Amuré 79

SANSAIS – LA-GARETTE (79) : des vœux, un thème « Donne moi ta main ! »

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« On va zoomer sur 2019 puis, tous ensemble, on sortira de notre marais, de notre commune, de notre département, parce qu’on appartient à un ensemble qui s’appelle la France, qui s’appelle l’Europe, qui s’appelle la planète. Enfin, on va émettre des vœux, des souhaits pour que les hommes vivent en paix », annonce d’entrée, en guise de vœux, M. Rabah Laïchour, le maire de la commune de Sansais – La-Garette.

Ici la mairie de Sansais semble somnoler, mais, derrière cette façade, la municipalité travaille. Photo Gilles PETIT

Devant un parterre d’une centaine de personnes réunies samedi 19 janvier 2019 dans une petite salle du complexe touristique de La-Garette, M. Rabah Laïchour a d’abord dressé la liste des travaux réalisés sur sa commune en 2018. Il a débuté par la mise en sécurité à Sansais du carrefour des routes du Vanneau et de La-Garette, et du « plateau-ralentisseur » routier construit devant la mairie et l’église. A été aussi aménagée une salle d’activités sous le préau de l’école, opérationnelle depuis la rentrée scolaire. A cette occasion, une ancienne salle de classe a été transformée en salle de restauration pour les enfants de l’école.

Toujours à Sansais, dans le cadre du « zéro pesticide » un carré a été végétalisé et, dans un ou deux mois, un second bénéficiera aussi de cette végétalisation, avec l’aide d’un paysagiste professionnel.

Sur le site de La-Garette, un programme de plantations se poursuit, entre autres, avec l’association Maraisthon et la société Agentis partenaire de cette course pédestre qui « parle du Marais au-delà des frontières européennes, et même d’autres continents. »

Après le village de La-Garette, lequel est raccordé depuis très longtemps à la station de la commune voisine de Magné, Sansais bénéficie enfin de l’assainissement collectif. Le réseau et sa station d’épuration de type « filtres plantés de roseaux », d’une capacité de 600 équivalents-habitants, seront en fonctionnement en janvier. « Maintenant les toilettes au fond du jardin, logiquement c’est fini. Et quoi que l’on dise, heureusement que nous appartenons à un ensemble qui s’appelle la CAN [Communauté d’Agglomération du Niortais] puisque ce projet a été porté par l’intercommunalité. La commune de Sansais toute seule n’aurait pas pu mettre 1,450 million d’euros sur la table pour construire une telle station », a précisé le maire.

Côté santé, M. Laïchour s’enorgueillit: « Nous avons trois kinésithérapeutes et une infirmière. Dans les semaines qui viennent nous accueillerons deux autres professionnels de santé dont, nous espérons, un médecin généraliste. C’est notre objectif, ou alors voir avec les médecins des communes alentour s’ils ne peuvent pas assurer des permanences. »

« Pour les écoles, il y a quelques années, l’État nous a dit : la scolarité, c’est quatre jours par semaine ; quelques années après, c’est quatre jours et demi ; et depuis, vous avez le choix, » s’est étonné le maire. « Nous, on est passé à la semaine des quatre jours, par contre on n’a abandonné ni les parents, ni leurs enfants parce qu’on a proposé, avec nos collègues d’Amuré, mais aussi de Bessines pour le centre de loisirs, des activités le mercredi. Les parents peuvent déposer leurs gamins le mercredi matin dès 7h30 à la garderie. Ensuite il y a des activités assurées par des bénévoles ».

M. Laïchour a omis d’informer que le Syndicat Intercommunal à Vocation Scolaire, (SIVS) qui unissait les écoles d’Amuré, de Sansais – La-Garette et de Saint-Georges-de-Rex, a implosé fin 2017. En effet , les deux premières communes citées ont remis en cause le fonctionnement de cette structure créée dans le cadre d’un Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI). Depuis, Sansais – La-Garette et Amuré roulent en tandem dans le sens opposé, vers les loisirs proposés à Bessines. Se retrouvant isolée, Saint-Georges-de-Rex s’est tournée vers la commune voisine de Saint-Hilaire-La-Palud, laquelle l’a acceptée. Ces deux municipalités vont fonder une nouvelle organisation à compter de la rentrée 2019/2020, afin de répondre à l’obligation de l’accueil scolaire.

