Mois: décembre 2020

COULON (79) : la gestion de l’éclairage public remise en question

Publié le Mis à jour le

Pendant le couvre-feu, du 15 décembre 2020 et au 20 janvier 2021, de 20 heures à 6 heures du matin, instauré par l’Etat français dans le cadre du confinement COVID-19, la municipalité coulonnaise « souhaitait éteindre tous les éclairages publics à partir de 21 heures » dès le 15 décembre 2020. Dans un communiqué daté du 17 décembre 2020, elle annonce : « malheureusement, bien indépendamment de notre volonté, certains secteurs, notamment dans le nord de Coulon, restent allumés. La responsabilité de cette situation revient au prestataire de l’électricité qui est dans l’incapacité de procéder aux réglages demandés. » Cette incapacité se cumulant à d’autres « insatisfactions », le Conseil municipal a décidé de ne pas renouveler le contrat de maintenance ad hoc avec la société SEOLIS.

A Coulon, durant le couvre-feu national COVID-19, l’éclairage public et les illuminations de Noël devaient s’éteindre à 21 heures au lieu de minuit pour se rallumer vers six heures comme d’habitude. Photo Gilles PETIT

La commune de Coulon a renouvelé, en 2017, un contrat de maintenance nommé IRIS avec le fournisseur multi-énergie SEOLIS. Ce contrat de gestion de l’éclairage public arrivant à échéance le 31 décembre 2020, SEOLIS a fait une nouvelle proposition à la collectivité, en ajoutant qu’il convient de mettre en sécurité des équipements non conformes : armoires de commande, disjoncteurs, trappes de mât, contre une facture de 4 817,17 € TTC.

Le contrat de maintenance et d’entretien renouvelable se monte à 47 505,03 € TTC sur quatre ans, soit 11 876,25 € TTC par an. On notera que la souscription précédente, également de quatre années, affichait la somme de 45 009 € TTC. Selon l’adjoint à la maire, M. Fabrice Berjonneau : « les élus ont rencontré récemment les représentants de SEOLIS et leur ont d’abord signifié leur insatisfaction sur les délais d’intervention sur les pannes et le dysfonctionnement du réseau d’éclairage public. » Il ajoute : « les termes du contrat ne sont pas toujours respectés et il est fort onéreux par rapport aux prestations rendues. » Par exemple, la municipalité avait décidé d’éteindre l’éclairage public à 21 heures pendant le couvre-feu. Ce qui n’est réalisé que partiellement car le secteur nord ne sera pas éteint, parce que, explique M. Berjonneau, « SEOLIS nous a branchés avec les réseaux des communes voisines Saint-Rémy et Benet. Si on éteint nos lanternes, on éteint aussi Saint-Rémy et Benet. Nous avons plein d’insatisfactions comme ça. »

La maire de Coulon Anne-Sophie Guichet confie : « il faut bien réfléchir parce qu’on paie très cher un contrat juste pour changer quelques ampoules et un petit peu de matériels supplémentaires. Mais nous avons des électriciens locaux capable de le faire. Sans compter qu’on a aussi un agent technique qui a une formation en électricité. »

Lors de la réunion du Conseil municipal, le 16 décembre 2020, les élus étaient invités à ne pas renouveler ce contrat. Coulon devenant ainsi autonome comme sa voisine Magné, notamment. « Nous avons consulté les services techniques, » assure la maire, « en interne, nous avons une personne qui a une formation de base en électricité, que l’on peut aussi former, sachant que, s’il n’est pas en mesure de le faire, on pourra éventuellement démarcher un électricien local qui pourrait l’aider dans ces travaux. » De l’avis général, le coût sera moins élevé que le tarif du contrat SEOLIS. Les élus coulonnais ont aussi demandé à leurs homologues magnésiens « comment ils faisaient en gestion interne ». « Ça me semble tout à fait faisable, » reprend M. Berjonneau, « ça va nous permettre de travailler aussi sur la souplesse de la gestion car aujourd’hui, quand nous voulons éteindre un site ou changer les horaires, c’est super compliqué. On pourra gérer comme on veut pour un coût moindre. Une partie de l’éclairage est réglé par des horloges, ce qui fait que les services techniques peuvent intervenir. Mais il y a toute une partie plus moderne gérée informatiquement par SEOLIS qui a donc la main. Si on reprend la gestion, il faudra changer le système d’horloges donc il y aura une partie d’investissement au départ. Après, on voit, on teste. Si nous nous apercevons que ça ne fonctionne pas, que c’est compliqué, on pourra revenir sur notre décision. »

