Parc naturel régional du Marais Poitevin

MARAIS POITEVIN : Terres d’envol, la montgolfière « trait d’union entre la terre et le rêve »

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Le commandant de bord coulonnais Yann Siméau vient de créer « Terres d’envol ». Une montgolfière qui survolera essentiellement le Marais Poitevin. Rencontre avec cet informaticien qui voulait lâcher le clavier et la souris.

Selon M. Siméau : « Moyen de communication innovant, un ballon est une machine à recevoir et à donner du plaisir. Et ça ne marche bien qu’en contact assez proche avec ses passagers. » Photo Gilles Petit

M. Yann Siméau est un normand né en 1973. « Il est un petit peu parisien et pas mal breton », dit-il. Il a suivi sa femme qui est descendue sur Niort pour des raisons professionnelles. Ce néo-maraîchin se qualifie comme « un gars normal ». Il développe : « c’est un gars qui a eu, pendant vingt ans, une carrière dans l’imagerie médicale, dans la télémédecine et des systèmes d’information de santé. Avec des projets qui vont de la prise en charge des urgences jusqu’à celle des soldats blessés sur les sites d’opérations extérieures, en passant par les enfants polyhandicapés et autistes. » A un moment donné, M. Siméau a constaté : « tu fais trop d’informatique, trop d’écran, trop de dossiers, tu es trop enfermé derrière ton bureau ». Il a fini par rebaptiser son bureau « la tour de contrôle ». Ainsi, le Coulonnais a progressivement développé le goût d’une activité professionnelle plus en extérieur. « Si je voulais créer mon entreprise, c’était le moment. Donc je me suis lancé dans ce projet », explique-t-il.

Photo Gilles Petit

Pourquoi l’aérostat ?

M. Yann Siméau : « Quand j’étais jeune, j’avais toujours un peu la tête en l’air. J’ai travaillé sur le pas de tir de la fusée Ariane à Kourou et puis, dans mes projets de télémédecine, j’ai abordé des projets notamment avec Airbus. J’ai aussi fait le concours de l’École Nationale d’Aviation Civile. A postériori, je me suis rendu compte que j’avais quelques affinités avec tout ce qui est en lien avec l’air ». Photo DR

« Et puis », ajoute-t-il, « la montgolfière est une niche, donc un métier relativement rare et assez technique. La montgolfière s’est démocratisée ces trente dernières années avec l’apparition de nouveaux matériaux qui offrent des ballons plus légers, plus performants. Et puis sur le plan réglementaire, comme ce n’était pas facile d’accès, ça me plaisait bien. »

Un rêve !

Le matin, ce rêveur voyait passer les montgolfières au dessus de son bureau installé dans le bourg de Coulon. Le soir, il les voyait encore passer. Un jour, il s’est dit « mon bureau, il faut qu’il soit là-haut. Avant de voir ces montgolfières, je n’avais pas l’idée. » Dans sa vie, Yann a souvent pris des chemins de traverse, « on trouve des embûches, mais on trouve pas mal de sujets de satisfaction. » Photo DR

Le projet !

L’entreprise Terres d’envol a démarré en 2018. L’entrepreneur s’est formé, durant un an, à l’école française d’aérostation en Forez. Son premier ballon sera un JZ, du nom des frères Jacquemot et Serge Zuin, encore appelé Zephyr Joyrider. L’aéronaute détaille : « Il s’agit d’un ballon conçu en France par la dernière société de fabrication : « les ballons Chaize ». Un ballon qui a une histoire. Donc j’ai acheté mon premier ballon, j’ai été formé et j’ai volé tout l’été en faisant du vol de loisir. J’ai eu ma licence en tout début d’année et j’ai volé pour m’aguerrir au delà de la licence et appréhender toutes les difficultés que représentent le vol dans une région souvent soumise aux entrées maritimes. » Durant ces vols de loisir, le nouveau commandant de bord a été soutenu par ses confrères voisins, les Montgolfières du Bocage, de Cerizay (79) qui volent aussi au-dessus du Marais Poitevin, de la Vendée, du site du Puy-du-Fou. . . « Il faut savoir », précise le Coulonnais, « que les sites d’envol doivent être homologués par la préfecture. Les Montgolfères du Bocage m’ont aidé en m’offrant leurs sites d’envol. Ce qui m’a permis de mieux appréhender le vol dans le Marais Poitevin, pas seulement au départ de Coulon, mais aussi sur les vents d’ouest au départ de Vix, de Damvix ou de Courçon. »

Les montgolfières du Bocage (au premier plan) et Terres d’envol organisent des vols communs au départ de la Vendée. Photo Gilles Petit

La montgolfière !

Chauffée au Propane, l’enveloppe est haute comme un immeuble de six étages, soit plus de vingt mètres de haut et vingt mètres de diamètre pour un volume total de 3.600 mètres/cube d’air chaud. La nacelle en osier est à taille familiale, soit quatre passagers seulement en plus du pilote. En moyenne, le vol se déroule plutôt à trois passagers. La machine consomme par vol autour de 40 kg de Propane. « C’est une petite consommation », assure M. Yann Siméau, lequel a entrepris « une démarche responsable de compensation carbone, vis-à-vis de l’environnement. »

Le « voyage » !

En été, il faut sortir le matériel (le ballon, la nacelle, le véhicule 4X4), entre quatre à six heures du matin, afin de décoller au lever du jour depuis l’un des sites d’envol, sites définis par « le vent météo » et les espaces que les passagers souhaitent survoler dans le Marais Poitevin.

On l’a dit, en organisant ces vols, M. Yann Siméau projette de « faire découvrir le Marais Poitevin en aérostat et profiter à la fois de la magie de la montgolfière », en jouant avec l’altitude. « Dans un premier temps », conclut M. Siméau, « c’est l’émerveillement lors des vols du matin. On a des lumières rasantes ; des brumes au sol. On voit beaucoup de gibier, des chevreuils, des lièvres, ça bouge un peu partout sous la nacelle parce que les brûleurs ont tendance à les déloger. Ensuite, les passagers essaient de se repérer. Je peux répondre à leurs questions car j’ai été initié par M. Richard Joseph, animateur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin. »

La saison officielle des vols en montgolfière se déroule entre Pâques et Toussaint, sous réserve que les contraintes sanitaires soient levées en 2021. Contact : Montgolfière Terres d’envol, www.terres-denvol.fr, courriel : info@terres-denvol.fr, tel : 06 65 09 49 92


Gilles PETIT

M. Yann Siméau, gérant de Terres d’Envol : « Ce que j’aimerais bien, c’est trouver un équipier qui pourrait s’épanouir, voire évoluer d’une façon ou d’une autre au sein de l’entreprise. Qui souhaiterait s’investir d’une façon durable ! » Photo Gilles Petit

MARAIS POITEVIN : le « nouveau » policier municipal de Coulon (79) est déjà reparti.

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Arrivé à Coulon (Deux-Sèvres) le 1er mars 2018, le policier municipal « nouveau » est reparti le 1er septembre 2020. Les élus locaux attendent un troisième.

A Coulon, les policiers se suivent mais ne se ressemblent pas. En mars 2018, nous écrivions : « Après une période d’adaptation, M. Fauchez risque de s’ennuyer à Coulon. ». Il ne sera resté que vingt-neuf mois durant lesquels la population n’a toujours pas compris l’intérêt d’un tel poste dans leur petite commune.

Pour rappel, à l’issue d’une laborieuse première expérience de Police municipale, le premier agent en poste à Coulon avait démissionné en juin 2017.

 A l’issue de la réunion du Conseil municipal du 9 juillet 2020, pour la première fois dans l’histoire de la localité, des Coulonnais ont participé au «quart d’heure citoyen» sous forme de questions – réponses. A cette occasion, M. Patrice Huleux a posé aux élus LA question qui brûlait les lèvres de presque tous les autochtones : « avoir des précisions sur la fonction du policier municipal, sa rémunération, ses horaires, son emploi du temps, ses attributions, le coût de fonctionnement du service et l’utilité de ce poste sur la commune. »

Quid des compétences d’un policier municipal ?

L’adjoint au maire, délégué à la sécurité, M. Fabrice Berjonneau, a répondu : « la réglementation interdit de divulguer les données à caractère privé concernant les agents de la collectivité, dont leur rémunération. » Nous n’avons pas connaissance d’une telle réglementation, si ce n’est l’usage. En revanche, il n’y a pas de confidentialité dans les finances publiques, car tout est. . . public. Il devait donc donner le montant de la ligne du budget consacré au poste de police municipale. Désormais, avec ce second départ, le Conseil devra clairement rendre des comptes aux habitants lors de la prochaine session budgétaire.

Dans notre article publié en 2018, nous signalions : Selon la Gazette, le journal des communes, départements et régions de France, la rémunération des agents de Police municipale a été revalorisée au 1er janvier 2017 (décret n°2017-398 du 24 mars 2017). Ainsi, le « traitement indiciaire brut mensuel (montants indicatifs) des grades brigadiers chef principal et chef de service de Police municipale est porté, au 1er février 2017, de 1 537 euros environ en début de carrière à 2 310 euros environ en fin de carrière (échelon spécial, chef de service). » De plus, de nouvelles « bonifications indiciaires » peuvent être perçues, ainsi qu’une participation récente au « régime indemnitaire ».

Pour qu’il assure ses fonctions, il a fallu acheter (1 000 €, plus de 180 000 km) et équiper une voiture diesel du matériel réglementaire, à savoir, une rampe lumineuse, des avertisseurs sonores et la sérigraphie « Police municipale ». Le coût de cet équipement était de 4 710 euros. Il convenait d’ajouter la main d’œuvre pour l’installation et la participation à l’armement du policier, à hauteur de 2 500 euros, afin que ce dernier conserve son habilitation de port d’arme, durant son passage à Coulon. Enfin, qui dit arme dit protection, pour 300 euros, les Coulonnais ont aidé à l’achat d’un gilet pare-balles (valeur 550 euros).

