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MARAIS POITEVIN : Terres d’envol, la montgolfière « trait d’union entre la terre et le rêve »

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Le commandant de bord coulonnais Yann Siméau vient de créer « Terres d’envol ». Une montgolfière qui survolera essentiellement le Marais Poitevin. Rencontre avec cet informaticien qui voulait lâcher le clavier et la souris.

Selon M. Siméau : « Moyen de communication innovant, un ballon est une machine à recevoir et à donner du plaisir. Et ça ne marche bien qu’en contact assez proche avec ses passagers. » Photo Gilles Petit

M. Yann Siméau est un normand né en 1973. « Il est un petit peu parisien et pas mal breton », dit-il. Il a suivi sa femme qui est descendue sur Niort pour des raisons professionnelles. Ce néo-maraîchin se qualifie comme « un gars normal ». Il développe : « c’est un gars qui a eu, pendant vingt ans, une carrière dans l’imagerie médicale, dans la télémédecine et des systèmes d’information de santé. Avec des projets qui vont de la prise en charge des urgences jusqu’à celle des soldats blessés sur les sites d’opérations extérieures, en passant par les enfants polyhandicapés et autistes. » A un moment donné, M. Siméau a constaté : « tu fais trop d’informatique, trop d’écran, trop de dossiers, tu es trop enfermé derrière ton bureau ». Il a fini par rebaptiser son bureau « la tour de contrôle ». Ainsi, le Coulonnais a progressivement développé le goût d’une activité professionnelle plus en extérieur. « Si je voulais créer mon entreprise, c’était le moment. Donc je me suis lancé dans ce projet », explique-t-il.

Photo Gilles Petit

Pourquoi l’aérostat ?

M. Yann Siméau : « Quand j’étais jeune, j’avais toujours un peu la tête en l’air. J’ai travaillé sur le pas de tir de la fusée Ariane à Kourou et puis, dans mes projets de télémédecine, j’ai abordé des projets notamment avec Airbus. J’ai aussi fait le concours de l’École Nationale d’Aviation Civile. A postériori, je me suis rendu compte que j’avais quelques affinités avec tout ce qui est en lien avec l’air ». Photo DR

« Et puis », ajoute-t-il, « la montgolfière est une niche, donc un métier relativement rare et assez technique. La montgolfière s’est démocratisée ces trente dernières années avec l’apparition de nouveaux matériaux qui offrent des ballons plus légers, plus performants. Et puis sur le plan réglementaire, comme ce n’était pas facile d’accès, ça me plaisait bien. »

Un rêve !

Le matin, ce rêveur voyait passer les montgolfières au dessus de son bureau installé dans le bourg de Coulon. Le soir, il les voyait encore passer. Un jour, il s’est dit « mon bureau, il faut qu’il soit là-haut. Avant de voir ces montgolfières, je n’avais pas l’idée. » Dans sa vie, Yann a souvent pris des chemins de traverse, « on trouve des embûches, mais on trouve pas mal de sujets de satisfaction. » Photo DR

Le projet !

L’entreprise Terres d’envol a démarré en 2018. L’entrepreneur s’est formé, durant un an, à l’école française d’aérostation en Forez. Son premier ballon sera un JZ, du nom des frères Jacquemot et Serge Zuin, encore appelé Zephyr Joyrider. L’aéronaute détaille : « Il s’agit d’un ballon conçu en France par la dernière société de fabrication : « les ballons Chaize ». Un ballon qui a une histoire. Donc j’ai acheté mon premier ballon, j’ai été formé et j’ai volé tout l’été en faisant du vol de loisir. J’ai eu ma licence en tout début d’année et j’ai volé pour m’aguerrir au delà de la licence et appréhender toutes les difficultés que représentent le vol dans une région souvent soumise aux entrées maritimes. » Durant ces vols de loisir, le nouveau commandant de bord a été soutenu par ses confrères voisins, les Montgolfières du Bocage, de Cerizay (79) qui volent aussi au-dessus du Marais Poitevin, de la Vendée, du site du Puy-du-Fou. . . « Il faut savoir », précise le Coulonnais, « que les sites d’envol doivent être homologués par la préfecture. Les Montgolfères du Bocage m’ont aidé en m’offrant leurs sites d’envol. Ce qui m’a permis de mieux appréhender le vol dans le Marais Poitevin, pas seulement au départ de Coulon, mais aussi sur les vents d’ouest au départ de Vix, de Damvix ou de Courçon. »

Les montgolfières du Bocage (au premier plan) et Terres d’envol organisent des vols communs au départ de la Vendée. Photo Gilles Petit

La montgolfière !

Chauffée au Propane, l’enveloppe est haute comme un immeuble de six étages, soit plus de vingt mètres de haut et vingt mètres de diamètre pour un volume total de 3.600 mètres/cube d’air chaud. La nacelle en osier est à taille familiale, soit quatre passagers seulement en plus du pilote. En moyenne, le vol se déroule plutôt à trois passagers. La machine consomme par vol autour de 40 kg de Propane. « C’est une petite consommation », assure M. Yann Siméau, lequel a entrepris « une démarche responsable de compensation carbone, vis-à-vis de l’environnement. »

Le « voyage » !

En été, il faut sortir le matériel (le ballon, la nacelle, le véhicule 4X4), entre quatre à six heures du matin, afin de décoller au lever du jour depuis l’un des sites d’envol, sites définis par « le vent météo » et les espaces que les passagers souhaitent survoler dans le Marais Poitevin.

On l’a dit, en organisant ces vols, M. Yann Siméau projette de « faire découvrir le Marais Poitevin en aérostat et profiter à la fois de la magie de la montgolfière », en jouant avec l’altitude. « Dans un premier temps », conclut M. Siméau, « c’est l’émerveillement lors des vols du matin. On a des lumières rasantes ; des brumes au sol. On voit beaucoup de gibier, des chevreuils, des lièvres, ça bouge un peu partout sous la nacelle parce que les brûleurs ont tendance à les déloger. Ensuite, les passagers essaient de se repérer. Je peux répondre à leurs questions car j’ai été initié par M. Richard Joseph, animateur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin. »

La saison officielle des vols en montgolfière se déroule entre Pâques et Toussaint, sous réserve que les contraintes sanitaires soient levées en 2021. Contact : Montgolfière Terres d’envol, www.terres-denvol.fr, courriel : info@terres-denvol.fr, tel : 06 65 09 49 92


Gilles PETIT

M. Yann Siméau, gérant de Terres d’Envol : « Ce que j’aimerais bien, c’est trouver un équipier qui pourrait s’épanouir, voire évoluer d’une façon ou d’une autre au sein de l’entreprise. Qui souhaiterait s’investir d’une façon durable ! » Photo Gilles Petit

MARAIS POITEVIN : Les ralentisseurs arrivent à Coulon (79)

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Vos voitures roulent trop vite devant chez nous ! Nos voitures roulent trop vite devant chez vous ! Comment faire pour ralentir vos/nos voitures en agglomération ? « Installer des ralentisseurs », répondrait Monsieur de La Palisse, Jacques II de Chabannes de La Palice. Aujourd’hui, dos d’âne, chicanes, coussins berlinois, plateaux, écluses . . . on en trouve partout. Un coup d’œil aux nouveaux aménagements en cours à Coulon (79).

Construit à Coulon, ce ralentisseur aux normes se fond dans l’environnement. Photo Gilles PETIT

Vous avez peut-être entendu parler pour votre commune d’un « Plan d’Accessibilité de la Voirie et des Espaces Publics » (PAVE). Il s’agit d’une étude, confiée à un cabinet spécialisé, lequel dresse « la définition des priorités d’actions » sur un territoire communal, fixant des préconisations, des priorités en matière de sécurité, et même un budget.

Par exemple, à Coulon (79) dans le Marais Poitevin, le PAVE a été confié au cabinet d’études AGORACITES qui a rendu sa copie en . . .  septembre 2014. A l’époque, les élus locaux signalaient : « Au niveau de la sécurité routière, on a un document, le PAVE, dans lequel toute la commune a été reprise, en terme de circulation, d’aménagement pour handicapés. Des préconisations ont été faites dans toutes les parties de la commune. Il convient de travailler dessus pour revoir tout ce flux, sécuriser la circulation piétonne, la rendre accessible aux personnes à mobilité réduite. »

« Les ralentisseurs arrivent » à Coulon

Les départementales D1 et D123, qui se croisent dans le bourg de Coulon, posent problème. Les ralentisseurs arrivent, les travaux ont débuté. Il a fallu du temps pour faire aboutir le projet. Enfin celui-ci a été validé avec l’accord de subventions. Il en coutera 250 000 € TTC à la commune qui va toucher 80% de subventions sur l’investissement total. Sont concernés, le tronçon des feux tricolores vers le village de Glandes, un carrefour route de la Gare, le parking Gilbert-Tessont, les hameaux de La Roche-Avane et Roche-Neuve et le lieu-dit La Chagnée. « Il s’agit de marquer les entrées du bourg de Coulon de manière à forcer le ralentissement des véhicules. Pour la partie qui vient du pont de la Sèvre Niortaise jusqu’aux feux de signalisation, on n’a pas prévu de ralentisseurs ici car c’est un travail qui doit être fait avec la commune voisine de Magné, le rond-point de La-Repentie étant situé à Magné. Par ailleurs, la voie qui s’allonge de La-Repentie au village de Glandes est considérée en agglomération. Quant au parking Gilbert-Tessont, les travaux ont débuté durant les vacances scolaires de la Toussaint, afin de sécuriser l’accès aux écoles. »

