Cosette Pignoux

Journées du patrimoine : « Les pierres nous racontent » ou l’histoire de Coulon (Deux-Sèvres) en balade

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A l’occasion des Journées européennes du patrimoine, samedi 21 septembre 2019, les membres de la commission culture et patrimoine du Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) ont retracé le passé de leur village : Coulon (Deux-Sèvres), en mode déambulation en suivant deux comédiens.

Mise en scène par Cosette Pignoux, la balade dans le centre-bourg de Coulon « Les pierres nous racontent » était animée par les comédiens Céline Bernard et Pierre-Jean Calmel. Photo Gilles PETIT

Dans la rubrique « Arts et divertissements » des Journées européennes du patrimoine, le public était invité à une balade dans les rues du centre-bourg de Coulon animée par deux comédiens. Intitulée « Les pierres nous racontent », cette déambulation a fait revivre un passé « pas si éloigné que ça », dit-on.

Avant de se lancer dans l’aventure, les participants ont d’abord été invités à suivre Adeline et Danielle. Ces « expertes » de la commission culture et patrimoine du CSCM ont commenté la riche exposition présentée dans les locaux de ce centre social. Leur but, (re)plonger les visiteurs au cœur des siècles passés de Coulon, à l’aide de plans, de photographies, de témoignages, de documents édités en recueils, . . ., fruits des recherches effectuées par le collectif « Histoire et patrimoine ».

Photo Gilles PETIT

Ainsi imprégnés de la vie culturelle locale, les promeneurs ont rejoint Céline Bernard, de la compagnie « La part belle », et Pierre-Jean Calmel, de la compagnie « Point du jour ». Sur une mise en scène de Mme Cosette Pignoux, du Théâtre Roger-Blin de Coulon, qui a également élaboré les dialogues, ces deux comédiens ont prêté leur voix aux pierres du village.

« La journée du patrimoine est une belle expérience », admet Pierre-Jean Calmel. « Je connais un peu Coulon mais j’ai redécouvert des petites choses, j’en ai appris des nouvelles. Selon les échos que nous avons perçus, les gens sont impressionnés par tous les changements qu’il a pu y avoir dans ce village. Ce qui fait que le public est content. Qu’il soit conquis et qu’il soit heureux d’avoir pu participer à ce projet, c’est tout ce qui compte. »

« On essaie de transmettre des valeurs et des éléments comme ça qui nous touchent », espère Céline Bernard. « Nous sommes  contents, nous avons pu faire avec Cosette Pignoux un projet ensemble sur un événement éphémère comme celui là ! » Raconter l’histoire de Coulon dans l’authenticité mais d’une façon artistique.

Céline Bernard a créé la compagnie « La part belle » en 2016 sur Niort (79) en débutant par un spectacle, intitulé « Mila Charabia », destiné au jeune public et à la toute petite enfance. Dans un autre genre, la compagnie tourne aussi avec « Personal box ». Il s’agit d’un groupe qui « construit des appareils de musique avec des bidons, des machines à laver, des vieilles boîtes, . . . auxquels on ajoute deux ou trois cordes. On récupère tout ça dans l’esprit des noirs américains qui, dans les champs de coton, faisaient des cigar-box guitars avec des boîtes à cigares. » Un album CD est en bonne voie, ainsi qu’un « petit spectacle créé avec l’aide du metteur en scène Joël Picard. » Puis viendra une autre création, plutôt théâtre et marionnettes au doux nom de « Le cœur juste » reprenant un texte de Georges Sand : La petite Fadette. « La première représentation est prévue au mois de novembre. D’ailleurs, nous cherchons des co-producteurs, du moins des gens pour nous diffuser. » Contact Céline Bernard : tél. 07 77 07 19 90 Site lapartbellecompagnie.com

