Marais Mouillés
Le feu « récompense », nouveau modérateur de vitesse ?!
Avant d’être appelé « récompense », le feu éponyme était présumé « sanction ». Histoire d’un nouveau « modérateur de vitesse », un dispositif qui prolifère sur les trottoirs de nos agglomérations. Une avancée en matière de sécurité routière ???
Nous connaissions les « gendarmes couchés », les écluses, les plateaux ralentisseurs, les coussins berlinois, les chicanes, …, nous vous présentons aujourd’hui une nouveauté en matière de « modérateur de vitesse » : le feu tricolore ou feu incitatif communément appelé « feu récompense » (ref R22v).
Photo Gilles PETIT

Selon la définition du fabricant Elan Cité : « En sécurité routière, le feu récompense est un dispositif de modération de la vitesse qui “récompense” les conducteurs de véhicules respectueux de la réglementation locale en leur offrant le vert et pénalise les excès par un rouge temporaire. À mi-chemin entre l’information (radar pédagogique) et la régulation (feu tricolore), il aide les mairies et les collectivités à apaiser la circulation sans multiplier les verbalisations, tout en améliorant la sécurité. »
Son fonctionnement
Lorsqu’il est utilisé pour réguler la vitesse des véhicules en approche, le signal est obligatoirement implanté en agglomération et en section courante, en dehors des passages pour piétons, des intersections et à l’écart du panneau d’entrée d’agglomération. Un feu « récompense » maintient le rouge par défaut. Lorsqu’un véhicule roule à la bonne vitesse ou en dessous de la limite, le feu passe au vert (récompense). En cas d’excès, il reste rouge, sanctionnant le conducteur (sanction). « Un message clair et non punitif », dit-on. La durée minimale du vert est de six secondes ; la durée du jaune fixe est de 3 secondes. Il n’y a pas de rouge de « dégagement ». En théorie, ce fonctionnement permet aux usagers respectueux de la vitesse d’avoir le feu au vert tandis que ceux qui roulent trop vite sont contraints de ralentir, voire de s’arrêter. Des automobilistes peuvent confondre ce feu avec celui placé au passage-piéton qui, lui, reste au vert et passe au rouge, sur demande, pour sécuriser la traversée de voie.

Techniquement, le dispositif doit être placé toujours en agglomération sur une ligne droite pour une limitation de vitesse jusqu’à 50 km/h, en zones 30 et sur des axes résidentiels sensibles au bruit. L’installateur doit prévoir une distance de détection suffisante afin d’anticiper d’éventuels freinages tardifs. De plus, un complément signalétique doit permettre une meilleure compréhension du dispositif par les usagers et accroître son efficacité par la pose d’un panneau (réf A17) annonçant le feu et d’un panneau (réf M12f) permettant de ne pas bloquer les cyclistes. En sus, il est recommandé d’organiser une campagne locale “Je respecte, j’avance” pour renforcer l’adhésion des autochtones.
L’arrêté du 9 avril 2021 a ajouté trois alinéas à l’Instruction du 22 octobre 1963 relatif à la modification de la signalisation routière, en particulier l’article 7, « Feux de circulation permanents : régulation de vitesse ». Avant l’arrêté du 9 avril 2021, publié au Journal Officiel du 16 avril 2021, les feux dits « sanction » restaient au vert en régime normal. Le système de détection était identique : si un véhicule circulait au-delà d’un seuil de vitesse programmé, le feu passait au rouge. L’usage de ces feux est désormais interdit pour des raisons de sécurité. En effet, ils incitaient à accélérer car les signaux devaient passer au jaune avant de virer au rouge, laissant largement le temps aux véhicules fautifs de passer. Ils étaient aussi source d’accidents dus aux freinages tardifs.
Nos observations
Nous avons observé le fonctionnement de quatre feux « récompense » (deux en zone 30 et deux en limitation 50 km/h) récemment installés dans les communes de Magné et de Coulon, dans les Deux-Sèvres. Dans l’ensemble, les feux rouge sont respectés. Nous avons remarqué que le passage des feux au vert se fait tardivement obligeant les automobilistes respectueux de la vitesse à ralentir, voire freiner. Souvent, en zones 30, le vert ne s’allume que lorsque le véhicule arrive à la hauteur du mât. En limitation 50 km/h, les feux ouvrent le passage suffisamment en avance récompensant le véhicule détecté. Autre remarque, lorsqu’une file de voitures se présente en « peloton » à la bonne vitesse, la première passe logiquement au vert mais dès la troisième, les véhicules se retrouvent au rouge. Certes, quelques instants, juste le temps pour les habitués de ne pas ralentir davantage au risque de « brûler » le feu. On notera que, dans ce cas, freiner risque d’engendrer un carambolage. Concernant les deux feux installés en limitation 50 km/h, on peut se demander si l’investissement est bien utile car les environnements choisis n’incitent guère à rouler vite. Sauf exceptions, bien sûr. Dans nos pérégrinations régulières dans deux grandes régions, nous rencontrons d’autres feux dits « récompense », depuis quelques années. En 2024, on compte 1000 feux « récompense » en France. Curieusement, au fil des mois, plusieurs de ces feux placés en limitation 50 km/h sont continuellement allumés au jaune clignotant. Ça incite quand même les automobilistes à lever le pied car ce signal attire normalement l’attention des usagers sur un danger.

Une chose est sûre, ces feux « récompense » sont sources de nuisance en matière de bruits et de pollution. Nous l’avons constaté. Les voitures ralentissent au niveau des mâts mais des conducteurs accélèrent vigoureusement aussitôt après. Les voitures étant rarement à l’arrêt total, quand elles sont relancées, leur moteur thermique se retrouve en sous-régime ou en sur-régime, deux situations qui pompent exagérément du carburant et rejettent plus de gaz d’échappement. Les véhicules électriques doivent consommer plus d’énergie que nécessaire pour alimenter le moteur qui relance la machine.
Le coût
En ce qui concerne le financement, la commune de Magné a disposé d’un devis de l’entreprise Élan Cité pour l’acquisition de deux feux tricolores « récompense » (placés sur les RD1 et RD9) : estimation unitaire d’un feu type « Evolight » à 7 789,00 € H.T, fournitures et pose (feu, mât, massif, pack signalisation (vélo, pré-signalisation feu…) soit les 2 feux à 15 578,00 € H.T.
Comme il est obligatoire de placer une signalétique spécifique. Les Magnésiens ont reçu un devis de l’entreprise Signaux Girod pour un total estimatif de 4 182,65 € HT ainsi réparti : 140,08 € HT pour l’achat de quatre panneaux signalétiques (2 de 30 km/h pour la RD1 et 2 de 50 km/h pour la RD9) annonçant les 2 feux « récompense ». En outre, il est prévu d’acheter, 30,40 € HT, un panneau de pré-signalisation de « feu tricolore », afin de sécuriser le feu « récompense » installé depuis plusieurs mois à hauteur de la base nautique à l’entrée de Magné en arrivant de Niort. Enfin, les élus ont répondu favorablement à un soutien financier du Département pour l’achat de deux radars pédagogiques mobiles, avec enregistrement des données, 4 012,17 € les deux (devis Signaux Girod), qui seraient posés au bord des routes départementales RD1 et RD9. Si on rajoute la fabrication par les services techniques communaux de blocs de béton, estimée à 400,00 € HT, la facture totale s’élève à 20 060,65 € HT, subventionnés à 30% par le Département, soit 6 018,20 €, le solde étant réglé par un autofinancement magnésien de 14 042,45 €.
La commune de Coulon a demandé au Conseil départemental des Deux-Sèvres une première subvention dans le cadre du Contrat Ambition Deux-Sèvres (CADS) de 30% du montant HT de l’aménagement (CADS = 3779,40 € pour un autofinancement communal de 8818,60 €), puis, délaissant cette première demande de subvention, une autre subvention au titre des amendes de police : Amende de police = 7000,00 € pour un autofinancement de 5598,00 €. Dans les deux cas, les deux feux tricolores couteraient 12 598,00 € HT. Les accessoires nécessaires n’étant apparemment pas chiffrés, soit les nouveaux élus sont étourdis, soit nous avons encore affaire à un sujet édulcoré en Conseil municipal.

Que penser de ce nouveau dispositif de « régulation ciblée de la vitesse en ligne droite ». Il est moins « douloureux » que les autres, les personnes souffrants du dos, de fractures, …, par exemple, pouvant en témoigner. Les véhicules de secours, incendie, accident, … perdront moins de temps à les franchir en toute sécurité, même au feu rouge si nécessaire.
La solution miracle n’existe pas sinon le bridage intelligent de la vitesse sur chaque véhicule. Nous avons trouvé LA solution lors de nos observations : les campings-cars sont d’excellents « modérateurs de vitesse » dans les secteurs touristiques des communes de Magné et de Coulon.
Gilles PETIT
MAGNE – COULON (Deux-Sèvres) : « Faut pas que la mauvaise peinture envahisse le monde », le renouveau du Festival international de Peinture de Magné-Coulon.
A l’issue de la 38ème édition du Festival international de Peinture de Magné-Coulon, tous les superlatifs sont déclamés : exceptionnelle, superbe, public enthousiaste, ambiance chaleureuse, restauration revue et corrigée, et une rencontre humaine, haute en couleurs, avec un prestigieux invité d’honneur. Cependant, tout n’est pas parfait.

