Cosette Pignoux

Journées du patrimoine : « Des pierres nous racontent » l’histoire de Coulon, le 20 septembre 2020

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A l’occasion des Journées européennes du patrimoine, dimanche 20 septembre 2020, deux comédiens retraceront le passé du village de Coulon (Deux-Sèvres), en mode déambulation entre ruelles et rues.

Comme l’an dernier, mise en scène par Cosette Pignoux, la balade dans le centre-bourg de Coulon « Les pierres nous racontent » sera  animée par les comédiens Céline Bernard et Pierre-Jean Calmel. Photo Gilles PETIT

Dans la rubrique « Arts et divertissements » des Journées européennes du patrimoine, le public est invité, gratuitement, à une balade dans les rues du centre-bourg de Coulon animée par deux comédiens. Intitulée « Les pierres nous racontent », cette déambulation fait revivre un passé « pas si éloigné que ça », dit-on.

Avant de se lancer dans l’aventure, les participants seront d’abord invités à suivre la riche exposition présentée dans les locaux du Centre Social et Culturel du Marais, place de la Coutume. Le but, (re)plonger les visiteurs au cœur des siècles passés de Coulon et du Golfe des Pictons, à l’aide de plans, de photographies, de témoignages, de documents édités en recueils, . . ., fruits des recherches effectuées par le collectif « Histoire et patrimoine ».

Édition 2019 Photo Gilles PETIT

Ainsi imprégnés de la vie culturelle locale, les promeneurs rejoindront Céline Bernard, de la compagnie « La part belle », et Pierre-Jean Calmel, de la compagnie « Point du jour ». Sur une mise en scène de Mme Cosette Pignoux, du Théâtre Roger-Blin de Coulon, qui a également élaboré les dialogues, ces deux comédiens ont prêté leur voix aux pierres du village.

« La journée du patrimoine est une belle expérience », admet Pierre-Jean Calmel à l’issue de l’édition 2019. « Je connais un peu Coulon mais j’ai redécouvert des petites choses, j’en ai appris des nouvelles. Selon les échos que nous avons perçus, les gens sont impressionnés par tous les changements qu’il a pu y avoir dans ce village. Ce qui fait que le public est content. Qu’il soit conquis et qu’il soit heureux d’avoir pu participer à ce projet, c’est tout ce qui compte. »

« On essaie de transmettre des valeurs et des éléments comme ça qui nous touchent », espère Céline Bernard. « Nous sommes  contents, nous avons pu faire avec Cosette Pignoux un projet ensemble sur un événement éphémère comme celui là ! » Raconter l’histoire de Coulon dans l’authenticité mais d’une façon artistique.

 

Céline Bernard a créé la compagnie « La part belle » en 2016 sur Niort (79) en débutant par un spectacle, intitulé « Mila Charabia », destiné au jeune public et à la toute petite enfance. Dans un autre genre, la compagnie tourne aussi avec « Personal box ». Il s’agit d’un groupe qui « construit des appareils de musique avec des bidons, des machines à laver, des vieilles boîtes, . . . auxquels on ajoute deux ou trois cordes. On récupère tout ça dans l’esprit des noirs américains qui, dans les champs de coton, faisaient des cigar-box guitars avec des boîtes à cigares. »  Contact Céline Bernard : tél. 07 77 07 19 90 Site lapartbellecompagnie.com

Pierre-Jean Calmel est comédien, metteur en scène, pédagogue, et animateur d’ateliers théâtre en milieu rural principalement.

Basée à Mauzé-sur-Le-Mignon (79), sa compagnie « Point du jour » intervient également du côté de Surgères (17) et dans le Bordelais. « Avec ma compagnie et deux anciens camarades de conservatoire, nous avons monté des spectacles jeune public » informe Pierre-Jean Calmel.  Contact Compagnie Point du jour, n°6 rue de la Distillerie à Mauzé-sur-Le-Mignon 79210; tél. 06 76 91 92 32.

