ratons laveurs
Dans le Marais Poitevin 79, une caméra piège des ratons laveurs
Des ratons laveurs ont été filmés, en juillet 2024, dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres. A notre connaissance, cet animal n’a jamais été observé dans cette seconde zone humide de France.
« Depuis plusieurs années, j’ai plaisir à capturer des vidéos animalières dans le marais, » explique l’inventeur de cette découverte. « A cette fin, j’ai placé des caméras sur mes parcelles dans la Venise Verte, uniquement accessibles en bateau. Au-delà de mes observations habituelles (chevreuils, genettes, martres, sangliers, …), en juillet dernier, j’ai eu la surprise de voir une famille de ratons laveurs a priori non observés dans le marais. »

Cette « observation récente et inattendue dans nos contrées » ravive, chez le Maraîchin vidéaste, le souvenir du fameux cabaret « Le Raton laveur » installé à Coulon. « Quand je pense, il y a trente ans quand on avait le raton laveur, les gens demandaient « Pourquoi le raton laveur, y’en a pas dans le marais ? » Les gens gobaient, ils croyaient qu’il y avait vraiment des ratons laveurs. On se moquait d’eux, c’est pas bien. 30 ou 40 ans plus tard, c’est devenu réalité. Il n’y a pas de rapport. »
« Il y a énormément de martres, de genettes, de chevreuils, de sangliers, … . Quand je pense que j’arrive tôt le matin, je ne vois jamais personne, sachant qu’ils sont tous là. La configuration des lieux attire les animaux, je trouve ça fabuleux », poursuit l’homme qui n’a rien vu, mais tout filmé avec des caméras pièges judicieusement placées aux lieux stratégiques dans une forêt impénétrable légèrement aménagée pour y circuler. « Un animal qui peut se cacher, se déplacer, trouver de la nourriture, il reste, » a constaté le Maraîchin. « Cette zone est déclarée zone de non chasse. En fait, ces parcelles sont transformées légalement en refuges. Je soupçonne les animaux de savoir lire les panneaux « Chasse interdite, Zone de refuge », à moins que le bouche à oreille fonctionne parfaitement entre animaux », plaisante-il.

Il poursuit : » Les américains, notamment les canadiens étaient venus avec leur mascotte en 1944. Il y avait des bases de l’OTAN dans l’est de la France, leur mascotte était un raton laveur. Donc, il y en aurait dans l’est de la France. Il a dû s’en échapper. Il y en aurait aussi en Gironde, peut-être qu’ils sont remontés de Gironde. Surtout une famille, ça aurait été un ou deux individus … Ça laisse à penser qu’ils se sont installés là. Toutes les hypothèses sont envisageables quant à sa présence dans ce marais. Ces animaux nagent fort bien. Apparemment, il n’y a pas d’envahissement. Je les ai vus deux fois en quinze jours, je vais surement les revoir. »

Le raton laveur est un mammifère intelligent qui serait facile à apprivoiser étant jeune. D’autant que les petits se domestiquent très facilement, dit-on. A l’âge adulte, il devient agressif. « Cette bestiole est porteuse de nombreuses maladies comme la rage, la gale, la leptospirose, la maladie de Carré. C’est une espèce classée nuisible », déclare le vidéaste. » Comme la genette que j’ai observée l’an dernier, puis cette année avec son petit, le raton laveur semble sédentaire. L’écrevisse de Louisiane, en grand nombre dans le Marais Poitevin, est son mets préféré. »
« On a toujours cru que le raton laveur lavait ses aliments. Pas du tout : il y a confusion car il a sans arrêt les pattes avant dans l’eau. Et en fait, c’est sa façon de pêcher les écrevisses, il tape dans l’eau, ce qui fait remonter les écrevisses. Il ne lave rien du tout. C’est rentré comme ça dans l’imaginaire populaire. »
Un des ratons laveurs observé dans le Marais Poitevin Photo DR

Selon la journaliste Corinne Goëffon (Ouest France) : « Jugé comme une menace pour la biodiversité, le raton laveur a rejoint la liste des espèces invasives dans de nombreux pays où il peut donc être chassé, voire éradiqué, afin que la faune locale puisse être protégée. En France, depuis 2016, il fait partie des animaux nuisibles. »
Gilles PETIT