Vendée

MARAIS POITEVIN : Entre tourisme et entretien, le Syndicat des Marais Mouillés 79 parle de « hold-up ».

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Qui du tourisme ou du Marais était le premier ? Le tourisme doit son développement au Marais, le Marais ne doit rien au tourisme. Si les bateaux des touristes circulent dans la Venise Verte, c’est grâce au Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres qui entretient les conches. Sans aucune participation financière des professionnels du tourisme locaux.

« Je veux préciser, n’en déplaise à certains, que toutes ces réalisations : élagage, curage, enlèvement des embâcles et bouchons de vase, profitent presque exclusivement au tourisme et à la batellerie. » En peu de mots, le président du Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres (SMM79), Bernard Riffault a dénoncé « un hold-up sur le Marais », lors de la dernière assemblée générale de cette structure.

Les trois Syndicats des Marais Mouillés de l’ensemble du Marais Poitevin jouent un rôle essentiel dans l’écosystème des zones humides. Photo document Gilles PETIT

Le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres

Le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres est un établissement public fonctionnant, depuis juillet 1987, sous le statut d’Association Syndicale Autorisée (ASA). Créé le 24 août 1833 par ordonnance du roi Louis-Philippe autorisant la création de trois syndicats départementaux (Deux-Sèvres, Vendée et Charente-Maritime), le syndicat a pour vocation l’entretien des ouvrages hydrauliques d’intérêt collectif (canaux, écluses). Le SMM79 gère le domaine fluvial du réseau secondaire des Deux-Sèvres, c’est à dire les voies d’eau lui appartenant, celles des communes, des fossés importants de particuliers non inclus dans le réseau principal et quelques fossés de séparation et de communication déclarés d’intérêt collectif. Ses adhérents sont tous propriétaires de parcelles de marais, lesquels paient obligatoirement chaque année une taxe destinée à l’entretien et la gestion du Marais. Ces propriétaires sont représentés au conseil d’administration de l’ASA par deux syndics par secteur (*). Par ailleurs, le 4 décembre 1930, un décret a encouragé le regroupement des trois syndicats avec celui de la Jeune Autize au sein de l’Union des Syndicats des Marais Mouillés du Marais Poitevin, ceci afin d’harmoniser les programmes d’intérêt collectif.

Dans ses propos, M. Riffault évoque particulièrement l’entretien des conches dans cette zone de la Venise Verte. Des voies d’eau parcourues par des milliers de touristes à bord de centaines de bateaux au départ de Coulon, La-Repentie de Magné ou La-Garette.

Devant de nombreux propriétaires, M. Riffault a ainsi terminé ses longs rapports moral et d’activité : « Maintenant je souhaite aborder un dossier simple pour beaucoup d’entre nous mais très compliqué par la volonté de certains qui ne connaissent pas le Marais, qui ne comprennent rien au fonctionnement du Marais, qui malheureusement attendent encore que ce soit l’autre qui leur permettra de réaliser leur chiffre d’affaires. Ceux-là, dans leur comportement le plus égoïste, pensent encore et toujours que les propriétaires de marais doivent assurer seuls l’entretien de celui-ci, mais que ce dit marais doit bénéficier au plus grand nombre. Je vais répéter ce que j’ai déjà dit de nombreuses fois. Si le marais bénéficie de l’apport d’une nouvelle économie, c’est tant mieux. Mais il ne faut pas oublier que ce fonds de commerce, si cher à tous, nécessite beaucoup d’entretien comme toutes les zones humides. Cet entretien ne peut pas être laissé entièrement à la charge des propriétaires. »

Le syndicat a effectué un sondage-enquête auprès de ses adhérents/propriétaires. « Environ un millier ont répondu par écrit signé de leur main », assure le président. Il en ressort que « la batellerie, grosse utilisatrice des conches, ainsi que le tourisme en général doivent participer à l’entretien de cette zone humide dont tout le monde parle sans faire aucun effort dans cette direction. » Ont suivi des délibérations prises par le conseil syndical, lesquelles ont été « approuvées par l’autorité de tutelle, sans modification, sans remises en cause quelles qu’elles soient. » A savoir, mettre en place auprès des communes membres de l’association syndicale (le syndicat ne peut pas taxer une entreprise, la loi le lui interdit) des taxes votées et prévues dans les délibérations et d’établir les titres de recettes s’y rapportant.

Les conches du Marais Mouillé doivent être régulièrement entretenues. L’image n’en sera que plus belle. Photo Gilles PETIT

M. Riffault souligne : « Si nous avons fait passer la taxe par le biais des communes c’est que les communes sont aussi des propriétaires donc des membres du syndicat et ces communes représentent quand même l’activité économique de leur territoire. Quand les gens viennent dans le Marais ça ne profite pas qu’aux bateliers, ça profite également à l’hôtellerie, aux boulangers, aux marchands de cartes postales, et ainsi de suite. Nous avons adressé cette demande aux communes du fait de leur positionnement. »

« Dans un souci de courtoisie, le 23 janvier 2018, nous avons écrit aux maires des communes concernées Coulon, Magné, Sansais – La-Garette, Le Vanneau – Irleau, Arçais, et Saint-Hilaire-la-Palud, que nous allions émettre les titres se rapportant aux décisions prises et qu’ils allaient les recevoir prochainement.  Notre lettre n’a jamais reçu de réponse de qui que ce soit, nous n’avons jamais reçu un coup de téléphone, jamais reçu de courriers. Les maires ont reçu la lettre mais ils n’ont rien dit. Forts de cette situation, nous avions déduit que nous pouvions adresser nos titres. » Avec l’approbation de Madame le préfet des Deux-Sèvres, les titres ont été émis par la Trésorerie.

« Même la maison bleue qu’on dit toujours à Coulon, est sur la commune de Sansais – La-Garette » a rappelé M. Riffault Photo Gilles PETIT

« S’en suivit une rébellion », déplore M. Riffault, « sauf de la commune du Vanneau- Irleau qui a honoré aussitôt la taxe demandée. Cette rébellion conduite par le maire de Coulon, commune qui a la plus forte concentration batelière et qui se dit la capitale du Marais, avec pour seul territoire à montrer aux touristes qui viennent dans le Marais, la Sèvre Niortaise [fleuve du domaine public, NDLR]. Lorsqu’un bateau quitte le port de Coulon, après avoir traversé la Sèvre Niortaise, il se trouve sur les communes de Magné et de Sansais – La-Garette, ainsi que sur le territoire principal entretenu par le Syndicat. Un autre détail, Coulon bénéficie de beaucoup d’avantages, même la maison bleue qu’on dit toujours à Coulon, est sur la commune de Sansais – La-Garette. Enfin, les communes énoncées font régler aux entreprises batelières des taxes sans assurer, ni participer à de quelconques travaux dans le Marais. Pour l’occupation du domaine public fluvial, notamment dans les ports, elles reversent une quotte part à l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise, par contre pas un centime au Syndicat. »

Une contribution des communes

La Venise Verte en hiver Photo Gilles PETIT
La Venise Verte en été Photo Gilles PETIT

Le SMM79 demande aux communes de verser, à l’année, 60 € par bateau et 40 € par canoë destinés aux promenades touristiques payantes. Il est donc réclamé, compte tenu du nombre d’embarcations : Arçais, 3 960 € ; Sansais, 3 240 € ; Saint-Hilaire-La-Palud, 2 580 € ; Le Vanneau-Irleau, 300 € ; Magné, 3 900 € ; et Coulon, 8 800 €. Le Marais Mouillé des Deux-Sèvres compte douze embarcadères ou loueurs de canoës.