Parmi les communes proches de Coulon, à Bessines certains projets ont été testés sur site en présence des riverains concernés avant réalisation définitive. Même si les aménagements réalisés peuvent être une contrainte pour certains, ils sont, semble-t-il, appréciés par les riverains concernés qui constatent une amélioration. Et quelles contraintes ?!?! Depuis les mandatures précédentes, Bessines a fait fort, très fort, en systèmes de ralentissement routier, pas vraiment aux normes. Les très nombreux usagers qui traversent le village sont soumis à rude épreuve. Mais ça ne suffit pas, dit-on. Photo Gilles Petit

Quant au village de La-Garette, deux séries de coussins berlinois en béton avaient été posées. L’une d’elles vient d’être enlevée car un coussin se cassait. Ici, on suppute que la distance avec l’autre série était probablement inférieure aux 150 mètres maxi réglementaires, et que la chaussée n’est pas assez large pour accueillir un couple de coussins. En effet, les coussins sont destinés à ralentir uniquement les voitures, pas les autres usagers. Il en va de la sécurité des deux-roues, mais aussi, des poids lourds, des ensembles agricoles et des autocars . . . qui doivent pouvoir placer leurs roues de chaque côté d’un coussin. Les habitants voisins peuvent témoigner qu’il n’en est rien tant le bruit et les vibrations sont importants. Photo Gilles Petit

Autre exemple, la commune de Sansais – La-Garette. La traversée du village de Sansais pose problème, en particulier devant le groupe mairie-écoles-local de santé. Sur ce petit bout de route départementale tout en virages, voici quelques années, un système de comptage a enregistré un véhicule roulant à près de 120 km/h. Une vitesse « criminelle ». Les aménagements réalisés par le département et les municipalités qui se sont succédé jusqu’à maintenant semblent porter leurs fruits. En revanche, dans ce même village, un autre aménagement ne fait guère l’unanimité au carrefour de deux routes départementales : le plateau ralentisseur est vraiment trop surélevé, faisant « retomber » brutalement les véhicules sur le bitume d’origine. Photo Gilles Petit

Constatations similaires à Saint-Rémy. Au cœur de ce village tortueux, deux couples de coussins sont installés dans une légère courbe en S (un ralentisseur ne peut être placé que sur une ligne droite) sur une voie trop étroite. De plus, l’entrée sud du village « bénéficie » d’un rétrécissement affublé d’un coussin. Ici, les usagers subissent la double peine.

Selon Fabrice Berjonneau, adjoint au maire de Coulon, « Sur la commune, nous avons des travaux qui sont terminés, et des travaux en cours. Il s’agit d’aménagements de sécurité routière destinés à faire ralentir les gens. Sur la route départementale 123, aux passages dans l’agglomération de La Roche-Avane et le lieu-dit Roche-Neuve, les travaux sont quasiment terminés puisque il n’y a plus que des panneaux provisoires en l’attente de l’installation des définitifs. »

Le lieu-dit Roche-Neuve a désormais un rétrécissement de chaussée avec une priorité pour les véhicules qui sortent de l’agglomération, même installation à La Roche-Avane à quelques mètres sur cette même D123.
Ici, cette écluse, qui semble bien étroite, est située en sortie de courbe dans une zone qui n’est pas à 30 km/h.
Photo Gilles Petit

« Pour être conforme au code de la route, » précise l’adjoint, « nous sommes contraints d’englober tout ça en une seule agglomération. On aurait pu faire deux agglomérations mais ça nous obligeait à multiplier les panneaux d’entrées, de sorties, deux fois. L’axe qui traverse ce lieu-dit et l’agglomération actuelle se nommant la Route des Deux Roches, le nom est tout trouvé. Il suffit d’appeler cette agglomération « Les Deux Roches » en précisant qu’elle est située sur la commune de Coulon. Englobant les deux Roches, nous apposerons de petits panneaux qui rappelleront l’identité de ces deux villages. Le fait d’augmenter l’agglomération limite la vitesse à 50 km/h obligatoire par rapport aux installations. »

L’entrée d’agglomération va se situer, en descendant de la route de Nantes à l’entrée de La Roche-Avane, la sortie se fera juste après le panneau de sortie du lieu-dit Roche-Neuve au niveau d’un transformateur électrique. Et vice-versa.

M. Bergonneau poursuit : « cette route est très passagère et on l’utilise pour aller travailler surtout dans le nord de l’agglomération de Niort. Il faut absolument protéger la vie. Un dos d’âne, c’est bruyant et en plus ça abime le véhicule. » Bien évidemment. Cependant, ce type d’écluse n’est guère recommandé pour réguler le trafic pendulaire. En géographie sociale, la mobilité pendulaire, appelé aussi trafic pendulaire ou mobilité alternante, désigne les déplacements quotidiens de la population ayant pour motifs le travail et/ou les études.

Les pouvoirs publics ont le devoir d’entretenir leur voirie. Elles font de belles réalisations . . .

puis installent des obstacles ?!?!

Photo Gilles Petit

Un ralentisseur, qu’est-ce donc ?!?!

Le ralentisseur est devenu l’aménagement de voirie privilégié des municipalités pour favoriser le respect des limitations de vitesse. Pour autant, ils ne doivent ni constituer des obstacles dangereux pour l’usager, ni constituer une gêne excessive lorsque ce dernier respecte la vitesse autorisée ! (association 40 millions d’automobilistes)

Selon des usagers, un ralentisseur, c’est un plan carbone catastrophique, un mal de dos, l’éblouissement par les phares projetés en l’air, le bruit pour les riverains dont les changements de vitesse au niveau des rampes d’extrémité du plateau, des voitures devenues trop confortables avec, pour certaines, des suspensions absorbant les dos d’âne. Leur présence n’est pas toujours adaptée au gabarit des véhicules agricoles et aux poids lourds. D’autre part certaines communes se plaignent des nuisances sonores que les ralentisseurs génèrent à proximité des habitations.

Document Conseil départemental 79 : Tableau du trafic routier journalier enregistré en 2018

Une écluse ?!

Écluse simple avec rétrécissement axial limitée aux voies supportant un trafic modéré (< 2 000 véhicules/jour) ; une largeur de voie d’environ 2,90 m à 3,50 m ;

• Efficacité limitée en dehors des heures d’affluence ;

• À implanter de préférence dans des zones fortement urbanisées ;

• Nécessite une bonne visibilité sur l’aménagement pour éviter tout effet de surprise

Le trafic passe donc de façon alternée, soit de manière non définie (le premier qui se présente passe), soit en général en donnant priorité à un sens (panneau C18 carré bleu), tandis qu’à l’autre sens est attribué le panneau rond cerclé de rouge (B15).

La vitesse doit être limitée à 30 km/h.

Le by-pass cycliste est fortement recommandé.

Ce type d’aménagement n’est pas décrit dans le Code de la route mais il peut être réalisé à partir de la signalisation routière réglementaire.

(sources Sécurité routière et preco-amenagement-securite-en-agglo-janv2017)

Gilles PETIT

NECROLOGIE : La maire de Coulon (79) « remercie » cinq personnes.

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En prélude à la réunion du Conseil municipal de Coulon (79), jeudi 19 novembre 2020, la maire Anne-Sophie Guichet a « remercié » cinq personnalités coulonnaises tout récemment décédées.

« Je voulais ce soir rendre un hommage à cinq Coulonnais qui nous ont malheureusement quittés en très peu de temps ces derniers jours. C’est bien triste.

Je pense aujourd’hui à Pierre Mautret dit « Pierrot », à Madeleine Ribreau, à Louis Deborde, à Renée Barreau dite « Nénette » et à Jeannine Faucher. Ces cinq personnes ont marqué la vie coulonnaise, soit par leur activité professionnelle, soit par leur implication au quotidien dans la commune.

Pierre Mautret a été conseiller municipal de nombreuses années. « Pierrot » pour les intimes était aussi impliqué au niveau social [dont la présidence du Centre Social et Culturel du Marais], à l’écoute, plein de bienveillance, disponible pour tout le monde.

Madeleine Ribreau est le café « Le Nénuphar ». Avec son beau sourire, elle aimait se vanter d’être celle qui vendait le plus de boissons alcoolisés sur le secteur.

Je pense aussi à Louis Deborde, un ancien boulanger de la commune, la boulangerie sur les quais Louis-Tardy qui est à l’origine avec son épouse du gâteau Le Coulonnais. C’est lui qui a trouvé la recette. Je repense à lui comme un bon vivant qui aimait chanter partout.

Et deux personnes, que je n’ai pas connues, mais que beaucoup d’enfants qui ont fréquenté l’école ont connues, Renée Barreau dit « Nénette » et Jeannine Faucher qui ont été employées municipales et qui étaient toutes les deux cantinières.

