Deux-Sèvres

FRONTENAY ROHAN-ROHAN (79) : Brigitte Compétissa, une femme et mère de famille avant tout !

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Maire de la commune de Frontenay Rohan-Rohan, Mme Brigitte Compétissa venait d’être élue Conseiller départemental de son canton deux-sévrien. Elle faisait équipe avec M. Rabah Laïchour, maire de la commune voisine Sansais-La Garette, conseiller départemental du canton.  Elle est décédée le 29 juillet 2015 et inhumée à Colombiers (17) dans l’intimité familiale. Les instances locales et départementales ont organisé une cérémonie-hommage dans sa ville, le 21 août dernier. Les intervenants ont salué la mémoire d’une “ femme de combat ”, d’une “ élue engagée ”, d’un “ être sensible et dévoué ”. Mais, un point a plané sur l’assemblée sans être vraiment dévoilé. M. Rabah Laïchour : « Cette fois, je voudrais rendre un hommage à Brigitte Compétissa en tant que femme et mère de famille. Je lui dédie cette chanson d’Idir : Sendou. »

Lors d’une soirée à Puteaux, dans la région parisienne, le chanteur Idir a introduit « Sendou », « Baratte » en français. Un samedi  soir :

Quand j’ai fait cette chanson, j’ai automatiquement pensé à ma maman, donc inévitablement à la vôtre aussi…

Je me souviens, je devais avoir 7- 8 ans, pas plus
Nous étions en Kabylie, elle était là, à côté de moi, en train de battre du lait, qu’elle a mis dans une calebasse, – vous savez une espèce de baratte – elle le battait en faisant ce geste là (mouvements des mains tenant de chaque côté les cordelettes de la calebasse que le fait osciller), peut-être qu’un certain nombre d’entre vous ont déjà vu faire…

Et quand, elle faisait son acte, son travail, elle le rythmait aussi des mots, d’idées, de chants, de soupirs.

Ça lui arrivait de pleurer des fois même, d’esquisser un sourire à des moments aussi.

Mais vous savez sur le coup j’étais jeune, beaucoup trop petit pour comprendre. Ayant, bien sûr grandi, et surtout ayant emmagasiné toutes ces choses dans ma tête, dans ma mémoire, je me suis rendu compte alors qu’elle ne faisait que se confier à son instrument, parce qu’elle n’avait pas d’interlocuteur valable.

Et c’est là, où j’ai compris une chose, cette image de femme qui était là, subissant la loi du milieu, du mâle… et qui se confiait donc à une chose inerte…

C’est là où j’ai compris une chose assez importante dans ma vie, c’est que ce n’est déjà pas évident d’être une femme en général dans n’importe quelle société, qu’elle soit moderne, avancée, aboutie ou non, je crois que ça l’est encore moins dans des sociétés à fortes traditions telles que la mienne, et j’en voulais pour preuve cette dame qui se trouvait être ma mère…

J’ai compris une deuxième chose, c’est que… j’ai sorti inconsciemment cette chanson du fond de mon enfance, à travers des visions que j’ai eues, que j’ai vécues, des sensations que j’ai éprouvées,… J’ai tout de suite compris aussi qu’elle n’était plus à moi tout seul mais qu’elle nous appartenait tous,…parce que d’abord, on a tous une maman, et que, pour peu qu’on appartienne à une de ces sociétés un peu à fortes traditions, on a une image de la mère assez spécifique, assez spéciale… Et à ce titre, j’ai l’habitude donc de la partager avec vous, en vous demandant une chose, bien simple, ce que je fais depuis pas mal de temps : « essayez, ce soir, ce samedi soir à Puteaux, d’avoir dans votre tête, une image claire, précise, lumineuse, de celle qui vous a donné la vie,… ou tout simplement de celle que vous aimez,… qu’elles soient ou non de ce monde, je pense qu’elles seront à jamais gravées dans nos cœurs,…

Vous pourriez me dire pourquoi, bien sûr ?

Parce que l’un de vous pourrait me dire : ma maman est avec moi, on vît ensemble, il n’y a pas tellement de soucis !

Quelqu’un d’autre me dira : j’ai de ses nouvelles au téléphone, on se tient en contact,…

Mais vous savez, ce n’est pas du tout pour cela !….

Je vous le demande parce que je suis convaincu que vis-à-vis d’une femme en général et d’une maman en particulier, je crois que nous avons tous quelque chose à nous faire pardonner, ou à tout le moins à nous reprocher,…

Ne dîtes pas non tout de suite,… Rentrez en vous-mêmes, questionnez-vous,… et vous verrez bien !

Lequel ou laquelle d’entre vous, n’aura pas vu des larmes perler sur leurs joues, et surtout des larmes pour lesquelles nous avons une responsabilité plus ou moins directe,…sans compter tous ces pleurs, toutes ces larmes qu’elles auront versé à notre insu, parce qu’elles n’auront pas voulu nous les montrer, soit par pudeur, soit par crainte de nous heurter, soit pour se dire : ma foi, bon,…ces enfants, c’est moi qui les ai fait,..Si quelqu’un doit se sacrifier autant que ça soit moi !.