Lorsque la scolarité au SIVS était aussi le mercredi matin, le conseil municipal de Sansais – La-Garette du 28 août 2008 avait choisi adhérer au SIVU Coulon-Magné qui gère un espace petite-enfance et assure les centres de loisirs de mi-semaine et durant les vacances. Arguant de la fragilité du budget de la commune et, entre autres, la très faible fréquentation du centre de loisirs du mercredi par les enfants de Sansais, les élus locaux ont décidé de demander le retrait de leur commune du SIVU Magné-Coulon-Sansais – La-Garette, à compter du 1er janvier 2017. Le comité syndical n’est pas contre ce retrait mais il demande le règlement d’une importante « dette » due par Sansais – La-Garette. A notre connaissance, l’affaire est dans une impasse. Nous y reviendrons dans une prochaine édition.

Côté sécurité incendie, « Quand il y a le feu sur la commune, on appelle Niort », signale M. Laïchour qui ajoute « les pompiers mettent combien de temps pour arriver ? Parfois une demi-heure oui ! Souvent, ce sont ceux du Vanneau-Arçais ou ceux de La-Gorre qui viennent. Donc, nous avons décidé d’adhérer au syndicat CPI [Centre de Première Intervention] de la Courance. Nous sommes désormais quatre communes avec Frontenay-Rohan-Rohan, Amuré – La-Gorre et Épannes. »

La commune contribue au budget du SDIS (service départemental d’incendie et de secours), cette contribution s’élève pour 2018 à 14 033,96 €. Cette somme est déterminée depuis 2013 selon les critères de population DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) pour 40%, potentiel financier pour 30%, revenu de la population pour 30%. Des dégrèvements viennent s’appliquer dont l’appartenance à un CPI. Le budget communal va donc bénéficier d’un dégrèvement.

La fibre arrive

L’année 2019 débute par une bonne nouvelle : la fibre arrive à la fois à La-Garette et à Sansais. « C’était écrit dans les petits papiers de la première CAN (Communauté d’Agglomération de Niort), » rappelle le maire. « Les 29 communes devaient disposer de la fibre au plus tard en 2020. Et nous, on était programmé pour 2019. La CAN a tenu ses promesses. Il y aura une armoire à La Garette à côté de la piscine et une à Sansais près de la mairie à la place de l’ancienne cabine téléphonique. La fibre va arriver chez nous et donc les pigeons voyageurs c’est fini ! »

« Donne moi ta main »

M. Rabah Laïchour a ensuite ouvert en grand un autre volet de son intervention que l’on pourrait intituler « Le coup de gueule d’un maire ! ».

« Pour faire la transition, que se passe-t-il autour de nous ? D’abord il y a l’actualité internationale. Aujourd’hui, il y a le désespoir un peu partout et on ne peut pas dire qu’on n’est pas concerné. Pourquoi ? Parce que ce matin, vous avez tous pris un café, je suppose ?! Ce café arrive de l’autre bout du monde. Ce matin, vous avez peut-être pris des tartines de pain avec du beurre. Le pain est fait à base de blé. Les prix sont fixés par des marchés internationaux qui se trouvent à l’autre bout du monde. On ne peut pas vivre tout seul comme ça, en autarcie, on est concerné par tout ce qui se passe dans le monde. Le terrorisme; on est concerné. Aucun pays n’est épargné. On ne peut pas rester indifférent. Les migrants; en 2018, il y a eu 2200 migrants morts en Méditerranée. C’est plus que les victimes du terrorisme. Ce que les politiques appellent le populisme; on est aussi concerné parce qu’on dépend de l’Europe. En fonction de ceux qui vont décider demain à Strasbourg, à Bruxelles, des aides aux agriculteurs, des normes pour les communes, etc, on est dépendant de ça. Donc, on ne vit pas seuls.