Pierre-Jean Calmel est comédien, metteur en scène, pédagogue, et animateur d’ateliers théâtre en milieu rural principalement. Sa compagnie « Point du jour » est basée à Mauzé-sur-Le-Mignon (79). Elle intervient également du côté de Surgères (17) et dans le Bordelais. « Avec ma compagnie et deux anciens camarades de conservatoire, nous avons monté deux spectacles jeune public » informe Pierre-Jean Calmel, « un Chat botté réécrit tiré du conte de Charles Perrault; et « Le petit manuel du héros » qui raconte le voyage et les épopées des héros de tous temps en posant la question : Y a-t-il un héros qui sommeille en chacun de nous? Comme quoi, il n’y a pas besoin de porter un costume ou de faire la une des journaux pour accomplir des choses au quotidien mais qui peuvent parfaitement être aussi des actes héroïques. »  Contact Compagnie Point du jour, n°6 rue de la Distillerie à Mauzé-sur-Le-Mignon 79210; tél. 06 76 91 92 32.

Gilles PETIT

Les pierres des bâtisses de Coulon ont parlé lors des Journées européennes du patrimoine, les 21 et 22 septembre 2019 . Photo Gilles PETIT
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COULON – MAGNE : Sept artistes présents au 48 ans de « La Grange de Camille »

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Pour sa 48ème année, le centre culturel « Coulon, rive gauche », une vraie grange maraîchine appelée « la grange de Camille », s’ouvre à sept artistes : Jean-Claude Daroux (gravure), Camille Gougnard (dessin à la plume), Daniel Mar (art du papier), Noël Marchesseau (aquarelle), Brigitte Belaud (sculpture), Chantal Gadreau (pastel) et les photographies du regretté André Pignoux.

Les artistes qui exposent, cette année, dans « la grange de Camille » : (de g. à d.) Camille Gougnard, Brigitte Belaud, Noël Marchesseau et Daniel Mar entourent l’hôtesse des lieux Cosette Pignoux (au centre). Manquent sur ce cliché, Chantal Gadreau, Jean-Claude Daroux et . . . André Pignoux.                                                                                 Photo Gilles Petit
Monsieur Camille PARIS

Nous sommes en 1969, le fermier maraîchin Camille Paris  vient de vendre ses trois dernières vaches et son cheval, l’écurie et la grange restent désormais vides. L’année suivante, la famille Pignoux a l’idée d’en faire un lieu d’exposition et l’ensemble est alors réhabilité. S’y succèdent des potiers, tisserands, ébénistes. . . Puis de nombreux artisans et artistes. Citons des peintres de prestige : Chenilleau, Bugeant, H. Benard-Giraudias et des intellectuels. « On a connu le potier de Jean Cocteau qui a bien voulu exposer là une trentaine de ses pièces », se souvenait André Pignoux. « Dans les années 1970, la grange faisait office de lieu culturel à Coulon. Il est passé plus de 200 exposants depuis 40 ans ».

Ouverte en 1970, sous le nom de « la grange à Camille », l’ancienne ferme de Monsieur Paris, située sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise face au village de Coulon (Deux-Sèvres), vit les premières expositions des photographies de M. André Pignoux et la fondation, en 1974, d’un groupement d’artisans régionaux. « Il y avait encore du foin à l’étage et les vaches juste parties », aimait rappeler le photographe local. Très fréquentée, « la grange à Camille » ne devait pas rouvrir ses portes, après la pause hivernale. Mais André et Cosette Pignoux, qui résident juste en face sur l’autre rive de la Sèvre Niortaise, n’ont pu se résigner à laisser les volets clos. Parlant alors au nom des artistes de la première édition, le regretté sculpteur Laurent Page expliquait : « Avec cette rénovation de la grange, nous faisons le pari de continuer à faire vivre cet endroit avec les fruits de nos travaux ». Réaménagée en un lieu aéré et clair, l’ancienne ferme héberge désormais, sur 120 m², des aquarelles, pastels, dessins à la plume, sculptures, gravures, art du papier. . .  et des séries de photographies, d’un temps perdu dont André Pignoux fut le témoin, des travaux artistiques pudiques et sensuels sur les nus féminins, et des natures mortes composées.