L’invité d’honneur
M. Christoff Debusschere, peintre invité d’honneur et président du jury : « Au Festival de Magné, j’ai trouvé beaucoup, beaucoup d’amitié avec beaucoup de gens simples, gentils, très dévoués. J’ai trouvé aussi que le niveau de peinture était très bon. Même très bon par rapport à ce que j’ai déjà vu dans ce genre de manifestations. Et puis, je tombé amoureux de ce pays. Vraiment.
J’ai fait une balade vendredi dans les marais [au départ de Coulon photo ci-contre] avec quelqu’un de très compétent, un certain Charles. C’était une découverte. J’étais dans un autre monde. Donc j’ai hâte de revenir. Je reviens non seulement l’année prochaine, mais je vais venir peindre ici. J’ai demandé si c’était possible d’avoir un bateau, qui doit porter un nom que je ne connais pas, pour aller m’installer, peindre, faire des croquis, des petites études et tout ça dans le coin.
Deux heures de balade pour le couple Debusschere Photo Gilles PETIT

« Je vais rester plusieurs fois trois jours. Je ne connaissais pas du tout la région, et c’est dommage d’arriver à mon âge et de ne pas connaître un endroit pareil. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, n’est-ce-pas ?
Président du jury
« J’ai très souvent présidé. Là, je viens de présider le jury des peintres officiels de la Marine, alors je décidais des nouveaux peintres [candidats à l’entrée dans le cercle des Peintres officiels de la Marine]. C’est des jurys très importants. J’ai présidé le jury des Peintres de l’Armée, l’année dernière. J’ai été dans le jury de Monaco. Des jurys très prestigieux, mais là, [au Festival de Magné] c’est très amical, c’est formidable. Et c’est important de faire ça. Faut pas que la mauvaise peinture envahisse le monde. C’est vite fait. »

Le bilan
M. Gérard Doray, président de Magné Animation, association organisatrice du Festival, dresse à chaud le bilan du Festival 2026 : « Une édition exceptionnelle, superbe. Un public enthousiaste. Un nombre d’artistes qui s’est engagé d’une manière assez conséquente qui fait que le Festival est toujours vivant, est toujours debout. Et au contraire ça nous donne un peu d’élan pour renforcer le positionnement de ce Festival à Magné et à Coulon. Et puis également, tous les gens étaient contents de l’ambiance, de la restauration, bien sûr, qui n’étaient pas à la hauteur les années passées. Tout le monde a été très, très content de l’offre. Que dire de l’invité d’honneur. C’est une rencontre humaine, exceptionnelle, haute en couleurs, un virtuose de la peinture. On va faire des choses ensemble pour l’année prochaine et le prochain Festival. On va créer une masterclass, au printemps, voire fin d’hiver-début printemps.
Nouveau directeur artistique
« Christoff Debusschere devient à ce jour, avec la bénédiction de Jean-Marie Zacchi, le nouveau directeur artistique du Festival, » informe M. Doray. « On va discuter à la fois de la dynamique artistique du Festival, et des recherches d’invités, par exemple. Il a un super réseau donc, ça veut dire qu’il va nous amener du monde qualitatif. On est très triste que Jean-Marie ne soit pas des nôtres aujourd’hui, mais malheureusement on a l’impression qu’il ne viendra plus à Magné. On est vraiment très content que Christoff prenne le relais parce qu’il a une relation particulière avec Jean-Marie. »

Nouveau maire de Magné
M. Sébastien Billaud, maire de Magné : « C’est mon premier Festival en tant que maire, mais ça fait quinze ans que je suis élu alors c’est un Festival que j’ai connu depuis de nombreuses années. Je constate que c’était une très belle édition. On a eu un temps qui était de la partie avec un petit vent frais et un beau soleil, le top. On passe entre la canicule et les averses pour dix ans comme ça, si c’était possible ce serait parfait. Pour le reste, je vois que l’équipe de bénévoles est toujours aussi soudée, aussi nombreuse, c’est du solide. Les partenaires et les mécènes tiennent la route et, en plus ça se développe. Les gens qui bossent là-dessus sont très efficaces. C’est une bonne chose car ça permet de pérenniser l’activité quand il y a de beaux lots, et que les gens aiment venir peindre. Vu que le nombre de peintres se maintient.
J’espère que dans les années à venir, on arrivera à faire venir des écoles, voire des participants d’autres pays. Faut juste prier pour qu’on ne se tape pas des énormes canicules. C’est la problématique que l’on voit venir.
A Magné, la délégation inaugurale apprécie toujours la traversée de la Sèvre Niortaise à bord du bateau-à-chaines Photo Gilles PETIT

Si on avait eu le temps qu’on a eu il y a quinze jours, comment aurait-on fait ? C’est la problématique qu’il va falloir, peut-être, anticiper avec un investissement dans plus d’endroits pour faire de l’ombre pour les peintres, installer un système de brumisateurs, … Il va falloir qu’on y réfléchisse. »
Maintien du nombre de candidats

» Nous avions 77 inscrits à Coulon, un peu plus que l’année dernière, et 150 à Magné », annonce M. Doray. « On doit avoir, tout compris, deux inscrits supplémentaires, c’est à la fois positif car ça veut dire que la baisse s’arrête. On a vu un public qualitatif, peut-être un peu en deçà de nos espérances de par la météo. Je pense qu’il y a des artistes qui n’ont pas voulu s’engager dans cet environnement de chaleur. La chaleur fait souffrir et freine. Je pense que le Festival est sur de bons rails. »
Des détails à réétudier
Cette année, le règlement du concours imposait un périmètre d’installation des peintres. Un périmètre restreint au centre-bourg de Magné et aux bords de Sèvre Niortaise. Une limitation qui déroge à l’esprit des fondateurs du Festival, MM. Thébault et Texier : faire connaître la commune, toute la commune. En somme, que les candidats et le public découvrent le territoire, avec son village-centre et ses charmants écarts que sont les sites du Marais Pin, de l’Ouchette, de La Repentie, du Sevreau, de la chapelle Sainte-Macrine, de La Garette… Les tableaux proposés au jury offriraient des vues variées car, en regardant les œuvres exposées, nous retrouvons souvent les mêmes vues.
Selon M. Billaud : « Autrefois, on pouvait trouver des peintres qui peignaient très loin. Il y a un côté pratique de rassembler les peintres. Je ne suis pas défavorable au fait qu’on puisse peindre sur toute la commune. C’est au conseil d’administration de Magné Animation de décider. Ils verront si ça change quelque chose. On pourrait faire le centre-bourg et un écart tous les ans, un lieu-dit à chaque édition. Si c’est plus simple, s’ils ne veulent pas que ce soit partout, partout. C’est leur responsabilité. « Il faut préciser qu’en rassemblant les peintres, on rassemble le public, qu’on peut faire des photographies et des vidéos de masse et montrer au monde entier que le Festival est très fréquenté. Faire de la communication, en fait.
Le maire ajoute : » On pourrait créer un groupe de bénévoles qui pourrait travailler sur les paysages : on pourrait avoir quinze parasols dans un endroit, une année, puis dans un autre endroit l’année suivante… Une déco qui ferait vivre l’espace. Donc offrir aux peintres de nouvelles petites choses simples dans le paysage. «
Le problème se pose aussi à Coulon, une commune extrêmement étendue constituée de nombreux hameaux. Sachant que le jury arpente en permanence les sites pendant la compétition, en groupe ou en petits comités, nous avons interrogé ses membres à ce sujet. A l’unanimité, ils ont déclaré qu’ils se déplaceraient vers les peintres. Il faudrait simplement les renseigner car il n’est pas question de jouer à cache-cache. Pour le jury, le temps n’est pas extensible. Pour cela, nous avons suggéré la mise à disposition d’un minibus.

Nous avons noté un point négatif dans l’organisation du Festival 2026. A Coulon, le site d’accueil de la manifestation n’était pas prêt à l’arrivée des participants et du public. Une grande partie de la matinée du vendredi, c’était un ballet de tracteurs, de manipulation de planchers et autre montage d’une scène, ainsi que de câbles électriques trainant non encore sécurisés. Agitation et bruit inclus. Dans toutes manifestations accueillant du public, tout doit être en place avant l’ouverture des portes.



Les palmarès du 38ème Festival international de Peinture de Magné-Coulon sont publiés au lien suivant : festivalpeinturemagne.com
Gilles PETIT
COULON Quel avenir pour le Village vacances ?
Les bungalows municipaux de vacances de Coulon (Deux-Sèvres) menacés de disparition ? Pour cette saison estivale 2026, les élus coulonnais ont effacé les tarifs de location des dix bungalows jouxtant le camping municipal. Une mesure qui n’a pas été débattue au Conseil municipal de la précédente mandature conduite par la maire actuelle.
Dans les années 1970, la Commune de Coulon a construit un complexe touristique comprenant un camping de quarante emplacements et un village-vacances de dix gîtes pouvant accueillir chacun jusqu’à cinq personnes. Une structure qui, depuis sa création, a toujours été gérée en direct par la commune. Outre les estivants, ces appartements ont également fait office de logements sociaux. Ce type de service, qui manque dans ce secteur maraîchin, a ainsi hébergé des ouvriers du BTP (Bâtiments et Travaux Publics) travaillant sur d’importants ouvrages dans le Marais, mais aussi, par exemple, une famille d’une commune voisine sinistrée à la suite de l’incendie de leur demeure. Enfin, ces logements chauffés ont dépanné plusieurs fois de nouveaux agents municipaux en attente de dénicher un toit plus pérenne.

