Coulon

MARAIS POITEVIN : l’évaille de janvier, la Venise Verte devient « blanche »

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Dans les Marais mouillés du Marais Poitevin des Deux-Sèvres, les Maraîchins retrouvent, enfin ! leur « évaille » d’antan, à savoir leur crue si bénéfique, indispensable à toutes leurs activités ancestrales, voire vitale à cette seconde zone humide de France.

Photo Gilles PETIT 3491AVANT, les anciens étaient fiers de LEURS deux crues annuelles, au printemps et en automne. Les « marais étaient blancs », les bateaux à fond plat pouvaient circuler sans barrières, en passant au dessus des clôtures et en slalomant entre les frênes et les peupliers. Suivant le niveau d’eau, évidemment. Une fois franchis les lits bouillonnant et dangereux de la Sèvre Niortaise ou des canaux latéraux des rives gauche et droite du fleuve, on entre dans un pays inimaginable, un autre monde. Une eau claire et étrangement calme.

Nous avons flâné dans le bief en aval du barrage de La Sotterie sur les communes de Coulon et de Sansais-La Garette (79) et Les Bourdettes sur la commune de Damvix (85). Un bief est la « marche d’un escalier » qui régularise la descente des eaux vers l’océan, à l’aide de barrages-écluses construits en aval de Niort (79) sur la Sèvre Niortaise : écluses de Comporté, La Roussille, Marais-Pin, La Sotterie, Les Bourdettes, Bazoin et Marans, voire l’écluse maritime du Brault en cas de nécessité. Le marais semble plat, sachez qu’il existe pourtant un dénivelé de 12 m entre Niort et la baie de L’Aiguillon. Avec une pente très faible de l’ordre de 10 cm au kilomètre.

Le bief en aval de La Sotterie est le seul palier du Marais Poitevin sur lequel les gestionnaires de l’eau peuvent « étaler » de fortes précipitations, protégeant ainsi des inondations le chef-lieu des Deux-Sèvres et les communes situées en amont de cette ville. Il permet aussi de garder l’eau avant de l’envoyer dans le palier inférieur. Ce dernier, n’étant pas assez « creux » et pratiquement situé au dessous du niveau de la mer, est dépendant des fortes marées, lesquelles, renforcées par un grand vent d’ouest, peuvent refouler les courants et provoquer quelques brèves inondations dans le Marais dit desséché et alentours.

Petite balade entre ciel et eau ; entre grand silence et murmures d’animaux.

Texte et photos Gilles PETIT

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Décès d’un ancien maire de Coulon (79), M. Pierre Rousseau : « le devoir accompli »

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Ancien maire de Coulon (79), M. Pierre Rousseau est décédé à l’âge de 88 ans. En 1989, à l’issue d’une carrière professionnelle achevée au Crédit Agricole de Vendée, le tout jeune retraité avait présenté, avec succès, sa liste aux élections municipales de Coulon face à M. Maurice Moinard, le maire en poste depuis de longues années. Après plus de neuf années à la tête de deux équipes municipales, M. Rousseau avait choisi, en 1998, de se retirer doucement de la vie publique, à mi-mandat.

ORDRE NATIONAL DU MERITE 24 septembre 1995
M.Pierre Rousseau (à gauche) était titulaire de l’ordre national du mérite depuis septembre 1995.

Le plus sérieusement du monde, c’est le 1er avril 1998 que M. Pierre Rousseau a envoyé sa lettre de démission au préfet des Deux-Sèvres de l’époque, M. Gueullette. Après avoir reçu le 16 avril suivant l’accord de ce dernier, le 24 avril, le maire en informait individuellement chacun des conseillers municipaux de Coulon : « Considérant qu’il y a un temps pour tout dans la vie, et qu’il est sage désormais de passer le relais ».

En effet, M. Rousseau avait décidé d’appliquer sa résolution faite aux dernières élections : « J’avais fait savoir aux élus, disait-il, que j’acceptais d’assurer la transition, mais avec la volonté de trouver un successeur en cours de mandat. En 1995, j’avais hésité à solliciter auprès des électeurs le renouvellement de mon mandat. J’approchais alors de mes 68 ans et j’avais pu mesurer depuis 1989 combien la fonction était à la fois exaltante car, s’agissant d’une commune rurale, de surcroît très touristique, elle appelait une disponibilité de tous les instants ».

