Gilles Petit

MARAIS POITEVIN : Le « Pont des Révérences » entre Irleau et Coulon rouvert à la circulation

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J’acceptais le passage des 12 tonnes maxi depuis 1998, puis des 3,5 tonnes depuis un an, et maintenant des 16 tonnes ; construit en 1931 à une seule voie, ma bande de roulement est de 3 mètres de large, qu’on a réduit à 2 mètres par sécurité, et maintenant retour à 3 mètres ; je supporte 1.200 véhicules par jour, dont une cinquantaine de poids lourds ; pour moi, ils ont dépensé 650.000 € en reconsolidation contre 4 M€ pour un ouvrage neuf ; j’ai subi deux périodes de fermeture complète, vingt jours en novembre 2017, puis trois mois du 24 septembre 2018 au 19 décembre 2018 ; âgé de 87 ans, on me franchit désormais à la vitesse limite de 30 km/heure ; je suis « le Pont des Révérences » à Irleau (Deux-Sèvres).

Construit entièrement en béton armé, le « Pont des révérences » relie les communes de Coulon et Le-Vanneau – Irleau, au dessus de la Sèvre Niortaise.

Avec un tablier en béton armé qui s’affaisse, des piliers-assises qui s’effritent, un ferraillage en partie mis à nu, le « Pont des Révérences » était devenu le « pont de la discorde ». On se souviendra longtemps de la pétition aux mille signatures, suivie d’une manifestation historique organisée par des Maraîchins le samedi 23 juin 2018 (lire notre article : MARAIS POITEVIN des Deux-Sèvres : une manifestation au chevet du pont d’Irleau https://wp.me/p61nmR-1zQ).

Habitants, agriculteurs, élus locaux, acteurs du tourisme. . . dénonçaient alors la position du Conseil départemental des Deux-Sèvres, propriétaire de l’ouvrage, à savoir, réduire le tonnage des véhicules en garantissant cette mesure de sécurité par un rétrécissement de la chaussée. Ceci dans l’attente de travaux de consolidation. Le Conseil avait alors lancé trois séries de travaux. D’abord, sur des appuis qui risquaient de lâcher, une première phase achevée en avril dernier. Les deux autres phases se sont enchaînées, cet automne, sur le tablier du pont, au niveau des soubassements qui portent l’ouvrage aux extrémités, puis sur les garde-corps fatigués. Le rafraîchissement de la chaussée a terminé le travail de sauvegarde avec, en prime, la réfection de la route départementale 123 d’accès de part et d’autre du pont.

Désormais, des capteurs détectent les fléchissements du tablier du pont.

Même avec un tonnage désormais limité à 16 tonnes, contre 12,5 tonnes avant la découverte de ses faiblesses, le pont d’Irleau peut, de nouveau, garantir un franchissement du fleuve Sèvre Niortaise en toute sécurité. Néanmoins, le respect de la nouvelle réglementation pourra être contrôlé par un système qui s’appuie sur les appareils de mesure de déformation du pont, déjà installés. Si nécessaire, reliées aux capteurs, des caméras pourront flasher les véhicules contrevenants pesant plus de 16 tonnes.

Les activités économiques et touristiques de la Venise Verte vont pouvoir reprendre. Ces importants travaux prolongent la durée de vie du pont d’Irleau jusqu’à ce qu’il tire sa révérence, le plus tard possible.

Gilles PETIT

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Concours PNR « Ma maison dans le Marais Poitevin » : le palmarès 2018

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Le palmarès du second concours « Ma maison dans le parc du Marais Poitevin » a été proclamé à Maillezais (Vendée) au domicile de M. Didier Arnaud et Mme Yolande Boissinot, lauréats du 1er Prix de la catégorie « Maison récente construite en majeure partie après 1948 ».

Après la délibération du jury, réuni le 27 octobre 2018 à Marans, les résultats ont été proclamés le 5 décembre 2018 à Maillezais, suivis de la remise des prix.

