de ses deux châteaux, dont un est construit au début du XIe siècle à l’extrémité d’un éperon rocheux surplombant la vallée, une série d’animations et de spectacles estivaux nocturnes retraçant l’histoire de Montrésor appelés Les Nuits solaires de Montrésor.

La halle aux laines de Montrésor mise en lumière en permanence.

Au conseil municipal de Coulon, M. Simon s’est lancé dans un panégyrique vantant la majesté de ces manifestations  monumentales et rêvant de voir la Sèvre Niortaise et ses quais s’animer, à la nuit, d’effets lumineux de toutes sortes ponctués musicalement de diverses apparitions végétales et/ou animales sous forme d’ombres (la belle anguille du Marais remplaçant le grand lézard de Montrésor, par exemple). Il a précisé : « Tout ne sera pas éclairé, il y aura aussi des zones sombres ». Nous avons une pensée pour les Coulonnais qui imaginent déjà la disparition des billetteries des embarcadères entre 22/23 heures et 1 heure (du matin). Un rêve parmi d’autres.

Le projet « mise en lumière » est une « œuvre globale unique en France », dit-on. Or, il n’est pas certain que les douze collectivités retenues adhèrent à l’initiative. « On va s’appuyer sur le collectif pour faire réduire les coûts liés à l’étude, » explique Mme Corinne Gion. « Le département prendrait à sa charge la quasi totalité du chiffrage estimatif (50 000 €) en demandant une participation forfaitaire à chacune des communes à hauteur de 1 000 € » (Coulon a déjà prévu une enveloppe de 3 000 €). Pour les phases suivantes : projets et travaux, le département n’ayant pas vocation à aller plus loin en termes d’appui et de maîtrise d’ouvrage, chaque collectivité reprendra à son compte la maîtrise d’ouvrage, dont le financement, et déclenchera les phases techniques. Il faut que les conseils municipaux acceptent afin que le département sache le nombre définitif des communes qui souhaitent s’engager.

Les Nuits solaires illuminent les bords de l’Indrois et le château Renaissance de Montrésor chaque été.

En résumé, des études ont été réalisées par une agence de maîtrise d’ouvrage. Cette agence doit traverser la France pour travailler en Deux-Sèvres. Maintenant, les communes sont invitées à adhérer à un groupement de commandes chargé de recruter un nouveau cabinet d’études, lequel devra émettre au moins deux propositions au comité de pilotage à former. Ensuite, il faudra encore d’autres études pour définir un plan lumière par collectivité. Suivront des études réalisées concrètement par le ou les prestataires techniques. Parallèlement, des études fixeront les coûts des opérations par collectivité engagée. Tout ça avant que quelqu’un appuie sur le bouton d’allumage estival. « Il s’agit d’avoir un projet suffisamment avancé en terme de simulation, de rendu de simulation, d’estimation financière et puis de descriptif technique. »

On ne peut guère faire plus compliqué. Pour la phase éclairage public, Coulon finance déjà un prestataire-fournisseur d’énergie compétent pour repenser le système, comme l’ont fait des communes voisines réalisant désormais d’importantes économies d’énergie. Pour la phase animation lumineuse estivale, il suffit de débloquer une enveloppe tirée d’un budget culture à remettre à une structure associative experte en technique scénique (à l’image de l’ancienne association Côté Marais qui organisait le Festival du Marais) pour voir émerger des animations féériques. Le tout ne prend que quelques semaines de mise en place, sans gaspillage de fonds.

« L’étude doit durer jusqu’en mai 2019 », précise la chargée de mission. Au mois de mai, il sera trop tard pour penser et installer des lumières artistiques pour la saison 2019. 2020 sera une année de renouvellement des équipes municipales avec ses incontournables remises en cause des politiques antérieures.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple !!!

Gilles PETIT

Crédit photos les Nuits solaires de Montrésor : Alain Crozemarie — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45362902

MARAIS POITEVIN : l’eau, source de « La Vague citoyenne »

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Les 2 et 3 juin 2018 à La Garette (commune deux-sévrienne de Sansais-La Garette, France), « La Vague citoyenne » n’a pas submergé les porteurs des dix-neuf projets de retenues dites de substitution, les fameuses bassines. A l’origine de ce waterstock #3, « Bassines non merci ! », un collectif citoyen, apolitique et pacifiste, qui lutte contre les bassines et l’irrigation à outrances, et lutte aussi pour les paysans.

Durant ces deux jours, « La Vague citoyenne », un nom sous-titré : « Pour une agriculture respectueuse de l’Eau, de la Terre et des Hommes », a rassemblé environ 2000 personnes dont 1200 ont participé à la grande déambulation festive du dimanche après-midi.

Lors des assises citoyennes du samedi, traitant, durant quatre heures, les sujets eau, agriculture et paysage, suivies des prises de paroles en clôture de la manifestation, nous retiendrons quelques propos et témoignages d’intervenants de toutes tendances, ou presque, car on regrettera l’absence des porteurs des projets en question.

Quand il parle de réserves de substitution, au départ, le collectif n’était pas systématiquement contre, et peut-être pas encore aujourd’hui, mais les projets portaient sur des prélèvements de surface, c’est à dire, des rivières qui étaient prêtes à déborder, et des nappes phréatiques archi pleines. En excluant les nappes profondes, indemnes de tout produit, à pomper vers des retenues construites à l’air libre. Dans ces retenues, l’eau va alors se réchauffer et sa qualité va se dégrader. « On est donc complètement dans l’inverse de ce qu’on voudrait faire », estime le collectif.

