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MARAIS POITEVIN : « Le Chemin de bois de La Garette » rouvert aux piétons et cyclistes sur la Vélo Francette

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Mis en chantier à la fin de l’été 2005, ancré dans le sol du Marais Poitevin, le « Chemin de bois » pédestre et cycliste, construit à proximité du village de La Garette sur la commune de Magné (Deux-Sèvres), n’a survécu qu’une dizaine d’années. Son platelage, souvent réparé ponctuellement, n’a pas supporté les contraintes d’un environnement exigeant et d’un saccage forestier. Entièrement reconstruit, il a rouvert à la circulation pour la saison estivale 2024.

« Le Chemin de bois de La Garette » refait à l’identique. Photo Gilles PETIT

En quelques chiffres, tout est dit ou presque : 600 mètres linéaire sur 3,50 mètres de large ; 386 pieux utilisés ; 3 800 lames de bois posées ; 4 belvédères aménagés ; une grande passerelle réhabilitée ; et 62 arbres plantés ou à planter. Le Département des Deux-Sèvres a investi 2,340 millions d’euros pour la reconstruction de ce platelage, dont une subvention de l’État de 334 000 euros. Également, il convient d’ajouter 25 000 € d’entretien pour les sections départementales de la véloroute Vélo Francette.

Communément appelé « Le Chemin de bois de La Garette », le long sentier construit sur pilotis qui serpente au milieu de nulle part en pleine nature entre les frênes et autres végétations hautement protégés pour son biotope, a été créé en septembre 2005, parallèlement à une route départementale N°1 jugée dangereuse pour les cyclistes et les quelques piétons qui s’y risquaient.

Sur ces sept photos (le diaporama ci-dessus) prises le 23 novembre 2005, on constate que le chemin est assis sur une structure entièrement en bois, pieux compris. Photos Gilles PETIT

En septembre 2017 (photo), le « Chemin de bois de La Garette » était encore praticable. Image Gilles PETIT

Se dégradant très vite, jonglant au fil des saisons entre les évails (les crues), la forte humidité permanente du Marais Poitevin, la décomposition des innombrables feuilles, … et les passages des usagers, la surface de roulement du chemin devenait dangereuse. Photo Gilles PETIT

Pourtant, l’Association pour l’Insertion par la Protection et l’Entretien du Marais Poitevin (AIPEMP appelée aussi Nature Solidaire), chargée de l’entretien des pistes locales cyclables et pédestres, n’avait guère ménagé ses efforts pour remplacer progressivement les lames qui se fendaient, gonflaient ou s’effritaient. Changées à l’unité, ces lames valaient alors une fortune.

Le platelage a été livré en blocs préfabriqués de 3,50 mètres de long afin d’optimiser le temps de mise en place et de limiter l’impact sur l’environnement. D79

Ce n’est qu’en avril 2022 que les services du Département des Deux-Sèvres, propriétaire du site, décident de fermer à la circulation « Le Chemin de bois de La Garette »  » pour des raisons de sécurité  » car  » le platelage était en mauvais état « . Ceci après avoir missionné, dès fin 2020, une maîtrise d’œuvre pour définir la nature des travaux à exécuter et l’éventuelle reconstruction de la passerelle.

Le robinier a été choisi pour les platelage et solivage : c’est la seule essence européenne résistant naturellement aux marnages (alternance de périodes d’inondation et d’assec). A gauche, des lames datant de 2005, à droite la version 2025 Photo Gilles PETIT

Finalement, plusieurs études ont été engagées afin de « concevoir un nouvel aménagement prenant en compte les contraintes du site, ses enjeux environnementaux et architecturaux. » Entre temps, le Département a fait abattre soixante-dix-sept peupliers qui étaient, semble-t-il, en fin de vie ou présentaient des risques de chute. L’opération, réalisée fin 2022, a démoli ce qu’il restait du « Chemin de bois » et a laissé le terrain dans un état désastreux, durant plusieurs mois.

Enfin, le nouveau « Chemin de bois de La Garette » qui relie le village de La Garette au lieu-dit La Repentie sur la commune de Magné, a été officiellement inauguré le 9 juillet 2024 et rouvert à la circulation, excluant les véhicules à moteur.

Gilles PETIT

Les intervenants de ce chantier : Artelia Ville et Transport (44) pour la maîtrise d’oeuvre, Ginger CEBTP (79) pour la géotechnie, Apave (Niort) pour le contrôle technique, Socotec (Niort), coordinateur SPS, l’entreprise Amexbois (Alpes de Haute-Provence) et Ancr’est (Moselle), le sous-traitant des pieux.

Quatre belvédères ont été aménagés sur « Le Chemin de bois de La Garette » avec une vue extra-panoramique qui change constamment. Photo Gilles PETIT

LE VANNEAU 79 : Le Marché sur l’eau draine l’engouement du public

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Depuis 26 éditions, le port du Vanneau, situé sur la commune deux-sévrienne de Le Vanneau-Irleau, accueille un Marché sur l’eau, la principale animation annuelle de ce petit village du Marais Poitevin. Une « tradition » inventée à vocation touristique, largement appréciée des autochtones, des petits producteurs locaux et du public.

Chaque dernier samedi de juillet, le port du Vanneau accueille l’unique Marché sur l’eau existant dans le Marais Poitevin, à l’initiative, au tout début, des associations Côté Marais et Comité des fêtes du Vanneau-Irleau, soutenues par la collectivité locale. Loin de prendre l’eau, cette manifestation connait un succès dépassant toute espérance.

Une idée simple

Dans le port du Vanneau [la commune est constituée de deux villages Le Vanneau et Irleau distants de deux kilomètres, ayant chacun son port], des producteurs dits locaux proposent des produits de leur jardin ou de leur exploitation, en compagnie de commerçants professionnels. Pour accéder aux marchands, les personnes souhaitant faire leur marché peuvent préalablement embarquer dans des bateaux fournis gratuitement par deux entreprises de batellerie de la Venise Verte (prêtés par les embarcadères « Les Frênes » de La Garette et « La Trigale » de Coulon, acheminés sur place par le chaland-bétaillère du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin), et se laisser guider jusqu’aux étals installés sur des barques le long des berges et des quais, uniquement le matin entre 9 heures et 13 heures. Pour les personnes qui hésiteraient à embarquer ou si l’affluence est trop importante, toutes les « boutiques » sont aussi accessibles par voie de terre. L’après-midi était consacré aux jeux en bois fabriqués par des membres du Comité des fêtes, en plus d’une marche à la découverte du marais, et d’une innovation 2025 : un marché des créateurs animé par un interprète Eric Chanteur.

Une invention originale

Comme tous les ports du Marais Poitevin, le port du Vanneau n’a jamais connu de marché, il servait uniquement pour le transport et l’alimentation des animaux, ainsi que des produits de la ferme.

Le Marais n’a jamais connu ce type de marché. Dans le cadre des spectacles « Marais en Fête », les inventeurs de la formule se sont inspirés de l’époque pas si lointaine où le boulanger, le facteur et le boucher faisaient leur tournée en barque pour ravitailler les fermes cernées par les eaux toute ou partie de l’année. Leurs clients restaient sur la terre ferme ou à la proue de leur propre bateau, à domicile. Depuis 1998, les organisateurs veulent « exprimer la solidarité et le sens du service qui fédèrent la communauté des Maraîchins ».

Réveiller le port de ce village typique du Marais poitevin, ne serait-ce qu’une demi-journée, était l’objectif du Marché sur l’eau. Plus qu’une simple animation touristique, le marché du Vanneau est devenu un rendez-vous annuel incontournable dans la vie locale. En effet, parmi les centaines de personnes qui font le déplacement, la majorité ferait leurs courses habituelles en profitant de l’ambiance festive assurée, entre autres, par le groupe folklorique « les Noceux dau marais » et de scénettes nautiques rappelant les activités d’antan. Les autres visiteurs seraient des estivants, venus en curieux, agréablement surpris par la beauté du site, par l’accueil chaleureux et la diversité des produits proposés à des prix jugés « bon marché », dans l’ensemble.