Trois départs pour cette balade sont prévus devant le Centre Social et Culturel du Marais, place de la Coutume à Coulon, le 20 septembre 2020 : 10h30, 14h00 et 16h00. Durée : 1h30. Le nombre de places est limité. Des précisions et inscriptions au CSCM : tél. : 05 49 35 99 90 ou contact.lemarais@csc79.org

Gilles PETIT

Les pierres des bâtisses de Coulon parleront dimanche 20 septembre 2020 lors des Journées européennes du patrimoine. Photo Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN – COULON – MAGNE : 50 ans, l’âge d’Or de « La Grange de Camille »

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« 50 ans, l’âge d’Or. L’âge dort mais nous allons le réveiller pour évoquer ces années 1970 où, après une petite décennie passée sur Paris dans le milieu théâtral, Cosette et André reviennent à Coulon et décident que la nouvelle scène de leur vie aura maintenant pour décor leur pays natal. » Le maître dans l’art du papier, Daniel Mar, avec Cosette Pignoux retracent la genèse du centre culturel « Coulon, rive gauche », une vraie grange maraîchine appelée « La Grange de Camille ».

La Grange de Camille est située sur la commune de Magné (79) face au village de Coulon. Photo Gilles PETIT

« En 1968, on écrivait « sous les pavés la plage », et en 1980 « sur les pavés l’art ». C’est ainsi que Bijou ne faisant plus entendre le bruit de ses sabots ferrés sur les pavés, étant déjà parti depuis quelque temps rejoindre ses compagnons de chevauchée dans la prairie du grand large, et Camille ayant refermé cette porte d’écurie comme on referme un livre quand l’histoire se termine. Camille le voisin d’enfance, le voisin du jardin d’à côté. C’est ainsi que commence l’histoire de la Grange à Camille, » se souvient Mme Cosette Pignoux, metteur en scène de théâtre.

 

L’écurie de Camille Paris

Monsieur Camille PARIS

Nous sommes en 1969, le fermier maraîchin Camille Paris vient de vendre ses trois dernières vaches et son cheval Bijou, l’écurie et la grange restent désormais vides. Résidant juste en face, sur l’autre rive de la Sèvre Niortaise, M. André Pignoux voyait cette grange vacante. « Il demande à Camille s’il ne pouvait pas lui louer ce lieu un peu improbable. Tellement symbolique de l’âme du pays. Là, ses photos seraient exposées en parfaite symbiose avec ce qu’elles représentent, » commente Daniel Mar.

 

L’année suivante, la famille Pignoux a l’idée d’en faire un lieu d’exposition et l’ensemble est alors réhabilité. S’y succèdent des potiers, tisserands, ébénistes. . . Puis de nombreux artisans et artistes. Citons des peintres de prestige : Chenilleau, Bugeant, Hélène Besnard-Giraudias et des intellectuels. « On a connu le potier de Jean Cocteau qui a bien voulu exposer là une trentaine de ses pièces », se souvenait le regretté André Pignoux. « Dans les années 1970, la grange faisait office de lieu culturel à Coulon« .

 

 

L’homme de théâtre et complice des artistes de toutes factures André Pignoux (juillet 2017) est décédé en mars 2018. « Sa mémoire demeure, » assure Cosette Pignoux.    Image Gilles Petit

Ouverte en 1970, sous le nom de « la Grange à Camille », l’ancienne ferme de Monsieur Paris, vit les premières expositions, sur 120 m², des photographies de M. André Pignoux et la fondation, en 1974, d’un groupement d’artisans régionaux. « Il y avait encore du foin à l’étage et les vaches juste parties », aimait rappeler le photographe local. Très fréquentée, « la Grange à Camille » ne devait pas rouvrir ses portes, après la pause hivernale. Mais André et Cosette Pignoux n’ont pu se résigner à laisser les volets clos. Parlant alors au nom des artistes de la première édition, le regretté sculpteur Laurent Page expliquait : « Avec cette rénovation de la grange, nous faisons le pari de continuer à faire vivre cet endroit avec les fruits de nos travaux ».

 

Quand la « Grange » change de nom !

Rebaptisée « la Grange de Camille », l’ancienne propriété de M. Camille Paris, conserve l’architecture caractéristique de ces vieilles maisons du bord de fleuve, à savoir un corps d’habitation et une écurie en l’état, les auges, les râteliers, même le sol a été conservé intact avec ses pierres inégales et le « courant au purin » intégralement préservé. Construite comme la plupart des maisons maraîchines, à la fin du XIXe siècle, elle dispose d’un rez-de-chaussée (l’ancienne écurie) et d’un étage (ancien fenil).