« L’autre désespoir aujourd’hui, c’est, d’une part, le blues des maires des petites communes. On leur donne de moins en moins de moyens, mais on leur dit, il faut proposer toujours plus de services pour vos administrés. Ce n’est pas possible. La colère noire des gilets jaunes. Les bassines. L’hôpital : si on allait tous tout de suite (nous sommes quatre-vingt à cent personnes, peu importe) aux urgences à l’hôpital. On ferait la queue. Le dernier d’entre nous passerait peut-être dans deux jours, et encore… . C’est aussi un peu le désespoir. J’ai pris cela comme exemple, j’aurais pu en citer d’autres. Au dessus de tout ça, il y a Thomas Pesquet. Lui, a pris de la hauteur, il a regardé et il nous a dit : terriens, arrêtez vos bêtises, moi je vous regarde. D’abord, il ne nous a même pas vus parce qu’on est tellement petits, il a vu la terre mais il n’a pas vu les habitants de Sansais, de La Garette, il a regardé la terre dans son état. Aucun d’entre nous n’est venu de Mars ou Jupiter, nous sommes tous sur cette planète Terre. Et sur cette planète Terre, imaginez : vous habitez à Sansais et vous ne vous entendez pas avec votre voisin, qu’allez-vous faire ? Vous allez appeler le maire. Le maire va vous dire appelez la Gendarmerie. Quand les gendarmes arrivent, ils vont vous dire, le pouvoir de police c’est le maire qui le détient. Vous revenez voir le maire. Après vous pouvez dire, finalement à Sansais les voisins ne sont pas sympas, je vais aller habiter à Magné. Mais à Magné, vous allez transférer le problème sur mon collègue de Magné. Vous ne pourrez pas dire, je vais habiter sur un autre planète. Nous sommes condamnés à vivre sur la planète Terre et seulement sur la planète Terre.

« Le premier vœu que nous pouvons émettre : un monde sans terrorisme. Mais non, ça ne marchera pas. Parce qu’une des premières industries est l’industrie de l’armement. Donc il faut vendre des armes. Dans le top 10 des plus grands vendeurs d’armes au monde, la France est en quatrième position. Il faut que le jeu continue. Si on ne veut plus de terrorisme, il ne faudra plus fabriquer d’armes.

« Un autre vœu : la fin des murs. C’est bizarre parce qu’il y a des murs qui tombent (Berlin, les deux Corées); mais pendant ce temps, ailleurs, on a le truand Donald Trump qui s’accroche à son mur ; vous avez un mur au Proche-Orient; c’est Israël qui en construit un pour éviter que les Palestiniens reviennent chez eux.

« Un autre espoir, c’est un monde sans guerre. Un autre espoir, c’est un monde sans pollution, il y a ce que l’on appelle un 7ème continent. On est en train de rêver, mais peut-être que certains vont se réaliser si chacun fait son petit bout à son niveau. Un autre espoir, c’est un monde sans pesticide, les pesticides tuent plus de personnes que les terroristes. Un autre espoir : la fin des actes gratuits et irresponsables, parce qu’il y a des choses qui se passent chez nous (saccage d’un appareil distributeur automatique de pain, vol de plantations, . . .), on espère qu’il y aura moins d’incivilité. Nous avons reçu dans nos boîtes à lettres un papier, non signé, distribué au mois de novembre. Il y a eu un deuxième papier et dans celui-ci on nous dit M. le maire vous n’avez pas répondu ! Comment voulez-vous que je réponde à un inconnu, ce n’est pas possible, il n’est pas signé, c’est un manque de courage, lamentable. Un autre espoir, c’est moins d’inégalité. « Face aux gilets jaunes, des maires français déstabilisés ! » a titré un journal. Pourquoi les maires ? Ce monsieur, cette dame, ce n’est pas le maire qui les a nommés ou a fixé leur salaire. Les maires n’y sont pour rien dans cette histoire, c’est le gouvernement qui les nomme, qui fixe leur rémunération. Autre titre : « Malgré la baisse du pétrole, Total a réalisé 8 milliards de dollars de bénéfices en 2016. » On marche sur la tête. Le prix du baril diminue, le prix de l’essence à la pompe augmente. Il y a la colère des gilets jaunes, il faut que les maires viennent éteindre le feu. Nous, on n’y est pour rien dans cette affaire. Vous voyez, c’est plus compliqué qu’on nous le dit. C’est bien facile de botter en touche, de dire c’est pas moi c’est les autres.

La patate chaude.

« On nous donne la patate chaude maintenant. Vous, les maires vous allez organiser des réunions, vous allez mettre des cahiers de doléances. Nous, à la mairie, on a une chemise pour mettre les doléances. « Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés par rapport à leur utilité ? » Je vais vous faire une proposition : la mairie est un service public, on va fermer la mairie pendant un mois, est-ce que vous êtes d’accord ? Notre ami qui est là-haut n’est pas né de la dernière pluie parce qu’il dit notamment : A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ? Ça veut dire qu’il faudra que vous apportiez des solutions pour ces nouveaux services donc il demande à la population. L’argent se trouve où ? Voilà la vraie question. »

Malgré cela, la vie continue. En 2019, il y a un recensement de la population de la commune, des animations, des spectacles, des activités sportives, une ferme pédagogique, le Maraisthon (15 et 16 juin 2019), les Foulées du Marais (19 mai 2019), du théâtre, l’allée enchantée. . . .