L’adjoint au maire a dressé une longue et insipide liste de tâches revenant au policier en poste : « En ce qui concerne ses horaires de travail et son emploi du temps, il occupe un poste à temps complet avec des horaires de travail différenciés hiver/été. La communication de son emploi du temps précis et de ses horaires de travail n’est pas souhaitable pour maintenir «un effet de surprise» quant à sa présence sur la commune. Ses attributions sont très larges. Elles comprennent des missions judiciaires et sécuritaires dont le maintien de l’ordre, la surveillance du territoire, la circulation et le stationnement, l’application des arrêtés du maire, la surveillance des manifestations, la police de l’urbanisme (contrôle des déclarations, autorisations, travaux, affichages . . .), la police de l’environnement (règlements relatifs au classement «site classé du Marais Poitevin», Natura 2000, Parc Naturel Régional), les chiens dangereux, les enquêtes de proximité . . . Il intervient également pour les opérations funéraires, il gère et surveille les occupations du domaine public y compris les autorisations fluviales, il intervient pour la surveillance et la gestion de l’aire de camping-cars. Il est responsable administrativement du Plan Communal de Sauvegarde, des dossiers accessibilité et de la sécurité des établissements recevant du public . . . Enfin, quant à son utilité, non seulement ce poste est indispensable dans une commune telle que Coulon mais l’extension du service serait souhaitable peut-être en partenariat avec les communes voisines. »

Ce monsieur devait être très occupé alors que les Coulonnais le croisaient peu sur le terrain, semble-t-il.

En bref, des tâches que les élus municipaux, les employés communaux et/ou les militaires de la Gendarmerie sont censés effectuer. Ce qui fonctionne dans la plupart des communes du même calibre.

Serait-ce là le premier « accroc » du tout nouveau Conseil municipal de Coulon ? Seul un référendum local pourrait confirmer ou infirmer ce sentiment d’inutilité d’un tel poste. On notera que la suppression de ce poste permettrait, financièrement, d’embaucher deux personnes aux services techniques. Des « emplois productifs » dit-on !

Recrutement d’un troisième policier !

Toujours est-il que lors de sa réunion du 17 septembre dernier, les participants ont choisi de lancer une procédure de recrutement, libellée en ces termes : « Le Conseil municipal jugeant ce poste indispensable pour la commune autorise donc madame le maire à engager ces procédures de recrutement. Madame le maire rappelle que le policier municipal qui était en poste depuis le 1er mars 2018 a quitté la commune et a été nommé par mutation le 1er septembre 2020 dans une commune de Charente-Maritime. Il s’agit donc maintenant de lancer une procédure pour le recrutement d’un nouvel agent. S’il doit prendre ses fonctions au printemps, il faut d’ores et déjà procéder aux formalités de publicité de vacance de poste pour ensuite organiser des entretiens suite à la réception des candidatures, sachant que le candidat retenu aura un préavis de trois mois auprès de sa collectivité de départ. Le service «recrutement» du Centre Départemental de Gestion des Deux-Sèvres sera sollicité pour accompagner la collectivité dans toutes ces démarches. »

Attendre et voir !

Gilles PETIT

COULON (Deux-Sèvres) : une « Petite promenade historique » à la Prévert

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Sous la houlette de la commission patrimoine locale, les journées européennes du patrimoine ont été ponctuées par l’opération « Les Pierres nous racontent », une petite promenade historique dans le village de Coulon (79), contée par deux comédiens.

Les comédiens Pierre-Jean Calmel (à gauche) et Céline Bernard ont conté le patrimoine de Coulon (79) Photo Gilles PETIT

Les arbres comme les pierres nous racontent Photo Gilles PETIT

D’entrée, sur le parvis du Centre Social et Culturel du Marais (CSCM), Pierrette et Pierre, alias respectivement Céline Bernard et Pierre-Jean Calmel, annoncent « nous allons ouvrir un livre d’images et pouvoir découvrir ce merveilleux patrimoine », sis au bourg de Coulon. En trois promenades, une centaine de personnes ont suivi les comédiens, membres des compagnies « La Part Belle » et Théâtre Roger-Blin, au fil des ruelles, des rues, des places et des monuments de cette localité maraîchine.

Avant de se lancer dans l’aventure, les participants étaient d’abord invités à suivre la riche exposition présentée dans les locaux du CSCM, place de la Coutume. Le but, plonger les visiteurs au cœur des siècles passés de Coulon et du Golfe des Pictons, à l’aide de plans, de photographies, de témoignages, de documents édités en recueils, . . ., fruits des recherches effectuées par le collectif local « Histoire et patrimoine ».

Durant une heure et demie chaque séance, Pierrette et Pierre ont dressé un véritable inventaire à la Prévert, suivant la mise en scène de Mme Cosette Pignoux, du Théâtre Roger-Blin de Coulon, qui a également élaboré les dialogues.

Les pierres nous racontent Alphonse Clochard « l’Amiral d’eau douce » devant sa maison Photo Gilles PETIT

Dans un désordre organisé, les personnages ont tracé : l’origine de la Coutume, « la TVA d’aujourd’hui » ; l’ancienne prison ; les 80 boulins du bâtiment qui abrite la Maison du Marais Poitevin ; le reprofilage en 1908 de la Sèvre Niortaise traversant Coulon ; la reconstruction, vers 1960, en béton de la fameuse passerelle qui était précédemment (1879) en bois, construite à la suite de la noyade d’un enfant ; le recueil du préfet Dupin critiquant « l’habitant du Marais et sa manière de vivre » ; l’artiste peintre et personnage entreprenant, Hélène Colin-Lefrancq qui a réalisé de nombreuses toiles sur le Marais dont Coulon dans les années 1920 ; « le prêchoir qui n’est pas un prêchoir » à l’église de la sainte-Trinité, sur lequel Pierre a prêché l’histoire du monument ; la première excursion dans la « Hollande en miniature entre Coulon et La Garette » le 15 août 1907, ainsi que des poèmes du journaliste, écrivain et critique d’art Henri Clouzot (1865-1941) ; l’évocation (selon un texte rédigé par M. Jean-Louis Gibaud qui a fait des recherches historiques) des premières promenades touristiques en 1913 encouragées par le Syndicat d’Initiative Poitou-Saintonge-Aunis-Vendée, devant la maison d’Alphonse Clochard surnommé en 1922 « l’amiral d’eau douce » ; la forteresse de la place de la Pêchoire élevée contre les vikings ; la réfection des bords de Sèvre Niortaise dans les années 1990 ; l’édification en 1962, du « grand pont » de la route départementale Magné-Benet, un pont innovant sans pilier racheté par Hippolyte Main ; l’œuvre de Louis Perceau, bibliographe de littérature érotique, amateur et théoricien de contrepèteries, auteur des Contes de la Pigouille, résistant, humaniste militant, défenseur de la laïcité et de la liberté ; cet homme politique et poète-conteur à forte personnalité a donné son nom à la bibliothèque de Coulon ; la « légende du bras rouge » qui tire les enfants qui se penchent trop au-dessus de l’eau ; la chasse au bitard, un « attrape couillons » ; l’utilisation du four banal de la rue du Four ; le vendeur de frites Fred Gouin, ce « chanteur à voix d’or » retiré à Coulon en 1952, célèbre pour sa reprise du « Temps des cerises » et « La chanson des blés d’or » (interprétée par Fred Gouin à écouter au lien suivant : https://youtu.be/f2XmkAst62Y).

Pierrette et Pierre étaient accompagnés d’acteurs amateurs du Théâtre Roger-Blin qui ont interprété quelques textes lus par les comédiens. Photo Gilles PETIT

Mais aussi, les terribles « pots de chambre » des garçons ; la première école de Coulon située au cœur du bourg jusqu’en 1935 ; l’arbre de la Liberté (re)planté par Louis Tardy en 1948 à l’occasion du centenaire de la Révolution devant lequel l’assistance a entonné « Le chant des ouvriers », qui devint l’hymne de la Révolution de 1848, écrit, en 1846, par Pierre Dupont ( un rappel au lien suivant : https://youtu.be/B5A9Ic6r6t8) ; etc.

Gilles PETIT

L’autrice locale Madeleine Michel (à gauche) en compagnie de Yves et Véronique Chériaux (photographes) à l’occasion de la parution du livre commun « Venise Verte, lettres d’Amour » le 14 octobre 1995 à Magné (79 )  Photo Gilles PETIT

Texte de Madeleine Michel grande poétesse de Coulon et du Marais.

Installés chacun à une fenêtre en vis à vis dans la cour d’une ancienne ferme, les comédiens ont lu un texte de Madeleine Michel « Village ». Photo Gilles PETIT

Village, je te porte en mon sein ; Village je te porte en mon sein comme un enfant, tu es le fruit de mes attentes, j’accouche de toi, je te reconnais pour mien, tu ressembles à ceux qui t’engendrèrent ; Tu es le fils du cloutier, du sabotier, du tissier, du maréchal-ferrant, du charron, du passeur, du bourrelier, de l’horloger, du tailleur d’habits ; Je les ai tant couchés dans le creux de mes songes que je suis devenue l’épouse de chacun, chacun bien appliqué à sa tâche, de cloutier, de sabotier, de tissier, de maréchal-ferrant, de charron, de passeur, de bourrelier, d’horloger, de tailleur d’habits, de sonneur de cloches, de maraîchin pêcheur ; Village, bercé par le vent des quatre saisons, des quatre horizons ; Village, nom commun, masculin, singulier, nom de chose ; Village, nom propre ou honnête, d’honnêtes demeures, de linge sentant l’iris et le lessi, saines moissons, de cheptels mort et vif, d’actes notariés, de donation au dernier vivant, de testaments olographes, de ventes à la bougie, de déballages forains, de panerées de légumes, de fromages sur feuille, de caillebotte égouttant dans des pots de grès, de sauce à la pire, de civet, de poires cuites dans le vin rouge ; Village détrempé, marais, terrées, chemins cahoteux ; Village fanfare, Sambre et Meuse ; Village tambour de garde-champêtre, père Girard quasi-centenaire ; Village facteur Cheval, facteur rural ; Village retraite aux flambeaux ; Village dont le couchant rouge annonçait la guerre ; Village portant nouvelles de ruelles en rues, jusqu’en perdre plaine, carrioles, tombereaux, frein à manivelle tournée dans les descentes, fagotées, charretées, batelées, traînes remontant vers les scieries ; Village né de tous ces hommes occupés à te faire et ne le sachant pas, je te rafistole, te remembre, te recompose, mais, serai-je assez forte et de bonne endurance, pour te rendre vivant à ceux qui veulent savoir jusqu’aux noms de tes rues, jusqu’à tes coutumes, proverbes, dictons, réjouissances ; On bâtit maisons neuves à travers toi, on taille, ajuste, corrige des murs anciens ; On peint de toutes couleurs les nouveaux logis pour de nouveaux occupants ; Qui donc peut m’écouter, s’intéresser à toi, tel que tu fus à l’époque où je te croyais durable, immuable, gardien de toutes les traditions. Ne sachant pas, village talisman que te perdre, talisman, serait pour moi le don de la mauvaise fée, serait ma propre défaite.