 

Cependant, on notera que des communes participent aux travaux prévus par le Syndicat sur leur territoire, dans le cadre d’un Contrat Territorial Milieux Aquatiques (CTMA). C’est notamment le cas de Saint-Hilaire-la-Palud qui, sur son budget 2017, a prélevé 10 000 € afin d’aider aux travaux d’élagage, de désencombrement et de curage de biefs et conches sur son territoire, pour un coût global de 62 160 € TTC, le reste étant pris en charge à hauteur de 22 000 € par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, 9 500 € par le Conseil départemental des Deux-Sèvres et 20 660 € par le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres.

L’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise

Traversant ici Magné, le fleuve appartenant au domaine public est géré par l’Institut Interdépartemental du Bassin de la Sèvre Niortaise. Photo Gilles PETIT

L’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSN) est un organisme missionné par l’État, propriétaire des voies d’eau principales du réseau national. Depuis le 1er janvier 2015, l’IIBSN gère le domaine public fluvial de l’ensemble du Marais Poitevin. Depuis de nombreuses années, des communes étaient signataires avec l’État d’une convention qui les autorisaient à utiliser le domaine public de l’État, leur permettant d’accorder des autorisations d’exploitation aux entreprises de batellerie installées dans leur port. L’IIBSN a donc repris ce principe de convention, d’une durée de six ans, qui stipule que la signature est assortie du versement à l’État d’une redevance annuelle calculée en fonction de la longueur de berges, et du nombre de barques et de canoës à usage commercial.

Dans la Venise Verte, à notre connaissance, trois municipalités ont conclu un tel accord. Sansais – La-Garette pour son port communal donnant sur « Le Sevreau » ; Arçais, pour son port situé sur le Bief de La Garenne ; et Coulon pour 535 mètres de berge de la Sèvre Niortaise.

A Coulon, les berges de la rive droite de la Sèvre Niortaise sont du domaine public. Concédées à la municipalité, elles rassemblent la plus grosse flotte touristique de la Venise Verte. Photo Gilles PETIT

Prenons l’exemple de Coulon. La convention avec l’IIBSN court jusqu’au 31 décembre 2020. Sur la rive droite du fleuve, le linéaire concédé est de 535 mètres pour trois sections : 447 mètres du pont de la route départementale n°1, à la rue du Port-aux-Moules ; 35 mètres de la rue du Port-aux-Moules à l’embarcadère « La Trigale » ; et, plus en aval, 53 mètres longeant la rue Elise-Lucas, face à l’immeuble du même nom. Le nombre d’embarcations professionnelles enregistrées est de 136 bateaux et 8 canoës. La redevance annuelle est de 0,70 € par mètre linéaire, plus 119,00 € par barque et 85,00 € par canoë. Cette redevance est revalorisée chaque année en fonction de l’indice INSEE. Pour 2019, le conseil municipal coulonnais du 20 décembre 2018 a fixé ses propres redevances à percevoir par la batellerie locale : 215,00 € par barque et 103,00 € par canoë. A ces tarifs s’ajoute les nouvelles billetteries à chaque embarcadère professionnel. Ces cabanons, imposés par la municipalité, font l’objet de conventions datées du 1er mars 2017 pour une durée de trois ans, soit jusqu’au 29 février 2020, renouvelables par tacite reconduction par période de trois ans. En contrepartie , les entreprises s’engagent à verser à la commune une redevance dont le tarif est fixé à 15,00 € par m² et par mois, soit pour l’embarcadère « La Pigouille », 1 099,80 € par an ; « La Roselière », 469,80 € par an ; Prada », 1 452,60 € par an ; et « La Trigale », 480,60 € par an. Un simple calcul chiffre le montant des taxes et concessions encaissées par cette commune.

La taxe de séjour

« Il y a aussi la participation des organismes de tourisme par le biais de la taxe de séjour », poursuit M. Bernard Riffault. « Là on m’a dit c’est ‘niet’. Je demande un rendez-vous au président de la Communauté d’Agglomération du Niortais [CAN] puisque toutes les discussions que j’ai pu avoir avec le président de l’Office de tourisme de la CAN [M. Michel Simon, également maire de Coulon et vice-président de la CAN en charge du tourisme NDLR] ont toujours été stériles. Des conches très envasées où circulent tous les bateaux, avec ou sans guide, ont été curées, même hors programme CTMA, aux frais exclusifs du Syndicat pour aider au développement touristique. Le syndicat est ouvert à toute rencontre, à toute discussion, à toute proposition, à condition que ce soit dans l’intérêt du Marais, dans l’intérêt général et ce en dehors de toute langue de bois et tout intérêt particulier. »

490 000 touristes sont accueillis chaque année sur le secteur Grand Site de France ou « Marais mouillés », selon des données datant de 2013, hors clientèle d’affaires. La taxe de séjour a collecté près de 290 000 € en 2017. En Deux-Sèvres, selon une récente évaluation (fin 2016) de l’Agence Départementale du Tourisme des Deux-Sèvres, le chiffre d’affaires lié à l’activité touristique a été estimé à 205 340 980 € HT pour l’ensemble du département. Pour la CAN, il est estimé à 75 158 280 € HT soit 35% du chiffre d’affaires départemental. Ayant la compétence tourisme, la CAN percevait la taxe de séjour depuis le 1er janvier 2010 auprès des hébergeurs touristiques, intégralement reversée à l’Office de tourisme communautaire. Depuis le 1er octobre 2018, la CAN a confié la gestion administrative, l’application et la perception de cette taxe à l’Office de tourisme communautaire Niort Marais Poitevin-Vallée de la Sèvre.

