Bassines Non Merci !

MARAIS POITEVIN : l’eau, source de « La Vague citoyenne »

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Les 2 et 3 juin 2018 à La Garette (commune deux-sévrienne de Sansais-La Garette, France), « La Vague citoyenne » n’a pas submergé les porteurs des dix-neuf projets de retenues dites de substitution, les fameuses bassines. A l’origine de ce waterstock #3, « Bassines non merci ! », un collectif citoyen, apolitique et pacifiste, qui lutte contre les bassines et l’irrigation à outrances, et lutte aussi pour les paysans.

Durant ces deux jours, « La Vague citoyenne », un nom sous-titré : « Pour une agriculture respectueuse de l’Eau, de la Terre et des Hommes », a rassemblé environ 2000 personnes dont 1200 ont participé à la grande déambulation festive du dimanche après-midi.

Lors des assises citoyennes du samedi, traitant, durant quatre heures, les sujets eau, agriculture et paysage, suivies des prises de paroles en clôture de la manifestation, nous retiendrons quelques propos et témoignages d’intervenants de toutes tendances, ou presque, car on regrettera l’absence des porteurs des projets en question.

Quand il parle de réserves de substitution, au départ, le collectif n’était pas systématiquement contre, et peut-être pas encore aujourd’hui, mais les projets portaient sur des prélèvements de surface, c’est à dire, des rivières qui étaient prêtes à déborder, et des nappes phréatiques archi pleines. En excluant les nappes profondes, indemnes de tout produit, à pomper vers des retenues construites à l’air libre. Dans ces retenues, l’eau va alors se réchauffer et sa qualité va se dégrader. « On est donc complètement dans l’inverse de ce qu’on voudrait faire », estime le collectif.

Selon M. Pierre Lacroix, membre du collectif et président de la Fédération de pêche des Deux-Sèvres : « Aujourd’hui, si les politiques n’ont pas le courage d’amener les mesures d’accompagnement pour changer les modes de culture, il ne serait pas préférable de subventionner un monsieur qui n’irrigue pas et qui sous-produit en faisant de la qualité, par rapport à celui qui irrigue et reçoit des subventions. Parce qu’il faut savoir que ces bassines-là seront subventionnées à 75% par l’Agence de l’eau, argent public, et que, quand ces gens-là prendront l’eau dans les bassines pour irriguer un hectare de maïs, ils toucheront une subvention de 300 € environ. Ils seront donc subventionnés deux fois. »

A savoir, dès qu’une culture est arrosée, il est nécessaire, le lendemain, de traiter la parcelle en pulvérisant un fongicide afin d’éviter le développement de la maladie.

Rapidement lors des assises citoyennes, les interventions fusent, dont celle-ci : « A qui profite le crime ? 9 millions de mètres-cube d’eau pour 230 bénéficiaires. Sur 10% d’irrigants, 2% vont en bénéficier. Sur  les 230 exploitations concernées par les bassines du seul projet de la Sèvre Niortaise que sont les adhérents à la Coop de l’eau, 119 vont être directement raccordés aux bassines. Ce qui représente, à peu près, 6% des exploitations du territoire, tout confondu, irrigants ou non. Il s’agit d’une confiscation de l’eau potable au profit d’une infime partie des gens. »