C’est une période bien triste et le contexte fait que malheureusement, on n’a pas la possibilité de dire au revoir à ces personnes, ni aller se recueillir auprès d’elles. Elles sont parties à pas feutrés. Donc aujourd’hui, je tenais à les remercier pour tous les Coulonnais. »

COULON : Nécrologie Madeleine RIBREAU

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Née Jaulin, Madeleine Ribreau vient de décéder à l’âge de 93 ans. Elle a ainsi rejoint son époux disparu en avril 2004. Durant trente ans, le couple avait accueilli les Maraîchins, dont probablement tous les Coulonnais, dans leur bar à l’enseigne Le Nénuphar, situé place de l’Eglise à Coulon (Deux-Sèvres).

Paul et Madeleine RIBREAU en juin 1994 Photo Gilles PETIT

Dans un article dédié à leur établissement, L’atelier Histoire et Patrimoine, un collectif membre du Centre Social et Culturel du Marais de Coulon, retrace la genèse de leur établissement, notamment cet extrait : En 1910, M. Albert Soulisse achète un bar Le Terminus, idéalement situé sur la place de l’Eglise à Coulon. Vers 1940, M. Ribreau, père, achète l’immeuble. Vers la fin de la guerre, il devint un café tenu par les parents Ribreau, puis par leur fils Paul et leur belle-fille Madeleine. Enfin, le 25 décembre 1960, Madeleine crée son entreprise individuelle, sous le nom Le Nénuphar, spécialisée dans le secteur d’activité des débits de boissons (sans spectacle). Ce bar apparaît dans L’inspecteur Cadavre, un téléfilm français de Michel Drach, avec Jean Richard dans le rôle du Commissaire Maigret, tourné en grande partie à Coulon et diffusé en 1968.

Le Nénuphar ayant fermé le 31 décembre 1990, le bâtiment est devenu le domicile privé de Paul et Madeleine Ribreau.

Gilles PETIT

Un mot de MARINETTE BOISSELIER :

Que de souvenirs effectivement au nénuphar !
Madeleine savait être accueillante pour ses clients ,c’était le lieu de rencontres apprécié par tous ,sportifs,commerciaux,et habitants du village
moi à l’époque je travaillais à l’agence du crédit agricole de Coulon et le samedi à la fermeture d e l’agence à 13h nous nous retrouvions avec les collègues de Magné ,Niort saint Florent,Niort Halles pour finir la semaine ensemble et Madeleine servait les pastis (souvent nombreux) moi je les comptais
Le jeudi aussi nous avions une tradition avec Madeleine ,nous mangions le gâteau dans sa cuisine personnelle après le repas de midi avant de retourner travailler ,un moment très apprécié que je n’oublierais jamais ,nous étions « en famille »

La vie passe si vite,en cette période difficile que nous traversons profitons de petits moments de plaisir comme ceux là et soyons solidaires
repose en paix Madeleine,je ne t’oublierai pas

La vie rêvée d’un correspondant de presse dans la PQR

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La vie d’un correspondant au service de la Presse Quotidienne Régionale (PQR) n’est pas un long fleuve tranquille. Entre relations sociales, d’un côté, et relations éditoriales, de l’autre, son cœur chavire. Récit d’une histoire vraie.

Correspondant de presse, c’est aussi participer à la semaine de la presse. Ici, en 1996, des élèves du collège de Fontenay-Rohan-Rohan préparent un article concernant mes activités au Courrier de l’Ouest. Photo prise par un élève du collège

Il était une fois, en 1982, un jeune homme qui se marie avec une Coulonnaise. Le couple s’installe à Coulon, une commune des Deux-Sèvres dans le Marais Poitevin. Il y a donc près de quarante ans, les jeunes mariés ont reçu gratuitement les deux journaux-quotidiens locaux, à savoir les éditions écrites deux-sévriennes de « La Nouvelle République du Centre-Ouest » et du « Courrier de l’Ouest ».

Il se trouve que je [pour la première fois, et peut-être l’unique fois de ma carrière, j’écris un texte à la première personne du singulier] fréquentais activement des associations coulonnaises et que j’assistais régulièrement aux réunions mensuelles du Conseil municipal local en simple auditeur.

A l’issue de six mois de lecture gratuite, avec mon épouse nous avons décidé de choisir un journal, un seul, ce sera le Courrier de l’Ouest (CO), en acceptant l’offre d’abonnement « très avantageuse ». On notera que l’offre concurrente était aussi alléchante.

Correspondant de presse, c’est aussi suivre des travaux, de A à Z (ici de mars à juillet 1994). Photos : Gilles PETIT (Déplacez le curseur pour comparer les photos)

Là où le bât blesse, c’est que nous avions peu d’articles à lire en rubrique Coulon. Pourtant, je savais que les sujets ne manquaient pas car je les vivais.

Piqué par je-ne-sais-quelle-puce, un jour, il me vint l’idée d’adresser un mot au CO de Niort. Je ne connaissais personne à cette rédaction. Dans cette bafouille, j’expliquais mon désarroi de ne rien lire sur Coulon. Tout simplement.

La réponse ne s’est pas fait attendre. Un appel téléphonique du directeur du CO Niort m’invite à visiter sa rédaction. J’ai ainsi découvert l’univers de cette mystérieuse presse. Cette excursion s’est achevée dans le bureau du directeur. Après avoir tourné autour du pot, en me complimentant, notamment, pour la « qualité de ma lettre », ce monsieur m’a proposé le poste de correspondant local pour la commune de Coulon. Après quelques jours de réflexion, fort de l’accord de la correspondante « sortante » et de la garantie d’être épaulé par la rédaction, j’ai accepté la fonction. Une fonction que j’ai pris trop à cœur. L’absence de contrat d’engagement ou de travail aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Je me mets donc au travail en marge de mon activité professionnelle. Et ça marche bien, trop bien et trop vite. Peu à peu les sollicitations pleuvent, les sujets débordent, la rédaction me suit et m’encourage. A cette époque, l’actualité s’est aussi emballée dans le Marais mouillé, à l’image de la création d’une communauté de trois communes, l’ouverture d’un important Centre socio-culturel, l’installation de plusieurs syndicats intercommunaux à vocation unique, la mise en route d’un vaste plan de travaux, dit Grands Travaux, lancé et inauguré par M. Mitterrand, président de la République Française, une terrible tempête, et autres grosses initiatives que ne pouvait passer sous silence un représentant de la presse locale.

Logiquement, beaucoup de sujets sortaient de l’unique commune de Coulon car communs à plusieurs municipalités ou structures siégeant dans des localités alentours. De plus, l’un après l’autre, mes collègues correspondants se sont progressivement appuyés sur mes connaissances et le suivi des affaires maraîchines. Au point que, d’une suppléance, je suis devenu titulaire pour le CO sur les communes de Coulon, Magné, Bessines, Sansais – La-Garette et ponctuellement Le-Vanneau – Irleau, Arçais, Saint-Georges-de-Rex et Amuré. Des sujets m’appelaient aussi dans la ville de Niort et au niveau départemental.

Les journalistes de la rédaction m’ont alors suivi, conseillé et sollicité pour couvrir divers sujets. Il y avait toutefois quelques accrocs, notamment, quand l’un d’eux venait sur mon « territoire », sans m’en informer, s’occuper d’un sujet sur lequel j’étais déjà présent. Un gâchis de temps et d’énergie.

Dans une rédaction, il y a aussi des secrétaires de rédaction (SR). Là, nos relations se sont petit à petit tendues et sont allées crescendo. Pour mes articles publiés en pages niortaises, départementales et magazines inter-éditions, pas de soucis, je retrouvais l’intégralité des textes que j’avais rédigés. Ici les textes et les crédits photo étaient signés de mon nom. Il faut savoir que l’écriture et la mise en forme de chaque article prend plus d’une heure, voire jusqu’à trois heures pour les plus complexes. Ceci en plus du temps de présence sur le lieu dans lequel se déroulait le sujet traité. Il n’y avait pas d’informatique à cette époque pour les correspondants.

Un correspondant de presse fait aussi des photos qui n’illustreront jamais d’articles.

En pages locales, à ma grande surprise, des titres étaient changés, des paragraphes entiers et/ou des phrases manquaient ou étaient réécrits, rendant des articles incompréhensibles. Je découvrais des mots que je n’employais jamais, un mot pour un autre, des fautes d’orthographe ou grammaticales que j’évitais, quand ce n’était pas un problème de photographies. A la rédaction, ils disaient que ces modifications étaient normales. Des acteurs de l’actualité ont commencé à me faire des reproches, voire à mettre en doute mes compétences. C’est particulièrement désagréable d’être réveillé par la sonnerie du téléphone très tôt le matin par la faute d’une rédaction. Certes, les lecteurs du CO avaient des informations sur leur commune, mais ils ne s’y reconnaissaient plus vraiment. Ils ignorent l’existence des SR. Toutefois, j’ai aussi reçu des aides et de précieuses facilités de la part des Maraîchins. Ainsi, j’ouvrais fréquemment ma boîte à lettres chaque jour en quête des nombreux messages déposés à n’importe quelle heure.