MARAIS POITEVIN : l’itinérance douce sur la Sèvre Niortaise vue par le PNR

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« Comment renforcer l’attractivité du Marais Poitevin? » martelait, dès 2010, l’Agence de Développement Touristique (ADT79) des Deux-Sèvres. « En relançant l’activité touristique sur la Sèvre Niortaise et ses bords par l’itinérance douce », répond aujourd’hui le pilote du projet M. Fabrice Laumond, directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR). Il s’agit d’ouvrir la Sèvre Niortaise aux bateaux habitables de façon à proposer un produit nouveau : le tourisme fluvial et fluvestre.

Sur la Sèvre Niortaise, les deux bateaux de tourisme fluvial et fluvestre commandés ne côtoieront guère ces pêcheurs avant deux ans. Photo Gilles PETIT

109, 15, 1 300, 14, 9, 5, 11, 2022, ce ne sont pas des numéros de loterie, mais les chiffres-clés du « vrai potentiel de développement du tourisme fluvial et fluvestre » de la Sèvre Niortaise et de ses canaux, selon une étude commandée en 2010 par l’ADT79. 109 km seraient empruntés par 15 bateaux habitables, visant 1 300 navigants. La Sèvre Niortaise compte 14 écluses, dont 11 en fonction (les autres sont implantées sur des tronçons aujourd’hui non-navigables). 9 sont inscrites au programme de restauration dans le cadre du projet de tourisme sur le fleuve. Un projet chiffré à 5 M€ (plus exactement 4,9 M€) pour des retombées économiques totales locales (liées à l’exploitation et aux dépenses des visiteurs à terre) estimées à plus de 11 M€, à l’horizon 2022.

Réuni lundi 4 juillet 2016, un comité de pilotage a entériné le plan de financement et l’engagement de l’ensemble des collectivités et de l’État dans ce « projet structurant pour le territoire ». Siègent au comité, l’État, les Régions Nouvelle-Aquitaine et Pays-de-la Loire, les Départements des Deux-Sèvres, Vendée, Charente-Maritime, l’Agglo du Niortais, des communautés de communes (Vendée-Sèvre-Autize, Aunis-Atlantique, Isles-du-Marais Poitevin, Pays de Fontenay-le-Comte), les Villes de Niort, Marans et Fontenay-Le-Comte.

Qu’elles soient transporteur de croisière ou pénichette habitable, ces embarcations sont quasi absentes en amont de l’écluse des Bourdettes près de Damvix (85). Photo Gilles PETIT

Trois objectifs

Récemment, devant les élus des communes de Damvix (85) et Coulon (79), M. Laumond a dressé trois objectifs : « Dans un premier temps, il s’agit de diversifier l’offre touristique. C’est vrai que le Marais Poitevin est surtout connu pour sa promenade en barque, l’activité phare. Depuis quelques années, il y a une autre activité en pleine croissance, la promenade à vélo. Un autre produit touristique viendrait renforcer l’attractivité du site, » à savoir naviguer sur la Sèvre Niortaise dans des bateaux habitables. Selon le pilote, « le second objectif est de faire vivre la Sèvre Niortaise. On a pu se rendre compte que le fleuve n’est pas très valorisé sur le plan touristique mais que la navigation permettait de ramener un peu de vie aux activités sur l’axe structurant du Marais. » Le troisième point vise à développer l’itinérance douce compatible avec la préservation du territoire. M. Laumond détaille ce terme : « Itinérance : naviguer entre Niort et Marans ; douce : dans une circulation lente. Les bateaux avancent entre six et huit kilomètres/heure, moins rapides qu’un vélo, parce que la propulsion est électrique, respectueuse de l’environnement. »

« Enfin, c’est faire venir une nouvelle clientèle ». Les habitués relouent régulièrement un bateau habitable et changent de destination (à l’exemple du Canal du Midi, du Canal du Rhin, en France ou à l’étranger). « Le Marais est surtout en dessous de 8 à 10 % de la fréquentation moyenne d’étrangers. On a donc un déficit de fréquentation étrangère dans le Marais, » assure le directeur.

Pour développer le tourisme fluvial dans le Marais Poitevin, l’étude de faisabilité a flashé sur la mise à niveau des infrastructures. « Certes, la Sèvre Niortaise est encore classée dans les voies navigables françaises, mais les écluses en particulier n’étaient pas forcément en bon état », reconnait M. Fabrice Laumond. « Ce travail de normalisation est entrepris par l’IIBSN [Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise NDLR], propriétaire et gestionnaire du domaine public fluvial. »

Actuellement, l’IIBSN travaille au réaménagement de la Cale-du-Port à Niort, le site de départ et d’attache de la flotte des bateaux habitables du Marais Poitevin. Des travaux sont également en cours sur l’écluse de Comporté.

Un tourisme fluvestre

En second point, l’étude a relevé que « la Sèvre est très très peu équipée en haltes-escales ». Une halte-escale est un point auquel un bateau peut accoster et débarquer ses passagers en toute sécurité. « Pourquoi descendre à terre ? » interroge le pilote, « parce que le principal intérêt de la navigation en usage dans un territoire, c’est la complémentarité des activités annexes. La rentabilité ne va pas forcément au loueur de bateaux. » Sur un bateau, les clients ne consomment pas. Il faut qu’ils pratiquent des activités, qu’ils aillent dans des endroits clairement identifiés et aménagés. Ces actions sont appelées le tourisme fluvestre. M. Laumond précise « Le tourisme fluvestre est la complémentarité entre la navigation, activité majeure, et des activités limites comme la visite de la Maison du Marais Poitevin, les restaurants, les balades à vélo, en barque, toutes offres touristiques. »

Autre point de départ des pénichettes, le port maritime et fluvial de Marans (17) n’est pas encore équipé sauf techniquement en matière d’entretien et réparation car c’est avant tout un port de plaisance. Photo Gilles PETIT

Le fleuve et deux tronçons

Le directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin est ensuite rentré dans les détails. Le projet initial concerne le bassin de la Sèvre Niortaise entre Niort et Marans, ainsi que deux autres tronçons, de Marans à La Rochelle et de Marans à Fontenay-le-Comte. « Le premier tronçon est intéressant en terme d’attractivité, d’image, le littoral, le patrimoine de La Rochelle, une notoriété qui rayonne au niveau national. » Ce canal n’a jamais été navigué car il était fait pour le transport de marchandises. Un transport rapidement supplanté par le chemin de fer, plus rapide. De plus, il a quelques écluses très étroites non adaptées à la navigation d’aujourd’hui. « Il faudrait installer des passes à bateau à chaque écluse. Une opération chiffrée entre 4 à 5 millions d’euros. »

Le deuxième tronçon concerne essentiellement la rivière Vendée. « Ici, c’est pire », déplore le pilote. « Elle n’a jamais été prévue pour être naviguée ; elle a des barrages non équipés d’écluses ; on est sur les mêmes coûts d’investissement [4 à 5 M€]. L’intérêt financier n’est pas forcément pertinent. » On notera que ces deux tronçons disposent de pistes cyclables longeant les canaux.

Des haltes-escales

Des points d’accostage, appelés haltes-escales, sont prévus sur la Sèvre Niortaise à La-Roussille, Magné, Coulon, La-Sotterie, Le-Mazeau, Damvix, Maillé, Bazoin, les Combrands de Taugon et Marans ; sur le Bief de La-Garenne au port d’Arçais. A partir des écluses de Bazoin, deux canaux sont navigables : le Canal de la Vieille Autize qui remonte vers les haltes de Saint-Sigismond et Courdault. Une ramification est prévue jusqu’à Maillezais par le Canal de la Jeune Autize ; A l’opposé, le Canal du Mignon qui descend jusqu’à Mauzé-sur-Le-Mignon via une halte à La-Grève-sur-Le-Mignon. Une borne de service est prévue sur chaque halte-escale munie de prises électriques 360 volts.

En 2017, l’IIBSN a réalisé des travaux de mise en valeur et de modernisation de cette écluse de La Roussille, près de Niort. Coût : 704 800 € TTC avec un financement d’Etat de 376 100€ et un financement IIBSN de 328 700€ (3 départements). Photo Gilles PETIT

La première phase d’investissement (4.9 M€ écluses, signalétique, haltes, ports de Marans et Niort) se concentre sur la partie déjà navigable entre Niort et Marans. La rentabilité est calculée sur 15 à 20 bateaux. La location qui sera basée sur la durée, devrait coûter aux clients entre 1 800 et 2 500 € par bateau la semaine, suivant la période. « C’est relativement onéreux, » reconnaît M. Laumond. « Mais il n’y a pas d’hébergement à supporter en plus. Par rapport aux produits sur le littoral, on n’est pas si mal placé. Un bateau jusqu’à six personnes, une clientèle qui n’existe pas sur le Marais. »

Et le bateau.