André Pignoux n’est plus, mais sa mémoire demeure !

Rebaptisée « la grange de Camille », l’ancienne propriété de M. Camille Paris, conserve l’architecture caractéristique de ces vieilles maisons du bord de fleuve, à savoir un corps d’habitation et une écurie en l’état, les auges, les râteliers, même le sol a été conservé intact avec ses pierres inégales et le courant au purin intégralement préservé. Construite comme la plupart des maisons maraîchines, à la fin du XIXe siècle, elle dispose d’un rez-de-chaussée (l’ancienne écurie) et d’un étage (ancien fenil), où était stockée la pâture des animaux.

Certains artistes exposent leurs œuvres dans « la grange de Camille » depuis une vingtaine d’années, c’est le cas de Camille Gougnard (dessin à la plume) ou de Daniel Mar (photographie puis art du papier).

L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte jusqu’à fin septembre dans « la grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.

La plume de Camille Gougnard plonge les visiteurs dans le dessin « gratté ».
L’art se conjugue à tous les sens !?!?

Gilles PETIT

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

 

 

VENISE VERTE : le Théâtre Roger-Blin en tournée estivale 2017 avec deux pièces

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Basé à Coulon (dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres), le Théâtre Roger-Blin est une pépinière de jeunes talents. Fondée le 6 août 1984, cette association, régie par la Loi de juillet 1901, organise, toute l’année, des stages divers, des spectacles de théâtre, chansons, musique, lectures publiques. . . et, en saison estivale, des tournées de théâtre dans la Venise Verte. Cet été, deux pièces seront présentées, en sept dates : La Piazzetta du Café, de Bernard Jolibert, par les jeunes élèves, suivie par Le Repas des Fauves, de Vahé Katcha, interprétée par les acteurs du Théâtre Roger-Blin.

Qui était Roger Blin ? Homme de théâtre et de cinéma, cet acteur et metteur en scène français, est né le 22 mars 1907 à Neuilly-sur-Seine (Seine Saint-Denis) et décédé le 21 janvier 1984 à Evecquemont (Yvelines). Cosette et André Pignoux, les fondateurs de l’association éponyme, retracent la vie d’un ami et « collègue »: « Roger Blin débute en 1935 comme figurant et assistant d’Antonin Artaud dans Les Cenci. Jacques Prévert le fait entrer dans le Groupe Octobre. Puis il participe au premier spectacle de Jean-Louis Barrault, Numance, en 1937. Sa première mise en scène (La sonate des spectres de Strindberg, en 1948) le fait remarquer par Samuel Beckett, qui lui confie la création d’En attendant Godot, en 1953, au Théâtre Babylone. Il créera toutes les pièces de Beckett jusqu’à Oh ! Les beaux jours. Jean Genet lui confie aussi Les nègres, en 1959. Jean-Louis Barrault lui permet de monter Les paravents de Genet à l’Odéon en 1966. C’est un énorme scandale, à cause des évidentes allusions à la guerre d’Algérie. Roger Blin n’a monté qu’un seul « classique » : Macbeth (Shakespeare). Il a surtout fait découvrir ses contemporains : Samuel Beckett, Jean Genet, Jean-Louis Bauer, François Billetdoux. . . Il a toujours cherché à privilégier le travail des acteurs : la diction, les déplacements, l’humour aussi. »

Le Repas de Fauves de Vahé Katcha : « Dans la France occupée, sept amis se retrouvent pour fêter l’anniversaire de leur hôte Sophie. La soirée se déroule sous les meilleurs auspices, jusqu’à ce qu’au pied de leur immeuble soient abattus deux officiers allemands. Par représailles, le commandant Kaubach de la Gestapo investit l’immeuble et décide de prendre deux otages par appartement. Mais comme il reconnait en M. Pelissier, un libraire qu’il fréquente et dont il apprécie les conseils, il accorde par courtoisie aux convives un délai de deux heures pour désigner eux-mêmes les deux otages qui seront exécutés. »

Depuis plus de trente ans, Cosette Pignoux dirige de jeunes comédiens au Théâtre Roger-Blin à Coulon.