Alors que, au début des années 2000, la rédaction m’a équipé d’un matériel informatique performant (ordinateur, appareil photo et liaison directe avec Niort), ce qui me dispensait d’acheminer papiers et pellicules photo par la route, la pression est montée jusqu’à ce qu’on m’accuse de trop produire. Il est vrai que, lors d’un entretien avec des élèves de Cours élémentaires dans le cadre de la semaine de la presse (des enfants et des jeunes étudient la presse, tous les jours ou presque, dans leurs établissements scolaires), il m’a été posé la question « surprise » : « combien écrivez-vous d’articles par an pour le CO ? » Je ne savais pas. Rentré chez moi, j’ai vérifié et j’ai comptabilisé une moyenne annuelle de 600 textes publiés les trois années précédentes. Sans compter les articles non publiés car il y en a eu.

Pendant mes onze années d’activité pour le CO, je suis devenu intervenant dans l’édition. Journaliste indépendant, j’étais donc correspondant PQR, intervenant pour des hebdomadaires et divers magazines, rédacteur au service d’auteurs de livres ou revues liées au tourisme . . . tout en développant des interventions dans le milieu du spectacle et de la vidéo. Bref, j’étais désormais professionnel.

Un correspondant de presse s’investit dans le jeu médiatique. Photo Antoinette PETIT

Un professionnel doit être exigeant. Ma crédibilité était mise en cause. Un CLP cumule aussi les fonctions de représentant de commerce au profit de la PQR. J’ai créé des partenariats CO avec diverses organisations festives et sportives dont il reste au moins aujourd’hui le Rallye canoë-kayak du Marais au départ de Coulon. J’offrais des bonus en informant vraiment les lecteurs, respectant la déontologie du métier. Je contribuais amplement à garantir le chiffre d’affaires de la rédaction (contre de maigres honoraires basés sur un système à points).

Un correspondant de presse assure aussi …
… une fonction de représentation Photos DR

Enfin, j’ajoute qu’un auteur est propriétaire de ses textes. Ici, on parle de propriétés intellectuelle et littéraire. En fait, selon l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), « le droit d’auteur insiste sur le lien fort qui existe entre l’auteur et son œuvre. Dans la conception du droit d’auteur, il existe un lien inaliénable, imprescriptible et perpétuel entre l’auteur et sa création, dans la mesure où l’œuvre est considérée comme consubstantielle à son auteur. C’est ce que l’on appelle le droit moral de l’auteur sur son œuvre. L’œuvre est donc protégée à partir du jour où elle a été réalisée. Un auteur ne peut pas céder ce droit à un tiers. Il est à ce titre inaliénable. »

Alors, que penser d’une entreprise commerciale qui enrôle des gens sous le statut de correspondants de presse sans aucun contrat de travail écrit et signé par les deux parties. Elle met en avant la loi du 27 janvier 1987, modifiée par la loi du 27 janvier 1993, précisée par les circulaires du 1er décembre 1993 et du 22 février 1994, qui définit le statut de CLP. Le droit du travail est alors bafoué.

Les articles rédigés par les CLP sont des œuvres intellectuelles qui n’appartiennent pas aux entreprises de presse, même si celles-ci les publient. Le droit d’auteur supplantant l’article 10 de la loi n° 87-39 du 27 janvier 1987 portant diverses mesures d’ordre social, les textes et photographies doivent être publiés en intégralité. Sauf consentement de l’auteur. Pour ma part, je n’ai jamais donné mon accord. Mes courriers de protestation adressés au CO en attestent.

En citant le code du travail, la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels [CCIJP] souligne : « Est journaliste professionnel toute personne qui a pour activité principale, régulière et rétribuée, l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques, ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources ». « Et c’est la seule définition qui vaille », assure Maître Delphine Meillet, avocate en droit de la presse, dans L’Express du .  

Gilles PETIT

Collectif Bassines Non Merci : « C’est l’agriculture Shadok » selon José Bové

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Organisée à Epannes (Deux-Sèvres) dimanche 11 octobre 2020 par le collectif Bassines Non Merci (BNM), la manifestation contre les projets de 16 retenues d’eau, destinées à l’irrigation, a rassemblé près de 3 000 personnes menées par des politiques dont José Bové, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Benoit Biteau, Nicolas Thierry, Philippe Poutou, Dominique Mallet . . .

Coordinateur de cette journée, le porte-paroles du collectif BNM, M. Julien Le Guet, s’émeut « Ça fait très chaud au cœur de voir tous ces gens venus de loin pour certains. Quand on a su, il y a deux semaines, que Yannick venait, que Jean-Luc venait, que Philippe venait, on s’est dit wouah ! Ça répond présents. »

Photo Gilles PETIT

Devant un parterre de journalistes TV, radio, papier, régionaux et nationaux, M. Le Guet a expliqué que « BNM est un collectif qui regroupe aussi bien des organisations politiques, des organisations syndicales, également des associations de protection de la nature, de consommateurs, des syndicats agricoles dont la Confédération Paysanne ». Il a poursuivi : « A l’annonce de cette ultime bataille, on a demandé à toutes ces organisations d’aller chercher leurs porte-paroles nationaux pour donner la visibilité maximale à cette journée qu’on espère historique et décisive dans la lutte contre les projets de bassines. Vous avez répondu à l’appel, nous vous remercions très chaleureusement au nom de tout le collectif des habitants du Marais. »

  • Le porte-paroles ajoute : « Pourquoi cette journée doit être décisive ? Parce que ce dossier des bassines dure depuis quinze ans sur le Marais Poitevin. On savait que des bassines arriveraient. Le décollage a eu lieu il y a trois ans avec une enquête publique où déjà, à l’époque, de très nombreux citoyens s’étaient élevés pour dire leur opposition à ce projet là. Et ça fait trois ans que ce collectif résiste et fait repousser les échéances, ce qui fait que les décideurs et les financeurs reculent et, aujourd’hui, malheureusement, on peut constater que le processus s’accélère puisqu’on nous annonce demain [lundi 12 octobre 2020] une réunion de la commission des financements de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne devant fixer la première tranche du financement de ces projets.

Également, dans les mois qui viennent, M. Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine va devoir trancher, s’il finance ce projet immonde ou s’il rétropédale. On parle souvent de cette lutte comme la guerre de l’eau, ce n’est pas la guerre, il n’y a pas de violence jusqu’à maintenant. Par contre, il y a un climat aujourd’hui dans ce territoire. Ce n’est pas la guerre nucléaire mais il y a un bouton. Il y a une personne qui peut appuyer dessus, c’est M. Rousset. M. Rousset envisage de faire distribuer des fonds européens (FEADER : Fonds européens agricoles pour le développement rural) pour financer à hauteur de 15 M€ ces projets de bassines. Ces bassines, c’est 70 % d’argent public, pour ces 16 premières bassines, à savoir 60 M€. On est en train de se rendre compte que le taux de financement public serait plus important car il s’agirait que les 30% restant aux exploitants soient portés par une CUMA (Coopérative d’utilisation de matériels agricoles) qui bénéficierait même de fonds européens. »

« Voilà pourquoi aujourd’hui on doit être très nombreux pour envoyer un message très fort à M. Rousset et à l’Agence de l’eau. Ici sur ce territoire, les citoyens ne veulent pas de bassines. Et si les citoyens se battent, c’est pas seulement pour sauver leurs petits carrés et sauvegarder le Marais Poitevin, c’est un enjeu national, voire européen car, si les bassines passent ici, malheureusement elles passeront ailleurs, » conclut M. Julien Le Guet, assis aux côtés des nombreux partenaires de l’opération.

Depuis le début, BNM dit : « face à ce type de projet, la désobéissance civile se justifie à 100%. On a déjà installé une ZAD [Zone à défendre] quand le projet devait se faire, en octobre dernier à proximité de Mauzé-sur-Le-Mignon. S’il faut refaire une ZAD et en appeler à d’autres modalités d’actions évidemment toujours non violentes et toujours dans le respect humain et d’aménagement du territoire.« 

M. Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie : « Ce combat contre ce projet absurde, c’est d’abord le combat des paysans. Les paysans, comme les pêcheurs, comme les apiculteurs, sont les travailleurs de la nature. Et on ne préservera pas la nature sans les travailleurs de la nature. Cette prédation insupportable autour d’un bien commun, c’est le combat des paysans, c’est le combat des écologistes, c’est le combat des citoyens.