Certains artistes exposent leurs œuvres dans « la Grange de Camille » depuis une vingtaine d’années, c’est le cas de Daniel Mar (photographie puis art du papier). L’artiste retrace la genèse d’une aventure « gagnante » : « Lorsqu’André a retrouvé son pays natal, il a tout de suite pris conscience des mutations qui étaient en train de se produire dans ce milieu rural. Une époque charnière où les tronçonneuses remplacent les scies, les tracteurs se substituent aux chevaux. . . Alors lui qui, sur Paris, a aussi appris la photo, se met à saisir en noir-et-blanc les ultimes images du transport du bétail dans les bateaux, des lavandières sur les bords de Sèvre, tous les gestes ancestraux de ce monde rural qui bientôt vont disparaître. Et dans cette grange, toutes ces images vont trouver là un parfait écho. Et puis très vite, André et Cosette pensent qu’ils pourraient peut-être aussi accueillir en ce lieu d’autres artistes, artisans d’art susceptibles de présenter ici leurs œuvres. Alors, les années suivantes, vont se croiser ici potiers, ébénistes, tisserands. Et d’emblée c’est le succès car à l’époque nulle part ailleurs dans la région il n’y a d’équivalent. On y trouve du mobilier, des abat-jours, des foulards, des peaux de bête, et bien sûr des œuvres peintes ou sculptées par des artistes locaux. On y accourt de partout de la région et plus encore du proche pays niortais où tout le monde a, au moins, entendu parler de la Grange à Camille.

 

« la Grange a 50 ans ! »

La soirée d’anniversaire « la Grange a 50 ans ! » était ponctuée des musiques et poèmes interprétés par Anne Testard. Photo Gilles PETIT

« Dès qu’il y a un cadeau à faire pour un parent : la Grange à Camille; un collègue qui part à la retraite : la Grange à Camille; le voisin qui va pendre sa crémaillère : la Grange à Camille. Les années passent, les temps changent. Nous sommes dans les années 1990, la Grange elle aussi se doit d’évoluer, mais Cosette et André craignent vivement que les organismes officiels les obligent à des changements radicaux comme, par exemple, la démolition du sol et son pavage qui participeraient à anéantir l’âme du lieu. Mais la bonne fée du Marais veille et la Grange ne connaîtra pas les transformations. Souhaitant alors se positionner en dehors de tout mercantilisme, en 1999, le couple va finalement décider de ne réserver la Grange qu’aux artistes. Elle va alors devenir un incontournable lieu culturel, un espace un peu hors du temps et de l’agitation galopante, une escale précieuse où il fait bon se poser. Et ils vont être nombreux à s’y succéder les artistes. Des dizaines et des dizaines, reconnus, connus ou inconnus, mais tous animés par une même flamme créative, reflet de leur âme. A ce jour, ont exposé ici, en ce lieu magique environ 280 artistes. Je fais partie de ceux-là. Je voudrais dire au nom du plus grand nombre combien nous sommes attachés à cet endroit qui se perçoit au travers de nos cinq sens. »

« Coulon Rive gauche » offre du rêve

« On avait besoin d’un lieu pour mettre nos rêves, » reprend Cosette Pignoux. « Nous cherchions justement un lieu habité par une histoire. Oui, Camille les murs de ta grange parlent, les murs racontent ! Camille, toi qui fais maintenant des promenades en bateau avec les touristes, tu sais, ils seraient heureux ces gens-là de voir une expo ! L’amitié de voisinage allait jouer en notre faveur. Et voilà, mes ailes repoussent, mes rêves s’envolent, on parle, on rencontre, on partage, on crée, on imagine. Ah oui, l’imagination est au pouvoir. Rêves réalisés, on est dans le concret dans ce lieu avec des photos d’André accrochées sur un mur de foin. Qui pourrait faire ça, qui pourrait imaginer faire une chose pareille ? C’était très beau, les photos de labour, sur un mur de foin. C’était extraordinaire! »