Ayant eu 70 ans en octobre 1997, et compte-tenu des exigences de la fonction et surtout des problèmes de santé, l’ancien premier magistrat de Coulon estimait « ne plus être en mesure d’assumer correctement les devoirs de la charge de maire et de président de la Communauté de communes de la Venise Verte ». M. Rousseau était à mi-chemin de son quatrième mandat d’élu dont le second mandat de maire.

ELECTIONS MUNICIPALES 1995 LISTE ROUSSEAU 12 juin 1995
M.Pierre Rousseau (au premier plan) avait présenté une nouvelle liste aux élections municipales de 1995. A mi-mandat, il avait laissé son fauteuil de maire à M. Jacques Rousseau ( l’élu avec des lunettes juste au-dessus de lui sur la photo). Tout en restant au sein du Conseil.

La commune de Coulon, et plus particulièrement le centre-bourg, garderont à jamais l’empreinte de M. Pierre Rousseau. Durant ses fonctions, le site a connu une grande métamorphose. La place de l’Eglise et ses rues adjacentes ont été refaites. L’église, elle-même, a été consolidée et rénovée, par obligation, car des murs se lézardaient dangereusement. Il avait eu l’idée prémonitoire de préconiser l’achat de la maison de la famille Artarit « sans projet précis ». Avec ses dépendances, ce bâtiment héberge maintenant la mairie et le siège du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin. C’est encore lui qui a remué ciel et terre pour que les Grands Travaux de rénovation des quais de la Sèvre Niortaise se prolongent davantage en aval du centre de Coulon. Avec MM. Jean Thébault et Daniel Biston, respectivement maires de Magné et de Sansais-La Garette, il est aussi l’artisan des réalisations et des nombreuses initiatives, plus ou moins heureuses, de la Communauté de Communes de la Venise Verte. Une intercommunalité, créée en 1993, qu’il a présidé, à la suite de M. Thébault, de 1995 jusqu’au 26 août 1998, puis comme délégué de Coulon jusqu’à la dissolution de cette structure fin 1999, suite à l’adhésion forcée des trois communes à la Communauté d’agglomération de Niort. Il a accompagné les débuts du Centre Social et Culturel du Marais. Une naissance qui s’est faite dans la douleur car, en premier lieu, c’était un projet phare de la municipalité précédente avec des communes voisines, et que, ensuite, les protagonistes avaient du mal à s’entendre sur les modes de fonctionnement et de financement.

Par ailleurs, on peut citer l’installation d’un poste estival de Gendarmerie ; le premier aménagement de la plaine de l’Autremont ; la déviation de la Route départementale 123 qui traversait auparavant le centre-bourg ; la construction d’une mini-déchetterie intercommunale ; la gestion municipale des quais loués à l’Etat avec un règlement régissant la batellerie professionnelle de tourisme ; l’instauration d’un conseil municipal des jeunes ; la fondation, en mai 1991, d’une Société d’Economie Mixte Coulon – Venise Verte chargée de gérer les équipements destinés au tourisme, en marge de l’Office de Tourisme local ; l’accompagnement de l’Association de Sauvegarde du Marais et Insertion Professionnelle (ASMIP), créée en 1994 ; etc.

Enfin, en quittant sa fonction d’élu municipal, M. Pierre Rousseau se félicitait d’avoir « remis à flot des finances de la commune gravement déséquilibrées ». A ce sujet, il avait déclaré : « cela a été très dur, surtout pendant les trois premières années. On se demandait s’il ne fallait pas fermer l’école. Ensuite ce fut l’église ! Et puis, il y a eu le centre d’hébergement du Préplot lourdement déficitaire. . . Mais, vous savez, les plus grandes satisfactions viennent des choses difficiles ».

Il concluait ainsi : « A force de conviction et d’équité, la cohésion sociale de la commune a été restaurée. Des personnes qui ne sont pas du même bord politique que moi m’ont félicité. C’est une de mes plus grandes satisfactions ».

