Deux-Sèvres
COULON : Un second mandat de maire pour Anne-Sophie Guichet
Les élections municipales n’ont fait qu’un tour à Coulon (Deux-Sèvres). Et pour cause, une seule liste était en lice pour renouveler l’assemblée communale. La maire sortante Anne-Sophie Guichet a finalement retrouvé le siège qu’elle souhaitait conserver.
Vendredi 20 mars 2026, c’est un « jeune » élu, M. Pierre Grolleau, doyen de l’assemblée, qui a présidé le début de la séance d’installation d’un Conseil municipal fraîchement sorti des urnes au premier tour des municipales. Il a dirigé les opérations de désignation du maire en respectant scrupuleusement la procédure. Sans surprise, Mme Anne-Sophie Guichet, seule candidate à ce poste, a été réélue maire de Coulon, à l’unanimité.

Sans surprise aussi, la nouvelle élue pour six ans a pris la parole avant de prendre les rênes de l’organisation de la soirée : « Je mesure pleinement la confiance que vous venez de m’accorder en me réélisant maire de notre commune. C’est une grande fierté, mais surtout une responsabilité que j’accueille avec humilité et détermination. Je veux d’abord remercier les habitants qui se sont mobilisés par leur vote. Vous avez fait vivre la démocratie locale et votre confiance m’oblige. Elle m’engage pour les années à venir. Je veux aussi m’adresser tout particulièrement à vous, nouveaux élus. Vous faites aujourd’hui votre entrée dans cet engagement au service de la commune. C’est une responsabilité exigeante, parfois prenante mais profondément enrichissante. Vous allez découvrir ce que signifie agir concrètement pour les autres, prendre des décisions, parfois difficiles, mais toujours nécessaires. Vous pouvez compter sur moi pour vous accompagner, pour partager cette expérience et pour construire ensemble un travail collectif respectueux et efficace.
« A celles et ceux qui poursuivent ce chemin à mes côtés. Merci pour votre fidélité, votre engagement et votre confiance renouvelée. Nous avons déjà beaucoup construit ensemble et je sais que nous continuerons à le faire avec la même exigence.
« Je souhaite également avoir une pensée très forte pour les agents municipaux. Depuis six ans, j’ai eu la chance de travailler à leur côté. j’ai pu mesurer leur professionnalisme, leur engagement et leur attachement à notre commune dans les moments simples comme dans les périodes les plus difficiles, ils ont toujours été présents. (…) Photo Gilles PETIT

Ce résultat est le point de départ d’un nouveau mandat qui s’ouvre avec de nouveaux défis, de nouveaux projets, mais toujours avec la même ambition. Faire avancer notre commune, améliorer le quotidien de chacun et préparer l’avenir avec sérieux et responsabilité. Je serai comme je l’ai toujours été la maire de tous, à l’écoute, attachée au dialogue et au respect de chacun. »
Cinq adjoints

Comme le préconise la réglementation, la maire peut s’adjoindre jusqu’à cinq personnes au maximum, contre quatre lors du mandat précédent. Autre surprise, les adjoints n’ont pas été élus poste par poste. En effet, une seule liste a été présentée par M. Julien Guibert. Elle comportait ces noms (dans l’ordre) : M. Julien Guibert, Mme Marie Élisabeth Le Chapelain, M. Philippe Lesage, Mme Stéphanie Kerdoncuff, et M. Jean-Christophe Moinard. Sans autre précision. Cette liste a obtenu l’unanimité sans que l’on sache quel titre chacun briguait. L’assistance devinera plus tard que M. Guibert postulait pour le poste de premier adjoint, Mme Chapelain comme 2ème adjointe, etc.
A l’instar de la maire qui doit assumer les compétences de nombreuses délégations, chaque élu indemnisé doit exercer des responsabilités. A savoir : M. Guibert aura en charge l’attractivité communale, tourisme et développement économique (tourisme, gestion stratégique partenariat, relation avec les acteurs économiques, commerces, artisanat, marché, promotion du territoire et communication touristique, pilotage des actions en faveur des activités locales, organisation d’évènements à vocation économique ou touristique, communication municipale, cadre de vie et environnement) ;
Mme Le Chapelain s’occupera de la vie sociale aux familles et la cohésion sociale (petite enfance, enfance, jeunesse, bien-être de la jeunesse, seniors, lien intergénérationnel, solidarité locale, action sociale et prévention, soutien aux initiatives citoyennes, santé publique locale) ;
M. Lesage gèrera les finances publiques, l’élaboration du budget communal et le suivi des finances communales, dont la stratégie financière pluriannuelle, les demandes de subventions et l’analyse des prospectives financières et financement participatif ;
Mme Kerdoncuff sera attentive au patrimoine, à la culture et aux animations communales (patrimoine bâti, identité locale, valorisation du Marais, actions culturelles, soutien aux associations, mise en valeur des sites remarquables, actions sportives) ;
M. Moinard organisera le développement territorial et l’aménagement communal (l’urbanisme, le suivi des travaux, l’aménagement de structures, la mobilité, la circulation et le déplacement du quotidien, la sécurité, la gestion, l’entretien des espaces publics paysagers, …)
Deux autres délégations
Par ailleurs, des délégations complémentaires ont été proposées à deux autres conseillers municipaux : Mme Virginie Léonard à la transition énergétique, l’alimentation, la santé, et l’enfance ; M. Patrick Cartier à l’organisation des cérémonies officielles, des réceptions et autres vins d’honneur, ainsi qu’à la création de décorations temporaires dans les espaces publics.
Des indemnités de fonction
Huit conseillers municipaux percevront des indemnités de fonction, à savoir la maire, les cinq adjoints et les deux conseillers délégués. Les indemnités sont calculées selon un pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique connu à ce jour (pour les initiés, il s’agit de l’indice 1027) et selon le nombre d’habitants tel qu’il ressort du dernier recensement. Pour les communes comprises entre 1000 et 3499 habitants, le taux maximal pour le maire est de 55,70 % de l’indice pré-cité et pour les adjoints 21,38 %. Mme Guichet a proposé d’adopter les taux maxi pour son poste de maire (2289,00 € bruts), pour son 1er adjoint M. Guibert, un taux de 21 % (863,21 € bruts), du 2ème au 5ème adjoints un taux de 14,20 % soit 583,69 € bruts. Les délégations à deux conseillers Virginie Léonard et Patrick Cartier, une indemnité de fonction spécifique 6,20 % 254,85 € bruts.
Quid du trombinoscope ?
Enfin, nous avons relevé une ambiguïté : le trombinoscope distribué par la tête de liste Anne-Sophie Guichet affiche deux noms qui ne figurent pas sur le bulletin de vote présenté aux électeurs au premier tour des élections municipales du dimanche 15 mars 2026. En revanche, le dit bulletin de vote, non préalablement diffusé aux Coulonnais-es, annonce la suppression d’une candidate remplaçante que l’on retrouve inscrite comme candidate. Et, toujours sur le bulletin de vote, il est mentionné un tout nouveau nom. Si, comme votre serviteur et d’autres autochtones, vous vous êtes fiés au seul trombinoscope édité par l’équipe (à notre connaissance), vous avez été fort surpris de découvrir les substitutions.


