Parc naturel régional du Marais Poitevin

MAGNE (79) : La disparition d’un « doux rêveur » Claude Audis

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Un « doux rêveur » nous a quittés un dimanche avant l’aube, le 8 mars 2020, dans sa 75ème année. M. Claude Audis réalisait ses rêves et ceux des autres, quels que soient les cercles familial, professionnel ou associatif. Les mondes politique, sportif, artistique, caritatif . . . de Magné, du Niortais et des Deux-Sèvres rendent hommage à un homme entreprenant qui fuyait les. . . honneurs.

Pour le grand public, M. Claude Audis est inéluctablement associé au Festival International de Peinture de Magné. Une manifestation créée le 13 avril 1989 sous l’égide de l’association Magné Animation. Dans cette vidéo préparée spécialement par Capt’Action79 : https://youtu.be/hBIhzoHIA5c, ce co-fondateur conte la genèse d’un rêve fou né d’une rencontre. Ce film sonne également l’heure de sa « retraite associative » après 36 années de services.

« Claude n’est plus… Au revoir Claude. Difficile de ne plus voir ta silhouette. Ton village de Magné ne l’oubliera pas. Ce village que tu as fait tien. Ce village, à qui tu as façonné, en tant que président bâtisseur du Festival de peinture, un bel habit de lumière, reconnu en deça et même bien au-delà de nos frontières. » écrit André Réault pour l’association de jumelage franco-allemand Magné-Weitnau Photo Michel Castellani
M. Jean-Marie Zacchi, président d’honneur et du jury du Festival de peinture à son ami Claude Audis : « Les artistes se retrouvent, les artistes se découvrent, des amitiés naissent. » Photo Michel Castellani

A l’occasion du 8ème Festival de peinture Magné – Marais Poitevin, les 20 et 21 juillet 1996, le président Claude Audis déclarait : « Au moment où se profile sur l’horizon du prochain été la nouvelle cohorte des artistes qui vont entreprendre la route vers Magné, laissez-moi rêver de ce Festival. . . Je vois la toile peinte durant ces années avec le mauve de nos risques insensés, l’ocre de nos hésitations, le gris de nos erreurs de débutants et bordés du rouge de notre passion ! Je rêve d’une nouvelle fête orchestrée par l’équipe de Magné-Animation dont le dynamisme et le cœur à l’ouvrage feront encore merveille. Je rêve de tous ces artistes convergeant vers le Marais Poitevin, même d’au-delà de nos frontières. Débutants, peintres au talent confirmé, maîtres de leur art, tous viennent participer au même Festival. Je rêve de ces grands artistes, nos invités d’honneur qui présenteront leurs œuvres gracieusement devant un public toujours plus nombreux, passionné et ravi. Je rêve de tous nos partenaires : collectivités, entreprises, institutions, commerçants et artisans qui, par leur précieux soutien, témoignent d’un profond souci artistique. Et si ce rêve n’était autre que la prochaine édition du Festival de Peinture de Magné ! »

A l’occasion de la 30ème édition du Festival de Peinture de Magné, une grande partie des artistes professionnels, anciens invités d’honneur ont répondu à l’appel de Claude Audis (au centre). Photo Michel Castellani
Une photographie souvenir prise à l’issue du 3ème Festival de Peinture en 1991. Photo dr

Lors de ses obsèques, son fils aîné a ainsi résumé la personnalité de son père (extraits) : « Dans tous les [cercles] où tu t’es impliqué, tu étais aussi bien un boute-en-train qu’une personne sérieuse à qui on peut donner, à qui on peut demander des conseils ou des services. Tu as eu une vie sociale extraordinaire avec, pour principaux [cercles] de vie, le Yachting-club niortais, le Rotary-club Niort Sèvres, la Confrérie des Mangeux de Lumas, le comité d’honneur des Chamois Niortais, etc. (. . . ) Tu passais tes journées à travailler près de 12 heures pour trouver du travail à tes employés ou plutôt à tes compagnons, comme tu aimais à dire, tellement tu t’occupais d’eux et de leur trouver du travail. Tu étais un patron gentil mais très exigeant. Monsieur Audis, c’est comme cela que te nommaient toutes les personnes qui ne te connaissaient pas au point de ne pas utiliser ton prénom. Ta personnalité charismatique imposait le respect, même si tu étais un grand gentil. Monsieur Audis, c’est comme ça aussi que les Magnésiens t’ont connu quand tu es devenu conseiller municipal, puis adjoint à la culture six ans plus tard. Tu as consacré beaucoup de temps au monde associatif et au bénévolat car, durant ton passage à la municipalité, tu as été dirigeant au club de foot de Magné, un des premiers acteurs du comité de jumelage de Magné qui unit toujours Magné à Weitnau [une ville allemande] et le père fondateur avec M. Jean Thébault du Festival de peinture. Le Festival qui sera au centre de ta vie pendant 30 ans, qui a une reconnaissance internationale, à l’exemple d’une réussite extraordinaire. Tu as réussi avec une bande de sept à huit personnes à l’origine. Des illuminés comme on aurait dit à l’époque. Une expérience unique qui marque une vie et qui te vaut la reconnaissance que tu as aujourd’hui. »

Né le 25 juin 1945, M. Audis se plaisait à dire que son entreprise avait son âge car son père aurait fondé sa société à Niort l’année de sa naissance. Un établissement que le fils Claude a repris le 12 juin 1972, presque en cadeau d’anniversaire. La société individuelle qui portait son nom « Monsieur Claude Audis » a été active pendant 34 ans, puis elle est devenue l’entreprise Audis Menuiserie. Plus tard, Claude a cédé son affaire à son fils cadet, un établissement spécialisé dans les travaux de menuiserie : fabrication et pose de menuiserie bois, cloison mobile, cloison sèche, faux plafond, escalier, parquet. Depuis le 3 avril 2018, la Société par Actions Simplifiée (SAS) a conservé le nom mais elle n’est plus gérée par la famille Audis.

