commune de Magné
Le feu « récompense », nouveau modérateur de vitesse ?!
Avant d’être appelé « récompense », le feu éponyme était présumé « sanction ». Histoire d’un nouveau « modérateur de vitesse », un dispositif qui prolifère sur les trottoirs de nos agglomérations. Une avancée en matière de sécurité routière ???
Nous connaissions les « gendarmes couchés », les écluses, les plateaux ralentisseurs, les coussins berlinois, les chicanes, …, nous vous présentons aujourd’hui une nouveauté en matière de « modérateur de vitesse » : le feu tricolore ou feu incitatif communément appelé « feu récompense » (ref R22v).
Photo Gilles PETIT

Selon la définition du fabricant Elan Cité : « En sécurité routière, le feu récompense est un dispositif de modération de la vitesse qui “récompense” les conducteurs de véhicules respectueux de la réglementation locale en leur offrant le vert et pénalise les excès par un rouge temporaire. À mi-chemin entre l’information (radar pédagogique) et la régulation (feu tricolore), il aide les mairies et les collectivités à apaiser la circulation sans multiplier les verbalisations, tout en améliorant la sécurité. »
Son fonctionnement
Lorsqu’il est utilisé pour réguler la vitesse des véhicules en approche, le signal est obligatoirement implanté en agglomération et en section courante, en dehors des passages pour piétons, des intersections et à l’écart du panneau d’entrée d’agglomération. Un feu « récompense » maintient le rouge par défaut. Lorsqu’un véhicule roule à la bonne vitesse ou en dessous de la limite, le feu passe au vert (récompense). En cas d’excès, il reste rouge, sanctionnant le conducteur (sanction). « Un message clair et non punitif », dit-on. La durée minimale du vert est de six secondes ; la durée du jaune fixe est de 3 secondes. Il n’y a pas de rouge de « dégagement ». En théorie, ce fonctionnement permet aux usagers respectueux de la vitesse d’avoir le feu au vert tandis que ceux qui roulent trop vite sont contraints de ralentir, voire de s’arrêter. Des automobilistes peuvent confondre ce feu avec celui placé au passage-piéton qui, lui, reste au vert et passe au rouge, sur demande, pour sécuriser la traversée de voie.

Techniquement, le dispositif doit être placé toujours en agglomération sur une ligne droite pour une limitation de vitesse jusqu’à 50 km/h, en zones 30 et sur des axes résidentiels sensibles au bruit. L’installateur doit prévoir une distance de détection suffisante afin d’anticiper d’éventuels freinages tardifs. De plus, un complément signalétique doit permettre une meilleure compréhension du dispositif par les usagers et accroître son efficacité par la pose d’un panneau (réf A17) annonçant le feu et d’un panneau (réf M12f) permettant de ne pas bloquer les cyclistes. En sus, il est recommandé d’organiser une campagne locale “Je respecte, j’avance” pour renforcer l’adhésion des autochtones.
L’arrêté du 9 avril 2021 a ajouté trois alinéas à l’Instruction du 22 octobre 1963 relatif à la modification de la signalisation routière, en particulier l’article 7, « Feux de circulation permanents : régulation de vitesse ». Avant l’arrêté du 9 avril 2021, publié au Journal Officiel du 16 avril 2021, les feux dits « sanction » restaient au vert en régime normal. Le système de détection était identique : si un véhicule circulait au-delà d’un seuil de vitesse programmé, le feu passait au rouge. L’usage de ces feux est désormais interdit pour des raisons de sécurité. En effet, ils incitaient à accélérer car les signaux devaient passer au jaune avant de virer au rouge, laissant largement le temps aux véhicules fautifs de passer. Ils étaient aussi source d’accidents dus aux freinages tardifs.
Nos observations
Nous avons observé le fonctionnement de quatre feux « récompense » (deux en zone 30 et deux en limitation 50 km/h) récemment installés dans les communes de Magné et de Coulon, dans les Deux-Sèvres. Dans l’ensemble, les feux rouge sont respectés. Nous avons remarqué que le passage des feux au vert se fait tardivement obligeant les automobilistes respectueux de la vitesse à ralentir, voire freiner. Souvent, en zones 30, le vert ne s’allume que lorsque le véhicule arrive à la hauteur du mât. En limitation 50 km/h, les feux ouvrent le passage suffisamment en avance récompensant le véhicule détecté. Autre remarque, lorsqu’une file de voitures se présente en « peloton » à la bonne vitesse, la première passe logiquement au vert mais dès la troisième, les véhicules se retrouvent au rouge. Certes, quelques instants, juste le temps pour les habitués de ne pas ralentir davantage au risque de « brûler » le feu. On notera que, dans ce cas, freiner risque d’engendrer un carambolage. Concernant les deux feux installés en limitation 50 km/h, on peut se demander si l’investissement est bien utile car les environnements choisis n’incitent guère à rouler vite. Sauf exceptions, bien sûr. Dans nos pérégrinations régulières dans deux grandes régions, nous rencontrons d’autres feux dits « récompense », depuis quelques années. En 2024, on compte 1000 feux « récompense » en France. Curieusement, au fil des mois, plusieurs de ces feux placés en limitation 50 km/h sont continuellement allumés au jaune clignotant. Ça incite quand même les automobilistes à lever le pied car ce signal attire normalement l’attention des usagers sur un danger.