La mise en scène est assurée par Mme Cosette Pignoux : « On  présente, cette année, une pièce d’un auteur syrien. J’aime énormément cette pièce parce que l’écriture est très forte, et qu’en même temps ça nous rappelle des tas de choses qu’il ne faut jamais oublier. Il y a la guerre un peu partout, il est grand temps de savoir que l’on peut retomber facilement dans des histoires invraisemblables. Il faut en parler. Mais c’est bien de découvrir cela parce que ça nourrit de plein de choses pour penser justement, quand on est heureux. Parce que, en France on se plaint beaucoup, on se plaint énormément et toujours. Cependant en se plaignant tout le temps, on ne pense pas qu’on est heureux en liberté et qu’on a des tas de possibilités. Ces jeunes migrants, qui sont partis de leur pays, nous donnent des leçons de vie extraordinaire. Le théâtre le peut également. Alors on peut dire le théâtre politique, moi j’en ai rien à faire du mot, ce qui m’intéresse c’est le partage et ce qu’on véhicule à travers ça »

« Le théâtre est fait pour distraire, dit-on, poursuit Cosette Pignoux. Je suis allée à une école de théâtre qui était un peu différente. Le Théâtre de Lutèce, à Paris 5ème, proposait surtout des pièces qui révélaient des choses intéressantes pour nourrir les gens d’idées nouvelles. Au Roger-Blin, je suis partie sur une méthode semblable et je n’arrive pas à monter autre chose, à part Molière, bien sûr, qui est un des maîtres du théâtre que j’adore dont j’aime énormément les textes. Je fais travailler tous mes comédiens là-dessus au départ et je trouve que c’est bien. »

Cette année, les tout jeunes comédiens, les élèves de Cosette, vont jouer, en première partie, La Piazzetta du Café, d’un auteur français Bernard Jolibert. « Une pièce écrite à la façon de Molière, qui est très drôle, explique Mme Pignoux. Je trouve ça très sympathique parce qu’il parle des femmes, des relations entre hommes et femmes, d’une façon très agréable qui nous plonge d’une autre manière, à savoir, modernisée. »

« Je suis toujours autant passionnée de théâtre. Je trouve que le théâtre pour les gamins est très important. En plus, cette année, je fais découvrir Molière à des jeunes Africains qui sont actuellement sur Coulon, de jeunes migrants qui viennent travailler avec moi. C’est une grande richesse pour eux, estime la Coulonnaise. Ce sont des enfants charmants, j’aimerais beaucoup que les gens les rencontrent parce que, souvent, on a des images absolument faussées. Moi, ma vie est vouée à faire se rencontrer les êtres, à faire se partager les textes, les mots. C’est une richesse et tant qu’on aura ça, on sera sauvé. Simplement quand on n’entend plus les paroles, évidement que là tout devient dramatique et que l’on ne puisse plus parler. J’espère que ces jeunes vont pouvoir faire une prestation en avant-première des pièces qu’on joue. Et puis c’est drôle avec leur accent. Ce que je remarque, c’est que ça leur fait du bien pour l’articulation. »

L’animatrice du Théâtre Roger-Blin conclut : « Il faut que les gens viennent découvrir ces pièces. J’aime bien que les gens soient critiques, qu’ils viennent dire après ce qu’ils ont ressenti ou pensé. Mais les gens n’osent jamais. On dit toujours que c’est bien, mais ça veut rien dire pour moi. Oui, les avis sont intéressants. C’est aussi aller plus au fond des choses. »

Renseignements et réservations : 05 49 35 91 42 ; 05 49 04 58 42 ; 02 51 51 96 27  http://theatrerogerblin.jimdo.com

Gilles PETIT (entretien et photos)