Les Copains Musiciens du Marais

LE VANNEAU (79) : l’unique « Marché sur l’eau » du Marais Poitevin au bon goût des saveurs du Marais Poitevin

Publié le Mis à jour le

Grace au Comité des fêtes local, pour la vingtième fois, chaque dernier samedi du mois de juillet, le Grand Port du village de Le Vanneau (Marais Poitevin – Deux-Sèvres – France) sort de sa quiétude légendaire pour accueillir environ 5 000 personnes, potentiels clients d’une cinquantaine de producteurs locaux. Capt’Action79 était présente dans le cadre du tournage d’un documentaire vidéo consacré aux harmonies de Mauzé-sur-Le-Mignon et du Vanneau-Irleau, deux formations de musiciens issus des Marais Mouillés du Marais Poitevin, lesquels se retrouvent, à l’occasion, sous la bannière « Les Copains Musiciens du Marais ».

La barque des Copains Musiciens du Marais a précédé le cortège nuptial. Ils savent que le marché sur l’eau n’est qu’une animation estivale. En réalité, point de musique au marché, les commerçants d’antan se déplaçaient en bateau dans le marais uniquement à la rencontre de leurs clients, de port en port, de cale en cale, de ferme en ferme… Des Maraîchins qui, eux, gardaient les pieds sur terre.
Il y avait une belle file d’attente à l’embarcadère du Grand-Port du Vanneau.

Le marché sur l’eau du Vanneau est une initiative née, en 1998, de l’imagination débordante de Côté Marais, une association alors organisatrice du Festival du Marais Mouillé, du Comité des fêtes d’Irleau-Le-Vanneau et de la municipalité. Son but : réveiller le port de ce village typique du Marais Poitevin, ne serait-ce qu’une demi-journée. Plus qu’une simple animation touristique, le marché du Vanneau est devenu un rendez-vous annuel incontournable dans la vie locale. En effet, parmi les milliers de personnes qui font le déplacement, les trois-quarts seraient venus faire leurs courses habituelles en profitant de l’ambiance festive assurée, entre autres, par le groupe folklorique « les Noceux dau marais ». L’autre quart serait composé d’estivants, venus en curieux, agréablement surpris par la beauté du site, par l’accueil chaleureux et la diversité des produits proposés.

En plus, les clients peuvent faire leurs emplettes confortablement assis dans une des barques mises à disposition par des embarcadères du syndicat de la batellerie, ou rejoindre à pied sec les mêmes étals version « plancher des vaches ».

Cette année 2017, il n’y avait pas de chèvres, ni de poules, ni d’oies grises… même pas un baudet du Poitou, seule une vache a bien voulu naviguer sur les eaux. . . dans la catégorie des animaux de ferme vivant, la moitié de l’année sur les prairies non accessibles par voie de terre.

La fête n’aurait pas été complète sans un repas traditionnel proposant des anguilles grillées, du jambon, avec des mojettes ou des pommes de terre. Par ailleurs, sans le savoir (par manque d’information sur place) de nombreux visiteurs ont découvert « les tâches », ces parcelles de jardin, dit familiaux en ville, cultivées dans la « vraie » terre du Marais, accessibles par la seule passerelle du port du Vanneau.

Gilles PETIT

 

 

 

Publicités

Mauzé-sur-Le-Mignon : Un p’tit tour à la Fête René-Caillié

Publié le Mis à jour le

Pour la 175e fois, la commune de Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres) a honoré « son » aventurier René Caillié, le « découvreur de Tombouctou » au Mali, le 20 avril 1828. Capt’Action79 était présent dans le cadre du tournage d’un documentaire consacré aux 140 ans de l’Harmonie, un ensemble de musiciens issus des Marais Mouillés du Marais Poitevin. A cette occasion, nous avons réalisé un court film retraçant la journée du dimanche 25 juin 2017.

Le voyageur René Caillié est né à Mauzé-sur-Le-Mignon (79) le 19 novembre 1799.

Les traditionnelles fêtes René Caillié de Mauzé-sur-Le-Mignon ont débuté le samedi 24 juin 2017 par un copieux programme : des randonnées cyclistes, un concours de pétanque, une course en ligne pour les enfants, une course Run & Bike, une importante course pédestre de 7,5 km organisée par les Foulées René-Caillié, des démonstrations d’arts martiaux et une retraite aux flambeaux conduite par l’Harmonie mauzéenne.

Le dimanche 25 juin 2017 était consacré au 175 ème hommage à René Caillié (1799-1838) ponctué le matin par une cérémonie officielle au monument dédiée à l’aventurier, suivie, l’après-midi, par la grande cavalcade biennale de chars et bandas à travers la ville. Après un concert offert par l’Harmonie mauzéenne à deux pas d’une fête foraine très fréquentée, le week-end s’est achevé par un feu d’artifice nourri, tiré depuis le bas du champ de foire de Mauzé-sur-Le-Mignon.

La vidéo- souvenir de la journée du dimanche des Fêtes René-Caillié, édition 2017, est disponible sur Facebook à l’adresse suivante : https://youtu.be/uSK2zdUyi6s

Gilles PETIT

HISTOIRE : A Irleau (Deux-Sèvres), une stèle en l’honneur de neuf patriotes du « Groupe Marais »

Publié le Mis à jour le

Samedi 28 mai 2016, la commune du Vanneau-Irleau (Marais Poitevin des Deux-Sèvres) et le Souvenir Français ont rendu hommage à neuf patriotes du Groupe Marais arrêtés par la police politique de Vichy le 23 mai 1944, dont trois furent surpris à la ferme du Deffend à Irleau ; les autres étant arrêtés à Damvix (Marais Poitevin de Vendée) et à Niort (Deux-Sèvres). Huit seront exécutés sur la Butte de Biard (Vienne), le 4 juillet 1944 ; leur hébergeur Honoré Cadet sera déporté en Allemagne à Neckargerach, où il mourra le 29 décembre 1944.