Selon M. Pierre Lacroix, membre du collectif et président de la Fédération de pêche des Deux-Sèvres : « Aujourd’hui, si les politiques n’ont pas le courage d’amener les mesures d’accompagnement pour changer les modes de culture, il ne serait pas préférable de subventionner un monsieur qui n’irrigue pas et qui sous-produit en faisant de la qualité, par rapport à celui qui irrigue et reçoit des subventions. Parce qu’il faut savoir que ces bassines-là seront subventionnées à 75% par l’Agence de l’eau, argent public, et que, quand ces gens-là prendront l’eau dans les bassines pour irriguer un hectare de maïs, ils toucheront une subvention de 300 € environ. Ils seront donc subventionnés deux fois. »

A savoir, dès qu’une culture est arrosée, il est nécessaire, le lendemain, de traiter la parcelle en pulvérisant un fongicide afin d’éviter le développement de la maladie.

Rapidement lors des assises citoyennes, les interventions fusent, dont celle-ci : « A qui profite le crime ? 9 millions de mètres-cube d’eau pour 230 bénéficiaires. Sur 10% d’irrigants, 2% vont en bénéficier. Sur  les 230 exploitations concernées par les bassines du seul projet de la Sèvre Niortaise que sont les adhérents à la Coop de l’eau, 119 vont être directement raccordés aux bassines. Ce qui représente, à peu près, 6% des exploitations du territoire, tout confondu, irrigants ou non. Il s’agit d’une confiscation de l’eau potable au profit d’une infime partie des gens. »

M. Jean-François Périgné, « citoyen-paysan de la mer », précise-t-il, secrétaire national à la Confédération paysanne et référent de la question de l’eau, a ainsi résumé la situation : « Je voudrais aborder la question de l’eau sur un angle beaucoup plus global, de façon que tout le monde comprenne bien ici l’enjeu local et largement planétaire. Vous avez remarqué que le but majeur de la conquête spatiale est d’aller trouver une planète où il y a de l’eau. Pourquoi ? Car il n’y a pas de vie, telle qu’on la connaît, nous, sans eau. Il n’y a pas une goutte d’eau qui est perdue lorsqu’elle part à la rivière car les racines de l’océan, ce sont les rivières. Et tout comme les poissons qui pondent et qui meurent au stade larvaire, pour nous, c’est exactement la même chose au niveau des coquillages, des crevettes et au niveau de toute la ressource halieutique puisque les zones de reproduction, de frayères, et de nurserie se trouvent dans les zones estuaires parce que c’est là que se fait le mélange entre les sels nutritifs amenés par la terre, il en faut et c’est nécessaire, pour le développement du premier maillon de la chaîne alimentaire de l’océan. Et le premier maillon de la chaîne alimentaire de l’océan, c’est le phytoplancton. Les océans c’est 4/5ème de la surface de la planète. Le phytoplancton est la première biomasse végétale de la planète qui produit les deux tiers de l’oxygène que l’on respire et qui joue un rôle hyper important sur le captage du CO2 car toutes les plantes consomment du CO2 et rejettent de l’oxygène. Tout ce qui est à support calcaire (les coraux, nos coquillages. . .) est en danger de disparition rapide. En une petite trentaine d’années, malgré les sonnettes d’alarme tirées par les conchyliculteurs, la situation se dégrade d’année en année, avec un empilement de mesures environnementales censées sauver la biodiversité, parc naturel marin, Natura 2000, etc. Entre le temps de décision de l’humain et le temps de réponse de la nature, il se passe un certain temps. La terre a son propre rythme qui n’est pas le rythme des humains. Quand on parle de l’eau, on parle de la composition du corps humain, on parle de l’aliment principal. 70% de notre alimentation, c’est de l’eau. Que ce soit sous forme liquide, végétale ou animale, c’est de l’eau qu’on consomme. L’enjeu est énorme. Ici, dans l’ouest de la France, on lutte contre un système d’irrigation pour nourrir une plante qui, dans son pays d’origine est la déesse de la fécondité et qui est en train de devenir chez nous la déesse de la stérilité. Tout simplement parce qu’on est en train de se battre en plein dérèglement climatique pour produire une plante tropicale et donc reconstituer un climat autour de la plante qui n’est pas son climat d’origine. Pourtant, il existe un maïs local. Sur le constat, on est tous d’accord, la FNSEA, les politiques, la Confédération paysanne, les citoyens lambda. Les climatologues nous annoncent 20 à 30% de moins dans les débits des rivières, une pluviométrie qui va devenir de plus en plus aléatoire, huit années sur dix de sécheresse sévère, une évaporation qui va augmenter de 20 à 30 %. L’évaporation sur le problème des bassines, c’est le syndrome du Shadok, on pompe de l’eau qui est stockée naturellement dans le sol, ça n’a rien coûté de la stocker, elle est à l’abri de l’évaporation, pour la mettre dans une bassine où de toute façon sur la globalité du volume d’eau, il va falloir laisser 20% au fond pour maintenir le liner en place, alors qu’au minimum 30% de l’eau va s’évaporer et rentrer naturellement dans le cycle de l’eau. Donc il reste utilisable globalement 50% de l’eau qui aura été pompée de la ressource. Il y aura, quand même, une baisse du stockage de l’eau en souterrain.

« Par rapport à ce contexte climatique, on a deux écoles : pour prévenir on va stocker en hiver quand il y a trop d’eau, etc. ; et l’autre école qui dit : le stockage naturel ne coûte rien, il est là et on va s’adapter de différentes manières, adapter les cultures aux sols. La filière maïs est déficitaire, globalement elle redevient rentable parce que ce maïs est exporté par le port de commerce de La Rochelle-La Pallice. Il va nourrir des poulets au milieu du désert dans le Maghreb ou ailleurs. Et peut-être que dans ces pays, les habitants ne mangent que les cuisses et les blancs et nous ramènent les nuggets que nos gamins mangent dans les MacDo. Ici on est sur une privatisation déguisée, c’est de l’argent public qui va aller à quelques personnes. La problématique de l’eau, c’est la survie de la vie sur la planète parce que l’océan, c’est la vie de la planète. »

