feux de signalisation
COULON (79) : des feux « intelligents » en Zone 30 sur la RD1
Après de longues tergiversations, la municipalité coulonnaise a décidé d’améliorer la sécurité sur la Route départementale n°1 qui effleure le village. A l’aide de feux tricolores de circulation dits « intelligents » et l’instauration d’une « Zone 30 », le but est d’essayer de ralentir les usagers sur cette voie très fréquentée aux heures de pointe.
Suite à une réunion d’information et de concertation (voir notre article : COULON (79): quatre secteurs de sécurisation sur la RD1 à l’adresse : https://wordpress.com/post/actualitescoulonmaraispoitevin.com/14861) qui s’est tenue en juillet 2023, en présence de la municipalité et d’habitants intéressés, les feux tricolores de circulation viennent d’être remplacés au carrefour des routes départementales n°1 et n°123. Cette initiative, censée réguler la circulation automobile, permet de moderniser un équipement obsolète âgé d’une quarantaine d’années.

Chaque année, on recense en France, aux 30 000 carrefours à feux estimés, 10 000 accidents, 1 500 blessés hospitalisés et quelque 150 tués. Plusieurs villes, comme Nantes, Bordeaux et Paris, ont décidé d’en retirer certains afin d’améliorer la sécurité, fluidifier le trafic et respecter l’environnement. (Romain Poisot pour RMC 13 octobre 2017)
Les élus coulonnais ont choisi d’installer des feux dits « intelligents micro-régulés ». La fiche 38 du « Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement » (CEREMA) intitulée : CLIMAT & TERRITOIRES DE DEMAIN Savoirs de base en sécurité routière, explique ainsi la micro-régulation des feux tricolores de circulation.
« Aux abords des intersections ou des passages piétons équipés de feux, les vitesses excessives sont fréquentes et sont sources d’insécurité et de nuisances sonores. En carrefour à feux, les accidents sont surreprésentés aux heures creuses. Une vitesse inadaptée constitue le premier facteur accidentogène des intersections et passages piétons régulés par feux. Les analyses de données de vitesse montrent une augmentation des vitesses pratiquées pendant que le feu est au vert. Ce phénomène est particulièrement accentué aux heures creuses. On observe également un taux de franchissements du feu rouge plus élevé aux heures creuses, conséquence de l’attente aux feux, jugée inutile en l’absence de traversée de piétons ou de véhicules sur la voie sécante. Une stratégie permet de lutter contre ces deux phénomènes : la micro-régulation intégrant un « repos au rouge intégral véhicule ». En l’absence de véhicules, les feux véhicules sont au rouge. Une détection des véhicules permet le passage du feu vert dans une logique « premier détecté, premier servi ». Le rouge fait ralentir les véhicules. La détection des véhicules à l’amont du feu, permet d’anticiper le passage au vert et de limiter les arrêts inutiles de véhicules. Il n’y a pas de contrôle de la vitesse de chaque véhicule, mais cette technique réduit de manière globale la vitesse au niveau du passage piéton ou de l’intersection. »


L’enquête, publiée dans Les Portes de l’Essonne Environnement le 26 février 2017, constate qu’un « carrefour sans feux est moins accidentogène. Ceci est paradoxal quand on apprend à l’auto-école, qu’un feu est censé sécuriser une intersection. Une des hypothèses à envisager est que pour augmenter ses chances de franchir l’intersection sans risquer de perdre de temps si le feu vient à passer au rouge, un usager a tendance à accélérer dangereusement à l’approche d’un feu vert. À l’opposé, lorsqu’il aborde une intersection sans feux, son premier réflexe est de réduire son allure pour la franchir prudemment en observant le comportement des autres usagers. On pourra objecter qu’il y aura toujours d’irréductibles cinglés qui franchiront l’intersection à toute allure (et qui ne s’arrêteront que le jour de la rencontre avec un de leurs congénères). Ceux-là ne faisaient déjà bien souvent que peu de cas des feux rouges. Gardons à l’esprit qu’un feu n’est qu’un signal et non pas une muraille infranchissable. » (© Jean-Marie CORBIN)


Suivant la logique d’élus coulonnais, les signaux lumineux resteraient au rouge en l’absence de véhicule en approche. Prioritairement sur la voie la plus fréquentée RD1, semble-t-il. La voie transversale RD123 serait au vert, peut-on supposer. Le système fonctionnerait en micro-régulé. Le réglage des feux diffèrerait en fonction des plages horaires, périodes de pointe ou non.
Selon une autre étude : « le feu rouge, en plus d’être un gaspilleur de temps, est aussi gaspilleur d’énergie avec un bilan environnemental négatif : Il y a la consommation d’électricité due aux feux, mais aussi, la consommation des véhicules arrêtés avec les moteurs qui restent en fonctionnement (en dehors de quelques véhicules « stop and start »), et enfin, l’énergie cinétique perdue aux freinages des véhicules qui doivent marquer l’arrêt (même sur les véhicules hybrides ou électriques, le freinage par récupération n’est pas de 100 %).«

Curieusement, les boutons de demande de priorité pour les piétons et les personnes à mobilité réduite sont installés uniquement sur les mâts placés sur la RD1. Rien sur la RD123 qui longe le groupe scolaire. Par ailleurs, ces mêmes usagers ne disposent que d’un seul passage surbaissé sur quatre, celui qui jouxte la pharmacie. Les fauteuils roulants, les poussettes, les trottinettes et les vélos d’enfants apprécieront. Photo Gilles Petit
Le coût d’exploitation
« Les feux de signalisation ont en France un coût annuel estimé entre 1 500 et 4 500 euros, comprenant l’usage, l’énergie et la maintenance. » (Gabriel Siméon, « Faut-il supprimer les feux rouges », Sciences et vie, 24 décembre 2018) Les nouvelles technologies étant supposées moins énergivores, et le suivi du bon fonctionnement du système ayant un coût plus élevé, on peut estimer que les économies réalisées par la municipalité sur la réduction de la durée d’éclairage public, couvriront difficilement les frais incompressibles.
Avec les travaux de câblage, raccordement électrique, installation, réglage et mise en service, équiper un carrefour de feux de circulation « ordinaires » revient en moyenne à 40 000 €, selon un fournisseur, non compris un système « intelligent ». La municipalité coulonnaise a prévu, au budget d’investissement 2023, une enveloppe de 56 000 €.
La Zone 30
Quant à la Zone 30, il s’agit d’un essai, qui sera peut-être transformé, censé ralentir les automobiles en agglomération. En particulier, celles qui entrent à Coulon par la RD1 depuis le lieu-dit La Repentie de Magné. Pour le moment, les résidents du secteur n’ont guère constaté de changement dans les comportements des automobilistes, des chauffeurs de poids-lourds et autres agriculteurs. Wait and see, attendre et voir !

Gilles PETIT
En France, les feux de signalisation lumineux et leurs conditions d’emploi sont définis dans l’instruction interministérielle sur la signalisation routière (IISR) dans sa 6e partie (article 109 à 111-1). Le Code de la route dans la section 5 (article R412-29 à R412-33) précise le comportement de l’usager devant ces feux, et les peines encourues. Les signaux sont de quatre couleurs : vert, jaune, rouge (les feux de signalisation jaunes et rouges pouvant être clignotants) et blanc, cette dernière couleur étant réservée aux signaux pour services réguliers de transport en commun (feux R17 et R18) .