M. Pierre Rousseau est, désormais, parti avec le sentiment du devoir accompli.

 

Gilles PETIT

 

 

COULON (Deux-Sèvres) : nouvelle « Petite Cité de caractère »

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Comment une commune peut-elle passer du label national « Les Plus beaux Villages de France » au label régional « Les Petites Cités de caractère » ? Comme un jeune enfant quitte la maternelle pour la « grande école », en rêvant de grands projets. En effet, Coulon voit grand. Elle a dépassé la limite « adulte » de 2.000 habitants fixée par « Les Plus beaux Villages de France ». Cette commune maraîchine a eu du mal à acquérir un autre label, produit d’appel à touristes. La Région Poitou-Charentes, le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin et une AVAP (Aire de Valorisation Architecturale et Paysagère) sont venus à sa rescousse avec les moyens et les financements nécessaires.

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Le meilleur produit d’appel à touristes est, sans conteste, le Marais poitevin dans sa globalité avec ou sans label. A elle seule, la maison aux volets bleus de M. Ravard attise la curiosité à Coulon (79). Les visiteurs ignorant qu’elle est construite sur la commune de Sansais-La Garette.       Photo Gilles PETIT

Coulon, actuellement reconnu « Village fleuri » et « Terre saine« , est une ancienne « Station Verte de Vacances », le premier label écotourisme décerné, en 1993, conjointement aux communes de Coulon, Magné et Sansais-La Garette, dans le cadre de la Communauté de Communes de La Venise Verte, obtenu grâce au Comité départemental du tourisme des Deux-Sèvres (alors dirigé par M. Claude Dantou), puis perdu, en 2000, à la dissolution de cette intercommunalité. Est tombé peu après le label « Plus beau Village de France », jusqu’au 1er janvier 2009, date à laquelle la municipalité coulonnaise a renoncé à cette reconnaissance. Les frais d’adhésion étant trop élevés et pas assez efficaces, semble-t-il. De toute façon, la commune avait dépassé (depuis longtemps) « l’âge » maximal des 2.000 habitants. Entre-temps, les élus de l’époque avaient choisi d’adhérer au programme régional « Village de caractère » lancé par la Région Poitou-Charentes. Il s’agit d’un plan qui s’adresse aux communes, de moins de 6.000 habitants, sollicitant une intervention financière régionale en faveur d’une opération de restauration, de valorisation ou d’animation de leur patrimoine. A savoir : sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine rural présentant un intérêt historique, architectural, culturel et touristique ; sensibiliser le public à sa préservation et sa valorisation ; renforcer l’attractivité et la fréquentation toute l’année des communes signataires de la convention. Pour ce faire, il convient de respecter ces critères : être engagé dans une démarche visant en l’obtention du label « Les Petites Cités de caractère », disposer d’un patrimoine de qualité et d’un potentiel touristique avérés. Les communes admises pourront afficher, à leurs entrées de village, un beau panneau « Petite Cité de caractère » et, surtout, pourront bénéficier de subventions pouvant atteindre jusqu’à 35% du montant HT des travaux.

Fort de ce soutien, la commune de Coulon a déposé, en 2003, une première demande de labellisation. Mais la commission départementale de l’association interrégionale « Les Petites Cités de caractère » avait alors émis un avis défavorable. Le critère manquant était visé, en septembre 2009, quand le conseil municipal, poussé par les pouvoirs publics, a lancé une étude pour la mise en place d’une ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager) sur son territoire. Après une interruption de plusieurs mois en raison de modifications réglementaires liées à la transformation des ZPPAUP en AVAP (Aire de Valorisation Architecturale et Paysagère), cette étude a repris et arrive désormais à son terme. Sous l’étroite surveillance de la commission municipale « Urbanisme & environnement » et des partenaires que sont l’Architecte des Bâtiments de France, l’Inspecteur des sites de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) , l’architecte de l’association des « Petites Cités de Caractère », ainsi que celui du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin.