Selon l’édition datée de mai 2018 du Guide pratique sur les taxes de séjour, la taxe est affectée aux dépenses destinées à favoriser la fréquentation touristique de la commune, ou du groupement, ou aux dépenses relatives à des actions de protection et de gestion des espaces naturels à des fins touristiques. La taxe de séjour est une recette imputée en section de fonctionnement du budget de la collectivité ou du groupement. Les dépenses imputées sur le produit collecté doivent permettre à la collectivité ou au groupement d’être en capacité de justifier qu’elles sont de nature à favoriser la fréquentation touristique (par exemple, des dépenses couvrant des travaux d’amélioration qualitative de l’espace public, des dépenses liées à la politique de communication, à la politique culturelle, sportive de la commune ou du groupement etc.). Ce sont des dépenses qui agissent sur l’attractivité du territoire concerné ou la politique de préservation environnementale.

Sans entretien, les fossés et les conches des zones humides se comblent rapidement. Photo Gilles PETIT

« S’ils souhaitent que l’économie touristique maintienne encore une petite activité, que ce territoire puisse se développer et garantir une vie à nos enfants, il est nécessaire que l’ensemble des collectivités concernées participent à l’entretien d’un réseau hydraulique de plus en plus fréquenté », conclut M. Bernard Riffault.

(*) Composition des syndics du Syndicat des Marais mouillés 79. Amuré – Saint Georges-de-Rex : Jacques Gelot et Bernard Regnier ; Arçais : Philippe Leyssenne et Sébastien Rambaud ; Bessines – Frontenay-Rohan-Rohan : Alain Robin et M. Gelin ; Prin-Deyrançon – Le-Bourdet : Christophe Morin et Cyril Bourreau ; Coulon – Magné – Niort : Manuel Mercier et Olivier Brunet ; Saint-Hilaire-la-Palud inférieur et supérieur : Serge Audebrand et Joël Longeau, Jannick Durand et Laurent Morin ; Sansais – La-Garette : Bernard Riffault et Nicolas Bouricaud ; Le-Vanneau – Irleau : Jean-Marc Renou et Jean-Dominique Roux.

Gilles PETIT

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Concours PNR « Ma maison dans le Marais Poitevin » : le palmarès 2018

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Le palmarès du second concours « Ma maison dans le parc du Marais Poitevin » a été proclamé à Maillezais (Vendée) au domicile de M. Didier Arnaud et Mme Yolande Boissinot, lauréats du 1er Prix de la catégorie « Maison récente construite en majeure partie après 1948 ».

Après la délibération du jury, réuni le 27 octobre 2018 à Marans, les résultats ont été proclamés le 5 décembre 2018 à Maillezais, suivis de la remise des prix.

Ce concours est organisé par le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), un syndicat mixte qui rassemble 91 communes de Charente-Maritime, Vendée et Deux-Sèvres. A travers ses missions, le Parc cherche à reconnaître et à préserver la valeur et la diversité des paysages du territoire. La sauvegarde de l’architecture traditionnelle et le soutien aux évolutions, voire aux innovations architecturales peut contribuer à sensibiliser le public au paysage bâti local. De plus, ce concours va permettre au Parc de recueillir des exemples d’habitations, d’élargir les références en matière d’architectures locales intégrées dans les paysages du Marais.

Supervisé par Mesdames Gaële Clavez, architecte-conseil du Service Aménagement et Cadre de vie au PNR et Sandrine Guiheneuf, directrice de ce même service, présidé par M. François Bon, conseiller départemental de Vendée, vice-président du PNR en charge de l’aménagement et du cadre de vie, et président du CAUE 85 (Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement), le jury était constitué de trois élus, deux spécialistes (maître d’œuvre et architecte) et sept habitants. Neuf candidatures ont été retenues et jugées en deux catégories maison traditionnelle ou maison récente.

L’extension lauréate du 1er Prix des « Maisons récentes » (côté jardin).

Pourquoi ce concours ? Selon M. Bon, en prélude à la proclamation des résultats, « parce que le Marais Poitevin, bien sûr, c’est un paysage naturel, végétal et très présent. L’eau est très présente. Mais le végétal et l’eau ne font pas tout le paysage, il y a aussi le bâti, le patrimoine construit. On souhaite promouvoir sur le territoire l’architecture additionnelle, mais aussi toutes les évolutions que peut connaître l’architecture et, pourquoi pas, l’architecture contemporaine. Ici, à Maillezais, nous en avons une belle illustration en mariant le traditionnel et le contemporain. Nous avons été séduits par ce travail sur le marais que l’architecte a su parfaitement interpréter. »

Les aménagements (côté cour) de la résidence de M. Arnaud et Mme Boissinot sont « le travail d’une équipe, précise M. Bon. « Une rencontre, des dialogues, un maître d’œuvre. Presque une cabane accrochée au fond du jardin. »

Le président du jury poursuit : « L’objectif de ce concours est d’avoir un certain nombre de réalisations dans le marais en traditionnel et en contemporain. De faire une sorte de catalogue, de guide qui pourra ensuite donner des idées à tous ceux qui veulent rénover leur maison ou bien construire ou faire une extension. A brève échéance, ce guide sera mis à la disposition des habitants du territoire. »

Le Parc ne cache pas qu’il souhaite encourager les gens à avoir recours à un maître d’œuvre compétent ou à un architecte. Ce n’est pas facile. Le seul mot « architecte » peut faire peur parce qu’on se dit « ça va coûter cher ». Parfois les architectes ont des idées de grandeur aussi. Le concours veut changer cette image d’architecte car c’est « un compagnon du maître d’ouvrage », dit-on. Y compris l’architecte des bâtiments de France.

Gilles PETIT

LE PALMARÈS 2018

Entourés de l’architecte et des artisans qui ont réalisés le projet, les lauréats ont reçu leur prix remis par le président du jury M. François Bon.

1ER PRIX DE LA CATEGORIE MAISON RÉCENTE
M. Didier ARNAUD et Mme Yolande BOISSINOT pour leur maison à Maillezais en Vendée.
Ce projet d’architecte a produit un mariage agréable et réussi entre ancien et nouveau, notamment par le choix et la mise en œuvre des matériaux. Architectes : Frenesis à Maillezais.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Normandie-Maine.

 

 

M. Frédéric GUESDON

2ème PRIX DE LA CATEGORIE MAISON RÉCENTE
M. Frédéric GUESDON  pour sa maison construite à Arçais en Deux-Sèvres.
Bien que située dans un contexte de lotissements récents, cette maison propose une architecture hors des standards habituels tout en restant simple et en étant plus respectueuse de l’environnement par sa construction en bois.
LOT :  1 bon d’achat de 200 euros chez un pépiniériste produisant des végétaux locaux :  la pépinière Carpus à Courçon.