Située dans le Bief de La Sotterie, la passerelle de Coulon (79) affiche un tirant d’air de 2,43 m, basé sur un niveau d’eau l’été de 3,20 m. Ayant la cote la plus basse du cours de la Sèvre Niortaise, ce pont est à peine franchissable par les bateaux habitables préconisés par la collectivité. Photo Gilles PETIT

Pour remplacer la hideuse passerelle de Coulon, on pourrait imaginer la construction d’un pont-levis comme ici à Magné. Photo Gilles PETIT

« Nous sommes partis vers un gabarit plutôt petit par rapport à ce qui se fait ailleurs. C’est un problème de tirant d’air essentiellement », explique le pilote. Le tirant d’air est la limite entre la hauteur du bateau et le niveau de l’eau, important pour le passage des ponts. « Les plus bas sont à 2,40 m au niveau normal de saison, alors que les bateaux des opérateurs connus sont au minimum à 2,60 m. Ce qui obligerait ces opérateurs à faire des bateaux adaptés. Beaucoup de contraintes car ils ne pouvaient pas venir avec leurs bateaux existants. Les élus ont décidé que ce serait la collectivité qui ferait les premiers investissements sur les bateaux car il faut une embarcation spécifique. »

L’exemple d’un type de bateau habitable pouvant naviguer sur la Sèvre Niortaise. Document PNR

Les caractéristiques techniques du bateau : une motorisation électrique (la tendance du marché, pas de bruit, pas de gaz polluant); des cotes, déterminées par le gabarit de la rivière dont les écluses, 4,15 m de large pour 13 m de long, 2,15 m à 2,40 m de tirant d’air; un tirant d’eau limité à 0,90 m, une capacité d’accueil de 4 à 6 personnes; deux cabines équipées d’un lit double et deux lits simples, et un salon convertible, qui permet d’accueillir deux couples, deux enfants ou deux familles. Un espace extérieur avec banquettes sur terrasse, un pont supérieur accessible avec un système d’accrochage des vélos. Il serait possible d’embarquer des personnes handicapées mais le bateau ne sera pas adapté aux normes handicapées car « c’est compliqué sur un bateau », dit-on. Ils auraient une autonomie d’environ 90 km et 120 km à 6 km/h, selon le passage des écluses, grandes énergivores. Ils seraient munis de réservoirs de 1000 litres chacun en eau propre et eaux usées. L’emprise au ponton des haltes-escales serait d’environ sept mètres, couple ponton-bateau. Ces bateaux seraient géolocalisés pour aider à une bonne gestion de la circulation.

Sans être situé sur la Sèvre Niortaise, le port d’Arçais bénéficiera d’une halte-escale. Photo Gilles PETIT

Seulement deux bateaux sont actuellement prévus alors que l’ensemble des pontons pourrait accueillir simultanément vingt embarcations. En effet, neuf entreprises avaient proposé des bateaux, mais ces loueurs disposent actuellement de bateaux non habitables. Ces pénichettes ne remonteraient pas au-delà de La Sotterie. Le comité de pilotage a donc décidé de faire construire les bateaux nécessaires, mais les finances ne supporteront l’achat que de deux embarcations. Enfin, les communes n’auront rien à débourser. Toutefois, la commission d’appels d’offres a retenu deux modèles avec un look assez moderne. Pour l’heure, ce ne sont que des esquisses.

Le calendrier des prochaines échéances est, lui aussi, esquissé. D’abord demander des subventions pour la construction des deux bateaux ; neuf mois d’instruction avec l’enquête publique ; le démarrage des travaux à l’automne 2021 pour une mise en service en 2022. Une entreprise du Morbihan se donne un an pour réaliser les bateaux. Les offres de construction d’un bateau spécifique affichent une large fourchette de prix entre 180.000 € et 700.000 €. Les élus ont limité l’achat à 300.000 € le bateau.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN – COULON – MAGNE : 50 ans, l’âge d’Or de « La Grange de Camille »

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« 50 ans, l’âge d’Or. L’âge dort mais nous allons le réveiller pour évoquer ces années 1970 où, après une petite décennie passée sur Paris dans le milieu théâtral, Cosette et André reviennent à Coulon et décident que la nouvelle scène de leur vie aura maintenant pour décor leur pays natal. » Le maître dans l’art du papier, Daniel Mar, avec Cosette Pignoux retracent la genèse du centre culturel « Coulon, rive gauche », une vraie grange maraîchine appelée « La Grange de Camille ».

La Grange de Camille est située sur la commune de Magné (79) face au village de Coulon. Photo Gilles PETIT

« En 1968, on écrivait « sous les pavés la plage », et en 1980 « sur les pavés l’art ». C’est ainsi que Bijou ne faisant plus entendre le bruit de ses sabots ferrés sur les pavés, étant déjà parti depuis quelque temps rejoindre ses compagnons de chevauchée dans la prairie du grand large, et Camille ayant refermé cette porte d’écurie comme on referme un livre quand l’histoire se termine. Camille le voisin d’enfance, le voisin du jardin d’à côté. C’est ainsi que commence l’histoire de la Grange à Camille, » se souvient Mme Cosette Pignoux, metteur en scène de théâtre.

 

L’écurie de Camille Paris

Monsieur Camille PARIS

Nous sommes en 1969, le fermier maraîchin Camille Paris vient de vendre ses trois dernières vaches et son cheval Bijou, l’écurie et la grange restent désormais vides. Résidant juste en face, sur l’autre rive de la Sèvre Niortaise, M. André Pignoux voyait cette grange vacante. « Il demande à Camille s’il ne pouvait pas lui louer ce lieu un peu improbable. Tellement symbolique de l’âme du pays. Là, ses photos seraient exposées en parfaite symbiose avec ce qu’elles représentent, » commente Daniel Mar.

 

L’année suivante, la famille Pignoux a l’idée d’en faire un lieu d’exposition et l’ensemble est alors réhabilité. S’y succèdent des potiers, tisserands, ébénistes. . . Puis de nombreux artisans et artistes. Citons des peintres de prestige : Chenilleau, Bugeant, Hélène Besnard-Giraudias et des intellectuels. « On a connu le potier de Jean Cocteau qui a bien voulu exposer là une trentaine de ses pièces », se souvenait le regretté André Pignoux. « Dans les années 1970, la grange faisait office de lieu culturel à Coulon« .

 

 

L’homme de théâtre et complice des artistes de toutes factures André Pignoux (juillet 2017) est décédé en mars 2018. « Sa mémoire demeure, » assure Cosette Pignoux.    Image Gilles Petit

Ouverte en 1970, sous le nom de « la Grange à Camille », l’ancienne ferme de Monsieur Paris, vit les premières expositions, sur 120 m², des photographies de M. André Pignoux et la fondation, en 1974, d’un groupement d’artisans régionaux. « Il y avait encore du foin à l’étage et les vaches juste parties », aimait rappeler le photographe local. Très fréquentée, « la Grange à Camille » ne devait pas rouvrir ses portes, après la pause hivernale. Mais André et Cosette Pignoux n’ont pu se résigner à laisser les volets clos. Parlant alors au nom des artistes de la première édition, le regretté sculpteur Laurent Page expliquait : « Avec cette rénovation de la grange, nous faisons le pari de continuer à faire vivre cet endroit avec les fruits de nos travaux ».

 

Quand la « Grange » change de nom !

Rebaptisée « la Grange de Camille », l’ancienne propriété de M. Camille Paris, conserve l’architecture caractéristique de ces vieilles maisons du bord de fleuve, à savoir un corps d’habitation et une écurie en l’état, les auges, les râteliers, même le sol a été conservé intact avec ses pierres inégales et le « courant au purin » intégralement préservé. Construite comme la plupart des maisons maraîchines, à la fin du XIXe siècle, elle dispose d’un rez-de-chaussée (l’ancienne écurie) et d’un étage (ancien fenil).

Certains artistes exposent leurs œuvres dans « la Grange de Camille » depuis une vingtaine d’années, c’est le cas de Daniel Mar (photographie puis art du papier). L’artiste retrace la genèse d’une aventure « gagnante » : « Lorsqu’André a retrouvé son pays natal, il a tout de suite pris conscience des mutations qui étaient en train de se produire dans ce milieu rural. Une époque charnière où les tronçonneuses remplacent les scies, les tracteurs se substituent aux chevaux. . . Alors lui qui, sur Paris, a aussi appris la photo, se met à saisir en noir-et-blanc les ultimes images du transport du bétail dans les bateaux, des lavandières sur les bords de Sèvre, tous les gestes ancestraux de ce monde rural qui bientôt vont disparaître. Et dans cette grange, toutes ces images vont trouver là un parfait écho. Et puis très vite, André et Cosette pensent qu’ils pourraient peut-être aussi accueillir en ce lieu d’autres artistes, artisans d’art susceptibles de présenter ici leurs œuvres. Alors, les années suivantes, vont se croiser ici potiers, ébénistes, tisserands. Et d’emblée c’est le succès car à l’époque nulle part ailleurs dans la région il n’y a d’équivalent. On y trouve du mobilier, des abat-jours, des foulards, des peaux de bête, et bien sûr des œuvres peintes ou sculptées par des artistes locaux. On y accourt de partout de la région et plus encore du proche pays niortais où tout le monde a, au moins, entendu parler de la Grange à Camille.