Une chose est sûre, ces feux « récompense » sont sources de nuisance en matière de bruits et de pollution. Nous l’avons constaté. Les voitures ralentissent au niveau des mâts mais des conducteurs accélèrent vigoureusement aussitôt après. Les voitures étant rarement à l’arrêt total, quand elles sont relancées, leur moteur thermique se retrouve en sous-régime ou en sur-régime, deux situations qui pompent exagérément du carburant et rejettent plus de gaz d’échappement. Les véhicules électriques doivent consommer plus d’énergie que nécessaire pour alimenter le moteur qui relance la machine.
Le coût
En ce qui concerne le financement, la commune de Magné a disposé d’un devis de l’entreprise Élan Cité pour l’acquisition de deux feux tricolores « récompense » (placés sur les RD1 et RD9) : estimation unitaire d’un feu type « Evolight » à 7 789,00 € H.T, fournitures et pose (feu, mât, massif, pack signalisation (vélo, pré-signalisation feu…) soit les 2 feux à 15 578,00 € H.T.
Comme il est obligatoire de placer une signalétique spécifique. Les Magnésiens ont reçu un devis de l’entreprise Signaux Girod pour un total estimatif de 4 182,65 € HT ainsi réparti : 140,08 € HT pour l’achat de quatre panneaux signalétiques (2 de 30 km/h pour la RD1 et 2 de 50 km/h pour la RD9) annonçant les 2 feux « récompense ». En outre, il est prévu d’acheter, 30,40 € HT, un panneau de pré-signalisation de « feu tricolore », afin de sécuriser le feu « récompense » installé depuis plusieurs mois à hauteur de la base nautique à l’entrée de Magné en arrivant de Niort. Enfin, les élus ont répondu favorablement à un soutien financier du Département pour l’achat de deux radars pédagogiques mobiles, avec enregistrement des données, 4 012,17 € les deux (devis Signaux Girod), qui seraient posés au bord des routes départementales RD1 et RD9. Si on rajoute la fabrication par les services techniques communaux de blocs de béton, estimée à 400,00 € HT, la facture totale s’élève à 20 060,65 € HT, subventionnés à 30% par le Département, soit 6 018,20 €, le solde étant réglé par un autofinancement magnésien de 14 042,45 €.
La commune de Coulon a demandé au Conseil départemental des Deux-Sèvres une première subvention dans le cadre du Contrat Ambition Deux-Sèvres (CADS) de 30% du montant HT de l’aménagement (CADS = 3779,40 € pour un autofinancement communal de 8818,60 €), puis, délaissant cette première demande de subvention, une autre subvention au titre des amendes de police : Amende de police = 7000,00 € pour un autofinancement de 5598,00 €. Dans les deux cas, les deux feux tricolores couteraient 12 598,00 € HT. Les accessoires nécessaires n’étant apparemment pas chiffrés, soit les nouveaux élus sont étourdis, soit nous avons encore affaire à un sujet édulcoré en Conseil municipal.

Que penser de ce nouveau dispositif de « régulation ciblée de la vitesse en ligne droite ». Il est moins « douloureux » que les autres, les personnes souffrants du dos, de fractures, …, par exemple, pouvant en témoigner. Les véhicules de secours, incendie, accident, … perdront moins de temps à les franchir en toute sécurité, même au feu rouge si nécessaire.
La solution miracle n’existe pas sinon le bridage intelligent de la vitesse sur chaque véhicule. Nous avons trouvé LA solution lors de nos observations : les campings-cars sont d’excellents « modérateurs de vitesse » dans les secteurs touristiques des communes de Magné et de Coulon.
Gilles PETIT
MAGNE – COULON (Deux-Sèvres) : « Faut pas que la mauvaise peinture envahisse le monde », le renouveau du Festival international de Peinture de Magné-Coulon.
A l’issue de la 38ème édition du Festival international de Peinture de Magné-Coulon, tous les superlatifs sont déclamés : exceptionnelle, superbe, public enthousiaste, ambiance chaleureuse, restauration revue et corrigée, et une rencontre humaine, haute en couleurs, avec un prestigieux invité d’honneur. Cependant, tout n’est pas parfait.

