tradition

Marais Poitevin : la 5ème Transhumance de la Vallée du Curé à Saint-Sauveur d’Aunis

Publié le Mis à jour le

La Transhumance de la Vallée du Curé est née à l’initiative principalement des éleveurs de races limousines de Charente-Maritime. Elle est organisée les années impaires. Photo Gilles PETIT

Créée en 2011, par les communes de Nuaillé d’Aunis, du Gué d’Alleré et de Saint-Sauveur d’Aunis, la fête de la Transhumance 2019, organisée par l’association Transhumance de la Vallée du Curé, présidée par Rémy Mouche, s’est déroulée, cette année, sans Le Gué-d’Alleré, faute de bénévoles locaux semble-t-il, mais avec l’arrivée de la commune de Ferrières d’Aunis. Le Curé est le plus court des trois fleuves, avec le Lay et la Sèvre Niortaise, qui se jettent dans la Baie de l’Aiguillon.

« Ce n’est pas véritablement une tradition. En fait, il s’agit d’une animation autour du marais, » explique M. Jean Luc, maire de Saint-Sauveur d’Aunis. « Avant, il y avait la mise à l’herbe avec une arrivée un petit peu échelonnée des troupeaux sur le marais communal. Ici, des organisateurs dynamiques et imaginatifs ont voulu transposer la transhumance des montagnes de France. C’est une très, très belle fête qui met en valeur la vocation d’élevage et la qualité de nos marais communaux. L’élevage est quand même très vivant dans nos plaines céréalières. Ce rassemblement, cette convivialité, sont un aspect économique non négligeable parce que 157 bêtes sur une cinquantaine d’hectares de marais à Saint-Sauveur, constituent une grande richesse. Nous avons des éleveurs qui viennent d’autres communes pour mettre leurs bêtes. C’est important, ça fait chaud au cœur. Beaucoup de monde accompagne cette transhumance, ce qui montre que l’élevage fait partie de l’ADN de notre région. Le marais communal a une vocation en matière d’écoulement des eaux, les eaux y stagnent, elles s’y reposent. On y trouve une végétation importante, la faune, la flore, tout ce qu’il faut pour faire un milieu naturel, une biodiversité comme on dit maintenant. Les vaches vont rester dans le communal jusqu’au mois de décembre. Elles ont de quoi manger. »

Des centaines de marcheurs ont accompagné la 5ème Transhumance de la Vallée du Curé. Photo Gilles PETIT

L’étude réalisée et publiée par Eléonore Charles « Les communaux du Marais Poitevin : géohistoire et construction collective d’un projet global » explique (extrait) :

« Nés entre le Xème et le XIIème siècles lors des premières opérations de dessèchement par les abbayes, les communaux du Marais Poitevin sont, en fait, des terres gagnées sur la mer. Au Moyen-Age, ils avaient une place importante au sein de la société. Les moines et les seigneurs les mettaient à disposition des communautés d’habitants, notamment les plus pauvres, pour y chasser, pêcher, ramasser des champignons et y faire paître les bêtes. Cette propriété commune est ancienne et antérieure à la naissance des communes actuelles (« marais commun » plutôt que « communal »), et résulterait d’une concession aux paroisses de droits territoriaux sur les propriétés des seigneurs ou des abbayes. Au XVIIème siècle, après la deuxième phase de dessèchement du Marais Poitevin, l’arrêt du Parlement de Paris du 30 avril 1654 impose aux Compagnies de « laisser à chaque paroisse un vaste communal à portée et en bon état ». A la Révolution française, les marais communaux deviennent la propriété des communes mais garderont longtemps un statut ambigu : ni privés ni publics, ils sont du domaine commun. Peu modifiés par l’homme, ces espaces n’ont jamais (ou presque) été exploités autrement qu’en pâturage extensif, libre, collectif et plurispécifique (bovins, équins et quelques ovins). »

« Pas de chevaux sur Saint-Sauveur », signale le maire M. Luc qui informe : « Au XIX° siècle il y avait des chevaux soldats destinés à aller à la guerre, pour acquérir de l’endurance, on les mettait sur le marais communal. Saint-Sauveur a une tradition de cheval, d’élevage de chevaux, toutes les belles demeures de la commune appartenaient à d’anciens marchands de chevaux qui vendaient leurs chevaux élevés dans les marais communaux. Actuellement, dans notre marais, ce sont des bestiaux destinés à l’alimentation des êtres humains. »

Publicités

MARAIS POITEVIN : Damvix (Vendée), un village en fête à la mi-août.