 

« la Grange a 50 ans ! »

La soirée d’anniversaire « la Grange a 50 ans ! » était ponctuée des musiques et poèmes interprétés par Anne Testard. Photo Gilles PETIT

« Dès qu’il y a un cadeau à faire pour un parent : la Grange à Camille; un collègue qui part à la retraite : la Grange à Camille; le voisin qui va pendre sa crémaillère : la Grange à Camille. Les années passent, les temps changent. Nous sommes dans les années 1990, la Grange elle aussi se doit d’évoluer, mais Cosette et André craignent vivement que les organismes officiels les obligent à des changements radicaux comme, par exemple, la démolition du sol et son pavage qui participeraient à anéantir l’âme du lieu. Mais la bonne fée du Marais veille et la Grange ne connaîtra pas les transformations. Souhaitant alors se positionner en dehors de tout mercantilisme, en 1999, le couple va finalement décider de ne réserver la Grange qu’aux artistes. Elle va alors devenir un incontournable lieu culturel, un espace un peu hors du temps et de l’agitation galopante, une escale précieuse où il fait bon se poser. Et ils vont être nombreux à s’y succéder les artistes. Des dizaines et des dizaines, reconnus, connus ou inconnus, mais tous animés par une même flamme créative, reflet de leur âme. A ce jour, ont exposé ici, en ce lieu magique environ 280 artistes. Je fais partie de ceux-là. Je voudrais dire au nom du plus grand nombre combien nous sommes attachés à cet endroit qui se perçoit au travers de nos cinq sens. »

« Coulon Rive gauche » offre du rêve

« On avait besoin d’un lieu pour mettre nos rêves, » reprend Cosette Pignoux. « Nous cherchions justement un lieu habité par une histoire. Oui, Camille les murs de ta grange parlent, les murs racontent ! Camille, toi qui fais maintenant des promenades en bateau avec les touristes, tu sais, ils seraient heureux ces gens-là de voir une expo ! L’amitié de voisinage allait jouer en notre faveur. Et voilà, mes ailes repoussent, mes rêves s’envolent, on parle, on rencontre, on partage, on crée, on imagine. Ah oui, l’imagination est au pouvoir. Rêves réalisés, on est dans le concret dans ce lieu avec des photos d’André accrochées sur un mur de foin. Qui pourrait faire ça, qui pourrait imaginer faire une chose pareille ? C’était très beau, les photos de labour, sur un mur de foin. C’était extraordinaire! »

« Coulon rive gauche » (aquarelle, huile, dessin, sculpture, estampe, photo, art du papier) héberge, cette année, Jean Artibricolo, Danièle Baudry, Françoise Bousseau-Janon, Fredy Gautier, Christiane Gilbert, Phil Lejeune, Daniel Mar, Fabrice Morin, Sandrine Pignoux, Louise Maby, Sébastien Momot, Jean-Michel Tronche et les photographies d’André Pignoux. Photo Gilles PETIT

Une création Daniel Mar

Daniel Mar : « Sereine au bord du fleuve, la Grange est aujourd’hui d’une nature forte qui a vu passer bien des natures mortes mais qui pourtant reste toujours bien vivante. Tu vois André, tu vois Cosette, vous pouvez être fiers de ce jour et de ce que vous avez créé qui, cinquante ans plus tard, continue à se perpétuer. » L’artiste apporte « une petite preuve supplémentaire à ce constat. » En s’amusant avec les lettres du mot grange, Daniel Mar a mélangé les lettres. « Pour le mot grange, il n’y a qu’un anagramme possible : gagner! »

« C’est ainsi que vit la Grange, une porte ouverte aux rencontres, aux moments chaleureux des instants partagés, les yeux engrangent les souvenirs, les paroles s’échangent, s’enrichissent. La Grange, c’est le pas lourd des sabots de Bijou sur le pavé. La Grange, c’est Camille. La Grange, c’est l’amour, pour l’échange de deux passionnés. La Grange, telle est sa vocation, la beauté du tableau, la lumière des photos, le geste assuré du sculpteur passionné, les odeurs de lavande échappées du tableau, les pas du visiteur caressant les pavés. La Grange, c’est le lieu magique des magiciens. La Grange, c’est le reflet d’une vie transparente du vécu comme un poème qui s’éternise dans le temps, » conclut Cosette Pignoux.

L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte jusqu’à fin septembre dans « la Grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise, face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.

Gilles PETIT

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

COULON (79) : Anne-Sophie Guichet : « maire de Coulon, c’est pas possible, pas moi et puis voilà »

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A Coulon, une commune deux-sévrienne située dans le Marais Poitevin, la population s’est choisi une nouvelle équipe municipale dirigée par Mme Anne-Sophie Guichet. La tête de la liste, sans étiquette, « Ensemble, construisons l’avenir », seule en lice élue dès le premier tour des dernières élections, « recherche un système de plateforme participative, quelque chose qui pourrait créer du lien permanent avec la population, laquelle pourrait interagir, poser des questions . . . »

Mme Anne-Sophie Guichet, maire de Coulon 79) Photo Gilles PETIT

Selon Mme Anne-Sophie Guichet, première adjointe au maire de la municipalité précédente : « Coulon est une magnifique commune du Marais Poitevin. Coulon est une commune touristique qui est un peu un dortoir du pays niortais. Sa population [2318 habitants au 1er janvier 2020 NDLR] évolue avec beaucoup de jeunes qui viennent s’installer. C’est intéressant puisque ça nous permet de faire vivre nos écoles, ce qui est hyper important, comme faire vivre un peu nos commerces. » « La population a bien rajeuni, » constate la maire, « c’est le résultat de la politique du développement de lotissements, et d’autres opérations » menées par les municipalités précédentes.

En effet, le dernier recensement effectué par l‘Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) démontre qu’après une période de stagnation entre les années 1920 et 1970, la commune a amorcé une progression constante, ce qui lui vaut sans aucun doute aujourd’hui d’être classée non plus « commune rurale », mais plutôt « commune péri-urbaine ». Coulon a gagné plus de 300 habitants depuis 1999 et plus de 850 habitants depuis 1968.

 

Pourquoi avoir brigué le poste de maire à Coulon ?

Anne-Sophie Guichet : « La nouvelle maire est arrivée là parce qu’à un moment donné elle a été sollicitée par des personnes qui ont souhaité, voilà quelques années, qu’elle intègre l’équipe municipale. J’ai commencé à être impliquée dans la vie de la commune quand mes enfants sont allés à l’école. Avant, ce qui se passait sur Coulon, je le vivais, mais je n’étais pas forcément impliquée dans la commune. Puis il y a eu l’association des parents d’élèves, je me suis impliquée, je me suis prise au jeu et tout ça a fait que je me suis rendu compte que je vivais dans une belle commune. Que cette commune avait besoin de personnes pour vivre sa dynamique. Et puis, ça s’est fait naturellement. Je pense que j’ai des prédispositions. J’ai dans ma famille des parents qui ont toujours été impliqués dans des associations, qui ont toujours été bénévoles. C’est un état d’esprit. De plus, mon papa est aussi dans un conseil municipal. J’ai été élevée dans cette dynamique et j’en suis ravie. Je pense que mes enfants vont avoir aussi cet héritage. C’est hyper important et c’est riche. Si quelques années en arrière on m’avait dit « tu seras maire de Coulon », j’aurais dit non c’est pas possible, pas moi et puis voilà. Cette envie et ce besoin de faire avancer les choses toujours dans l’intérêt général. Je me suis piquée au jeu, si l’on peut dire. C’est ce qui m’a motivée et fait que j’ai accepté de prendre cette responsabilité, en me disant que finalement j’ai tout aussi ma place que n’importe quelle autre personne. »

Anne-Sophie Guichet poursuit : « Il ne faut pas s’attendre à avoir des félicitations sinon on va finir par être malheureux. J’en suis consciente. J’ai fait un abandon partiel de la vie familiale, mais aussi de la vie professionnelle, puisque je suis jeune (47 ans), je ne suis pas encore à la retraite et j’ai une activité professionnelle mise entre parenthèses, pas complètement. Mais je le fais parce que j’y trouve aussi un intérêt collectif. Je me dis : mince, Coulon est une belle commune, il y a plein de belles choses à faire. Je suis entourée d’une bonne équipe. Je ne serais pas partie sans une bonne équipe. J’ai mis du temps à franchir le pas, maintenant qu’il est franchi je ne regrette pas. Je sais qu’on a une lourde charge et qu’on a beaucoup de travail. J’en suis convaincue. Et qu’on a pris du retard notamment avec la pandémie. On ne va pas faire un mandat de six ans, on va faire un mandat de cinq ans et demi parce que là, on n’a pris des fonctions qu’au mois de mai. Les choses se font de moins en moins facilement, par des contraintes de budgets, des contraintes administratives. L’enjeu pour notre équipe est d’apporter du sens en permanence à ce que l’on fait ou que l’on ne fait pas. Et quand on ne le fait pas, expliquer pourquoi c’est retardé. C’est hyper important et ça passera par la communication. On doit encore discuter, échanger, voir comment on va mettre en place. J’en suis convaincu, si on explique les choses, si l’on dit pourquoi on a fait comme ça et pas autrement. Faut être transparent, c’est la transparence qui permettra aux gens de comprendre. »

 

L’équipe municipale, quésaco

Les nouveaux conseillers municipaux coulonnais (photo DR extraite de la profession de foi de la liste candidate)

Anne-Sophie Guichet : « L’équipe est formée de personnes résidant un peu partout sur le territoire pour qu’il y ait une représentation logique ; qu’on ait tous les âges ; de plusieurs catégories socio-professionnelles ; d’activités différentes ; aussi des personnes issues d’associations qui ont un souci d’intérêt collectif, de bien vivre ensemble, de partage. Les compétences ont aussi joué un rôle, » notamment en matière de sécurité, communication interne, externe, tourisme, . . . « Il faudra être vigilant, c’est pourquoi [la maire] a souhaité un poste d’adjoint en moins pour avoir plus de conseillers délégués de manière à impliquer davantage de personnes. » Le conseil municipal compte aujourd’hui quatre adjoints (1er, M.Dominique Giret ; 2ème, Mme Marie Le Chapelain ; 3ème, M. Fabrice Berjonneau ; 4ème, Mme Isabelle Héhunstre) et cinq délégués (Madame Angélique Dumoulin et Messieurs François Sabourin, Julien Guibert, Patrick Cartier et Pascal Morin).

 

Les relations publiques ?!

En terme de fonctionnement, Mme Guichet souhaite avoir « très souvent des moments de partage et d’échange. Que ce ne soit pas uniquement les adjoints qui se réunissent, que tout le monde ait le même niveau d’informations. C’est important. Il y aura des réunions publiques sur des sujets spécifiques (grands projets. . .). Pour moi, c’est une obligation de communiquer, de donner du sens et d’expliquer. On recherche un système de plateforme participative, quelque chose qui pourrait créer du lien permanent avec la population et qu’on puisse interagir, poser des questions, pour faire des sortes de sondages. . . Il faut qu’on avance tranquillement, il ne faut pas se précipiter, il ne faut pas se tromper. Nous avons plein d’idées. On voudrait faire des points de temps en temps en différents endroits de la commune. Nous avons institué le quart d’heure citoyen [en fin de réunions du conseil municipal] : on essaie, on met en place, si ça fonctionne tant mieux, si ça ne fonctionne pas, on voit si on peut améliorer ou changer quelque chose. Des questions d’intérêt collectif uniquement. » « Je me réserverais le droit de ne pas répondre en proposant une prise de rendez-vous pour les questions personnelles », précise la maire qui « envisage d’être présente en mairie tous les mercredis sans rendez-vous et de le faire savoir aux Coulonnais ». Cependant, il faut laisser au conseil municipal jusqu’à la fin de l’année pour prendre ses marques.

