Mois: février 2024
MEDIA : Pigouille-Radio, la voix du Marais Poitevin en ligne sur internet
Âgée d’un an, elle a tout d’une grande. Pigouille Radio, la radio associative du Marais Poitevin, s’adresse à tous les consom’acteurs. Animée par des bénévoles, cette radio libre, diffusée sur Internet sans publicité commerciale, tient à préserver sa liberté d’expression, loin des pressions politiques et/ou économiques.

Créée début 2023, l’association « La Radio du Marais Poitevin » compte aujourd’hui 59 adhérents, actifs ou sympathisants, impliqués au sein de trois commissions : vie associative, communication et programmation. La toute première activité de la structure fut d’offrir une formation aux métiers de la radio à 39 bénévoles actifs. En un an, l’association a animé des ateliers de sensibilisation et d’initiation à la radio à l’attention des scolaires. Elle a aussi conçu 23 émissions, 178 productions, plus les bulletins météo quotidiens. Parallèlement, elle a retransmis en direct quatre événements dans les Deux-Sèvres, à savoir, le lancement de Pigouille Radio en juin 2023 à Sansais ; la fête de la musique à Arçais ; les 24 heures de la barque à Saint-Hilaire-la-Palud ; le Marais sauvage festival au Vanneau. Enfin, il a fallu créer un site internet et une application mobile pour assurer la diffusion 24H/24, car les réseaux hertziens (bande FM) sont saturés. On peut aussi écouter Pigouille Radio depuis le player RadioKing. En attendant la version numérique de Pigouille Radio, par les airs cette fois, envisagée en 2025.

Présenté à l’assemblée générale de l’association, le rapport d’activité 2023 affiche, du 24 juin 2023 au 1er janvier 2024, une moyenne d’environ 50 visiteurs par jour, sur le site, avec des pics de 300/400 personnes qui correspondraient à la présence de la radio sur les événements. RadioKing a enregistré 14 065 écoutes, soit plus de 1 000 auditeurs uniques par mois. « C’est le démarrage, on ne sait pas trop comment les interpréter, » estime Natacha, secrétaire de l’association.
La radio du Marais Poitevin est née par la voie de Christelle Perrier : « Je suis issue du milieu radio plutôt commerciale. J’ai fait un peu d’animation, il y a quelques années, également dans une radio associative locale. » Quand la future présidente est arrivée dans le Marais Poitevin, il y a trois ans, on sortait à peine du confinement. « Ici, c’était difficile de savoir ce qui se passait autour de nous, » se souvient-elle. « Sachant qu’on est au milieu de trois départements, et que les départements ne communiquent pas entre eux, c’était compliqué. Je me suis dit, c’est quoi les supports de communication pour connaître ce qui se passe. Et notamment en radio. Il n’y avait pas de radio. Je me suis posé la question : pourquoi il n’y en a pas ? Je n’ai pas vraiment eu la réponse mais je me suis dit : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Lancer une radio, oui, mais je n’avais pas envie de faire une radio publicitaire, commerciale. J’en ai parlé autour de moi. L’idée a démarré comme ça. » Ainsi plusieurs personnes ont pris les choses en main et lancé une grande mobilisation de bénévoles. « Nous avons imaginé l’information radio, suivi des formations de réalisation de podcasts et d’administration d’une association car c’est un secteur particulier. »
Pourquoi le milieu associatif ?
Mme Perrier explique ce choix : « Plutôt qu’une radio privée, une radio associative me semblait plus légitime par rapport à ce que l’on voulait faire avec l’ensemble des habitants. Le milieu associatif apporte cette diversité-là. »
Pourquoi ce nom Pigouille ?
« Pigouille, parce que quand on a regardé tout autour dans ces villages du Marais Poitevin et notamment le Marais mouillé, » précise la présidente, « nous avons constaté qu’il y a beaucoup d’entités qui s’appellent Pigouille. Déjà, la pigouille en elle-même, c’est sûr. Puis il y avait le restaurant La Pigouille, l’embarcadère La Pigouille, etc. On voulait que ce soit emblématique. Le Marais Poitevin est reconnu aussi avec la pigouille. La Radio du Marais Poitevin : Pigouille Radio. Ça sonne bien. » Document ci-contre Pigouille Radio