M. Jean-François Périgné, « citoyen-paysan de la mer », précise-t-il, secrétaire national à la Confédération paysanne et référent de la question de l’eau, a ainsi résumé la situation : « Je voudrais aborder la question de l’eau sur un angle beaucoup plus global, de façon que tout le monde comprenne bien ici l’enjeu local et largement planétaire. Vous avez remarqué que le but majeur de la conquête spatiale est d’aller trouver une planète où il y a de l’eau. Pourquoi ? Car il n’y a pas de vie, telle qu’on la connaît, nous, sans eau. Il n’y a pas une goutte d’eau qui est perdue lorsqu’elle part à la rivière car les racines de l’océan, ce sont les rivières. Et tout comme les poissons qui pondent et qui meurent au stade larvaire, pour nous, c’est exactement la même chose au niveau des coquillages, des crevettes et au niveau de toute la ressource halieutique puisque les zones de reproduction, de frayères, et de nurserie se trouvent dans les zones estuaires parce que c’est là que se fait le mélange entre les sels nutritifs amenés par la terre, il en faut et c’est nécessaire, pour le développement du premier maillon de la chaîne alimentaire de l’océan. Et le premier maillon de la chaîne alimentaire de l’océan, c’est le phytoplancton. Les océans c’est 4/5ème de la surface de la planète. Le phytoplancton est la première biomasse végétale de la planète qui produit les deux tiers de l’oxygène que l’on respire et qui joue un rôle hyper important sur le captage du CO2 car toutes les plantes consomment du CO2 et rejettent de l’oxygène. Tout ce qui est à support calcaire (les coraux, nos coquillages. . .) est en danger de disparition rapide. En une petite trentaine d’années, malgré les sonnettes d’alarme tirées par les conchyliculteurs, la situation se dégrade d’année en année, avec un empilement de mesures environnementales censées sauver la biodiversité, parc naturel marin, Natura 2000, etc. Entre le temps de décision de l’humain et le temps de réponse de la nature, il se passe un certain temps. La terre a son propre rythme qui n’est pas le rythme des humains. Quand on parle de l’eau, on parle de la composition du corps humain, on parle de l’aliment principal. 70% de notre alimentation, c’est de l’eau. Que ce soit sous forme liquide, végétale ou animale, c’est de l’eau qu’on consomme. L’enjeu est énorme. Ici, dans l’ouest de la France, on lutte contre un système d’irrigation pour nourrir une plante qui, dans son pays d’origine est la déesse de la fécondité et qui est en train de devenir chez nous la déesse de la stérilité. Tout simplement parce qu’on est en train de se battre en plein dérèglement climatique pour produire une plante tropicale et donc reconstituer un climat autour de la plante qui n’est pas son climat d’origine. Pourtant, il existe un maïs local. Sur le constat, on est tous d’accord, la FNSEA, les politiques, la Confédération paysanne, les citoyens lambda. Les climatologues nous annoncent 20 à 30% de moins dans les débits des rivières, une pluviométrie qui va devenir de plus en plus aléatoire, huit années sur dix de sécheresse sévère, une évaporation qui va augmenter de 20 à 30 %. L’évaporation sur le problème des bassines, c’est le syndrome du Shadok, on pompe de l’eau qui est stockée naturellement dans le sol, ça n’a rien coûté de la stocker, elle est à l’abri de l’évaporation, pour la mettre dans une bassine où de toute façon sur la globalité du volume d’eau, il va falloir laisser 20% au fond pour maintenir le liner en place, alors qu’au minimum 30% de l’eau va s’évaporer et rentrer naturellement dans le cycle de l’eau. Donc il reste utilisable globalement 50% de l’eau qui aura été pompée de la ressource. Il y aura, quand même, une baisse du stockage de l’eau en souterrain.

« Par rapport à ce contexte climatique, on a deux écoles : pour prévenir on va stocker en hiver quand il y a trop d’eau, etc. ; et l’autre école qui dit : le stockage naturel ne coûte rien, il est là et on va s’adapter de différentes manières, adapter les cultures aux sols. La filière maïs est déficitaire, globalement elle redevient rentable parce que ce maïs est exporté par le port de commerce de La Rochelle-La Pallice. Il va nourrir des poulets au milieu du désert dans le Maghreb ou ailleurs. Et peut-être que dans ces pays, les habitants ne mangent que les cuisses et les blancs et nous ramènent les nuggets que nos gamins mangent dans les MacDo. Ici on est sur une privatisation déguisée, c’est de l’argent public qui va aller à quelques personnes. La problématique de l’eau, c’est la survie de la vie sur la planète parce que l’océan, c’est la vie de la planète. »

Tout le monde s’accorde à dire « il ne faut pas donner plus que la nature ne peut donner. » Mais aussi que « cette lutte contre les bassines et l’irrigation à outrance, c’est une lutte POUR les paysans ! C’est la population où il y a le plus de suicides. Ce sont les premiers impactés par les maladies liées aux pesticides qu’ils utilisent eux-mêmes. C’est une population qui est en pleine dérive morale. »