 

Mme Corinne TEXIER-CASPAR

1ER PRIX DE LA CATÉGORIE MAISON TRADITIONNELLE (en majeure partie bâtie avant 1948)
Mme Corinne TEXIER-CASPAR pour sa maison située à L’Ile d’Elle en Vendée.
Cette maison a été particulièrement récompensée pour son alliance de la tradition et de la modernité, notamment par la création d’une extension permettant les usages contemporains et par la préservation d’un moulin.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Loire Anjou Touraine.

 

M. et Mme Jean-François DESVIGNES

2ème PRIX CATÉGORIE MAISON TRADITIONNELLE (en majeure partie bâtie avant 1948)
M. et Mme Jean-François DESVIGNES  pour leur maison située à Saint-Sigismond en Vendée.
En plus d’un bâti préservé et respecté dans son ensemble (enduits, couleur pastel volets bois), l’effort de gestion du jardin a été souligné, depuis ses haies bocagères jusqu’aux abords plus ornementaux de la maison, en passant par le potager. Cette végétation graduée assure l’intégration de la maison en entrée de village. Le jury suggère d’utiliser de la peinture de couleur pour l’entretien futur des fenêtres et portes.
LOT :  1 bon d’achat de 200 euros chez un pépiniériste fournissant des végétaux locaux : Végétal 85 de La Chaize Le Vicomte.

 

Séduit par la demeure de Mme Nicole CAQUINEAU, le maire de Marans, membre du jury, Thierry Belhadj a remis ce prix « Coup de Cœur ».

PRIX D’ENCOURAGEMENT DU JURY
Mme Nicole CAQUINEAU pour sa maison le long de la Sèvre Niortaise au Mazeau en Vendée
Cette maison a été remarquée par le jury pour son image typique des maisons du Marais mouillé : sa situation au bord de l’eau, sa préservation du bâti, sa gamme de couleurs. Ce prix vise à encourager la poursuite de la rénovation suivant des techniques et matériaux respectueux du site, notamment lors de la réalisation des enduits ou le changement des gouttières.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Millevaches en Limousin.

Revoir le reportage de TV Vendée

http://www.tvvendee.fr/le-journal/edition-du-mardi-11-decembre-2018-18h00_11122018/l-architecture-recompensee-dans-le-marais-poitevin

MARAIS POITEVIN : « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » un recueil de Jean-Claude Coursaud (2)

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Loin des clichés touristiques, aux antipodes du roman, le dernier livre de Jean-Claude Coursaud est avant tout un recueil de nouvelles qui concernent précisément les gens d’une certaine époque vivant dans les Marais Mouillés du Marais Poitevin aux confins des départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime. « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » retrace la vie « des gens du marais d’en haut », mais aussi « des gens des grandes cabanes », des bords du fleuve à Coulon, Le Vanneau, Le Mazeau, Damvix . . .

 

« Qu’il mouille ou qu’il vente, il faut prendre le bateau, la pelle et la pigouille pour entrer dans le monde ordinaire, de l’autre côté de la rivière ». Photo Gilles PETIT

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » ne connaît point de « Venise verte », de « plates », de « parc d’attractions », de « balades en barque » et autres locutions inventées pour appâter les touristes et faire tourner une certaine économie. Ce recueil sent l’authentique, le vrai, le quotidien d’illustres inconnus maraîchins, Coco des Cabanes, Louisette, Sidonie, Adolphe, René, Georgina, Marie, Paulette, Alcide, Christiane, Marius, et d’autres, croisés au fil des eaux.

Ces nouvelles maraîchines rapportent des événements qui se déroulent principalement dans les années 1920, entre la fin de la première guerre mondiale jusqu’à la seconde, en débordant un peu sur les années 1960. « A cette époque la société rurale bifurque totalement, » explique Jean-Claude Coursaud. « Dans le cas précis du Marais Poitevin, nous avons d’un côté le monde rural qui évolue. Il y a une dégringolade de l’agriculture, mais, sur un plan industriel, les scieries vont prendre un essor considérable en passant de la planche au contreplaqué. Puis il y a tout ce monde artisanal qu’on a connu, avant qu’arrive brutalement un nouveau monde à partir des années 1975/1980. »

L’auteur a voulu dépeindre tout ce petit monde de la campagne maraîchine face à la bifurcation qu’est l’arrivée de nouveaux métiers, d’un nouveau concept. C’est à dire l’évolution du manuel au pseudo intellectuel , à savoir, l’intronisation du monde tertiaire.

L’écrivain maraîchin Jean-Claude Coursaud

Jean-Claude Coursaud : « Ce qui est important aussi, c’est la façon dont s’expriment les gens. Car ce livre, je l’ai conçu d’une façon un peu particulière. Je ne me suis inspiré de quiconque sur le plan littéraire, sinon être en prolongement d’un écrivain coulonnais exceptionnellement brillant, par le biais d’un de ses ouvrages dont le mot pigouille est important. Ce sont les fameux « Contes de la Pigouille » de Louis Perceau. Louis Perceau est un personnage assez fantastique, sa vie a été fantastique, mais dans la première partie de son enfance, il a dépeint avec un réalisme certain le monde du Marais, le monde maraîchin tel qu’il était. La petite personne que je suis a continué son œuvre pour parler de la seconde partie de ce monde de la pigouille, de ce monde du marais. C’est donc un livre qui est totalement complémentaire de l’œuvre de Louis Perceau. Sauf que Louis Perceau est devenu un écrivain pamphlétaire, ami entre autres de Guillaume Apollinaire. Ce n’est pas anodin. Je crois que nos deux noms pourraient être associés dans cette vie rurale et dans cette vie maraîchine de la fin du 19ème au début du 20ème siècle. Je le précise dans ma préface : ça n’existe plus. »

Le livre se décompose en histoires qui touchent les Coulonnais, des personnages comme Mmes Fichet et Marie Pisse-trois-gouttes, des lieux comme la rue de l’Église. Ce sont des histoires très éclectiques qui se terminent vers l’estuaire au fil de la Sèvre Niortaise en bateau dans les années 1920 par des gens de Coulon, du Vanneau, de Damvix qui vont, par exemple, au marché de Marans, alors le grand rassemblement des « cabanas » du Marais Poitevin. Des gens du « marais d’en haut » mais aussi des « gens des grandes cabanes ». Les grandes cabanes, ce sont les grandes exploitations de Charente-Maritime ou de Vendée.