Un nouveau dossier a été déposé en juin dernier. Le 22 juin, il décrochait un avis favorable. Le 14 octobre 2015, le label est tombé dans l’escarcelle de la commune de Coulon. « On va faire partie de la cour des grands« , a réagi le maire de Coulon, Michel Simon, en ajoutant que « ce label appartient à tous les Coulonnais ! » Il faut préciser que la commune voisine d’Arçais, la grande « rivale touristique » de Coulon, a aussi décroché le titre « Petite Cité de caractère ». D’autres localités maraîchines adhérentes au Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, ce dernier détenant le label « Grand Site de France« , ont (comme Nieul-sur-l’Autize en Vendée) ou vont aussi avoir ce label. En Deux-Sèvres, sont titulaires : Airvault, Arçais, Celles-sur-Belle, Coulon, La-Mothe-Saint-Héray, Mauléon, Melle, Oiron et Saint-Loup-Lamairé ; En Vendée : Apremont, Faymoreau, Foussais-Payré, Mallièvre, Mouchamps, Nieul-sur-l’Autize et Vouvant ; En Charente-Maritime : Saint-Sauvant et Saint-Savinien.

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A l’image de cette majestueuse demeure qui domine le port de la commune maraîchine d’Arçais, le patrimoine privé ne profite pas directement d’un label. A moins d’y organiser des visites payantes.       Photo Gilles PETIT

Qu’apportent les labels aux populations concernés ? Rien, sinon un cadre de vie qui peut paraître agréable. En fait, ces labels, tout comme la structure Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, aident les collectivités à effectuer des travaux de mise en valeur du patrimoine, entre autres. Les habitants, eux, ne bénéficient d’aucune aide liée au(x) label(s), ils sont juste sensibilisés et incités à poursuivre la démarche, à leurs frais. Seuls des commerçants et artisans d’art tirent avantages des produits d’appel que sont les labels.

Même s’ils se réjouissent d’une telle notoriété, les autres Maraîchins subissent, en saison estivale, les flots de touristes en pestant contre les restrictions de circulation, de stationnement. . . et les cyclistes qui, fait nouveau, n’hésitent plus à « bousculer » les piétons pour se frayer le passage.

Gilles PETIT

FRONTENAY ROHAN-ROHAN (79) : Brigitte Compétissa, une femme et mère de famille avant tout !

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Maire de la commune de Frontenay Rohan-Rohan, Mme Brigitte Compétissa venait d’être élue Conseiller départemental de son canton deux-sévrien. Elle faisait équipe avec M. Rabah Laïchour, maire de la commune voisine Sansais-La Garette, conseiller départemental du canton.  Elle est décédée le 29 juillet 2015 et inhumée à Colombiers (17) dans l’intimité familiale. Les instances locales et départementales ont organisé une cérémonie-hommage dans sa ville, le 21 août dernier. Les intervenants ont salué la mémoire d’une “ femme de combat ”, d’une “ élue engagée ”, d’un “ être sensible et dévoué ”. Mais, un point a plané sur l’assemblée sans être vraiment dévoilé. M. Rabah Laïchour : « Cette fois, je voudrais rendre un hommage à Brigitte Compétissa en tant que femme et mère de famille. Je lui dédie cette chanson d’Idir : Sendou. »

Lors d’une soirée à Puteaux, dans la région parisienne, le chanteur Idir a introduit « Sendou », « Baratte » en français. Un samedi  soir :

Quand j’ai fait cette chanson, j’ai automatiquement pensé à ma maman, donc inévitablement à la vôtre aussi…

Je me souviens, je devais avoir 7- 8 ans, pas plus
Nous étions en Kabylie, elle était là, à côté de moi, en train de battre du lait, qu’elle a mis dans une calebasse, – vous savez une espèce de baratte – elle le battait en faisant ce geste là (mouvements des mains tenant de chaque côté les cordelettes de la calebasse que le fait osciller), peut-être qu’un certain nombre d’entre vous ont déjà vu faire…

Et quand, elle faisait son acte, son travail, elle le rythmait aussi des mots, d’idées, de chants, de soupirs.

Ça lui arrivait de pleurer des fois même, d’esquisser un sourire à des moments aussi.