PHOTO : La déco 2020 réalisée par la municipalité coulonnaise Photo Gilles Petit

Des Coulonnais ont constaté que l’éclairage public dans certains secteurs, est allumé en plein jour. « On leur dit, on leur signale et ça ne bouge pas, » réagit M. Berjonneau, « on passe, on voit notre éclairage et on paie. » L’adjoint conclut « SEOLIS s’est aperçu qu’on n’était pas sur les bons fuseaux horaires, ce sont ceux des pays de l’Est dont l’Allemagne. C’est grave car ça fait plusieurs années que la commune demande à ce que ça bouge. »

Fort de ce constat, le Conseil municipal de Coulon a voté, à l’unanimité, la non-reconduction du contrat IRIS avec SEOLIS. La municipalité sera donc autonome en matière d’éclairage public dès le 1er janvier 2021.

Gilles PETIT

Le message de la commune de Coulon (79) en cette fin d’année 2020 Photo Gilles PETIT

Concernant cette publication, M. Sébastien Ferron, adjoint au maire de Magné (79), dresse ce commentaire : « On peut parfois constater une différence de traitement entre un ménage français et une municipalité chez certains prestataires de services. Il peut être intéressant de positionner un référent au sein d’une équipe municipale qui vient suivre et « éplucher » ces contrats. En général, il y a des économies à aller chercher avec un tel suivi. »

MARAIS POITEVIN : Terres d’envol, la montgolfière « trait d’union entre la terre et le rêve »

Publié le Mis à jour le

Le commandant de bord coulonnais Yann Siméau vient de créer « Terres d’envol ». Une montgolfière qui survolera essentiellement le Marais Poitevin. Rencontre avec cet informaticien qui voulait lâcher le clavier et la souris.

Selon M. Siméau : « Moyen de communication innovant, un ballon est une machine à recevoir et à donner du plaisir. Et ça ne marche bien qu’en contact assez proche avec ses passagers. » Photo Gilles Petit

M. Yann Siméau est un normand né en 1973. « Il est un petit peu parisien et pas mal breton », dit-il. Il a suivi sa femme qui est descendue sur Niort pour des raisons professionnelles. Ce néo-maraîchin se qualifie comme « un gars normal ». Il développe : « c’est un gars qui a eu, pendant vingt ans, une carrière dans l’imagerie médicale, dans la télémédecine et des systèmes d’information de santé. Avec des projets qui vont de la prise en charge des urgences jusqu’à celle des soldats blessés sur les sites d’opérations extérieures, en passant par les enfants polyhandicapés et autistes. » A un moment donné, M. Siméau a constaté : « tu fais trop d’informatique, trop d’écran, trop de dossiers, tu es trop enfermé derrière ton bureau ». Il a fini par rebaptiser son bureau « la tour de contrôle ». Ainsi, le Coulonnais a progressivement développé le goût d’une activité professionnelle plus en extérieur. « Si je voulais créer mon entreprise, c’était le moment. Donc je me suis lancé dans ce projet », explique-t-il.

Photo Gilles Petit

Pourquoi l’aérostat ?

M. Yann Siméau : « Quand j’étais jeune, j’avais toujours un peu la tête en l’air. J’ai travaillé sur le pas de tir de la fusée Ariane à Kourou et puis, dans mes projets de télémédecine, j’ai abordé des projets notamment avec Airbus. J’ai aussi fait le concours de l’École Nationale d’Aviation Civile. A postériori, je me suis rendu compte que j’avais quelques affinités avec tout ce qui est en lien avec l’air ». Photo DR

« Et puis », ajoute-t-il, « la montgolfière est une niche, donc un métier relativement rare et assez technique. La montgolfière s’est démocratisée ces trente dernières années avec l’apparition de nouveaux matériaux qui offrent des ballons plus légers, plus performants. Et puis sur le plan réglementaire, comme ce n’était pas facile d’accès, ça me plaisait bien. »

Un rêve !