Tout le monde s’accorde à dire « il ne faut pas donner plus que la nature ne peut donner. » Mais aussi que « cette lutte contre les bassines et l’irrigation à outrance, c’est une lutte POUR les paysans ! C’est la population où il y a le plus de suicides. Ce sont les premiers impactés par les maladies liées aux pesticides qu’ils utilisent eux-mêmes. C’est une population qui est en pleine dérive morale. »

Le « paysan » Benoît Biteau constate : « La Loi sur l’eau dans son premier article explique que l’eau est un bien commun. Force est de constater que l’eau est devenu un bien marchand. Ça convoque au moins une dimension, celle du partage. Le deuxième article sur la Loi sur l’eau hiérarchise l’usage de l’eau dans un ordre précis : le premier c’est l’eau potable pour que tout ce qui vit sur cette terre puisse avoir accès à l’eau potable, le fluide vital dont nous avons tous besoin ; la deuxième priorité, notamment dans le Marais Poitevin, c’est la préservation du bon état du milieu aquatique. Par le milieu aquatique se jouent énormément d’enjeux, l’équilibre, la préservation des ressources sur les plans tant qualitatifs que quantitatifs, la préservation des biodiversités qu’elles soient sauvages ou domestiques, la climatique fondamentale car ce sont aussi des zones de séquestration du carbone, des gaz à effet de serre, et bien sûr, la santé ; le troisième article, c’est l’eau économique mais ce n’est que le troisième. L’eau économique inclut, entre autres, l’usage de l’eau par les agriculteurs. Le maïs exporte l’eau si rare chez nous vers d’autres contrées alors qu’on pourrait la préserver en revenant sur des fondamentaux agronomiques qui consistent, d’une part, à nourrir des herbivores avec de l’herbe et qui consiste aussi à produire du maïs avec d’autres ressources génétiques que le maïs proposé par les grandes firmes semencières ; les intérêts de quelques-uns se rapprochent, c’est à dire que ceux qui sont derrière ces projets de stockage sont aussi ceux qui proposent de la semence certifiée, des maïs hybrides, des produits de traitement et du matériel d’irrigation. Avec tout ça on télescope l’article premier qui dit que l’eau est un bien commun. Un autre modèle alternatif est possible depuis toujours, il porte un nom : agronomie, agroécologie. Revenons aux fondamentaux, au bon sens paysan. On est en train de dévaster la terre, avec un petit T, telle que nous, paysans, avons entre nos mains, et de la terre avec un grand T, celle qui nous porte tous sur fond de changement climatique. »

Les débats ont aussi porté sur la nourriture : « Aujourd’hui, le combat est dans l’assiette. La qualité des produits n’est pas un problème, c’est un drame. Rien n’est perdu, la mal bouffe n’est pas une fatalité. Il vaut beaucoup mieux moins manger, mais bien manger. Aller chez son petit producteur local. Il faut arrêter de manger des saloperies. »

Quand on parle d’eau souterraine, on parle d’infiltration dans le sol. Un agriculteur maraîchin qui plante depuis des années, a ainsi pointé : « Les milieux sont ouverts. Du moment qu’ils sont ouverts, il y a une chute de la population d’oiseaux, d’insectes, . . . Pour y remédier, le système est simple, on referme les milieux agricoles, on remet de la vie. Ça revient très vite. Le plus beau et le plus énorme mouvement citoyen possible, serait de planter des arbres et des kilomètres de haies. »

Selon la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho : « On ne peut changer les choses que si on est dans l’interaction entre des citoyens qui se mobilisent et des élus qui sont déterminés. S’il n’y a pas de rapport de force, c’est toujours la même chose :  tout continue comme avant, et les lobbies y gagnent à la fin. La mobilisation a déjà commencé à faire bouger les choses. Les problèmes des volumes, de la qualité de l’eau, de la biodiversité, du processus pour un projet de territoire, doivent faire l’objet de dialogues. Tous les espoirs sont permis. »

Le bilan de cette manifestation affiche une fréquentation de l’ordre de 2000 personnes sur le weekend. Dimanche, environ 1200 personnes ont déambulé, en plus de ceux restés sur le site. Ce n’est pas pleinement satisfaisant. Il faut prendre en considération le temps incertain et les nombreuses autres animations organisées dans la région.

« C’est sûr, il y aura un waterstock #4. Si ce n’est pas pour le fait qu’on aura gagné contre les bassines d’ici là, ce sera un waterstock #4 pour reconstruire l’agriculture, pour reconstituer notre paysage et nos rapports humains avec nos agriculteurs. »

Gilles PETIT

A Magné (79), Sainte-Macrine, la Patronne du Marais Poitevin, accueille la 6e Fête de l’estampe

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A Magné (79), ce samedi 26 mai 2018, comme dans la légende, un orage s’est invité sur la Chapelle Sainte-Macrine, dédiée à la patronne du Marais Poitevin. Il y avait foule au vernissage de la 6e Fête de l’estampe désormais organisée chaque 26 mai par Manifestampe, la Fédération nationale de l’estampe, partout en France et dans six autres pays européens.

La chapelle Sainte-Macrine est un lieu culturel peu connu, construit sur la butte du même nom, point le plus élevé de l’ensemble du Marais Poitevin. Propriété de la commune de Magné, il n’est ouvert au public que lors du pèlerinage annuel, chaque 6 juillet, et à l’occasion des Journées du patrimoine.

La Chapelle Sainte-Macrine est construite au lieu-dit le « Cimetière des idoles ». On suppose qu’il existait à cet emplacement un temple païen lié au culte des fontaines.

De quoi et de qui parle-t-on ? une dame Macrine ? une patronne du Marais ? Une chapelle ? Un pèlerinage ? Tout vient d’une légende !