Deux enfants et quatre petits-enfants sont nés de l’union de Claude avec Nicole. Et leur fils aîné de conclure : « Bien sûr, tu étais accompagné par ton âme sœur, maman, qui t’as suivi dans toutes tes aventures avec qui tu étais marié depuis 52 ans. Cela faisait en tout 58 ans que vous étiez ensemble. Vous avez eu une vie trépidante avec vos voyages et ensuite avec la venue du ou des bateaux. Bateaux que tu avais appelés successivement Nicole, Nicole 1, Nicole 2 et ce jusqu’au dernier Nicole 6. Vous aviez raison d’en profiter, vous avez travaillé dur toute votre vie pour cela. … »

 

Gilles PETIT

SANSAIS-LA GARETTE : « Bienvenue chez vous » aux vœux du maire Rabah Laïchour

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Lors de la cérémonie des vœux de la municipalité de Sansais-La Garette, le « Bienvenue chez vous », lancé par le maire Rabah Laïchour dans la trop petite salle du Châtelet à La-Garette, s’adressait « aux hommes et aux femmes qui composent la commune ». Une « richesse humaine qui ne se voit peut-être pas ».

M. Rabah Laïchour, maire de Sansais-La Garette (79) Photo Gilles Petit

Bien évidemment, le discours de M. Laïchour a débuté par un retour rapide sur 2019 : la végétalisation d’un premier carré du cimetière et l’aménagement d’un jardin du souvenir réalisés par l’équipe du paysagiste magnésien Alain Bertrand; et la mise en service du local santé situé à Sansais près de la mairie. Ce bâtiment accueille aujourd’hui trois kinésithérapeutes, deux infirmières et une orthophoniste. « Il reste encore un local juste à côté pour éventuellement un médecin qui souhaiterait s’installer », souffle le maire.

Le « serpent de mer » a bien sûr été évoqué. « La fameuse fibre dont tout le monde parle doit d’abord arriver à Sansais en provenance de Frontenay-Rohan-Rohan et c’est Magné et Coulon qui devraient nous fournir la fibre pour le village de La-Garette. Dans un mois et demi ou deux mois au plus tard les premières habitations pourraient se raccorder. » Il s’agit d’une opération lancée sur son territoire de compétence par la première Communauté d’agglomération de Niort (CAN1) qui comptait alors 29 communes adhérentes. Par ailleurs, M. Laïchour a souligné que sa commune a transféré la gestion de la piscine à la Communauté d’agglomération du Niortais (CAN2), laquelle a réalisé des travaux. On notera que la CAN2 a aussi les compétences gestion de l’eau potable et d’assainissement, d’où la récente construction de la station d’épuration et du réseau ad hoc à Sansais.

« Les vœux de Rabah étant réputés dans toute la région », selon le président de la CAN2 Jérôme Baloge qui affirme « comprendre pourquoi » en écoutant le maire exposer « la richesse humaine ». « Que serait la commune sans les hommes et les femmes qui la composent ? » a souligné M. Laïchour. « La richesse humaine qui ne se voit peut-être pas. Les hommes et les femmes qui vivent sur le territoire. C’est la première richesse et c’est une richesse qui est renouvelable. » Il a ainsi remercié toutes les associations, tous les bénévoles qui font « qu’il y ait de la vie, du lien social sur notre commune et ailleurs. »

Une histoire de sens

Le premier édile de la commune a cité l’atelier initiation à l’informatique. « Cette initiative a plusieurs sens », selon lui. « Le premier c’est que vous avez des enfants qui ont une dizaine d’années qui travaillent sur le même outil informatique que leurs parents, leurs grands-parents, voire leurs arrières grands-parents. A l’horizon 2022, il y aura le tout numérique, les papiers vont disparaître, vous ferez tout par Internet, votre déclaration d’impôt, votre carte d’identité, refaire votre passeport… Il y a des gens qui n’ont pas Internet, qui n’ont pas suivi de formation à l’informatique. Alors grâce au groupe La Poste, nous avons mis en place des cours d’initiation à l’informatique. Ce n’était que quelques heures mais il y a eu quatre groupes de six personnes. On voit qu’aujourd’hui plusieurs générations travaillent sur le même outil et parfois les enfants et les petits-enfants apprennent aux parents et aux grands-parents. »

« L’autre sens », développe le maire, « les gens qui décident au trentième étage d’une tour à Bercy, à Paris, dans les bureaux des ministères, ne connaissent pas notre réalité. Ils vont décider là-bas de ce que l’on va faire ici. Il va falloir qu’on nous donne peut-être aussi les moyens à nous, les collectivités, pour apporter des réponses aux besoins des populations. Les besoins augmentent alors que les moyens baissent. Et nous, on est pris entre les deux. Nous sommes la tranche de jambon dans le sandwich. Mais on résiste. La preuve, on met en place ce genre d’opération. »