Les 36 nouvelles que compte le recueil sont écrites en français, mais des dialogues sont franco-patoisés, c’est à dire qu’ils peuvent être compris par n’importe qui, et en cas de mot douteux, il y a un rappel en bas de page. 36 histoires dont, de temps en temps, des « Brèves d’écuries », « Racontages «  et « Petites médisances ». Ce sont des fragments d’histoires drôles authentiques. « Ancien agriculteur, j’ai connu et j’ai vécu ces situations, » assure l’auteur. « Je suis le seul, de Niort à Marans, à pouvoir parler de ce genre de choses sur le plan de l’écriture. »

Co-auteur, Isabelle Savariau est une jeune retraitée maraîchine qui a apporté un regard extérieur aux récits. Également quelques textes reflètent des histoires de sa famille.

Enfin, hormis la couverture, l’ouvrage ne comporte pas de photos. Ainsi le lecteur se fera sa propre vision des situations évoquées. Pour ce faire, il vaut mieux connaître le site. Les autochtones vont savourer les 180 pages, les autres (touristes ou étrangers au pays) curieux de découvrir le Marais Poitevin pourront, au fil des histoires, suivre une sorte de jeu de piste pour essayer de retrouver les lieux cités.

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre niortaise » s’adresse aux personnes qui veulent connaître le vrai Marais. Une vie au rythme du bateau de 22 pieds mené à la pigouille.

Auto-édité, le recueil est vendu 20 € TTC, notamment dans les librairies niortaises et au Centre culturel Leclerc de Niort ; à Coulon à la Maison de la presse et à la Maison du Marais Poitevin ; mais aussi, dans les communes voisines : Magné, Le Vanneau, Saint-Georges-de-Rex. . .

Ou  chez l’auteur M. Jean-Claude Coursaud, lieu-dit Les Cabanes de Balanger, 562 route des Bords de Sèvre 79510 Coulon Tél. 05 49 35 92 55

 

Gilles PETIT

(Photos de barques extraites du défilé des métiers d’antan sur l’eau à Coulon (79) lors de la Fête du Miget 2018 organisée en juillet par le Comité d’Animation Coulonnais)

Disponible chez les mêmes auteurs, Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau : « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine ».

Ce roman auto-édité retrace l’étonnant parcours de « l’oncle Gelot » chez des pionniers de l’Ouest canadien, à savoir Théodore Gelot et son compagnon d’aventure Eugène Ménard, partis du Marais pour les territoires glacés d’Amérique du Nord.

MARAIS POITEVIN : « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » un recueil de Jean-Claude Coursaud

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Loin des clichés touristiques, aux antipodes du roman, le dernier livre de Jean-Claude Coursaud est avant tout un recueil de nouvelles qui concernent précisément les gens d’une certaine époque vivant dans les Marais Mouillés du Marais Poitevin aux confins des départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime. « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » retrace la vie « des gens du marais d’en haut », mais aussi « des gens des grandes cabanes », des bords du fleuve à Coulon, Le Vanneau, Le Mazeau, Damvix . . .

 

« Qu’il mouille ou qu’il vente, il faut prendre le bateau, la pelle et la pigouille pour entrer dans le monde ordinaire, de l’autre côté de la rivière ». Photo Gilles PETIT

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » ne connaît point de « Venise verte », de « plates », de « parc d’attractions », de « balades en barque » et autres locutions inventées pour appâter les touristes et faire tourner une certaine économie. Ce recueil sent l’authentique, le vrai, le quotidien d’illustres inconnus maraîchins, Coco des Cabanes, Louisette, Sidonie, Adolphe, René, Georgina, Marie, Paulette, Alcide, Christiane, Marius, et d’autres, croisés au fil des eaux.

Ces nouvelles maraîchines rapportent des événements qui se déroulent principalement dans les années 1920, entre la fin de la première guerre mondiale jusqu’à la seconde, en débordant un peu sur les années 1960. « A cette époque la société rurale bifurque totalement, » explique Jean-Claude Coursaud. « Dans le cas précis du Marais Poitevin, nous avons d’un côté le monde rural qui évolue. Il y a une dégringolade de l’agriculture, mais, sur un plan industriel, les scieries vont prendre un essor considérable en passant de la planche au contreplaqué. Puis il y a tout ce monde artisanal qu’on a connu, avant qu’arrive brutalement un nouveau monde à partir des années 1975/1980. »

L’auteur a voulu dépeindre tout ce petit monde de la campagne maraîchine face à la bifurcation qu’est l’arrivée de nouveaux métiers, d’un nouveau concept. C’est à dire l’évolution du manuel au pseudo intellectuel , à savoir, l’intronisation du monde tertiaire.

L’écrivain maraîchin Jean-Claude Coursaud

Jean-Claude Coursaud : « Ce qui est important aussi, c’est la façon dont s’expriment les gens. Car ce livre, je l’ai conçu d’une façon un peu particulière. Je ne me suis inspiré de quiconque sur le plan littéraire, sinon être en prolongement d’un écrivain coulonnais exceptionnellement brillant, par le biais d’un de ses ouvrages dont le mot pigouille est important. Ce sont les fameux « Contes de la Pigouille » de Louis Perceau. Louis Perceau est un personnage assez fantastique, sa vie a été fantastique, mais dans la première partie de son enfance, il a dépeint avec un réalisme certain le monde du Marais, le monde maraîchin tel qu’il était. La petite personne que je suis a continué son œuvre pour parler de la seconde partie de ce monde de la pigouille, de ce monde du marais. C’est donc un livre qui est totalement complémentaire de l’œuvre de Louis Perceau. Sauf que Louis Perceau est devenu un écrivain pamphlétaire, ami entre autres de Guillaume Apollinaire. Ce n’est pas anodin. Je crois que nos deux noms pourraient être associés dans cette vie rurale et dans cette vie maraîchine de la fin du 19ème au début du 20ème siècle. Je le précise dans ma préface : ça n’existe plus. »

Le livre se décompose en histoires qui touchent les Coulonnais, des personnages comme Mmes Fichet et Marie Pisse-trois-gouttes, des lieux comme la rue de l’Église. Ce sont des histoires très éclectiques qui se terminent vers l’estuaire au fil de la Sèvre Niortaise en bateau dans les années 1920 par des gens de Coulon, du Vanneau, de Damvix qui vont, par exemple, au marché de Marans, alors le grand rassemblement des « cabanas » du Marais Poitevin. Des gens du « marais d’en haut » mais aussi des « gens des grandes cabanes ». Les grandes cabanes, ce sont les grandes exploitations de Charente-Maritime ou de Vendée.