« Mégrine (ou Macrine) vivait au VIIème siècle avec sa sœur Colombe et son amie Pexine ; elles étaient toutes trois d’une beauté si rare que le seigneur Oliverius conçut le projet de les faire venir à la cour pour lui tenir compagnie. Seule Colombe obéit, cherchant ainsi à préserver sa sœur et son amie. Mais le seigneur avait grand appétit. Il envoya des hommes d’armes pour capturer les jeunes filles. Macrine et Pexine durent s’enfuir, elles marchèrent jusqu’à Niort où Pexine, épuisée, mourut dans les bras de sa compagne. Là où se situe maintenant le quartier de Niort-Sainte-Pezenne qui lui doit son nom.

Lorsqu’elle mourut, Macrine devint l’objet d’un culte de la part des habitants du voisinage qui espéraient obtenir des guérisons miraculeuses sur son tombeau.

« Macrine, après avoir donné une sépulture chrétiennes à Pexine, s’enfuit à nouveau et s’arrêta  un moment près de Coulon à Sainte-Mégrine très précisément. Elle traversa la Sèvre Niortaise pour se réfugier dans les marais de Magné où elle pensait trouver la sécurité. Las, les poursuivants étaient toujours à ses trousses. Elle avisa alors un paysan qui semait de l’avoine ; elle lui demanda de répondre aux soldats, s’ils l’interrogeaient, qu’il l’avait vue tandis qu’il semait, ce qui était la stricte vérité. Alors Macrine entra dans le champ et aussitôt l’avoine monta en épis. Sur ces entre-faites, les soldats questionnèrent le paysan qui leur fit la réponse convenue ; ils en conclurent, car ils ne manquaient pas d’intelligence, que Macrine ne pouvait être là et ils abandonnèrent leurs recherches. » Une chapelle a été élevée à l’endroit où s’est produit le miracle, on s’y rend encore en pèlerinage chaque année, le 6 juillet. La légende précise : « Craignant les foudres du seigneur pour n’avoir pu remplir leur mission, les soldats courent toujours la campagne, on les entend parfois, quand le temps est à l’orage. Leurs souffles rauques se mêlent au hennissement plaintif de leurs chevaux ».

Le 26 mai 1660, le roi Louis XIV promulgue l’arrêt de Saint-Jean-de-Luz qui reconnaît aux graveurs le statut d’artistes indépendants. »

Devenu un succès, au fil des années, c’est un rendez-vous à ne pas manquer. La Fête de l’estampe permet à un large public de découvrir dans une ambiance chaleureuse la richesse de ce moyen d’expression qui comprend la gravure, la lithographie, la sérigraphie ou encore les procédés numériques.

Orchestrée par l’artiste-graveur magnésien Jean-Claude Daroux, l’exposition en la Chapelle Sainte-Macrine, intitulée « Rencontre autour de la gravure », est accrochée sur des panneaux en bois fournis par l’industriel local le Groupe Thébault. Cette présentation innovante cadre parfaitement avec la pierre de l’édifice, tout en mettant en relief les œuvres exposées.

Douze artistes proposent une partie de leurs travaux : Joffrion, Sotelo, Neau, Polasek, Auzanneau, Olczak, Defaye, Daroux, Ghigher, Rem, et D. et Y. Millet.

La Fête de l’estampe 2018 : « Rencontre autour de la gravure » en la Chapelle Sainte-Macrine ouverte jusqu’au 6 juin 2018 (sauf lundi ou sur rendez-vous) de 15 à 19 heures.

La chapelle Sainte-Macrine se situe à Magné (79) sur la route du Gué-de-Magné, en direction de Sansais depuis le carrefour à feux tricolores du village de Magné.

Gilles PETIT

BESSINES (79) : Une fête annuelle dédiée à l’angélique, « l’herbe des anges » du Marais Poitevin

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Ombellifère de la famille des « Apiacées », l’angélique est connue depuis le Moyen Âge. Faisant partie du patrimoine local, l’angelica archangelica, l’herbe des anges, vaut bien une fête. Le comité des fêtes de Bessines et l’association Niort-Marais poitevin pour la promotion de l’angélique l’honorent chaque troisième dimanche de mai depuis 18 ans à . . . Bessines (Deux-Sèvres).

Aujourd’hui, l’herbe du Saint-Esprit est surtout connue des gourmands pour ses tiges confites qui, découpées en dés, ornent brioches et galettes. Quand elle ne livre pas son parfum dans la fameuse liqueur d’Angélique.

Selon l’association pour la promotion de l’angélique : « Plante emblématique de Niort et de sa région, l’angélique a été longtemps oubliée. Aujourd’hui, elle renaît avec le développement du tourisme autour de la « Venise verte », haut lieu du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, et la mobilisation des professionnels de la filière « Angélique Niort Marais Poitevin ». »

« L’angélique était connue pour ses vertus médicinales, rappelle l’association. La légende veut qu’on la portait dans un gousset suspendu au cou lors de l’épidémie de peste de Niort vers 1610. Cette plante mythique devint un remède, sa réputation de panacée lui prêtait de nombreuses autres vertus : tonique stomachique, expectorante, dépurative. »

 

« Le comité des fêtes de Bessines existe depuis 20 ans, informe son président Christophe Sauzeau. Les deux premières années, notre manifestation s’appelait juste « Un dimanche au bord de l’eau ». Depuis, nous avons choisi de promouvoir l’angélique. Aujourd’hui, c’est donc la 18ème édition de la Fête de l’angélique. »

De la plantation à la transformation, on vous dit tout sur l’angélique à la fête de Bessines.

« Une cinquantaine d’exposants nous ont rejoints dont une bonne dizaine travaillant des produits à base d’angélique. Tout au long de la journée le public est invité à rejoindre (gratuitement) un champ d’angélique à bord de voitures anciennes pour une visite commentée des différentes étapes de croissance de la belle plante. » Les étapes de sa transformation étaient détaillées sur l’imposant stand de l’association pour la promotion de l’angélique.