Le dernier mot est revenu à Madame Dominique Pougnard, conseillère départementale des Deux-Sèvres : « Bob Marley disait : la vie est une longue route jalonnée de panneaux indicateurs et je vous souhaite d’éviter ceux de l’indifférence, de la haine, de la méchanceté, du repli sur soi et de prendre celui de la solidarité, de l’amitié, de la fraternité, de l’ouverture aux autres. »

Enfin, M. Rabah Laïchour a conclu cette cérémonie des vœux en diffusant ce clip-vidéo du chanteur Claudio Capéo interprétant « Ta main » :

 

Gilles PETIT

 

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MARAIS POITEVIN : le Collectif « Bassines Non Merci ! » lance « La Marche des Pigouilles » – dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres)

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Protestant contre le projet de construction de 19 « réserves de substitution » destinées à l’irrigation, environ 1500 personnes avaient formé une chaîne de 1,7 km autour d’une parcelle de 18 hectares, le samedi 11 novembre 2017 dans la plaine d’Amuré, une commune du Marais Poitevin des Deux-Sèvres. « On a besoin de vous le 4 mars prochain ! » clame le collectif « Bassines Non Merci ».

« Bassines Non Merci ! » est un collectif composé de citoyens, d’élus, de scientifiques, d’associations environnementales, de naturalistes, d’agriculteurs et de paysans, mais aussi de chefs d’entreprises, d’organisations syndicales, de partis politiques (EELV, PS 79, FI, La République en Marche 79, le Modem 79. . . d’hommes politiques UDI comme le Maire de Niort également Président de l’Agglomération du Niortais ..) et de plus en plus de maires du Marais Poitevin, du Haut Val de Sèvre . . .) qui s’opposent à la construction de cette première vague des 19 réserves d’eau en Deux-Sèvres et en Charente-Maritime.

Au total, le programme  concernera 200 bassines sur le territoire au profit de seulement 10% d’agriculteurs céréaliers, financées avec 70% d’argent public, au-dépens du patrimoine naturel et du partage équitable du bien commun qu’est l ‘EAU.

Le collectif organise une nouvelle manifestation de masse, (il est attendu entre 3000 et 4 000 participants), pour faire vaciller les pouvoirs publics auprès desquels les financements ont été sollicités. Pourquoi ? Parce que l’opposition citoyenne est la véritable arme contre ce projet, comme à Notre-Dame-des-Landes.

La manifestation du 11 novembre 2017 à Amuré (Deux-Sèvres), qui a rassemblé 1 500 opposants, ayant permis aux pouvoirs publics de mesurer l’opposition citoyenne à ce projet, le collectif souhaite transformer cet essai  le dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres), commune sur laquelle trois « bassines » sont prévues. En une année, celles-ci détourneraient la consommation sur huit ans des 2 800 habitants de Mauzé-sur-Le-Mignon.

Pourquoi on s’oppose à ce projet (voir ce schéma explicatif :Bassines_info_Sèvre_niortaise_VF )
  • Une injustice économique et environnementale : sans même parler du coût global de 60 millions d’euros financés à 70% par des fonds publics, ce qui serait au passage inconcevable pour toute entreprise privée dans n’importe quel autre domaine, le coût pour la collectivité à l’échelle de la Région s’élèverait à 9,9 millions pour les seules 19 bassines de la Sèvre-Niortaise, et à 77 millions pour l’ensemble des 120 bassines en projet (sur les 200 envisagées) dans une période de contexte budgétaire difficile pour l’ensemble des collectivités locales. Et que dira l’Europe de l’utilisation de fonds FEADER si ceux-ci sont incompatibles avec la « Loi cadre sur l’eau et l’atteinte du bon état écologique des rivières en 2021 » ? On peut légitimement penser que la Cour Européenne de Justice aura sûrement une réponse à apporter.
    Le collectif s’oppose au non respect de la loi sur l’eau, avec ces projets d’un autre âge, les trois priorités de la loi sur l’eau s’inversent, avec ses dégâts sur nos cours d’eau et, cette année, c’était le cours d’eau de Crépé à la Grève-sur-Le-Mignon (Charente-Maritime) un 10 février en plein hiver.
    On veut de l’eau pour tous : pêcheurs, kayakistes, paysans, jardiniers, les arbres, amoureux de la nature, pour nos rivières, les poissons, batraciens. . .