 

Des projets ?!

M. Pierre Rousseau, ancien maire de Coulon Photo Gilles PETIT

L’ombre de M. Pierre Rousseau, l’ancien maire de Coulon de 1989 à 1998 qui a remodelé en profondeur le bourg de Coulon, a plané lors de l’évocation des grands projets de cette nouvelle mandature. En effet, tous ces projets remontent à l’ère Pierre-Rousseau. Par exemple, la construction d’une salle polyvalente qui revient périodiquement, pourrait voir le jour sur la commune dans le secteur de l’Autremont. « Un autre projet qui me tient à cœur, » annonce Mme Guichet. C’est la résidence seniors envisagée dans l’ancienne Maison Familiale Rurale, rue Elise-Lucas. « Pour [la maire], ce serait un beau projet pour la commune qui permettrait à nos aînés qui le veulent de rester à Coulon, voire de bénéficier d’une structure adaptée. »

Le Centre Social et Culturel du Marais, à gauche, le musée du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, à droite. Photo Gilles Petit

Enfin, M. Pierre Rousseau répétait à qui voulait l’entendre : « une commune s’enrichit quand elle possède et crée un patrimoine immobilier ». Outre la maison Elise-Lucas, citée plus haut, le groupe école-salle des fêtes, l’église et le bâtiment de la mairie actuelle, les Coulonnais possèdent la maison de la Coutume et sa voisine l’ancienne auberge. Le premier bâtiment est loué au Parc Naturel Régional du Marais Poitevin pour l’aménagement de son musée « Maison du Marais Poitevin ». Le second héberge le Centre Social et Culturel du Marais (CSCM), une structure intercommunale Coulon-Magné. Ces deux bâtiments font l’objet d’une offre d’achat par le Conseil départemental des Deux-Sèvres. Sur proposition de son maire, le Conseil municipal précédent s’est dit favorable à cette initiative. Les nouveaux élus n’y sont pas opposés. Mme Anne-Sophie Guichet explique : « Avec l’agent d’assurance, nous avons fait le tour des bâtiments communaux. » L’agent estime que Coulon est la commune qui possède le plus de patrimoine lequel n’est pas toujours en très bon état. « Le souci est là, » estime la maire. « Plus il y a de patrimoine, plus ça demande d’entretien et donc d’argent. Et aujourd’hui, les finances de la commune ont tant de choses à faire. Le bâtiment du Centre social n’est plus aux normes et on sera incapable de supporter la charge de travaux. On a beaucoup réfléchi à la question. Ce qui a fait pencher la balance, c’est que ces bâtiments vont rester publics, ouverts à tous sur la commune. Effectivement, on perd la propriété, mais on ne vend pas à un privé qui va tout fermer. Cet argent va permettre de développer autre chose pour les Coulonnais. Il y aura repositionnement du CSCM. Ce centre social est une richesse sur la commune. Il faut voir tout ce que ça nous rapportera. Nous expliquerons aux Coulonnais. La nouvelle équipe n’a rien décidé, il faut qu’on travaille, qu’on fasse des groupes de travail. Qu’on associe la population. Faire une commission. L’ancienne équipe avait des idées pas forcément mauvaises, la nouvelle équipe a des idées qui ne sont pas forcément les mêmes alors il faut qu’on arrive à mixer tout ça et sortir les meilleures. »

 

En tous cas, rappelons que, dans l’immédiat, les élus comptent développer la communication. Ils vont refondre le site internet local et relancer l’édition d’un bulletin municipal, un magazine distribué en plus de l’agenda annuel, ce-dernier étant, semble-t-il, apprécié car « les gens l’attendent avec beaucoup d’impatience ».

Gilles Petit

COULON (79) : L’Epicerie d’Isa, la nouvelle supérette COOP

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« Que les Coulonnais prennent le temps de découvrir le magasin. J’aimerais qu’ils oublient l’ancien. Qu’ils viennent rencontrer la nouvelle propriétaire », tel est le souhait de Madame Isabelle Montillaud. Nouvelle venue dans la Venise Verte, la commerçante vient d’ouvrir L’Epicerie d’Isa, reprenant ainsi la supérette Coop installée depuis 1932, 10 rue du Marais à Coulon (Deux-Sèvres).

Le magasin COOP devient L’Epicerie d’Isa de Coulon. Photo Gilles PETIT

Géré depuis le 3 mai 2017 par Mme Alexandra Gobin-Flandrois et M. Thierry Albert, au sein de la SARL ALEXTHINO, le magasin Coop de Coulon a fermé juridiquement le 1er mai 2020 au terme de la location-gérance de trois années donnée par la société Coop Atlantique. Un contrat renouvelable d’année en année par tacite reconduction, sauf dénonciation. Dès la dissolution et la clôture décidées lors des assemblées générales extraordinaires des 10 janvier 2020 et 23 avril 2020 de la SARL ALEXTHINO, Madame Isabelle Montillaud a saisi l’opportunité de (re)venir aux origines de sa famille : le village de Coulon.

Mme Isabelle Montillaud, nouvelle gérante de l’enseigne COOP de Coulon. Photo Gilles PETIT

Née à Paris, Mme Isabelle Montillaud a grandi en région parisienne : « Je suis arrivée en 2002 sur la région à Saint-Pierre-le-Vieux en Vendée », se félicite-t-elle. La néo-maraîchine a toujours œuvré dans le commerce d’alimentation. « J’ai débuté avec le groupe Monoprix. » Puis, après une petite interruption d’activité consacrée à ses enfants, elle a repris du service . . .  dans une station-service. En 2015, elle a acheté un fond de commerce, en co-gérance, la Coop de Maillezais qu’elle a quittée en décembre 2018.

Et la voilà dans la Venise Verte.

Pourquoi Coulon, s’étonneraient les autochtones ? « Parce que les événements privés font parfois qu’on peut être amené à se déplacer et il se trouve que Coulon était la ville de ma famille », avoue l’intéressée. « Je suis petite-fille, arrière-petite-fille de Coulonnais. Mon arrière-grand-père était le sabotier de Coulon, M. Pierre Vergnon et son épouse Germaine qui travaillait à la cantine de l’école locale, je crois. Mes grands-parents s’appelaient Léon et Lisette Morin. J’ai passé mes vacances ici. » Peut-être à courir dans les venelles de Coulon qu’elle dit « bien connaître ». En fait, « quand on a quitté la région parisienne, c’était pour venir à Coulon. »

Une petite histoire de la Coop à Coulon

Créée par un sieur Martin, qui pérennisa l’affaire durant près de quatre décennies, l’épicerie de la rue du Marais a connu plusieurs gérances. Ce commerce a tenu le haut de l’affiche de 1996 à 1998. En effet, le 14 septembre 1996, les Coulonnais découvrent sur la porte d’entrée du magasin Score, la renommée supérette située près de l’Eglise de Coulon, le panonceau « Fermé pour congés annuels ». En réalité, la propriétaire Mme Marie Villeneuve avait choisi d’arrêter définitivement son commerce d’alimentation après la saison estivale car elle ne « pouvait plus assurer la qualité du service faute d’un chiffre d’affaires satisfaisant », avait-elle argumenté. Prenant l’affaire à cœur, le maire d’alors M. Pierre Rousseau a entrepris des démarches pour « recréer un magasin d’alimentation afin de maintenir un peu de vie dans le bourg« . Et de préciser : « Il y a pourtant de la place pour deux commerces de ce genre ». L’autre magasin à l’enseigne Coop était tenu par M. et Mme Jacques Celereau, rue du Marais. « Malheureusement », soulignait le maire, « il est légèrement décentralisé. Il faudrait qu’il se rapproche du centre-bourg ». De ce fait, M. Rousseau avait contacté la direction générale de la Coop à Saintes (Charente Maritime) afin de solliciter une implantation place de l’Eglise. Dans sa réponse, la coopérative avait suggéré la construction d’un atelier relais par la municipalité dans lequel seraient installés des commerces. Cette solution n’a pas été approuvée par les élus. De plus, l’extension du supermarché Unico, situé à Magné la proche commune voisine, était en projet. Cette moyenne surface commerciale « joue un grand rôle dans les difficultés financières des petits commerces des bourgs voisins », constatait déjà le maire de Coulon.

En 1997, la Coopérative régionale de Saintes annonce que le bâtiment qui abrite son magasin de la rue du Marais va bénéficier d’une totale rénovation de la cave au grenier, intérieur et extérieur, profitant de l’occasion pour doubler sa surface de vente qui passera ainsi de 38m² à 78m². Afin d’éviter la fermeture de son commerce pendant deux mois de travaux, M. Celereau a trouvé un local dépannage donnant sur la place de l’Eglise au n°38, voisin du restaurant de la Venise Verte, aujourd’hui dénommé Le Marais Social Club. La Coop a fermé le vendredi 24 octobre 1997 le temps de déplacer les rayons durant un week-end. La famille Celereau qui logeait au-dessus du magasin, était alors hébergée dans un bungalow du village de vacances mis à sa disposition par la commune. Le magasin Coop a réintégré ses locaux rénovés début janvier 1998 après avoir réalisé un remarquable et inespéré chiffre d’affaires malgré l’exiguïté de la boutique temporaire. Force est de constater que l’implantation définitive dans le centre-bourg était une belle opportunité manquée par la Coop.