Gilles PETIT
SANSAIS-LA GARETTE Elections municipales des 15 et 22 mars 2026 : La liste « Tous unis pour un « Sansais-La Garette responsable et solidaire », menée par Rabah Laïchour
Deux listes seront candidates pour gérer la prochaine municipalité de Sansais-La Garette (Deux-Sèvres). Menée par M. Rabah Laïchour, ancien maire de cette commune, de 2008 à 2020, la liste « Tous unis pour un Sansais-La Garette responsable et solidaire » souhaite « travailler en bonne intelligence ».
Selon sa profession de foi, « Tous unis pour un Sansais-La Garette responsable et solidaire » rassemble des candidates et des candidats engagés autour de valeurs fortes de partage, de dialogue, de transparence, de responsabilité, dans le respect des personnes et de l’environnement. Animés par la volonté d’agir collectivement, les co-listiers invitent l’ensemble des habitants à rejoindre cette dynamique en partageant leurs idées et en contribuant à un projet commun fondé sur l’entraide et la solidarité. Leur ambition : » construire, avec et pour tous, un avenir plus harmonieux pour la commune. » En fait, chaque membre entend mettre au service des deux villages « son expérience, ses compétences et sa disponibilité. »
Interview

Dans l’entretien qu’il a sollicité, M. Rabah Laïchour (photo dr ci-contre), d’entrée, a déclaré :« Il faut être un peu fou, mais il faut un peu de folie dans la vie sinon on n’avance pas. Il faut être fou parce qu’en fait, ceux qui font les lois, surtout ceux qui sont au quarantième étage d’une tour je ne sais où, et qui ne connaissent pas la réalité locale, ceux-là ont mis toutes les communes, pour ces élections, sur le même pied d’égalité quelle que soit la taille.
Or, sur les communes de moins de mille habitants, comme la nôtre, c’était simple avant. Y’avait pas d’histoire de parité, y’avait pas aussi tout le côté administratif. »
Défis
» Les petites communes ont des « défis » à relever concernant leurs budgets parce qu’il n’y a plus d’argent là-haut. On n’a pas les moyens d’augmenter les ressources, sauf à faire de l’habitat pour avoir d’avantage de dotation de l’État. Un défi démographique (on est un peuple vieillissant), y’a moins d’enfants, donc moins d’écoles, etc. En Deux-Sèvres, 39 % de la population aura plus de 65 ans en 2030. C’est à dire quatre habitants sur dix. C’est énorme. Mais pour attirer la population, il faut des services. Un autre défi, c’est la santé de la population. Encore un défi, la relation entre les gens. Par ailleurs, les gens, en règle générale, ne s’intéressent plus à la vie publique et hésitent à s’investir. Malgré tout ça, il faut regarder devant, être optimiste, avoir l’espoir, partager, être utile pour soi et pour les autres. L’intercommunalité a récupéré 80% des compétences des petites communes. Qu’est ce qu’il leur reste à l’heure actuelle : si elles ont une école, elles gèrent l’école ; elles ont l’état civil dont les mariages, les naissances étant, en générale, enregistrés hors communes car il n’y a pas de maternité. Les décès sont rarement à domicile donc souvent hors de nos communes (EHPAD). Le rôle d’une petite commune, aujourd’hui, c’est plus de la proximité, plus d’accompagnement, plus de vigilance … Il y a des besoins à satisfaire. A un moment donné, la population a besoin d’être accompagnée. Et organiser des manifestations pour que les gens se retrouvent. On ne nous parle jamais des voisins, quand on les connait. On a la chance d’appartenir à une population qui peut s’investir, voter, donc je me dis que c’est une chance que j’ai aussi. Ça fait partie de mes motivations. Ici, il y a une liberté, je ne peux pas ne pas la savourer. Faire ma part, tout simplement. »
Des élections les 15 et 22 mars 2026

Pour revenir aux scrutins des 15 et 22 mars prochains, l’engagement de la présente liste « repose sur un principe simple : être présent, à l’écoute et utile à chaque habitant, quels que soient son âge ou ses préoccupations. » M. Laïchour poursuit : » » Tous unis pour un Sansais-La Garette responsable et solidaire » reflète la diversité de la commune : toutes les générations et tous les secteurs du territoire y sont représentés. Cette pluralité garantit à chacun un interlocuteur proche, capable de comprendre les réalités locales et de favoriser des liens intergénérationnels.
« Je vais jouer, peut-être que je vais gagner, peut-être que je vais perdre. Mais pour moi, la défaite n’existe pas. Je ne veux pas capitaliser sur mon passé, le Rabah Laïchour de 2008 à 2020 n’est plus là, aujourd’hui c’est celui de 2026. Je ne suis plus le même homme, je n’ai plus le même âge… La société a changé. Et puis j’ai trouvé des colistiers qui ont d’autres idées, qui ont la mixité, des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes. Pour moi, c’est une richesse. La première victoire, c’est l’amitié, la confiance, que nous avons bâties ensemble. On s’est tracé un chemin, on le suit ensemble. C’est déjà une victoire humaine. On est quinze avec la parité huit hommes, sept femmes. »
La liste « Tous unis pour un Sansais-La Garette responsable et solidaire » entend « protéger un trésor ». « Le trésor, pour moi, » conclut le candidat tête de liste, « c’est ce qui est écrit sur le fronton de la mairie : Liberté, Égalité, Fraternité. Je me battrai pour ça. «
Le seul bureau de vote installé à la mairie
Il n’y aura qu’un seul bureau de vote sur la commune de Sansais-La Garette, à la mairie située à Sansais. Pour la première fois dans cette commune de moins de 1 000 habitants, les électeurs – électrices devront s’exprimer par bulletin « liste complète » sans possibilité de panachage, ni rajout, ni suppression de nom(s), ni ratures…
Deux listes sont proposées au suffrage à Sansais-La Garette :
Panneau électoral n°1 : « Tous unis pour un Sansais-La Garette responsable et solidaire » menée par M. Rabah Laïchour composée de Mesdames et Messieurs Rabah Laïchour, Marie-Claude Collet, Charles Le Luherne, Béatrice Bonnaud, Daniel Daviet, Océane Hug, Arnaud Viger, Suzanne Tessier, Jean-François Michonneau, Karolin Jurdana, Cyrille Leforestier, Cécile Fradet, Stéphane Godreau, Florence Ricochon et Enzo Brucker.
Panneau électoral n°2 : « Ensemble pour demain » portée par M. Richard Pailloux composée de Mesdames et Messieurs Richard Pailloux, Magali Lapeyrie, Simon Charles, Valérie Raivard, Jacky Baraton, Geneviève Roy, Frédéric David, Marion Lechelon, Anthony Boiron, Aurélia Bergot, Vincent Bernon, Chloé Mady, Eric Butet, Frédérique Pétorin, Claude Falotte, Laurence Robin et Marc Péchereau.
Gilles PETIT
COULON (79) Quatre policiers municipaux se sont succédé depuis 2013
Depuis 2013, quatre policiers municipaux se sont succédé à Coulon. Du garde champêtre Pascal au brigadier-chef Didier, voici la petite histoire d’une Police locale unique dans le Marais Poitevin.
Comme dans la majorité des communes rurales françaises, Coulon « possédait » son garde champêtre, au siècle dernier. La mémoire collective garde le souvenir de M. Pascal Robier, cet ancien poilu, qui, dans les années 1930-1950, a manié tambour et baguettes au gré des « avis à la population« .