Ce concours est organisé par le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), un syndicat mixte qui rassemble 91 communes de Charente-Maritime, Vendée et Deux-Sèvres. A travers ses missions, le Parc cherche à reconnaître et à préserver la valeur et la diversité des paysages du territoire. La sauvegarde de l’architecture traditionnelle et le soutien aux évolutions, voire aux innovations architecturales peut contribuer à sensibiliser le public au paysage bâti local. De plus, ce concours va permettre au Parc de recueillir des exemples d’habitations, d’élargir les références en matière d’architectures locales intégrées dans les paysages du Marais.

Supervisé par Mesdames Gaële Clavez, architecte-conseil du Service Aménagement et Cadre de vie au PNR et Sandrine Guiheneuf, directrice de ce même service, présidé par M. François Bon, conseiller départemental de Vendée, vice-président du PNR en charge de l’aménagement et du cadre de vie, et président du CAUE 85 (Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement), le jury était constitué de trois élus, deux spécialistes (maître d’œuvre et architecte) et sept habitants. Neuf candidatures ont été retenues et jugées en deux catégories maison traditionnelle ou maison récente.

L’extension lauréate du 1er Prix des « Maisons récentes » (côté jardin).

Pourquoi ce concours ? Selon M. Bon, en prélude à la proclamation des résultats, « parce que le Marais Poitevin, bien sûr, c’est un paysage naturel, végétal et très présent. L’eau est très présente. Mais le végétal et l’eau ne font pas tout le paysage, il y a aussi le bâti, le patrimoine construit. On souhaite promouvoir sur le territoire l’architecture additionnelle, mais aussi toutes les évolutions que peut connaître l’architecture et, pourquoi pas, l’architecture contemporaine. Ici, à Maillezais, nous en avons une belle illustration en mariant le traditionnel et le contemporain. Nous avons été séduits par ce travail sur le marais que l’architecte a su parfaitement interpréter. »

Les aménagements (côté cour) de la résidence de M. Arnaud et Mme Boissinot sont « le travail d’une équipe, précise M. Bon. « Une rencontre, des dialogues, un maître d’œuvre. Presque une cabane accrochée au fond du jardin. »

Le président du jury poursuit : « L’objectif de ce concours est d’avoir un certain nombre de réalisations dans le marais en traditionnel et en contemporain. De faire une sorte de catalogue, de guide qui pourra ensuite donner des idées à tous ceux qui veulent rénover leur maison ou bien construire ou faire une extension. A brève échéance, ce guide sera mis à la disposition des habitants du territoire. »

Le Parc ne cache pas qu’il souhaite encourager les gens à avoir recours à un maître d’œuvre compétent ou à un architecte. Ce n’est pas facile. Le seul mot « architecte » peut faire peur parce qu’on se dit « ça va coûter cher ». Parfois les architectes ont des idées de grandeur aussi. Le concours veut changer cette image d’architecte car c’est « un compagnon du maître d’ouvrage », dit-on. Y compris l’architecte des bâtiments de France.

Gilles PETIT

LE PALMARÈS 2018

Entourés de l’architecte et des artisans qui ont réalisés le projet, les lauréats ont reçu leur prix remis par le président du jury M. François Bon.

1ER PRIX DE LA CATEGORIE MAISON RÉCENTE
M. Didier ARNAUD et Mme Yolande BOISSINOT pour leur maison à Maillezais en Vendée.
Ce projet d’architecte a produit un mariage agréable et réussi entre ancien et nouveau, notamment par le choix et la mise en œuvre des matériaux. Architectes : Frenesis à Maillezais.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Normandie-Maine.

 

 

M. Frédéric GUESDON

2ème PRIX DE LA CATEGORIE MAISON RÉCENTE
M. Frédéric GUESDON  pour sa maison construite à Arçais en Deux-Sèvres.
Bien que située dans un contexte de lotissements récents, cette maison propose une architecture hors des standards habituels tout en restant simple et en étant plus respectueuse de l’environnement par sa construction en bois.
LOT :  1 bon d’achat de 200 euros chez un pépiniériste produisant des végétaux locaux :  la pépinière Carpus à Courçon.