Les finances

Côté finances, « aujourd’hui, la commune doit 300 000 euros aux banquiers. Et sur ces 300 000 euros, il y a 120 000 euros qui ont servi à faire les locaux de santé qui sont couverts par les loyers. Donc la commune est endettée à hauteur de 180 000 euros. La presse a récemment publié les taux de désendettement de plusieurs grosses communes de la CAN : 4 ans, 5 ans, 6 ans. . . Nous c’est un an, c’est à dire que si en 2020, les élus de Sansais disent « nous, on ne fait rien comme investissement », avec les économies faites, la municipalité rembourse la banque. Eh bien, à partir du 1er janvier 2021, la commune de Sansais ne devrait plus rien à la banque. »

Élections municipales

Quand aux prochaines élections municipales, le maire sortant analyse : « L’échéance approche. Des maires repartent, c’est leur droit, d’autres appuient sur la pédale de frein et ne repartent pas, d’autres réfléchissent. Chaque cas est unique. J’ai cherché en vain des articles de presse positifs qui encouragent les hommes et les femmes à se porter candidats, je n’en ai pas trouvé. Il faut être quinze, quinze marcheurs qui vont marcher pendant six ans. Même s’ils ont des ampoules aux pieds, ils ne vont pas enlever leurs chaussures. Marcher ensemble et aussi la main dans la main pour le bien de la collectivité. Il faut avoir, bien sûr, aussi un projet. Autant que je sache, la campagne électorale démarre le 2 mars, pas avant. Et nous sommes le 24 janvier. Pour résumer, moi maire de Sansais, je suis un peu comme ça, je réfléchis, je n’ai pas ouvert la porte et je ne l’ai pas fermée. Et je poursuis le travail en cours qui est prenant, très très prenant. C’est à dire qu’il faut faire deux choses à la fois. Je préfère finir le travail en cours et après on voit. On finit d’abord le match avant de penser au suivant. »

Moralité

Consacrée à l’abeille, cette composition-décoration a été réalisée par le jeune Enzo et sa maman. Photo Gilles Petit

En fin d’allocution, M. Laïchour est revenu sur la richesse sous forme de dialogue avec « un copain » : « Au fait, sur ta commune y’a combien d’habitants ? Peut-être un million, deux millions ! Mais t’es fou ! Non, je ne suis pas fou ! Si tu me parles des humains, nous sommes 900, mais il y a d’autres habitants sur ma commune, des chevaux à la Maison du cheval, des chevreuils dans le Marais, des vaches dans les prés… ce sont des habitants ! Et il y a surtout un habitant, un insecte dont on a besoin si on veut que la race humaine ne disparaisse pas, c’est l’abeille. » Une façon d’assurer la transition avec l’invité d’honneur de la soirée, l’abeille. Le maire a ainsi laissé la parole à M. Dominique Vignault de « L’abeille des Deux-Sèvres » qui a animé une courte conférence consacrée à la vie et l’œuvre des abeilles.

La cérémonie s’est achevée par la distribution d’une enveloppe contenant des graines à semer « pour faire travailler les abeilles ». « Une façon de faire sa part dans la société », selon le maire de Sansais-La Garette. A l’image de cette légende amérindienne citée par M. Pierre Rabhi du Mouvement « Colibris faire sa part », contée à l’assistance : https://player.vimeo.com/video/32564879

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! « Et le colibri lui répondit : « je le sais, mais je fais ma part. »

Gilles PETIT

Festival international de peinture de MAGNE 79 : clôture du 31ème, place au 32ème, vidéo et images

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Sous titré « La peinture Grandeur Nature », le 31ème Festival international de peinture de Magné (Deux-Sèvres) a refermé ses chevalets. La 32ème édition se déroulera les 18 et 19 juillet 2020.

235 artistes (sans compter les enfants) ont participé à la réussite du 30ème anniversaire de l’association organisatrice Magné Animation. Le jury a primé trente-trois « adultes » et huit « juniors », attribuant ainsi plus de 12.000 euros de prix.

Nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir en vidéo cette 31ème édition, ainsi que la proclamation du palmarès 2019, au lien YouTube suivant : https://youtu.be/lt9XouF-x3g

Prise de vue : Gilles Petit
Réalisation : Capt’Action79. juillet2019

 

Toutes Catégories
Prix POUJOULAT : NGUYEN Kim-Chi
Prix THEBAULT : RODRIGUEZ Cathy
Prix restaurant LA BELLE ETOILE : VALLENET Annick
2ème Prix Pastel – Prix Embarcadère CARDINAUD : DAVID Nadia
2ème Prix Aquarelle – Prix GROUPAMA : DELAROCHE Dominique
Prix PARC NATUREL REGIONAL : FAURE-ROSSARD Christiane

Prix Spécial
Prix Conseil Départemental 79 : KIENER Christiane
2ème Prix Techniques Mixtes – Prix CREDIT MUTUEL : COURILLEAU Karen