Après de nombreuses années sans « autorité champêtre », la collectivité locale décide de relancer la fonction de garde champêtre car les gendarmes alors en poste estival à Coulon, étant repartis, ont « laissé un vide ». Ainsi, « pour aider au maintien de l’ordre public, » le 8 avril 1992, le Centre de gestion départemental de la Fonction publique des Deux-Sèvres a placé au premier rang un Coulonnais, parmi onze candidats. « Il s’agit de monsieur Bruno Decelle résidant à Glandes », a informé le maire de l’époque Pierre Rousseau, « Il sera en uniforme, assermenté et possèdera des pouvoirs qui lui permettront de verbaliser légalement. » La préfecture l’a assermenté au mois d’août 1992, mais il aura fallu attendre la mi-septembre pour découvrir le nouveau garde champêtre de Coulon. En effet, « l’uniforme officiel de police tardait à arriver.«
Vers la création d’un poste de Police municipale
En 1999, la municipalité est secouée par un dilemme : « Un agent technique communal vient d’être muté vers un syndicat bressuirais. » Il se trouve que ce départ a suscité un débat au sein du conseil. En effet, le maire Jacques Rousseau et ses adjoints avaient réfléchi à la situation et préconisé l’embauche d’un agent qui pourrait devenir chef d’équipe, après formation. Cependant, deux possibilités s’offraient à la municipalité. La première envisageait le remplacement de l’agent ; la seconde saisissait l’opportunité de recruter un policier municipal, engendrant l’arrêt du poste d’agent technique. « La commune dispose déjà d’un garde champêtre aux pouvoirs limités », ont estimé des élus. Il serait « difficile à trouver, il n’aurait pas grand travail durant huit mois de l’année et le poste coûterait plus cher ».
Un premier policier municipal
Le 17 décembre 2012, le maire Michel Simon annonce : « l’agent qui faisait jusqu’alors fonction de garde champêtre ayant été reclassé sur un emploi technique, il est nécessaire de réfléchir à la création d’un poste de policier municipal, emploi indispensable pour le bon fonctionnement de la commune. » Ce poste à temps complet de gardien de Police municipale, ou brigadier, voire brigadier-chef principal était à pourvoir à compter du 1er mai 2013. Cependant, il est précisé que la création de ce poste est subordonnée au départ en retraite d’un agent des services techniques, qui devait quitter ses fonctions le 1er mai 2013.
Sur trente-sept personnes qui ont fait acte de candidature, huit d’entre elles avaient été sélectionnées, puis deux candidats retenus. Le 27 février 2013, c’est un gendarme, alors en poste à la brigade de Frontenay-Rohan-Rohan (79) qui a été recruté dans le cadre d’un détachement de la Fonction publique d’État sur la Fonction publique Territoriale.
Un second policier municipal
Ce premier policier municipal de l’histoire de Coulon a donné sa démission en juin 2017. Une nouvelle offre d’emploi a été déposée portant sur les grades de «gardien brigadier», de «brigadier» et de «brigadier-chef principal». Le choix du recrutement s’est porté sur un candidat titulaire d’un grade du cadre d’emploi «Chef de service de Police municipale». Le conseil municipal du 15 novembre 2017 a accepté de créer un poste de «Chef de service de Police municipale principal de 1ère classe» (catégorie B) à temps complet. A donc été nommé le 1er mars 2018 un ancien policier municipal sur l’Île de Ré devenu policier national à la police de l’air et des frontières à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle à Paris.
Un troisième policier municipal
A Coulon, les policiers se succèdent rapidement, peut-on constater. Le second ne sera resté que vingt-neuf mois durant lesquels la population n’avait toujours pas compris l’intérêt d’un tel poste dans leur petite commune. Cependant, l’équipe municipale de l’époque estimait : « quant à son utilité, non seulement ce poste est indispensable dans une commune telle que Coulon mais l’extension du service serait souhaitable peut-être en partenariat avec les communes voisines. » La commune voisine, à savoir Magné, n’adhère pas à cette logique. Le 17 septembre 2020, la maire Anne-Sophie Guichet rappelle que « le policier municipal qui était en poste depuis le 1er mars 2018 a quitté la commune et a été nommé par mutation le 1er septembre 2020 dans une commune de Charente-Maritime. Il s’agit donc maintenant de lancer une procédure pour le recrutement d’un nouvel agent. »
Une nouvelle procédure pour le recrutement du troisième policier municipal a été engagée le 8 octobre 2020. Le poste étant à pourvoir pour le 15 mars 2021. Parmi cinq candidats présélectionnés, a été engagé un agent au poste en catégorie C à temps complet, à durée indéterminée, dans la Fonction publique territoriale.
Le troisième policier municipal a pris ses fonctions le 1er mars 2021. Alors âgé de 35 ans, cet ancien policier national, principalement maître-chien, avait quinze années de carrière dans la Police nationale. Il avait alors déclaré : « J’ai fait le choix de m’orienter vers une fonction plus proche et plus à l’écoute de la population. » En effet, il s’était complètement intégré et investi au service d’une population coulonnaise qui l’estimait sincèrement. Des Maraîchins qui n’ont, semble-t-il, pas compris le soudain départ de ce fonctionnaire si sympathique, avant la saison estivale 2025. Il aura officié quatre ans.
Recrutement d’un quatrième policier !
Toujours est-il que, cette fois, au printemps 2025, le conseil municipal de Coulon n’a pas délibéré sur le recrutement d’un remplaçant. Nous n’avons pas trouvé de mention dans un compte-rendu de réunion statutaire qui informe de la vacance du poste, ni autorise un appel à candidature. Même le déroulement du recrutement n’est pas mentionné. Une entorse qui peut inquiéter les Coulonnais.es à quelques semaines des prochaines élections municipales.
En prélude à la réunion du conseil municipal du 7 octobre 2025, la maire a déclaré : « Avant d’aborder l’ordre du jour, je présente M. Didier Hersan recruté en tant que brigadier-chef principal de la police municipale depuis le 1er août dans le cadre du remplacement de M. Yoan Brehaut qui a été muté dans une autre collectivité. » On n’en saura pas plus.
Suite à cette information laconique, M. Hersan (58 ans) s’est avancé pour se présenter. « J’ai fait ma carrière en région parisienne essentiellement dans le 93 [Seine-Saint-Denis] et puis Villeparisis dans le 77 [Seine-et-Marne]. Je suis dans la région depuis cinq/six ans. J’ai commencé sur l’Île de Ré, chef de poste de la Police municipale de la commune des Portes-en-Ré où je suis resté trois ans. Ensuite, je suis allé travailler à Lagord, près de La Rochelle où je suis resté à peu près une année. J’ai eu l’opportunité de venir ici parce que, habitant plus près de Coulon, j’ai saisi l’occasion ». Mme Anne-Sophie Guichet a ajouté « Effectivement, nous avons recruté M. Hersan car son profil nous semblait intéressant avec une longue carrière de policier municipal et, également, de l’expérience. Il sait en quoi consiste la saisonnalité dans une petite commune. Y a la saison estivale et ensuite la vie au quotidien. » « Sur l’Île de Ré, précise M. Hersan, hors saison, les commerçants ferment, avec des populations différentes. Nous avions 80% de tourisme en saison…, autrement y a plus grand monde ». A Coulon, il y a quand même un peu de tourisme hors saison, mais la majorité des commerces sont fermés, comme sur l’Île de Ré.
Nous ne publions pas de photographie du nouveau policier municipal car celui-ci estime que son uniforme suffit pour être reconnu par la population.
Si la réforme des retraites ne change pas les modalités dans les prochaines semaines, le quatrième policier municipal de Coulon a déjà atteint l’âge de départ. En effet, on nous signale que « pour la police municipale, l’âge de départ à la retraite est arrêté à 57 ans, la limite d’âge de départ étant de 62 ans ». Après une longue carrière dans la fonction et après avoir gravi les échelons, le nouveau venu a probablement droit à une rémunération de « fin de carrière, appelée échelon spécial, chef de service. » De plus, de nouvelles « bonifications indiciaires » peuvent être perçues, ainsi qu’une participation récente au « régime indemnitaire ». Sans oublier « l’indemnité spéciale de fonction et d’engagement » (I.S.F.E.) composée d’une part fixe et d’une part variable. Pour faire court, la masse salariale de la municipalité de Coulon devrait sérieusement augmenter à la suite de ce recrutement.
Gilles PETIT
MARAIS POITEVIN : A Coulon (79), une bénédiction des bateliers entre tradition et animation touristique
Le dimanche 17 août 2025, le village de Coulon (Deux-Sèvres) a été le théâtre d’une « bénédiction des bateliers ». Le nom de Saint-Nicolas, le patron des bateliers et mariniers, et des navigateurs d’une manière générale, n’a pas été cité. En effet, il s’agissait d’une animation touristique imaginée en 2003 par le curé local, l’abbé Michel Chataigner. A l’époque, le Père Michel, comme l’appelaient amicalement les Maraîchins croyants ou non, parlait de « pardon » car plusieurs centres importants de la batellerie en France et en Belgique utilisaient ce terme pour désigner des fêtes et traditions souvent anciennes ponctuant la vie marinière, toujours avec une double vocation, civile et religieuse.