M. Benoit Biteau, agriculteur, député écologiste au Parlement européen : « Nous ne sommes pas contre l’irrigation, nous ne sommes pas contre le stockage de l’eau. On travaille actuellement sur des projets qui ne concernent que 10% des agriculteurs et on engage beaucoup d’argent public. On est pour le partage de l’eau. »

Philippe Poutou, porte paroles du NPA Bordeaux en luttes, militant CGT : « Ce qui est important, c’est la lutte par en bas. Contre des projets nuisibles et destructeurs. Il ne faut pas lâcher car c’est notre vie, c’est notre intérêt. Il faut changer le rapport de force. Des gens qui se moquent du collectif. »

M. Dominique Mallet : « La Confédération paysanne, par les pratiques de ses paysans qui sont en agriculture paysanne, montre que l’on peut vivre différemment, qu’on peut produire différemment, qu’on peut économiser l’eau énormément car il y en a besoin. L’eau devient de plus en plus rare. Expliquons les choses. Changeons le système. »

M. Nicolas Thierry, vice-président du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine, écologiste : « Il n’y a pas que M. Rousset au Conseil régional. Les écologistes ne sont pas contre l’agriculture, nous sommes contre un certain modèle agricole qui, aujourd’hui, est incompatible avec l’avenir et surtout qui a vidé les campagnes du monde paysan. » Il a ajouté : « Filer 15 M€ dans un puits sans fond. »

M. José Bové, ancien syndicaliste paysan et député européen : « C’est le pays de l’absurdie. Pas une haie, des champs de maïs, des champs à perte de vue. Sur quelques endroits, des porcheries industrielles, des méthaniseurs. Puis vous repassez dans un autre champ, et là c’est des cultures dédiées pour mettre dans les méthaniseurs, parce que la merde liquide ne suffit pas pour faire du gaz. On est en train de construire un monde de cinglés. Comme si ça ne suffit pas, quelques privés, quelques agro-industriels pensent que plutôt que de garder l’eau sous terre pour avoir un bien commun qui se régule et sur lequel on puisse prendre une petite partie pour faire une irrigation et que chacun en profite, eh bien non, ils disent : on va sortir l’eau de sous la terre, on va la grimper et on va la stocker dessus. Déjà il faut être cinglé.« 

M. Bové précise : « Parce qu’on a un château d’eau qui s’étale jusqu’à la mer. Au lieu de le laisser dessous, on le pompe pour le mettre en haut. Donc, je dirais que ces agro-industriels me font penser à une vieille série TV les Shadok [Cette série relate les différentes histoires et mésaventures des Shadok, des êtres anthropomorphes à l’apparence d’oiseaux rondouillards possédant de longues pattes et de petites ailes ridicules NDLR]. C’est l’agriculture Shadok. Ça s’est terminé très mal pour les Shadoks, car à force de pomper, repomper, repomper, ils ne pensaient plus qu’à pomper dans tous les sens. Ils ne savaient plus ce qu’ils faisaient. On va pomper pour monter l’eau, puis pomper pour l’amener dans les champs, puis ensuite on pompera ce qu’il y a dans les champs pour les mettre dans les bateaux et on va exporter encore du maïs. Mais pourquoi est-on dans ce modèle, parce que c’est un modèle global. En menant ce combat local, on mène un combat global, il ne faut jamais oublier. C’est un combat essentiel pour l’avenir de l’humanité. Donc, on se retrouve dans un monde qui tourne sur lui-même dans un modèle qui n’a aucun avenir. Comme c’est souvent le cas en agriculture, on mutualise les dettes et on privatise les bénéfices et donc les subventions agricoles. »

M. Jean-luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône, président du groupe La France Insoumise à l’Assemblée Nationale : « Quelque chose est en train de se produire. La meilleure réserve, ce n’est pas la bassine, c’est le sol lui-même. C’est le cycle tout entier de l’eau qu’il faut prendre en compte. Dès lors que c’est un bien commun, personne n’a le droit de se l’approprier sans que la collectivité ait donné son mot. Ça veut dire que dans ce pays la totalité de l’eau doit être collectivisée; sa surveillance et la vigilance à son sujet être remise aux syndicats de communes et aux syndicats de bassins versants qui sont en état de contrôler l’usage qu’on en fait. Que la révolution citoyenne redonne le pouvoir sur les biens communs. »

Les participants à cette manifestation se sont régalés auprès de sept compagnies du spectacle dont l’Homme-debout avec Lili sa géante d’osier, le duo burlesque Dago Dagault et Dick Johnson, le Compagnie Opus, la chorale « Les Voleurs d’eau », le Cri du Chapeau, ainsi que la Fanfare sociale de La-Rochelle. « La culture dans la lutte ! » prévient M. Julien Le Guet.

Gilles PETIT

Photo Gilles PETIT
Lili a montré la voie Photo Gilles PETIT
Lili a montré la voie Photo Gilles PETIT

*MARAIS POITEVIN : le « nouveau » policier municipal de Coulon (79) est déjà reparti.

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Arrivé à Coulon (Deux-Sèvres) le 1er mars 2018, le policier municipal « nouveau » est reparti le 1er septembre 2020. Les élus locaux attendent un troisième.

A Coulon, les policiers se suivent mais ne se ressemblent pas. En mars 2018, nous écrivions : « Après une période d’adaptation, M. Fauchez risque de s’ennuyer à Coulon. ». Il ne sera resté que vingt-neuf mois durant lesquels la population n’a toujours pas compris l’intérêt d’un tel poste dans leur petite commune.

Pour rappel, à l’issue d’une laborieuse première expérience de Police municipale, le premier agent en poste à Coulon avait démissionné en juin 2017.

 A l’issue de la réunion du Conseil municipal du 9 juillet 2020, pour la première fois dans l’histoire de la localité, des Coulonnais ont participé au «quart d’heure citoyen» sous forme de questions – réponses. A cette occasion, M. Patrice Huleux a posé aux élus LA question qui brûlait les lèvres de presque tous les autochtones : « avoir des précisions sur la fonction du policier municipal, sa rémunération, ses horaires, son emploi du temps, ses attributions, le coût de fonctionnement du service et l’utilité de ce poste sur la commune. »

Quid des compétences d’un policier municipal ?

L’adjoint au maire, délégué à la sécurité, M. Fabrice Berjonneau, a répondu : « la réglementation interdit de divulguer les données à caractère privé concernant les agents de la collectivité, dont leur rémunération. » Nous n’avons pas connaissance d’une telle réglementation, si ce n’est l’usage. En revanche, il n’y a pas de confidentialité dans les finances publiques, car tout est. . . public. Il devait donc donner le montant de la ligne du budget consacré au poste de police municipale. Désormais, avec ce second départ, le Conseil devra clairement rendre des comptes aux habitants lors de la prochaine session budgétaire.

Dans notre article publié en 2018, nous signalions : Selon la Gazette, le journal des communes, départements et régions de France, la rémunération des agents de Police municipale a été revalorisée au 1er janvier 2017 (décret n°2017-398 du 24 mars 2017). Ainsi, le « traitement indiciaire brut mensuel (montants indicatifs) des grades brigadiers chef principal et chef de service de Police municipale est porté, au 1er février 2017, de 1 537 euros environ en début de carrière à 2 310 euros environ en fin de carrière (échelon spécial, chef de service). » De plus, de nouvelles « bonifications indiciaires » peuvent être perçues, ainsi qu’une participation récente au « régime indemnitaire ».

Pour qu’il assure ses fonctions, il a fallu acheter (1 000 €, plus de 180 000 km) et équiper une voiture diesel du matériel réglementaire, à savoir, une rampe lumineuse, des avertisseurs sonores et la sérigraphie « Police municipale ». Le coût de cet équipement était de 4 710 euros. Il convenait d’ajouter la main d’œuvre pour l’installation et la participation à l’armement du policier, à hauteur de 2 500 euros, afin que ce dernier conserve son habilitation de port d’arme, durant son passage à Coulon. Enfin, qui dit arme dit protection, pour 300 euros, les Coulonnais ont aidé à l’achat d’un gilet pare-balles (valeur 550 euros).

L’adjoint au maire a dressé une longue et insipide liste de tâches revenant au policier en poste : « En ce qui concerne ses horaires de travail et son emploi du temps, il occupe un poste à temps complet avec des horaires de travail différenciés hiver/été. La communication de son emploi du temps précis et de ses horaires de travail n’est pas souhaitable pour maintenir «un effet de surprise» quant à sa présence sur la commune. Ses attributions sont très larges. Elles comprennent des missions judiciaires et sécuritaires dont le maintien de l’ordre, la surveillance du territoire, la circulation et le stationnement, l’application des arrêtés du maire, la surveillance des manifestations, la police de l’urbanisme (contrôle des déclarations, autorisations, travaux, affichages . . .), la police de l’environnement (règlements relatifs au classement «site classé du Marais Poitevin», Natura 2000, Parc Naturel Régional), les chiens dangereux, les enquêtes de proximité . . . Il intervient également pour les opérations funéraires, il gère et surveille les occupations du domaine public y compris les autorisations fluviales, il intervient pour la surveillance et la gestion de l’aire de camping-cars. Il est responsable administrativement du Plan Communal de Sauvegarde, des dossiers accessibilité et de la sécurité des établissements recevant du public . . . Enfin, quant à son utilité, non seulement ce poste est indispensable dans une commune telle que Coulon mais l’extension du service serait souhaitable peut-être en partenariat avec les communes voisines. »

Ce monsieur devait être très occupé alors que les Coulonnais le croisaient peu sur le terrain, semble-t-il.

En bref, des tâches que les élus municipaux, les employés communaux et/ou les militaires de la Gendarmerie sont censés effectuer. Ce qui fonctionne dans la plupart des communes du même calibre.

Serait-ce là le premier « accroc » du tout nouveau Conseil municipal de Coulon ? Seul un référendum local pourrait confirmer ou infirmer ce sentiment d’inutilité d’un tel poste. On notera que la suppression de ce poste permettrait, financièrement, d’embaucher deux personnes aux services techniques. Des « emplois productifs » dit-on !

Recrutement d’un troisième policier !