Photo Gilles PETIT DSCN3970
Dressée à proximité de la ferme du Deffend (en arrière plan), la stèle rend hommage au Groupe Marais.

« En entrant en résistance, ils savaient qu’ils risquaient leur vie. Dans l’ombre, individuellement puis collectivement, ces femmes et ces hommes avaient à cœur de retrouver leur liberté. Les raisons de leur engagement furent multiples : refuser la défaite, chasser l’occupant, défendre les valeurs de la République. Leurs actes et comportements prirent des formes diverses s’adaptant à la radicalisation et à l’expression arbitraire de la répression imposée par l’occupant et le régime de Vichy ». Source : « Au nom de la Résistance » la Butte de Biard 1942-1944 – Hommage aux 128 fusillés, édité par l’association VRID Vienne Résistance Internement Déportation.

Pendant l’occupation, le Marais et sa configuration compliquée permet aux réfractaires du STO (Service du Travail Obligatoire) et aux jeunes du Parti communiste de se dissimuler. Ainsi, les sites de Coulon, d’Arçais, du Vanneau et d’Irleau sont alors des plaques tournantes. Un noyau de résistants «le Groupe Marais», qui n’est à aucun moment un maquis organisé, rassemble des jeunes dont le seul lien est l’appartenance à la même famille politique. Le climat va engendrer des dénonciations, il s’ensuit, une cascade d’arrestations aux terribles conséquences.

RESISTANCE
Camille DORE (archives documentaires)
RESISTANCE
Michel DORE (archives documentaires)

Ils s’appelaient : Honoré Cadet, Camille et Michel Doré, Jacques Jabouille, Raymond Giraudineau, Marcel Forestier, Paul Constant Mohimont, Léon Monéger, et Marcel Pouponneau. Ils ont été dénoncés à la Feldkommandantur de Poitiers, à la suite d’un sabotage sur la voie ferrée Niort-La Rochelle.

 

Souvenir Français 3986Honoré CADET était cultivateur à la ferme du Deffend. Il a hébergé, entre autres, les membres du Groupe Marais : Camille et Michel DORE sont nés le 9 juillet 1922 à Niort. Enfants de l’Assistance Publique et élevés à Coulon, ils sont requis au Service du Travail Obligatoire, qu’ils refusent en se cachant dans la ferme d’Irleau. Francs Tireurs Partisans tous les deux, ils sont arrêtés ensemble ; Marcel FORESTIER est né le 15 mai 1923. Il était électricien et résidait à St-Cloud (Seine) ; Raymond GIRAUDINEAU est né le 29 mai 1924. Il était ouvrier, domicilié à Bondy (Seine) ; Jacques JABOUILLE  est né le 22 juillet 1920. Marié, il était ajusteur, domicilié à Rochefort (Charente-Maritime). Responsable du Front National (mouvement de résistance créé par le Parti communiste), Jacques Jabouille avait été interné en juin 1942 au camp de Rouillé (Vienne), puis au camp de Migné (Vienne) d’où il s’évade le 29 septembre 1943 ; Paul Constant MOHIMONT est né le 1er juin 1923 à Bosseval (Ardennes). Ce cantonnier était entré dans le maquis en Vendée ; Léon MONEGER est né le 1er mars 1923. Photographe, il travaillait en région parisienne ; Marcel POUPONNEAU est né le 11 janvier 1918. Il était cultivateur à Yves (Charente Maritime).

Photo Gilles PETIT 3976
En présence des sections maraîchines d’anciens combattants, d’amis, de sympathisants et de membres des familles des héros honorés, la cérémonie a été organisée par le Souvenir Français et la municipalité locale, sur une proposition d’un ancien Irleaudais Jean-Michel Caquineau (2ème à droite)

Ezilda BARREAUNous avons aussi une pensée pour Ezilda BARREAU. Née à Cerzeau (Deux-Sèvres) en 1893, elle vend sa maison pour rejoindre son fils unique, Eugène, instituteur à Irleau. Tout premiers résistants communistes de cette région, ils s’engagent ensemble dès 1941 dans l’Organisation Spéciale, puis appartiennent aux Francs-Tireurs et Partisans, actifs dans le Marais Poitevin. Ezilda Barreau héberge de nombreux clandestins dont Rol Tanguy, assure les liaisons entre le «Groupe Marais» et les Francs-Tireurs et Partisans, distribue des tracts et transporte des armes. Arrêtée le 26 mai 1944 à Azay-le-Brûlé (Deux-Sèvres) où elle s’était repliée au début du mois après que son fils soit entré dans la clandestinité, elle meurt à la prison de la Pierre Levée à Poitiers le 1er juin 1944 suite aux supplices infligés. Madame Barreau est la seule femme inhumée au Carré Militaire du Cimetière des Sablières de NIORT.

Photo Gilles PETIT 3980
Gérée par Honoré Cadet, la ferme du Deffend a hébergé de nombreux réfractaires au STO, ainsi que des communistes et autres personnes persécutées par la police politique de Vichy.

 

Gilles PETIT