S’inspirant d’une demande formulée, l’année précédente, par des motards stationnés sur le parvis de l’église de Coulon, qui avaient demandé au prêtre, et obtenu, de les bénir avec leurs motos, le père Michel a eu l’idée d’appliquer cette « tradition » aux guides qui conduisent les touristes en barque sur l’ensemble du Marais Mouillé. L’idée a alors évolué en manifestation qui n’aurait rien de religieux car elle était alors réprouvée par le Conseil pastoral du secteur qui couvrait, à cette époque, les communes de Coulon, Magné et Sansais-La Garette.
Grâce à sa pugnacité « légendaire », le père Michel Chataigner a réussi à organiser, le samedi 14 juin 2003, une nouvelle animation estivale à Coulon qu’il a appelée : « la bénédiction des bateliers ». En réalité, c’était un rassemblement de guides-bateliers volontaires, croyants ou non, de l’ensemble des embarcadères commerciaux de la Venise Verte. Ce fut un succès. 37 guides-bateliers, issus donc d’entreprises locales, ont répondu à l’appel, munis chacun d’une pelle (une rame) à la main. Ce samedi-là, les participants se sont rassemblés sur le parvis de l’église de Coulon pour s’élancer à 9 heures précises vers les quais de la Sèvre Niortaise jusqu’à la place de la Coutume, en suivant une joueuse d’accordéon. A 9h15, les guides embarquaient à bord de sept bateaux à la cale de la Coutume, lesquels ont remonté la Sèvre Niortaise en amont de la passerelle qui enjambe ce fleuve. Puis, à 9h30, simplement accompagné de deux enfants de chœur, le père Michel s’est installé sur la passerelle. Il a d’abord entonné la chanson « Les bateliers de la Volga », avant de faire une brève allocution. Il a notamment retracé l’histoire des activités quotidiennes des Maraîchins et celle des premières balades touristiques. Ensuite, il a procédé à la bénédiction proprement dite. Un quart d’heure plus tard, tout le monde, y compris le peu de personnes présentes, s’est réuni autour du verre de l’amitié servi à proximité sur le Quai Louis-Tardy. La matinée s’était poursuivi en musique et en pas de danse.

En septembre 2004, après trois années de sacerdoce dans le Marais, l’abbé Michel Chataigner fut nommé dans le nord des Deux-Sèvres, en pays thouarsais. L’abbé Fabien Zlatev, son successeur, n’a repris le flambeau qu’en 2011, répondant favorablement aux sollicitations de la municipalité Michel Simon et d’un entrepreneur de balades touristiques installé à Coulon. Avant son départ pour Chauvigny dans la Vienne, en septembre 2014, le père Fabien a transmis la « tradition » à ses successeurs, le père Auguste Sambou, en collaboration avec un autre prêtre-coopérateur, le père Claude Baratange, responsables d’une nouvelle paroisse « Sainte-Sabine en Niortais » regroupant les communautés des anciens secteurs pastoraux de Beauvoir-sur-Niort / Frontenay-Rohan-Rohan, Marais / Mignon et Prahecq / Fors.
Dimanche 17 août 2025, la « bénédiction des bateliers » a suivi un protocole plus religieux que celui élaboré par le père Michel. A ceci près que les festivités ont débuté à 18h30, après la journée de travail des guides-bateliers. Au départ de l’église de Coulon, un cortège a conduit les participants jusqu’à la Sèvre Niortaise et sa passerelle.

Sans croix chrétienne ostensible, les prières, les chants et les textes entonnés depuis l’autel improvisé au sommet de la passerelle, ont donné un caractère particulièrement religieux à cette manifestation. Une animation qui s’est déroulée au-dessus et sur un fleuve du domaine public.
Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : « Le Chemin de bois de La Garette » rouvert aux piétons et cyclistes sur la Vélo Francette
Mis en chantier à la fin de l’été 2005, ancré dans le sol du Marais Poitevin, le « Chemin de bois » pédestre et cycliste, construit à proximité du village de La Garette sur la commune de Magné (Deux-Sèvres), n’a survécu qu’une dizaine d’années. Son platelage, souvent réparé ponctuellement, n’a pas supporté les contraintes d’un environnement exigeant et d’un saccage forestier. Entièrement reconstruit, il a rouvert à la circulation pour la saison estivale 2024.

En quelques chiffres, tout est dit ou presque : 600 mètres linéaire sur 3,50 mètres de large ; 386 pieux utilisés ; 3 800 lames de bois posées ; 4 belvédères aménagés ; une grande passerelle réhabilitée ; et 62 arbres plantés ou à planter. Le Département des Deux-Sèvres a investi 2,340 millions d’euros pour la reconstruction de ce platelage, dont une subvention de l’État de 334 000 euros. Également, il convient d’ajouter 25 000 € d’entretien pour les sections départementales de la véloroute Vélo Francette.

Communément appelé « Le Chemin de bois de La Garette », le long sentier construit sur pilotis qui serpente au milieu de nulle part en pleine nature entre les frênes et autres végétations hautement protégés pour son biotope, a été créé en septembre 2005, parallèlement à une route départementale N°1 jugée dangereuse pour les cyclistes et les quelques piétons qui s’y risquaient.
Sur ces sept photos (le diaporama ci-dessus) prises le 23 novembre 2005, on constate que le chemin est assis sur une structure entièrement en bois, pieux compris. Photos Gilles PETIT

Se dégradant très vite, jonglant au fil des saisons entre les évails (les crues), la forte humidité permanente du Marais Poitevin, la décomposition des innombrables feuilles, … et les passages des usagers, la surface de roulement du chemin devenait dangereuse. Photo Gilles PETIT

Pourtant, l’Association pour l’Insertion par la Protection et l’Entretien du Marais Poitevin (AIPEMP appelée aussi Nature Solidaire), chargée de l’entretien des pistes locales cyclables et pédestres, n’avait guère ménagé ses efforts pour remplacer progressivement les lames qui se fendaient, gonflaient ou s’effritaient. Changées à l’unité, ces lames valaient alors une fortune.



Ce n’est qu’en avril 2022 que les services du Département des Deux-Sèvres, propriétaire du site, décident de fermer à la circulation « Le Chemin de bois de La Garette » » pour des raisons de sécurité » car » le platelage était en mauvais état « . Ceci après avoir missionné, dès fin 2020, une maîtrise d’œuvre pour définir la nature des travaux à exécuter et l’éventuelle reconstruction de la passerelle.






Finalement, plusieurs études ont été engagées afin de « concevoir un nouvel aménagement prenant en compte les contraintes du site, ses enjeux environnementaux et architecturaux. » Entre temps, le Département a fait abattre soixante-dix-sept peupliers qui étaient, semble-t-il, en fin de vie ou présentaient des risques de chute. L’opération, réalisée fin 2022, a démoli ce qu’il restait du « Chemin de bois » et a laissé le terrain dans un état désastreux, durant plusieurs mois.
Enfin, le nouveau « Chemin de bois de La Garette » qui relie le village de La Garette au lieu-dit La Repentie sur la commune de Magné, a été officiellement inauguré le 9 juillet 2024 et rouvert à la circulation, excluant les véhicules à moteur.
Gilles PETIT
Les intervenants de ce chantier : Artelia Ville et Transport (44) pour la maîtrise d’oeuvre, Ginger CEBTP (79) pour la géotechnie, Apave (Niort) pour le contrôle technique, Socotec (Niort), coordinateur SPS, l’entreprise Amexbois (Alpes de Haute-Provence) et Ancr’est (Moselle), le sous-traitant des pieux.