Toutes Catégories
Prix AUDIS : BAURUEL Dominique
Prix Groupe Y NEXIA : CHÂTEAU Frédéric
Prix Ambulance de l’ANGELIQUE : LE DEROFF Michel
Prix GRAFIC ENCADREMENT : LE BORGNE
3ème Prix Huile – Prix MARAIS POITEVIN IMMOBILIER : FOURREAUX Michel
3ème Prix Pastel – Prix PIEJAC MAINGRET : RIBARDIERE Marie-Noelle
3ème Prix Techniques Mixtes – Prix ROUVREAU RECYCLAGE : BELAIR Yvan
Prix MUTUELLE DE POITIERS : ACHARD Joël
Prix AXA Assurances : PUMA QUISPE Sabino
Prix TERRASSON : DAUGA Jean-Jacques
Prix AMBASSADE DU VIN : MOREAU Jean-François
Prix GRAPHIC APPLICATION : FAGES Roger
Prix EUROVIA : RAUSA Robert-Victor
Prix TEDELEC : LE MOUEL Stéphane
Prix EVERGIE : BRAILLON Michel
Prix ACSOR : MARTIN-HAJPEK Vesnica
3ème Prix Aquarelle – Prix NEWLOC : PATETA Serge

Une ultime exposition des tableaux lauréats des prix 2019

Comme de coutume, le public a pu revoir, en octobre 2019, toutes les œuvres primées dans les locaux du Centre culturel du Four Pontet. Cette ultime exposition, ouverte pour la première fois sur deux weekends, s’est refermée par le « décrochage » des tableaux avec remise à leurs parrains respectifs présents.

Photos Gilles PETIT

Un nouveau président du jury en 2020

Gilles PETIT

A l’issue de l’assemblée générale de Magné Animation, le conseil d’administration a accueilli de nouveaux adhérents. Photo : les membres du CA en compagnie des artistes Daniel Doutre et Richard Gautier (à gauche). Photo Gilles PETIT

Journées du patrimoine : « Les pierres nous racontent » ou l’histoire de Coulon (Deux-Sèvres) en balade

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A l’occasion des Journées européennes du patrimoine, samedi 21 septembre 2019, les membres de la commission culture et patrimoine du Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) ont retracé le passé de leur village : Coulon (Deux-Sèvres), en mode déambulation en suivant deux comédiens.

Mise en scène par Cosette Pignoux, la balade dans le centre-bourg de Coulon « Les pierres nous racontent » était animée par les comédiens Céline Bernard et Pierre-Jean Calmel. Photo Gilles PETIT

Dans la rubrique « Arts et divertissements » des Journées européennes du patrimoine, le public était invité à une balade dans les rues du centre-bourg de Coulon animée par deux comédiens. Intitulée « Les pierres nous racontent », cette déambulation a fait revivre un passé « pas si éloigné que ça », dit-on.

Avant de se lancer dans l’aventure, les participants ont d’abord été invités à suivre Adeline et Danielle. Ces « expertes » de la commission culture et patrimoine du CSCM ont commenté la riche exposition présentée dans les locaux de ce centre social. Leur but, (re)plonger les visiteurs au cœur des siècles passés de Coulon, à l’aide de plans, de photographies, de témoignages, de documents édités en recueils, . . ., fruits des recherches effectuées par le collectif « Histoire et patrimoine ».

Photo Gilles PETIT

Ainsi imprégnés de la vie culturelle locale, les promeneurs ont rejoint Céline Bernard, de la compagnie « La part belle », et Pierre-Jean Calmel, de la compagnie « Point du jour ». Sur une mise en scène de Mme Cosette Pignoux, du Théâtre Roger-Blin de Coulon, qui a également élaboré les dialogues, ces deux comédiens ont prêté leur voix aux pierres du village.

« La journée du patrimoine est une belle expérience », admet Pierre-Jean Calmel. « Je connais un peu Coulon mais j’ai redécouvert des petites choses, j’en ai appris des nouvelles. Selon les échos que nous avons perçus, les gens sont impressionnés par tous les changements qu’il a pu y avoir dans ce village. Ce qui fait que le public est content. Qu’il soit conquis et qu’il soit heureux d’avoir pu participer à ce projet, c’est tout ce qui compte. »

« On essaie de transmettre des valeurs et des éléments comme ça qui nous touchent », espère Céline Bernard. « Nous sommes  contents, nous avons pu faire avec Cosette Pignoux un projet ensemble sur un événement éphémère comme celui là ! » Raconter l’histoire de Coulon dans l’authenticité mais d’une façon artistique.

Céline Bernard a créé la compagnie « La part belle » en 2016 sur Niort (79) en débutant par un spectacle, intitulé « Mila Charabia », destiné au jeune public et à la toute petite enfance. Dans un autre genre, la compagnie tourne aussi avec « Personal box ». Il s’agit d’un groupe qui « construit des appareils de musique avec des bidons, des machines à laver, des vieilles boîtes, . . . auxquels on ajoute deux ou trois cordes. On récupère tout ça dans l’esprit des noirs américains qui, dans les champs de coton, faisaient des cigar-box guitars avec des boîtes à cigares. » Un album CD est en bonne voie, ainsi qu’un « petit spectacle créé avec l’aide du metteur en scène Joël Picard. » Puis viendra une autre création, plutôt théâtre et marionnettes au doux nom de « Le cœur juste » reprenant un texte de Georges Sand : La petite Fadette. « La première représentation est prévue au mois de novembre. D’ailleurs, nous cherchons des co-producteurs, du moins des gens pour nous diffuser. » Contact Céline Bernard : tél. 07 77 07 19 90 Site lapartbellecompagnie.com