L’invité d’honneur
M. Christoff Debusschere, peintre invité d’honneur et président du jury : « Au Festival de Magné, j’ai trouvé beaucoup, beaucoup d’amitié avec beaucoup de gens simples, gentils, très dévoués. J’ai trouvé aussi que le niveau de peinture était très bon. Même très bon par rapport à ce que j’ai déjà vu dans ce genre de manifestations. Et puis, je tombé amoureux de ce pays. Vraiment.
J’ai fait une balade vendredi dans les marais [au départ de Coulon photo ci-contre] avec quelqu’un de très compétent, un certain Charles. C’était une découverte. J’étais dans un autre monde. Donc j’ai hâte de revenir. Je reviens non seulement l’année prochaine, mais je vais venir peindre ici. J’ai demandé si c’était possible d’avoir un bateau, qui doit porter un nom que je ne connais pas, pour aller m’installer, peindre, faire des croquis, des petites études et tout ça dans le coin.
Deux heures de balade pour le couple Debusschere Photo Gilles PETIT

« Je vais rester plusieurs fois trois jours. Je ne connaissais pas du tout la région, et c’est dommage d’arriver à mon âge et de ne pas connaître un endroit pareil. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, n’est-ce-pas ?
Président du jury
« J’ai très souvent présidé. Là, je viens de présider le jury des peintres officiels de la Marine, alors je décidais des nouveaux peintres [candidats à l’entrée dans le cercle des Peintres officiels de la Marine]. C’est des jurys très importants. J’ai présidé le jury des Peintres de l’Armée, l’année dernière. J’ai été dans le jury de Monaco. Des jurys très prestigieux, mais là, [au Festival de Magné] c’est très amical, c’est formidable. Et c’est important de faire ça. Faut pas que la mauvaise peinture envahisse le monde. C’est vite fait. »

Le bilan
M. Gérard Doray, président de Magné Animation, association organisatrice du Festival, dresse à chaud le bilan du Festival 2026 : « Une édition exceptionnelle, superbe. Un public enthousiaste. Un nombre d’artistes qui s’est engagé d’une manière assez conséquente qui fait que le Festival est toujours vivant, est toujours debout. Et au contraire ça nous donne un peu d’élan pour renforcer le positionnement de ce Festival à Magné et à Coulon. Et puis également, tous les gens étaient contents de l’ambiance, de la restauration, bien sûr, qui n’étaient pas à la hauteur les années passées. Tout le monde a été très, très content de l’offre. Que dire de l’invité d’honneur. C’est une rencontre humaine, exceptionnelle, haute en couleurs, un virtuose de la peinture. On va faire des choses ensemble pour l’année prochaine et le prochain Festival. On va créer une masterclass, au printemps, voire fin d’hiver-début printemps.
Nouveau directeur artistique
« Christoff Debusschere devient à ce jour, avec la bénédiction de Jean-Marie Zacchi, le nouveau directeur artistique du Festival, » informe M. Doray. « On va discuter à la fois de la dynamique artistique du Festival, et des recherches d’invités, par exemple. Il a un super réseau donc, ça veut dire qu’il va nous amener du monde qualitatif. On est très triste que Jean-Marie ne soit pas des nôtres aujourd’hui, mais malheureusement on a l’impression qu’il ne viendra plus à Magné. On est vraiment très content que Christoff prenne le relais parce qu’il a une relation particulière avec Jean-Marie. »

Nouveau maire de Magné
M. Sébastien Billaud, maire de Magné : « C’est mon premier Festival en tant que maire, mais ça fait quinze ans que je suis élu alors c’est un Festival que j’ai connu depuis de nombreuses années. Je constate que c’était une très belle édition. On a eu un temps qui était de la partie avec un petit vent frais et un beau soleil, le top. On passe entre la canicule et les averses pour dix ans comme ça, si c’était possible ce serait parfait. Pour le reste, je vois que l’équipe de bénévoles est toujours aussi soudée, aussi nombreuse, c’est du solide. Les partenaires et les mécènes tiennent la route et, en plus ça se développe. Les gens qui bossent là-dessus sont très efficaces. C’est une bonne chose car ça permet de pérenniser l’activité quand il y a de beaux lots, et que les gens aiment venir peindre. Vu que le nombre de peintres se maintient.
J’espère que dans les années à venir, on arrivera à faire venir des écoles, voire des participants d’autres pays. Faut juste prier pour qu’on ne se tape pas des énormes canicules. C’est la problématique que l’on voit venir.
A Magné, la délégation inaugurale apprécie toujours la traversée de la Sèvre Niortaise à bord du bateau-à-chaines Photo Gilles PETIT