LE VANNEAU 79 : Le Marché sur l’eau draine l’engouement du public
Depuis 26 éditions, le port du Vanneau, situé sur la commune deux-sévrienne de Le Vanneau-Irleau, accueille un Marché sur l’eau, la principale animation annuelle de ce petit village du Marais Poitevin. Une « tradition » inventée à vocation touristique, largement appréciée des autochtones, des petits producteurs locaux et du public.
Chaque dernier samedi de juillet, le port du Vanneau accueille l’unique Marché sur l’eau existant dans le Marais Poitevin, à l’initiative, au tout début, des associations Côté Marais et Comité des fêtes du Vanneau-Irleau, soutenues par la collectivité locale. Loin de prendre l’eau, cette manifestation connait un succès dépassant toute espérance.

Une idée simple
Dans le port du Vanneau [la commune est constituée de deux villages Le Vanneau et Irleau distants de deux kilomètres, ayant chacun son port], des producteurs dits locaux proposent des produits de leur jardin ou de leur exploitation, en compagnie de commerçants professionnels. Pour accéder aux marchands, les personnes souhaitant faire leur marché peuvent préalablement embarquer dans des bateaux fournis gratuitement par deux entreprises de batellerie de la Venise Verte (prêtés par les embarcadères « Les Frênes » de La Garette et « La Trigale » de Coulon, acheminés sur place par le chaland-bétaillère du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin), et se laisser guider jusqu’aux étals installés sur des barques le long des berges et des quais, uniquement le matin entre 9 heures et 13 heures. Pour les personnes qui hésiteraient à embarquer ou si l’affluence est trop importante, toutes les « boutiques » sont aussi accessibles par voie de terre. L’après-midi était consacré aux jeux en bois fabriqués par des membres du Comité des fêtes, en plus d’une marche à la découverte du marais, et d’une innovation 2025 : un marché des créateurs animé par un interprète Eric Chanteur.
Une invention originale

Le Marais n’a jamais connu ce type de marché. Dans le cadre des spectacles « Marais en Fête », les inventeurs de la formule se sont inspirés de l’époque pas si lointaine où le boulanger, le facteur et le boucher faisaient leur tournée en barque pour ravitailler les fermes cernées par les eaux toute ou partie de l’année. Leurs clients restaient sur la terre ferme ou à la proue de leur propre bateau, à domicile. Depuis 1998, les organisateurs veulent « exprimer la solidarité et le sens du service qui fédèrent la communauté des Maraîchins ».



Réveiller le port de ce village typique du Marais poitevin, ne serait-ce qu’une demi-journée, était l’objectif du Marché sur l’eau. Plus qu’une simple animation touristique, le marché du Vanneau est devenu un rendez-vous annuel incontournable dans la vie locale. En effet, parmi les centaines de personnes qui font le déplacement, la majorité ferait leurs courses habituelles en profitant de l’ambiance festive assurée, entre autres, par le groupe folklorique « les Noceux dau marais » et de scénettes nautiques rappelant les activités d’antan. Les autres visiteurs seraient des estivants, venus en curieux, agréablement surpris par la beauté du site, par l’accueil chaleureux et la diversité des produits proposés à des prix jugés « bon marché », dans l’ensemble.




Pour la première fois en 26 éditions, le reste de la journée était réservé aux jeux en bois, à un marché de créateurs, à la découverte des marais environnants et à la détente, en attendant le dîner suivi d’un feu d’artifice et d’une soirée dansante. Photos Gilles PETIT
Gilles PETIT
MAGNE 79 : une œuvre magistrale de Jean-Marie ZACCHI accrochée à la mairie
Lors du 37ème Festival International de peinture de Magné-Coulon (du 18 au 20 juillet 2025), les participants et le public ont découvert une fresque urbaine accrochée sur le pignon de la mairie de Magné (Deux-Sèvres). L’artiste Jean-Marie Zacchi, auteur de cette magistrale œuvre et président du jury, évoque la genèse de ce projet inédit.

M. Zacchi se souvient qu’un jour, « Gérard Doray [président de Magné Animation, l’association qui organise le Festival. NDLR] m’a dit : on voudrait que désormais chaque invité d’honneur puisse faire un grand panneau qui serait posé sur un pignon de bâtiments dans Magné. Je suis parti sur cette idée. Je voulais faire le Marais Poitevin avec les arbres têtard, les perspectives et il m’a dit : non, tu vas faire tes bouquets. Donc, comme c’est effectivement une œuvre assez grande qu’il fallait voir de loin, de très loin, je me suis inspiré d’un bouquet que j’avais fait. J’ai travaillé ce bouquet avec des couleurs rouge, rose, assez puissantes et avec un fond bleu pour qu’il se voit de très loin. On m’a demandé de travailler sur une surface de quatre mètres sur trois mètres. » L’artiste a imaginé un tableau sous forme d’un triptyque composé de trois panneaux en contreplaqué-marine de quinze millimètres d’épaisseur, d’un mètre trente de base sur trois mètres de long. « Un support qui peut résister au vent », dit-on.

La ville de résidence de M. Zacchi lui avait déjà commandé une telle œuvre. « Elle tient le coup depuis 25 ans, » assure-t-il. Il espère qu’à Magné « ce bouquet tiendra le coup aussi ».

Car il s’agit d’une œuvre de conception similaire exposée à tous vents.« Je ne sais pas si elle va rester accrochée à Magné en permanence comme dans ma ville. Si elle peut rester tant mieux. J’ai passé un gesso avant de peindre, puis, au final, j’ai passé un verni dessus. Normalement, ça devrait tenir. » Photo Gilles PETIT
Né en 1944, Jean-Marie Zacchi, président du jury du 37ème Festival international 2025 de peinture de Magné, est un artiste français de renom, reconnu pour son style singulier mêlant abstraction et figuration. Son approche picturale, empreinte de poésie et d’émotion, offre un regard vibrant sur le monde qui l’entoure.

« Je suis arrivé au 4ème festival, donc presque aux débuts du festival de Magné, » se souvient M. Zacchi, « et après je n’ai pas arrêté. Donc, tous les ans, j’étais présent parce que j’y retrouve une famille. Au bout d’un certain nombre d’années, on devient des amis, en fait. C’est ça qui est intéressant à Magné, tous les artistes s’y retrouvent. C’est une fête, avant tout. C’est la fête de l’art, c’est la fête des amis qui viennent. Aux autorités qui me disent : ah ! 300 peintres ! Je leur réponds que ce n’est pas le nombre de peintres qui compte, c’est qu’ils venaient de plus de quarante départements. Alors, sans être péjoratif, c’est un peu les gens du coin qui participent, mais là, ils viennent d’Alsace, de partout, … Ça montre la santé d’un festival. L’avenir est toujours incertain pour tout le monde, le Festival continuera, c’est tout ce que je lui souhaite. Les artistes peut-être moins nombreux effectivement car en 37 ans certains ne sont plus là. C’est la vie. En espérant que les jeunes viennent, que la nouvelle génération adhère à ce festival. Que ce 37ème voie le 38ème, le 39ème et un beau quarantième anniversaire. Il n’y a pas beaucoup de festivals qui arrivent à cet âge-là. C’est tout ce que je souhaite pour la mémoire de Claude Audis et de toute l’équipe qui était avec lui au début, et qui ont travaillé superbement pour donner un retentissement international au festival de Magné. »
Le président du jury 2025 ne voit pas de concurrence au festival de Magné. Bien sûr, il existe d’autres manifestations artistiques de cette envergure. Cependant, chaque festival a ses propres caractéristiques. « Le bon côté ici à Magné, » ajoute M. Zacchi, « c’est que tous les artistes déjeunent ensemble, dînent ensemble, font la fête le soir ensemble, alors que dans d’autres festivals, ils vont manger au restaurant. Ça casse un peu l’ambiance. Donc, chaque année, les artistes se retrouvent du samedi matin au dimanche soir dans une grande fête. Magné est un paradis pour les peintres. »

La nouvelle équipe dirigeante de Magné Animation a décidé de confier la présidence d’un jury, constitué de professionnels de l’art, à l’invité d’honneur de chaque édition. En 2025, l’invité d’honneur était M. Jean-Marie Zacchi qui a exposé un large panel de ses œuvres dans l’espace culturel du Four Pontet situé au cœur du Festival à Magné. « Je trouve très sain que chaque invité d’honneur prenne la présidence du jury, » estime M. Zacchi, « c’est la bonne santé d’un jury qui est garantie. Ceci par rapport aux artistes participants qui pourraient dire : c’est toujours les mêmes qui nous jugent ! »
Le prochain invité d’honneur sera l’artiste Christoff Debusschère, 63 ans, peintre officiel de la Marine et de l’armée de Terre, entre autres.