Une jeune radio libre


Il y a un an, au stade de projet, la radio associative du Marais Poitevin s’était fixé comme principales missions : contribuer à la communication, à la culture et au lien social de proximité. Dès mars 2023, des volontaires ont rejoint l’aventure. Ayant différents niveaux de connaissance, d’envie, d’expérience et d’horizon, ces personnes ont été formées à l’animation d’une radio. Beaucoup d’entre elles se sont investies par envie de réaliser du contenu radio afin de partager leur passion musicale, le jardinage, le sport, ou parce qu’elles ont des choses à dire, qu’elles aiment rencontrer des gens, des artistes, l’envers du décor des événements, ou encore parce qu’elles considèrent que la radio est un loisir sympa. D’autres se sont impliquées dans le fonctionnement de l’outil et l’administratif.
Intarissable sur le sujet, Christelle Perrier lance : « Pour faire de la radio, un studio était envisagé. L’opportunité s’est présentée assez rapidement à Saint-Hilaire-la-Palud. Il était indispensable qu’il y ait un lieu pour accueillir les bénévoles, mais aussi le public, les collectivités, les acteurs locaux. Une radio rassemble beaucoup de domaines d’activités, de nombreux savoir-faire. On a fait avec les moyens du bord, on est arrivé à créer, à faire un premier programme radio avec, seulement, deux/trois bénévoles qui ont mis à disposition leur propre matériel à l’ensemble des autres réalisateurs bénévoles. C’était un peu compliqué parfois. Pour faire nos reportages sur la totalité du territoire, il faut que nos bénévoles soient équipés en matériel radio mobile. Nous devons aussi nous procurer du matériel radio pour notre propre studio. Une radio associative doit répondre à des charges financières de structure et de fonctionnement. Les partenaires sont autant indispensables dans notre activité radio que les bénévoles et tous ceux qui nous soutiennent. L’administratif et la logistique demandent beaucoup d’implication chaque jour. On constate, comme beaucoup d’associations, que nous sommes trop peu nombreux à nous en charger. Il nous faut davantage de bénévoles pour proposer des programmes radio et participer aux commissions, sans oublier d’assurer des permanences pour la diffusion quotidienne. »
Les objectifs

On l’aura compris, Pigouille Radio souhaite enrichir sa grille des programmes, en développant ses compétences de maîtrise des aspects techniques de la radio, en particulier lors des directs ; maintenir les liens avec le jeune public et les seniors via des ateliers radio ; créer des relations avec des partenaires en matières de communication, de culture locale, lien social de proximité, etc. Enfin, les bénévoles souhaitent développer les moyens de communication en faveur de la population du territoire en étendant l’agenda, les offres d’emploi, les dédicaces, les ateliers radio, et en diversifiant les prestations radio, voire en créant des événements ponctuels.
Pour que Pigouille Radio ne soit pas une station éphémère, en plus des bénévoles, il lui faudra un ou plusieurs permanents professionnels. Ainsi, pour 2024, le conseil d’administration de « La Radio du Marais Poitevin » envisage l’ouverture d’un premier poste de salarié ou d’un prestataire externe. Avant de recruter quatre autres personnes, dans les cinq prochaines années.
Les idéaux seraient de communiquer sur l’ensemble du Marais Poitevin, à savoir sur les départements des Deux-Sèvres, Vendée et Charente-Maritime, et d’essayer de trouver des bénévoles qui soient déjà implantés dans leur territoire. « Nous avons réussi à créer la radio du Marais Poitevin. Nous pouvons être fiers de nous. Petit à petit, on va y arriver comme ça, » conclut Madame Christelle Perrier.
Le Marais Poitevin sur Pigouille Radio s’écoute, dans le monde entier, à l’adresse internet http://www.pigouilleradio.fr. Le site propose un bulletin d’adhésion ou de don, et une cagnotte de financement participatif, dont le montant est libre.
Pigouille Radio, accueil/studio Grande-Rue à Saint-Hilaire-la-Palud (79210) dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres
Gilles PETIT
COULON (79) : des feux « intelligents » en Zone 30 sur la RD1
Après de longues tergiversations, la municipalité coulonnaise a décidé d’améliorer la sécurité sur la Route départementale n°1 qui effleure le village. A l’aide de feux tricolores de circulation dits « intelligents » et l’instauration d’une « Zone 30 », le but est d’essayer de ralentir les usagers sur cette voie très fréquentée aux heures de pointe.
Suite à une réunion d’information et de concertation (voir notre article : COULON (79): quatre secteurs de sécurisation sur la RD1 à l’adresse : https://wordpress.com/post/actualitescoulonmaraispoitevin.com/14861) qui s’est tenue en juillet 2023, en présence de la municipalité et d’habitants intéressés, les feux tricolores de circulation viennent d’être remplacés au carrefour des routes départementales n°1 et n°123. Cette initiative, censée réguler la circulation automobile, permet de moderniser un équipement obsolète âgé d’une quarantaine d’années.