Les années 1970
Les années 1970 représentent « l’âge d’or des grandes vacances », dit-on. « C’est la décennie où les vacances deviennent un vrai rituel de masse. » La municipalité coulonnaise conduite alors par son maire M. Maurice Moinard l’a bien compris. Son successeur aussi. Ainsi M. Pierre Rousseau envisageait-il d’étendre ce site d’hébergements touristiques en lorgnant sur un grand terrain voisin. Mais, autant que l’on se souvienne, le propriétaire du dit-terrain n’était guère intéressé. Corroboré par les études d’un premier Plan d’Occupation des Sols (POS) communal qui classait le site inconstructible car inondable.
« Ce sont les Britanniques qui, au 18ème siècle, inventent l’idée même du tourisme. D’abord thermal et aristocratique, il se développe également à la campagne, en bord de mer et à la montagne. Porté par les idées des philosophes et des médecins, le bon air serait bon pour la santé et soignerait de nombreuses maladies. Les stations balnéaires se multiplient le long de la Manche mais également et surtout sur la Côte d’Azur. Peu à peu la mode de « partir en vacances » se démocratise. C’est au 20ème siècle qu’elle se popularise notamment grâce aux avancées technologiques, sociétales mais également légales. Les congés payés de 1936 vont plonger la France dans une véritable frénésie estivale. Le tourisme devient un secteur économique à part entière. Pour faire face aux arrivées massives, des villes entières sortent de terre. Avec le plein emploi et les initiatives populaires, destinées à faire partir le plus grand nombre, les vacances connaissent leur apogée dans les années 1970. La crise des années 80, les dernières lois sur les 35 heures en 2000 et l’avènement d’Internet transforment le secteur », explique un article de presse. Le village-vacances municipal de Coulon est né de cette vague portée politiquement par M. Moinard.

En 1998, première alerte, le village-vacances du Chemin de l’Acacia à Coulon a besoin d’une sérieuse rénovation. En effet, loués une grande partie de l’année, par des locataires différents (les périodes de locations allant d’une nuit au mois, en passant par la semaine), ces appartements ont vieilli et nécessitent des travaux urgents impossibles à réaliser en présence de locataires. La municipalité de l’époque a décidé d’entreprendre ces travaux, en partie effectués en régie, dès la mi-septembre. Ils ont nécessité près de trois mois d’efforts aux peintres et menuisiers communaux, ainsi qu’aux artisans électriciens et plombiers. Ainsi, on a refait entièrement l’électricité et le chauffage, les peintures ont été rafraichies, les cloisons escamotables restaurées et toute la partie « évier » des cuisines totalement rénovée (faïencerie, habillage des soubassements, placards, etc.) Chaque bungalow a bénéficié d’un aspect très accueillant, et son équipement permettait aux occupants occasionnels de passer un agréable séjour.
Et, pour ajouter au confort des usagers, un point-phone à cartes était à disposition à l’entrée du centre touristique depuis le mois d’août. Un luxe apprécié des vacanciers qui ne connaissaient pas encore le téléphone mobile. L’investissement financier était conséquent : électricité : 6 000 F ; chauffage : 180 000 F; travaux réalisés : 457 840 F ; total : 673 240 F. Quelques années plus tard, une antenne relais Wifi était installée à l’entrée du complexe. Mais cette installation, très demandée-peu utilisée, s’est avérée être un gouffre financier. Elle a été coupée.
L’antenne est toujours en place Photo Gilles PETIT

En 2021, le camping municipal et le village vacances réalisent chacun un chiffre d’affaires d’environ 40 000 euros par an. La municipalité veille à améliorer le cadre de ses équipements. Cependant, dès le début de leur mandat (mars 2020), les nouveaux élus se sont posé la question de l’avenir de ce complexe. « Faut-il que la commune conserve ses équipements ? Faut-il en confier la gestion ou conserver la gestion en régie ? » Il avait alors été décidé d’en conserver la gestion et de restaurer l’ensemble des bâtis, à savoir les dix gîtes et le bloc sanitaire du camping voisin.
En 2022, il est estimé que les bungalows-gîtes, âgés d’une cinquantaine d’années, ne correspondent plus à la demande. Pour redynamiser l’activité du site, la municipalité de la maire Mme Anne-Sophie Guichet a émis l’idée de professionnaliser la promotion et la commercialisation du complexe touristique, en s’attachant les services d’un partenaire professionnel. Ainsi, la SAS Cardinaud-Mercier, seul opérateur touristique local intéressé par cette proposition, est retenue dans le cadre d’une prestation de services. La convention comportait plusieurs volets : promotion du complexe touristique, commercialisation des gîtes (projet de contrat pour transmission au service de la commune, seule habilitée à procéder aux encaissements des séjours). Le partenaire recevrait une rétribution équivalente à 15 % du montant des recettes, jusqu’à 45.000 € annuels, 10 % du montant des recettes au-delà des 45.000 € annuels, ce pour une durée expérimentale du 1er juin au 31 décembre 2022. Bien qu’aucun bilan n’ait été publié, à notre connaissance, l’expérience n’a pas été reconduite.
Début 2024, sont contactés les propriétaires du Camping de la Venise Verte pour un éventuel partenariat dans la gestion du complexe touristique. Une piste noyée dans le Marais. Les gérants du Camping de La Venise Verte précisent dans un communiqué : « nous n’avons pas eu de retour de la mairie quant à notre proposition et nous avons ensuite été informés que la mairie souhaitait conserver la commercialisation en direct. »

En 2025, la commune embauche une stagiaire qui prépare une licence professionnelle sur les métiers du tourisme et des loisirs. Du 17 mars 2025 au 20 juin 2025, ses missions comportaient l’accompagnement sur le dossier de récupération du classement des gites et si possible du camping, gérer la promotion des équipements de tourisme et travailler sur le dossier de labellisation « station de Tourisme », une étape qui suit la labellisation « commune touristique ». Ici aussi, aucun rapport n’a été dressé publiquement au Conseil municipal.
En novembre 2025, une simple annonce faite au Conseil par M. Dominique Giret, premier adjoint informe qu’un « rendez-vous est pris avec ID 79* et le CAUE* sur le projet du camping ». On apprend donc qu’il y a un « projet camping » et « une attente de retour d’éventuelles aides financières ». Une visite étant prévue en décembre.
Enfin, lors du Conseil municipal du 18 décembre 2025, M. Giret, également adjoint aux finances, clame les tarifs 2026 examinés par la commission « Finances » concernant les prestations touristiques applicables à compter du 1er janvier 2026. Et là, surprise : plus de tarif de location des bungalows de vacances. Le Conseil municipal n’a jamais débattu d’un éventuel abandon des gîtes de vacances. Et quid des relations avec ID79*, le CAUE* et l’ANCT* ? Pour rappel, une commission émet un avis et/ou une proposition qu’elle soumet obligatoirement au Conseil municipal, en séance publique. Seule, après débat démocratique, cette assemblée peut donner délégation au maire.
Début 2023, la commune avait sollicité l’ANCT* afin de bénéficier d’un accompagnement en ingénierie (pris en charge financièrement par l’État) pour définir une stratégie touristique et de revitalisation de la commune. Cette étude de programmation était couplée avec les travaux de deux bureaux d’études In Extenso (partie tourisme) et O+ (partie aménagement-urbanisme). Ils devaient faire un compte-rendu en juin 2023. Une fois de plus, nous n’avons pas eu connaissance du rapport de cette étude concernant les sujets généraux comme le complexe touristique, les aménagements urbains, les voiries, la circulation douce, le repositionnement du village séniors, …

Enfin, à l’amorce de la saison estivale 2024, la conseillère municipale, chargée de la gestion du village-vacances, avait annoncé la refonte de la décoration intérieure pour l’ensemble des gîtes, en précisant que des téléviseurs ont été achetés, et qu’il est prévu l’acquisition de tables basses et de nouveaux rideaux.
L’annonce de location des gîtes étant désormais mise en ligne sur Le Bon Coin. Peu de temps après, la dite-conseillère a cédé officiellement sa délégation, pour raison professionnelle.
Des travaux
Quoi qu’il en soit, les bâtiments du village-vacances donnent des signes de vétusté. Il est nécessaire d’effectuer des travaux d’étanchéité, notamment sur les toits. Si c’est pour cette raison que les gîtes sont fermés à la location, que les élus le disent ouvertement. Les Coulonnais comprendront la nécessité d’une telle mesure. Le village-vacances municipal de Coulon fait partie du patrimoine local. A l’heure où la tendance nationale, voire internationale, actuelle est tournée vers l’hébergement touristique en dur (mobile-home, bungalow, …), il est impensable de délaisser cet équipement municipal, toujours confortable. Faire rapidement les travaux nécessaires et ne surtout pas laisser le site à l’abandon. Une tardive réhabilitation du site (réaménagement, démolition…) coûterait une fortune. Face aux risques engendrés par le changement climatique, ces dix logements de vacances peuvent s’avérer indispensable en cas de catastrophe.
Gilles PETIT
*ID79 une structure d’Ingénierie crée par le Conseil départemental des Deux-Sèvres : au service des projets des collectivités
*CAUE Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement : une association qui accompagne les acteurs du territoire et le grand public dans un objectif de qualité de l’architecture et de son environnement.
*ANCT Agence Nationale de la Cohésion des Territoires facilite l’accès des collectivités locales aux ressources nécessaires pour concrétiser leurs projets (ingénierie technique et financière, partenariats, subventions).
COULON : Un second mandat de maire pour Anne-Sophie Guichet
Les élections municipales n’ont fait qu’un tour à Coulon (Deux-Sèvres). Et pour cause, une seule liste était en lice pour renouveler l’assemblée communale. La maire sortante Anne-Sophie Guichet a finalement retrouvé le siège qu’elle souhaitait conserver.
Vendredi 20 mars 2026, c’est un « jeune » élu, M. Pierre Grolleau, doyen de l’assemblée, qui a présidé le début de la séance d’installation d’un Conseil municipal fraîchement sorti des urnes au premier tour des municipales. Il a dirigé les opérations de désignation du maire en respectant scrupuleusement la procédure. Sans surprise, Mme Anne-Sophie Guichet, seule candidate à ce poste, a été réélue maire de Coulon, à l’unanimité.