Pierre-Jean Calmel est comédien, metteur en scène, pédagogue, et animateur d’ateliers théâtre en milieu rural principalement. Sa compagnie « Point du jour » est basée à Mauzé-sur-Le-Mignon (79). Elle intervient également du côté de Surgères (17) et dans le Bordelais. « Avec ma compagnie et deux anciens camarades de conservatoire, nous avons monté deux spectacles jeune public » informe Pierre-Jean Calmel, « un Chat botté réécrit tiré du conte de Charles Perrault; et « Le petit manuel du héros » qui raconte le voyage et les épopées des héros de tous temps en posant la question : Y a-t-il un héros qui sommeille en chacun de nous? Comme quoi, il n’y a pas besoin de porter un costume ou de faire la une des journaux pour accomplir des choses au quotidien mais qui peuvent parfaitement être aussi des actes héroïques. »  Contact Compagnie Point du jour, n°6 rue de la Distillerie à Mauzé-sur-Le-Mignon 79210; tél. 06 76 91 92 32.

Gilles PETIT

Les pierres des bâtisses de Coulon ont parlé lors des Journées européennes du patrimoine, les 21 et 22 septembre 2019 . Photo Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : Magné (79) a tracé un sentier de découvertes “ De port en port ”

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Malgré l’éventuelle présence du « Bras rouge », la municipalité magnésienne a tracé un sentier de découvertes intramuros « De port en port », autour du thème de l’eau et du petit patrimoine local. Une petite balade pédagogique de deux kilomètres.

Le départ du sentier « De port en port » est situé devant ce panneau d’information fixé sur le mur des toilettes publiques de l’Espace du Bief, parking du 11ème GRCA. Photo Gilles PETIT

« Pour démarrer, » explique Mme Martine Brouard, adjointe au maire de Magné et coordinatrice du groupe de travail patrimoine qui a planché sur ce projet, « nous voulions un sentier adapté aux personnes à mobilité réduite et destiné aussi bien aux Magnésiens qu’aux touristes. Il fallait un sentier pas très long, qui peut être la promenade du dimanche, sur deux kilomètres suivant un parcours permettant de découvrir le patrimoine. »

Quel patrimoine ? C’était la question. Mme Brouard tente une réponse : « En fait de patrimoine, Magné a peu de monuments historiques, à part l’église, la chapelle Sainte-Macrine, le Four Pontet, le pont-levis. On ne fait pas un sentier du patrimoine avec trois ou quatre monuments. Donc, nous avons arpenté les rues. En regardant, en observant, nous avons trouvé une foule de choses : des fours à pain, des puits, une pompe, des abreuvoirs, des choses intéressantes mais de petits patrimoines. Ça ne fait pas un sentier du patrimoine. Il fallait absolument trouver un fil conducteur. Or, Magné est une île. Cette île comporte 22 ports. C’est exceptionnel pour une commune d’avoir autant de ports. » En effet, la Sèvre Niortaise, avec ses bras, entoure toute l’île de Magné. Fort de ce constat, le groupe de travail a décidé de retenir la thématique de l’eau.

A partir de cette idée, le groupe a affiné sa réflexion en sollicitant M. Richard Joseph, conseiller patrimoine au Parc naturel régional du Marais Poitevin.

Comment faire le lien ? A l’évidence, créer un sentier « De port en port ». Le projet a été centré sur le centre-bourg. Aujourd’hui, sur huit ports intramuros, des pupitres retracent l’histoire des gens d’ici, la façon dont ils vivaient au quotidien,  avec les petits métiers, les tisserands, les sabotiers, les tailleurs de pierres, et les tâches au cœur du Marais comme l’exploitation du bois, sans oublier la pêche aux engins. La lessive, les contes, . . . tout ce patrimoine immatériel a été recensé. Le patrimoine dit naturel est, lui aussi, détaillé. Outre les oiseaux, les poissons, . . .  et les plantes locales, à découvrir au fil des pupitres, l’aménagement de « l’île du Bras Rouge » devrait interpeller les visiteurs. On notera que les textes sont doublés en anglais, et que les panneaux proposent également aux enfants un jeu de questions « A toi de jouer !», dont les réponses figurent à la station suivante.

Prochainement jalonné de «clous» en laiton fixés au sol (actuellement remplacés par des flèches blanches collées), le balisage du sentier de découvertes débute face au panneau d’information installé au parking du 11ème GRCA (parking du stade, des terrains de pétanque et de tennis). Direction la première station, un hangar à vocation pédagogique, porte d’entrée de « l’île du Bras rouge ».