Le « paysan » Benoît Biteau constate : « La Loi sur l’eau dans son premier article explique que l’eau est un bien commun. Force est de constater que l’eau est devenu un bien marchand. Ça convoque au moins une dimension, celle du partage. Le deuxième article sur la Loi sur l’eau hiérarchise l’usage de l’eau dans un ordre précis : le premier c’est l’eau potable pour que tout ce qui vit sur cette terre puisse avoir accès à l’eau potable, le fluide vital dont nous avons tous besoin ; la deuxième priorité, notamment dans le Marais Poitevin, c’est la préservation du bon état du milieu aquatique. Par le milieu aquatique se jouent énormément d’enjeux, l’équilibre, la préservation des ressources sur les plans tant qualitatifs que quantitatifs, la préservation des biodiversités qu’elles soient sauvages ou domestiques, la climatique fondamentale car ce sont aussi des zones de séquestration du carbone, des gaz à effet de serre, et bien sûr, la santé ; le troisième article, c’est l’eau économique mais ce n’est que le troisième. L’eau économique inclut, entre autres, l’usage de l’eau par les agriculteurs. Le maïs exporte l’eau si rare chez nous vers d’autres contrées alors qu’on pourrait la préserver en revenant sur des fondamentaux agronomiques qui consistent, d’une part, à nourrir des herbivores avec de l’herbe et qui consiste aussi à produire du maïs avec d’autres ressources génétiques que le maïs proposé par les grandes firmes semencières ; les intérêts de quelques-uns se rapprochent, c’est à dire que ceux qui sont derrière ces projets de stockage sont aussi ceux qui proposent de la semence certifiée, des maïs hybrides, des produits de traitement et du matériel d’irrigation. Avec tout ça on télescope l’article premier qui dit que l’eau est un bien commun. Un autre modèle alternatif est possible depuis toujours, il porte un nom : agronomie, agroécologie. Revenons aux fondamentaux, au bon sens paysan. On est en train de dévaster la terre, avec un petit T, telle que nous, paysans, avons entre nos mains, et de la terre avec un grand T, celle qui nous porte tous sur fond de changement climatique. »

Les débats ont aussi porté sur la nourriture : « Aujourd’hui, le combat est dans l’assiette. La qualité des produits n’est pas un problème, c’est un drame. Rien n’est perdu, la mal bouffe n’est pas une fatalité. Il vaut beaucoup mieux moins manger, mais bien manger. Aller chez son petit producteur local. Il faut arrêter de manger des saloperies. »

Quand on parle d’eau souterraine, on parle d’infiltration dans le sol. Un agriculteur maraîchin qui plante depuis des années, a ainsi pointé : « Les milieux sont ouverts. Du moment qu’ils sont ouverts, il y a une chute de la population d’oiseaux, d’insectes, . . . Pour y remédier, le système est simple, on referme les milieux agricoles, on remet de la vie. Ça revient très vite. Le plus beau et le plus énorme mouvement citoyen possible, serait de planter des arbres et des kilomètres de haies. »

Selon la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho : « On ne peut changer les choses que si on est dans l’interaction entre des citoyens qui se mobilisent et des élus qui sont déterminés. S’il n’y a pas de rapport de force, c’est toujours la même chose :  tout continue comme avant, et les lobbies y gagnent à la fin. La mobilisation a déjà commencé à faire bouger les choses. Les problèmes des volumes, de la qualité de l’eau, de la biodiversité, du processus pour un projet de territoire, doivent faire l’objet de dialogues. Tous les espoirs sont permis. »

Le bilan de cette manifestation affiche une fréquentation de l’ordre de 2000 personnes sur le weekend. Dimanche, environ 1200 personnes ont déambulé, en plus de ceux restés sur le site. Ce n’est pas pleinement satisfaisant. Il faut prendre en considération le temps incertain et les nombreuses autres animations organisées dans la région.

« C’est sûr, il y aura un waterstock #4. Si ce n’est pas pour le fait qu’on aura gagné contre les bassines d’ici là, ce sera un waterstock #4 pour reconstruire l’agriculture, pour reconstituer notre paysage et nos rapports humains avec nos agriculteurs. »

Gilles PETIT

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MARAIS POITEVIN : Bassines et signature du contrat de Parc 2018-2020 à Coulon

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D’entrée, le ton est donné à Coulon (Deux-Sèvres) jeudi 26 avril 2018 en début d’après-midi devant le siège du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), à l’occasion de la signature du contrat de Parc 2018-2020 entre le PNR et la Région Nouvelle-Aquitaine. « La Région et Monsieur Rousset n’ont pas donné leur arbitrage quant au financement des bassines à hauteur de dix millions d’euros », informe M. Julien Le Guet, représentant des manifestants regroupés dans la structure collective Bassines Non Merci !. « Qu’on ne vienne pas me mélanger le marais et les bassines. Maintenant s’il y a des problèmes je saurai le dire, mais qu’ on n’en profite pas, sinon on n’avance pas, on oppose, on clive, et quand on clive, on ne construit pas », répond le Président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Toutefois, « une rencontre est calée le 29 mai prochain avec M. Alain Rousset sur le terrain pour lui montrer l’aberration de ce projet », précise M. Le Guet.