« Coulon rive gauche » (aquarelle, huile, dessin, sculpture, estampe, photo, art du papier) héberge, cette année, Jean Artibricolo, Danièle Baudry, Françoise Bousseau-Janon, Fredy Gautier, Christiane Gilbert, Phil Lejeune, Daniel Mar, Fabrice Morin, Sandrine Pignoux, Louise Maby, Sébastien Momot, Jean-Michel Tronche et les photographies d’André Pignoux. Photo Gilles PETIT
Une création Daniel Mar

Daniel Mar : « Sereine au bord du fleuve, la Grange est aujourd’hui d’une nature forte qui a vu passer bien des natures mortes mais qui pourtant reste toujours bien vivante. Tu vois André, tu vois Cosette, vous pouvez être fiers de ce jour et de ce que vous avez créé qui, cinquante ans plus tard, continue à se perpétuer. » L’artiste apporte « une petite preuve supplémentaire à ce constat. » En s’amusant avec les lettres du mot grange, Daniel Mar a mélangé les lettres. « Pour le mot grange, il n’y a qu’un anagramme possible : gagner! »

« C’est ainsi que vit la Grange, une porte ouverte aux rencontres, aux moments chaleureux des instants partagés, les yeux engrangent les souvenirs, les paroles s’échangent, s’enrichissent. La Grange, c’est le pas lourd des sabots de Bijou sur le pavé. La Grange, c’est Camille. La Grange, c’est l’amour, pour l’échange de deux passionnés. La Grange, telle est sa vocation, la beauté du tableau, la lumière des photos, le geste assuré du sculpteur passionné, les odeurs de lavande échappées du tableau, les pas du visiteur caressant les pavés. La Grange, c’est le lieu magique des magiciens. La Grange, c’est le reflet d’une vie transparente du vécu comme un poème qui s’éternise dans le temps, » conclut Cosette Pignoux.

L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte jusqu’à fin septembre dans « la Grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise, face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.

Gilles PETIT

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

VENISE VERTE : le Théâtre Roger-Blin en tournée estivale 2017 avec deux pièces

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Basé à Coulon (dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres), le Théâtre Roger-Blin est une pépinière de jeunes talents. Fondée le 6 août 1984, cette association, régie par la Loi de juillet 1901, organise, toute l’année, des stages divers, des spectacles de théâtre, chansons, musique, lectures publiques. . . et, en saison estivale, des tournées de théâtre dans la Venise Verte. Cet été, deux pièces seront présentées, en sept dates : La Piazzetta du Café, de Bernard Jolibert, par les jeunes élèves, suivie par Le Repas des Fauves, de Vahé Katcha, interprétée par les acteurs du Théâtre Roger-Blin.

Qui était Roger Blin ? Homme de théâtre et de cinéma, cet acteur et metteur en scène français, est né le 22 mars 1907 à Neuilly-sur-Seine (Seine Saint-Denis) et décédé le 21 janvier 1984 à Evecquemont (Yvelines). Cosette et André Pignoux, les fondateurs de l’association éponyme, retracent la vie d’un ami et « collègue »: « Roger Blin débute en 1935 comme figurant et assistant d’Antonin Artaud dans Les Cenci. Jacques Prévert le fait entrer dans le Groupe Octobre. Puis il participe au premier spectacle de Jean-Louis Barrault, Numance, en 1937. Sa première mise en scène (La sonate des spectres de Strindberg, en 1948) le fait remarquer par Samuel Beckett, qui lui confie la création d’En attendant Godot, en 1953, au Théâtre Babylone. Il créera toutes les pièces de Beckett jusqu’à Oh ! Les beaux jours. Jean Genet lui confie aussi Les nègres, en 1959. Jean-Louis Barrault lui permet de monter Les paravents de Genet à l’Odéon en 1966. C’est un énorme scandale, à cause des évidentes allusions à la guerre d’Algérie. Roger Blin n’a monté qu’un seul « classique » : Macbeth (Shakespeare). Il a surtout fait découvrir ses contemporains : Samuel Beckett, Jean Genet, Jean-Louis Bauer, François Billetdoux. . . Il a toujours cherché à privilégier le travail des acteurs : la diction, les déplacements, l’humour aussi. »

Le Repas de Fauves de Vahé Katcha : « Dans la France occupée, sept amis se retrouvent pour fêter l’anniversaire de leur hôte Sophie. La soirée se déroule sous les meilleurs auspices, jusqu’à ce qu’au pied de leur immeuble soient abattus deux officiers allemands. Par représailles, le commandant Kaubach de la Gestapo investit l’immeuble et décide de prendre deux otages par appartement. Mais comme il reconnait en M. Pelissier, un libraire qu’il fréquente et dont il apprécie les conseils, il accorde par courtoisie aux convives un délai de deux heures pour désigner eux-mêmes les deux otages qui seront exécutés. »

Depuis plus de trente ans, Cosette Pignoux dirige de jeunes comédiens au Théâtre Roger-Blin à Coulon.