Chaque année, on recense en France, aux 30 000 carrefours à feux estimés, 10 000 accidents, 1 500 blessés hospitalisés et quelque 150 tués. Plusieurs villes, comme Nantes, Bordeaux et Paris, ont décidé d’en retirer certains afin d’améliorer la sécurité, fluidifier le trafic et respecter l’environnement. (Romain Poisot pour RMC 13 octobre 2017)
Les élus coulonnais ont choisi d’installer des feux dits « intelligents micro-régulés ». La fiche 38 du « Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement » (CEREMA) intitulée : CLIMAT & TERRITOIRES DE DEMAIN Savoirs de base en sécurité routière, explique ainsi la micro-régulation des feux tricolores de circulation.
« Aux abords des intersections ou des passages piétons équipés de feux, les vitesses excessives sont fréquentes et sont sources d’insécurité et de nuisances sonores. En carrefour à feux, les accidents sont surreprésentés aux heures creuses. Une vitesse inadaptée constitue le premier facteur accidentogène des intersections et passages piétons régulés par feux. Les analyses de données de vitesse montrent une augmentation des vitesses pratiquées pendant que le feu est au vert. Ce phénomène est particulièrement accentué aux heures creuses. On observe également un taux de franchissements du feu rouge plus élevé aux heures creuses, conséquence de l’attente aux feux, jugée inutile en l’absence de traversée de piétons ou de véhicules sur la voie sécante. Une stratégie permet de lutter contre ces deux phénomènes : la micro-régulation intégrant un « repos au rouge intégral véhicule ». En l’absence de véhicules, les feux véhicules sont au rouge. Une détection des véhicules permet le passage du feu vert dans une logique « premier détecté, premier servi ». Le rouge fait ralentir les véhicules. La détection des véhicules à l’amont du feu, permet d’anticiper le passage au vert et de limiter les arrêts inutiles de véhicules. Il n’y a pas de contrôle de la vitesse de chaque véhicule, mais cette technique réduit de manière globale la vitesse au niveau du passage piéton ou de l’intersection. »