  • Un déni de démocratie : des manquements flagrants en terme de concertation et d’information de l’ensemble des acteurs socio-économiques, dès l’enquête publique et alors que les signaux d’opposition à ce projet se multiplient chez les élus, citoyens, agriculteurs, paysans, chefs d’entreprises, scientifiques, forces politiques du territoire…

  • Une injustice économique et sociale (voir les détails dans ce document : Histoire volumes irrigation agricole SevreMignon_v2018 ) : quelle équité entre exploitants agricoles qui seront connectés à la bassine et qui auront la garantie d’un accès sécurisé à l’eau, et les autres qui devront se partager l’eau restante dans la nappe après le remplissage des bassines. Récemment deux paysans ont eu un refus d’accès à l’eau sur la Boutonne pour leur projet d’installation. De plus, la démesure des projets enfermera l’ensemble des adhérents de la COOP de l’eau (raccordés ou non) dans une voie sans retour de par l’ampleur des investissements initiaux et l’augmentation du prix de l’eau, le tout dans le cadre d’un montage économique fragile (non viable sans une part de 70% d’argent public et basé sur des prévisions de remplissage 9 années sur 10, ce qui n’aurait déjà pas été le cas sur les dix dernières années et semble encore plus optimiste pour les décennies à venir).

  • Un choix sociétal : le collectif souhaite donner une impulsion nationale à l’accompagnement à la transition vers des modèles agricoles durables, adaptés aux territoires et respectueux des hommes et des milieux, et dire stop à ce modèle destructeur des ressources naturelles et du monde paysan.

Lors de la journée du 4 mars 2018, le collectif organisera un marché de producteurs locaux de 10:00 à 17h00 auquel nous souhaitons vous associer afin de renforcer toujours et toujours l’importance de consommer local pour privilégier l’économie du territoire, mais aussi pour mettre en avant votre agriculture respectueuse de notre environnement.

Et si vous le souhaitez, n’hésitez pas à diffuser cette invitation afin de proposer à vos amis, votre famille, de participer à la Marche des Pigouilles. Le collectif précise que « plus on sera, plus on aura de chance de vaincre et de travailler autour d’un véritable projet de territoire dans l’intérêt de tous, de nos enfants et petits enfants et de la planète ! »

 Loïc MICHAUD
Pour le Collectif « Bassines Non Merci ! »

MARAIS POITEVIN : A Amuré (79), une chaîne humaine pour dire « Bassines, Non Merci ! »

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Samedi 11 novembre 2017 dans la plaine d’Amuré, une commune du Marais Poitevin des Deux-Sèvres, environ 1500 personnes ont formé une chaîne de 1,7 km autour d’une parcelle de 18 hectares. Pourquoi ? Protester contre le projet de construction de 19 « réserves de substitution » destinées à l’irrigation.

« Dans ce contexte de gestion collective, le Parc considère que les réserves de substitution sont utiles d’un point de vue économique, qu’elles concourent à la préservation de la zone humide, et qu’elles sont l’occasion de promouvoir une agriculture plus vertueuse tenant compte des enjeux environnementaux », telle est la conclusion du communiqué transmis aux médias le 10 novembre 2017 par M. Pierre-Guy Perrier, président du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin et vice-président de la Région des Pays de la Loire. Cette position fait suite aux récents accords sur ce sujet des préfectures de Vendée, Deux-Sèvres et Vienne, puis de la décision de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne d’envisager une aide publique de 28 millions d’euros.

L’histoire se répète dans cette pointe orientale du Marais Poitevin. Après un projet autoroutier, l’implantation d’un incinérateur de déchets ménagers, . . . , un nouveau collectif s’est formé. Sous la bannière « Bassines, non merci ! »,  ce collectif citoyen s’élève contre la construction de dix-neuf retenues d’eau de substitution dont quinze en Deux-Sèvres, deux en Charente-Maritime et deux dans la Vienne.

Au départ de la mairie d’Amuré, 1500 personnes, toutes générations confondues, ont parcouru près de deux kilomètres pour rejoindre le site d’une éventuelle retenue de substitution.