 

Mme Corinne TEXIER-CASPAR

1ER PRIX DE LA CATÉGORIE MAISON TRADITIONNELLE (en majeure partie bâtie avant 1948)
Mme Corinne TEXIER-CASPAR pour sa maison située à L’Ile d’Elle en Vendée.
Cette maison a été particulièrement récompensée pour son alliance de la tradition et de la modernité, notamment par la création d’une extension permettant les usages contemporains et par la préservation d’un moulin.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Loire Anjou Touraine.

 

M. et Mme Jean-François DESVIGNES

2ème PRIX CATÉGORIE MAISON TRADITIONNELLE (en majeure partie bâtie avant 1948)
M. et Mme Jean-François DESVIGNES  pour leur maison située à Saint-Sigismond en Vendée.
En plus d’un bâti préservé et respecté dans son ensemble (enduits, couleur pastel volets bois), l’effort de gestion du jardin a été souligné, depuis ses haies bocagères jusqu’aux abords plus ornementaux de la maison, en passant par le potager. Cette végétation graduée assure l’intégration de la maison en entrée de village. Le jury suggère d’utiliser de la peinture de couleur pour l’entretien futur des fenêtres et portes.
LOT :  1 bon d’achat de 200 euros chez un pépiniériste fournissant des végétaux locaux : Végétal 85 de La Chaize Le Vicomte.

 

Séduit par la demeure de Mme Nicole CAQUINEAU, le maire de Marans, membre du jury, Thierry Belhadj a remis ce prix « Coup de Cœur ».

PRIX D’ENCOURAGEMENT DU JURY
Mme Nicole CAQUINEAU pour sa maison le long de la Sèvre Niortaise au Mazeau en Vendée
Cette maison a été remarquée par le jury pour son image typique des maisons du Marais mouillé : sa situation au bord de l’eau, sa préservation du bâti, sa gamme de couleurs. Ce prix vise à encourager la poursuite de la rénovation suivant des techniques et matériaux respectueux du site, notamment lors de la réalisation des enduits ou le changement des gouttières.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Millevaches en Limousin.

Revoir le reportage de TV Vendée

http://www.tvvendee.fr/le-journal/edition-du-mardi-11-decembre-2018-18h00_11122018/l-architecture-recompensee-dans-le-marais-poitevin

MARAIS POITEVIN : « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » un recueil de Jean-Claude Coursaud (2)

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Loin des clichés touristiques, aux antipodes du roman, le dernier livre de Jean-Claude Coursaud est avant tout un recueil de nouvelles qui concernent précisément les gens d’une certaine époque vivant dans les Marais Mouillés du Marais Poitevin aux confins des départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime. « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » retrace la vie « des gens du marais d’en haut », mais aussi « des gens des grandes cabanes », des bords du fleuve à Coulon, Le Vanneau, Le Mazeau, Damvix . . .

 

« Qu’il mouille ou qu’il vente, il faut prendre le bateau, la pelle et la pigouille pour entrer dans le monde ordinaire, de l’autre côté de la rivière ». Photo Gilles PETIT

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » ne connaît point de « Venise verte », de « plates », de « parc d’attractions », de « balades en barque » et autres locutions inventées pour appâter les touristes et faire tourner une certaine économie. Ce recueil sent l’authentique, le vrai, le quotidien d’illustres inconnus maraîchins, Coco des Cabanes, Louisette, Sidonie, Adolphe, René, Georgina, Marie, Paulette, Alcide, Christiane, Marius, et d’autres, croisés au fil des eaux.