Pour la première fois en 26 éditions, le reste de la journée était réservé aux jeux en bois, à un marché de créateurs, à la découverte des marais environnants et à la détente, en attendant le dîner suivi d’un feu d’artifice et d’une soirée dansante. Photos Gilles PETIT

Gilles PETIT

Quand moules et musiques cohabitent au festival Moul’stock de Charron

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Pour la treizième fois, l’association Fêtes en Stock a fait vibrer la commune de Charron (Charente-Maritime) en renouvelant son festival Moul’stock. Née suite au passage de la tempête Xynthia, cette grande fête populaire offre deux jours festifs autour d’une spécialité locale : La Moule de Charron. Un rendez-vous caritatif ponctué de « concerts gratuits basés sur une sélection exigeante, à la recherche des sons du moment ».

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, Charron, un village charentais-maritime de 2 300 habitants, est submergé par une gigantesque vague noyant une grande partie des marais environnants. Le lendemain, la presse titrait « Bilan de la tempête Xynthia : à Charron trois morts, une grand-mère et ses deux petits enfants, et près de 200 maisons inondées, vouées à la destruction. » Sans compter l’anéantissement de la culture emblématique du secteur, à savoir la mytiliculture.

Selon les organisateurs bénévoles de l’association Fêtes en Stock de Charron : « Quatorze ans après sa création, [il s’agit de la 13° édition suite à une pause due au Covid NDLR], le festival Moul’stock accueille aujourd’hui des groupes musicaux venus des quatre coins de la France. Sa programmation est basée sur une sélection exigeante et offre désormais deux soirs de concerts : huit groupes se partagent la scène et offrent au public une diversité culturelle : rock, électro, musique du monde… Au total, 14 heures de musique gratuite. » A ces chiffres, nous ajoutons 10 000 spectateurs sur les deux soirées, 3 tonnes de moules et 2,5 tonnes de frites dégustées sur « de grandes tablées propices aux rencontres », 200 bénévoles, un droit d’entrée libre depuis 2023, et un soutien particulier à une structure caritative différente chaque année.

Une entrée gratuite ou presque

Une partie des dons collectés lors de l’édition 2024 ont été redistribués à l’association « Ça roule pour Lulu ». Ainsi, il a été remis à cette structure un chèque de 3 000 € et une affiche du festival dédicacée. « Cette jolie somme va permettre à Lucas de financer son nouveau fauteuil ».

Cette année, Fêtes en Stock a choisi d’aider l’association intercommunale du Vieux Tape-cul qui retape « Le Boucholeur », un dériveur à fond plat. Il s’agit d’une réplique fidèle des embarcations à voile, employées autrefois par les mytiliculteurs dans la baie de l’Aiguillon, entre 1890 et 1960.

« Le Boucholeur est un élément du patrimoine cher à notre région, à notre métier et à la commune », explique un dirigeant du Vieux Tape-cul. « Construit sans plan, avec un simple croquis, au chantier Durand à Marans en 1991 et mis à l’eau en 1992. » Photo Vieux Tape-Cul

Les moules, une recette simplissime

Du vin blanc, des oignons, du laurier, des moules et une fois à ébullition, servir dans des barquettes avec des frites. « Les moules sont préparées sur place par nos spécialistes, d’anciens mytiliculteurs de Charron », explique un des quarante cuisiniers et aides, « On met tous ces ingrédients dans une marmite et dès que le couvercle s’ouvre et se referme tout seul, c’est prêt. Les moules sont cuites. »

Photo Gilles PETIT

Posté en surveillance de cuisson, un mytiliculteur à la retraite précise l’origine du festin : « Nous servons des moules de filière à corde pêchées au large de la pointe de l’Aiguillon. Elles ne voient pas le jour, celles-là. Photo d’illustration

Elles sont suspendues avec des bouées, puis elles s’assoient dans l’eau, c’est pour ça qu’elles grandissent plus vite que celles sur bouchots qui, elles, connaissent la marée. J’ai fait ça de 14 ans jusqu’à 53 ans et demi. »

Photo Gilles PETIT

L’ancien professionnel bénévole se souvient des éditions passées de Moul’stock : « C’est une grosse, grosse organisation. Avant, c’était que le samedi, une seule fois, aujourd’hui, c’est deux fois. Nous n’avions qu’un simple stand de moules-frites. Les frites étaient faites par un prestataire extérieur, nous, on faisait les moules. La disposition des installations de la fête était différente. Ensuite, la fête s’est tenue aux écluses du Brault, c’était sympa parce qu’il y avait la rivière. Dans ces moments, les moules étaient travaillées manuellement. Ici, pas de couvert, les moules se mangent à la main, les frites aussi. » Pour ceux et celles qui ne mangent pas de moules, « nous avons des merguez, des saucisses et des trucs de poulet ». Les desserts, glaces, crêpes, … ne sont pas confectionnés par l’organisation.

Photo Gilles PETIT

Un marché des créateurs

Parallèlement, Moul’stock propose un Marché des créateurs. Ainsi, une quinzaine d’artisans présentent leurs œuvres. Nous avons ainsi découvert des aquarelles, réalisées au café ou à la peinture avec de la terre du marais, côtoyant des grigris de cheveux confectionnés, entre autres, avec des plumes de poules de Marans ou divers oiseaux sauvages du secteur.

Étaient également présents, un maroquinier d’Esnande, travaillant à la main ; un confiturier de La Rochelle-Mireuil ; un génial stand de transformation de vestes et autres vêtements usagés exclusivement féminins ; des Pierres d’ambre taillées à Vix ; une créatrice périgourdine de bijoux en macramé, pierres fines et végétaux recyclés ; un producteur de chanvre avec de nombreux produits liés ; pour la première fois, un apiculteur de Charron ; etc. Ce marché était complété par des food trucks et par la grande tente Tatoo Shop, des tatoueurs venant depuis trois ans de Nuaillé d’Aunis.

Enfin, les organisateurs de Moul’stock ont mis en place un service de prêts de casques anti-bruit entièrement gratuits, à l’attention de tous les spectateurs, des bébés aux adultes en passant par toutes les tranches d’âge.

Un rigoureux tri des déchets

Enfin, la dégustation de moules laissant de gros déchets, Moul’stock a initié les convives au tri. Ainsi, il a installé un centre de tri particulièrement bien équipé. Plusieurs conseillers bénévoles guidaient les consommateurs. L’un d’eux explique : « Nous avons de grandes poches pour collecter les coquilles et de grands bacs de différentes couleurs avec un code spécifique et des affichettes qui détaillent le mode d’emploi. Au fil des années, on s’est améliorés avec la participation du Cyclad. » Depuis sa création en 1978, le Syndicat Mixte fermé Cyclad assure une mission de service public à travers la collecte, le traitement et la valorisation des déchets produits par les usagers de 234 communes du Nord-Est de la Charente-Maritime.

Le festival Moul’stock de Charron est une aventure humaine. « Tout le village se mobilise pour partager sourires et bonne humeur avec les spectateurs toujours plus nombreux. Que ce soit au bar, à la restauration, à l’installation ou au rangement, tous les bénévoles transmettent leur enthousiasme et leur énergie avec un seul but : que chacun ait envie de revenir l’année suivante ». Rendez-vous l’année prochaine.