Gilles PETIT
Niort 79 : Richard Gautier, l’artiste-peintre qui a trompé le patron du groupe Trompe-l’œil-réalité
Un papa sculpteur-céramiste, une maman décoratrice, maître du trompe-l’œil qui estime que « l’art contemporain est une arnaque intellectuelle », sociétaire des salons parisiens des Indépendants, Comparaisons, Artistes Français et quelques autres, l’artiste peintre Richard Gautier devient dès 1966 (date de sa première vente) le benjamin des Réalistes. Depuis 1969, il transmet sa technique à une vingtaine d’élèves dans sa galerie de Niort (Deux-Sèvres).
Le papa de Richard Gautier était un disciple de Bernard Palissy. C’est dans son atelier que le jeune Richard a passé toute son enfance. « C’était un philosophe et un écrivain », songe l’artiste, « Il a même écrit « le limon de la terre », sa vie puisqu’il était céramiste, et « Du moderne au permanent » qui est un livre philosophique. Et moi, j’ai pris tout ça, toute la partie un peu artistique de mon père et de ma mère. »

Né le 22 août 1948 à Niort (Deux-Sèvres), cadet d’une famille de trois enfants, Richard Gautier (photo ci-contre) découvre le dessin et le modelage, des matières travaillés dans l’atelier de son père. L’âge venu, il entre à l’école des Beaux-Arts de Poitiers (C.A.F.A.S.), puis s’inscrit à l’Académie Anquetin dont le siège était à Neuilly (Hauts-de-Seine), et étudie avec Mme Versini. Grâce à ces deux formations, un équilibre stable et salutaire s’établira sur le plan de la maturité artistique.
Photo Gilles Petit
Son parcours
L’artiste retrace son parcours : « J’ai longtemps vécu au n°16 de la rue Saint-Jean à Niort. Ma sœur a maintenant pris le magasin. J’ai fait les cinq ans des Beaux Arts à Poitiers, mais en trois années. J’ai fait ce qu’on m’a dit de faire. Quand j’ai compris ce qu’on voulait de moi, j’y suis allé à cent pour cent. Mais je n’étais pas dupe car l’art contemporain, c’était une arnaque intellectuelle. Parallèlement, j’ai travaillé à l’Académie Anquetin qui était diamétralement opposé à l’esprit de ce que l’on me demandait. Ainsi, « Le coup de balai » est un tableau que j’ai fait quand je suis rentré dans le groupe « Trompe-l’œil-réalité ». La première année où j’ai exposé, le maître Henri Cadiou, mon parrain professionnel chef de file de ce groupe à Paris, m’a dit : il faut que tu fasses un tableau qui donne un coup de poing dans la gueule du bourgeois, un grand truc.
Donc je fais « Le coup de balai ». Quand j’ai eu terminé, un ami photographe a fait la photo en couleur de mon tableau. Henri a cru qu’il s’agissait du tableau à faire, que c’était les objets réels. Je lui re-réponds : non Henri c’est le tableau fini ! Et là, il m’écrit : le benjamin du groupe a trompé le patron du groupe Trompe-l’œil-réalité. Évidemment, ça a été le début de ma carrière. J’ai fait des ventes au Salon du Grand Palais à Paris. J’étais sociétaire. Ensuite, j’avais des rapports très tendus avec les professeurs. L’un d’eux a prévenu ses élèves lors du premier cours de peinture : surtout ne faites pas ce que fait Gautier ! Il est esclave du modèle ! Au deuxième cours, j’étais pas esclave du modèle. Ah non ! Photo : »Le Coup de balai » de Richard Gautier

Ce prof était content après. Son enseignement se résumait à « j’aime ou j’aime pas ! » Alors fallait savoir ce qu’il aimait. C’est limité comme enseignement. Plus tard, la professeur de déco dit au premier cours : Suivez votre crayon ! Je me lève, je croise les bras et je dis : on va bien voir où il va ! Ça n’a pas plu du tout. Donc, je leur mets le trompe l’œil du Coup de balai. Un tableau, une technique qu’ils ne m’avaient pas apprise. Ils étaient contents, mais pour moi c’était une petite revanche.
« Il y avait de bons profs, celui d’histoire de l’art, par exemple. Ces mêmes profs avec qui j’avais eu tous ces rapports, me demandent d’exposer avec eux. Après m’avoir donné le CAFAS (aux Beaux-Arts de Poitiers), en 1968, n’ayant plus rien à faire à Poitiers, je suis rentré à Niort, avant de faire mon service militaire pendant un an dans la Moselle. »

Un artiste qui enseigne son art
L’artiste a d’abord installé une toute petite galerie d’exposition dans son garage situé dans le centre-ville historique de Niort. Dans la maison attenante, il lance son premier cours, « à l’époque, je faisais même du modelage, comme j’étais influencé par mon père, modelage et dessin, les deux en même temps parce que c’est lié avec le côté tactile, la sensibilité. Depuis 55 ans, je continue. » Ainsi, chaque fin de saison artistique, en juin, l’atelier Richard Gautier expose les œuvres de ses élèves. Un vernissage qui débute traditionnellement par un « discours tabouret ». En fait, le professeur est juché sur un tabouret pas vraiment stable. En extérieur, jonglant avec les bruits de la ville, Richard Gautier s’est ainsi confié : « Quand un « vieux » professeur parle, l’élève écoute. A chaque époque, un filtre s’interpose entre la parole du professeur et l’oreille de l’élève. Celui des nouveaux codes, celui du mode de pensée du moment, celui des aprioris du conformisme, surtout aujourd’hui dans notre monde bouleversé où la contemporanéité est devenue une étiquette en vogue synonyme de passage de passeport et de respectabilité. C’est l’art contemporain. Mais nous n’avons pas tous la même contemporanéité, domaine où il y en a qui sont plus égaux que d’autres, comme disait Coluche. De même, certains sont plus contemporains que d’autres. Sachant que la roue de l’histoire tourne et que certains contemporains d’aujourd’hui seront les dépassés, les has been de demain, car le propre de la mode est de se démoder. Il faut croire en l’humanisme. Depuis que je pratique mon art, notamment lors des expositions internationales auxquelles j’ai pu participer, j’ai pris conscience de faire partie de ces mainteneurs en préparant un avenir délesté de ses scories contemporaines. Seuls les vrais artistes savent qu’ils travaillent pour demain. Les bases du dessin comme celles de l’écriture permettent de s’exprimer. C’est pourquoi, apprendre à voir nécessite beaucoup de recul et surtout beaucoup d’humilité vis à vis de la réalité. Ce n’est pas pour rien si notre belle et riche langue française différencie la vérité de la réalité.