Franchement, lequel ou laquelle d’entre nous, tous, aura été pêché dans le tréfonds de leurs cœurs le moindre de leurs frissons,…la moindre de leur fragilité,…et surtout cessez de voir en elles des « mamans-couveuses », ou des « mamans-allaiteuses », qui ne sont là que pour la reproduction, alors qu’elles peuvent aussi avoir de la place pour un cœur contrarié, des amours contrariés, un désir frustré, etc.

Et à côté de cette femme, qui est la nôtre, j’aimerai avec votre permission que l’on associe l’image de ces millions et de ces millions de femmes qui sont resté là-bas, de l’autre côté de la Méditerranée, et qui n’ont pas la chance de vivre des moments comme ceux de ce soir,…

Et là aussi, vous pourriez me dire : Pourquoi ?

Parce que, comme nous tous, il nous arrive de rêver… puis surtout de courir naïvement après nos rêves… J’imagine que si ce soir on se mettait à penser à elles, il sera inscrit quelque part, en haut, dans le ciel de Dieu, qu’un soir de novembre, somme toute banal, dans une petite ville qui s’appelle Puteaux dans la région parisienne, quelques centaines de personnes étaient, là, ce soir,… mais cette soirée banale devient exceptionnelle dans la mesure où ces… quelques centaines de personnes… il n’y avait ni Marocains, ni Algériens, ni Français, ni Tunisiens, ni autre… il y avait simplement quelques centaines de cœurs qui étaient, là, les uns à côté des autres, prêts à sortir d’eux-mêmes ce qu’ils ont de meilleur, en émotions, en amours, en tendresses, et que dans un élan commun, en pensant à elles, bien sûr, j’imagine une boulée émotionnelle monter vers le ciel, traverser la mer, et puis aller s’éparpiller en millions et en millions de petits morceaux, chaque petit morceau étant un tout petit peu de baume dans leurs cœurs meurtris,…et c’est à ce moment-là, où cette fois-ci je suis sûr que ce n’est plus un rêve, on se dira dans un coin de ciel que ce soit là,…dans cette petite ville de Puteaux, ces quelques centaines de gens ont fait quelque chose de magnifique.

Voici la chanson « S’sendu » en kabyle, « Baratte » en français, interprétée par le chanteur Idir :

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MAGNE (79) : « L’histoire simple » de Claire Barjolle au 27ème Festival de peinture

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vlcsnap-2015-07-22-18h57m41s227Dimanche 19 juillet 2015, avec l’aide du président du jury Jean-Marie Zacchi, Gérard Laborderie (à gauche), maire de Magné, a décerné le Grand Prix du Festival de peinture de Magné 2015 à l’œuvre de la jeune artiste Claire Barjolle, de Vertou (44), en présence de Claude Audis, président de Magné Animation.

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Toute la journée de samedi, Claire était installée dans son antre pour réaliser son tableau
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Les pieds du chevalet posés dans l’eau Claire de la Sèvre Niortaise.         Images Capt’Action79

 

Le palmarès du 27e Festival de Magné proposait des nouveautés : deux prix « pastel », deux prix du public, et six prix pour les jeunes.

magne-01Premier prix Jeunes Crédit Mutuel (moins de 10 ans). Raphael Toutain (Essonne).
Premier prix Jeunes Desvignes Pralines (moins de 15 ans). Romane Spampinato (Gironde).
Deuxième prix Jeunes (moins de 10 ans). Julie Audis (Magné).
Troisième prix Jeunes (moins de 10 ans). Clémence Guillon (Magné).
Deuxième prix Jeunes (moins de 15 ans). Marie Popa (Nord).
Troisième prix Jeunes (moins de 15 ans). Lorelei Le Moal (Niort).
Prix Piejac Maingret. Alain Benoist (Mougon).
Prix Graphic. Laurent Lamare (Charente-Maritime).
Prix CB Elec. Stéphanie Quinot-Levet (Morbihan).
Prix Best Western. Joël Achard (Charente-Maritime).
Prix Thébault. Sylvain Horréard (Côtes-d’Armor).
Prix Embarcadère Cardinaud. Dominique Meignen (Landes).
Prix restaurant La Belle Étoile. Christiane Kiener (Mayenne).
Prix Poujoulat. Jean-François Moreau (Benet).
Prix Point P. Christian Mazeas (Finistère).
Prix Audis coup de cœur. Richard Gosselin (Rouen).
Prix Groupama, troisième prix aquarelle. Christian Duthuille (Morbihan).
Prix Super U Magné, troisième prix huile. Jean-Pierre Bidinot (Seine-et-Marne).
Prix préfecture des Deux-Sèvres. Micheline Oger (Angers).
Prix conseil régional Poitou-Charentes. Annick Vallenet (Vienne).