Les 36 nouvelles que compte le recueil sont écrites en français, mais des dialogues sont franco-patoisés, c’est à dire qu’ils peuvent être compris par n’importe qui, et en cas de mot douteux, il y a un rappel en bas de page. 36 histoires dont, de temps en temps, des « Brèves d’écuries », « Racontages «  et « Petites médisances ». Ce sont des fragments d’histoires drôles authentiques. « Ancien agriculteur, j’ai connu et j’ai vécu ces situations, » assure l’auteur. « Je suis le seul, de Niort à Marans, à pouvoir parler de ce genre de choses sur le plan de l’écriture. »

Co-auteur, Isabelle Savariau est une jeune retraitée maraîchine qui a apporté un regard extérieur aux récits. Également quelques textes reflètent des histoires de sa famille.

Enfin, hormis la couverture, l’ouvrage ne comporte pas de photos. Ainsi le lecteur se fera sa propre vision des situations évoquées. Pour ce faire, il vaut mieux connaître le site. Les autochtones vont savourer les 180 pages, les autres (touristes ou étrangers au pays) curieux de découvrir le Marais Poitevin pourront, au fil des histoires, suivre une sorte de jeu de piste pour essayer de retrouver les lieux cités.

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre niortaise » s’adresse aux personnes qui veulent connaître le vrai Marais. Une vie au rythme du bateau de 22 pieds mené à la pigouille.

Auto-édité, le recueil est vendu 20 € TTC, notamment dans les librairies niortaises et au Centre culturel Leclerc de Niort ; à Coulon à la Maison de la presse et à la Maison du Marais Poitevin ; mais aussi, dans les communes voisines : Magné, Le Vanneau, Saint-Georges-de-Rex. . .

Ou  chez l’auteur M. Jean-Claude Coursaud, lieu-dit Les Cabanes de Balanger, 562 route des Bords de Sèvre 79510 Coulon Tél. 05 49 35 92 55

 

Gilles PETIT

(Photos de barques extraites du défilé des métiers d’antan sur l’eau à Coulon (79) lors de la Fête du Miget 2018 organisée en juillet par le Comité d’Animation Coulonnais)

Disponible chez les mêmes auteurs, Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau : « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine ».

Ce roman auto-édité retrace l’étonnant parcours de « l’oncle Gelot » chez des pionniers de l’Ouest canadien, à savoir Théodore Gelot et son compagnon d’aventure Eugène Ménard, partis du Marais pour les territoires glacés d’Amérique du Nord.

MARAIS POITEVIN des Deux-Sèvres : une manifestation au chevet du pont d’Irleau

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Un tablier de pont qui s’affaisse, les activités économiques et touristiques de la Venise Verte s’effondrent. Entre le « pont de la discorde » et le « Pont des Révérences », les Maraîchins ont choisi une manifestation historique, samedi 23 juin 2018. La conciliation doit succéder à la colère. A l’issue d’importants travaux, programmables en fin d’année 2018, le pont d’Irleau devrait retrouver « la situation qui existait avant. »

Enjambant la Sèvre Niortaise sur trente mètres, entre les communes du Vanneau-Irleau et de Coulon, le pont d’Irleau est actuellement limité à 3,5 tonnes et réduit à deux mètres de large.

Parallèlement à une passerelle métallique type Eiffel, encore récente en 1929, le « Pont des Révérences » d’Irleau, construit en béton armé [voir sa genèse et l’origine de ce nom dans le livre « Marais Poitevin : les rives du passé » de Jean-Claude Coursaud et Daniel Mar, aux éditions du Marmot], est inauguré en juin 1931 après deux années de travaux.

Aujourd’hui, le tablier de ce pont, lequel franchit le fleuve La Sèvre Niortaise à cheval sur les communes deux-sévriennes du Vanneau-Irleau et Coulon, donne des signes de faiblesse. Son utilisation est désormais limitée aux véhicules jusqu’à 3,5 tonnes ou deux mètres de large. Habitants, agriculteurs, élus locaux, acteurs du tourisme. . . dénoncent la position du Conseil départemental des Deux-Sèvres, propriétaire de l’ouvrage.

M. Gilbert Favreau (à gauche) président du CD79 en compagnie de M.Robert Gousseau (au micro) maire de la commune du Vanneau-Irleau.

Présent sur le site, le président du Conseil départemental 79 Gilbert Favreau a tenté d’expliquer les décisions prises : « En 1998, les services du département ont décidé de le fermer après une étude, puis de le limiter à 12,5 tonnes. Les usagers ont continué à circuler avec des véhicules de plus en plus lourds. En 2017, quand je suis arrivé à la présidence, un cabinet d’études m’a conseillé de fermer immédiatement le pont à toute circulation. Il fallait prendre des mesures. Il fallait faire des travaux, alors on a fait faire une étude technique qui a préconisé trois séries de travaux. D’abord, il y avait des appuis qui risquaient de lâcher. Ce sont les premiers travaux qui ont été fait en avril dernier. Aujourd’hui, il reste à faire des travaux sur le tablier du pont, surtout au niveau des soubassements qui portent le pont aux extrémités. La chaussée et les garde-corps sont également fatigués. » Le Conseil est intervenu sur la priorité, à savoir les appuis-piliers en béton qui tiennent le pont. Parallèlement, le poids limite des véhicules a été ramené à 3,5 tonnes. « Bien évidemment, il y a un certain nombre d’usagers qui sont gênés par cette situation et notamment les agriculteurs. Ils veulent qu’on rouvre le pont à tous tonnages. Le problème, c’est que le président du département que je suis ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Si un jour il y a une chute ou s’il y a un problème d’effondrement parce qu’on aura mis un gros cube de 35 tonnes. Le responsable, c’est moi ! Aujourd’hui, je suis dans un esprit de conciliation avec tout le monde. J’ai fait programmer des travaux pour l’automne et j’espère qu’à l’issue, on pourra me confirmer que, effectivement, on peut rouler à 12,5 tonnes. On reviendra donc à la situation qui existait avant. Mais on n’aura jamais l’autorisation sur un pont de cette qualité de faire passer des 35 tonnes. Voilà la situation. Je comprend aussi la gêne. Je suis obligé de faire comme ça. »