Toujours est-il que lors de sa réunion du 17 septembre dernier, les participants ont choisi de lancer une procédure de recrutement, libellée en ces termes : « Le Conseil municipal jugeant ce poste indispensable pour la commune autorise donc madame le maire à engager ces procédures de recrutement. Madame le maire rappelle que le policier municipal qui était en poste depuis le 1er mars 2018 a quitté la commune et a été nommé par mutation le 1er septembre 2020 dans une commune de Charente-Maritime. Il s’agit donc maintenant de lancer une procédure pour le recrutement d’un nouvel agent. S’il doit prendre ses fonctions au printemps, il faut d’ores et déjà procéder aux formalités de publicité de vacance de poste pour ensuite organiser des entretiens suite à la réception des candidatures, sachant que le candidat retenu aura un préavis de trois mois auprès de sa collectivité de départ. Le service «recrutement» du Centre Départemental de Gestion des Deux-Sèvres sera sollicité pour accompagner la collectivité dans toutes ces démarches. »

Attendre et voir !

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : le « nouveau » policier municipal de Coulon (79) est déjà reparti.

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Arrivé à Coulon (Deux-Sèvres) le 1er mars 2018, le policier municipal « nouveau » est reparti le 1er septembre 2020. Les élus locaux attendent un troisième.

A Coulon, les policiers se suivent mais ne se ressemblent pas. En mars 2018, nous écrivions : « Après une période d’adaptation, M. Fauchez risque de s’ennuyer à Coulon. ». Il ne sera resté que vingt-neuf mois durant lesquels la population n’a toujours pas compris l’intérêt d’un tel poste dans leur petite commune.

Pour rappel, à l’issue d’une laborieuse première expérience de Police municipale, le premier agent en poste à Coulon avait démissionné en juin 2017.

 A l’issue de la réunion du Conseil municipal du 9 juillet 2020, pour la première fois dans l’histoire de la localité, des Coulonnais ont participé au «quart d’heure citoyen» sous forme de questions – réponses. A cette occasion, M. Patrice Huleux a posé aux élus LA question qui brûlait les lèvres de presque tous les autochtones : « avoir des précisions sur la fonction du policier municipal, sa rémunération, ses horaires, son emploi du temps, ses attributions, le coût de fonctionnement du service et l’utilité de ce poste sur la commune. »

Quid des compétences d’un policier municipal ?

L’adjoint au maire, délégué à la sécurité, M. Fabrice Berjonneau, a répondu : « la réglementation interdit de divulguer les données à caractère privé concernant les agents de la collectivité, dont leur rémunération. » Nous n’avons pas connaissance d’une telle réglementation, si ce n’est l’usage. En revanche, il n’y a pas de confidentialité dans les finances publiques, car tout est. . . public. Il devait donc donner le montant de la ligne du budget consacré au poste de police municipale. Désormais, avec ce second départ, le Conseil devra clairement rendre des comptes aux habitants lors de la prochaine session budgétaire.

Dans notre article publié en 2018, nous signalions : Selon la Gazette, le journal des communes, départements et régions de France, la rémunération des agents de Police municipale a été revalorisée au 1er janvier 2017 (décret n°2017-398 du 24 mars 2017). Ainsi, le « traitement indiciaire brut mensuel (montants indicatifs) des grades brigadiers chef principal et chef de service de Police municipale est porté, au 1er février 2017, de 1 537 euros environ en début de carrière à 2 310 euros environ en fin de carrière (échelon spécial, chef de service). » De plus, de nouvelles « bonifications indiciaires » peuvent être perçues, ainsi qu’une participation récente au « régime indemnitaire ».

Pour qu’il assure ses fonctions, il a fallu acheter (1 000 €, plus de 180 000 km) et équiper une voiture diesel du matériel réglementaire, à savoir, une rampe lumineuse, des avertisseurs sonores et la sérigraphie « Police municipale ». Le coût de cet équipement était de 4 710 euros. Il convenait d’ajouter la main d’œuvre pour l’installation et la participation à l’armement du policier, à hauteur de 2 500 euros, afin que ce dernier conserve son habilitation de port d’arme, durant son passage à Coulon. Enfin, qui dit arme dit protection, pour 300 euros, les Coulonnais ont aidé à l’achat d’un gilet pare-balles (valeur 550 euros).

L’adjoint au maire a dressé une longue et insipide liste de tâches revenant au policier en poste : « En ce qui concerne ses horaires de travail et son emploi du temps, il occupe un poste à temps complet avec des horaires de travail différenciés hiver/été. La communication de son emploi du temps précis et de ses horaires de travail n’est pas souhaitable pour maintenir «un effet de surprise» quant à sa présence sur la commune. Ses attributions sont très larges. Elles comprennent des missions judiciaires et sécuritaires dont le maintien de l’ordre, la surveillance du territoire, la circulation et le stationnement, l’application des arrêtés du maire, la surveillance des manifestations, la police de l’urbanisme (contrôle des déclarations, autorisations, travaux, affichages . . .), la police de l’environnement (règlements relatifs au classement «site classé du Marais Poitevin», Natura 2000, Parc Naturel Régional), les chiens dangereux, les enquêtes de proximité . . . Il intervient également pour les opérations funéraires, il gère et surveille les occupations du domaine public y compris les autorisations fluviales, il intervient pour la surveillance et la gestion de l’aire de camping-cars. Il est responsable administrativement du Plan Communal de Sauvegarde, des dossiers accessibilité et de la sécurité des établissements recevant du public . . . Enfin, quant à son utilité, non seulement ce poste est indispensable dans une commune telle que Coulon mais l’extension du service serait souhaitable peut-être en partenariat avec les communes voisines. »

Ce monsieur devait être très occupé alors que les Coulonnais le croisaient peu sur le terrain, semble-t-il.

En bref, des tâches que les élus municipaux, les employés communaux et/ou les militaires de la Gendarmerie sont censés effectuer. Ce qui fonctionne dans la plupart des communes du même calibre.

Serait-ce là le premier « accroc » du tout nouveau Conseil municipal de Coulon ? Seul un référendum local pourrait confirmer ou infirmer ce sentiment d’inutilité d’un tel poste. On notera que la suppression de ce poste permettrait, financièrement, d’embaucher deux personnes aux services techniques. Des « emplois productifs » dit-on !

Recrutement d’un troisième policier !

Toujours est-il que lors de sa réunion du 17 septembre dernier, les participants ont choisi de lancer une procédure de recrutement, libellée en ces termes : « Le Conseil municipal jugeant ce poste indispensable pour la commune autorise donc madame le maire à engager ces procédures de recrutement. Madame le maire rappelle que le policier municipal qui était en poste depuis le 1er mars 2018 a quitté la commune et a été nommé par mutation le 1er septembre 2020 dans une commune de Charente-Maritime. Il s’agit donc maintenant de lancer une procédure pour le recrutement d’un nouvel agent. S’il doit prendre ses fonctions au printemps, il faut d’ores et déjà procéder aux formalités de publicité de vacance de poste pour ensuite organiser des entretiens suite à la réception des candidatures, sachant que le candidat retenu aura un préavis de trois mois auprès de sa collectivité de départ. Le service «recrutement» du Centre Départemental de Gestion des Deux-Sèvres sera sollicité pour accompagner la collectivité dans toutes ces démarches. »

Attendre et voir !

Gilles PETIT

COULON (Deux-Sèvres) : une « Petite promenade historique » à la Prévert

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Sous la houlette de la commission patrimoine locale, les journées européennes du patrimoine ont été ponctuées par l’opération « Les Pierres nous racontent », une petite promenade historique dans le village de Coulon (79), contée par deux comédiens.

Les comédiens Pierre-Jean Calmel (à gauche) et Céline Bernard ont conté le patrimoine de Coulon (79) Photo Gilles PETIT

Les arbres comme les pierres nous racontent Photo Gilles PETIT

D’entrée, sur le parvis du Centre Social et Culturel du Marais (CSCM), Pierrette et Pierre, alias respectivement Céline Bernard et Pierre-Jean Calmel, annoncent « nous allons ouvrir un livre d’images et pouvoir découvrir ce merveilleux patrimoine », sis au bourg de Coulon. En trois promenades, une centaine de personnes ont suivi les comédiens, membres des compagnies « La Part Belle » et Théâtre Roger-Blin, au fil des ruelles, des rues, des places et des monuments de cette localité maraîchine.

Avant de se lancer dans l’aventure, les participants étaient d’abord invités à suivre la riche exposition présentée dans les locaux du CSCM, place de la Coutume. Le but, plonger les visiteurs au cœur des siècles passés de Coulon et du Golfe des Pictons, à l’aide de plans, de photographies, de témoignages, de documents édités en recueils, . . ., fruits des recherches effectuées par le collectif local « Histoire et patrimoine ».

Durant une heure et demie chaque séance, Pierrette et Pierre ont dressé un véritable inventaire à la Prévert, suivant la mise en scène de Mme Cosette Pignoux, du Théâtre Roger-Blin de Coulon, qui a également élaboré les dialogues.