Le rêve d’Isa

« Je préfèrerais être plus au centre qu’ici », regrette Mme Montillaud. « Tout ce qui est tourisme ne passe plus devant le magasin, on envoie directement vers le grand parking alors qu’avant les touristes qui rentraient à Coulon passaient forcément par ici, tous les bus, tout passait par là. Maintenant plus personne ne passe devant un magasin placé ici. En plus le stationnement a été supprimé. » Toutefois, la nouvelle gérante souffle que la Coop étudie un projet d’implantation sur le site de l’ancienne station-service de Coulon qui est judicieusement placé rue André-Cramois sur le passage des estivants. « Ce serait toujours mieux là-bas qu’ici. Il y aurait du passage, du stationnement sans problème, un magasin deux fois plus grand », imagine la commerçante. « Ce magasin resterait proche des habitants du centre-bourg lesquels n’auraient pas de déplacement plus long. Ça ne devrait pas changer. Les résidents des écarts auront plus de visibilité. » De plus, il y aurait la présence d’un boulanger dans ce projet.

Mme Isabelle Montillaud (à gauche) présente à ces clientes le nouvel agencement de son magasin. Photo Gilles PETIT

Un nouvel agencement

Pour l’heure, Mme Isabelle Montillaud présente L’Epicerie d’Isa : « Le magasin a eu pas mal de transformations. Il a été réaménagé à mon goût. En terme d’agencement tout a été revu, les peintures refaites. De nouvelles vitrines froides ont été mises en place. Un nouveau présentoir en bois qui n’existait pas pour les fruits et légumes. On est sur la gamme des produits auxquels on peut accéder en tant que gérant de chez Coop et des produits U puisque, depuis 2015, les petites supérettes Coop ont la marque U intégrée dans leurs magasins. C’est un plus car, d’abord U est une marque connue, reconnue, appréciée. Ça permet d’avoir des prix de vente plus raisonnables que ceux qu’il y avait avant. On ne peut pas demander à un magasin de proximité de pouvoir s’aligner sur les prix pratiqués en grande surface car on n’a pas le même débit. Mais maintenant, on est capable d’offrir une gamme de produits quasiment tout aussi importante que dans une grande surface. Et au-delà de la Coop, j’ai une entière liberté de travailler également avec d’autres fournisseurs. En terme de statut, je suis complètement indépendante. Ici je loue les bâtiments appartenant à Coop. »

« J’ai la chance de faire le métier que j’aime sinon je n’aurais pas ouvert les portes. Je suis seule à travailler ici pour l’instant », conclut la commerçante. « Bien sûr, j’ai des projets. Mais pour que ces projets aboutissent, c’est comme tout petit commerçant, il nous faut des clients. Si je n’ai pas de clients, je n’évoluerai pas. Que les Coulonnais prennent le temps de découvrir le magasin, de me rencontrer. J’aimerais qu’ils ne restent pas sur l’idée de l’ancien magasin. Tout dépendra des Coulonnais. »

Des services

L’Epicerie d’Isa offre ses services d’abord aux locaux. En plus de l’alimentaire, la supérette envisage de proposer d’autres produits (des fleurs, des vêtements, de l’outillage, de la quincaillerie, des produits artisanaux. . .) Les idées ne manquent pas. En revanche, il n’y a plus de « chinage », à savoir le colportage avec un camion-magasin. Mais des livraisons à domicile seront assurées sur la commune de Coulon, sur les villages de Sansais et La Garette, ainsi qu’à Magné en complément du drive de Super U pour les personnes qui ne peuvent se déplacer.

Client-coopérateur

Les clients de L’Epicerie d’Isa peuvent devenir coopérateurs-actionnaires chez Coop porteurs d’une carte ad hoc. Un coopérateur achète au minimum une part d’une valeur actuelle de 7 euros, sachant qu’il est possible d’en acheter bien d’avantage. Ainsi, à chaque fois qu’un client-coopérateur fait un achat, au bout d’un certain temps, il reçoit un ou plusieurs bons de réduction valables sur l’ensemble du magasin ou d’autres offres. La carte donne aussi accès à des conditions de vacances, de logements, etc suivant un système d’autocollants qui peuvent permettre d’obtenir par exemple un filet de 15-30 euros offert.

Isa vient d’élargir sa gamme de produits en épicerie, et créée que des rayons maroquinerie, textile et bijoux. Elle propose des journées « poisson » tous les mardis.  La supérette offre plusieurs autres services : la livraison à domicile gratuite (voir les conditions au magasin), un point relais-colis Pick Up, un dépôt de pain et la commande de pâtisseries.

L’Epicerie d’Isa, magasin Coop, 10 rue du Marais 79510 Coulon, Tél. : 05 49 35 90 01

Nouveaux horaires
* Lundi – Mardi – Jeudi – Vendredi :
– 8 h 30 – 13 h et 14 h 30 – 19 h
Dimanche : 8 h 30 – 13 h
Fermeture le mercredi

Gilles PETIT

NECROLOGIE : M. Claude Audis Président historique du Festival de peinture de Magné (79)

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Un « doux rêveur » nous a quittés un dimanche avant l’aube, le 8 mars 2020, dans sa 75ème année. M. Claude Audis réalisait ses rêves et ceux des autres, quels que soient les cercles familial, professionnel ou associatif. Les mondes politique, sportif, artistique, caritatif . . . de Magné, du Niortais et des Deux-Sèvres rendent hommage à un homme entreprenant qui fuyait les. . . honneurs.

Pour le grand public, M. Claude Audis est inéluctablement associé au Festival International de Peinture de Magné. Une manifestation créée le 13 avril 1989 sous l’égide de l’association Magné Animation. Dans cette vidéo préparée spécialement par Capt’Action79 : https://youtu.be/hBIhzoHIA5c, ce co-fondateur conte la genèse d’un rêve fou né d’une rencontre. Ce film sonne également l’heure de sa « retraite associative » après 36 années de services.

« Claude n’est plus… Au revoir Claude. Difficile de ne plus voir ta silhouette. Ton village de Magné ne l’oubliera pas. Ce village que tu as fait tien. Ce village, à qui tu as façonné, en tant que président bâtisseur du Festival de peinture, un bel habit de lumière, reconnu en deça et même bien au-delà de nos frontières. » écrit André Réault pour l’association de jumelage franco-allemand Magné-Weitnau Photo Michel Castellani

M. Jean-Marie Zacchi, président d’honneur et du jury du Festival de peinture à son ami Claude Audis : « Les artistes se retrouvent, les artistes se découvrent, des amitiés naissent. » Photo Michel Castellani

A l’occasion du 8ème Festival de peinture Magné – Marais Poitevin, les 20 et 21 juillet 1996, le président Claude Audis déclarait : « Au moment où se profile sur l’horizon du prochain été la nouvelle cohorte des artistes qui vont entreprendre la route vers Magné, laissez-moi rêver de ce Festival. . . Je vois la toile peinte durant ces années avec le mauve de nos risques insensés, l’ocre de nos hésitations, le gris de nos erreurs de débutants et bordés du rouge de notre passion ! Je rêve d’une nouvelle fête orchestrée par l’équipe de Magné-Animation dont le dynamisme et le cœur à l’ouvrage feront encore merveille. Je rêve de tous ces artistes convergeant vers le Marais Poitevin, même d’au-delà de nos frontières. Débutants, peintres au talent confirmé, maîtres de leur art, tous viennent participer au même Festival. Je rêve de ces grands artistes, nos invités d’honneur qui présenteront leurs œuvres gracieusement devant un public toujours plus nombreux, passionné et ravi. Je rêve de tous nos partenaires : collectivités, entreprises, institutions, commerçants et artisans qui, par leur précieux soutien, témoignent d’un profond souci artistique. Et si ce rêve n’était autre que la prochaine édition du Festival de Peinture de Magné ! »

A l’occasion de la 30ème édition du Festival de Peinture de Magné, une grande partie des artistes professionnels, anciens invités d’honneur ont répondu à l’appel de Claude Audis (au centre). Photo Michel Castellani

Une photographie souvenir prise à l’issue du 3ème Festival de Peinture en 1991. Photo dr

Lors de ses obsèques, son fils aîné a ainsi résumé la personnalité de son père (extraits) : « Dans tous les [cercles] où tu t’es impliqué, tu étais aussi bien un boute-en-train qu’une personne sérieuse à qui on peut donner, à qui on peut demander des conseils ou des services. Tu as eu une vie sociale extraordinaire avec, pour principaux [cercles] de vie, le Yachting-club niortais, le Rotary-club Niort Sèvres, la Confrérie des Mangeux de Lumas, le comité d’honneur des Chamois Niortais, etc. (. . . ) Tu passais tes journées à travailler près de 12 heures pour trouver du travail à tes employés ou plutôt à tes compagnons, comme tu aimais à dire, tellement tu t’occupais d’eux et de leur trouver du travail. Tu étais un patron gentil mais très exigeant. Monsieur Audis, c’est comme cela que te nommaient toutes les personnes qui ne te connaissaient pas au point de ne pas utiliser ton prénom. Ta personnalité charismatique imposait le respect, même si tu étais un grand gentil. Monsieur Audis, c’est comme ça aussi que les Magnésiens t’ont connu quand tu es devenu conseiller municipal, puis adjoint à la culture six ans plus tard. Tu as consacré beaucoup de temps au monde associatif et au bénévolat car, durant ton passage à la municipalité, tu as été dirigeant au club de foot de Magné, un des premiers acteurs du comité de jumelage de Magné qui unit toujours Magné à Weitnau [une ville allemande] et le père fondateur avec M. Jean Thébault du Festival de peinture. Le Festival qui sera au centre de ta vie pendant 30 ans, qui a une reconnaissance internationale, à l’exemple d’une réussite extraordinaire. Tu as réussi avec une bande de sept à huit personnes à l’origine. Des illuminés comme on aurait dit à l’époque. Une expérience unique qui marque une vie et qui te vaut la reconnaissance que tu as aujourd’hui. »

Né le 25 juin 1945, M. Audis se plaisait à dire que son entreprise avait son âge car son père aurait fondé sa société à Niort l’année de sa naissance. Un établissement que le fils Claude a repris le 12 juin 1972, presque en cadeau d’anniversaire. La société individuelle qui portait son nom « Monsieur Claude Audis » a été active pendant 34 ans, puis elle est devenue l’entreprise Audis Menuiserie. Plus tard, Claude a cédé son affaire à son fils cadet, un établissement spécialisé dans les travaux de menuiserie : fabrication et pose de menuiserie bois, cloison mobile, cloison sèche, faux plafond, escalier, parquet. Depuis le 3 avril 2018, la Société par Actions Simplifiée (SAS) a conservé le nom mais elle n’est plus gérée par la famille Audis.