Publié le Mis à jour le

Durant la saison estivale, de nombreuses communes du Marais Poitevin organisent leur grande journée festive. A la mi-août, des Vendéens proposent « Damvix en fête ! ».  Clin d’œil aux Damvitaises et Damvitais qui, en costumes d’époque, ont offert, dimanche 14 août 2016, un copieux programme : vide-greniers, brocante, fête foraine, marché de produits locaux, expositions, danses folkloriques, . . . et même un vrai-faux mariage avec un vrai maire, un faux curé et des mariés peu ordinaires.

DAMVIX Noces villageoises 14 août 2016 Photo Gilles PETIT 4693
Dans les fêtes de villages en Marais Mouillés du Marais Poitevin, la reconstitution des activités d’antan, par voie d’eau, représente toujours une animation très attendue par le public. La noce villageoise, arrivant en barques sur la Sèvre Niortaise, constitue donc un double événement.

Damvix est un village touristique vendéen construit, en grande partie, sur la rive droite de la Sèvre Niortaise, dans un site appelé « La Venise Verte » dans le Marais Poitevin. Selon le site internet officiel de la commune damvix.fr : « L’appellation Damvix reste quelque peu mystérieuse. Selon l’église, sous le nom de « Datunum » ou « Domnovito », Damvix aurait été donné, vers 1010, à l’abbaye de Saint-Maixent par Guillaume V, comte du Poitou. Selon d’autres recherches le nom de Damvix serait beaucoup plus ancien puisque remontant à l’époque des invasions romaines. Damvix viendrait alors du latin Dam Vix contraction de Damnum Viccus, signifiant « village maudit » ou « bourg des damnés ». Selon d’autres recherches encore, il paraîtrait que le village se soit surnommé « la porte de l’enfer » à l’époque du bagne de Cayenne, époque où les prisonniers devaient traverser nos marais pour rejoindre le port d’embarquement de La Rochelle. Une autre origine, plus réaliste, est souvent évoquée. Damvix serait peut-être tout simplement à rattacher à Saint Guy, saint patron de l’église : Dominus Vitus ou Dominus Vicus en latin.« 

Peu importe les origines de son nom, Damvix vit paisiblement dans son écrin de verdure baignée par le principal fleuve qui irrigue le Marais Poitevin, à  savoir la Sèvre Niortaise.

DAMVIX Noces villageoises Photo Gilles PETIT 4684
Le cortège nuptial a descendu la Sèvre Niortaise jusqu’au port de Damvix. A l’époque, le seul moyen de transport possible était par voie d’eau.

DAMVIX en fête Affiche 14_aout_2016-2Dimanche 14 août 2016, « Damvix en fête » a débuté dès 6 heures, et pour toute la journée, par un vide-greniers et une brocante, bien achalandés. Mais aussi avec une mini fête foraine avec ses jeux et ses stands de produits les plus divers, un mini marché de produits locaux, un grand espace de jeux et jouets en bois, de grandes tablées pour déguster le traditionnel « grillé de mogettes-jambon », . . . , et un plateau scénique proposant des danses folkloriques, la prestation du conteur vendéen Christophe Noulet (prix Talent 2015 des artistes du Marais poitevin, catégorie arts vivants), et la vraie-fausse cérémonie de mariage.

Avec la participation des Damvitaises et Damvitais, petits et grands, le Comité d’Animation de Damvix, présidé par Alain Barrandon, aidé par l’Union des commerçants et artisans, ont fait le maximum pour que cette fête villageoise reste inoubliable pour les visiteurs qu’ils soient locaux ou de passage. Tous ont fait le plein d’images, lesquelles sont désormais enregistrées dans les appareils photos. Jusqu’à l’année prochaine.

« Damvix en fête ! » Tous les ans, le dimanche proche du 15 août. Renseignements au tél. : 02.51.51.78.53.

Un grand merci pour leur accueil au président du Comité d’animation Alain Barrandon et à l’artiste peintre-vannier Jean-Claude Meunier (ancien élève des Beaux-Arts) .

Gilles PETIT