Ces nouvelles maraîchines rapportent des événements qui se déroulent principalement dans les années 1920, entre la fin de la première guerre mondiale jusqu’à la seconde, en débordant un peu sur les années 1960. « A cette époque la société rurale bifurque totalement, » explique Jean-Claude Coursaud. « Dans le cas précis du Marais Poitevin, nous avons d’un côté le monde rural qui évolue. Il y a une dégringolade de l’agriculture, mais, sur un plan industriel, les scieries vont prendre un essor considérable en passant de la planche au contreplaqué. Puis il y a tout ce monde artisanal qu’on a connu, avant qu’arrive brutalement un nouveau monde à partir des années 1975/1980. »

L’auteur a voulu dépeindre tout ce petit monde de la campagne maraîchine face à la bifurcation qu’est l’arrivée de nouveaux métiers, d’un nouveau concept. C’est à dire l’évolution du manuel au pseudo intellectuel , à savoir, l’intronisation du monde tertiaire.

L’écrivain maraîchin Jean-Claude Coursaud

Jean-Claude Coursaud : « Ce qui est important aussi, c’est la façon dont s’expriment les gens. Car ce livre, je l’ai conçu d’une façon un peu particulière. Je ne me suis inspiré de quiconque sur le plan littéraire, sinon être en prolongement d’un écrivain coulonnais exceptionnellement brillant, par le biais d’un de ses ouvrages dont le mot pigouille est important. Ce sont les fameux « Contes de la Pigouille » de Louis Perceau. Louis Perceau est un personnage assez fantastique, sa vie a été fantastique, mais dans la première partie de son enfance, il a dépeint avec un réalisme certain le monde du Marais, le monde maraîchin tel qu’il était. La petite personne que je suis a continué son œuvre pour parler de la seconde partie de ce monde de la pigouille, de ce monde du marais. C’est donc un livre qui est totalement complémentaire de l’œuvre de Louis Perceau. Sauf que Louis Perceau est devenu un écrivain pamphlétaire, ami entre autres de Guillaume Apollinaire. Ce n’est pas anodin. Je crois que nos deux noms pourraient être associés dans cette vie rurale et dans cette vie maraîchine de la fin du 19ème au début du 20ème siècle. Je le précise dans ma préface : ça n’existe plus. »

Le livre se décompose en histoires qui touchent les Coulonnais, des personnages comme Mmes Fichet et Marie Pisse-trois-gouttes, des lieux comme la rue de l’Église. Ce sont des histoires très éclectiques qui se terminent vers l’estuaire au fil de la Sèvre Niortaise en bateau dans les années 1920 par des gens de Coulon, du Vanneau, de Damvix qui vont, par exemple, au marché de Marans, alors le grand rassemblement des « cabanas » du Marais Poitevin. Des gens du « marais d’en haut » mais aussi des « gens des grandes cabanes ». Les grandes cabanes, ce sont les grandes exploitations de Charente-Maritime ou de Vendée.

Les 36 nouvelles que compte le recueil sont écrites en français, mais des dialogues sont franco-patoisés, c’est à dire qu’ils peuvent être compris par n’importe qui, et en cas de mot douteux, il y a un rappel en bas de page. 36 histoires dont, de temps en temps, des « Brèves d’écuries », « Racontages «  et « Petites médisances ». Ce sont des fragments d’histoires drôles authentiques. « Ancien agriculteur, j’ai connu et j’ai vécu ces situations, » assure l’auteur. « Je suis le seul, de Niort à Marans, à pouvoir parler de ce genre de choses sur le plan de l’écriture. »

Co-auteur, Isabelle Savariau est une jeune retraitée maraîchine qui a apporté un regard extérieur aux récits. Également quelques textes reflètent des histoires de sa famille.

Enfin, hormis la couverture, l’ouvrage ne comporte pas de photos. Ainsi le lecteur se fera sa propre vision des situations évoquées. Pour ce faire, il vaut mieux connaître le site. Les autochtones vont savourer les 180 pages, les autres (touristes ou étrangers au pays) curieux de découvrir le Marais Poitevin pourront, au fil des histoires, suivre une sorte de jeu de piste pour essayer de retrouver les lieux cités.