Sans surprise aussi, la nouvelle élue pour six ans a pris la parole avant de prendre les rênes de l’organisation de la soirée : « Je mesure pleinement la confiance que vous venez de m’accorder en me réélisant maire de notre commune. C’est une grande fierté, mais surtout une responsabilité que j’accueille avec humilité et détermination. Je veux d’abord remercier les habitants qui se sont mobilisés par leur vote. Vous avez fait vivre la démocratie locale et votre confiance m’oblige. Elle m’engage pour les années à venir. Je veux aussi m’adresser tout particulièrement à vous, nouveaux élus. Vous faites aujourd’hui votre entrée dans cet engagement au service de la commune. C’est une responsabilité exigeante, parfois prenante mais profondément enrichissante. Vous allez découvrir ce que signifie agir concrètement pour les autres, prendre des décisions, parfois difficiles, mais toujours nécessaires. Vous pouvez compter sur moi pour vous accompagner, pour partager cette expérience et pour construire ensemble un travail collectif respectueux et efficace.
« A celles et ceux qui poursuivent ce chemin à mes côtés. Merci pour votre fidélité, votre engagement et votre confiance renouvelée. Nous avons déjà beaucoup construit ensemble et je sais que nous continuerons à le faire avec la même exigence.
« Je souhaite également avoir une pensée très forte pour les agents municipaux. Depuis six ans, j’ai eu la chance de travailler à leur côté. j’ai pu mesurer leur professionnalisme, leur engagement et leur attachement à notre commune dans les moments simples comme dans les périodes les plus difficiles, ils ont toujours été présents. (…) Photo Gilles PETIT

Ce résultat est le point de départ d’un nouveau mandat qui s’ouvre avec de nouveaux défis, de nouveaux projets, mais toujours avec la même ambition. Faire avancer notre commune, améliorer le quotidien de chacun et préparer l’avenir avec sérieux et responsabilité. Je serai comme je l’ai toujours été la maire de tous, à l’écoute, attachée au dialogue et au respect de chacun. »
Cinq adjoints

Comme le préconise la réglementation, la maire peut s’adjoindre jusqu’à cinq personnes au maximum, contre quatre lors du mandat précédent. Autre surprise, les adjoints n’ont pas été élus poste par poste. En effet, une seule liste a été présentée par M. Julien Guibert. Elle comportait ces noms (dans l’ordre) : M. Julien Guibert, Mme Marie Élisabeth Le Chapelain, M. Philippe Lesage, Mme Stéphanie Kerdoncuff, et M. Jean-Christophe Moinard. Sans autre précision. Cette liste a obtenu l’unanimité sans que l’on sache quel titre chacun briguait. L’assistance devinera plus tard que M. Guibert postulait pour le poste de premier adjoint, Mme Chapelain comme 2ème adjointe, etc.
A l’instar de la maire qui doit assumer les compétences de nombreuses délégations, chaque élu indemnisé doit exercer des responsabilités. A savoir : M. Guibert aura en charge l’attractivité communale, tourisme et développement économique (tourisme, gestion stratégique partenariat, relation avec les acteurs économiques, commerces, artisanat, marché, promotion du territoire et communication touristique, pilotage des actions en faveur des activités locales, organisation d’évènements à vocation économique ou touristique, communication municipale, cadre de vie et environnement) ;
Mme Le Chapelain s’occupera de la vie sociale aux familles et la cohésion sociale (petite enfance, enfance, jeunesse, bien-être de la jeunesse, seniors, lien intergénérationnel, solidarité locale, action sociale et prévention, soutien aux initiatives citoyennes, santé publique locale) ;
M. Lesage gèrera les finances publiques, l’élaboration du budget communal et le suivi des finances communales, dont la stratégie financière pluriannuelle, les demandes de subventions et l’analyse des prospectives financières et financement participatif ;
Mme Kerdoncuff sera attentive au patrimoine, à la culture et aux animations communales (patrimoine bâti, identité locale, valorisation du Marais, actions culturelles, soutien aux associations, mise en valeur des sites remarquables, actions sportives) ;
M. Moinard organisera le développement territorial et l’aménagement communal (l’urbanisme, le suivi des travaux, l’aménagement de structures, la mobilité, la circulation et le déplacement du quotidien, la sécurité, la gestion, l’entretien des espaces publics paysagers, …)
Deux autres délégations
Par ailleurs, des délégations complémentaires ont été proposées à deux autres conseillers municipaux : Mme Virginie Léonard à la transition énergétique, l’alimentation, la santé, et l’enfance ; M. Patrick Cartier à l’organisation des cérémonies officielles, des réceptions et autres vins d’honneur, ainsi qu’à la création de décorations temporaires dans les espaces publics.
Des indemnités de fonction
Huit conseillers municipaux percevront des indemnités de fonction, à savoir la maire, les cinq adjoints et les deux conseillers délégués. Les indemnités sont calculées selon un pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique connu à ce jour (pour les initiés, il s’agit de l’indice 1027) et selon le nombre d’habitants tel qu’il ressort du dernier recensement. Pour les communes comprises entre 1000 et 3499 habitants, le taux maximal pour le maire est de 55,70 % de l’indice pré-cité et pour les adjoints 21,38 %. Mme Guichet a proposé d’adopter les taux maxi pour son poste de maire (2289,00 € bruts), pour son 1er adjoint M. Guibert, un taux de 21 % (863,21 € bruts), du 2ème au 5ème adjoints un taux de 14,20 % soit 583,69 € bruts. Les délégations à deux conseillers Virginie Léonard et Patrick Cartier, une indemnité de fonction spécifique 6,20 % 254,85 € bruts.
Quid du trombinoscope ?
Enfin, nous avons relevé une ambiguïté : le trombinoscope distribué par la tête de liste Anne-Sophie Guichet affiche deux noms qui ne figurent pas sur le bulletin de vote présenté aux électeurs au premier tour des élections municipales du dimanche 15 mars 2026. En revanche, le dit bulletin de vote, non préalablement diffusé aux Coulonnais-es, annonce la suppression d’une candidate remplaçante que l’on retrouve inscrite comme candidate. Et, toujours sur le bulletin de vote, il est mentionné un tout nouveau nom. Si, comme votre serviteur et d’autres autochtones, vous vous êtes fiés au seul trombinoscope édité par l’équipe (à notre connaissance), vous avez été fort surpris de découvrir les substitutions.


Gilles PETIT
COULON (79) Quatre policiers municipaux se sont succédé depuis 2013
Depuis 2013, quatre policiers municipaux se sont succédé à Coulon. Du garde champêtre Pascal au brigadier-chef Didier, voici la petite histoire d’une Police locale unique dans le Marais Poitevin.
Comme dans la majorité des communes rurales françaises, Coulon « possédait » son garde champêtre, au siècle dernier. La mémoire collective garde le souvenir de M. Pascal Robier, cet ancien poilu, qui, dans les années 1930-1950, a manié tambour et baguettes au gré des « avis à la population« .