L’enquête, publiée dans Les Portes de l’Essonne Environnement le 26 février 2017, constate qu’un « carrefour sans feux est moins accidentogène. Ceci est paradoxal quand on apprend à l’auto-école, qu’un feu est censé sécuriser une intersection. Une des hypothèses à envisager est que pour augmenter ses chances de franchir l’intersection sans risquer de perdre de temps si le feu vient à passer au rouge, un usager a tendance à accélérer dangereusement à l’approche d’un feu vert. À l’opposé, lorsqu’il aborde une intersection sans feux, son premier réflexe est de réduire son allure pour la franchir prudemment en observant le comportement des autres usagers. On pourra objecter qu’il y aura toujours d’irréductibles cinglés qui franchiront l’intersection à toute allure (et qui ne s’arrêteront que le jour de la rencontre avec un de leurs congénères). Ceux-là ne faisaient déjà bien souvent que peu de cas des feux rouges. Gardons à l’esprit qu’un feu n’est qu’un signal et non pas une muraille infranchissable. » (© Jean-Marie CORBIN)


Suivant la logique d’élus coulonnais, les signaux lumineux resteraient au rouge en l’absence de véhicule en approche. Prioritairement sur la voie la plus fréquentée RD1, semble-t-il. La voie transversale RD123 serait au vert, peut-on supposer. Le système fonctionnerait en micro-régulé. Le réglage des feux diffèrerait en fonction des plages horaires, périodes de pointe ou non.
Selon une autre étude : « le feu rouge, en plus d’être un gaspilleur de temps, est aussi gaspilleur d’énergie avec un bilan environnemental négatif : Il y a la consommation d’électricité due aux feux, mais aussi, la consommation des véhicules arrêtés avec les moteurs qui restent en fonctionnement (en dehors de quelques véhicules « stop and start »), et enfin, l’énergie cinétique perdue aux freinages des véhicules qui doivent marquer l’arrêt (même sur les véhicules hybrides ou électriques, le freinage par récupération n’est pas de 100 %).«

Curieusement, les boutons de demande de priorité pour les piétons et les personnes à mobilité réduite sont installés uniquement sur les mâts placés sur la RD1. Rien sur la RD123 qui longe le groupe scolaire. Par ailleurs, ces mêmes usagers ne disposent que d’un seul passage surbaissé sur quatre, celui qui jouxte la pharmacie. Les fauteuils roulants, les poussettes, les trottinettes et les vélos d’enfants apprécieront. Photo Gilles Petit
Le coût d’exploitation
« Les feux de signalisation ont en France un coût annuel estimé entre 1 500 et 4 500 euros, comprenant l’usage, l’énergie et la maintenance. » (Gabriel Siméon, « Faut-il supprimer les feux rouges », Sciences et vie, 24 décembre 2018) Les nouvelles technologies étant supposées moins énergivores, et le suivi du bon fonctionnement du système ayant un coût plus élevé, on peut estimer que les économies réalisées par la municipalité sur la réduction de la durée d’éclairage public, couvriront difficilement les frais incompressibles.
Avec les travaux de câblage, raccordement électrique, installation, réglage et mise en service, équiper un carrefour de feux de circulation « ordinaires » revient en moyenne à 40 000 €, selon un fournisseur, non compris un système « intelligent ». La municipalité coulonnaise a prévu, au budget d’investissement 2023, une enveloppe de 56 000 €.
La Zone 30
Quant à la Zone 30, il s’agit d’un essai, qui sera peut-être transformé, censé ralentir les automobiles en agglomération. En particulier, celles qui entrent à Coulon par la RD1 depuis le lieu-dit La Repentie de Magné. Pour le moment, les résidents du secteur n’ont guère constaté de changement dans les comportements des automobilistes, des chauffeurs de poids-lourds et autres agriculteurs. Wait and see, attendre et voir !

Gilles PETIT
En France, les feux de signalisation lumineux et leurs conditions d’emploi sont définis dans l’instruction interministérielle sur la signalisation routière (IISR) dans sa 6e partie (article 109 à 111-1). Le Code de la route dans la section 5 (article R412-29 à R412-33) précise le comportement de l’usager devant ces feux, et les peines encourues. Les signaux sont de quatre couleurs : vert, jaune, rouge (les feux de signalisation jaunes et rouges pouvant être clignotants) et blanc, cette dernière couleur étant réservée aux signaux pour services réguliers de transport en commun (feux R17 et R18) .