Gilles PETIT

Pigouille Radio, la radio du Marais Poitevin a couvert l’événement durant ces deux jours en enregistrant tous les concerts et en réalisant de nombreuses interviews qui seront diffusées à l’antenne. Ici, une partie des bénévoles de Pigouille Radio en compagnie des membres du groupe « Franchment ta Gueule ». Photo Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : « Aventures de vie en Sèvre Niortaise », un ouvrage d’anthologie coécrit par Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau

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D’aucuns diront : « encore un livre sur le Marais Poitevin », avec la connotation touristique que l’on devine. Ils auraient tous faux. « Aventures de vie en Sèvre Niortaise » est, en effet, un livre sur le Marais Poitevin. Un Marais Poitevin vu de l’intérieur dans le cœur d’une poignée de ceux et de celles qui y sont né.es et/ou lui ont voué leur vie. Les auteurs Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau, deux maraîchins, ont choisi de dresser le portrait de cinquante hommes et femmes dont le vécu est propre à la vallée de la Sèvre Niortaise, le principal fleuve qui arrose la deuxième zone humide de France, entre Niort (Deux-Sèvres) et Marans (Charente-Maritime), en passant par le département de la Vendée.

« … Cet ouvrage est un regard sur le Marais. L’intimité révélée de ces hommes et de ces femmes fait qu’ils appartiennent à un monde à part, déterminé par une région qui ne ressemble à aucune autre… »

Dans l’ouvrage « Aventures de vie en Sèvre Niortaise », il n’est point question de Venise Verte, de balades commerciales en barque, de concours des plus beaux clichés, de randonnées pédestres, à vélo ou en canoë, ni de visites de musées, de repas gastronomiques, etc. Selon les auteurs, « la quintessence du livre s’illustre autour de personnages fondamentaux de la vie économique et sociale du Marais. Ce recueil révèle des témoignages, parfois émaillés de patois, de ceux qui ont bien voulu raconter leur vie de tous les jours et leurs passions. »

Curieusement, l’ouvrage ne situe pas géographiquement le Marais Poitevin à l’échelle nationale. Mais, au fil des 350 pages, le lecteur découvre ce site, les lieux de vie des personnages choisis, et bâtit ses propres images.

Jean-Claude Coursaud

Jean-Claude Coursaud est un paysan avant tout, un agriculteur de Coulon (79), aujourd’hui retraité. « Mais, dit-il, j’ai toujours été fasciné par un phénomène : l’écriture. On parle de mon âge, un âge relativement avancé, même très avancé, j’ai donc 86 ans, bientôt 87. Bon pied, bon œil malgré tout ! »

« Aventures de vie en Sèvre Niortaise est peut-être mon dernier livre », ironise-t-il. De Niort à Marans, c’est à dire à l’estuaire de la Sèvre Niortaise, il y a tout un panel de gens qui l’intéressent. Un panel très hétérogène parce que tout est très diversifié. « Le Marais mouillé est un monde qui s’effrite. Aujourd’hui, il y a peu d’agriculteurs parce que le Marais a une lacune importante, il n’est plus rentable. Le Marais ne nourrit plus son homme. Le Marais est insularisé dans un monde économique en mutation. » Les cinquante personnages sélectionnés ne sont pas tous natifs du Marais Poitevin, mais une grande partie est originaire de cette vallée de la Sèvre Niortaise. « Il s’agit de gens qui ont un accès à la Sèvre Niortaise des deux côtés à la fois en Deux-Sèvres, Vendée et Charente-Maritime. »

« L’idée de faire ce livre m’est venue il y a deux ou trois ans, » explique M. Coursaud, « en signalant des personnalités locales qui ont eu une influence sur leur village, mais aussi les anodins. Je ne dirais pas les gens d’en bas car c’est d’un péjoratif abominable. Mais vraiment, toute une constellation de gens en fonction de leur intérêt économique. Ces gens-là sont représentés dans un livre de 350 pages qui propose 50 histoires toutes différentes. Des histoires de gens d’ici, des histoires tout à fait locales. Ce livre se situe parallèlement dans une période de mutations successives. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le destin économique du Marais subit un changement radical de ce monde en vivrier. Effectivement, vivrier est un mot qui pour moi, est très important parce que le Marais mouillé n’a jamais connu d’industrialisation et souvent, c’était des petits coins, des petites mottes où l’on faisait des mojettes, où l’on subsistait chaque jour. Dans sa partie septentrionale, le Marais mouillé est peu valorisé par une agriculture aux capacités limitées, des voies d’exploitation uniquement fluviales mettant un frein à son expansion. Et ça, dans un secteur compris entre Coulon, La Garette et La Sotterie, une zone de 2 800 hectares qui est vouée pratiquement à l’abandon avec un élevage d’une extensivité dramatique. Au contraire, le Marais desséché, endigué en XVII° siècle par les travaux des dessiccateurs hollandais, va prendre un essor considérable. Dès que vous avez franchi Maillezais, toute cette région de Vix à la mer a une agriculture particulièrement dynamique. »

Un regard sur le Marais Poitevin

« Cet ouvrage est un regard sur le Marais », assurent les auteurs. L’intimité révélée de ces hommes et de ces femmes, souvent par leur anonymat, fait qu’ils appartiennent à un monde à part déterminé par une région qui ne ressemble elle aussi à aucune autre. On retrouve le peuplier, le dernier bucheron du Marais John Perrault qui fait un travail diabolique dans cette zone que certains ont appelé le Triangle des Bermudes, en passant par la pépinière de Bernard Bordet au Mazeau (85), et sa finalité dans l’industrialisation du produit par l’entreprise Thébault de Magné (79). Le secteur touristique incarné par le constructeur de bateaux André Gelot à Damvix (85) ; l’ancienne cathédrale de Maillezais (85) valorisée grâce à la perspicacité de son ancienne propriétaire Mme Trichereau. Autres anonymes représentatifs du Marais tel René Martin, passionné de pêche à La Garette (79), Odile Gélineau, ancienne ouvrière de scierie à Maillé (85), Fabrice Ravard de la maison aux volets bleus à Sansais-La Garette (79), Eric Piffeteau qui crée des paniers et des bourgnons pour l’essentiel ; Jean-Louis Gibaud, cet anonyme a énormément travaillé sur le bourg de Coulon (79) ; Michel Beaufils, un artiste de Coulon (79) ; Christian Rault, luthier au Vanneau (79) ; le dessinateur à la plume Camille Gougnard d’Arçais (79) ; etc.

Fin mai 2025, Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau ont dédicacé leur nouveau livre à Coulon. Photo Gilles PETIT

Isabelle Savariau

Isabelle Savariau qui réside à La Grande Bernegoue de Maillé (85), ne vient pas d’un milieu agricole, son père était bourrelier. Au fil de sa carrière, dans les mairies vendéennes à Liez, Maillezais et Champagné-les-Marais, elle dit « avoir tout appris des gens d’ici », qu’elle a découvert le Marais « grâce à ces habitants-là », tout en ayant un souvenir de sa petite enfance passée dans le Marais. Elle ajoute : « Par mon métier de secrétaire de mairie, j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de gens dans nos communes. Des gens sont disparus depuis longtemps et j’ai toujours regretté de ne pas avoir recueilli leur témoignage. C’est malheureux. Alors j’ai demandé à Jean-Claude d’aller voir des figures, ceux que l’on appelle des figures dans le Marais. Il y en a toujours et on en oublie forcément. Des gens qui souhaitent transmettre ce qu’ils savent, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils connaissent. Je pourrais donner l’exemple de M. Paul Bouchet qui est le doyen de notre recueil, il a 98 ans. Souvent, il me disait : mais moi j’ai plein de choses pour mes enfants et je me dis : qu’est ce que ça deviendra quand je ne serai plus là ? Paul, ça va être écrit, voilà ! Voilà l’esprit de notre écriture et tous les gens quel que soit leur âge, se sont tous prêtés au jeu. On est allé les rencontrer une fois, puis une deuxième fois et c’est comme ça qu’on a construit nos histoires. Ce ne sont pas vraiment des histoires, c’est du vécu, c’est des impressions, des passions. Tout ça est transmis et je me dis que c’est ça l’âme du Marais. »