« Toutes les parties de la plante sont utilisées, à savoir, les racines, les graines, les tiges et les feuilles, et transformées en bâton confit, chocolat, liqueur, confiture, sirop, compote, huile essentielle, thé, tisane, feuilles fraîches, ou encore graines moulues », expliquent les bénévoles de l’association.

 

« Nous maintenons cette fête tant que l’on peut et que l’on a des bénévoles qui consacrent deux jours de montage des stands et une journée de démontage complet du site. Nous nous appuyons sur des anciens, retraités, qui travaillent la semaine pour nous monter ces beaux stands », remercie Christophe Sauzeau.

Cette manifestation ne serait pas complète sans un repas champêtre servi sur place. « Aujourd’hui, nous avons fait deux cents couverts, se félicite le président. C’est l’atelier culinaire de Bessines qui a composé et préparé le menu, à savoir, du pâté à l’angélique, du sauté de volaille avec des petits légumes et une tarte aux pommes de gâtine avec une boule de glace à l’angélique. »

Gilles PETIT

Comme tous les ans, le comité des fêtes a organisé un concours de composition florale, confectionnée à base de plant(s) d’angélique, ouvert aux professionnels et aux particuliers. Voici les dix œuvres proposées au jugement du public :

La fête était ponctuée d’un spectacle de musique et danses folkloriques offert par l’association PRIMAVERAS de Niort pour la promotion des coutumes et chants traditionnels portugais.

COULON – MAGNE : Sept artistes présents au 48 ans de « La Grange de Camille »

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Pour sa 48ème année, le centre culturel « Coulon, rive gauche », une vraie grange maraîchine appelée « la grange de Camille », s’ouvre à sept artistes : Jean-Claude Daroux (gravure), Camille Gougnard (dessin à la plume), Daniel Mar (art du papier), Noël Marchesseau (aquarelle), Brigitte Belaud (sculpture), Chantal Gadreau (pastel) et les photographies du regretté André Pignoux.

Les artistes qui exposent, cette année, dans « la grange de Camille » : (de g. à d.) Camille Gougnard, Brigitte Belaud, Noël Marchesseau et Daniel Mar entourent l’hôtesse des lieux Cosette Pignoux (au centre). Manquent sur ce cliché, Chantal Gadreau, Jean-Claude Daroux et . . . André Pignoux.                                                                                 Photo Gilles Petit
Monsieur Camille PARIS

Nous sommes en 1969, le fermier maraîchin Camille Paris  vient de vendre ses trois dernières vaches et son cheval, l’écurie et la grange restent désormais vides. L’année suivante, la famille Pignoux a l’idée d’en faire un lieu d’exposition et l’ensemble est alors réhabilité. S’y succèdent des potiers, tisserands, ébénistes. . . Puis de nombreux artisans et artistes. Citons des peintres de prestige : Chenilleau, Bugeant, H. Benard-Giraudias et des intellectuels. « On a connu le potier de Jean Cocteau qui a bien voulu exposer là une trentaine de ses pièces », se souvenait André Pignoux. « Dans les années 1970, la grange faisait office de lieu culturel à Coulon. Il est passé plus de 200 exposants depuis 40 ans ».

Ouverte en 1970, sous le nom de « la grange à Camille », l’ancienne ferme de Monsieur Paris, située sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise face au village de Coulon (Deux-Sèvres), vit les premières expositions des photographies de M. André Pignoux et la fondation, en 1974, d’un groupement d’artisans régionaux. « Il y avait encore du foin à l’étage et les vaches juste parties », aimait rappeler le photographe local. Très fréquentée, « la grange à Camille » ne devait pas rouvrir ses portes, après la pause hivernale. Mais André et Cosette Pignoux, qui résident juste en face sur l’autre rive de la Sèvre Niortaise, n’ont pu se résigner à laisser les volets clos. Parlant alors au nom des artistes de la première édition, le regretté sculpteur Laurent Page expliquait : « Avec cette rénovation de la grange, nous faisons le pari de continuer à faire vivre cet endroit avec les fruits de nos travaux ». Réaménagée en un lieu aéré et clair, l’ancienne ferme héberge désormais, sur 120 m², des aquarelles, pastels, dessins à la plume, sculptures, gravures, art du papier. . .  et des séries de photographies, d’un temps perdu dont André Pignoux fut le témoin, des travaux artistiques pudiques et sensuels sur les nus féminins, et des natures mortes composées.

André Pignoux n’est plus, mais sa mémoire demeure !

Rebaptisée « la grange de Camille », l’ancienne propriété de M. Camille Paris, conserve l’architecture caractéristique de ces vieilles maisons du bord de fleuve, à savoir un corps d’habitation et une écurie en l’état, les auges, les râteliers, même le sol a été conservé intact avec ses pierres inégales et le courant au purin intégralement préservé. Construite comme la plupart des maisons maraîchines, à la fin du XIXe siècle, elle dispose d’un rez-de-chaussée (l’ancienne écurie) et d’un étage (ancien fenil), où était stockée la pâture des animaux.

Certains artistes exposent leurs œuvres dans « la grange de Camille » depuis une vingtaine d’années, c’est le cas de Camille Gougnard (dessin à la plume) ou de Daniel Mar (photographie puis art du papier).

L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte jusqu’à fin septembre dans « la grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.

La plume de Camille Gougnard plonge les visiteurs dans le dessin « gratté ».
L’art se conjugue à tous les sens !?!?

Gilles PETIT

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

 

 

VENISE VERTE : Le garde-champêtre de Coulon (79) Gilbert Lacroix est décédé à 94 ans

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Membre très actif de la vie coulonnaise, Gilbert Lacroix est décédé à l’âge de 94 ans.

M. GILBERT LACROIX à Coulon en 1992          Photo Gilles petit

Né le 21 décembre 1923 à Coulon, Gilbert Lacroix était agriculteur. Ses vaches pâturaient dans le Marais durant la belle saison. Parallèlement, il cultivait la fameuse « mogette du Marais » qu’il vendait avec sa production laitière. Gilbert Lacroix était avant tout un Maraîchin spécialiste du cubage des peupliers.