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre niortaise » s’adresse aux personnes qui veulent connaître le vrai Marais. Une vie au rythme du bateau de 22 pieds mené à la pigouille.

Auto-édité, le recueil est vendu 20 € TTC, notamment dans les librairies niortaises et au Centre culturel Leclerc de Niort ; à Coulon à la Maison de la presse et à la Maison du Marais Poitevin ; mais aussi, dans les communes voisines : Magné, Le Vanneau, Saint-Georges-de-Rex. . .

Ou  chez l’auteur M. Jean-Claude Coursaud, lieu-dit Les Cabanes de Balanger, 562 route des Bords de Sèvre 79510 Coulon Tél. 05 49 35 92 55

 

Gilles PETIT

(Photos de barques extraites du défilé des métiers d’antan sur l’eau à Coulon (79) lors de la Fête du Miget 2018 organisée en juillet par le Comité d’Animation Coulonnais)

Disponible chez les mêmes auteurs, Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau : « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine ».

Ce roman auto-édité retrace l’étonnant parcours de « l’oncle Gelot » chez des pionniers de l’Ouest canadien, à savoir Théodore Gelot et son compagnon d’aventure Eugène Ménard, partis du Marais pour les territoires glacés d’Amérique du Nord.

MARAIS POITEVIN : « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » un recueil de Jean-Claude Coursaud

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Loin des clichés touristiques, aux antipodes du roman, le dernier livre de Jean-Claude Coursaud est avant tout un recueil de nouvelles qui concernent précisément les gens d’une certaine époque vivant dans les Marais Mouillés du Marais Poitevin aux confins des départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime. « Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » retrace la vie « des gens du marais d’en haut », mais aussi « des gens des grandes cabanes », des bords du fleuve à Coulon, Le Vanneau, Le Mazeau, Damvix . . .

 

« Qu’il mouille ou qu’il vente, il faut prendre le bateau, la pelle et la pigouille pour entrer dans le monde ordinaire, de l’autre côté de la rivière ». Photo Gilles PETIT

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre Niortaise » ne connaît point de « Venise verte », de « plates », de « parc d’attractions », de « balades en barque » et autres locutions inventées pour appâter les touristes et faire tourner une certaine économie. Ce recueil sent l’authentique, le vrai, le quotidien d’illustres inconnus maraîchins, Coco des Cabanes, Louisette, Sidonie, Adolphe, René, Georgina, Marie, Paulette, Alcide, Christiane, Marius, et d’autres, croisés au fil des eaux.

Ces nouvelles maraîchines rapportent des événements qui se déroulent principalement dans les années 1920, entre la fin de la première guerre mondiale jusqu’à la seconde, en débordant un peu sur les années 1960. « A cette époque la société rurale bifurque totalement, » explique Jean-Claude Coursaud. « Dans le cas précis du Marais Poitevin, nous avons d’un côté le monde rural qui évolue. Il y a une dégringolade de l’agriculture, mais, sur un plan industriel, les scieries vont prendre un essor considérable en passant de la planche au contreplaqué. Puis il y a tout ce monde artisanal qu’on a connu, avant qu’arrive brutalement un nouveau monde à partir des années 1975/1980. »

L’auteur a voulu dépeindre tout ce petit monde de la campagne maraîchine face à la bifurcation qu’est l’arrivée de nouveaux métiers, d’un nouveau concept. C’est à dire l’évolution du manuel au pseudo intellectuel , à savoir, l’intronisation du monde tertiaire.