Promu porte-parole des manifestants, le maire du Vanneau-Irleau Robert Gousseau pose les problèmes : « On ne peut pas prétendre être les Portes du Marais, le Marais dans sa splendeur, l’emblème du département, un site touristique, un site classé, un Parc naturel régional, un Grand Site de France, et ne pas passer la Sèvre Niortaise à pied sec. Tous nos agriculteurs ne peuvent plus travailler, les touristes ne peuvent plus passer. On peut concevoir que le pont peut avoir des faiblesses, mais on ne peut pas, non plus, ne pas penser à demain. Par conséquent, il serait judicieux d’avoir, au moins, une perspective de ce qui va se faire dans la suite. Mettre 700 000 € sur trois ans, c’est un fait. A ce moment-là, il faut mettre 4 millions d’euros sur cinquante ans et puis on refait un pont. Si on avait un Département ambitieux, on ferait comme ça, sauf que ,apparemment, ce n’est pas le cas. On ne nous prend pas au sérieux, alors on fait voir qu’on n’est pas contents, c’est tout. On ne veut pas faire passer des revendications extraordinaires, mais en vérité, on est là pour démontrer que nos agriculteurs sont en souffrance et même éventuellement les touristes, les camping-cars ne passant plus. C’est désastreux. On ne peut pas se contenter de ça. De toute façon, on se bat contre plus fort que nous ; nous sommes tenaces. Si c’est faire des travaux pour ne rien faire de mieux, c’est pas la peine. Quand on me dit, on va mettre 700 000 € et qu’en fin de compte le pont va rester comme il est en ce moment, c’est pas satisfaisant. A ce moment-là, il ne faut pas mettre d’argent, moi j’appelle ça du gaspillage de l’argent public. Nos anciens, en 1930, ont pensé qu’il fallait un pont et il n’y avait pas de touristes, aujourd’hui il y a des touristes mais on ne peut même pas faire de pont. Peut-être qu’on pourrait remettre la passerelle à ce moment-là ! »

Au delà des « bons mots », le quotidien doit se réorganiser. Un agriculteur-éleveur de charolaises à Benet en Vendée : « Nous avons des terres sur Irleau, Le Vanneau, Arçais, Saint-Georges-de-Rex. Nous habitons de l’autre côté [rive droite de la Sèvre Niortaise] et je ne peux pas passer sur le pont pour aller en Deux-Sèvres. Nous exploitons environ 170 hectares sur ces communes-là. Nous élevons 600 bêtes en tout, dont à peu près 150 de ce côté deux-sévrien. L’ensemble tracteur, avec, par exemple, tout le matériel de fenaison ou la bétaillère, est trop large pour passer entre les chicanes. De plus, un convoi agricole pèse entre 4 à 12 tonnes maxi. Quand le pont a été construit, c’étaient des chevaux qui passaient là. Doit-on vivre avec les méthodes du 19ème siècle ou du 21ème siècle ? Parce que, on constate qu’au 20ème siècle, il a été fait un pont pour favoriser les échanges et qu’au 21ème siècle, on le ferme. Nous passions sur ce pont environ trois fois par jour. Actuellement, nous passons par Sansais-La Garette (79) ou par Damvix (85), ça dépend où on va. Ça va être compliqué cet été avec les véhicules qui vont tous dévier par là-bas. Le problème, c’est qu’un automobiliste coincé entre deux tracteurs pendant dix minutes, voire un quart d’heure, double dans un virage avec une petite visibilité. Quand dix plateaux à paille circuleront à longueur de journée, bonjour les dégâts. »

M. Gousseau poursuit : « Votre participation prouve que ce pont a une valeur symbolique, aussi bien pour les gens de chez nous que pour les gens de l’extérieur. La solution de facilité était de fermer le pont. Hier il marchait à 40 tonnes, aujourd’hui à 3,5 tonnes, ça fait une différence. En 1930, quand nos anciens, qui étaient aussi intelligents que nous, ont pensé qu’il fallait faire un pont, il n’y avait pas de touristes, il y avait les mogettes. Aujourd’hui, y a plus de mogettes, y a des touristes. Est-ce que ça compense, la question reste posée. On ne peut pas se contenter d’un pont à 3,5 tonnes et deux mètres de large. Un Conseil départemental digne de ce nom, soucieux du bien être de son bassin de vie, peut mettre, à mon avis, 3 millions d’euros sur cinquante ans. »

S’adressant à nouveau aux 200 personnes présentes sur le pont, M. Favreau précise: « Ceux qui ont fait ce pont n’ont peut-être pas pensé qu’il devait durer plus de 80 ans. Ce pont est dans un état déplorable, ce qui justifie des décisions prises. Nous avons fait en sorte de laisser passer au minimum les véhicules de tourisme jusqu’à 3,5 tonnes. Les travaux commenceraient probablement à la mi-septembre sur les soubassements et les garde-corps, pour une durée de deux mois et demi. Durant ces deux mois et demi, il y aura une fermeture. Après, nous serons à douze tonnes. Au delà de douze tonnes, je ne peux vous promettre. Il y a des contingences techniques qui ont fait que nous n’avons pas pu aller plus vite. Après ?!?! Un nouveau pont ?!?! Je ne sais pas si vous connaissez aujourd’hui les exigences administratives en matière de construction, notamment dans le Marais Poitevin qui est un site Natura 2000. C’est une administration d’État qui gère tout ça. Il faudra faire une étude très exigeante. C’est une bagatelle de 4 à 5 millions à la sortie. Je suis désolé des ennuis que ça cause à la population et à tout le secteur économique du Marais, mais je crois que c’est une obligation. »

Ancien maire de la commune d’Arçais (79), M. Joël Bourchenin, a ouvert le volet tourisme : « notre territoire sert de vitrine à notre département, de longue date. Évidemment que ce pont a toute son utilité pour notre tourisme d’été et de toutes saisons. On voit des agriculteurs se mobiliser, on voit aussi des acteurs du tourisme. » Un tourisme estival détourné dont dépend de nombreux commerçants installés dans les villages desservis par le pont.

M. Michel Simon, maire de Coulon, s’exprimant au titre de président de l’Office de tourisme Niort-Marais Poitevin : « A l’Office, nous expliquons aux touristes le problème du pont d’Irleau et l’interdiction des camping-cars. Ils le comprennent. Mais quand un touriste arrive en voiture, il voit tous ces panneaux de déviation. Il se dit que la commune doit être en travaux partout, il file son chemin. On perd du tourisme notamment depuis le début de la saison, les premiers chiffres de fréquentation de l’aire de camping-cars de Coulon l’attestent. »

Cherchons ensemble les bonnes idées pour restaurer le pont d’Irleau et apaiser le climat social dans la Venise Verte ?!?!

Finalement, la conciliation succède à la colère. Tout le monde s’est retrouvé autour d’une table qui « dessèche le gosier », à l’invitation du maire du Vanneau-Irleau. Là, au moins, on s’est parlé sans titre, sans tabou, ni procédure administrative.

 

Gilles PETIT (récit et photos)

VENISE VERTE : Le garde-champêtre de Coulon (79) Gilbert Lacroix est décédé à 94 ans

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Membre très actif de la vie coulonnaise, Gilbert Lacroix est décédé à l’âge de 94 ans.