La mise en scène est assurée par Mme Cosette Pignoux : « On  présente, cette année, une pièce d’un auteur syrien. J’aime énormément cette pièce parce que l’écriture est très forte, et qu’en même temps ça nous rappelle des tas de choses qu’il ne faut jamais oublier. Il y a la guerre un peu partout, il est grand temps de savoir que l’on peut retomber facilement dans des histoires invraisemblables. Il faut en parler. Mais c’est bien de découvrir cela parce que ça nourrit de plein de choses pour penser justement, quand on est heureux. Parce que, en France on se plaint beaucoup, on se plaint énormément et toujours. Cependant en se plaignant tout le temps, on ne pense pas qu’on est heureux en liberté et qu’on a des tas de possibilités. Ces jeunes migrants, qui sont partis de leur pays, nous donnent des leçons de vie extraordinaire. Le théâtre le peut également. Alors on peut dire le théâtre politique, moi j’en ai rien à faire du mot, ce qui m’intéresse c’est le partage et ce qu’on véhicule à travers ça »

« Le théâtre est fait pour distraire, dit-on, poursuit Cosette Pignoux. Je suis allée à une école de théâtre qui était un peu différente. Le Théâtre de Lutèce, à Paris 5ème, proposait surtout des pièces qui révélaient des choses intéressantes pour nourrir les gens d’idées nouvelles. Au Roger-Blin, je suis partie sur une méthode semblable et je n’arrive pas à monter autre chose, à part Molière, bien sûr, qui est un des maîtres du théâtre que j’adore dont j’aime énormément les textes. Je fais travailler tous mes comédiens là-dessus au départ et je trouve que c’est bien. »

Cette année, les tout jeunes comédiens, les élèves de Cosette, vont jouer, en première partie, La Piazzetta du Café, d’un auteur français Bernard Jolibert. « Une pièce écrite à la façon de Molière, qui est très drôle, explique Mme Pignoux. Je trouve ça très sympathique parce qu’il parle des femmes, des relations entre hommes et femmes, d’une façon très agréable qui nous plonge d’une autre manière, à savoir, modernisée. »

« Je suis toujours autant passionnée de théâtre. Je trouve que le théâtre pour les gamins est très important. En plus, cette année, je fais découvrir Molière à des jeunes Africains qui sont actuellement sur Coulon, de jeunes migrants qui viennent travailler avec moi. C’est une grande richesse pour eux, estime la Coulonnaise. Ce sont des enfants charmants, j’aimerais beaucoup que les gens les rencontrent parce que, souvent, on a des images absolument faussées. Moi, ma vie est vouée à faire se rencontrer les êtres, à faire se partager les textes, les mots. C’est une richesse et tant qu’on aura ça, on sera sauvé. Simplement quand on n’entend plus les paroles, évidement que là tout devient dramatique et que l’on ne puisse plus parler. J’espère que ces jeunes vont pouvoir faire une prestation en avant-première des pièces qu’on joue. Et puis c’est drôle avec leur accent. Ce que je remarque, c’est que ça leur fait du bien pour l’articulation. »

L’animatrice du Théâtre Roger-Blin conclut : « Il faut que les gens viennent découvrir ces pièces. J’aime bien que les gens soient critiques, qu’ils viennent dire après ce qu’ils ont ressenti ou pensé. Mais les gens n’osent jamais. On dit toujours que c’est bien, mais ça veut rien dire pour moi. Oui, les avis sont intéressants. C’est aussi aller plus au fond des choses. »

Renseignements et réservations : 05 49 35 91 42 ; 05 49 04 58 42 ; 02 51 51 96 27  http://theatrerogerblin.jimdo.com

Gilles PETIT (entretien et photos)