L’écrivain maraîchin Jean-Claude Coursaud

Jean-Claude Coursaud : « Ce qui est important aussi, c’est la façon dont s’expriment les gens. Car ce livre, je l’ai conçu d’une façon un peu particulière. Je ne me suis inspiré de quiconque sur le plan littéraire, sinon être en prolongement d’un écrivain coulonnais exceptionnellement brillant, par le biais d’un de ses ouvrages dont le mot pigouille est important. Ce sont les fameux « Contes de la Pigouille » de Louis Perceau. Louis Perceau est un personnage assez fantastique, sa vie a été fantastique, mais dans la première partie de son enfance, il a dépeint avec un réalisme certain le monde du Marais, le monde maraîchin tel qu’il était. La petite personne que je suis a continué son œuvre pour parler de la seconde partie de ce monde de la pigouille, de ce monde du marais. C’est donc un livre qui est totalement complémentaire de l’œuvre de Louis Perceau. Sauf que Louis Perceau est devenu un écrivain pamphlétaire, ami entre autres de Guillaume Apollinaire. Ce n’est pas anodin. Je crois que nos deux noms pourraient être associés dans cette vie rurale et dans cette vie maraîchine de la fin du 19ème au début du 20ème siècle. Je le précise dans ma préface : ça n’existe plus. »

Le livre se décompose en histoires qui touchent les Coulonnais, des personnages comme Mmes Fichet et Marie Pisse-trois-gouttes, des lieux comme la rue de l’Église. Ce sont des histoires très éclectiques qui se terminent vers l’estuaire au fil de la Sèvre Niortaise en bateau dans les années 1920 par des gens de Coulon, du Vanneau, de Damvix qui vont, par exemple, au marché de Marans, alors le grand rassemblement des « cabanas » du Marais Poitevin. Des gens du « marais d’en haut » mais aussi des « gens des grandes cabanes ». Les grandes cabanes, ce sont les grandes exploitations de Charente-Maritime ou de Vendée.

Les 36 nouvelles que compte le recueil sont écrites en français, mais des dialogues sont franco-patoisés, c’est à dire qu’ils peuvent être compris par n’importe qui, et en cas de mot douteux, il y a un rappel en bas de page. 36 histoires dont, de temps en temps, des « Brèves d’écuries », « Racontages «  et « Petites médisances ». Ce sont des fragments d’histoires drôles authentiques. « Ancien agriculteur, j’ai connu et j’ai vécu ces situations, » assure l’auteur. « Je suis le seul, de Niort à Marans, à pouvoir parler de ce genre de choses sur le plan de l’écriture. »

Co-auteur, Isabelle Savariau est une jeune retraitée maraîchine qui a apporté un regard extérieur aux récits. Également quelques textes reflètent des histoires de sa famille.

Enfin, hormis la couverture, l’ouvrage ne comporte pas de photos. Ainsi le lecteur se fera sa propre vision des situations évoquées. Pour ce faire, il vaut mieux connaître le site. Les autochtones vont savourer les 180 pages, les autres (touristes ou étrangers au pays) curieux de découvrir le Marais Poitevin pourront, au fil des histoires, suivre une sorte de jeu de piste pour essayer de retrouver les lieux cités.

« Battements de cœur et coups de pigouille en Sèvre niortaise » s’adresse aux personnes qui veulent connaître le vrai Marais. Une vie au rythme du bateau de 22 pieds mené à la pigouille.

Auto-édité, le recueil est vendu 20 € TTC, notamment dans les librairies niortaises et au Centre culturel Leclerc de Niort ; à Coulon à la Maison de la presse et à la Maison du Marais Poitevin ; mais aussi, dans les communes voisines : Magné, Le Vanneau, Saint-Georges-de-Rex. . .

Ou  chez l’auteur M. Jean-Claude Coursaud, lieu-dit Les Cabanes de Balanger, 562 route des Bords de Sèvre 79510 Coulon Tél. 05 49 35 92 55

 

Gilles PETIT

(Photos de barques extraites du défilé des métiers d’antan sur l’eau à Coulon (79) lors de la Fête du Miget 2018 organisée en juillet par le Comité d’Animation Coulonnais)

Disponible chez les mêmes auteurs, Jean-Claude Coursaud et Isabelle Savariau : « Un coin de Prairie pour 10 dollars, Une odyssée maraîchine ».