Un ouvrage écrit à deux mains

Dans l’édition, Mme Savariau n’a travaillé qu’avec Jean-Claude Coursaud. « C’est vrai qu’on se connait depuis quinze ans, grâce à l’histoire des deux vendéens qui sont partis au Canada à la fin du XIX° siècle. Et cette histoire aussi m’intéressait, me passionnait parce que l’un des héros est mon arrière grand-oncle Théodore Gelot et cette histoire d’immigration au Canada, j’en ai toujours entendu parler par ma grand-mère. » Plus tard, la Maraîchine a réalisé un autre livre avec Jean-Claude Coursaud « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise ». C’est un recueil d’histoires locales dans les villages du Marais Poitevin truffé d’anecdotes, de scènes de vie rurale d’autrefois qu’on a oubliée. « Je suis passionné par l’écriture, j’aime bien la langue française. J’ai fait du latin autrefois, pour la syntaxe c’est intéressant. On a écrit à deux mains. On se complète dans l’écriture. Le choix des cinquante personnes s’est fait par connaissance. On a voulu mettre en valeur des gens qui vivent dans le Marais Poitevin et du Marais qui les fait vivre. C’est très éclectique, nous avons des anciens, comme des plus jeunes. Le Marais, ce n’est pas que des bateaux avec des promeneurs, c’est aussi des gens qui y habitent, qui aiment leur région et qui ont quelque chose à nous transmettre. »

Auto-édité, « Aventures de vie en Sèvre Niortaise » est vendu 28 € TTC, notamment à Coulon (Maison de la presse, écomusée de la Maison du Marais Poitevin) et à Fontenay-le-Comte (Espace culturel du centre commercial Leclerc, librairie Florilège) ; …

Disponible aussi chez les auteurs M. Jean-Claude Coursaud à Coulon tél. : 05 49 35 92 55, et Mme Isabelle Savariau à Maillé tél. : 02 51 87 00 28

Gilles PETIT

A lire : Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine » ; le recueil de Jean-Claude Coursaud « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise »

Dans le Marais Poitevin 79, une caméra piège des ratons laveurs

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Des ratons laveurs ont été filmés, en juillet 2024, dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres. A notre connaissance, cet animal n’a jamais été observé dans cette seconde zone humide de France.

« Depuis plusieurs années, j’ai plaisir à capturer des vidéos animalières dans le marais, » explique l’inventeur de cette découverte. « A cette fin, j’ai placé des caméras sur mes parcelles dans la Venise Verte, uniquement accessibles en bateau. Au-delà de mes observations habituelles (chevreuils, genettes, martres, sangliers, …), en juillet dernier, j’ai eu la surprise de voir une famille de ratons laveurs a priori non observés dans le marais. »

Une famille de ratons laveurs figée par une caméra piège dans le Marais Poitevin Photo DR

Cette « observation récente et inattendue dans nos contrées » ravive, chez le Maraîchin vidéaste, le souvenir du fameux cabaret « Le Raton laveur » installé à Coulon. « Quand je pense, il y a trente ans quand on avait le raton laveur, les gens demandaient « Pourquoi le raton laveur, y’en a pas dans le marais ? » Les gens gobaient, ils croyaient qu’il y avait vraiment des ratons laveurs. On se moquait d’eux, c’est pas bien. 30 ou 40 ans plus tard, c’est devenu réalité. Il n’y a pas de rapport. »

« Il y a énormément de martres, de genettes, de chevreuils, de sangliers, … . Quand je pense que j’arrive tôt le matin, je ne vois jamais personne, sachant qu’ils sont tous là. La configuration des lieux attire les animaux, je trouve ça fabuleux », poursuit l’homme qui n’a rien vu, mais tout filmé avec des caméras pièges judicieusement placées aux lieux stratégiques dans une forêt impénétrable légèrement aménagée pour y circuler. « Un animal qui peut se cacher, se déplacer, trouver de la nourriture, il reste, » a constaté le Maraîchin. « Cette zone est déclarée zone de non chasse. En fait, ces parcelles sont transformées légalement en refuges. Je soupçonne les animaux de savoir lire les panneaux « Chasse interdite, Zone de refuge », à moins que le bouche à oreille fonctionne parfaitement entre animaux », plaisante-il.

Parmi les nombreuses captures enregistrées, le vidéaste a saisi une genette. Photo DR

Il poursuit :  » Les américains, notamment les canadiens étaient venus avec leur mascotte en 1944. Il y avait des bases de l’OTAN dans l’est de la France, leur mascotte était un raton laveur. Donc, il y en aurait dans l’est de la France. Il a dû s’en échapper. Il y en aurait aussi en Gironde, peut-être qu’ils sont remontés de Gironde. Surtout une famille, ça aurait été un ou deux individus … Ça laisse à penser qu’ils se sont installés là. Toutes les hypothèses sont envisageables quant à sa présence dans ce marais. Ces animaux nagent fort bien. Apparemment, il n’y a pas d’envahissement. Je les ai vus deux fois en quinze jours, je vais surement les revoir. »

Extrait d’un dossier Ouest France Le Mag des Animaux Photo DR 3 février 2020

Le raton laveur est un mammifère intelligent qui serait facile à apprivoiser étant jeune. D’autant que les petits se domestiquent très facilement, dit-on. A l’âge adulte, il devient agressif. « Cette bestiole est porteuse de nombreuses maladies comme la rage, la gale, la leptospirose, la maladie de Carré. C’est une espèce classée nuisible », déclare le vidéaste.  » Comme la genette que j’ai observée l’an dernier, puis cette année avec son petit, le raton laveur semble sédentaire. L’écrevisse de Louisiane, en grand nombre dans le Marais Poitevin, est son mets préféré. »

« On a toujours cru que le raton laveur lavait ses aliments. Pas du tout : il y a confusion car il a sans arrêt les pattes avant dans l’eau. Et en fait, c’est sa façon de pêcher les écrevisses, il tape dans l’eau, ce qui fait remonter les écrevisses. Il ne lave rien du tout. C’est rentré comme ça dans l’imaginaire populaire. »

Un des ratons laveurs observé dans le Marais Poitevin Photo DR

Selon la journaliste Corinne Goëffon (Ouest France) : « Jugé comme une menace pour la biodiversité, le raton laveur a rejoint la liste des espèces invasives dans de nombreux pays où il peut donc être chassé, voire éradiqué, afin que la faune locale puisse être protégée. En France, depuis 2016, il fait partie des animaux nuisibles. »

Gilles PETIT

COULON : Le Festival Marché Gourmand 2024 a perturbé la quiétude du village maraîchin

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Les 23 et 24 août 2024, les résidents de la commune de Coulon (Deux-Sèvres), à savoir les habitants et de nombreux touristes, n’avaient nul besoin d’acheter de billets pour bien entendre les groupes programmés lors du 3ème Festival du Marché Gourmand. Le son était tellement fort qu’il était parfaitement audible à plus de trois kilomètres. En effet, le plateau scénique avec ses grappes de sonorisation placées en hauteur, était orienté vers ce village réputé calme et paisible dans l’écrin silencieux du Marais Poitevin.

Exemple d’implantation d’un festival dit ouvert. Image d’illustration Festival Tribal Elek 2024 à Andilly-les-Marais Photo Gilles PETIT

« Un festival de musique est une manifestation artistique annuelle ou ponctuelle pouvant se dérouler sur plusieurs jours durant lesquels des artistes évoluent selon un programme ou une thématique définis. Ces festivals sont généralement organisés pour promouvoir un artiste, un genre musical, un instrument, etc. », cite Wikipedia. Les Maraîchins pensaient que ce festival visait à promouvoir les adhérents de l’association « Marché gourmand de la laiterie », laquelle organise, les vendredis d’été, un marché de producteurs locaux et d’artisanat d’art, avec restauration, sur le site de l’ancienne laiterie de Coulon.