Prix Magné Animation, deuxième prix dessin. Tony Jandard (Saint-Rémy).
Prix Crédit Agricole, deuxième prix pastel. Frédérique Guignard (Usseau).
Prix Newloc, deuxième prix aquarelle. Jean-Guy Dagneau (Gironde).
Prix Isover, deuxième prix huile. Régis Bouffay (Seine-Maritime).
Prix Ligue contre le cancer, deuxième prix du public. Émilie Marionneau (Magné).
Prix Univers des Arts, premier prix dessin. Didier Crochat (Pau).
Prix Prolifer, premier prix pastel. Hervé Louis (Niort).
Prix conseil départemental, premier prix aquarelle. Christophe Dubrulle (Eure).
Prix Placoplâtre, premier prix huile. Ludovic Le Moal (Niort).
Premier prix du public. Nathalie Pouillault (Vendée).
GrandPrix du Festival, commune de Magné. Claire Barjolle (Loire-Atlantique).

Twelve years already : On 8th May 2003, « the baby of the canal » was recovered from the water in Coulon (79, France)

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On 16th july 2003, Alice Géraud, a journalist at ‘Libération’ newspaper wrote : ‘She has no name. No age. No face. The gendarmes say ‘the girl’, sometimes ‘the woman ‘. The village priest prefers calling her ‘the mother’. They know nothing about her, only that she must have given birth to a boy  around the end of April or the beginning of May. The body of the newborn baby was found on 8th of  May in the water of a canal in the Marais Poitevin.

The 8th of May 2003 was a day more like summer than spring in the Marais Poitevin. Particularly in Coulon (Deux-Sèvres, France), the ‘ capital town ‘ of the ‘Green Venice‘.On that day, the second largest wetland of France offered pleasant walks to the numerous strollers, especially along the canal on the right bank of the River Sèvre Niortaise, usually called ‘Rigole du Grand-Coin‘. It is in the middle of the afternoon that a man noticed something floating in the water, tangled in the weeds He and his friends pulled out a  Centrix black triangle bag  attached to a weight. Inside the bag, there was an ordinary  garbage bag in which they discovered the body of a newborn child.

A special team ‘Grand Coin’

A special team named ‘Grand Coin‘ composed of 6 gendarmes from the ‘brigade de recherche‘ of Niort was formed. The gendarmes were charged with the task of identifying the child and finding his mother. Under the supervision of the examining magistrate of Niort, they made hundreds of checks. They checked all the camp sites, gîtes and hotels of the region, investigated all the rumours about this case. Divers  meticulously inspected the canal, looking for the slightest clue. As Coulon is situated on the limit of three départements, the investigation continued in Charente Maritime and Vendée. The investigators even called upon hypnosis to help jog a witness’s memory. He might have witnessed  unusual activity near the canal where a stroller fished out the bag.

This bag has received a great deal of attention from the investigators. They were even prepared to question all the owners of such a backpack. It is a promotional product bearing the logos of the companies that distribute them widely, a logo which had been carefully cut out. It had remained at the bottom of the water for at least ‘nine to ten days‘. ‘It was badly damaged‘ ‘, they explained. One can only imagine the state of the newborn who bore no traces of physical trauma. ’Just the body of an infant. A boy of European type. With no clothes, no distinguishing feature. And without a past, of course ! ‘Alice Géraud pointed out.

The autopsy provided no certainty. On the mother’s side, the investigators were looking for a woman who might have been pregnant during this spring. They compared the declared pregnancies and the registered births in the three départements. But she may have hidden her condition and / or have given birth to the baby on her own. They also cross-checked  the case with previous infanticide files and abandonments of children in their jurisdictions.

The town stands in for the family.

During the investigation, Father Michel Châtaigner, the village Priest, wrote to the mayor asking for the body of the baby to be ‘buried with dignity‘ and wished : ‘The mother’s religion should be respected. That is if she is found. ‘ The investigators did not find her.

Finally, as provided for by the law, and taking into account the duration of the investigation process and if the identification has not been possible, the body must be taken back to the town where it was discovered. On the 13th of May, the mayor, Michel Grasset spoke to the town council : ‘The local authority will have to take the responsibility if necessary. Cremation is prohibited should the famility claim the body at a later stage.

At the beginning of October 2003 the little body was indeed given back to the town of Coulon. He was buried on Wednesday 15th 2003 in the local cemetery after a solemn ceremony, in the presence of the Town Council, the local priest, a vicar, representatives of the Gendarmerie and the State, together with a number of inhabitants. The town bore all the burial expenses (coffin, transport of the body, funerary slab, wreath of flowers …)

Since that day anonymous people have regularly put flowers on the tiny grave of  ‘the baby of the canal.

 

Gilles PETIT