M. GILBERT LACROIX à Coulon en 1992          Photo Gilles petit

Né le 21 décembre 1923 à Coulon, Gilbert Lacroix était agriculteur. Ses vaches pâturaient dans le Marais durant la belle saison. Parallèlement, il cultivait la fameuse « mogette du Marais » qu’il vendait avec sa production laitière. Gilbert Lacroix était avant tout un Maraîchin spécialiste du cubage des peupliers.

Les Coulonnais d’un certain âge garderont le souvenir du garde-champêtre qu’il a été durant une douzaine d’années, maniant tambour et baguettes au gré des « avis à la population ». Paraissant bougon, un poil renfrogné, cet ancien combattant et prisonnier de guerre a toujours été dévoué aux autres, ne serait-ce que dans la vie associative.

 

 

M. Lacroix fut membre-fondateur de la société de pêche La Coulonnaise. Une association déclarée en préfecture le 8 juin 1942. Il est élu au bureau du conseil d’administration en 1950 comme trésorier. Un poste qu’il occupera jusqu’à fin 1972, avant de prendre celui de secrétaire, de janvier 1975 à décembre 1997. Gilbert Lacroix a donc été sociétaire de La Coulonnaise durant 56 ans.

Excellent comédien de théâtre, dit-on, il a adhéré, en avril 1946, à l’Amicale des œuvres post-scolaires de Coulon. Au sein de cette Amicale, il a participé à la création de la Maison Pour Tous locale, une innovante structure pluriactivités.

A l’heure de sa retraite, l’homme qui ne se déplaçait qu’à Mobylette ou en barque, a rejoint le club local Retraite et Loisirs, en janvier 1986. Administrateur dès 1990, il en était le trésorier jusqu’à son retrait définitif de la vie associative. Au Club, il aimait, par dessus tout, organiser des activités ludiques et « ses » voyages. Des voyages, commentés avec précisions, qu’il maîtrisait avec ses cartes Michelin « plus efficace qu’un GPS », disait-on.

Entre temps, le 31 juillet 1986, il fut également membre de l’assemblée constitutive du Centre social et culturel du Marais, une structure intercommunale qui siège encore aujourd’hui à Coulon.

Pour l’ensemble de ses activités associatives, M. Lacroix a reçu la médaille de la jeunesse et des sports, échelon bronze, au titre de la promotion du 14 juillet 2002.

Gilbert Lacroix s’était retiré à la maison de retraite de Benet (Vendée) où il avait retrouvé quelques connaissances de sa génération. Des pensionnaires qui se souviendront longtemps des passionnantes et passionnées parties de belote qu’il animait. . . à sa manière.  « Dévoué aux autres » jusqu’au bout.

Gilles PETIT

En organisant une pétition, Anita ESCA demande la « Démission du préfet de l’Oise pour incitation à la violence »

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Au sujet de la chasse à courre, exceptionnellement, nous relayons le texte de la pétition qu’Anita ESCA a récemment lancé sur Change.org.

« Lors de la dernière assemblée générale de la fédération des chasseurs de l’Oise, soit une semaine après une manifestation pacifique record contre la chasse à courre le 31 mars 2018 à Compiègne, le préfet de l’Oise et les présidents de la Fédération Nationale de la Chasse et de la Fédération de la Chasse de l’Oise, ont répondu à l’unisson pour appeler à la violence contre les opposants à la chasse à courre, de plus en plus nombreux. 

Le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs, M Willy Schraen, en appelle à ses « gros bras », 800 chasseurs de gibier d’eau, pour venir « chasser en meute » les citoyens qui s’opposeraient désormais à cette pratique. Il faut noter qu’il appelle des chasseurs non concernés par ce mouvement qui ne s’oppose qu’à une seule forme de chasse, la chasse à courre. 

Le Préfet de l’Oise, M Louis Lefranc, appuie cette initiative en les appelant à « passer à l’action ». 

Une véritable milice est levée à la simple demande de représentants de la chasse française. 

Ces méthodes sont anti-démocratiques et contraires aux droits de l’homme et du citoyen. Elles visent à écraser un élan citoyen qui n’en peut plus de supporter une pratique féodale et morbide qui représente la domination par la violence, extrême et gratuite, sur des êtres innocents. 

Au lieu d’écouter ce mouvement et ce désir de beaucoup de français de vivre sans ces horreurs et ses souffrances infligées aux animaux, juste pour le plaisir d’une minorité, M le préfet de l’Oise a choisi LA RÉPRESSION et soutient désormais toute action des chasseurs visant à se faire justice eux-mêmes afin de continuer à vivre selon leurs us et coutumes. 

Par ailleurs, M  Guy Harle d’Ophove affirme que toute personne n’aimant pas la chasse se doit de déménager et de quitter les villages forestiers, qui bien sûr selon lui, n’appartiennent qu’à une seule catégorie de citoyens : LES CHASSEURS. 

Ce discours, en plus de son caractère dictatorial et violent, atteint plus d’une liberté fondamentale du citoyen français:

– le droit de manifester et d’exprimer ses opinions,

– le droit de vivre à la campagne et dans les villages forestiers pour toute personne opposée à la chasse.

 En soutenant ces  propos dangereux, le préfet de l’Oise cautionne la violence contre des citoyens qui ne veulent que préserver la vie.

Il prône de même l’obligation d’abattre tout animal s’introduisant sur une zone urbaine. Ceci, alors que les habitants des villages ont souvent manifesté leur désir de protéger ces animaux.

Comment un représentant de l’État peut-il à ce point ignorer le peuple au profit d’une caste minoritaire ?

Comment un préfet peut-il cautionner l’emploi de la violence face à des militants pacifistes ?

Comment peut-il mettre en place un dispositif tel que ‘les chasseurs vigilants’, tout en les incitant en même temps, à se faire justice eux-mêmes, alors qu’il s’adresse à des personnes munies d’armes ?

 Il doit être le garant de la sécurité sur son territoire et non l’inverse.

Il doit par ailleurs respecter les libertés fondamentales des citoyens, ce qui n’est apparemment pas le cas.

 Pour rappel, la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la DÉONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires:

 Art. 25.-Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. Dans l’exercice de ses fonctions, il est tenu à l’obligation de neutralité.

 Art. 25 bis.-I.-Le fonctionnaire veille à faire cesser immédiatement ou à prévenir les situations de conflit d’intérêts dans lesquelles il se trouve ou pourrait se trouver.

 Au sens de la présente loi, constitue un conflit d’intérêts toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions.

 Au vu des derniers évènements, le préfet Louis Le Franc, ne répond plus à aucune des obligations relatives à la DÉONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires.

Ses agissements sont de plus en plus dangereux pour nos concitoyens. Nous demandons de fait sa démission. »