Mois: avril 2020

MARAIS POITEVIN : Coulon en confinement Covid-19, des photos inédites

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Dans la Venise Verte, notamment à Coulon (Deux-Sèvres), la saison touristique débute habituellement aux fêtes de Pâques. Cette année, le confinement de la population française dû à la pandémie du Covid-19 a contraint les entreprises de batellerie à laisser leurs barques au garage. En effet, les bateliers n’étaient pas autorisés à reprendre leurs activités et, d’ailleurs, les potentiels touristes étaient invités à rester confinés en leur domicile.

Fait exceptionnel, à cette période de l’année, seules les barques des autochtones sont amarrées aux anneaux des rives de la Sèvre Niortaise. Elles aussi sont appelées à rester à quai.

Voici un florilège d’instantanés saisis un dimanche de Pâques le 12 avril 2020, entre 17 et 18 heures.

On regrette de ne pas pouvoir restituer les sons, les odeurs, l’atmosphère surnaturelle d’une situation surnaturelle et . . . ce silence sans cris de gens surexcités, sans les (trop forts) commentaires des guides bateliers qui poussent leurs lourdes barques pleines de touristes, sans véhicules automobiles qui vrombissent et/ou franchissent, au loin, ostensiblement les ponts et autres passages piétons surélevés. Même le vent s’est fait murmure cet après-midi là dans les arbres aux feuilles naissantes. Et ce soleil qui illumine Coulon uniquement pour les Coulonnais, pense-t-on. « Le bonheur », selon une habitante qui, d’ordinaire, voit passer sous sa fenêtre des dizaines, voire des centaines de bateaux par jour.

A Coulon, la Sèvre Niortaise, une autoroute de bateaux en pleine saison, sans barques, sans touristes, sans Maraîchins, et . . . sans commentaires (Photos Gilles PETIT) :

 

Quand un merle chante en période de confinement (Covid 19)

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Cette semaine-là, en pleine ville de Niort confinée pour essayer d’enrayer l’épidémie de Covid 19, un merle chante aux crépuscules du matin et du soir.

Photo Gilles PETIT

L’oiseau s’égosille à l’angle d’un toit du Centre hospitalier de Niort (Deux-Sèvres). Depuis deux jours, je le vois et je l’entends depuis ma chambre du 6ème étage, depuis le lit que je ne puis quitter. Je l’écoute. Je remarque un chant dominant tous les autres sons. Il est vrai que les bruits quotidiens sont, eux aussi, confinés. Quoique, dans l’enceinte d’un grand hôpital, dire que les trafics en tous genres sont réduits durant une telle période est un euphémisme. Au-dessous, les lumières des fenêtres s’allument ou s’éteignent, peu à peu, selon le moment de la journée. Combien de patients et de personnels soignants remarquent ce souffle de vie, ce puissant chant de liberté, qui planent au-dessus d’eux ?!

Ce soir-là, un mercredi, le merle a chanté encore plus fort. Il avait pourtant commencé son récital comme à l’accoutumé, bien posé sur sa place favorite. Mais à 19h30 précises, il s’est interrompu comme interloqué. Vraiment ! Une vive concurrence l’a interpellé. Je n’ai pas saisi tout de suite la raison de cette pause fortuite. Puis, l’oiseau se remit à chanter de plus belle. Fort et clair. Le jabot encore plus gonflé. Il essayait de couvrir le concert donné par les cloches des églises, chapelles, temple . . .  de la ville, et certainement de la France entière.

Les cloches sonnaient pour remercier et rendre hommage aux personnels soignants de tous les services de santé de l’ensemble de la France, mobilisés dans la lutte contre le coronavirus. Ceci pendant dix minutes, montre en main.

Ambiance surnaturelle pour une situation surnaturelle. Atmosphère lourde adoucie par le chant de ce merle qui chantait seul, toujours et encore contre les cloches. Contre, non ! En fait, il les accompagnait. Avec le recul, il me semble qu’il a exceptionnellement harmonisé ses gammes.

Ce merle symbolise la nature, la force de la nature plus forte que les seuls humains.

Lorsque les cloches se sont tues, le merle a poursuivi ses vocalises quelques courts instants. Peut-être épuisé, il aura eu la dernière note avant de se confondre dans la nuit noire.

Une belle leçon d’humilité que devrait retenir l’humanité.

Une histoire authentique vécue par Gilles PETIT