Le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset a été accueilli devant le siège du PNR par une délégation de Bassines Non Merci !

Pour les non initiés ou les absents, cette notion de « bassines » est expliquée dans nos articles précédents :  MARAIS POITEVIN : A Amuré (79), une chaîne humaine pour dire « Bassines, Non Merci ! » et MARAIS POITEVIN : le Collectif « Bassines Non Merci ! » lance « La Marche des Pigouilles » – dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres), aux liens suivants, respectivement : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2017/11/12/marais-poitevin-…ssines-non-merci/ et https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2018/02/26/marais-poitevin-…gnon-deux-sevres/.

Les manifestants dénoncent l’attitude du Parc, « pro-bassines » selon eux, « C’est dix ans d’histoire loupée, dix ans de mépris vis à vis des habitants et des associations du territoire. Donc aujourd’hui, on est là pour interroger en profondeur la pertinence d’un tel outil qui finalement n’est plus un projet de protection du milieu, mais bien un projet de soutien au pire développement économique. Si M. Rousset venait à signer, en dépit de nos interpellations, ce triste document, le Parc serait mort. »

 

 

Le Contrat de Parc 2018-2020 présente 46 actions pour un montant total de dépenses de 5 995 599 € sur trois ans. Selon le texte, « cette somme correspond aux objectifs de mise en œuvre de la charte 2011-2023 et à la feuille de route régionale. »

Le contrat est structuré autour des axes stratégiques de la dite-charte, à savoir :

  • Soutenir une agriculture durable (programmes autour des marais desséchés favorisant l’élevage extensif et la réhabilitation des milieux) ;
  • Développer un tourisme durable, rayonnant dans l’espace et dans le temps (itinérances, tourisme fluvial, . . .) ;
  • Favoriser l’émergence, le développement d’activités économiques fondées sur la valorisation du patrimoine et des ressources naturelles (marque parc, stratégie territoriale énergétique) ;
  • Préserver et restaurer le fonctionnement écologique du marais (observatoire patrimoine naturel, Life Baie d’Aiguillon, amélioration de la connaissance et de la conscience du risque, . . .) ;
  • Préserver et mettre en valeur les paysages identitaires de la ruralité maraîchine (valorisation de l’architecture maraîchine, plantation et suivi de boisement, . . .) ;
  • Forger une culture du marais engagée vers le développement durable (éducation à l’environnement, . . .).

    Au départ de Coulon, une petite balade touristique dans la Venise Verte a précédé la cérémonie de signature du contrat de Parc.
M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du Parc naturel régional du Marais Poitevin

Selon M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du PNR : « Cette terre est une terre d’exception comme tous les Parcs naturels régionaux. [La région Nouvelle-Aquitaine compte aujourd’hui quatre Parcs naturels régionaux : Landes de Gascogne, Marais Poitevin, Millevaches en Limousin, Périgord-Limousin, et bientôt cinq avec le projet du Médoc] Elle a une histoire qui est tournée vers l’eau. Cette eau qui, à la fois, peut apporter tant de richesse, mais aussi tant de danger. Cette eau nous amène aujourd’hui à mettre en avant toutes les richesses de ce territoire. Ces richesses sont à la fois culturelles, à la fois architecturales, à la fois de l’histoire et aussi de l’environnement. Ces richesses que l’on se doit de préserver dans l’avenir. » Dans cet objectif, le Marais Poitevin, deuxième zone humide de France et cinquième d’Europe, vient de se voir renouveler le label Grand Site de France. Le PNR envisage de « conquérir la reconnaissance de l’UNESCO et le label Convention RAMSAR. » La Convention de Ramsar est le plus ancien de tous les accords modernes mondiaux et intergouvernementaux sur l’environnement. Il s’agit d’un traité négocié dans les années 1960 par différents pays et organisations non gouvernementales préoccupés par la perte et la dégradation croissantes des habitats en zones humides pour les oiseaux d’eau migrateurs. Adopté dans la ville iranienne de Ramsar en 1971, il est entré en vigueur en 1975.

M. Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine.