Si on avait eu le temps qu’on a eu il y a quinze jours, comment aurait-on fait ? C’est la problématique qu’il va falloir, peut-être, anticiper avec un investissement dans plus d’endroits pour faire de l’ombre pour les peintres, installer un système de brumisateurs, … Il va falloir qu’on y réfléchisse. »
Maintien du nombre de candidats

» Nous avions 77 inscrits à Coulon, un peu plus que l’année dernière, et 150 à Magné », annonce M. Doray. « On doit avoir, tout compris, deux inscrits supplémentaires, c’est à la fois positif car ça veut dire que la baisse s’arrête. On a vu un public qualitatif, peut-être un peu en deçà de nos espérances de par la météo. Je pense qu’il y a des artistes qui n’ont pas voulu s’engager dans cet environnement de chaleur. La chaleur fait souffrir et freine. Je pense que le Festival est sur de bons rails. »
Des détails à réétudier
Cette année, le règlement du concours imposait un périmètre d’installation des peintres. Un périmètre restreint au centre-bourg de Magné et aux bords de Sèvre Niortaise. Une limitation qui déroge à l’esprit des fondateurs du Festival, MM. Thébault et Texier : faire connaître la commune, toute la commune. En somme, que les candidats et le public découvrent le territoire, avec son village-centre et ses charmants écarts que sont les sites du Marais Pin, de l’Ouchette, de La Repentie, du Sevreau, de la chapelle Sainte-Macrine, de La Garette… Les tableaux proposés au jury offriraient des vues variées car, en regardant les œuvres exposées, nous retrouvons souvent les mêmes vues.
Selon M. Billaud : « Autrefois, on pouvait trouver des peintres qui peignaient très loin. Il y a un côté pratique de rassembler les peintres. Je ne suis pas défavorable au fait qu’on puisse peindre sur toute la commune. C’est au conseil d’administration de Magné Animation de décider. Ils verront si ça change quelque chose. On pourrait faire le centre-bourg et un écart tous les ans, un lieu-dit à chaque édition. Si c’est plus simple, s’ils ne veulent pas que ce soit partout, partout. C’est leur responsabilité. « Il faut préciser qu’en rassemblant les peintres, on rassemble le public, qu’on peut faire des photographies et des vidéos de masse et montrer au monde entier que le Festival est très fréquenté. Faire de la communication, en fait.
Le maire ajoute : » On pourrait créer un groupe de bénévoles qui pourrait travailler sur les paysages : on pourrait avoir quinze parasols dans un endroit, une année, puis dans un autre endroit l’année suivante… Une déco qui ferait vivre l’espace. Donc offrir aux peintres de nouvelles petites choses simples dans le paysage. «
Le problème se pose aussi à Coulon, une commune extrêmement étendue constituée de nombreux hameaux. Sachant que le jury arpente en permanence les sites pendant la compétition, en groupe ou en petits comités, nous avons interrogé ses membres à ce sujet. A l’unanimité, ils ont déclaré qu’ils se déplaceraient vers les peintres. Il faudrait simplement les renseigner car il n’est pas question de jouer à cache-cache. Pour le jury, le temps n’est pas extensible. Pour cela, nous avons suggéré la mise à disposition d’un minibus.

Nous avons noté un point négatif dans l’organisation du Festival 2026. A Coulon, le site d’accueil de la manifestation n’était pas prêt à l’arrivée des participants et du public. Une grande partie de la matinée du vendredi, c’était un ballet de tracteurs, de manipulation de planchers et autre montage d’une scène, ainsi que de câbles électriques trainant non encore sécurisés. Agitation et bruit inclus. Dans toutes manifestations accueillant du public, tout doit être en place avant l’ouverture des portes.