Après de nombreuses années sans « autorité champêtre », la collectivité locale décide de relancer la fonction de garde champêtre car les gendarmes alors en poste estival à Coulon, étant repartis, ont « laissé un vide ». Ainsi, « pour aider au maintien de l’ordre public, » le 8 avril 1992, le Centre de gestion départemental de la Fonction publique des Deux-Sèvres a placé au premier rang un Coulonnais, parmi onze candidats. « Il s’agit de monsieur Bruno Decelle résidant à Glandes », a informé le maire de l’époque Pierre Rousseau, « Il sera en uniforme, assermenté et possèdera des pouvoirs qui lui permettront de verbaliser légalement. » La préfecture l’a assermenté au mois d’août 1992, mais il aura fallu attendre la mi-septembre pour découvrir le nouveau garde champêtre de Coulon. En effet, « l’uniforme officiel de police tardait à arriver.«
Vers la création d’un poste de Police municipale
En 1999, la municipalité est secouée par un dilemme : « Un agent technique communal vient d’être muté vers un syndicat bressuirais. » Il se trouve que ce départ a suscité un débat au sein du conseil. En effet, le maire Jacques Rousseau et ses adjoints avaient réfléchi à la situation et préconisé l’embauche d’un agent qui pourrait devenir chef d’équipe, après formation. Cependant, deux possibilités s’offraient à la municipalité. La première envisageait le remplacement de l’agent ; la seconde saisissait l’opportunité de recruter un policier municipal, engendrant l’arrêt du poste d’agent technique. « La commune dispose déjà d’un garde champêtre aux pouvoirs limités », ont estimé des élus. Il serait « difficile à trouver, il n’aurait pas grand travail durant huit mois de l’année et le poste coûterait plus cher ».
Un premier policier municipal
Le 17 décembre 2012, le maire Michel Simon annonce : « l’agent qui faisait jusqu’alors fonction de garde champêtre ayant été reclassé sur un emploi technique, il est nécessaire de réfléchir à la création d’un poste de policier municipal, emploi indispensable pour le bon fonctionnement de la commune. » Ce poste à temps complet de gardien de Police municipale, ou brigadier, voire brigadier-chef principal était à pourvoir à compter du 1er mai 2013. Cependant, il est précisé que la création de ce poste est subordonnée au départ en retraite d’un agent des services techniques, qui devait quitter ses fonctions le 1er mai 2013.
Sur trente-sept personnes qui ont fait acte de candidature, huit d’entre elles avaient été sélectionnées, puis deux candidats retenus. Le 27 février 2013, c’est un gendarme, alors en poste à la brigade de Frontenay-Rohan-Rohan (79) qui a été recruté dans le cadre d’un détachement de la Fonction publique d’État sur la Fonction publique Territoriale.
Un second policier municipal
Ce premier policier municipal de l’histoire de Coulon a donné sa démission en juin 2017. Une nouvelle offre d’emploi a été déposée portant sur les grades de «gardien brigadier», de «brigadier» et de «brigadier-chef principal». Le choix du recrutement s’est porté sur un candidat titulaire d’un grade du cadre d’emploi «Chef de service de Police municipale». Le conseil municipal du 15 novembre 2017 a accepté de créer un poste de «Chef de service de Police municipale principal de 1ère classe» (catégorie B) à temps complet. A donc été nommé le 1er mars 2018 un ancien policier municipal sur l’Île de Ré devenu policier national à la police de l’air et des frontières à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle à Paris.
Un troisième policier municipal
A Coulon, les policiers se succèdent rapidement, peut-on constater. Le second ne sera resté que vingt-neuf mois durant lesquels la population n’avait toujours pas compris l’intérêt d’un tel poste dans leur petite commune. Cependant, l’équipe municipale de l’époque estimait : « quant à son utilité, non seulement ce poste est indispensable dans une commune telle que Coulon mais l’extension du service serait souhaitable peut-être en partenariat avec les communes voisines. » La commune voisine, à savoir Magné, n’adhère pas à cette logique. Le 17 septembre 2020, la maire Anne-Sophie Guichet rappelle que « le policier municipal qui était en poste depuis le 1er mars 2018 a quitté la commune et a été nommé par mutation le 1er septembre 2020 dans une commune de Charente-Maritime. Il s’agit donc maintenant de lancer une procédure pour le recrutement d’un nouvel agent. »
Une nouvelle procédure pour le recrutement du troisième policier municipal a été engagée le 8 octobre 2020. Le poste étant à pourvoir pour le 15 mars 2021. Parmi cinq candidats présélectionnés, a été engagé un agent au poste en catégorie C à temps complet, à durée indéterminée, dans la Fonction publique territoriale.
Le troisième policier municipal a pris ses fonctions le 1er mars 2021. Alors âgé de 35 ans, cet ancien policier national, principalement maître-chien, avait quinze années de carrière dans la Police nationale. Il avait alors déclaré : « J’ai fait le choix de m’orienter vers une fonction plus proche et plus à l’écoute de la population. » En effet, il s’était complètement intégré et investi au service d’une population coulonnaise qui l’estimait sincèrement. Des Maraîchins qui n’ont, semble-t-il, pas compris le soudain départ de ce fonctionnaire si sympathique, avant la saison estivale 2025. Il aura officié quatre ans.
Recrutement d’un quatrième policier !
Toujours est-il que, cette fois, au printemps 2025, le conseil municipal de Coulon n’a pas délibéré sur le recrutement d’un remplaçant. Nous n’avons pas trouvé de mention dans un compte-rendu de réunion statutaire qui informe de la vacance du poste, ni autorise un appel à candidature. Même le déroulement du recrutement n’est pas mentionné. Une entorse qui peut inquiéter les Coulonnais.es à quelques semaines des prochaines élections municipales.
En prélude à la réunion du conseil municipal du 7 octobre 2025, la maire a déclaré : « Avant d’aborder l’ordre du jour, je présente M. Didier Hersan recruté en tant que brigadier-chef principal de la police municipale depuis le 1er août dans le cadre du remplacement de M. Yoan Brehaut qui a été muté dans une autre collectivité. » On n’en saura pas plus.
Suite à cette information laconique, M. Hersan (58 ans) s’est avancé pour se présenter. « J’ai fait ma carrière en région parisienne essentiellement dans le 93 [Seine-Saint-Denis] et puis Villeparisis dans le 77 [Seine-et-Marne]. Je suis dans la région depuis cinq/six ans. J’ai commencé sur l’Île de Ré, chef de poste de la Police municipale de la commune des Portes-en-Ré où je suis resté trois ans. Ensuite, je suis allé travailler à Lagord, près de La Rochelle où je suis resté à peu près une année. J’ai eu l’opportunité de venir ici parce que, habitant plus près de Coulon, j’ai saisi l’occasion ». Mme Anne-Sophie Guichet a ajouté « Effectivement, nous avons recruté M. Hersan car son profil nous semblait intéressant avec une longue carrière de policier municipal et, également, de l’expérience. Il sait en quoi consiste la saisonnalité dans une petite commune. Y a la saison estivale et ensuite la vie au quotidien. » « Sur l’Île de Ré, précise M. Hersan, hors saison, les commerçants ferment, avec des populations différentes. Nous avions 80% de tourisme en saison…, autrement y a plus grand monde ». A Coulon, il y a quand même un peu de tourisme hors saison, mais la majorité des commerces sont fermés, comme sur l’Île de Ré.
Nous ne publions pas de photographie du nouveau policier municipal car celui-ci estime que son uniforme suffit pour être reconnu par la population.
Si la réforme des retraites ne change pas les modalités dans les prochaines semaines, le quatrième policier municipal de Coulon a déjà atteint l’âge de départ. En effet, on nous signale que « pour la police municipale, l’âge de départ à la retraite est arrêté à 57 ans, la limite d’âge de départ étant de 62 ans ». Après une longue carrière dans la fonction et après avoir gravi les échelons, le nouveau venu a probablement droit à une rémunération de « fin de carrière, appelée échelon spécial, chef de service. » De plus, de nouvelles « bonifications indiciaires » peuvent être perçues, ainsi qu’une participation récente au « régime indemnitaire ». Sans oublier « l’indemnité spéciale de fonction et d’engagement » (I.S.F.E.) composée d’une part fixe et d’une part variable. Pour faire court, la masse salariale de la municipalité de Coulon devrait sérieusement augmenter à la suite de ce recrutement.
Gilles PETIT
MARAIS POITEVIN : A Coulon (79), une bénédiction des bateliers entre tradition et animation touristique
Le dimanche 17 août 2025, le village de Coulon (Deux-Sèvres) a été le théâtre d’une « bénédiction des bateliers ». Le nom de Saint-Nicolas, le patron des bateliers et mariniers, et des navigateurs d’une manière générale, n’a pas été cité. En effet, il s’agissait d’une animation touristique imaginée en 2003 par le curé local, l’abbé Michel Chataigner. A l’époque, le Père Michel, comme l’appelaient amicalement les Maraîchins croyants ou non, parlait de « pardon » car plusieurs centres importants de la batellerie en France et en Belgique utilisaient ce terme pour désigner des fêtes et traditions souvent anciennes ponctuant la vie marinière, toujours avec une double vocation, civile et religieuse.

S’inspirant d’une demande formulée, l’année précédente, par des motards stationnés sur le parvis de l’église de Coulon, qui avaient demandé au prêtre, et obtenu, de les bénir avec leurs motos, le père Michel a eu l’idée d’appliquer cette « tradition » aux guides qui conduisent les touristes en barque sur l’ensemble du Marais Mouillé. L’idée a alors évolué en manifestation qui n’aurait rien de religieux car elle était alors réprouvée par le Conseil pastoral du secteur qui couvrait, à cette époque, les communes de Coulon, Magné et Sansais-La Garette.
Grâce à sa pugnacité « légendaire », le père Michel Chataigner a réussi à organiser, le samedi 14 juin 2003, une nouvelle animation estivale à Coulon qu’il a appelée : « la bénédiction des bateliers ». En réalité, c’était un rassemblement de guides-bateliers volontaires, croyants ou non, de l’ensemble des embarcadères commerciaux de la Venise Verte. Ce fut un succès. 37 guides-bateliers, issus donc d’entreprises locales, ont répondu à l’appel, munis chacun d’une pelle (une rame) à la main. Ce samedi-là, les participants se sont rassemblés sur le parvis de l’église de Coulon pour s’élancer à 9 heures précises vers les quais de la Sèvre Niortaise jusqu’à la place de la Coutume, en suivant une joueuse d’accordéon. A 9h15, les guides embarquaient à bord de sept bateaux à la cale de la Coutume, lesquels ont remonté la Sèvre Niortaise en amont de la passerelle qui enjambe ce fleuve. Puis, à 9h30, simplement accompagné de deux enfants de chœur, le père Michel s’est installé sur la passerelle. Il a d’abord entonné la chanson « Les bateliers de la Volga », avant de faire une brève allocution. Il a notamment retracé l’histoire des activités quotidiennes des Maraîchins et celle des premières balades touristiques. Ensuite, il a procédé à la bénédiction proprement dite. Un quart d’heure plus tard, tout le monde, y compris le peu de personnes présentes, s’est réuni autour du verre de l’amitié servi à proximité sur le Quai Louis-Tardy. La matinée s’était poursuivi en musique et en pas de danse.