M. Alain Rousset : « Ce Marais Poitevin est peut-être un résumé du défi que l’on a aujourd’hui sur la planète. On vit plusieurs défis : le défi de la croissance démographique, donc de nourrir la planète, de l’occuper, et le défi de la préserver. Et l’eau est un marqueur essentiel. Pour moi, voir une rivière à sec est un vrai malheur. Et puis, nous sommes là vers des systèmes de résurgence, mais on est en même temps vers des systèmes de submersion et d’inondation. C’est le deuxième paradoxe plus local. Comment peut-on à la fois souffrir de manque d’eau et de trop d’eau ? Le réchauffement climatique va entraîner la montée des eaux. Moi je souhaite que le Marais poitevin soit un lieu qui soit, d’une certaine manière, comme l’huître l’est à l’égard de la qualité des eaux, un lieu témoin à l’échelle de l’Europe.

Bassines Non Merci ! a organisé une procession de l’église de Coulon à l’embarcadère afin d’enterrer le Parc comme on a toujours enterré les morts dans le Marais Poitevin, c’est à dire, en leur proposant un dernier tour en barque pour dire au revoir à leur Marais.

 

 

« Je reste dans l’idée qu’on ne peut pas opposer l’homme et la nature parce qu’à un moment donné les verrous sautent. Donc, il  faut les marier justement. Il y a des activités humaines et agricoles, horticoles et maraîchères. Il y a des lieux, le marais humide et le marais desséché. Il y a du patrimoine. Il se trouve qu’un parc naturel régional est un joli témoin de ce que nous pouvons faire d’une manière publique avec la société civile pour, à la fois, faire en sorte qu’on préserve et qu’on vive, et qu’on montre. Rien ne serait pire que de garder pour quelques-uns cette balade magnifique sur les canaux. Cet espace doit être mis à la disposition du public, d’abord parce qu’il y a de l’argent public qui est mis pour le préserver. Donc il y a toute une réflexion sur un tourisme durable à mettre en place dans le cadre du Parc. En liaison avec les professions, les communes, les associations présentes avec les professionnels de la batellerie. Je sais qu’il y a des inquiétudes que j’espère infondées, en tout cas que je vais vérifier, sur l’approvisionnement en eau du marais. »

Par ailleurs, poursuit le Président : « la Région n’est pas là pour reproduire l’État, c’est à dire de tout décider, de Bordeaux ou de X ou Y, sur ce qui se passe sur les territoires. Je fais confiance aux territoires, à la société civile des territoires, aux associations des territoires, aux organisations et aux élus des territoires. Il y a des lignes qui seront fixées, mais ce n’est pas à moi, président de la Région, de les fixer, même si la Région est un des principaux financeurs, sinon le principal. Je fais confiance; c’est dans ce sens là qu’il faut voir la signature du président de la Région. Il y a un débat local. Ce débat est démocratique. On n’a rien inventé de mieux que la démocratie. C’est à la Région de fixer les grandes lignes et les orientations d’un Parc naturel régional. »

MM. Rousset et Perrier ont finalement paraphé le Contrat de Parc naturel régional du Marais Poitevin 2018-2020.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : le Collectif « Bassines Non Merci ! » lance « La Marche des Pigouilles » – dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres)

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Protestant contre le projet de construction de 19 « réserves de substitution » destinées à l’irrigation, environ 1500 personnes avaient formé une chaîne de 1,7 km autour d’une parcelle de 18 hectares, le samedi 11 novembre 2017 dans la plaine d’Amuré, une commune du Marais Poitevin des Deux-Sèvres. « On a besoin de vous le 4 mars prochain ! » clame le collectif « Bassines Non Merci ».

« Bassines Non Merci ! » est un collectif composé de citoyens, d’élus, de scientifiques, d’associations environnementales, de naturalistes, d’agriculteurs et de paysans, mais aussi de chefs d’entreprises, d’organisations syndicales, de partis politiques (EELV, PS 79, FI, La République en Marche 79, le Modem 79. . . d’hommes politiques UDI comme le Maire de Niort également Président de l’Agglomération du Niortais ..) et de plus en plus de maires du Marais Poitevin, du Haut Val de Sèvre . . .) qui s’opposent à la construction de cette première vague des 19 réserves d’eau en Deux-Sèvres et en Charente-Maritime.

Au total, le programme  concernera 200 bassines sur le territoire au profit de seulement 10% d’agriculteurs céréaliers, financées avec 70% d’argent public, au-dépens du patrimoine naturel et du partage équitable du bien commun qu’est l ‘EAU.