Mais vous savez sur le coup j’étais jeune, beaucoup trop petit pour comprendre. Ayant, bien sûr grandi, et surtout ayant emmagasiné toutes ces choses dans ma tête, dans ma mémoire, je me suis rendu compte alors qu’elle ne faisait que se confier à son instrument, parce qu’elle n’avait pas d’interlocuteur valable.

Et c’est là, où j’ai compris une chose, cette image de femme qui était là, subissant la loi du milieu, du mâle… et qui se confiait donc à une chose inerte…

C’est là où j’ai compris une chose assez importante dans ma vie, c’est que ce n’est déjà pas évident d’être une femme en général dans n’importe quelle société, qu’elle soit moderne, avancée, aboutie ou non, je crois que ça l’est encore moins dans des sociétés à fortes traditions telles que la mienne, et j’en voulais pour preuve cette dame qui se trouvait être ma mère…

J’ai compris une deuxième chose, c’est que… j’ai sorti inconsciemment cette chanson du fond de mon enfance, à travers des visions que j’ai eues, que j’ai vécues, des sensations que j’ai éprouvées,… J’ai tout de suite compris aussi qu’elle n’était plus à moi tout seul mais qu’elle nous appartenait tous,…parce que d’abord, on a tous une maman, et que, pour peu qu’on appartienne à une de ces sociétés un peu à fortes traditions, on a une image de la mère assez spécifique, assez spéciale… Et à ce titre, j’ai l’habitude donc de la partager avec vous, en vous demandant une chose, bien simple, ce que je fais depuis pas mal de temps : « essayez, ce soir, ce samedi soir à Puteaux, d’avoir dans votre tête, une image claire, précise, lumineuse, de celle qui vous a donné la vie,… ou tout simplement de celle que vous aimez,… qu’elles soient ou non de ce monde, je pense qu’elles seront à jamais gravées dans nos cœurs,…

Vous pourriez me dire pourquoi, bien sûr ?

Parce que l’un de vous pourrait me dire : ma maman est avec moi, on vît ensemble, il n’y a pas tellement de soucis !

Quelqu’un d’autre me dira : j’ai de ses nouvelles au téléphone, on se tient en contact,…

Mais vous savez, ce n’est pas du tout pour cela !….

Je vous le demande parce que je suis convaincu que vis-à-vis d’une femme en général et d’une maman en particulier, je crois que nous avons tous quelque chose à nous faire pardonner, ou à tout le moins à nous reprocher,…

Ne dîtes pas non tout de suite,… Rentrez en vous-mêmes, questionnez-vous,… et vous verrez bien !

Lequel ou laquelle d’entre vous, n’aura pas vu des larmes perler sur leurs joues, et surtout des larmes pour lesquelles nous avons une responsabilité plus ou moins directe,…sans compter tous ces pleurs, toutes ces larmes qu’elles auront versé à notre insu, parce qu’elles n’auront pas voulu nous les montrer, soit par pudeur, soit par crainte de nous heurter, soit pour se dire : ma foi, bon,…ces enfants, c’est moi qui les ai fait,..Si quelqu’un doit se sacrifier autant que ça soit moi !.

Franchement, lequel ou laquelle d’entre nous, tous, aura été pêché dans le tréfonds de leurs cœurs le moindre de leurs frissons,…la moindre de leur fragilité,…et surtout cessez de voir en elles des « mamans-couveuses », ou des « mamans-allaiteuses », qui ne sont là que pour la reproduction, alors qu’elles peuvent aussi avoir de la place pour un cœur contrarié, des amours contrariés, un désir frustré, etc.

Et à côté de cette femme, qui est la nôtre, j’aimerai avec votre permission que l’on associe l’image de ces millions et de ces millions de femmes qui sont resté là-bas, de l’autre côté de la Méditerranée, et qui n’ont pas la chance de vivre des moments comme ceux de ce soir,…

Et là aussi, vous pourriez me dire : Pourquoi ?