En septembre 2004, après trois années de sacerdoce dans le Marais, l’abbé Michel Chataigner fut nommé dans le nord des Deux-Sèvres, en pays thouarsais. L’abbé Fabien Zlatev, son successeur, n’a repris le flambeau qu’en 2011, répondant favorablement aux sollicitations de la municipalité Michel Simon et d’un entrepreneur de balades touristiques installé à Coulon. Avant son départ pour Chauvigny dans la Vienne, en septembre 2014, le père Fabien a transmis la « tradition » à ses successeurs, le père Auguste Sambou, en collaboration avec un autre prêtre-coopérateur, le père Claude Baratange, responsables d’une nouvelle paroisse « Sainte-Sabine en Niortais » regroupant les communautés des anciens secteurs pastoraux de Beauvoir-sur-Niort / Frontenay-Rohan-Rohan, Marais / Mignon et Prahecq / Fors.
Dimanche 17 août 2025, la « bénédiction des bateliers » a suivi un protocole plus religieux que celui élaboré par le père Michel. A ceci près que les festivités ont débuté à 18h30, après la journée de travail des guides-bateliers. Au départ de l’église de Coulon, un cortège a conduit les participants jusqu’à la Sèvre Niortaise et sa passerelle.

Sans croix chrétienne ostensible, les prières, les chants et les textes entonnés depuis l’autel improvisé au sommet de la passerelle, ont donné un caractère particulièrement religieux à cette manifestation. Une animation qui s’est déroulée au-dessus et sur un fleuve du domaine public.
Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : « Le Chemin de bois de La Garette » rouvert aux piétons et cyclistes sur la Vélo Francette
Mis en chantier à la fin de l’été 2005, ancré dans le sol du Marais Poitevin, le « Chemin de bois » pédestre et cycliste, construit à proximité du village de La Garette sur la commune de Magné (Deux-Sèvres), n’a survécu qu’une dizaine d’années. Son platelage, souvent réparé ponctuellement, n’a pas supporté les contraintes d’un environnement exigeant et d’un saccage forestier. Entièrement reconstruit, il a rouvert à la circulation pour la saison estivale 2024.

En quelques chiffres, tout est dit ou presque : 600 mètres linéaire sur 3,50 mètres de large ; 386 pieux utilisés ; 3 800 lames de bois posées ; 4 belvédères aménagés ; une grande passerelle réhabilitée ; et 62 arbres plantés ou à planter. Le Département des Deux-Sèvres a investi 2,340 millions d’euros pour la reconstruction de ce platelage, dont une subvention de l’État de 334 000 euros. Également, il convient d’ajouter 25 000 € d’entretien pour les sections départementales de la véloroute Vélo Francette.

Communément appelé « Le Chemin de bois de La Garette », le long sentier construit sur pilotis qui serpente au milieu de nulle part en pleine nature entre les frênes et autres végétations hautement protégés pour son biotope, a été créé en septembre 2005, parallèlement à une route départementale N°1 jugée dangereuse pour les cyclistes et les quelques piétons qui s’y risquaient.
Sur ces sept photos (le diaporama ci-dessus) prises le 23 novembre 2005, on constate que le chemin est assis sur une structure entièrement en bois, pieux compris. Photos Gilles PETIT

Se dégradant très vite, jonglant au fil des saisons entre les évails (les crues), la forte humidité permanente du Marais Poitevin, la décomposition des innombrables feuilles, … et les passages des usagers, la surface de roulement du chemin devenait dangereuse. Photo Gilles PETIT

Pourtant, l’Association pour l’Insertion par la Protection et l’Entretien du Marais Poitevin (AIPEMP appelée aussi Nature Solidaire), chargée de l’entretien des pistes locales cyclables et pédestres, n’avait guère ménagé ses efforts pour remplacer progressivement les lames qui se fendaient, gonflaient ou s’effritaient. Changées à l’unité, ces lames valaient alors une fortune.



Ce n’est qu’en avril 2022 que les services du Département des Deux-Sèvres, propriétaire du site, décident de fermer à la circulation « Le Chemin de bois de La Garette » » pour des raisons de sécurité » car » le platelage était en mauvais état « . Ceci après avoir missionné, dès fin 2020, une maîtrise d’œuvre pour définir la nature des travaux à exécuter et l’éventuelle reconstruction de la passerelle.






Finalement, plusieurs études ont été engagées afin de « concevoir un nouvel aménagement prenant en compte les contraintes du site, ses enjeux environnementaux et architecturaux. » Entre temps, le Département a fait abattre soixante-dix-sept peupliers qui étaient, semble-t-il, en fin de vie ou présentaient des risques de chute. L’opération, réalisée fin 2022, a démoli ce qu’il restait du « Chemin de bois » et a laissé le terrain dans un état désastreux, durant plusieurs mois.
Enfin, le nouveau « Chemin de bois de La Garette » qui relie le village de La Garette au lieu-dit La Repentie sur la commune de Magné, a été officiellement inauguré le 9 juillet 2024 et rouvert à la circulation, excluant les véhicules à moteur.
Gilles PETIT
Les intervenants de ce chantier : Artelia Ville et Transport (44) pour la maîtrise d’oeuvre, Ginger CEBTP (79) pour la géotechnie, Apave (Niort) pour le contrôle technique, Socotec (Niort), coordinateur SPS, l’entreprise Amexbois (Alpes de Haute-Provence) et Ancr’est (Moselle), le sous-traitant des pieux.

LE VANNEAU 79 : Le Marché sur l’eau draine l’engouement du public
Depuis 26 éditions, le port du Vanneau, situé sur la commune deux-sévrienne de Le Vanneau-Irleau, accueille un Marché sur l’eau, la principale animation annuelle de ce petit village du Marais Poitevin. Une « tradition » inventée à vocation touristique, largement appréciée des autochtones, des petits producteurs locaux et du public.
Chaque dernier samedi de juillet, le port du Vanneau accueille l’unique Marché sur l’eau existant dans le Marais Poitevin, à l’initiative, au tout début, des associations Côté Marais et Comité des fêtes du Vanneau-Irleau, soutenues par la collectivité locale. Loin de prendre l’eau, cette manifestation connait un succès dépassant toute espérance.

Une idée simple
Dans le port du Vanneau [la commune est constituée de deux villages Le Vanneau et Irleau distants de deux kilomètres, ayant chacun son port], des producteurs dits locaux proposent des produits de leur jardin ou de leur exploitation, en compagnie de commerçants professionnels. Pour accéder aux marchands, les personnes souhaitant faire leur marché peuvent préalablement embarquer dans des bateaux fournis gratuitement par deux entreprises de batellerie de la Venise Verte (prêtés par les embarcadères « Les Frênes » de La Garette et « La Trigale » de Coulon, acheminés sur place par le chaland-bétaillère du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin), et se laisser guider jusqu’aux étals installés sur des barques le long des berges et des quais, uniquement le matin entre 9 heures et 13 heures. Pour les personnes qui hésiteraient à embarquer ou si l’affluence est trop importante, toutes les « boutiques » sont aussi accessibles par voie de terre. L’après-midi était consacré aux jeux en bois fabriqués par des membres du Comité des fêtes, en plus d’une marche à la découverte du marais, et d’une innovation 2025 : un marché des créateurs animé par un interprète Eric Chanteur.
Une invention originale

Le Marais n’a jamais connu ce type de marché. Dans le cadre des spectacles « Marais en Fête », les inventeurs de la formule se sont inspirés de l’époque pas si lointaine où le boulanger, le facteur et le boucher faisaient leur tournée en barque pour ravitailler les fermes cernées par les eaux toute ou partie de l’année. Leurs clients restaient sur la terre ferme ou à la proue de leur propre bateau, à domicile. Depuis 1998, les organisateurs veulent « exprimer la solidarité et le sens du service qui fédèrent la communauté des Maraîchins ».



Réveiller le port de ce village typique du Marais poitevin, ne serait-ce qu’une demi-journée, était l’objectif du Marché sur l’eau. Plus qu’une simple animation touristique, le marché du Vanneau est devenu un rendez-vous annuel incontournable dans la vie locale. En effet, parmi les centaines de personnes qui font le déplacement, la majorité ferait leurs courses habituelles en profitant de l’ambiance festive assurée, entre autres, par le groupe folklorique « les Noceux dau marais » et de scénettes nautiques rappelant les activités d’antan. Les autres visiteurs seraient des estivants, venus en curieux, agréablement surpris par la beauté du site, par l’accueil chaleureux et la diversité des produits proposés à des prix jugés « bon marché », dans l’ensemble.