Les Coulonnais d’un certain âge garderont le souvenir du garde-champêtre qu’il a été durant une douzaine d’années, maniant tambour et baguettes au gré des « avis à la population ». Paraissant bougon, un poil renfrogné, cet ancien combattant et prisonnier de guerre a toujours été dévoué aux autres, ne serait-ce que dans la vie associative.

 

 

M. Lacroix fut membre-fondateur de la société de pêche La Coulonnaise. Une association déclarée en préfecture le 8 juin 1942. Il est élu au bureau du conseil d’administration en 1950 comme trésorier. Un poste qu’il occupera jusqu’à fin 1972, avant de prendre celui de secrétaire, de janvier 1975 à décembre 1997. Gilbert Lacroix a donc été sociétaire de La Coulonnaise durant 56 ans.

Excellent comédien de théâtre, dit-on, il a adhéré, en avril 1946, à l’Amicale des œuvres post-scolaires de Coulon. Au sein de cette Amicale, il a participé à la création de la Maison Pour Tous locale, une innovante structure pluriactivités.

A l’heure de sa retraite, l’homme qui ne se déplaçait qu’à Mobylette ou en barque, a rejoint le club local Retraite et Loisirs, en janvier 1986. Administrateur dès 1990, il en était le trésorier jusqu’à son retrait définitif de la vie associative. Au Club, il aimait, par dessus tout, organiser des activités ludiques et « ses » voyages. Des voyages, commentés avec précisions, qu’il maîtrisait avec ses cartes Michelin « plus efficace qu’un GPS », disait-on.

Entre temps, le 31 juillet 1986, il fut également membre de l’assemblée constitutive du Centre social et culturel du Marais, une structure intercommunale qui siège encore aujourd’hui à Coulon.

Pour l’ensemble de ses activités associatives, M. Lacroix a reçu la médaille de la jeunesse et des sports, échelon bronze, au titre de la promotion du 14 juillet 2002.

Gilbert Lacroix s’était retiré à la maison de retraite de Benet (Vendée) où il avait retrouvé quelques connaissances de sa génération. Des pensionnaires qui se souviendront longtemps des passionnantes et passionnées parties de belote qu’il animait. . . à sa manière.  « Dévoué aux autres » jusqu’au bout.

Gilles PETIT

COULON (79) : Applaudissements pour l’artiste ANDRE PIGNOUX

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Vendredi 23 mars 2018 après-midi, on se pressait, pour ne pas dire on courait, à Coulon (Deux-Sèvres). Pour assister à la toute dernière représentation de l’homme de théâtre qu’était André Pignoux. Autour du cercueil placé au milieu d’une allée centrale du cimetière, la foule des grandes premières formait comme un cocon protecteur. Ici, il n’y avait point de spectateurs. Tous étaient, cette fois-ci, acteurs d’une pièce qui clôt un « livre de la vie ».

L’homme de théâtre et complice des artistes de toutes factures André PIGNOUX (juillet 2017)       Photo Gilles Petit

 A la demande de la famille, Jean-Claude a feuilleté le « livre de la vie » d’André Pignoux : « Et maintenant te voilà plongé dans la nuit. La nuit interminable, cette nuit dont nous savons toi et moi qu’elle ne finit jamais par un matin. L’information est arrivée implacable, certes mais sans surprise. »

« André Pignoux, ce Coulonnais de toujours est tombé dans le guet-apens de la vie qui est propre à chacun. » Parti discrètement à 86 ans, André est né en 1931, à Magné (Deux-Sèvres), sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise. Ses parents travaillent alors sur la rive droite à Coulon. Dix ans plus tard, une petite sœur le rejoint, Françoise.
« Un passage à la communale et une adolescence sans histoire vont révéler un enthousiasme particulier pour le théâtre. Le Coulon d’alors sort de la seconde guerre mondiale, un vent de liberté s’affiche, les pièces de théâtre se multiplient, André y trouve ses repères et excelle dans de multiples interprétations. Pagnol, Labiche ou encore cette pièce en un acte de Tchékhov, « Les méfaits du tabac » où, seul en scène, André se révèle brillantissime.

« La présence de la famille Richard, du cinéaste Pierre Gurgand et surtout de Cosette Richard vont transformer la vie d’André Pignoux. Ils se marient et se réjouissent de l’arrivée de Sandrine, leur fille unique. »

A son retour de Paris en 1969, André Pignoux a pris sa plume :

« C’est le départ vers la capitale, poursuit  J.-C., André et Cosette Pignoux sont accueillis, excusez du peu, par la famille Serreau. Grâce à ses qualités de machiniste, de photographe, d’électricien, il devient l’homme indispensable. De cabarets en théâtres, André travaille sans relâche, ce qui est d’autant plus épuisant qu’il faut composer tous les deux jours avec une nouvelle pièce. Pourtant, ce côté « ombre et lumière des éclairages » le séduit.

« Malheureusement, André tombe malade. Inexorablement, c’est le retour vers le Marais.

« Fort d’une détermination sans faille, et avec son inséparable Cosette, il s’investit dans le théâtre et les arts. Coulon devient la capitale culturelle du Marais Poitevin. En 1970, André loue, crée et aménage une authentique ferme, une maison ayant appartenu à M. Camille Paris, sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise – un lieu qu’il baptise « la Grange à Camille » [aujourd’hui La Grange de Camille] et qui, très vite, devient mythique. Ensemble, ils créent une véritable maison d’artisans et un repère d’artistes. Plus tard, avec le concours de la municipalité et d’une équipe de bénévoles, ils mettent en place un rendez-vous culturel estival annuel : les Soirs d’été. » Ce festival a vécu quinze années jusqu’en 1985. Parallèlement, en période hivernale, la même équipe a géré pendant sept ans un cabaret nommé « Le raton laveur », installé dans l’ancienne demeure du receveur de la Coutume. Un bâtiment qui héberge aujourd’hui la Maison du Marais Poitevin.