Ce roman auto-édité retrace l’étonnant parcours de « l’oncle Gelot » chez des pionniers de l’Ouest canadien, à savoir Théodore Gelot et son compagnon d’aventure Eugène Ménard, partis du Marais pour les territoires glacés d’Amérique du Nord.

Handball féminin national : le clip 2018/2019 du HBCC

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L’équipe féminine professionnelle du Handball-Club de Celles-sur-Belle (HBCC), petite ville du sud des Deux-Sèvres (France), évolue en Division 2 Nationale.

Sur fond de l’hymne officiel de l’équipe, voici le clip vidéo D2F 2018/2019 des Belles de Celles-sur-Belle qui regroupe l’effectif complet piloté par le nouvel entraîneur Pablo Morel :

https://youtu.be/P2F0sot7Wxg

Musique et parole originales : Alexis Hervé.

Une réalisation Capt’Action79 avec le concours du staff et du service communication du HBCC.

MARAIS POITEVIN : une journée balades et sport pour les migrants du CAO de Frontenay-Rohan-Rohan (79)

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« Un étranger est un ami qu’on n’a pas encore rencontré » (Proverbe irlandais), tel est le credo de l’ASAF (Accueil Solidarité Accompagnement Frontenay-Rohan-Rohan). Cette association a organisé une journée des migrants, samedi 3 novembre 2018 à La-Garette. Des balades en barque et en calèche dans la Venise Verte, suivies, en spectateurs, d’un match de football de Ligue 2 à Niort.

 « L’histoire du Marais se rappellera que ce 3 novembre 2018, à La-Garette, il n’y avait ni Français, ni Soudanais, ni Afghans, ni Maliens, ni Somaliens, ni Érythréens, ni Guinéens, ni Pakistanais, mais seulement des hommes et des femmes qui sont solidaires et unis », a déclaré M. Rabah Laïchour, maire de la commune de Sansais-La Garette (Deux-Sèvres), devant un parterre composé de 39 jeunes migrants, sur les 50 actuellement hébergés au Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) de Frontenay-Rohan-Rohan, et de nombreux sympathisants et adhérents à l’ASAF.

« Faire découvrir notre territoire, nos modes de vie, nos paysages, nos faune et flore, nos villages, nos coutumes, nos traditions, était le but de cette sortie appréciée de tous », au départ de la Maison du Cheval et de l’embarcadère Les frênes à La Garette.

Estimant que « la solidarité est d’abord une valeur », l’Asaf est créée le 11 décembre 2017, en soutien à la famille Bulica. Originaire d’Albanie et installé à Frontenay-Rohan-Rohan depuis décembre 2016, le couple Petrit et Kujtime Bulica, avec trois enfants, dont un bébé né en France (les aînés, de 8 et 10 ans, sont scolarisés) fait l’objet d’une procédure d’expulsion du territoire. En juillet dernier, les bénévoles frontenaisiens apprennent que, déboutés de leur demande de droit d’asile, la famille se retrouve assignée à résidence. Spontanément, les bénévoles se sont alors occupés de leur trouver un logement, tout en lançant une pétition (2500 signatures recueillies en 10 jours) et en organisant diverses manifestations de soutien dont des marches de la fraternité, l’occupation de la salle des fêtes locale, . . . Aujourd’hui, « la situation est apaisée, la menace d’expulsion est moins alarmante. »

