Frontenay Rohan-Rohan

MARAIS POITEVIN : une journée balades et sport pour les migrants du CAO de Frontenay-Rohan-Rohan (79)

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« Un étranger est un ami qu’on n’a pas encore rencontré » (Proverbe irlandais), tel est le credo de l’ASAF (Accueil Solidarité Accompagnement Frontenay-Rohan-Rohan). Cette association a organisé une journée des migrants, samedi 3 novembre 2018 à La-Garette. Des balades en barque et en calèche dans la Venise Verte, suivies, en spectateurs, d’un match de football de Ligue 2 à Niort.

 « L’histoire du Marais se rappellera que ce 3 novembre 2018, à La-Garette, il n’y avait ni Français, ni Soudanais, ni Afghans, ni Maliens, ni Somaliens, ni Érythréens, ni Guinéens, ni Pakistanais, mais seulement des hommes et des femmes qui sont solidaires et unis », a déclaré M. Rabah Laïchour, maire de la commune de Sansais-La Garette (Deux-Sèvres), devant un parterre composé de 39 jeunes migrants, sur les 50 actuellement hébergés au Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) de Frontenay-Rohan-Rohan, et de nombreux sympathisants et adhérents à l’ASAF.

« Faire découvrir notre territoire, nos modes de vie, nos paysages, nos faune et flore, nos villages, nos coutumes, nos traditions, était le but de cette sortie appréciée de tous », au départ de la Maison du Cheval et de l’embarcadère Les frênes à La Garette.

Estimant que « la solidarité est d’abord une valeur », l’Asaf est créée le 11 décembre 2017, en soutien à la famille Bulica. Originaire d’Albanie et installé à Frontenay-Rohan-Rohan depuis décembre 2016, le couple Petrit et Kujtime Bulica, avec trois enfants, dont un bébé né en France (les aînés, de 8 et 10 ans, sont scolarisés) fait l’objet d’une procédure d’expulsion du territoire. En juillet dernier, les bénévoles frontenaisiens apprennent que, déboutés de leur demande de droit d’asile, la famille se retrouve assignée à résidence. Spontanément, les bénévoles se sont alors occupés de leur trouver un logement, tout en lançant une pétition (2500 signatures recueillies en 10 jours) et en organisant diverses manifestations de soutien dont des marches de la fraternité, l’occupation de la salle des fêtes locale, . . . Aujourd’hui, « la situation est apaisée, la menace d’expulsion est moins alarmante. »

En présence des élus Mme Dominique Pougnard, conseillère départementale du canton, MM. Jacques Moronval, maire de Bessines (une commune voisine) et Olivier Poireau, représentant la municipalité de Frontenay-Rohan-Rohan, M. Laïchour a dressé ce constat que nous publions dans son intégralité : « Tout le monde parle de migrants, de l’Afrique à l’Asie, en passant par le Proche-Orient, de l’Amérique du Sud et Centrale aux Amériques du Nord, du Sud vers le Nord, de l’Est vers l’Ouest. Mais derrière ce mot, se cachent des hommes, des femmes, des enfants, qui fuient les guerres, la famine, la maladie, les régimes autoritaires, à la recherche d’une vie meilleure au risque de mourir en mer. Les pays du Nord dit industrialisés, civilisés, modernes, qui ont connu les guerres, la famine, les maladies, les migrations, se rejettent la responsabilité, érigent des clôtures de barbelés, parfois des murs en béton, pour éviter l’arrivée de ces populations. Dans maintes constitutions, à commencer par la Déclaration universelle des droits de l’homme, dans toutes les religions, il est dit et écrit que nous naissons tous égaux et que nous devons partager et être solidaires avec nos semblables. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, comme nous, ont passé neuf mois dans le ventre de leur maman, rien ne nous différencie d’eux. Et si nous regardions tous ensemble la face positive de cette tragédie. Cette face positive, c’est cette jeunesse, ces sourires, cette solidarité qui est née entre eux, malgré leurs différences culturelles, linguistiques, ethniques, géographiques. Leur point commun, c’est qu’ils sont tous migrants et ont parcouru des milliers de kilomètres pour arriver dans cette terre de Frontenay-Rohan-Rohan où l’association AUDACIA* les accompagne, grâce au soutien de bénévoles. »

*AUDACIA est une association qui siège à Poitiers (86). Au sein de son pôle d’activités migrants, elle met ses compétences dans les domaines social, administratif, juridique et de la santé au service des demandeurs d’asile et des personnes en demande de titre de séjour dans le but de leur assurer une insertion sociale et une intégration dans la cité. L’accès à l’hébergement est un préalable nécessaire à l’autonomie. La prise en charge vise à assurer l’accès aux droits fondamentaux des personnes accueillies : droits relatifs au séjour, aux soins, à l’éducation, à la culture et à l’emploi.