Acheté par la collectivité locale depuis de nombreuses années à la société Bidet, cet hangar a désormais une vocation pédagogique, notamment pour les enfants. Photo Gilles PETIT
Le hangar offre aussi le gite aux chauves-souris, en particulier à la pipistrelle commune européenne. Photo Gilles PETIT

Après avoir sillonné le « vieux bourg », le sentier mène de l’autre côté de la route départementale autour de laquelle est construit le village de Magné. Le promeneur passe devant l’incontournable église Sainte-Catherine, afin de rejoindre un pupitre évoquant un château. Car Magné possédait son château. Notre guide Martine Brouard commente le plan floqué sur le pupitre n°6 : « Le vieux château de Magné était situé sur le site de l’ancienne tour. Cette tour, construite en bordure de la Sèvre Niortaise, était un édifice qui défendait l’île de Magné. Dans les années 900, un édit de Charles-le-Chauve impose la construction de tours afin d’éviter aux vikings de remonter les fleuves et d’envahir le pays et de tout dévaster. Donc cette tour protégeait les habitants d’une invasion par voie d’eau. » Voilà le lien avec la Sèvre Niortaise. Ensuite, le sentier remonte par les bords du fleuve. « Et là, on découvre un autre aspect de Magné avec une partie plus « balnéaire » qui évoque les villas de la côte atlantique dont le Cottage du Roc, les Charmettes, de belles maisons, jusqu’à l’Espace culturel du Four Pontet et le remarquable pont-levis. »

Constitué d’élus et de bénévoles magnésiens, le groupe de travail « sentier du patrimoine » s’est adjoint les services de l’Agence Magenta Conseil, maître d’œuvre du parcours, du cabinet 1D2, graphisme, signalétique et scénographie du chantier, et l’entreprise de menuiserie MB2. Sans oublier les travaux réalisés par les employés municipaux qui ont travaillé « avec enthousiasme, compétence et beaucoup de plaisir », selon le maire de Magné Gérard Laborderie, à l’aménagement de l’île au Bras Rouge.

Martine Brouard a coupé le symbolique ruban inaugural du sentier de découvertes « De port en port », accompagnée (de gauche à droite) de Cathy Tromas, conseillère municipale et vice présidente du Parc naturel régional du Marais Poitevin, Gérard Laborderie, maire de Magné, Sébastien Billaud, adjoint au maire, et Séverine Vachon, vice-présidente du Conseil départemental 79 et présidente de l’Institution Interdépartemental du Bassin de la Sèvre Niortaise. Photo Gilles PETIT

Gilles PETIT

Illustration Agence 1D2 Niort

MARAIS POITEVIN : A Coulon, une bénédiction des bateliers entre tradition et animation touristique

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Le dimanche 18 août 2019, le village de Coulon (79) a été le théâtre d’une « bénédiction des bateliers ». Le nom de Saint-Nicolas, le patron des bateliers et mariniers, et des navigateurs d’une manière générale, n’a pas été cité. En effet, il s’agissait d’une animation touristique imaginée en 2003 par le curé local, l’abbé Michel Chataigner. A l’époque, le Père Michel, comme l’appelaient amicalement les Coulonnais croyants ou non, parlait de « pardon » car plusieurs centres importants de la batellerie en France et en Belgique utilisaient ce terme pour désigner des fêtes et traditions souvent anciennes ponctuant la vie marinière,  toujours avec une double vocation, civile et religieuse.

Installés chacun dans un bateau, une vingtaine de guides-bateliers, tous employés par la même entreprise de balades touristiques ont participé à la manifestation. Photo Gilles PETIT

S’inspirant d’une demande formulée, l’année précédente, par des motards stationnés sur le parvis de l’église de Coulon, qui avaient demandé au prêtre, et obtenu, de les bénir avec leurs motos, le père Michel a eu l’idée d’appliquer cette « tradition » aux guides qui conduisent les touristes en barque sur l’ensemble du Marais Mouillé. L’idée a alors évolué en manifestation qui n’aurait rien de religieux car elle était alors réprouvée par le Conseil pastoral du secteur qui couvrait, à cette époque, les communes de Coulon, Magné et Sansais-La Garette.

Du haut de la passerelle coulonnaise, le père Michel a procédé à la toute première « bénédiction des guides-bateliers » le samedi 14 juin 2003. Photo Gilles PETIT/CO

Grâce à sa pugnacité « légendaire », le père Michel Chataigner a réussi à organiser, le samedi 14 juin 2003, une nouvelle animation estivale à Coulon qu’il a appelée : « la bénédiction des bateliers ». En réalité, c’était un rassemblement de guides-bateliers volontaires, croyants ou non, de l’ensemble des embarcadères commerciaux de la Venise Verte. Ce fut un succès. 37 guides-bateliers, issus donc d’entreprises locales, ont répondu à l’appel, munis chacun d’une pelle (une rame) à la main.  Ce samedi-là, les participants se sont rassemblés sur le parvis de l’église de Coulon pour s’élancer à 9 heures précises vers les quais de la Sèvre Niortaise jusqu’à la place de la Coutume, en suivant une joueuse d’accordéon. A 9h15, les guides embarquaient à bord de sept bateaux à la cale de la Coutume, lesquels ont remonté la Sèvre Niortaise en amont de la passerelle qui enjambe ce fleuve. Puis, à 9h30, simplement accompagné de deux enfants de chœur, le père Michel s’est installé sur la passerelle. Il a d’abord entonné la chanson « Les bateliers de la Volga », avant de faire une brève allocution. Il a notamment retracé l’histoire des activités quotidiennes des Maraîchins et celle des premières balades touristiques. Ensuite, il a procédé à la bénédiction proprement dite. Un quart d’heure plus tard, tout le monde, y compris le peu de personnes présentes, s’est réuni autour du verre de l’amitié servi à proximité sur le Quai Louis-Tardy. La matinée s’était poursuivi en musique et en pas de danse.