Différents mouvements et associations ont rejoint ce collectif citoyen. « On a vraiment demandé aujourd’hui à ce que les appartenances des uns et des autres ne figurent pas, » précise M. Julien Le Guet, l’un des coordinateurs du collectif. « Des partis politiques sont clairement opposés aux projets de bassines sans ambiguïté. Ils ont communiqué dans ce domaine-là et ils ont joué le jeu. »

La retenue d’eau de substitution d’Amuré serait située dans ce périmètre.

De quoi parle-t-on ? C’est un projet de réserves artificielles. D’immenses ouvrages en plein milieu de la plaine céréalière consistant à décaisser sur cinq mètres de profondeur le calcaire, récupérer tous les gravats pour faire des buttes en périphérie, avec des digues de dix mètres de haut, le tout pour stocker de l’eau. Tout l’argumentaire des porteurs du projet est de dire qu’on prendra l’eau en hiver de manière à ne pas taper dans la nappe phréatique en été.

M. Julien Le Guet, l’un des coordonnateurs du collectif citoyen formé contre le projet de construction de dix-neuf « bassines ».

M. Le Guet explique : « C’est le principe de la substitution. Principe qu’on révoque largement parce que nous sommes tout à fait conscients que le volume global prélevé sera supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. Donc ce n’est pas une substitution. Et, à ce titre-là, l’Agence de l’eau ne devrait jamais financer un tel ouvrage. Le communiqué de l’Agence de l’eau prétend parler d’un projet d’intérêt général quand il ne concerne que 10% des 11% des irrigants du Poitou-Charentes. On est vraiment dans un projet qui va coûter très très cher pour une minorité. Nous avons pris conscience aujourd’hui de l’énormité du financement de ce projet très local. Le budget global de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne est de 65 millions d’euros. Sur ces 65 millions d’euros, pour 2018, 28 millions d’euros sont ciblés sur les dix-neuf réserves de substitution. Ça veut dire qu’il ne va pas rester beaucoup d’argent pour la protection des captages d’eau potable. Ça veut dire aussi qu’il ne va pas y avoir beaucoup de fonds pour permettre d’aller vers une agriculture si ce n’est raisonnée au moins raisonnable. Et on essaie de nous faire croire rétroactivement qu’on va réussir à imposer des cahiers des charges pour un mieux disant environnemental. L’Agence de l’eau commence à comprendre que l’écoconditionnalité est la condition sine qua non et obligatoire si on veut parler d’intérêt général. Ce qui est honteux aujourd’hui c’est qu’on essaie de dissocier deux problèmes qui sont les mêmes, à savoir, l’eau. Disons que d’un côté, on va gérer la quantité, l’autre côté on va gérer la qualité. En fait, avec les bassines, on va juste promouvoir les agricultures de plus en plus polluantes, ce qui va rendre la dépollution des eaux, notamment l’eau potable, de plus en plus chère ».

« Nous ne savons pas comment l’Europe va prendre ça, poursuit le coordonnateur. Comment l’Europe va exiger à la fois que la France respecte la Loi sur l’eau et l’objectif d’atteindre des rivières en bon état écologique en continuant à financer ce type d’exploitation agricole. On met toujours en avant des projets vertueux. Il y en a quelques uns au sein des porteurs de bassines, c’est portion congrue. L’essentiel, on le sait bien, c’est pour faire du maïs grain. On met en avant le soutien aux éleveurs, c’est moins de 10% du maïs qui sera fait sur ces bassines qui seront consacrés au maïs d’ensilage. On essaie de nous faire croire que ce projet permettra aux éleveurs de se maintenir. Au contraire, il va les étrangler parce qu’il n’y aura plus d’eau dans le marais, plus d’eau en été, et les prairies ne seront plus prospères. On essaie de nous faire croire que ce type de dispositif va permettre aux jeunes de s’installer. Allons faire l’analyse de ce qui s’est passé en sud-Vendée sur l’Autize. Voilà dix ans que des bassines voisinent cette rivière. Est-ce qu’elles ont vraiment permis l’installation des jeunes, ou est-ce qu’au contraire elles mettent en place des exploitations de 500 à 1000 hectares que seuls des géants peuvent reprendre ? Les porteurs de projets sont d’énormes exploitations qui transforment notre eau en quelques grains d’or, lesquels vont être mis sur le marché international. Donc là, le discours qui consiste à dire que c’est une agriculture pour nourrir le territoire, elle ne tient pas. »

Le collectif citoyen estime que le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin est « honteusement pour le projet bassines. Ce parc a perdu son label, il y a quelques années parce qu’on avait mis en évidence qu’il n’était pas l’outil pour mettre en place un modèle agricole compatible avec la biodiversité de ce territoire. Il est en train de faire exactement les mêmes erreurs. Erreurs de soutien d’un projet autoroutier qui n’avait rien à faire ici avec un impact majeur en terme de biodiversité. Ça veut dire qu’il n’a rien compris à la demande du territoire. Aujourd’hui, les gens sont prêts à se nourrir des produits récoltés sur ce territoire. Or, on continue à subventionner l’agriculture qui détruit cette agriculture-là ».