Pour la première fois en 26 éditions, le reste de la journée était réservé aux jeux en bois, à un marché de créateurs, à la découverte des marais environnants et à la détente, en attendant le dîner suivi d’un feu d’artifice et d’une soirée dansante. Photos Gilles PETIT
Gilles PETIT
Niort 79 : Richard Gautier, l’artiste-peintre qui a trompé le patron du groupe Trompe-l’œil-réalité
Un papa sculpteur-céramiste, une maman décoratrice, maître du trompe-l’œil qui estime que « l’art contemporain est une arnaque intellectuelle », sociétaire des salons parisiens des Indépendants, Comparaisons, Artistes Français et quelques autres, l’artiste peintre Richard Gautier devient dès 1966 (date de sa première vente) le benjamin des Réalistes. Depuis 1969, il transmet sa technique à une vingtaine d’élèves dans sa galerie de Niort (Deux-Sèvres).
Le papa de Richard Gautier était un disciple de Bernard Palissy. C’est dans son atelier que le jeune Richard a passé toute son enfance. « C’était un philosophe et un écrivain », songe l’artiste, « Il a même écrit « le limon de la terre », sa vie puisqu’il était céramiste, et « Du moderne au permanent » qui est un livre philosophique. Et moi, j’ai pris tout ça, toute la partie un peu artistique de mon père et de ma mère. »

Né le 22 août 1948 à Niort (Deux-Sèvres), cadet d’une famille de trois enfants, Richard Gautier (photo ci-contre) découvre le dessin et le modelage, des matières travaillés dans l’atelier de son père. L’âge venu, il entre à l’école des Beaux-Arts de Poitiers (C.A.F.A.S.), puis s’inscrit à l’Académie Anquetin dont le siège était à Neuilly (Hauts-de-Seine), et étudie avec Mme Versini. Grâce à ces deux formations, un équilibre stable et salutaire s’établira sur le plan de la maturité artistique.
Photo Gilles Petit
Son parcours
L’artiste retrace son parcours : « J’ai longtemps vécu au n°16 de la rue Saint-Jean à Niort. Ma sœur a maintenant pris le magasin. J’ai fait les cinq ans des Beaux Arts à Poitiers, mais en trois années. J’ai fait ce qu’on m’a dit de faire. Quand j’ai compris ce qu’on voulait de moi, j’y suis allé à cent pour cent. Mais je n’étais pas dupe car l’art contemporain, c’était une arnaque intellectuelle. Parallèlement, j’ai travaillé à l’Académie Anquetin qui était diamétralement opposé à l’esprit de ce que l’on me demandait. Ainsi, « Le coup de balai » est un tableau que j’ai fait quand je suis rentré dans le groupe « Trompe-l’œil-réalité ». La première année où j’ai exposé, le maître Henri Cadiou, mon parrain professionnel chef de file de ce groupe à Paris, m’a dit : il faut que tu fasses un tableau qui donne un coup de poing dans la gueule du bourgeois, un grand truc.
Donc je fais « Le coup de balai ». Quand j’ai eu terminé, un ami photographe a fait la photo en couleur de mon tableau. Henri a cru qu’il s’agissait du tableau à faire, que c’était les objets réels. Je lui re-réponds : non Henri c’est le tableau fini ! Et là, il m’écrit : le benjamin du groupe a trompé le patron du groupe Trompe-l’œil-réalité. Évidemment, ça a été le début de ma carrière. J’ai fait des ventes au Salon du Grand Palais à Paris. J’étais sociétaire. Ensuite, j’avais des rapports très tendus avec les professeurs. L’un d’eux a prévenu ses élèves lors du premier cours de peinture : surtout ne faites pas ce que fait Gautier ! Il est esclave du modèle ! Au deuxième cours, j’étais pas esclave du modèle. Ah non ! Photo : »Le Coup de balai » de Richard Gautier

Ce prof était content après. Son enseignement se résumait à « j’aime ou j’aime pas ! » Alors fallait savoir ce qu’il aimait. C’est limité comme enseignement. Plus tard, la professeur de déco dit au premier cours : Suivez votre crayon ! Je me lève, je croise les bras et je dis : on va bien voir où il va ! Ça n’a pas plu du tout. Donc, je leur mets le trompe l’œil du Coup de balai. Un tableau, une technique qu’ils ne m’avaient pas apprise. Ils étaient contents, mais pour moi c’était une petite revanche.
« Il y avait de bons profs, celui d’histoire de l’art, par exemple. Ces mêmes profs avec qui j’avais eu tous ces rapports, me demandent d’exposer avec eux. Après m’avoir donné le CAFAS (aux Beaux-Arts de Poitiers), en 1968, n’ayant plus rien à faire à Poitiers, je suis rentré à Niort, avant de faire mon service militaire pendant un an dans la Moselle. »

Un artiste qui enseigne son art
L’artiste a d’abord installé une toute petite galerie d’exposition dans son garage situé dans le centre-ville historique de Niort. Dans la maison attenante, il lance son premier cours, « à l’époque, je faisais même du modelage, comme j’étais influencé par mon père, modelage et dessin, les deux en même temps parce que c’est lié avec le côté tactile, la sensibilité. Depuis 55 ans, je continue. » Ainsi, chaque fin de saison artistique, en juin, l’atelier Richard Gautier expose les œuvres de ses élèves. Un vernissage qui débute traditionnellement par un « discours tabouret ». En fait, le professeur est juché sur un tabouret pas vraiment stable. En extérieur, jonglant avec les bruits de la ville, Richard Gautier s’est ainsi confié : « Quand un « vieux » professeur parle, l’élève écoute. A chaque époque, un filtre s’interpose entre la parole du professeur et l’oreille de l’élève. Celui des nouveaux codes, celui du mode de pensée du moment, celui des aprioris du conformisme, surtout aujourd’hui dans notre monde bouleversé où la contemporanéité est devenue une étiquette en vogue synonyme de passage de passeport et de respectabilité. C’est l’art contemporain. Mais nous n’avons pas tous la même contemporanéité, domaine où il y en a qui sont plus égaux que d’autres, comme disait Coluche. De même, certains sont plus contemporains que d’autres. Sachant que la roue de l’histoire tourne et que certains contemporains d’aujourd’hui seront les dépassés, les has been de demain, car le propre de la mode est de se démoder. Il faut croire en l’humanisme. Depuis que je pratique mon art, notamment lors des expositions internationales auxquelles j’ai pu participer, j’ai pris conscience de faire partie de ces mainteneurs en préparant un avenir délesté de ses scories contemporaines. Seuls les vrais artistes savent qu’ils travaillent pour demain. Les bases du dessin comme celles de l’écriture permettent de s’exprimer. C’est pourquoi, apprendre à voir nécessite beaucoup de recul et surtout beaucoup d’humilité vis à vis de la réalité. Ce n’est pas pour rien si notre belle et riche langue française différencie la vérité de la réalité.


Chacun des tableaux ( ci-dessus, trois réalisations d’élèves sur le thème imposé) que vous allez découvrir reflète la vérité que l’élève a tiré de la réalité avec ses moyens. 2025, donc cette année, ce sont des fleurs qui ont servi de sujet pour exercer les talents de mes élèves. Ce sont ces bleuets, ces coquelicots et ces marguerites que la chimie du consumérisme avait tenté d’exterminer en même temps que tous les insectes qui, autrefois, décoraient nos parebrises. Mes élèves savent pourquoi l’essence même de la technique flamande désoriente les esprits neufs quand ils m’entendent leur rappeler que la lumière est opaque et l’ombre est transparente. L’exercice est ô combien délicat pour son discernement, consacré à chacun de mes élèves. Et, parfois, contrairement aux apparences, il est fait de bienveillance. C’est l’intelligence qui pétille dans les yeux de mes élèves, il n’y a rien d’artificiel. Fallait vous le dire avec des fleurs. « Il faut savoir fleurir là où on a été semé », disait Bossuet. Cultivons donc notre jardin. Le prochain sujet 2025/2026 se déclinera autour de petites voitures. Tant que je pourrai donner des cours et que j’aurai un bout de bois avec du poil au bout, je serai un homme heureux. »
L’artiste peintre niortais Richard Gautier a un curriculum vitae plus long que son bras. La liste de ses œuvres et des nombreux prix remportés lors de diverses expositions est disponible sur son site internet https://richard-gautier.fr.
Assidu au Festival de peinture de Magné
Par ailleurs, il a été invité d’honneur et président du jury au Festival International de peinture de Magné (Deux-Sèvres) en juillet 2021, 2022, 2023 et 2024. Lors de la 37° édition de cette manifestation, qui se déroulera dans le Marais Poitevin du 18 au 20 juillet 2025, Richard Gautier sera membre du jury professionnel sous la présidence de M. Jean-Marie Zacchi, en compagnie des artistes Daniel Doutre, Bernard Masson, Marie-Hélène D’Autreppe et Jean-Paul Meinvielle.
Richard Gautier a publié trois ouvrages disponibles : en 1988, un album reproduisant 50 de ses œuvres ; en 2017, le livre « Richard Gautier, 50 ans de peinture » incluant (446 reproductions couleurs) ; en 2024, le livre « Le Pinceau Philosophe » proposant 68 reproductions agrémentées de textes explicatifs.