Aujourd’hui, l’association s’appelle les « Vendredis gourmands de la Laiterie de Coulon », afin de se dissocier du Festival Marché Gourmand, explique M. Jean-François Coursaud. Le président a publié « une mise au point » sur la page Facebook de cette nouvelle structure : « Les Marchés Gourmands de la Laiterie, c’est un fait, est l’association qui a créé, par le biais de son président de l’époque, le Festival Marché Gourmand. Celui avec Yarol Poupaud. Ensuite, le pavillon a changé au profit de J’adore Niort qui gère aujourd’hui le Festival que vous connaissez tous. Un événement qui devait accueillir plus de monde, avoir une belle programmation, etc… Mais que nous, petite association, ne pouvions évidemment pas organiser par manque de réseaux, compétences ou même moyens financiers. L’an dernier, certains de nos producteurs étaient présents sur l’événement, avec un certain succès malgré les couacs des uns ou des autres, inhérents aux débuts d’un bel événement comme celui-ci. Cette année, nouveau Festival, nouvelle programmation, nouvelle organisation ? Cela étant, aucun des producteurs des Vendredis Gourmands n’est présent au Festival Marché Gourmand, et l’association n’est en aucun cas organisatrice de l’événement. »

Sur son site internet, J’adore Niort apporte des précisions : « L’aventure a commencé en 2022, lorsque J’adore Niort rencontre les producteurs de la laiterie et débarque à Coulon pour co-organiser un évènement alliant musique et gastronomie locale sur une seule soirée avec le célèbre musicien Yarol Poupaud. Des milliers de visiteurs ont participé à cette première aventure qui deviendra les prémices du festival. » Par définition, le Festival Marché Gourmand est une organisation professionnelle à but lucratif. De ce fait, les nombreux bénévoles qui construisent cette animation, travaillent avec cœur, sans retour, hormis les (excellents) repas fournis et quelques libertés pour assister aux spectacles. Qu’en est-il de la municipalité qui met à disposition le terrain, ainsi que les moyens et les personnels techniques, au service d’une structure extérieure à la commune ?

Qui est responsable du trouble de voisinage engendré par le festival ?

Deux jours de suite, la Venise Verte, jusqu’aux hauteurs du bassin versant de la Sèvre Niortaise, a été baignée dans une musique de type rock parfois insupportable. Placé à environ un kilomètre de la source sonore, votre serviteur a clairement senti, surtout le samedi, la pression acoustique engendrée par les fréquences hautes de la sonorisation. Alors que les fréquences basses semblaient diluées dans l’atmosphère.

Selon les services de l’Assurance Maladie : « Les effets du bruit sur la santé peuvent être multiples. L’exposition au bruit entraîne des troubles de l’audition mais a également des répercussions sur d’autres domaines de la santé. Il existe un lien bien établi entre l’exposition au bruit et le risque de perte d’audition. L’exposition prolongée à des niveaux de bruits intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l’oreille interne. Elle conduit progressivement à une surdité irréversible. Les jeunes sont particulièrement exposés. En effet, une écoute à des niveaux élevés peut causer des pertes permanentes d’audition après 5 ans ou plus d’exposition. On considère que l’ouïe (audition) est en danger à partir de 80 décibels. Si le niveau de bruit est supérieur, le danger existe pour une plus courte durée. Si le niveau est extrêmement élevé (supérieur à 135 dB), toute exposition, même de très courte durée, est dangereuse. »

L’association fédère plus de 60 organisations nationales et régionales : syndicats, organismes de formation, festivals… Ensemble, elles œuvrent à une gestion sonore maîtrisée, conciliant préservation de la santé auditive, respect de l’environnement et des conditions de la pratique musicale. 

L’association « Agi-Son : AGIr pour une bonne gestion SONore » rappelle les prescriptions du décret « son » du 7 août 2017 (décret d’application publié le 1er octobre 2018) relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés. Un décret qui s’applique à tous les lieux diffusant des « bruits » ou sons amplifiés qu’ils soient clos ou ouverts (salle de concert, festival, cinéma, discothèque, bar, restaurant…) :

  • Dans le volet santé, la limitation des niveaux sonores, qui s’étend aux concerts de plein air, passe de 105 décibels (A) (dB) à 102 dB(A) sur 15 minutes ; le niveau des basses fréquences est désormais limité à 118 dB(C) sur 15 minutes. Une limitation spécifique est fixée pour les spectacles jeune public (jusqu’à 6 ans révolu) : 94 dB(A) et 104 dB(C). Il est précisé que l’ensemble de ces niveaux sonores sont à respecter en tout endroit accessible au public ; De plus, les régies des spectacles doivent afficher des niveaux en continu à la console et enregistrer également en continu ces niveaux en dB(A) et en dB(C) avec conservation de ces enregistrements pendant six mois. Le dispositif doit aussi enregistrer les niveaux de pression acoustique de façon à refléter l’exposition du public ;
L’Afficheur/enregistreur doit être consultable en continu. Image d’illustration Festival Tribal Elek 2024 à Andilly-les-Marais Photo Gilles PETIT
  • Dans le volet environnement, une étude d’impact des nuisances sonores (EINS) est obligatoire et mise à jour en cas de modification des aménagements des locaux, de modification des activités, ou du système de sonorisation.
  • Enfin, pour l’ensemble des points cités, l’exploitant du lieu, le producteur et le diffuseur sont co-responsables. A ce sujet, Agi-Son préconise de contractualiser avec l’ensemble de la chaîne des acteurs concernés, à savoir, la production, l’organisateur, l’artiste, le prestataire son… Et, dans le cas du Festival Marché Gourmand, la municipalité coulonnaise serait impliquée car le site est public et « le maire doit assurer la tranquillité publique de ses administrés en réprimant notamment les bruits et les troubles de voisinage (Article L2212-2 du CGCT) ». Par ailleurs, il est dit que « des activités bruyantes ne pourront se situer qu’en dehors des parties habitées de la commune. »

Un feu d’artifice ?!?!

Quant au feu d’artifice, très fourni et terriblement sonore, tiré samedi soir (ou dimanche matin) à 00h45, sans annonce préalable, la commune de Coulon est entièrement responsable des troubles occasionnés à sa population, et aux visiteurs hébergés (bébé/enfants et adultes ayant réussis à s’endormir malgré le vacarme, avant les tirs de fusées) et aux animaux (chiens apeurés et/ou hurlants, chats qui se sauvent ou se cachent, volailles affolés qui se déplument dans leur enclos et ne donneront plus d’œufs pendant plusieurs jours, les chevaux et les vaches de prés voisins traumatisés qui risquent de se blesser… Et que dire du dérangement de la faune sauvage qui contribue à enrichir cet écrin naturel qu’est le Marais Poitevin ?!

Un tel festival installé au cœur d’un village est une hérésie. D’autant que sa programmation se situe aux antipodes des valeurs maraîchines. Il est question de reconduire la manifestation l’an prochain sur trois jours. Si le projet est maintenu sur le site actuel de l’Autremont à Coulon, un mouvement populaire pourrait se créer spontanément pour s’y opposer. La raison doit l’emporter pour l’intérêt général.