Gilles PETIT

Quatre barques et une calèche bien chargée ont transporté une soixantaine de personnes en balade découverte dans la Venise Verte. Avant le pique-nique à la Maison du cheval, puis direction le stade René-Gaillard à Niort pour assister au match de football en Ligue 2 Niort-Le Havre.
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TELETHON 2017, le film de la coordination Sud Deux-Sèvres

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        De nombreux défis ont été organisés à l’occasion de cette nouvelle édition du Téléthon. Les équipiers de la coordination Sud Deux-Sèvres du Téléthon 2017 ont rendu visite à plusieurs organisateurs de manifestations.

        Nous avons accompagné deux de ces équipes dont une en compagnie du docteur Cécile Martinat, directrice de recherche à l’INSERM. Ce film, qui peut sembler long, recense quelques actions montées par des bénévoles anonymes et explique le fonctionnement du Centre d’appel téléphonique 3637 installé au Dôme de Niort-Noron (79).

        A voir sur YouTube : https://youtu.be/ZoD6cT_NI24

       Notre parcours vidéo passe par Frontenay-Rohan-Rohan, Arçais, La Garette, Magné, la résidence Le Clos des Tilleuls, Beauvoir-sur-Niort, Saint-Gelais, Mauzé-sur-Le-Mignon, La Crèche, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, le Club hippique niortais et le parvis des Halles de Niort pour, notamment, la remise officielle à l’AFM des dons collectés auprès des structures participantes.

       Une réalisation vidéo Capt’Action79 avec le concours de PROanimation.

FRONTENAY ROHAN-ROHAN (79) : Brigitte Compétissa, une femme et mère de famille avant tout !

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Maire de la commune de Frontenay Rohan-Rohan, Mme Brigitte Compétissa venait d’être élue Conseiller départemental de son canton deux-sévrien. Elle faisait équipe avec M. Rabah Laïchour, maire de la commune voisine Sansais-La Garette, conseiller départemental du canton.  Elle est décédée le 29 juillet 2015 et inhumée à Colombiers (17) dans l’intimité familiale. Les instances locales et départementales ont organisé une cérémonie-hommage dans sa ville, le 21 août dernier. Les intervenants ont salué la mémoire d’une “ femme de combat ”, d’une “ élue engagée ”, d’un “ être sensible et dévoué ”. Mais, un point a plané sur l’assemblée sans être vraiment dévoilé. M. Rabah Laïchour : « Cette fois, je voudrais rendre un hommage à Brigitte Compétissa en tant que femme et mère de famille. Je lui dédie cette chanson d’Idir : Sendou. »

Lors d’une soirée à Puteaux, dans la région parisienne, le chanteur Idir a introduit « Sendou », « Baratte » en français. Un samedi  soir :

Quand j’ai fait cette chanson, j’ai automatiquement pensé à ma maman, donc inévitablement à la vôtre aussi…

Je me souviens, je devais avoir 7- 8 ans, pas plus
Nous étions en Kabylie, elle était là, à côté de moi, en train de battre du lait, qu’elle a mis dans une calebasse, – vous savez une espèce de baratte – elle le battait en faisant ce geste là (mouvements des mains tenant de chaque côté les cordelettes de la calebasse que le fait osciller), peut-être qu’un certain nombre d’entre vous ont déjà vu faire…

Et quand, elle faisait son acte, son travail, elle le rythmait aussi des mots, d’idées, de chants, de soupirs.

Ça lui arrivait de pleurer des fois même, d’esquisser un sourire à des moments aussi.

Mais vous savez sur le coup j’étais jeune, beaucoup trop petit pour comprendre. Ayant, bien sûr grandi, et surtout ayant emmagasiné toutes ces choses dans ma tête, dans ma mémoire, je me suis rendu compte alors qu’elle ne faisait que se confier à son instrument, parce qu’elle n’avait pas d’interlocuteur valable.