Les pierres nous racontent Alphonse Clochard « l’Amiral d’eau douce » devant sa maison Photo Gilles PETIT

Dans un désordre organisé, les personnages ont tracé : l’origine de la Coutume, « la TVA d’aujourd’hui » ; l’ancienne prison ; les 80 boulins du bâtiment qui abrite la Maison du Marais Poitevin ; le reprofilage en 1908 de la Sèvre Niortaise traversant Coulon ; la reconstruction, vers 1960, en béton de la fameuse passerelle qui était précédemment (1879) en bois, construite à la suite de la noyade d’un enfant ; le recueil du préfet Dupin critiquant « l’habitant du Marais et sa manière de vivre » ; l’artiste peintre et personnage entreprenant, Hélène Colin-Lefrancq qui a réalisé de nombreuses toiles sur le Marais dont Coulon dans les années 1920 ; « le prêchoir qui n’est pas un prêchoir » à l’église de la sainte-Trinité, sur lequel Pierre a prêché l’histoire du monument ; la première excursion dans la « Hollande en miniature entre Coulon et La Garette » le 15 août 1907, ainsi que des poèmes du journaliste, écrivain et critique d’art Henri Clouzot (1865-1941) ; l’évocation (selon un texte rédigé par M. Jean-Louis Gibaud qui a fait des recherches historiques) des premières promenades touristiques en 1913 encouragées par le Syndicat d’Initiative Poitou-Saintonge-Aunis-Vendée, devant la maison d’Alphonse Clochard surnommé en 1922 « l’amiral d’eau douce » ; la forteresse de la place de la Pêchoire élevée contre les vikings ; la réfection des bords de Sèvre Niortaise dans les années 1990 ; l’édification en 1962, du « grand pont » de la route départementale Magné-Benet, un pont innovant sans pilier racheté par Hippolyte Main ; l’œuvre de Louis Perceau, bibliographe de littérature érotique, amateur et théoricien de contrepèteries, auteur des Contes de la Pigouille, résistant, humaniste militant, défenseur de la laïcité et de la liberté ; cet homme politique et poète-conteur à forte personnalité a donné son nom à la bibliothèque de Coulon ; la « légende du bras rouge » qui tire les enfants qui se penchent trop au-dessus de l’eau ; la chasse au bitard, un « attrape couillons » ; l’utilisation du four banal de la rue du Four ; le vendeur de frites Fred Gouin, ce « chanteur à voix d’or » retiré à Coulon en 1952, célèbre pour sa reprise du « Temps des cerises » et « La chanson des blés d’or » (interprétée par Fred Gouin à écouter au lien suivant : https://youtu.be/f2XmkAst62Y).

Pierrette et Pierre étaient accompagnés d’acteurs amateurs du Théâtre Roger-Blin qui ont interprété quelques textes lus par les comédiens. Photo Gilles PETIT

Mais aussi, les terribles « pots de chambre » des garçons ; la première école de Coulon située au cœur du bourg jusqu’en 1935 ; l’arbre de la Liberté (re)planté par Louis Tardy en 1948 à l’occasion du centenaire de la Révolution devant lequel l’assistance a entonné « Le chant des ouvriers », qui devint l’hymne de la Révolution de 1848, écrit, en 1846, par Pierre Dupont ( un rappel au lien suivant : https://youtu.be/B5A9Ic6r6t8) ; etc.

Gilles PETIT

L’autrice locale Madeleine Michel (à gauche) en compagnie de Yves et Véronique Chériaux (photographes) à l’occasion de la parution du livre commun « Venise Verte, lettres d’Amour » le 14 octobre 1995 à Magné (79 )  Photo Gilles PETIT

Texte de Madeleine Michel grande poétesse de Coulon et du Marais.

Installés chacun à une fenêtre en vis à vis dans la cour d’une ancienne ferme, les comédiens ont lu un texte de Madeleine Michel « Village ». Photo Gilles PETIT

Village, je te porte en mon sein ; Village je te porte en mon sein comme un enfant, tu es le fruit de mes attentes, j’accouche de toi, je te reconnais pour mien, tu ressembles à ceux qui t’engendrèrent ; Tu es le fils du cloutier, du sabotier, du tissier, du maréchal-ferrant, du charron, du passeur, du bourrelier, de l’horloger, du tailleur d’habits ; Je les ai tant couchés dans le creux de mes songes que je suis devenue l’épouse de chacun, chacun bien appliqué à sa tâche, de cloutier, de sabotier, de tissier, de maréchal-ferrant, de charron, de passeur, de bourrelier, d’horloger, de tailleur d’habits, de sonneur de cloches, de maraîchin pêcheur ; Village, bercé par le vent des quatre saisons, des quatre horizons ; Village, nom commun, masculin, singulier, nom de chose ; Village, nom propre ou honnête, d’honnêtes demeures, de linge sentant l’iris et le lessi, saines moissons, de cheptels mort et vif, d’actes notariés, de donation au dernier vivant, de testaments olographes, de ventes à la bougie, de déballages forains, de panerées de légumes, de fromages sur feuille, de caillebotte égouttant dans des pots de grès, de sauce à la pire, de civet, de poires cuites dans le vin rouge ; Village détrempé, marais, terrées, chemins cahoteux ; Village fanfare, Sambre et Meuse ; Village tambour de garde-champêtre, père Girard quasi-centenaire ; Village facteur Cheval, facteur rural ; Village retraite aux flambeaux ; Village dont le couchant rouge annonçait la guerre ; Village portant nouvelles de ruelles en rues, jusqu’en perdre plaine, carrioles, tombereaux, frein à manivelle tournée dans les descentes, fagotées, charretées, batelées, traînes remontant vers les scieries ; Village né de tous ces hommes occupés à te faire et ne le sachant pas, je te rafistole, te remembre, te recompose, mais, serai-je assez forte et de bonne endurance, pour te rendre vivant à ceux qui veulent savoir jusqu’aux noms de tes rues, jusqu’à tes coutumes, proverbes, dictons, réjouissances ; On bâtit maisons neuves à travers toi, on taille, ajuste, corrige des murs anciens ; On peint de toutes couleurs les nouveaux logis pour de nouveaux occupants ; Qui donc peut m’écouter, s’intéresser à toi, tel que tu fus à l’époque où je te croyais durable, immuable, gardien de toutes les traditions. Ne sachant pas, village talisman que te perdre, talisman, serait pour moi le don de la mauvaise fée, serait ma propre défaite.

MARAIS POITEVIN : l’itinérance douce sur la Sèvre Niortaise vue par le PNR

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« Comment renforcer l’attractivité du Marais Poitevin? » martelait, dès 2010, l’Agence de Développement Touristique (ADT79) des Deux-Sèvres. « En relançant l’activité touristique sur la Sèvre Niortaise et ses bords par l’itinérance douce », répond aujourd’hui le pilote du projet M. Fabrice Laumond, directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR). Il s’agit d’ouvrir la Sèvre Niortaise aux bateaux habitables de façon à proposer un produit nouveau : le tourisme fluvial et fluvestre.

Sur la Sèvre Niortaise, les deux bateaux de tourisme fluvial et fluvestre commandés ne côtoieront guère ces pêcheurs avant deux ans. Photo Gilles PETIT

109, 15, 1 300, 14, 9, 5, 11, 2022, ce ne sont pas des numéros de loterie, mais les chiffres-clés du « vrai potentiel de développement du tourisme fluvial et fluvestre » de la Sèvre Niortaise et de ses canaux, selon une étude commandée en 2010 par l’ADT79. 109 km seraient empruntés par 15 bateaux habitables, visant 1 300 navigants. La Sèvre Niortaise compte 14 écluses, dont 11 en fonction (les autres sont implantées sur des tronçons aujourd’hui non-navigables). 9 sont inscrites au programme de restauration dans le cadre du projet de tourisme sur le fleuve. Un projet chiffré à 5 M€ (plus exactement 4,9 M€) pour des retombées économiques totales locales (liées à l’exploitation et aux dépenses des visiteurs à terre) estimées à plus de 11 M€, à l’horizon 2022.

Réuni lundi 4 juillet 2016, un comité de pilotage a entériné le plan de financement et l’engagement de l’ensemble des collectivités et de l’État dans ce « projet structurant pour le territoire ». Siègent au comité, l’État, les Régions Nouvelle-Aquitaine et Pays-de-la Loire, les Départements des Deux-Sèvres, Vendée, Charente-Maritime, l’Agglo du Niortais, des communautés de communes (Vendée-Sèvre-Autize, Aunis-Atlantique, Isles-du-Marais Poitevin, Pays de Fontenay-le-Comte), les Villes de Niort, Marans et Fontenay-Le-Comte.

Qu’elles soient transporteur de croisière ou pénichette habitable, ces embarcations sont quasi absentes en amont de l’écluse des Bourdettes près de Damvix (85). Photo Gilles PETIT

Trois objectifs

Récemment, devant les élus des communes de Damvix (85) et Coulon (79), M. Laumond a dressé trois objectifs : « Dans un premier temps, il s’agit de diversifier l’offre touristique. C’est vrai que le Marais Poitevin est surtout connu pour sa promenade en barque, l’activité phare. Depuis quelques années, il y a une autre activité en pleine croissance, la promenade à vélo. Un autre produit touristique viendrait renforcer l’attractivité du site, » à savoir naviguer sur la Sèvre Niortaise dans des bateaux habitables. Selon le pilote, « le second objectif est de faire vivre la Sèvre Niortaise. On a pu se rendre compte que le fleuve n’est pas très valorisé sur le plan touristique mais que la navigation permettait de ramener un peu de vie aux activités sur l’axe structurant du Marais. » Le troisième point vise à développer l’itinérance douce compatible avec la préservation du territoire. M. Laumond détaille ce terme : « Itinérance : naviguer entre Niort et Marans ; douce : dans une circulation lente. Les bateaux avancent entre six et huit kilomètres/heure, moins rapides qu’un vélo, parce que la propulsion est électrique, respectueuse de l’environnement. »

« Enfin, c’est faire venir une nouvelle clientèle ». Les habitués relouent régulièrement un bateau habitable et changent de destination (à l’exemple du Canal du Midi, du Canal du Rhin, en France ou à l’étranger). « Le Marais est surtout en dessous de 8 à 10 % de la fréquentation moyenne d’étrangers. On a donc un déficit de fréquentation étrangère dans le Marais, » assure le directeur.