Chacun des tableaux ( ci-dessus, trois réalisations d’élèves sur le thème imposé) que vous allez découvrir reflète la vérité que l’élève a tiré de la réalité avec ses moyens. 2025, donc cette année, ce sont des fleurs qui ont servi de sujet pour exercer les talents de mes élèves. Ce sont ces bleuets, ces coquelicots et ces marguerites que la chimie du consumérisme avait tenté d’exterminer en même temps que tous les insectes qui, autrefois, décoraient nos parebrises. Mes élèves savent pourquoi l’essence même de la technique flamande désoriente les esprits neufs quand ils m’entendent leur rappeler que la lumière est opaque et l’ombre est transparente. L’exercice est ô combien délicat pour son discernement, consacré à chacun de mes élèves. Et, parfois, contrairement aux apparences, il est fait de bienveillance. C’est l’intelligence qui pétille dans les yeux de mes élèves, il n’y a rien d’artificiel. Fallait vous le dire avec des fleurs. « Il faut savoir fleurir là où on a été semé », disait Bossuet. Cultivons donc notre jardin. Le prochain sujet 2025/2026 se déclinera autour de petites voitures. Tant que je pourrai donner des cours et que j’aurai un bout de bois avec du poil au bout, je serai un homme heureux. »
L’artiste peintre niortais Richard Gautier a un curriculum vitae plus long que son bras. La liste de ses œuvres et des nombreux prix remportés lors de diverses expositions est disponible sur son site internet https://richard-gautier.fr.
Assidu au Festival de peinture de Magné
Par ailleurs, il a été invité d’honneur et président du jury au Festival International de peinture de Magné (Deux-Sèvres) en juillet 2021, 2022, 2023 et 2024. Lors de la 37° édition de cette manifestation, qui se déroulera dans le Marais Poitevin du 18 au 20 juillet 2025, Richard Gautier sera membre du jury professionnel sous la présidence de M. Jean-Marie Zacchi, en compagnie des artistes Daniel Doutre, Bernard Masson, Marie-Hélène D’Autreppe et Jean-Paul Meinvielle.
Richard Gautier a publié trois ouvrages disponibles : en 1988, un album reproduisant 50 de ses œuvres ; en 2017, le livre « Richard Gautier, 50 ans de peinture » incluant (446 reproductions couleurs) ; en 2024, le livre « Le Pinceau Philosophe » proposant 68 reproductions agrémentées de textes explicatifs.

Gilles PETIT

Ecole et galerie Richard Gautier : n°71 rue Saint-Jean 79000 Niort ;
En saison estivale : galerie Richard Gautier à Saint-Georges-de-Didonne 17110 n°7 rue Henri-Collignon
MARAIS POITEVIN : « Aventures de vie en Sèvre Niortaise », un ouvrage d’anthologie coécrit par Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau
D’aucuns diront : « encore un livre sur le Marais Poitevin », avec la connotation touristique que l’on devine. Ils auraient tous faux. « Aventures de vie en Sèvre Niortaise » est, en effet, un livre sur le Marais Poitevin. Un Marais Poitevin vu de l’intérieur dans le cœur d’une poignée de ceux et de celles qui y sont né.es et/ou lui ont voué leur vie. Les auteurs Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau, deux maraîchins, ont choisi de dresser le portrait de cinquante hommes et femmes dont le vécu est propre à la vallée de la Sèvre Niortaise, le principal fleuve qui arrose la deuxième zone humide de France, entre Niort (Deux-Sèvres) et Marans (Charente-Maritime), en passant par le département de la Vendée.

Dans l’ouvrage « Aventures de vie en Sèvre Niortaise », il n’est point question de Venise Verte, de balades commerciales en barque, de concours des plus beaux clichés, de randonnées pédestres, à vélo ou en canoë, ni de visites de musées, de repas gastronomiques, etc. Selon les auteurs, « la quintessence du livre s’illustre autour de personnages fondamentaux de la vie économique et sociale du Marais. Ce recueil révèle des témoignages, parfois émaillés de patois, de ceux qui ont bien voulu raconter leur vie de tous les jours et leurs passions. »
Curieusement, l’ouvrage ne situe pas géographiquement le Marais Poitevin à l’échelle nationale. Mais, au fil des 350 pages, le lecteur découvre ce site, les lieux de vie des personnages choisis, et bâtit ses propres images.

Jean-Claude Coursaud
Jean-Claude Coursaud est un paysan avant tout, un agriculteur de Coulon (79), aujourd’hui retraité. « Mais, dit-il, j’ai toujours été fasciné par un phénomène : l’écriture. On parle de mon âge, un âge relativement avancé, même très avancé, j’ai donc 86 ans, bientôt 87. Bon pied, bon œil malgré tout ! »
« Aventures de vie en Sèvre Niortaise est peut-être mon dernier livre », ironise-t-il. De Niort à Marans, c’est à dire à l’estuaire de la Sèvre Niortaise, il y a tout un panel de gens qui l’intéressent. Un panel très hétérogène parce que tout est très diversifié. « Le Marais mouillé est un monde qui s’effrite. Aujourd’hui, il y a peu d’agriculteurs parce que le Marais a une lacune importante, il n’est plus rentable. Le Marais ne nourrit plus son homme. Le Marais est insularisé dans un monde économique en mutation. » Les cinquante personnages sélectionnés ne sont pas tous natifs du Marais Poitevin, mais une grande partie est originaire de cette vallée de la Sèvre Niortaise. « Il s’agit de gens qui ont un accès à la Sèvre Niortaise des deux côtés à la fois en Deux-Sèvres, Vendée et Charente-Maritime. »
« L’idée de faire ce livre m’est venue il y a deux ou trois ans, » explique M. Coursaud, « en signalant des personnalités locales qui ont eu une influence sur leur village, mais aussi les anodins. Je ne dirais pas les gens d’en bas car c’est d’un péjoratif abominable. Mais vraiment, toute une constellation de gens en fonction de leur intérêt économique. Ces gens-là sont représentés dans un livre de 350 pages qui propose 50 histoires toutes différentes. Des histoires de gens d’ici, des histoires tout à fait locales. Ce livre se situe parallèlement dans une période de mutations successives. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le destin économique du Marais subit un changement radical de ce monde en vivrier. Effectivement, vivrier est un mot qui pour moi, est très important parce que le Marais mouillé n’a jamais connu d’industrialisation et souvent, c’était des petits coins, des petites mottes où l’on faisait des mojettes, où l’on subsistait chaque jour. Dans sa partie septentrionale, le Marais mouillé est peu valorisé par une agriculture aux capacités limitées, des voies d’exploitation uniquement fluviales mettant un frein à son expansion. Et ça, dans un secteur compris entre Coulon, La Garette et La Sotterie, une zone de 2 800 hectares qui est vouée pratiquement à l’abandon avec un élevage d’une extensivité dramatique. Au contraire, le Marais desséché, endigué en XVII° siècle par les travaux des dessiccateurs hollandais, va prendre un essor considérable. Dès que vous avez franchi Maillezais, toute cette région de Vix à la mer a une agriculture particulièrement dynamique. »
Un regard sur le Marais Poitevin
« Cet ouvrage est un regard sur le Marais », assurent les auteurs. L’intimité révélée de ces hommes et de ces femmes, souvent par leur anonymat, fait qu’ils appartiennent à un monde à part déterminé par une région qui ne ressemble elle aussi à aucune autre. On retrouve le peuplier, le dernier bucheron du Marais John Perrault qui fait un travail diabolique dans cette zone que certains ont appelé le Triangle des Bermudes, en passant par la pépinière de Bernard Bordet au Mazeau (85), et sa finalité dans l’industrialisation du produit par l’entreprise Thébault de Magné (79). Le secteur touristique incarné par le constructeur de bateaux André Gelot à Damvix (85) ; l’ancienne cathédrale de Maillezais (85) valorisée grâce à la perspicacité de son ancienne propriétaire Mme Trichereau. Autres anonymes représentatifs du Marais tel René Martin, passionné de pêche à La Garette (79), Odile Gélineau, ancienne ouvrière de scierie à Maillé (85), Fabrice Ravard de la maison aux volets bleus à Sansais-La Garette (79), Eric Piffeteau qui crée des paniers et des bourgnons pour l’essentiel ; Jean-Louis Gibaud, cet anonyme a énormément travaillé sur le bourg de Coulon (79) ; Michel Beaufils, un artiste de Coulon (79) ; Christian Rault, luthier au Vanneau (79) ; le dessinateur à la plume Camille Gougnard d’Arçais (79) ; etc.