Le matin, ce rêveur voyait passer les montgolfières au dessus de son bureau installé dans le bourg de Coulon. Le soir, il les voyait encore passer. Un jour, il s’est dit « mon bureau, il faut qu’il soit là-haut. Avant de voir ces montgolfières, je n’avais pas l’idée. » Dans sa vie, Yann a souvent pris des chemins de traverse, « on trouve des embûches, mais on trouve pas mal de sujets de satisfaction. » Photo DR

Le projet !

L’entreprise Terres d’envol a démarré en 2018. L’entrepreneur s’est formé, durant un an, à l’école française d’aérostation en Forez. Son premier ballon sera un JZ, du nom des frères Jacquemot et Serge Zuin, encore appelé Zephyr Joyrider. L’aéronaute détaille : « Il s’agit d’un ballon conçu en France par la dernière société de fabrication : « les ballons Chaize ». Un ballon qui a une histoire. Donc j’ai acheté mon premier ballon, j’ai été formé et j’ai volé tout l’été en faisant du vol de loisir. J’ai eu ma licence en tout début d’année et j’ai volé pour m’aguerrir au delà de la licence et appréhender toutes les difficultés que représentent le vol dans une région souvent soumise aux entrées maritimes. » Durant ces vols de loisir, le nouveau commandant de bord a été soutenu par ses confrères voisins, les Montgolfières du Bocage, de Cerizay (79) qui volent aussi au-dessus du Marais Poitevin, de la Vendée, du site du Puy-du-Fou. . . « Il faut savoir », précise le Coulonnais, « que les sites d’envol doivent être homologués par la préfecture. Les Montgolfères du Bocage m’ont aidé en m’offrant leurs sites d’envol. Ce qui m’a permis de mieux appréhender le vol dans le Marais Poitevin, pas seulement au départ de Coulon, mais aussi sur les vents d’ouest au départ de Vix, de Damvix ou de Courçon. »

Les montgolfières du Bocage (au premier plan) et Terres d’envol organisent des vols communs au départ de la Vendée. Photo Gilles Petit

La montgolfière !

Chauffée au Propane, l’enveloppe est haute comme un immeuble de six étages, soit plus de vingt mètres de haut et vingt mètres de diamètre pour un volume total de 3.600 mètres/cube d’air chaud. La nacelle en osier est à taille familiale, soit quatre passagers seulement en plus du pilote. En moyenne, le vol se déroule plutôt à trois passagers. La machine consomme par vol autour de 40 kg de Propane. « C’est une petite consommation », assure M. Yann Siméau, lequel a entrepris « une démarche responsable de compensation carbone, vis-à-vis de l’environnement. »

Le « voyage » !

En été, il faut sortir le matériel (le ballon, la nacelle, le véhicule 4X4), entre quatre à six heures du matin, afin de décoller au lever du jour depuis l’un des sites d’envol, sites définis par « le vent météo » et les espaces que les passagers souhaitent survoler dans le Marais Poitevin.

On l’a dit, en organisant ces vols, M. Yann Siméau projette de « faire découvrir le Marais Poitevin en aérostat et profiter à la fois de la magie de la montgolfière », en jouant avec l’altitude. « Dans un premier temps », conclut M. Siméau, « c’est l’émerveillement lors des vols du matin. On a des lumières rasantes ; des brumes au sol. On voit beaucoup de gibier, des chevreuils, des lièvres, ça bouge un peu partout sous la nacelle parce que les brûleurs ont tendance à les déloger. Ensuite, les passagers essaient de se repérer. Je peux répondre à leurs questions car j’ai été initié par M. Richard Joseph, animateur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin. »

La saison officielle des vols en montgolfière se déroule entre Pâques et Toussaint, sous réserve que les contraintes sanitaires soient levées en 2021. Contact : Montgolfière Terres d’envol, www.terres-denvol.fr, courriel : info@terres-denvol.fr, tel : 06 65 09 49 92


Gilles PETIT

M. Yann Siméau, gérant de Terres d’Envol : « Ce que j’aimerais bien, c’est trouver un équipier qui pourrait s’épanouir, voire évoluer d’une façon ou d’une autre au sein de l’entreprise. Qui souhaiterait s’investir d’une façon durable ! » Photo Gilles Petit