L’objectif du collectif citoyen était la formation d’une chaîne humaine qui a réussi à faire le tour de cette immense bassine, à savoir cet immense cratère d’1,7 km de périmètre, couvrant 18 hectares. En dépit du mauvais temps, un rapide comptage a enregistré 1500 participants de toutes générations. « Ça montre vraiment qu’il y a un mécontentement de la population. Cette construction n’est pas du tout estimée comme un projet d’intérêt général », peut-on conclure.

Photos et propos recueillis par Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : à Amuré (79), la Fête du frêne têtard a déjà 20 ans.

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Dédiée à l’arbre emblématique du Marais Poitevin, la Fête du Frêne Têtard a fêté sa 21ème édition à Amuré (Deux-Sèvres) les 4 et 5 novembre 2017. Le programme était aussi étoffé que l’an passé, la commune ne s’arrêtant plus après ses succès précédents. Un village de quatre cents habitants qui a reçu près de 4 000 personnes en deux jours.

La Fête du frêne têtard a accueilli la seule et unique 2cv Citroën au monde construite en bois.

Dans son allocution prononcée lors de l’inauguration de l’édition 2017 de la Fête du frêne têtard, M. Rabah Laïchour, conseiller départemental du canton, a dressé ce constat :

« Sauver l’homme et la planète » passe par la protection des insectes pollinisateurs dont les abeilles.

« Pendant que le mois de juin est plus chaud que le mois d’août, que la pluie se fait de plus en plus rare, que nous mangeons des haricots verts en plein hiver, qu’on nous annonce une pénurie de beurre alors qu’il y a des vaches dans les prés, qu’on est capable de séjourner dans l’espace pendant que d’autres hommes et femmes risquent leur vie en pleine mer pour fuir la misère, les guerres, la sécheresse, que beaucoup d’espèces animales et végétales sont en voie de disparition, faisons en sorte de sauver l’homme et la planète à laquelle il appartient, comme disait Antoine de Saint-Exupéry ».

Au delà du frêne têtard, l’environnement, en général, et sa préservation, en particulier, sont omniprésents à Amuré, chaque début novembre. Depuis maintenant vingt ans, le programme de la Fête s’est peu à peu enrichi au point qu’il est aujourd’hui copieux : des randonnées découvertes des Marais Mouillés environnants ; un éveil familial à la découverte de la faune et de la flore du Marais ; une conférence sur les abeilles ; des ateliers environnementaux pour toutes les générations d’humains (fabrication de nichoirs, initiation aux techniques de culture dite naturelle . . .) ; un programme de plantations d’arbres ; des échanges de plants ; un marché de producteurs locaux et bio ; des pépiniéristes avec leurs conseils pour réussir les plantations d’hiver ; une initiation-découverte du Qi Gong (gymnastique chinois douce) ; des expositions et jeux sur le Marais d’hier et d’aujourd’hui ; etc.

 Bien évidemment, il était installé une mini ferme regroupant les animaux de races locales dont des bœufs de près d’une tonne.

Plusieurs temps forts étaient proposés à Amuré. Outre la dégustation d’une fricassée d’anguilles, « et attention des anguilles fraîches pas surgelées « Made in China » mais venant tout droit de nos voisins des Marais Nantais et cuisinées sur place par un Maître Artisan » précisent les organisateurs, et le concert gratuit d’un jeune duo de Mauzé-sur-Le-Mignon (79) « Nanarage », la Fête a accueilli la seule et unique 2cv Citroën au monde construite en bois, et « qui roule ! », par un ébéniste passionné.

En effet, le thème de la Fête est aussi de valoriser ce matériau noble qu’est le bois. Le bois que l’on emploie pour fabriquer les meubles, pour chauffer nos foyers, qui fournit aussi l’air dont on a besoin, . . . L’arbre dont les racines permettent, entre autres, à l’eau de bien rentrer dans le sol et d’arroser nos potagers, produit des feuilles qui donnent du compost.