En septembre 2004, après trois années de sacerdoce dans le Marais, l’abbé Michel Chataigner fut nommé dans le nord des Deux-Sèvres, en pays thouarsais. L’abbé Fabien Zlatev, son successeur, n’a repris le flambeau qu’en 2011, répondant favorablement aux sollicitations de la municipalité Michel Simon et d’un entrepreneur de balades touristiques installé à Coulon. Avant son départ pour Chauvigny dans la Vienne, en septembre 2014, le père Fabien a transmis la « tradition » à ses successeurs, le père Auguste Sambou, en collaboration avec un autre prêtre-coopérateur, le père Claude Baratange, responsables d’une nouvelle paroisse « Sainte-Sabine en Niortais » regroupant les communautés des anciens secteurs pastoraux de Beauvoir-sur-Niort / Frontenay-Rohan-Rohan, Marais / Mignon et Prahecq / Fors.

Le père Fabien Zlatev lors de la bénédiction des bateliers.
En 2014, le père Michel Chataigner (au premier plan sur la photo) était au côté du père Fabien Zlatev lors de cette « bénédiction des bateliers ». Photo J. C. Coursaud/NR
 

Dimanche 18 août 2019, la « bénédiction des bateliers » a suivi un protocole semblable à celui élaboré par le père Michel. A ceci près que les festivités ont débuté à 19 heures, après la journée de travail des guides-bateliers. Au départ de l’église de Coulon, les abbés Auguste Sambou et Claude Baratange ont conduit le cortège en présence de Monseigneur Pascal Wintzer, archevêque du diocèse de Poitiers.

Sans croix chrétienne ostensible, les prières, les chants et les textes entonnés depuis l’autel improvisé au sommet de la passerelle, ont donné un caractère particulièrement religieux à cette manifestation. Une animation qui s’est déroulée au-dessus et sur un fleuve du domaine public.

Archevêque de Poitiers, Monseigneur Pascal Wintzer. Photo Gilles PETIT

Dans son commentaire de circonstance, Mgr Pascal Wintzer a parlé du Marais Poitevin « fruit d’un équilibre savant et délicat où tout doit être pris en compte à la fois, l’eau, la végétation, la faune et aussi les êtres humains. » Il a développé ses propos : « le Marais Poitevin, c’est un peu un raccourci de toute notre planète. Notre planète est aussi fragile. Fruit d’un équilibre savant où chaque élément a sa place. (. . .) Nous sommes à une époque, c’est le cas de notre génération, où nous prenons conscience de cette fragilité, la fragilité de la planète, la fragilité des animaux et la fragilité de notre vie. Nous avons oublié cette fragilité. On a voulu se développer, nous occidentaux, à tout prix. Au prix de l’exploitation de la planète et de ses ressources et on mesure aujourd’hui les conséquences de cela à travers les différentes crises qui marquent toute notre planète. (. . .) L’eau, la végétation, les espèces qui disparaissent et même l’humain qui, à terme, pourrait voir son espérance atteinte. (. . .) J’espère que vous continuerez, vous bateliers et vous tous ici qui vivez dans le Marais, à accueillir tant de visiteurs pour qu’ils transmettent cette leçon, cette leçon d’espérance dont l’humanité a été capable de faire un Marais si beau et d’une humanité qui aujourd’hui encore et demain est capable de construire et de faire que notre planète soit plus belle, plus belle pour tous et plus belle pour tous les êtres humains. Espérons; le Marais est une source d’espérance. »

Gilles PETIT

La passerelle de Coulon, un autel de circonstance. Photo Gilles PETIT

Tourisme : Vers une extension de la Maison du Marais Poitevin à Coulon (Deux-Sèvres)

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Sous la maîtrise d’ouvrage du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, la Maison éponyme (MMP) située à Coulon (79) va étendre ses espaces de « compréhension du territoire » et d’expositions. A l’issue d’un an de « réflexion stratégique et d’études de faisabilité d’un pôle touristique et culturel du Grand Site du Marais Poitevin à Coulon », l’agence Scarabée de Bordeaux a rendu sa copie. Elle propose deux scenarii de positionnement : déplacer l’écomusée et le reconstruire; étendre le bâtiment actuel en englobant le Centre Social et Culturel du Marais voisin. Sans hésiter, et sans surprise, les acteurs économiques du secteur touristique et les élus locaux préconisent de maintenir la MMP dans le centre-bourg de Coulon.

Inscrite comme site d’accueil historique du Marais avec sa proximité immédiate des embarcadères, la Maison du Marais Poitevin a une valeur patrimoniale qui la classe naturellement dans la carte postale du Marais Poitevin. Photo Gilles PETIT du 6 février 2012.

Situé Place de la Coutume à Coulon, un bâtiment des XIVè et XVIIè siècles qui hébergeait, en partie, l’atelier du Théâtre Roger-Blin et le renommé Cabaret Le-Raton-Laveur, est considéré,en 1985, comme dangereux et interdit au public par les services de sécurité. Entre autres, une superbe verrière menaçait de se briser au-dessus d’une cour intérieure.

En 1987, sous l’impulsion de l’Association pour la promotion du musée de la pêche et du Marais Poitevin ainsi que de la commune, la Maison des Marais Mouillés a vu le jour avec l’appui du Parc Interrégional du Marais Poitevin. Le département des Deux-Sèvres et la région Poitou-Charentes avaient donné rapidement leur accord pour une mise en œuvre sur deux ans. Au printemps de cette même année, une première tranche de travaux (d’un budget de 3 millions de francs) a porté sur le gros œuvre et l’ouverture d’une unique salle d’exposition consacrée à la batellerie, accompagnée d’un montage diapositives.