Parce que, comme nous tous, il nous arrive de rêver… puis surtout de courir naïvement après nos rêves… J’imagine que si ce soir on se mettait à penser à elles, il sera inscrit quelque part, en haut, dans le ciel de Dieu, qu’un soir de novembre, somme toute banal, dans une petite ville qui s’appelle Puteaux dans la région parisienne, quelques centaines de personnes étaient, là, ce soir,… mais cette soirée banale devient exceptionnelle dans la mesure où ces… quelques centaines de personnes… il n’y avait ni Marocains, ni Algériens, ni Français, ni Tunisiens, ni autre… il y avait simplement quelques centaines de cœurs qui étaient, là, les uns à côté des autres, prêts à sortir d’eux-mêmes ce qu’ils ont de meilleur, en émotions, en amours, en tendresses, et que dans un élan commun, en pensant à elles, bien sûr, j’imagine une boulée émotionnelle monter vers le ciel, traverser la mer, et puis aller s’éparpiller en millions et en millions de petits morceaux, chaque petit morceau étant un tout petit peu de baume dans leurs cœurs meurtris,…et c’est à ce moment-là, où cette fois-ci je suis sûr que ce n’est plus un rêve, on se dira dans un coin de ciel que ce soit là,…dans cette petite ville de Puteaux, ces quelques centaines de gens ont fait quelque chose de magnifique.

Voici la chanson « S’sendu » en kabyle, « Baratte » en français, interprétée par le chanteur Idir :

COULON (79) : LA RUE ELISE-LUCAS « sens » queue, ni tête

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Vous connaissez le sketch de Raymond Devos, le fameux rond-point aux sens interdits à chaque bretelle de sortie. Voici un exemple aussi absurde : la rue Elise-Lucas à Coulon.

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La rue Elise-Lucas est située au lieu-dit Préplot, en partie le long de la Sèvre Niortaise..

La rue Elise-Lucas dispose de panneaux de prescription « sens interdit » à ses deux extrémités. Toutes deux débouchent sur la RD 123.

A l’entrée nord, l’accès est limité aux véhicules des habitants résidant le long de cette voie. A l’entrée ouest, l’accès est limité au petit train touristique (Ici, nous faisons abstraction des cyclistes car ceux-ci ne tiennent pas compte des signalisations). Si les deux se retrouvent face à face, qui est prioritaire ?! Réponse : aucun des deux. En cas de collision, la réponse à cette question sera cruciale. Et tous les regards se tourneront vers la municipalité.

Entrée nord : Selon une note de l’Instruction interministérielle sur la signalisation routière, « la mention SAUF RIVERAINS est à proscrire car elle ne constitue pas une catégorie d’usagers de la route. Afin d’être valide, il est préférable de motiver une restriction d’accès par des raisons techniques liées à l’état de la chaussée (comme par exemple une limitation de hauteur, de poids,…) pour l’ensemble des usagers. » Un riverain est une personne possédant des propriétés et/ou résidant à proximité d’un lieu, en particulier sur les rives d’un cours ou d’une étendue d’eau, ou près d’un domaine ou d’une construction, ou le long d’une voie de communication. Si l’on raisonne par l’absurde ou par logique, c’est selon, le riverain est riverain jusqu’à son bien. Avec un tel panneau de prescription, s’il poursuit son trajet au delà de sa propriété, il se retrouve fautif. Et comme la rue est également en sens interdit dans l’autre sens de circulation, le véhicule du riverain ne peut plus repartir sans enfreindre l’un des panneaux « sens interdit ».

Entrée ouest : Pourquoi une telle interdiction, dans ce sens précisément, alors que la voie est belle et suffisamment large pour permettre le croisement des rares véhicules qui l’empruntent ? Pourquoi accorder un régime de faveur au petit train touristique, une activité commerciale à but lucratif, alors que cet ensemble routier dispose de la RD123, une belle droite plus confortable pour les passagers ? Un élément de réponse : offrir aux clients deux cents mètres de plus de bords de Sèvre Niortaise, alors qu’ils viennent d’en consommer six kilomètres.

Conclusion : Lors d’une de ses balades cyclistes, le policier municipal peut se poster à l’entrée ouest de la Rue Elise-Lucas. Ici, il peut verbaliser TOUS les véhicules qui sortent de cette voie, car ils sont TOUS en infraction. Les bicyclettes comprises lesquelles suivent la Sèvre depuis le bourg de Coulon et qui se retrouvent en sens interdit « sauf riverains » ; les riverains car ils ne sont plus riverains puisqu’ils ont forcément dépassé leur bien. Quant au petit train, il ne fait que passer sur cette voie. Il n’a donc aucun droit. Qu’il circule sur la RD123.