Lors de l’inauguration de la Fête du frêne têtard, des officiels ont eu le privilège de faire quelques mètres à bord de la 2cv en bois. Le maire d’Amuré Marcel Moinard était visiblement ravi.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : à Amuré (79), une fête en l’honneur du frêne-têtard. Un arbre en voie de disparition ?!?!?

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La Fête du frêne-têtard a pris une ampleur inimaginable, à Amuré, une petite commune située au cœur du Marais mouillé des Deux-Sèvres en Marais Poitevin. Est-ce le programme riche et varié offert par les organisateurs pour cette 20ème édition, qui s’est déroulée les 5 et 6 novembre 2016 ? Ce qui est sûr, c’est que le public a encore passé un week-end champêtre ludique entièrement dédié au patrimoine.

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Symbole du Marais Poitevin, le frêne-têtard est bien utile en plusieurs usages, mais il est menacé par la chalarose.

 M. Loic Michaud, le coordinateur de cette fête du frêne-têtard, avait annoncé « de nombreuses animations pour valoriser notre patrimoine ». Il y avait, entre autres, une mini-ferme regroupant des animaux d’origine maraîchine, des expositions sur le Marais, près de 90 exposants de toutes factures, installés en village artisanal et village de producteurs locaux. Et même des baptêmes à dos de poney ou en calèche, un petit train, une randonnée découverte des Marais mouillés . . .  « Et, pour la première fois, une utilisation du frêne encore inconnu ! »

Avec le peuplier, le frêne est l’arbre emblématique du Marais Poitevin, en particulier quand il est taillé en têtard. Les anciens ont introduit le frêne, une essence à pousse rapide qui produit d’abord un excellent bois de chauffage, mais aussi abrite les animaux, et surtout, par la densité de son système racinaire, fixe les bords des berges, évitant ainsi les effondrements dits « naturels ».

Son nom de frêne-têtard vient de la technique de coupe qui consiste à tailler un plant, dès que son tronc atteint dix à quinze centimètres de diamètre, afin qu’il génère une multitude de départs de nouvelles branches, appelées « perches ». Il est ainsi coupé à hauteur d’homme afin de faciliter les tailles futures, ou à une hauteur inaccessible aux mâchoires voraces des animaux qui adorent les jeunes pousses. Sa forme si particulière et unique se dessine au fil des « bûches », généralement tous les huit ans. L’entretien des têtards garantissait autrefois l’approvisionnement en bois de chauffage. Aujourd’hui, ce « bûchage des perches » est devenu aléatoire et les frênes ne sont plus émondés régulièrement.

Le frêne est également un bon bois pour la menuiserie, presque aussi bien que l’orme. Ce dernier a presque disparu dans le Marais Poitevin, décimé par la propagation d’un parasite. Une sérieuse menace qui plane désormais sur l’emblème du site, sous la forme d’un champignon appelé la chalarose. En effet, en plus des ragondins qui le fragilisent en creusant des galeries, le frêne risque de contracter  ce champignon venu de Pologne, semble-t-il. Lequel a déjà contaminé une bonne partie de la France jusqu’en Touraine, aux portes du Marais Poitevin. A notre connaissance, il n’a pas encore été détecté dans cette seconde zone humide de France.

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Sachant que le frêne têtard représente 95% des arbres du Marais Poitevin, on craint le pire. Comme ce fléau semble inéluctable, selon des spécia-listes désormais résignés, bien que des remèdes soient recherchés, il est proposé de réfléchir à une diversification des essences, de préférence locales.

Le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin a sélectionné six essences d’arbres pour une replantation progressive. Des essences résistantes qui poussent vite, qui stabilisent les berges, et qui offrent un bon bois de chauffage. Il y aurait le chêne pédonculé, le peuplier noir, l’orme champêtre, le saule blanc, l’érable champêtre et le charme.

 

 

 

 

 

La fête du frêne-têtard d’Amuré est, avant tout, une . . . fête. Voici quelques images glanées lors de l’inauguration du dimanche matin qui a, notamment, réuni de nombreuses personnalités :

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Le garde-champêtre improvisé, M. Jérôme Baloge, président de l’Agglomération Niortaise, a essayé d’annoncer que la Fête du frêne-têtard regroupe aussi des dizaines d’artisans et de producteurs locaux.

Gilles PETIT