Gilles PETIT

Ecole et galerie Richard Gautier : n°71 rue Saint-Jean 79000 Niort ;
En saison estivale : galerie Richard Gautier à Saint-Georges-de-Didonne 17110 n°7 rue Henri-Collignon
MARAIS POITEVIN : « Aventures de vie en Sèvre Niortaise », un ouvrage d’anthologie coécrit par Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau
D’aucuns diront : « encore un livre sur le Marais Poitevin », avec la connotation touristique que l’on devine. Ils auraient tous faux. « Aventures de vie en Sèvre Niortaise » est, en effet, un livre sur le Marais Poitevin. Un Marais Poitevin vu de l’intérieur dans le cœur d’une poignée de ceux et de celles qui y sont né.es et/ou lui ont voué leur vie. Les auteurs Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau, deux maraîchins, ont choisi de dresser le portrait de cinquante hommes et femmes dont le vécu est propre à la vallée de la Sèvre Niortaise, le principal fleuve qui arrose la deuxième zone humide de France, entre Niort (Deux-Sèvres) et Marans (Charente-Maritime), en passant par le département de la Vendée.

Dans l’ouvrage « Aventures de vie en Sèvre Niortaise », il n’est point question de Venise Verte, de balades commerciales en barque, de concours des plus beaux clichés, de randonnées pédestres, à vélo ou en canoë, ni de visites de musées, de repas gastronomiques, etc. Selon les auteurs, « la quintessence du livre s’illustre autour de personnages fondamentaux de la vie économique et sociale du Marais. Ce recueil révèle des témoignages, parfois émaillés de patois, de ceux qui ont bien voulu raconter leur vie de tous les jours et leurs passions. »
Curieusement, l’ouvrage ne situe pas géographiquement le Marais Poitevin à l’échelle nationale. Mais, au fil des 350 pages, le lecteur découvre ce site, les lieux de vie des personnages choisis, et bâtit ses propres images.

Jean-Claude Coursaud
Jean-Claude Coursaud est un paysan avant tout, un agriculteur de Coulon (79), aujourd’hui retraité. « Mais, dit-il, j’ai toujours été fasciné par un phénomène : l’écriture. On parle de mon âge, un âge relativement avancé, même très avancé, j’ai donc 86 ans, bientôt 87. Bon pied, bon œil malgré tout ! »
« Aventures de vie en Sèvre Niortaise est peut-être mon dernier livre », ironise-t-il. De Niort à Marans, c’est à dire à l’estuaire de la Sèvre Niortaise, il y a tout un panel de gens qui l’intéressent. Un panel très hétérogène parce que tout est très diversifié. « Le Marais mouillé est un monde qui s’effrite. Aujourd’hui, il y a peu d’agriculteurs parce que le Marais a une lacune importante, il n’est plus rentable. Le Marais ne nourrit plus son homme. Le Marais est insularisé dans un monde économique en mutation. » Les cinquante personnages sélectionnés ne sont pas tous natifs du Marais Poitevin, mais une grande partie est originaire de cette vallée de la Sèvre Niortaise. « Il s’agit de gens qui ont un accès à la Sèvre Niortaise des deux côtés à la fois en Deux-Sèvres, Vendée et Charente-Maritime. »
« L’idée de faire ce livre m’est venue il y a deux ou trois ans, » explique M. Coursaud, « en signalant des personnalités locales qui ont eu une influence sur leur village, mais aussi les anodins. Je ne dirais pas les gens d’en bas car c’est d’un péjoratif abominable. Mais vraiment, toute une constellation de gens en fonction de leur intérêt économique. Ces gens-là sont représentés dans un livre de 350 pages qui propose 50 histoires toutes différentes. Des histoires de gens d’ici, des histoires tout à fait locales. Ce livre se situe parallèlement dans une période de mutations successives. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le destin économique du Marais subit un changement radical de ce monde en vivrier. Effectivement, vivrier est un mot qui pour moi, est très important parce que le Marais mouillé n’a jamais connu d’industrialisation et souvent, c’était des petits coins, des petites mottes où l’on faisait des mojettes, où l’on subsistait chaque jour. Dans sa partie septentrionale, le Marais mouillé est peu valorisé par une agriculture aux capacités limitées, des voies d’exploitation uniquement fluviales mettant un frein à son expansion. Et ça, dans un secteur compris entre Coulon, La Garette et La Sotterie, une zone de 2 800 hectares qui est vouée pratiquement à l’abandon avec un élevage d’une extensivité dramatique. Au contraire, le Marais desséché, endigué en XVII° siècle par les travaux des dessiccateurs hollandais, va prendre un essor considérable. Dès que vous avez franchi Maillezais, toute cette région de Vix à la mer a une agriculture particulièrement dynamique. »
Un regard sur le Marais Poitevin
« Cet ouvrage est un regard sur le Marais », assurent les auteurs. L’intimité révélée de ces hommes et de ces femmes, souvent par leur anonymat, fait qu’ils appartiennent à un monde à part déterminé par une région qui ne ressemble elle aussi à aucune autre. On retrouve le peuplier, le dernier bucheron du Marais John Perrault qui fait un travail diabolique dans cette zone que certains ont appelé le Triangle des Bermudes, en passant par la pépinière de Bernard Bordet au Mazeau (85), et sa finalité dans l’industrialisation du produit par l’entreprise Thébault de Magné (79). Le secteur touristique incarné par le constructeur de bateaux André Gelot à Damvix (85) ; l’ancienne cathédrale de Maillezais (85) valorisée grâce à la perspicacité de son ancienne propriétaire Mme Trichereau. Autres anonymes représentatifs du Marais tel René Martin, passionné de pêche à La Garette (79), Odile Gélineau, ancienne ouvrière de scierie à Maillé (85), Fabrice Ravard de la maison aux volets bleus à Sansais-La Garette (79), Eric Piffeteau qui crée des paniers et des bourgnons pour l’essentiel ; Jean-Louis Gibaud, cet anonyme a énormément travaillé sur le bourg de Coulon (79) ; Michel Beaufils, un artiste de Coulon (79) ; Christian Rault, luthier au Vanneau (79) ; le dessinateur à la plume Camille Gougnard d’Arçais (79) ; etc.

Isabelle Savariau
Isabelle Savariau qui réside à La Grande Bernegoue de Maillé (85), ne vient pas d’un milieu agricole, son père était bourrelier. Au fil de sa carrière, dans les mairies vendéennes à Liez, Maillezais et Champagné-les-Marais, elle dit « avoir tout appris des gens d’ici », qu’elle a découvert le Marais « grâce à ces habitants-là », tout en ayant un souvenir de sa petite enfance passée dans le Marais. Elle ajoute : « Par mon métier de secrétaire de mairie, j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de gens dans nos communes. Des gens sont disparus depuis longtemps et j’ai toujours regretté de ne pas avoir recueilli leur témoignage. C’est malheureux. Alors j’ai demandé à Jean-Claude d’aller voir des figures, ceux que l’on appelle des figures dans le Marais. Il y en a toujours et on en oublie forcément. Des gens qui souhaitent transmettre ce qu’ils savent, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils connaissent. Je pourrais donner l’exemple de M. Paul Bouchet qui est le doyen de notre recueil, il a 98 ans. Souvent, il me disait : mais moi j’ai plein de choses pour mes enfants et je me dis : qu’est ce que ça deviendra quand je ne serai plus là ? Paul, ça va être écrit, voilà ! Voilà l’esprit de notre écriture et tous les gens quel que soit leur âge, se sont tous prêtés au jeu. On est allé les rencontrer une fois, puis une deuxième fois et c’est comme ça qu’on a construit nos histoires. Ce ne sont pas vraiment des histoires, c’est du vécu, c’est des impressions, des passions. Tout ça est transmis et je me dis que c’est ça l’âme du Marais. »
Un ouvrage écrit à deux mains
Dans l’édition, Mme Savariau n’a travaillé qu’avec Jean-Claude Coursaud. « C’est vrai qu’on se connait depuis quinze ans, grâce à l’histoire des deux vendéens qui sont partis au Canada à la fin du XIX° siècle. Et cette histoire aussi m’intéressait, me passionnait parce que l’un des héros est mon arrière grand-oncle Théodore Gelot et cette histoire d’immigration au Canada, j’en ai toujours entendu parler par ma grand-mère. » Plus tard, la Maraîchine a réalisé un autre livre avec Jean-Claude Coursaud « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise ». C’est un recueil d’histoires locales dans les villages du Marais Poitevin truffé d’anecdotes, de scènes de vie rurale d’autrefois qu’on a oubliée. « Je suis passionné par l’écriture, j’aime bien la langue française. J’ai fait du latin autrefois, pour la syntaxe c’est intéressant. On a écrit à deux mains. On se complète dans l’écriture. Le choix des cinquante personnes s’est fait par connaissance. On a voulu mettre en valeur des gens qui vivent dans le Marais Poitevin et du Marais qui les fait vivre. C’est très éclectique, nous avons des anciens, comme des plus jeunes. Le Marais, ce n’est pas que des bateaux avec des promeneurs, c’est aussi des gens qui y habitent, qui aiment leur région et qui ont quelque chose à nous transmettre. »
Auto-édité, « Aventures de vie en Sèvre Niortaise » est vendu 28 € TTC, notamment à Coulon (Maison de la presse, écomusée de la Maison du Marais Poitevin) et à Fontenay-le-Comte (Espace culturel du centre commercial Leclerc, librairie Florilège) ; …
Disponible aussi chez les auteurs M. Jean-Claude Coursaud à Coulon tél. : 05 49 35 92 55, et Mme Isabelle Savariau à Maillé tél. : 02 51 87 00 28
Gilles PETIT
A lire : Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine » ; le recueil de Jean-Claude Coursaud « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise »






