Jour: 7 novembre 2025
COULON (79) Quatre policiers municipaux se sont succédé depuis 2013
Depuis 2013, quatre policiers municipaux se sont succédé à Coulon. Du garde champêtre Pascal au brigadier-chef Didier, voici la petite histoire d’une Police locale unique dans le Marais Poitevin.
Comme dans la majorité des communes rurales françaises, Coulon « possédait » son garde champêtre, au siècle dernier. La mémoire collective garde le souvenir de M. Pascal Robier, cet ancien poilu, qui, dans les années 1930-1950, a manié tambour et baguettes au gré des « avis à la population« .

Après de nombreuses années sans « autorité champêtre », la collectivité locale décide de relancer la fonction de garde champêtre car les gendarmes alors en poste estival à Coulon, étant repartis, ont « laissé un vide ». Ainsi, « pour aider au maintien de l’ordre public, » le 8 avril 1992, le Centre de gestion départemental de la Fonction publique des Deux-Sèvres a placé au premier rang un Coulonnais, parmi onze candidats. « Il s’agit de monsieur Bruno Decelle résidant à Glandes », a informé le maire de l’époque Pierre Rousseau, « Il sera en uniforme, assermenté et possèdera des pouvoirs qui lui permettront de verbaliser légalement. » La préfecture l’a assermenté au mois d’août 1992, mais il aura fallu attendre la mi-septembre pour découvrir le nouveau garde champêtre de Coulon. En effet, « l’uniforme officiel de police tardait à arriver.«
Vers la création d’un poste de Police municipale
En 1999, la municipalité est secouée par un dilemme : « Un agent technique communal vient d’être muté vers un syndicat bressuirais. » Il se trouve que ce départ a suscité un débat au sein du conseil. En effet, le maire Jacques Rousseau et ses adjoints avaient réfléchi à la situation et préconisé l’embauche d’un agent qui pourrait devenir chef d’équipe, après formation. Cependant, deux possibilités s’offraient à la municipalité. La première envisageait le remplacement de l’agent ; la seconde saisissait l’opportunité de recruter un policier municipal, engendrant l’arrêt du poste d’agent technique. « La commune dispose déjà d’un garde champêtre aux pouvoirs limités », ont estimé des élus. Il serait « difficile à trouver, il n’aurait pas grand travail durant huit mois de l’année et le poste coûterait plus cher ».
Un premier policier municipal
Le 17 décembre 2012, le maire Michel Simon annonce : « l’agent qui faisait jusqu’alors fonction de garde champêtre ayant été reclassé sur un emploi technique, il est nécessaire de réfléchir à la création d’un poste de policier municipal, emploi indispensable pour le bon fonctionnement de la commune. » Ce poste à temps complet de gardien de Police municipale, ou brigadier, voire brigadier-chef principal était à pourvoir à compter du 1er mai 2013. Cependant, il est précisé que la création de ce poste est subordonnée au départ en retraite d’un agent des services techniques, qui devait quitter ses fonctions le 1er mai 2013.
Sur trente-sept personnes qui ont fait acte de candidature, huit d’entre elles avaient été sélectionnées, puis deux candidats retenus. Le 27 février 2013, c’est un gendarme, alors en poste à la brigade de Frontenay-Rohan-Rohan (79) qui a été recruté dans le cadre d’un détachement de la Fonction publique d’État sur la Fonction publique Territoriale.
Un second policier municipal
Ce premier policier municipal de l’histoire de Coulon a donné sa démission en juin 2017. Une nouvelle offre d’emploi a été déposée portant sur les grades de «gardien brigadier», de «brigadier» et de «brigadier-chef principal». Le choix du recrutement s’est porté sur un candidat titulaire d’un grade du cadre d’emploi «Chef de service de Police municipale». Le conseil municipal du 15 novembre 2017 a accepté de créer un poste de «Chef de service de Police municipale principal de 1ère classe» (catégorie B) à temps complet. A donc été nommé le 1er mars 2018 un ancien policier municipal sur l’Île de Ré devenu policier national à la police de l’air et des frontières à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle à Paris.
Un troisième policier municipal
A Coulon, les policiers se succèdent rapidement, peut-on constater. Le second ne sera resté que vingt-neuf mois durant lesquels la population n’avait toujours pas compris l’intérêt d’un tel poste dans leur petite commune. Cependant, l’équipe municipale de l’époque estimait : « quant à son utilité, non seulement ce poste est indispensable dans une commune telle que Coulon mais l’extension du service serait souhaitable peut-être en partenariat avec les communes voisines. » La commune voisine, à savoir Magné, n’adhère pas à cette logique. Le 17 septembre 2020, la maire Anne-Sophie Guichet rappelle que « le policier municipal qui était en poste depuis le 1er mars 2018 a quitté la commune et a été nommé par mutation le 1er septembre 2020 dans une commune de Charente-Maritime. Il s’agit donc maintenant de lancer une procédure pour le recrutement d’un nouvel agent. »
Une nouvelle procédure pour le recrutement du troisième policier municipal a été engagée le 8 octobre 2020. Le poste étant à pourvoir pour le 15 mars 2021. Parmi cinq candidats présélectionnés, a été engagé un agent au poste en catégorie C à temps complet, à durée indéterminée, dans la Fonction publique territoriale.
Le troisième policier municipal a pris ses fonctions le 1er mars 2021. Alors âgé de 35 ans, cet ancien policier national, principalement maître-chien, avait quinze années de carrière dans la Police nationale. Il avait alors déclaré : « J’ai fait le choix de m’orienter vers une fonction plus proche et plus à l’écoute de la population. » En effet, il s’était complètement intégré et investi au service d’une population coulonnaise qui l’estimait sincèrement. Des Maraîchins qui n’ont, semble-t-il, pas compris le soudain départ de ce fonctionnaire si sympathique, avant la saison estivale 2025. Il aura officié quatre ans.
Recrutement d’un quatrième policier !
Toujours est-il que, cette fois, au printemps 2025, le conseil municipal de Coulon n’a pas délibéré sur le recrutement d’un remplaçant. Nous n’avons pas trouvé de mention dans un compte-rendu de réunion statutaire qui informe de la vacance du poste, ni autorise un appel à candidature. Même le déroulement du recrutement n’est pas mentionné. Une entorse qui peut inquiéter les Coulonnais.es à quelques semaines des prochaines élections municipales.
En prélude à la réunion du conseil municipal du 7 octobre 2025, la maire a déclaré : « Avant d’aborder l’ordre du jour, je présente M. Didier Hersan recruté en tant que brigadier-chef principal de la police municipale depuis le 1er août dans le cadre du remplacement de M. Yoan Brehaut qui a été muté dans une autre collectivité. » On n’en saura pas plus.
Suite à cette information laconique, M. Hersan (58 ans) s’est avancé pour se présenter. « J’ai fait ma carrière en région parisienne essentiellement dans le 93 [Seine-Saint-Denis] et puis Villeparisis dans le 77 [Seine-et-Marne]. Je suis dans la région depuis cinq/six ans. J’ai commencé sur l’Île de Ré, chef de poste de la Police municipale de la commune des Portes-en-Ré où je suis resté trois ans. Ensuite, je suis allé travailler à Lagord, près de La Rochelle où je suis resté à peu près une année. J’ai eu l’opportunité de venir ici parce que, habitant plus près de Coulon, j’ai saisi l’occasion ». Mme Anne-Sophie Guichet a ajouté « Effectivement, nous avons recruté M. Hersan car son profil nous semblait intéressant avec une longue carrière de policier municipal et, également, de l’expérience. Il sait en quoi consiste la saisonnalité dans une petite commune. Y a la saison estivale et ensuite la vie au quotidien. » « Sur l’Île de Ré, précise M. Hersan, hors saison, les commerçants ferment, avec des populations différentes. Nous avions 80% de tourisme en saison…, autrement y a plus grand monde ». A Coulon, il y a quand même un peu de tourisme hors saison, mais la majorité des commerces sont fermés, comme sur l’Île de Ré.
Nous ne publions pas de photographie du nouveau policier municipal car celui-ci estime que son uniforme suffit pour être reconnu par la population.
Si la réforme des retraites ne change pas les modalités dans les prochaines semaines, le quatrième policier municipal de Coulon a déjà atteint l’âge de départ. En effet, on nous signale que « pour la police municipale, l’âge de départ à la retraite est arrêté à 57 ans, la limite d’âge de départ étant de 62 ans ». Après une longue carrière dans la fonction et après avoir gravi les échelons, le nouveau venu a probablement droit à une rémunération de « fin de carrière, appelée échelon spécial, chef de service. » De plus, de nouvelles « bonifications indiciaires » peuvent être perçues, ainsi qu’une participation récente au « régime indemnitaire ». Sans oublier « l’indemnité spéciale de fonction et d’engagement » (I.S.F.E.) composée d’une part fixe et d’une part variable. Pour faire court, la masse salariale de la municipalité de Coulon devrait sérieusement augmenter à la suite de ce recrutement.
Gilles PETIT