L’entrée de la Maison des Marais Mouillés telle que les visiteurs la découvraient en 2002. Documentation Gilles Petit

Au printemps 1992, la Maison des Marais Mouillés fait peau neuve. Au centre de cette rénovation, le Maraiscope, une maquette mise en scène par un son et lumières. Mais l’année suivante, la Maison des Marais Mouillés a été réaménagée sans le « Maraiscope », ni même la couverture de la cour intérieure, et sans les équipements modernes initialement prévus. Le projet avait été revu et corrigé vers une réalisation plus traditionnelle respectant l’architecture des habitations du Marais.

 

Une partie des salles aménagées, en 2002, dans la Maison des Marais Mouillés. Documentation Gilles Petit

Avec 11.500 visiteurs en 1991, dix fois plus qu’en 1987, la Maison des Marais Mouillés devait devenir la plaque tournante du tourisme dans ce territoire. En mars 1993, le Maraiscope devait être l’attraction du musée, le centre majeur du circuit culturel des bords de Sèvre. Cette maquette de 20m² devait permettre aux visiteurs de découvrir l’histoire du Marais Poitevin, les vastes travaux hydrauliques réalisés, l’évolution du site, du néolithique jusqu’à l’époque contemporaine, le tout retracé en six scènes principales d’une vingtaine de minutes. Également, plusieurs expositions ont été créées traitant de la faune, de la flore, des habitants, des coutumes, des transports, des métiers spécifiques, des modes de pêche et de la batellerie. En 1993, la Maison a reçu 20.000 visiteurs. L’année suivante, elle a guidé 25.000 personnes de plusieurs nationalités.

Finalement, l’aménagement de l’écomusée Maison des Marais Mouillés a nécessité quatre ans de travaux qui se sont achevés en janvier 1995. Reposant sur une structure associative, la MMM a alors accueilli ses premiers visiteurs de la saison dès le mois de mars. Elle leur offrait désormais 700 m² d’expositions consacrées aux Marais et aux Maraîchins.

Le « Maraiscope » a été conçu avec des matériaux naturels par une toulousaine Valérie Ferjoux. Cette maquette, un détail photographié ici en 1995, est l’élément moteur d’un spectacle haut en images, sons et couleurs, qui explique clairement la formation du golfe des Pictons, le modelage du paysage actuel par les hommes et tous les éléments indispensables pour mieux comprendre et apprécier le Marais Poitevin. Photo documentation Gilles Petit

Quand la MMM devient la MMP !

Devenu un « centre d’interprétation » sous le nom de Maison du Marais Poitevin (MMP), ce pôle touristique et culturel couvrant l’ensemble du Marais étouffe dans sa « petite » maison. Au point qu’il doit absolument évoluer s’il ne veut pas péricliter. Selon le maire de Coulon : « Cette Maison vit des années difficiles. Elle est malgré tout appréciée. Vieillissante, elle a besoin d’être remise au goût du jour. C’est un outil d’expansion du territoire, indispensable notamment pour les gros acteurs économiques du Marais. C’est un point d’accueil qui rayonne sur l’ensemble du Marais. »

Subventionnée par le Conseil départemental des Deux-Sèvres et par l’AggloNiort appuyée par le Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, la commune avait lancé, l’an dernier, une étude de faisabilité d’extension de l’écomusée. En proposant ses services pour 40 000€ HT, l’agence bordelaise Scarabée avait alors remporté le marché.

Aujourd’hui, l’agence avance deux scenarii de positionnement : soit la MMP quitte la Place de la Coutume pour un autre site un peu excentré, à savoir un bâtiment neuf construit à proximité du parking de l’Autremont (le plus grand parking de Coulon) sur une parcelle qui appartient à la famille Dujardin; soit la MMP reste à sa position actuelle mais en poussant ses murs vers le bâtiment voisin qui héberge le Centre Social et Culturel du Marais (CSCM). Dans les deux cas, il faudrait construire des locaux neufs, soit pour recréer la MMP, soit pour reloger le CSCM. L’un comme l’autre, les projets affichent un budget à sept chiffres.

« La grande faiblesse de la Maison réside dans sa composition intérieure difficile à adapter aux contraintes contemporaines de qualité et d’accueil du public, » explique le maire de Coulon. « Cette contrainte majeure impacte également le parcours de visite. L’équipement devra répondre à trois objectifs : esprit de compréhension du territoire [comprendre et orienter]; proposer une activité ludique [s’amuser, vivre une expérience]; approfondir [faire rester le visiteur plus longtemps sur site et le faire revenir plus souvent]. »

Lors d’une réunion organisée par le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, les acteurs économiques liés au tourisme se sont positionnés à 99,99 % des présents pour conserver le site actuel. Le lendemain, le conseil municipal de Coulon a voté à l’unanimité pour le scénario numéro 2. Le Département des Deux-Sèvres et la Communauté d’Agglomération du Niortais attendaient l’avis des élus locaux pour relancer le nouveau pôle touristique et culturel du Grand Site du Marais Poitevin à Coulon.

Gilles PETIT