Gilles PETIT

P.S. : quelques chiffres (source CidB Centre d’information sur le bruit)

1 personne sur 4 devrait avoir des problèmes d’audition d’ici 2050 ;

15 millions de personnes acouphéniques en France (JNA-IFOP 2023)

1 français sur 4 est touché par un trouble de l’audition (Inserm 2022)

1 jeune sur 2 s’expose à des niveaux sonores dangereux (BMJ Global Health 2022)

90% des publics de concerts ont déjà ressenti un trouble auditif (Agi-Son 2023)

1 enfant pour 1000 naît avec une surdité profonde (Hôpital universitaire Necker-Enfants malades 2023)

147 milliards d’euros, c’est le coût social du bruit en France (Ademe 2021)

1607 verbalisations ont été dressées pour nuisances sonores par la Ville de Paris (observatoire TP 2023)

Pigouille Radio en direct du festival Tribal Elek à Andilly-les-Marais

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Créée début 2023, l’association « La Radio du Marais Poitevin » réalise, entre autres, des émissions en direct à l’occasion de grands événements. A l’instar du lancement de Pigouille Radio en juin 2023 à Sansais ; la fête de la musique à Arçais ; les 24 heures de la barque à Saint-Hilaire-la-Palud ; le Marais sauvage festival au Vanneau ; le festival Moul’stock de Charron, Pigouille Radio vient d’assurer douze heures de direct, en deux jours, au Festival Tribal Elek, les 9 et 10 août 2024, à Andilly-les-Marais en Charente-Maritime.

Le Festival Tribal Elek est né en 2009 de l’envie commune de bénévoles investis de valoriser leur territoire tout en plaçant l’humain autour d’un événement musical unique en son genre. Son offre éclectique rapproche musiques du monde et musiques actuelles autour d’un instrument de musique aborigène fédérateur, le didgeridoo. Photo Gilles PETIT

De 18 heures à minuit, deux jours durant, une équipe de bénévoles a réalisé des interviews de presque tous les artistes qui se sont produits sur l’un des deux plateaux scéniques du festival, en alternance, et diffusé des extraits de leurs œuvres.

Avant leur prestation, les artistes ont répondu aux questions de Christelle, Phil et Natacha sur le podium de Pigouille Radio installé sur la « Place du village » à l’entrée du Tribal Elek. La technique, prises de son, sonorisation et diffusion, était assurée par Annelle, Tom et Gilles.

Si vous avez loupé la diffusion en direct sur le site internet de la radio ou sur l’application mobile, vous pouvez écouter ou réécouter les différentes interventions sur les podcasts prochainement disponibles sur le site.

Ainsi, à l’écoute de ces extraits, il sera possible de nommer les artistes présents sur les photographies ci-dessous. Voilà un petit jeu qui lie le son et l’image où l’auditeur gagne des interviews exclusives.

Le Marais Poitevin sur Pigouille Radio s’écoute dans le monde entier, à l’adresse internet http://www.pigouilleradio.fr et depuis le player RadioKing. En attendant la version numérique de Pigouille Radio, par les airs cette fois, envisagée en 2025. Le site propose un bulletin d’adhésion ou de don, et une cagnotte de financement participatif, dont le montant est libre.

Pigouille Radio, accueil/studio Grande-Rue à Saint-Hilaire-la-Palud (79210) dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres

Photos et texte Gilles PETIT

COULON : Après l’incendie, la reconstruction des services techniques

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Un mal pour un bien ! Détruits par un incendie en 2021, les bâtiments d’exploitation des services techniques municipaux de Coulon sont en cours de remontage. A cette occasion, on a choisi l’éco-construction, liant le bois, la paille, l’énergie photovoltaïque, et une chaufferie-bois.

« Le 24 juillet 2021, un incendie s’est déclaré aux ateliers Albert-Cheminet, route de Benet à Coulon (Deux-Sèvres), détruisant une grande partie des bâtiments les plus anciens, ainsi que trois véhicules et de nombreux matériels. Les différentes expertises menées tant par les représentants des assurances que des services de la gendarmerie, ont conclu à un incendie purement accidentel dont l’origine indéterminée se situe dans une cellule des ateliers municipaux où se trouvaient du matériel et des véhicules. Compte tenu de ces résultats, et ne s’agissant ni d’un incendie criminel, ni d’un acte de malveillance ou encore d’une erreur humaine, les experts n’ont pas jugé utile de poursuivre davantage leurs investigations. » Telles sont les conclusions de l’enquête rapportées au conseil municipal local, le 30 septembre 2021.

Le futur bâtiment qui hébergera les services techniques de la commune de Coulon (79). Viendra s’adjoindre, à gauche hors illustration, une chaufferie-bois. Document aBi.

Le dossier d’indemnisation du sinistre des services techniques municipaux a été clôturé le 7 janvier 2022. En résumé, « le montant de l’indemnisation a été évalué à la somme de 637 973,00 € (déduction faite d’une franchise de 498,40 €) dont 239 431,40 € pour le bâtiment, 100 000,00 € pour le contenu (mobilier et matériel hors véhicules qui, eux, ont été indemnisés à hauteur de 16 890,00 €), 299 040,00 € au titre des garanties annexes (pertes d’usage, frais de dépollution/démolition, honoraires d’experts, frais liés à la reconstruction. . .). »

Dans les jours qui ont suivi le sinistre, la présence d’amiante dans la toiture a contraint l’intervention d’une entreprise spécialisée pour mettre le site en sécurité. Après dépollution réalisée par l’entreprise spécialisée ITS de Luçon (Vendée) pour un montant global de 50 444,00 € HT (60 532,80 € TTC), les bâtiments endommagés ont été démolis.

Place à la reconstruction.

Le cabinet d’architecture aBi, dirigé par Messieurs Thomas BRAUD, architecte, et Simon BORDAGE, ingénieur énergéticien, a été retenu pour élaborer le projet de reconstruction des ateliers municipaux Albert-Cheminet. Ces maîtres d’oeuvre ont chiffré, en février 2023, un Avant-Projet Définitif (APD) estimé à 954 040 € HT, somme à laquelle il faut ajouter les honoraires de maîtrise d’œuvre et les frais annexes. Le coût total de l’opération devait atteindre les 1 050 896,10 € HT. Plusieurs avenants, plus-value ou moins-value, présentés récemment par des entreprises prestataires, ont ajusté le coût total. Le bâtiment représentera une superficie de 1 400 m2 dont un hangar ouvert de 216 m². Il intégrera une partie administrative avec bureau et salle de réunion/restauration, une partie sanitaires/vestiaires aux normes et une partie technique avec plusieurs cellules pouvant accueillir divers ateliers et une zone de stationnement pour les véhicules.

Le bâtiment est ici à l’état de squelette. Il sera habillé, sur l’extérieur, d’un millier de bottes de paille insérées à force entre des panneaux de bois. Photo Gilles PETIT

Gérant une agence d’architecture, qui a tout juste trois ans d’existence, M. Thomas Braud (photo ci-contre), architecte HMONP, a élaboré une méthode constructive respectueuse de l’environnement : « Nous avions carte blanche de la maîtrise d’ouvrage [la commune de Coulon, ndlr], ce qui est rare.« 

« Le choix de matériaux ressourcés, en particulier la paille comme isolant s’est rapidement imposé. Construire en bois et en paille, c’est construire le plus neutre possible. La paille est un matériau qui, en lui, a déjà absorbé, comme végétal, du CO2. Ce niveau négatif de consommation CO2 contrebalance l’impact du reste du bâtiment conventionnel, tel qu’on peut le voir aujourd’hui. Nous sommes dans le Marais Poitevin, dans le Parc naturel régional, nous avons repris une typologie classique commune dans le Marais, la longère. La structure métallique sera recouverte partiellement d’un bardage bois vertical, et à l’intérieur de ce hangar nous aurons un bâti, une boîte dans la boîte, qui accueillera les ateliers. 925 m² d’emprise au sol pour environ 400 m² d’ateliers. Nous allons proposer un plan modulable, réversible et extensible. Les caractéristiques des ateliers ont été rassemblées pour définir un atelier type. Ces ateliers sont dégagés de tout obstacle naturel et s’aménagent selon les besoins. C’est la modularité. Chaque atelier peut s’intervertir et la cellule de l’atelier est duplicable et peut être reproduite. C’est l’extensibilité. L’enjeu était aussi de limiter l’impact sur le paysage et sur le sol. A terme, l’espace de stationnement en amont sera végétalisé par les services techniques. On est vraiment dans l’éco-construction. La fin de chantier est prévue pour la fin de l’année comme un cadeau de Noël pour les agents du service technique. C’est le premier projet qui s’installe dans un ensemble puisqu’il y aura une chaufferie bois qui desservira la salle des fêtes et les écoles, et en toiture, il y aura tout un ensemble de panneaux photovoltaïques pour l’autoconsommation électrique. »