Et c’est là, où j’ai compris une chose, cette image de femme qui était là, subissant la loi du milieu, du mâle… et qui se confiait donc à une chose inerte…

C’est là où j’ai compris une chose assez importante dans ma vie, c’est que ce n’est déjà pas évident d’être une femme en général dans n’importe quelle société, qu’elle soit moderne, avancée, aboutie ou non, je crois que ça l’est encore moins dans des sociétés à fortes traditions telles que la mienne, et j’en voulais pour preuve cette dame qui se trouvait être ma mère…

J’ai compris une deuxième chose, c’est que… j’ai sorti inconsciemment cette chanson du fond de mon enfance, à travers des visions que j’ai eues, que j’ai vécues, des sensations que j’ai éprouvées,… J’ai tout de suite compris aussi qu’elle n’était plus à moi tout seul mais qu’elle nous appartenait tous,…parce que d’abord, on a tous une maman, et que, pour peu qu’on appartienne à une de ces sociétés un peu à fortes traditions, on a une image de la mère assez spécifique, assez spéciale… Et à ce titre, j’ai l’habitude donc de la partager avec vous, en vous demandant une chose, bien simple, ce que je fais depuis pas mal de temps : « essayez, ce soir, ce samedi soir à Puteaux, d’avoir dans votre tête, une image claire, précise, lumineuse, de celle qui vous a donné la vie,… ou tout simplement de celle que vous aimez,… qu’elles soient ou non de ce monde, je pense qu’elles seront à jamais gravées dans nos cœurs,…

Vous pourriez me dire pourquoi, bien sûr ?

Parce que l’un de vous pourrait me dire : ma maman est avec moi, on vît ensemble, il n’y a pas tellement de soucis !

Quelqu’un d’autre me dira : j’ai de ses nouvelles au téléphone, on se tient en contact,…

Mais vous savez, ce n’est pas du tout pour cela !….

Je vous le demande parce que je suis convaincu que vis-à-vis d’une femme en général et d’une maman en particulier, je crois que nous avons tous quelque chose à nous faire pardonner, ou à tout le moins à nous reprocher,…

Ne dîtes pas non tout de suite,… Rentrez en vous-mêmes, questionnez-vous,… et vous verrez bien !

Lequel ou laquelle d’entre vous, n’aura pas vu des larmes perler sur leurs joues, et surtout des larmes pour lesquelles nous avons une responsabilité plus ou moins directe,…sans compter tous ces pleurs, toutes ces larmes qu’elles auront versé à notre insu, parce qu’elles n’auront pas voulu nous les montrer, soit par pudeur, soit par crainte de nous heurter, soit pour se dire : ma foi, bon,…ces enfants, c’est moi qui les ai fait,..Si quelqu’un doit se sacrifier autant que ça soit moi !.

Franchement, lequel ou laquelle d’entre nous, tous, aura été pêché dans le tréfonds de leurs cœurs le moindre de leurs frissons,…la moindre de leur fragilité,…et surtout cessez de voir en elles des « mamans-couveuses », ou des « mamans-allaiteuses », qui ne sont là que pour la reproduction, alors qu’elles peuvent aussi avoir de la place pour un cœur contrarié, des amours contrariés, un désir frustré, etc.

Et à côté de cette femme, qui est la nôtre, j’aimerai avec votre permission que l’on associe l’image de ces millions et de ces millions de femmes qui sont resté là-bas, de l’autre côté de la Méditerranée, et qui n’ont pas la chance de vivre des moments comme ceux de ce soir,…

Et là aussi, vous pourriez me dire : Pourquoi ?

Parce que, comme nous tous, il nous arrive de rêver… puis surtout de courir naïvement après nos rêves… J’imagine que si ce soir on se mettait à penser à elles, il sera inscrit quelque part, en haut, dans le ciel de Dieu, qu’un soir de novembre, somme toute banal, dans une petite ville qui s’appelle Puteaux dans la région parisienne, quelques centaines de personnes étaient, là, ce soir,… mais cette soirée banale devient exceptionnelle dans la mesure où ces… quelques centaines de personnes… il n’y avait ni Marocains, ni Algériens, ni Français, ni Tunisiens, ni autre… il y avait simplement quelques centaines de cœurs qui étaient, là, les uns à côté des autres, prêts à sortir d’eux-mêmes ce qu’ils ont de meilleur, en émotions, en amours, en tendresses, et que dans un élan commun, en pensant à elles, bien sûr, j’imagine une boulée émotionnelle monter vers le ciel, traverser la mer, et puis aller s’éparpiller en millions et en millions de petits morceaux, chaque petit morceau étant un tout petit peu de baume dans leurs cœurs meurtris,…et c’est à ce moment-là, où cette fois-ci je suis sûr que ce n’est plus un rêve, on se dira dans un coin de ciel que ce soit là,…dans cette petite ville de Puteaux, ces quelques centaines de gens ont fait quelque chose de magnifique.

Voici la chanson « S’sendu » en kabyle, « Baratte » en français, interprétée par le chanteur Idir :