Deux enfants et quatre petits-enfants sont nés de l’union de Claude avec Nicole. Et leur fils aîné de conclure : « Bien sûr, tu étais accompagné par ton âme sœur, maman, qui t’as suivi dans toutes tes aventures avec qui tu étais marié depuis 52 ans. Cela faisait en tout 58 ans que vous étiez ensemble. Vous avez eu une vie trépidante avec vos voyages et ensuite avec la venue du ou des bateaux. Bateaux que tu avais appelés successivement Nicole, Nicole 1, Nicole 2 et ce jusqu’au dernier Nicole 6. Vous aviez raison d’en profiter, vous avez travaillé dur toute votre vie pour cela. … »

Gilles PETIT

Festival international de peinture de MAGNE 79 : clôture du 31ème, place au 32ème, vidéo et images

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Sous titré « La peinture Grandeur Nature », le 31ème Festival international de peinture de Magné (Deux-Sèvres) a refermé ses chevalets. La 32ème édition se déroulera les 18 et 19 juillet 2020.

235 artistes (sans compter les enfants) ont participé à la réussite du 30ème anniversaire de l’association organisatrice Magné Animation. Le jury a primé trente-trois « adultes » et huit « juniors », attribuant ainsi plus de 12.000 euros de prix.

Nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir en vidéo cette 31ème édition, ainsi que la proclamation du palmarès 2019, au lien YouTube suivant : https://youtu.be/lt9XouF-x3g

Prise de vue : Gilles Petit
Réalisation : Capt’Action79. juillet2019

 

Toutes Catégories
Prix POUJOULAT : NGUYEN Kim-Chi
Prix THEBAULT : RODRIGUEZ Cathy
Prix restaurant LA BELLE ETOILE : VALLENET Annick
2ème Prix Pastel – Prix Embarcadère CARDINAUD : DAVID Nadia
2ème Prix Aquarelle – Prix GROUPAMA : DELAROCHE Dominique
Prix PARC NATUREL REGIONAL : FAURE-ROSSARD Christiane

Prix Spécial
Prix Conseil Départemental 79 : KIENER Christiane
2ème Prix Techniques Mixtes – Prix CREDIT MUTUEL : COURILLEAU Karen

Toutes Catégories
Prix AUDIS : BAURUEL Dominique
Prix Groupe Y NEXIA : CHÂTEAU Frédéric
Prix Ambulance de l’ANGELIQUE : LE DEROFF Michel
Prix GRAFIC ENCADREMENT : LE BORGNE
3ème Prix Huile – Prix MARAIS POITEVIN IMMOBILIER : FOURREAUX Michel
3ème Prix Pastel – Prix PIEJAC MAINGRET : RIBARDIERE Marie-Noelle
3ème Prix Techniques Mixtes – Prix ROUVREAU RECYCLAGE : BELAIR Yvan
Prix MUTUELLE DE POITIERS : ACHARD Joël
Prix AXA Assurances : PUMA QUISPE Sabino
Prix TERRASSON : DAUGA Jean-Jacques
Prix AMBASSADE DU VIN : MOREAU Jean-François
Prix GRAPHIC APPLICATION : FAGES Roger
Prix EUROVIA : RAUSA Robert-Victor
Prix TEDELEC : LE MOUEL Stéphane
Prix EVERGIE : BRAILLON Michel
Prix ACSOR : MARTIN-HAJPEK Vesnica
3ème Prix Aquarelle – Prix NEWLOC : PATETA Serge

Une ultime exposition des tableaux lauréats des prix 2019

Comme de coutume, le public a pu revoir, en octobre 2019, toutes les œuvres primées dans les locaux du Centre culturel du Four Pontet. Cette ultime exposition, ouverte pour la première fois sur deux weekends, s’est refermée par le « décrochage » des tableaux avec remise à leurs parrains respectifs présents.

Photos Gilles PETIT

Un nouveau président du jury en 2020

Gilles PETIT

A l’issue de l’assemblée générale de Magné Animation, le conseil d’administration a accueilli de nouveaux adhérents. Photo : les membres du CA en compagnie des artistes Daniel Doutre et Richard Gautier (à gauche). Photo Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : Magné (79) a tracé un sentier de découvertes “ De port en port ”

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Malgré l’éventuelle présence du « Bras rouge », la municipalité magnésienne a tracé un sentier de découvertes intramuros « De port en port », autour du thème de l’eau et du petit patrimoine local. Une petite balade pédagogique de deux kilomètres.

Le départ du sentier « De port en port » est situé devant ce panneau d’information fixé sur le mur des toilettes publiques de l’Espace du Bief, parking du 11ème GRCA. Photo Gilles PETIT

« Pour démarrer, » explique Mme Martine Brouard, adjointe au maire de Magné et coordinatrice du groupe de travail patrimoine qui a planché sur ce projet, « nous voulions un sentier adapté aux personnes à mobilité réduite et destiné aussi bien aux Magnésiens qu’aux touristes. Il fallait un sentier pas très long, qui peut être la promenade du dimanche, sur deux kilomètres suivant un parcours permettant de découvrir le patrimoine. »

Quel patrimoine ? C’était la question. Mme Brouard tente une réponse : « En fait de patrimoine, Magné a peu de monuments historiques, à part l’église, la chapelle Sainte-Macrine, le Four Pontet, le pont-levis. On ne fait pas un sentier du patrimoine avec trois ou quatre monuments. Donc, nous avons arpenté les rues. En regardant, en observant, nous avons trouvé une foule de choses : des fours à pain, des puits, une pompe, des abreuvoirs, des choses intéressantes mais de petits patrimoines. Ça ne fait pas un sentier du patrimoine. Il fallait absolument trouver un fil conducteur. Or, Magné est une île. Cette île comporte 22 ports. C’est exceptionnel pour une commune d’avoir autant de ports. » En effet, la Sèvre Niortaise, avec ses bras, entoure toute l’île de Magné. Fort de ce constat, le groupe de travail a décidé de retenir la thématique de l’eau.

A partir de cette idée, le groupe a affiné sa réflexion en sollicitant M. Richard Joseph, conseiller patrimoine au Parc naturel régional du Marais Poitevin.

Comment faire le lien ? A l’évidence, créer un sentier « De port en port ». Le projet a été centré sur le centre-bourg. Aujourd’hui, sur huit ports intramuros, des pupitres retracent l’histoire des gens d’ici, la façon dont ils vivaient au quotidien,  avec les petits métiers, les tisserands, les sabotiers, les tailleurs de pierres, et les tâches au cœur du Marais comme l’exploitation du bois, sans oublier la pêche aux engins. La lessive, les contes, . . . tout ce patrimoine immatériel a été recensé. Le patrimoine dit naturel est, lui aussi, détaillé. Outre les oiseaux, les poissons, . . .  et les plantes locales, à découvrir au fil des pupitres, l’aménagement de « l’île du Bras Rouge » devrait interpeller les visiteurs. On notera que les textes sont doublés en anglais, et que les panneaux proposent également aux enfants un jeu de questions « A toi de jouer !», dont les réponses figurent à la station suivante.

Prochainement jalonné de «clous» en laiton fixés au sol (actuellement remplacés par des flèches blanches collées), le balisage du sentier de découvertes débute face au panneau d’information installé au parking du 11ème GRCA (parking du stade, des terrains de pétanque et de tennis). Direction la première station, un hangar à vocation pédagogique, porte d’entrée de « l’île du Bras rouge ».

Acheté par la collectivité locale depuis de nombreuses années à la société Bidet, cet hangar a désormais une vocation pédagogique, notamment pour les enfants. Photo Gilles PETIT

Le hangar offre aussi le gite aux chauves-souris, en particulier à la pipistrelle commune européenne. Photo Gilles PETIT

Après avoir sillonné le « vieux bourg », le sentier mène de l’autre côté de la route départementale autour de laquelle est construit le village de Magné. Le promeneur passe devant l’incontournable église Sainte-Catherine, afin de rejoindre un pupitre évoquant un château. Car Magné possédait son château. Notre guide Martine Brouard commente le plan floqué sur le pupitre n°6 : « Le vieux château de Magné était situé sur le site de l’ancienne tour. Cette tour, construite en bordure de la Sèvre Niortaise, était un édifice qui défendait l’île de Magné. Dans les années 900, un édit de Charles-le-Chauve impose la construction de tours afin d’éviter aux vikings de remonter les fleuves et d’envahir le pays et de tout dévaster. Donc cette tour protégeait les habitants d’une invasion par voie d’eau. » Voilà le lien avec la Sèvre Niortaise. Ensuite, le sentier remonte par les bords du fleuve. « Et là, on découvre un autre aspect de Magné avec une partie plus « balnéaire » qui évoque les villas de la côte atlantique dont le Cottage du Roc, les Charmettes, de belles maisons, jusqu’à l’Espace culturel du Four Pontet et le remarquable pont-levis. »

Constitué d’élus et de bénévoles magnésiens, le groupe de travail « sentier du patrimoine » s’est adjoint les services de l’Agence Magenta Conseil, maître d’œuvre du parcours, du cabinet 1D2, graphisme, signalétique et scénographie du chantier, et l’entreprise de menuiserie MB2. Sans oublier les travaux réalisés par les employés municipaux qui ont travaillé « avec enthousiasme, compétence et beaucoup de plaisir », selon le maire de Magné Gérard Laborderie, à l’aménagement de l’île au Bras Rouge.

Martine Brouard a coupé le symbolique ruban inaugural du sentier de découvertes « De port en port », accompagnée (de gauche à droite) de Cathy Tromas, conseillère municipale et vice présidente du Parc naturel régional du Marais Poitevin, Gérard Laborderie, maire de Magné, Sébastien Billaud, adjoint au maire, et Séverine Vachon, vice-présidente du Conseil départemental 79 et présidente de l’Institution Interdépartemental du Bassin de la Sèvre Niortaise. Photo Gilles PETIT

Gilles PETIT

Illustration Agence 1D2 Niort