« Que d’artistes prestigieux ne sont pas venus à Coulon ! Le plus illustre d’entre eux est Jean Cocteau, qui fait le déplacement en août 1974. Des chanteurs tels que Jean-Roger Caussimon, Mouloudji, Paco Ibanez et Colette Renard, pour n’en citer que quelques-uns, transforment eux aussi le petit village en un haut-lieu de culture. »

Les générations actuelles connaissent Cosette et André Pignoux, comme les fondateurs du Théâtre Roger-Blin, en août 1984. Siégeant à Coulon, cette pépinière d’artistes de théâtre est dédiée à « un ami et collègue »: Roger Blin. Ce grand acteur et metteur en scène était décédé quelques mois auparavant.

Tous les Maraîchins, et les autres, se souviendront du photographe André Pignoux. Témoin de son temps, ce véritable historien de la photographie a saisi entre les années 1946 et 1950 des documents d’une valeur inestimable.

L’artiste André Pignoux devant quelques unes de ses œuvres dans La Grange de Camille (juillet 2013) Image Capt’Action79

Dans notre reportage vidéo consacré à La Grange de Camille, édition 2013 ( à voir ou revoir à l’adresse : https://youtu.be/4AortAw5HWI), André Pignoux s’exprime  : « Revenu dans mon pays, j’ai appris la photo, je me suis installé photographe. J’ai voulu figer mon pays dans la photographie. C’était l’époque charnière où les tronçonneuses remplaçaient les scies, les tracteurs remplaçaient les chevaux. Tout changeait, les vaches en bateau, les dernières laveuses au bord de la rivière, j’ai saisi tout ça. C’est parti vite en trois – quatre ans. Alors c’est ce qui m’a beaucoup motivé et le noir et blanc. J’ai toujours adoré le noir et blanc. Parce que, peut-être, on m’a dit que venant du théâtre comme régisseur éclairagiste, au Théâtre de Lutèce à Paris, j’ai toujours été fasciné par le noir et blanc et les éclairages clairs-obscurs. Avec le numérique, c’est autre chose, l’âge arrivant faut savoir arrêter maintenant. »

Des photos d’André Pignoux dans le livre Simeons du Marais.

Le photographe André Pignoux a aussi participé à la publication de livres dont Cuisine de Poitou et de Vendée de Jeanne Philippe-Levatois, une collection ‎Poitiers Cuisines régionales, aux Éditions du Marais 1968 ; Simeons du Marais de Pierre Gurgand, aux Éditions du Quéré 1989 ; et une plaquette disque Bataille de Torfou 1793, un scénario de l’auteur Serge Danot, une adaptation de Marcel Jaud.

« Le temps passe, conclut Jean-Claude, l’érosion de la vie fait ses ravages et nous rappelle tous pour le grand sommeil. Ne soyons ni tristes, ni accablés de chagrin, il nous suffit de rester fidèles dans l’œuvre culturelle qu’André Pignoux a si brillamment défendue. La plus belle garante en est incontestablement Cosette, qui perpétue sa passion théâtrale avec le brio que les Maraîchins lui connaissent. »

 Monsieur André Pignoux a quitté la scène sous les applaudissements.

 

Gilles PETIT avec Jean-Claude Coursaud

Quinze ans déjà : le 8 mai 2003 on repêchait « L’enfant de la Conche » à Coulon (79 France)

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Le 16 juillet 2003, Alice Géraud, journaliste à Libération, écrivait : « Elle n’a pas de nom. Pas d’âge. Pas de visage. Les gendarmes disent «la fille», parfois «la femme». Le curé du village, lui, préfère parler de «la maman». Ils ne savent rien d’elle. Si ce n’est qu’elle a dû accoucher d’un garçon fin avril, début mai. Le corps du nouveau-né a été retrouvé le 8 mai dans l’eau d’un canal du Marais poitevin ».

Le 8 mai 2003 était une journée quasi estivale dans le Marais Poitevin. Particulièrement à Coulon (Deux-Sèvres France), « capitale » de la Venise Verte. Ce jour-là, cette seconde zone humide de France offrait d’agréables balades aux nombreux promeneurs.  Notamment le long du canal de la Rive droite de la Sèvre Niortaise, communément appelé la Rigole du Grand-Coin. C’est dans cette cathédrale de verdure, qu’en milieu d’après-midi, un homme remarque un objet flottant accroché aux herbes. Avec l’aide de ses amis, ils  repêchent une besace noire de marque Centrix, lestée d’un poids. A l’intérieur, un banal sac poubelle dans lequel ils découvrent le corps d’un nouveau-né.

Une cellule « Grand Coin »

Une cellule, intitulée « Grand Coin », composée de six gendarmes de la brigade de recherche départementale de Niort est alors constituée. Les militaires sont entièrement mobilisés pour identifier le bébé et retrouver sa maman. Sous le contrôle du juge d’instruction de Niort, ils ont procédé à des centaines de vérifications. Ils ont contrôlé tous les campings, gîtes et hôtels de la région, vérifié toutes les rumeurs qui circulaient sur cette affaire. Des plongeurs ont minutieusement inspecté le cours d’eau à la recherche du moindre indice. Coulon étant située en limite de trois départements, l’enquête s’est poursuivie en Vendée et Charente-Maritime. Les enquêteurs ont même fait appel à l’hypnose pour aider un témoin à éclaircir ses souvenirs. Ce dernier aurait assisté à une animation inhabituelle près de la rigole où le promeneur a repêché la besace.