Enquête et photos Gilles PETIT

Twelve years already : On 8th May 2003, « the baby of the canal » was recovered from the water in Coulon (79, France)

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On 16th july 2003, Alice Géraud, a journalist at ‘Libération’ newspaper wrote : ‘She has no name. No age. No face. The gendarmes say ‘the girl’, sometimes ‘the woman ‘. The village priest prefers calling her ‘the mother’. They know nothing about her, only that she must have given birth to a boy  around the end of April or the beginning of May. The body of the newborn baby was found on 8th of  May in the water of a canal in the Marais Poitevin.

The 8th of May 2003 was a day more like summer than spring in the Marais Poitevin. Particularly in Coulon (Deux-Sèvres, France), the ‘ capital town ‘ of the ‘Green Venice‘.On that day, the second largest wetland of France offered pleasant walks to the numerous strollers, especially along the canal on the right bank of the River Sèvre Niortaise, usually called ‘Rigole du Grand-Coin‘. It is in the middle of the afternoon that a man noticed something floating in the water, tangled in the weeds He and his friends pulled out a  Centrix black triangle bag  attached to a weight. Inside the bag, there was an ordinary  garbage bag in which they discovered the body of a newborn child.

A special team ‘Grand Coin’

A special team named ‘Grand Coin‘ composed of 6 gendarmes from the ‘brigade de recherche‘ of Niort was formed. The gendarmes were charged with the task of identifying the child and finding his mother. Under the supervision of the examining magistrate of Niort, they made hundreds of checks. They checked all the camp sites, gîtes and hotels of the region, investigated all the rumours about this case. Divers  meticulously inspected the canal, looking for the slightest clue. As Coulon is situated on the limit of three départements, the investigation continued in Charente Maritime and Vendée. The investigators even called upon hypnosis to help jog a witness’s memory. He might have witnessed  unusual activity near the canal where a stroller fished out the bag.

This bag has received a great deal of attention from the investigators. They were even prepared to question all the owners of such a backpack. It is a promotional product bearing the logos of the companies that distribute them widely, a logo which had been carefully cut out. It had remained at the bottom of the water for at least ‘nine to ten days‘. ‘It was badly damaged‘ ‘, they explained. One can only imagine the state of the newborn who bore no traces of physical trauma. ’Just the body of an infant. A boy of European type. With no clothes, no distinguishing feature. And without a past, of course ! ‘Alice Géraud pointed out.

The autopsy provided no certainty. On the mother’s side, the investigators were looking for a woman who might have been pregnant during this spring. They compared the declared pregnancies and the registered births in the three départements. But she may have hidden her condition and / or have given birth to the baby on her own. They also cross-checked  the case with previous infanticide files and abandonments of children in their jurisdictions.

The town stands in for the family.

During the investigation, Father Michel Châtaigner, the village Priest, wrote to the mayor asking for the body of the baby to be ‘buried with dignity‘ and wished : ‘The mother’s religion should be respected. That is if she is found. ‘ The investigators did not find her.

Finally, as provided for by the law, and taking into account the duration of the investigation process and if the identification has not been possible, the body must be taken back to the town where it was discovered. On the 13th of May, the mayor, Michel Grasset spoke to the town council : ‘The local authority will have to take the responsibility if necessary. Cremation is prohibited should the famility claim the body at a later stage.

At the beginning of October 2003 the little body was indeed given back to the town of Coulon. He was buried on Wednesday 15th 2003 in the local cemetery after a solemn ceremony, in the presence of the Town Council, the local priest, a vicar, representatives of the Gendarmerie and the State, together with a number of inhabitants. The town bore all the burial expenses (coffin, transport of the body, funerary slab, wreath of flowers …)

Since that day anonymous people have regularly put flowers on the tiny grave of  ‘the baby of the canal.

 

Gilles PETIT