M. Aurélien Bouquet (en démonstration photo ci-contre), cogérant de la SCOP Bois et Paille siégeant à Vausseroux (79), responsable des sections commerciale et planification, a souligné : « On pourrait penser que c’est culotté de mettre de la paille après un bâtiment qui a brûlé. On sait que la paille ne brûle pas si bien que ça quand elle est bien protégée dans les murs, bien comprimée. On mettra en place les bottes de paille une fois que les murs seront levés. » Photo Gilles PETIT

« Le mur est composé de deux structures. On a une structure porteuse avec un panneau de prolongement. Côté extérieur et côté intérieur on a refait une structure légère servant à fixer les panneaux côté intérieur. On commence par poser des chausse-bottes, lesquels vont faciliter la mise en place des bottes de paille. Il y aura deux équipes de pose différentes car il y a aussi le plancher isolé en bottes de paille. Il faut plus de mille bottes. » Document Résonance et Paille

Les bottes de paille seront insérées à force (verticalement) comme le montre cette animation qui a bien amusé les élus invités. Photo Gilles PETIT

Finalement, l’incendie constitue un mal pour un bien pour les services techniques municipaux Albert-Cheminet de Coulon. Une cérémonie de pose de la première botte de paille s’est déroulée le 1er juillet 2024 en matinée, en présence des élus habituels et de plusieurs prestataires. Toutefois, on notera que les Coulonnais et les Coulonnaises n’ont pas été invités à cette cérémonie. Pourtant, les habitants sont les premiers intéressés par cette reconstruction puisqu’il s’agit de leurs ateliers techniques, lesquels travaillent à leur service, financés par des fonds publics provenant de leurs impôts. Gageons que ce « feu de paille » ne puisse perdurer.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : 16ème édition des randonnées La Maraîchine, dimanche 26 mai 2024 au départ de Coulon (79)

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L’association coulonnaise Les Cyclos de la Venise Verte organise sa 16ème édition de La Maraîchine, dimanche 26 mai 2024. Une journée de randonnées pédestres et cyclistes dans les Marais mouillés du Marais Poitevin.

Un peu d’histoire

Fondé en 1977 le « Club cyclotouriste » était une section de la « Maison pour Tous » de Coulon, une association pluridisciplinaire qui rassemblait alors toutes les structures sportives et culturelles locales. Côtoyant, entre autres, l’Office de tourisme et la bibliothèque, son siège se trouvait, bien évidemment, dans le bâtiment appelé, encore aujourd’hui, MPT, coincé entre le boulodrome et le stade de football, à deux pas du camping municipal.

Suite à la fondation d’un Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) à Coulon, les activités de la MPT sont englobées dans cette nouvelle entité. Par conséquent, en date du 12 janvier 1990, les cyclistes-sociétaires créent leur propre club « Les Cyclos de la Venise Verte », siégeant au CSCM et affilié à la Fédération Française de cyclotourisme.

Toute l’année, Les Cyclos de la Venise Verte proposent des parcours hebdomadaires d’une grande variété au fil des routes du Marais Poitevin, de la Gâtine deux-sévrienne et des régions limitrophes. Il ne s’agit pas de compétition, mais, selon les dirigeants du club : « Pour favoriser la cohésion et pour que chacun puisse prendre plaisir à pédaler dans un peloton homogène, après une heure de route ensemble, des groupes peuvent se former. Vous choisissez votre rythme, notre devise : on part ensemble, on rentre ensemble. » 

Un invité Sébastien Bichon

A l’occasion de cette nouvelle édition de La Maraîchine, les Cyclos de la Venise Verte ont souhaité adhérer à l’opération « Terre de jeux 24 » en lien avec les animations locales prévues dans le cadre des prochains jeux olympiques et paralympiques qui se dérouleront cet été sur le territoire français.

Ainsi, le cycliste coulonnais Sébastien Bichon, qui a débuté le vélo au sein du club local avant de se lancer dans la compétition à La Pédale Saint-Florentaise de Niort, présentera le film-documentaire « Born To Ride » tourné à l’occasion d’un de ses exploits effectués à pied et à vélo. Sébastien est un sportif hors du commun, amputé tibial dès l’âge de 4 ans et demi suite à un accident de tracteur survenu dans un hameau de la commune de Coulon. Durant sa carrière de compétiteur, il décroche cinq titres de champion de France, est deux fois vice-champion d’Europe, et revient médaillé de bronze des Jeux paralympiques de Sydney en 2000.

Produit et réalisé par Grenouilles Productions lors d’un périple à vélo de 1 200 km, le film sera diffusé dans la salle des fêtes, n°31 rue Gabriel Auchier à Coulon, à 20 heures précises, en présence de Sébastien Bichon. Tous publics, entrée gratuite.

Photo Gilles Petit : Sébastien Bichon anime aussi des conférences sur le handicap sportif.

Par ailleurs, les Cyclos de la Venise Verte adhèrent à l’opération « Soutien à Célia ». Célia est une petite Coulonnaise de 7 ans, scolarisée à l’école de Coulon, qui est atteinte de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une maladie génétique qui touche ses membres inférieurs et supérieurs. Lors de La Maraîchine, dimanche 26 mai 2024, il sera proposé de déposer des dons, afin d’acheter un vélo-cargo qui lui « offrira la joie de pouvoir faire du sport, s’évader, s’amuser, … « 

Gilles PETIT

Les circuits 

Dimanche 26 mai 2024, La Maraîchine proposera sept circuits, entièrement fléchés, dont deux pédestres. Les tracés de ces circuits sont consultables sur le site internet de l’association : cyclos de la venise verte.com.

VTC Famille : 25 km
VTT/GRAVEL : 55 km et 70 km
Cyclos Route : 60 km et 90 km
Marche : 8 km et 10 km

Parcours entièrement fléchés. Un casse-croûte sera servi sur les parcours. Les randonnées de La Maraîchine sont ouvertes à tous(tes) sportifs(ves), licencié(e)s ou non. Sans esprit de compétition, en respectant le code de la route, en portant un casque, sans la moindre atteinte à l’environnement. On notera que les participants âgés de moins de 18 ans circuleront sous la responsabilité des parents.

La Maraîchine : Inscriptions (4 €, licencié ; 7 € non licencié ; gratuit – de 18 ans) uniquement sur place au départ entre 7 heures et 10 heures, dimanche 26 mai 2024 à Coulon (Deux-Sèvres France)

Parking près de l’aire d’accueil des camping-cars à l’Autremont, route D123, direction Irleau à Coulon.

MARAIS POITEVIN : « La transhumance du sud-Vendée » a débuté au Communal du Poiré-sur-Velluire

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En cette fin avril, début mai 2024, les 22 communaux du Marais Poitevin, en convention avec le Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, ouvrent progressivement aux éleveurs près de 2 200 ha de prairie naturelle. Au grand bonheur des centaines de bovins, d’équidés et autres anatidés ainsi « mis à l’herbe » après un hiver passé à l’abri des intempéries. Certaines de ces ouvertures de réserves à pâturage collectif partagé font l’objet d’une journée festive. La commune des Velluire-sur-Vendée (Vendée) a ouvert le bal le 20 avril 2024.