Les palmarès du 38ème Festival international de Peinture de Magné-Coulon sont publiés au lien suivant : festivalpeinturemagne.com
Gilles PETIT
En vidéo, le palmarès du 34ème Festival de peinture et de dessin de Coulon-Magné (Marais Poitevin des Deux-Sèvres)
L’association Magné-Animation a organisé son 34ème Festival international de peinture et de dessin la peinture grandeur Nature ! les 22 juillet 2022 à Coulon, 23 et 24 juillet 2022 à Magné. Voici les palmarès des deux concours énoncés par le président André Prunier.
Créé le 13 avril 1989, le Festival International de peinture et dessin de Magné (Deux-Sèvres), ouvert à tous, est un des premiers rendez-vous de peintres en France. Ce festival est organisé par Magné-Animation, association culturelle soutenue, par de nombreux fidèles partenaires. Durant sept heures à Coulon et/ou deux journées à Magné, les peintres de toutes factures et dessinateurs participants devaient réaliser une œuvre exclusivement sur place dans le temps imparti.
Voici le palmarès en vidéo au lien YouTube suivant : https://youtu.be/9cUik4WOmok
Bonne lecture
Réalisation vidéo : Gilles PETIT
MAGNE (79) : JEAN THEBAULT, une Histoire de rencontres.
Débutée un 26 octobre, la vie de Jean Thébault a été ponctuée de rencontres au cœur du Marais Poitevin. D’abord avec les éléments naturels, puis par amour de sa commune, enfin au fil des relations humaines. Maire de Magné (79 Marais Poitevin), de 1971 à 1995, M. Jean Thébault s’est éteint lundi 17 août 2015 à l’âge de 88 ans.

Rencontre avec les éléments naturels
En 1953, une terrible tempête déracine de nombreux peupliers dans le Marais Poitevin. Face à ce désastre, dès 1954, Jean Thébault décide de créer son entreprise de transformation du bois. Un bois local qu’il vend alors en l’état de sciage. Son frère Charles s’associe à l’initiative, en 1960. Ensemble, ils installent, dans l’ancienne laiterie de Magné, une première ligne de déroulage destinée à la fabrication de placages, puis de contreplaqués en peuplier et en okoumé en provenance du Gabon. En 1965, ils construisent une nouvelle usine de contreplaqués, la société SIB THEBAULT SAS à Sauzé-Vaussais (79), d’une superficie de 13 000 m². Aujourd’hui, les fils de Jean Thébault, Jean-Charles, Benoît et Henri-Jean, dirigent chacun un site que le Groupe Thébault a développé, notamment au Gabon, en 1999, une nouvelle usine d’une superficie de 9 500 m² : THEBAULT TRANSBOIS SA à Owendo.
Rencontre avec Magné

» Vous trouverez dans ce livre d’images et d’histoire, nos racines, nos traditions, nos richesses culturelles, qui font de nous, des Magnésiens fiers de l’être « , a écrit Jean Thébault en 1992 en introduction du livre collégial : « Magné Porte du Marais Poitevin : A travers l’histoire et en images ». Jean Thébault était alors maire depuis 1971. Il avait succédé à Edouard Drouhet, un Maraîchin désigné maire le 5 septembre 1944, par arrêté de Monsieur le Commissaire de la République, puis élu jusqu’en 1971. Jean Thébault œuvra pour sa commune avec autorité en lui donnant « une incontestable nouvelle jeunesse. » Il s’employa aussi fermement, dès janvier 1993, dans la bonne marche de la Communauté de Communes de La Venise Verte (Magné, Coulon, Sansais-La Garette) dont il fut le premier président au côté de MM. Pierre Rousseau (maire de Coulon) et Daniel Biston (maire de Sansais-La Garette).
Par arrêté préfectoral du 20 novembre 1995, le préfet des Deux-Sèvres M. José Inizan, l’a nommé en qualité de maire honoraire, pour 24 ans de service soit quatre mandats.
Des rencontres humaines
Deux histoires qui, en fait, se ressemblent : la fondation du Comité de jumelage Magné-Weitnau; la création du Festival de peinture.

Le jumelage Magné-Weitnau a commencé lorsqu’un client allemand de l’entreprise Thébault, M. ZUMSTEG, est devenu « complice » de Jean Thébault. De cette amitié sont nés, en 1985, les premiers échanges entre Magné et Weitnau, une ville de l’Allgäu, en Bavière. Une charte signée le 17 mai 1986 en Allemagne, contresignée le 13 septembre 1986 à Magné, par MM. Jean Thébault, maire de Magné, et son homologue Peter Freytag, maire de Weitnau, qui a fondé de solides liens.
Quant au Festival de peinture de Magné, jamais deux vieux amis discutant un soir d’hiver 1988-1989 n’auraient osé imaginer un tel succès : Bernard Texier, père du célèbre peintre d’envergure internationale Richard Texier, et Jean Thébault, emmitouflés dans des parkas, rêvent à voix haute d’un grand événement centré sur la peinture qui se déroulerait en plein été quand le marais est éclatant de couleurs. Dès le printemps 1989, le Conseil municipal crée une commission pour lancer un projet. On connait la suite, des chiffres de fréquentations inimaginables.
Gilles PETIT