Pour développer le tourisme fluvial dans le Marais Poitevin, l’étude de faisabilité a flashé sur la mise à niveau des infrastructures. « Certes, la Sèvre Niortaise est encore classée dans les voies navigables françaises, mais les écluses en particulier n’étaient pas forcément en bon état », reconnait M. Fabrice Laumond. « Ce travail de normalisation est entrepris par l’IIBSN [Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise NDLR], propriétaire et gestionnaire du domaine public fluvial. »

Actuellement, l’IIBSN travaille au réaménagement de la Cale-du-Port à Niort, le site de départ et d’attache de la flotte des bateaux habitables du Marais Poitevin. Des travaux sont également en cours sur l’écluse de Comporté.

Un tourisme fluvestre

En second point, l’étude a relevé que « la Sèvre est très très peu équipée en haltes-escales ». Une halte-escale est un point auquel un bateau peut accoster et débarquer ses passagers en toute sécurité. « Pourquoi descendre à terre ? » interroge le pilote, « parce que le principal intérêt de la navigation en usage dans un territoire, c’est la complémentarité des activités annexes. La rentabilité ne va pas forcément au loueur de bateaux. » Sur un bateau, les clients ne consomment pas. Il faut qu’ils pratiquent des activités, qu’ils aillent dans des endroits clairement identifiés et aménagés. Ces actions sont appelées le tourisme fluvestre. M. Laumond précise « Le tourisme fluvestre est la complémentarité entre la navigation, activité majeure, et des activités limites comme la visite de la Maison du Marais Poitevin, les restaurants, les balades à vélo, en barque, toutes offres touristiques. »

Autre point de départ des pénichettes, le port maritime et fluvial de Marans (17) n’est pas encore équipé sauf techniquement en matière d’entretien et réparation car c’est avant tout un port de plaisance. Photo Gilles PETIT

Le fleuve et deux tronçons

Le directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin est ensuite rentré dans les détails. Le projet initial concerne le bassin de la Sèvre Niortaise entre Niort et Marans, ainsi que deux autres tronçons, de Marans à La Rochelle et de Marans à Fontenay-le-Comte. « Le premier tronçon est intéressant en terme d’attractivité, d’image, le littoral, le patrimoine de La Rochelle, une notoriété qui rayonne au niveau national. » Ce canal n’a jamais été navigué car il était fait pour le transport de marchandises. Un transport rapidement supplanté par le chemin de fer, plus rapide. De plus, il a quelques écluses très étroites non adaptées à la navigation d’aujourd’hui. « Il faudrait installer des passes à bateau à chaque écluse. Une opération chiffrée entre 4 à 5 millions d’euros. »

Le deuxième tronçon concerne essentiellement la rivière Vendée. « Ici, c’est pire », déplore le pilote. « Elle n’a jamais été prévue pour être naviguée ; elle a des barrages non équipés d’écluses ; on est sur les mêmes coûts d’investissement [4 à 5 M€]. L’intérêt financier n’est pas forcément pertinent. » On notera que ces deux tronçons disposent de pistes cyclables longeant les canaux.

Des haltes-escales

Des points d’accostage, appelés haltes-escales, sont prévus sur la Sèvre Niortaise à La-Roussille, Magné, Coulon, La-Sotterie, Le-Mazeau, Damvix, Maillé, Bazoin, les Combrands de Taugon et Marans ; sur le Bief de La-Garenne au port d’Arçais. A partir des écluses de Bazoin, deux canaux sont navigables : le Canal de la Vieille Autize qui remonte vers les haltes de Saint-Sigismond et Courdault. Une ramification est prévue jusqu’à Maillezais par le Canal de la Jeune Autize ; A l’opposé, le Canal du Mignon qui descend jusqu’à Mauzé-sur-Le-Mignon via une halte à La-Grève-sur-Le-Mignon. Une borne de service est prévue sur chaque halte-escale munie de prises électriques 360 volts.

En 2017, l’IIBSN a réalisé des travaux de mise en valeur et de modernisation de cette écluse de La Roussille, près de Niort. Coût : 704 800 € TTC avec un financement d’Etat de 376 100€ et un financement IIBSN de 328 700€ (3 départements). Photo Gilles PETIT

La première phase d’investissement (4.9 M€ écluses, signalétique, haltes, ports de Marans et Niort) se concentre sur la partie déjà navigable entre Niort et Marans. La rentabilité est calculée sur 15 à 20 bateaux. La location qui sera basée sur la durée, devrait coûter aux clients entre 1 800 et 2 500 € par bateau la semaine, suivant la période. « C’est relativement onéreux, » reconnaît M. Laumond. « Mais il n’y a pas d’hébergement à supporter en plus. Par rapport aux produits sur le littoral, on n’est pas si mal placé. Un bateau jusqu’à six personnes, une clientèle qui n’existe pas sur le Marais. »

Et le bateau.

Située dans le Bief de La Sotterie, la passerelle de Coulon (79) affiche un tirant d’air de 2,43 m, basé sur un niveau d’eau l’été de 3,20 m. Ayant la cote la plus basse du cours de la Sèvre Niortaise, ce pont est à peine franchissable par les bateaux habitables préconisés par la collectivité. Photo Gilles PETIT

Pour remplacer la hideuse passerelle de Coulon, on pourrait imaginer la construction d’un pont-levis comme ici à Magné. Photo Gilles PETIT

« Nous sommes partis vers un gabarit plutôt petit par rapport à ce qui se fait ailleurs. C’est un problème de tirant d’air essentiellement », explique le pilote. Le tirant d’air est la limite entre la hauteur du bateau et le niveau de l’eau, important pour le passage des ponts. « Les plus bas sont à 2,40 m au niveau normal de saison, alors que les bateaux des opérateurs connus sont au minimum à 2,60 m. Ce qui obligerait ces opérateurs à faire des bateaux adaptés. Beaucoup de contraintes car ils ne pouvaient pas venir avec leurs bateaux existants. Les élus ont décidé que ce serait la collectivité qui ferait les premiers investissements sur les bateaux car il faut une embarcation spécifique. »

L’exemple d’un type de bateau habitable pouvant naviguer sur la Sèvre Niortaise. Document PNR

Les caractéristiques techniques du bateau : une motorisation électrique (la tendance du marché, pas de bruit, pas de gaz polluant); des cotes, déterminées par le gabarit de la rivière dont les écluses, 4,15 m de large pour 13 m de long, 2,15 m à 2,40 m de tirant d’air; un tirant d’eau limité à 0,90 m, une capacité d’accueil de 4 à 6 personnes; deux cabines équipées d’un lit double et deux lits simples, et un salon convertible, qui permet d’accueillir deux couples, deux enfants ou deux familles. Un espace extérieur avec banquettes sur terrasse, un pont supérieur accessible avec un système d’accrochage des vélos. Il serait possible d’embarquer des personnes handicapées mais le bateau ne sera pas adapté aux normes handicapées car « c’est compliqué sur un bateau », dit-on. Ils auraient une autonomie d’environ 90 km et 120 km à 6 km/h, selon le passage des écluses, grandes énergivores. Ils seraient munis de réservoirs de 1000 litres chacun en eau propre et eaux usées. L’emprise au ponton des haltes-escales serait d’environ sept mètres, couple ponton-bateau. Ces bateaux seraient géolocalisés pour aider à une bonne gestion de la circulation.

Sans être situé sur la Sèvre Niortaise, le port d’Arçais bénéficiera d’une halte-escale. Photo Gilles PETIT

Seulement deux bateaux sont actuellement prévus alors que l’ensemble des pontons pourrait accueillir simultanément vingt embarcations. En effet, neuf entreprises avaient proposé des bateaux, mais ces loueurs disposent actuellement de bateaux non habitables. Ces pénichettes ne remonteraient pas au-delà de La Sotterie. Le comité de pilotage a donc décidé de faire construire les bateaux nécessaires, mais les finances ne supporteront l’achat que de deux embarcations. Enfin, les communes n’auront rien à débourser. Toutefois, la commission d’appels d’offres a retenu deux modèles avec un look assez moderne. Pour l’heure, ce ne sont que des esquisses.

Le calendrier des prochaines échéances est, lui aussi, esquissé. D’abord demander des subventions pour la construction des deux bateaux ; neuf mois d’instruction avec l’enquête publique ; le démarrage des travaux à l’automne 2021 pour une mise en service en 2022. Une entreprise du Morbihan se donne un an pour réaliser les bateaux. Les offres de construction d’un bateau spécifique affichent une large fourchette de prix entre 180.000 € et 700.000 €. Les élus ont limité l’achat à 300.000 € le bateau.

Gilles PETIT