Cette besace à bandoulière a fait l’objet de toutes les attentions de la part des enquêteurs. Ceux-ci étaient même prêts à interroger tous les propriétaires de ce sac très particulier (il s’agit d’un objet publicitaire largement distribué en entreprises sur lequel figure le logo de celles-ci, une marque soigneusement découpée) resté immergé au fond de l’eau «au moins neuf à dix jours». «Il était très abîmé», explique-t-on. On imagine l’état du nouveau-né qui ne portait pas de trace de violences . « Juste un corps de nourrisson. De sexe masculin, de type européen. Sans vêtement ni signe distinctif. Et sans passé, forcément ! » précisait Alice Géraud.

Quinze ans plus tard, on ignore toujours si l’enfant est mort-né ou s’il a vécu. L’autopsie n’a donné aucune certitude. Du côté de la maman, les enquêteurs ont cherché une femme ayant pu être enceinte ce printemps-là. Ils ont comparé les grossesses déclarées et les naissances enregistrées dans les trois départements. Mais elle a pu cacher sa maternité et/ou accoucher seule. Ils ont aussi recoupé l’affaire avec les précédents dossiers d’infanticides et d’abandon d’enfant sur leur juridiction.

La municipalité se substitue à la famille.

Durant l’enquête, le curé du village, le père Michel Châtaigner, a écrit au maire pour demander que le corps du bébé soit «dignement inhumé» en souhaitant : «Il faudrait respecter la religion de la maman. Enfin, si on la retrouve.» Les enquêteurs n’ont pas retrouvé cette personne.

Finalement, comme le prévoit la législation, selon le délai d’instruction et s’il n’y a pas d’identification, le corps doit revenir à la commune du lieu de la découverte. S’adressant au Conseil municipal de Coulon, dès le 13 mai 2003, le maire de l’époque Michel Grasset annonçait : « la commune devra assumer si nécessaire. Dans cette hypothèse, la municipalité devra offrir une sépulture à la petite victime. La crémation est proscrite dans l’éventualité où la famille réclamerait ultérieurement son corps.« 

Début octobre 2003, le petit corps a effectivement été rendu à la commune de Coulon. Il a été inhumé le mercredi 15 octobre à 10h30 dans le cimetière communal à l’issue d’une cérémonie solennelle en présence de la municipalité, du curé, d’un pasteur, de représentants de la Gendarmerie et de l’Etat, accompagnés de quelques Coulonnais. Les dépenses (mise en bière, transport de corps, plaque, gerbe de fleurs…) ont été prises en charge par la collectivité locale.

Depuis ce jour, la petite tombe de « L’enfant de la Conche » est régulièrement entretenue par des anonymes.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : la randonnée vintage 2018 de « Marais en marche » est annulée

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Le dimanche 4 juin 2017, le village de Saint-Georges-de-Rex (Deux-Sèvres) était le point central des randonnées « Le Marais en marche ». Des marcheurs, des cyclistes, des nostalgiques du Vélosolex, des collectionneurs de véhicules d’antan, des danseurs, des musiciens, des animateurs nature . . . s’y étaient retrouvés pour participer à un après-midi vintage ponctué de rencontres inédites. L’édition 2018 s’avérait un excellent cru : elle est annulée.

Destinée à démontrer qu’après la tempête dévastatrice de décembre 1999, les voies du Marais étaient redevenues praticables, « Le Marais en Marche » est une association intercommunale, née en 2000. Elle entend promouvoir la randonnée « intelligente » permettant  de découvrir le patrimoine naturel, architectural et culturel de ce territoire qu’est le Marais Poitevin, en général, et la Venise Verte, en particulier.

Cette fête de la randonnée pédestre, ouverte, depuis l’an dernier, aux cyclistes, est devenue un rendez-vous unique qui s’adapte avec authenticité à la géographie et à l’histoire locale, alliant sport et culture au cœur du Marais mouillé.

Appelée La Transmaraîchine, au départ de Saint-Georges-de-Rex, la randonnée vélo s’était élargie vers les voisins du département de Vendée sous le nom de La Sévrienne. Ainsi, les vélos de Marais en marche avaient rejoint Damvix en passant par Arçais, Le Vanneau-Irleau, Saint-Georges-de-Rex et Saint-Hilaire la Palud.

Dans l’interview qu’il nous avait accordé, à écouter en cliquant sur ce lien : https://youtu.be/NLyWd7B8VLY , M. Jacques Ramezi, président de l’association « Le Marais en marche » avait dressé un premier bilan de l’édition 2017, mais aussi il s’interrogeait sur l’avenir de telles manifestations dans le Marais.

C’est officiel : « l’édition 2018 du Festival Vintage n’aura pas lieu » regrette M. Ramezi.

Sans ambages, le président explique :

considérant le positionnement volontaire, sans concertation, d’une nouvelle manifestation

le week-end des 2 et 3 juin 2018 sur le village de St-Georges-de-Rex ;

considérant des difficultés d’attribution d’aides financières dues à une situation administrative complexe liée à l’interdépartementalité du Festival Vintage ;

considérant les inquiétudes dues à la très probable difficulté à mobiliser les 80 bénévoles nécessaires,

l’équipe organisatrice refuse « de maintenir un projet qui, de toute évidence sera affecté par les problèmes  énoncés ci-dessus. Elle refuse de mettre en jeu la responsabilité du président devant cette instabilité par respect aux 31 artistes, 5 techniciens, 7 guides de territoire, 25 exposants qui étaient prévus sur ce festival, aux partenaires privés et institutionnels qui contribuent au financement de ce projet. »

Cependant, le président modère la décision : « Les messages de soutien qui nous arrivent, nous motivent pour envisager une édition 2019. Nous allons travailler à cette éventualité avec les élus afin de trouver des modalités de financements coordonnées et une organisation interdépartementale stable et pérenne. »

Voici, pêle-mêle, quelques photos de l’édition 2017 :

Texte et photos Gilles PETIT

e-mail : lemaraisenmarche79@gmail.com ; tél. 05.49.35.04.09.