« 240 ha de prairie ; 420 vaches ; 20 chevaux ; 30 oies ; 5 éleveurs bovins ; 2 éleveurs équins ; 3 élus régionaux ; 4 élus départementaux, la présidente des maires de Vendée ; plusieurs maires vendéens et deux-sévriens », par ces quelques mots M. Pascal Duforestel, président du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, a installé l’ambiance du lancement de la saison de pâturage collectif dans le communal du Poiré-sur-Velluire sur la commune des Velluire-sur-Vendée. Le président poursuit : « le Parc naturel est un commun qui rassemble à la fois les citoyens, l’ensemble des collectivités dont bien sûr les départements et les régions. « 

Le communal du Poiré-sur-Velluire est situé au sud-ouest de Fontenay-le-Comte (85). Image Google

« Cette fête est un moment magique où vous arrivez à marier le côté agriculture, élevage et le côté nature et biodiversité », a constaté Mme Lydie Bernard, vice-présidente du Conseil Régional des Pays-de-la-Loire en charge de l’agriculture, de l’alimentation et de la mer. « Pour notre région, un parc naturel est un patrimoine qu’il nous faut tous préserver. C’est pour ça que, aujourd’hui, nous avons signé un contrat de 1.850.000 euros sur trois ans. Ce n’est pas rien. Le Parc est sur deux régions qui travaillent très bien ensemble, c’est une vraie richesse. Les régions représentent 40% des budgets du Parc, c’est un socle important. »

La conseillère régionale fait allusion au « Contrat de Parc » qui définit le projet partagé entre la région Pays-de-la-Loire et le Parc Naturel Régional, ainsi que les actions prioritaires de 2024 à 2026 réunies autour de cinq thématiques : la protection renforcée de la biodiversité et des milieux naturels, l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique, la préservation et le renouvellement de la trame arborée, l’innovation dans l’économie territoriale, et la dynamique de réseau. Photo (de gauche à droite) MM. Roland Marion, conseiller régional PdL délégué à la transition écologique et énergétique, et Pascal Duforestel, président du PNRMP. (Gilles PETIT)

« Nous avons déjà signé un tel contrat avec la Nouvelle-Aquitaine », informe M. Duforestel, également conseiller régional Nouvelle-Aquitaine. « Avec celui des Pays-de-la-Loire, nous allons au delà de l’effet symbolique d’avoir les régions à nos côtés. Celles-ci nous donnent de la visibilité dans le temps, nous permettant ainsi d’inscrire sur plusieurs années des actions très importantes pour l’économie, notamment sur le maintien de l’élevage et la préservation des espaces naturels que sont ces communaux du Marais Poitevin. »

Quid d’un communal ! Photos Gilles PETIT

Avec ses 110 000 hectares, le Marais poitevin, deuxième zone naturelle humide de France après la Camargue, s’étend sur deux régions, la Nouvelle-Aquitaine et les Pays-de-la-Loire, et sur trois départements, Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Vendée. Il réunit des acteurs au sein du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNRMP).

M. Dominique Giret, directeur technique en charge de l’agriculture et de l’environnement au PNRMP, disserte :  » 22 communaux sont aujourd’hui en convention avec le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin. Chaque commune a pris l’engagement avec le Parc, avec les Chambres d’agriculture et aussi la Ligue de Protection des Oiseaux, de préserver ce patrimoine que sont les communaux du marais. Sur environ 2 200 ha de surface totale, le Poiré-sur-Velluire couvre 241 ha. Il s’agit donc d’un des plus grands, avec Lairoux et Curzon. Le principe est simple, nous avons des prairies qui sont héritées des grandes phases historiques de dessèchement du marais. Ces parcelles étaient laissées à la disposition des habitants des communes, de manière que les éleveurs puissent y mettre des vaches à pâturer, des chevaux, des oies, et parfois des moutons. De fait, c’est un bien commun de gestion collective. Les agriculteurs arrivent tous à une date donnée et introduisent leurs troupeaux, lesquels se mélangent sur l’espace. Ceci nécessite des équipements comme des parcs de contention placés sur l’ensemble des communaux par le Parc qui les finance et les réalise pour le compte des communes. Il y a, bien sûr, un suivi en matière de surveillance et d’accompagnement, notamment sanitaire avec les vétérinaires. C’est un patrimoine culturel, historique, au delà de l’intérêt environnemental, car ces prairies, de fait, sont des prairies qui sont préservées depuis toujours, ça fait des siècles qu’elles sont en prairie naturelle. Celle du Poiré-sur-Velluire est classée en réserve naturelle régionale en Pays-de-la-Loire. Donc le Parc est conservateur et gestionnaire de ce communal avec la commune. Pour tous les autres, on intervient avec des engagements différenciés. Il y a aussi trois communes en Deux-Sèvres, avec lesquelles nous travaillons : Sansais qui est privatisé, Vallans en gestion collective, et Le Bourdet dans le cadre de la valorisation de la race bovine maraîchine. Sur l’ensemble du marais, la surface des communaux s’est étendue en restaurant des cultures en prairie. Les communaux, c’est un gros moteur de l’action du Parc en matière de préservation de l’environnement. La spécificité de mélanger des chevaux, des vaches, des oies, et un peu de moutons, fait que ces animaux vont s’attaquer à des plantes différentes et, de fait, ils vont couper les végétaux qui les intéressent. Tout s’autorégule et participe à l’entretien. »

M. Stéphane Guillon, conseiller départemental de Vendée et maire de Bouillé-Courdault ajoute :  » La transhumance du sud-Vendée, comme on l’appelle ici, est un peu les grandes vacances pour les animaux. Ils vont passer six à huit mois dans ces belles prairies, ce beau paysage. Certains vont repartir vers le 1er juillet pour des congés parentaux. C’est aussi des grandes vacances pour les agriculteurs-éleveurs, parce qu’ils ont passé un hiver plutôt compliqué avec une hygrométrie importante. »

Dès qu’elles ont l’autorisation, les vaches courent vers une certaine liberté estivale Photo Gilles PETIT

Par ailleurs, ajoute M. Giret, « on enlève des animaux quand il y a moins d’herbe, par exemple au mois d’août. Il n’est pas question de laisser 500 vaches dans un endroit où il n’y a pas assez d’herbe pour toutes. Les agriculteurs régulent eux-mêmes et le Parc, qui les accompagne, vérifie l’état de la prairie et, en accord, il va déclencher des phases de déchargement. » On notera que, cette année, les ouvertures des communaux ont été retardées parce qu’il a tellement plu cet hiver que les conditions n’étaient pas tout à fait réunies. Les animaux vont rester dans ces prairies jusqu’à ce que l’eau remonte sur le communal. En fonction des années, ça pourrait être en août, septembre, octobre, ou novembre, ça dépend.

Imaginées par l’agence d’architecture Laurent Guillon et fabriquées par ID VERDE, trois plateformes d’observation ont été installées autour du communal. Financées par la région Pays-de-la-Loire et l’Europe (FEDER), soit 90 000 euros pour l’ensemble, elles sont équipées de longues-vues et complétées d’un sentier pédagogique. L’ingénierie est supportée par le Parc. Photo Gilles PETIT

Une faune riche et variée

Une caméra piège joue les espions sur la réserve. Le 6 août 2023, elle a permis d’observer des espèces très discrètes comme la Genette commune – Genetta genetta . Originaire du Maghreb, la Genette a été importée au Moyen-âge pour la domestication. Détrônée par le chat, on la retrouve, depuis, à l’état sauvage en France, principalement dans la moitié Sud-Ouest. Ce mammifère de 20 cm de haut et 50 cm de long, sans la queue, affectionne les zones boisées et bocagères. Longtemps chassée pour sa fourrure, elle est aujourd’hui protégée. Nocturne, elle se nourrit principalement de petits mammifères comme les mulots (environ 60% de son régime), de reptiles, d’oiseaux, d’insectes, de baies, etc… Source PNRMP

Gilles PETIT

Heureuses ces génisses qui se sont regroupées par cheptel dans cet immense espace. Photo Gilles PETIT