Isabelle Savariau
Isabelle Savariau qui réside à La Grande Bernegoue de Maillé (85), ne vient pas d’un milieu agricole, son père était bourrelier. Au fil de sa carrière, dans les mairies vendéennes à Liez, Maillezais et Champagné-les-Marais, elle dit « avoir tout appris des gens d’ici », qu’elle a découvert le Marais « grâce à ces habitants-là », tout en ayant un souvenir de sa petite enfance passée dans le Marais. Elle ajoute : « Par mon métier de secrétaire de mairie, j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de gens dans nos communes. Des gens sont disparus depuis longtemps et j’ai toujours regretté de ne pas avoir recueilli leur témoignage. C’est malheureux. Alors j’ai demandé à Jean-Claude d’aller voir des figures, ceux que l’on appelle des figures dans le Marais. Il y en a toujours et on en oublie forcément. Des gens qui souhaitent transmettre ce qu’ils savent, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils connaissent. Je pourrais donner l’exemple de M. Paul Bouchet qui est le doyen de notre recueil, il a 98 ans. Souvent, il me disait : mais moi j’ai plein de choses pour mes enfants et je me dis : qu’est ce que ça deviendra quand je ne serai plus là ? Paul, ça va être écrit, voilà ! Voilà l’esprit de notre écriture et tous les gens quel que soit leur âge, se sont tous prêtés au jeu. On est allé les rencontrer une fois, puis une deuxième fois et c’est comme ça qu’on a construit nos histoires. Ce ne sont pas vraiment des histoires, c’est du vécu, c’est des impressions, des passions. Tout ça est transmis et je me dis que c’est ça l’âme du Marais. »
Un ouvrage écrit à deux mains
Dans l’édition, Mme Savariau n’a travaillé qu’avec Jean-Claude Coursaud. « C’est vrai qu’on se connait depuis quinze ans, grâce à l’histoire des deux vendéens qui sont partis au Canada à la fin du XIX° siècle. Et cette histoire aussi m’intéressait, me passionnait parce que l’un des héros est mon arrière grand-oncle Théodore Gelot et cette histoire d’immigration au Canada, j’en ai toujours entendu parler par ma grand-mère. » Plus tard, la Maraîchine a réalisé un autre livre avec Jean-Claude Coursaud « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise ». C’est un recueil d’histoires locales dans les villages du Marais Poitevin truffé d’anecdotes, de scènes de vie rurale d’autrefois qu’on a oubliée. « Je suis passionné par l’écriture, j’aime bien la langue française. J’ai fait du latin autrefois, pour la syntaxe c’est intéressant. On a écrit à deux mains. On se complète dans l’écriture. Le choix des cinquante personnes s’est fait par connaissance. On a voulu mettre en valeur des gens qui vivent dans le Marais Poitevin et du Marais qui les fait vivre. C’est très éclectique, nous avons des anciens, comme des plus jeunes. Le Marais, ce n’est pas que des bateaux avec des promeneurs, c’est aussi des gens qui y habitent, qui aiment leur région et qui ont quelque chose à nous transmettre. »
Auto-édité, « Aventures de vie en Sèvre Niortaise » est vendu 28 € TTC, notamment à Coulon (Maison de la presse, écomusée de la Maison du Marais Poitevin) et à Fontenay-le-Comte (Espace culturel du centre commercial Leclerc, librairie Florilège) ; …
Disponible aussi chez les auteurs M. Jean-Claude Coursaud à Coulon tél. : 05 49 35 92 55, et Mme Isabelle Savariau à Maillé tél. : 02 51 87 00 28
Gilles PETIT
A lire : Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine » ; le recueil de Jean-Claude Coursaud « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise »
Dans le Marais Poitevin 79, une caméra piège des ratons laveurs
Des ratons laveurs ont été filmés, en juillet 2024, dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres. A notre connaissance, cet animal n’a jamais été observé dans cette seconde zone humide de France.
« Depuis plusieurs années, j’ai plaisir à capturer des vidéos animalières dans le marais, » explique l’inventeur de cette découverte. « A cette fin, j’ai placé des caméras sur mes parcelles dans la Venise Verte, uniquement accessibles en bateau. Au-delà de mes observations habituelles (chevreuils, genettes, martres, sangliers, …), en juillet dernier, j’ai eu la surprise de voir une famille de ratons laveurs a priori non observés dans le marais. »

Cette « observation récente et inattendue dans nos contrées » ravive, chez le Maraîchin vidéaste, le souvenir du fameux cabaret « Le Raton laveur » installé à Coulon. « Quand je pense, il y a trente ans quand on avait le raton laveur, les gens demandaient « Pourquoi le raton laveur, y’en a pas dans le marais ? » Les gens gobaient, ils croyaient qu’il y avait vraiment des ratons laveurs. On se moquait d’eux, c’est pas bien. 30 ou 40 ans plus tard, c’est devenu réalité. Il n’y a pas de rapport. »
« Il y a énormément de martres, de genettes, de chevreuils, de sangliers, … . Quand je pense que j’arrive tôt le matin, je ne vois jamais personne, sachant qu’ils sont tous là. La configuration des lieux attire les animaux, je trouve ça fabuleux », poursuit l’homme qui n’a rien vu, mais tout filmé avec des caméras pièges judicieusement placées aux lieux stratégiques dans une forêt impénétrable légèrement aménagée pour y circuler. « Un animal qui peut se cacher, se déplacer, trouver de la nourriture, il reste, » a constaté le Maraîchin. « Cette zone est déclarée zone de non chasse. En fait, ces parcelles sont transformées légalement en refuges. Je soupçonne les animaux de savoir lire les panneaux « Chasse interdite, Zone de refuge », à moins que le bouche à oreille fonctionne parfaitement entre animaux », plaisante-il.

Il poursuit : » Les américains, notamment les canadiens étaient venus avec leur mascotte en 1944. Il y avait des bases de l’OTAN dans l’est de la France, leur mascotte était un raton laveur. Donc, il y en aurait dans l’est de la France. Il a dû s’en échapper. Il y en aurait aussi en Gironde, peut-être qu’ils sont remontés de Gironde. Surtout une famille, ça aurait été un ou deux individus … Ça laisse à penser qu’ils se sont installés là. Toutes les hypothèses sont envisageables quant à sa présence dans ce marais. Ces animaux nagent fort bien. Apparemment, il n’y a pas d’envahissement. Je les ai vus deux fois en quinze jours, je vais surement les revoir. »

Le raton laveur est un mammifère intelligent qui serait facile à apprivoiser étant jeune. D’autant que les petits se domestiquent très facilement, dit-on. A l’âge adulte, il devient agressif. « Cette bestiole est porteuse de nombreuses maladies comme la rage, la gale, la leptospirose, la maladie de Carré. C’est une espèce classée nuisible », déclare le vidéaste. » Comme la genette que j’ai observée l’an dernier, puis cette année avec son petit, le raton laveur semble sédentaire. L’écrevisse de Louisiane, en grand nombre dans le Marais Poitevin, est son mets préféré. »
« On a toujours cru que le raton laveur lavait ses aliments. Pas du tout : il y a confusion car il a sans arrêt les pattes avant dans l’eau. Et en fait, c’est sa façon de pêcher les écrevisses, il tape dans l’eau, ce qui fait remonter les écrevisses. Il ne lave rien du tout. C’est rentré comme ça dans l’imaginaire populaire. »
Un des ratons laveurs observé dans le Marais Poitevin Photo DR

Selon la journaliste Corinne Goëffon (Ouest France) : « Jugé comme une menace pour la biodiversité, le raton laveur a rejoint la liste des espèces invasives dans de nombreux pays où il peut donc être chassé, voire éradiqué, afin que la faune locale puisse être protégée. En France, depuis 2016, il fait partie des animaux nuisibles. »
Gilles PETIT