Le collectif organise une nouvelle manifestation de masse, (il est attendu entre 3000 et 4 000 participants), pour faire vaciller les pouvoirs publics auprès desquels les financements ont été sollicités. Pourquoi ? Parce que l’opposition citoyenne est la véritable arme contre ce projet, comme à Notre-Dame-des-Landes.

La manifestation du 11 novembre 2017 à Amuré (Deux-Sèvres), qui a rassemblé 1 500 opposants, ayant permis aux pouvoirs publics de mesurer l’opposition citoyenne à ce projet, le collectif souhaite transformer cet essai  le dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres), commune sur laquelle trois « bassines » sont prévues. En une année, celles-ci détourneraient la consommation sur huit ans des 2 800 habitants de Mauzé-sur-Le-Mignon.

Pourquoi on s’oppose à ce projet (voir ce schéma explicatif :Bassines_info_Sèvre_niortaise_VF )
  • Une injustice économique et environnementale : sans même parler du coût global de 60 millions d’euros financés à 70% par des fonds publics, ce qui serait au passage inconcevable pour toute entreprise privée dans n’importe quel autre domaine, le coût pour la collectivité à l’échelle de la Région s’élèverait à 9,9 millions pour les seules 19 bassines de la Sèvre-Niortaise, et à 77 millions pour l’ensemble des 120 bassines en projet (sur les 200 envisagées) dans une période de contexte budgétaire difficile pour l’ensemble des collectivités locales. Et que dira l’Europe de l’utilisation de fonds FEADER si ceux-ci sont incompatibles avec la « Loi cadre sur l’eau et l’atteinte du bon état écologique des rivières en 2021 » ? On peut légitimement penser que la Cour Européenne de Justice aura sûrement une réponse à apporter.
    Le collectif s’oppose au non respect de la loi sur l’eau, avec ces projets d’un autre âge, les trois priorités de la loi sur l’eau s’inversent, avec ses dégâts sur nos cours d’eau et, cette année, c’était le cours d’eau de Crépé à la Grève-sur-Le-Mignon (Charente-Maritime) un 10 février en plein hiver.
    On veut de l’eau pour tous : pêcheurs, kayakistes, paysans, jardiniers, les arbres, amoureux de la nature, pour nos rivières, les poissons, batraciens. . .

  • Un déni de démocratie : des manquements flagrants en terme de concertation et d’information de l’ensemble des acteurs socio-économiques, dès l’enquête publique et alors que les signaux d’opposition à ce projet se multiplient chez les élus, citoyens, agriculteurs, paysans, chefs d’entreprises, scientifiques, forces politiques du territoire…

  • Une injustice économique et sociale (voir les détails dans ce document : Histoire volumes irrigation agricole SevreMignon_v2018 ) : quelle équité entre exploitants agricoles qui seront connectés à la bassine et qui auront la garantie d’un accès sécurisé à l’eau, et les autres qui devront se partager l’eau restante dans la nappe après le remplissage des bassines. Récemment deux paysans ont eu un refus d’accès à l’eau sur la Boutonne pour leur projet d’installation. De plus, la démesure des projets enfermera l’ensemble des adhérents de la COOP de l’eau (raccordés ou non) dans une voie sans retour de par l’ampleur des investissements initiaux et l’augmentation du prix de l’eau, le tout dans le cadre d’un montage économique fragile (non viable sans une part de 70% d’argent public et basé sur des prévisions de remplissage 9 années sur 10, ce qui n’aurait déjà pas été le cas sur les dix dernières années et semble encore plus optimiste pour les décennies à venir).

  • Un choix sociétal : le collectif souhaite donner une impulsion nationale à l’accompagnement à la transition vers des modèles agricoles durables, adaptés aux territoires et respectueux des hommes et des milieux, et dire stop à ce modèle destructeur des ressources naturelles et du monde paysan.

Lors de la journée du 4 mars 2018, le collectif organisera un marché de producteurs locaux de 10:00 à 17h00 auquel nous souhaitons vous associer afin de renforcer toujours et toujours l’importance de consommer local pour privilégier l’économie du territoire, mais aussi pour mettre en avant votre agriculture respectueuse de notre environnement.

Et si vous le souhaitez, n’hésitez pas à diffuser cette invitation afin de proposer à vos amis, votre famille, de participer à la Marche des Pigouilles. Le collectif précise que « plus on sera, plus on aura de chance de vaincre et de travailler autour d’un véritable projet de territoire dans l’intérêt de tous, de nos enfants et petits enfants et de la planète ! »

 Loïc MICHAUD
Pour le Collectif « Bassines Non Merci ! »