En présence des élus Mme Dominique Pougnard, conseillère départementale du canton, MM. Jacques Moronval, maire de Bessines (une commune voisine) et Olivier Poireau, représentant la municipalité de Frontenay-Rohan-Rohan, M. Laïchour a dressé ce constat que nous publions dans son intégralité : « Tout le monde parle de migrants, de l’Afrique à l’Asie, en passant par le Proche-Orient, de l’Amérique du Sud et Centrale aux Amériques du Nord, du Sud vers le Nord, de l’Est vers l’Ouest. Mais derrière ce mot, se cachent des hommes, des femmes, des enfants, qui fuient les guerres, la famine, la maladie, les régimes autoritaires, à la recherche d’une vie meilleure au risque de mourir en mer. Les pays du Nord dit industrialisés, civilisés, modernes, qui ont connu les guerres, la famine, les maladies, les migrations, se rejettent la responsabilité, érigent des clôtures de barbelés, parfois des murs en béton, pour éviter l’arrivée de ces populations. Dans maintes constitutions, à commencer par la Déclaration universelle des droits de l’homme, dans toutes les religions, il est dit et écrit que nous naissons tous égaux et que nous devons partager et être solidaires avec nos semblables. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, comme nous, ont passé neuf mois dans le ventre de leur maman, rien ne nous différencie d’eux. Et si nous regardions tous ensemble la face positive de cette tragédie. Cette face positive, c’est cette jeunesse, ces sourires, cette solidarité qui est née entre eux, malgré leurs différences culturelles, linguistiques, ethniques, géographiques. Leur point commun, c’est qu’ils sont tous migrants et ont parcouru des milliers de kilomètres pour arriver dans cette terre de Frontenay-Rohan-Rohan où l’association AUDACIA* les accompagne, grâce au soutien de bénévoles. »

*AUDACIA est une association qui siège à Poitiers (86). Au sein de son pôle d’activités migrants, elle met ses compétences dans les domaines social, administratif, juridique et de la santé au service des demandeurs d’asile et des personnes en demande de titre de séjour dans le but de leur assurer une insertion sociale et une intégration dans la cité. L’accès à l’hébergement est un préalable nécessaire à l’autonomie. La prise en charge vise à assurer l’accès aux droits fondamentaux des personnes accueillies : droits relatifs au séjour, aux soins, à l’éducation, à la culture et à l’emploi.

Gilles PETIT

Quatre barques et une calèche bien chargée ont transporté une soixantaine de personnes en balade découverte dans la Venise Verte. Avant le pique-nique à la Maison du cheval, puis direction le stade René-Gaillard à Niort pour assister au match de football en Ligue 2 Niort-Le Havre.

MARAIS POITEVIN : Clôture du 30ème Festival de peinture de Magné

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A l’espace culturel du Four Pontet, le 30ème Festival International de Peinture de Magné (79) s’est achevé, les 20 et 21 octobre 2018, par l’exposition des œuvres primées, suivie de la remise des tableaux aux partenaires présents. A cette occasion, M. Claude Audis, le président emblématique de Magné Animation, l’association organisatrice, a passé la barre du navire à une nouvelle équipe qui sera dirigée par son vice-président M. André Prunier.

A l’occasion de la 30ème édition du Festival International de peinture beaucoup d’invités d’honneur des éditions passées sont revenus à Magné saluer les organisateurs.

Le président Claude Audis : « Pour fêter cette 30ème édition, nous avions demandé à tous les invités d’honneur, depuis le départ, ainsi qu’aux artistes ayant participé au concours et ayant reçu le Grand Prix du Festival, d’être à nos côtés. 26 artistes invités d’honneur en peinture et sculpture, étaient présents et 13 grands prix du public étaient parmi nous. Pour marquer cet événement, nous avons eu le plaisir, le samedi soir, de retracer le Festival de peinture grâce à un spectacle pyrotechnique, tiré par l’entreprise Mille Feux. Un spectacle magnifique suivi par plusieurs milliers de personnes. »

L’édition 2018, a enregistré 257 peintres, représentant cinquante départements dont l’île de la Réunion et plusieurs pays étaient représentés dont l’Angleterre, le Canada. . .  Quant au public, il a été estimé à plus de 10 000 personnes.

 

Le film événement du 30ème Festival est à découvrir sur YouTube à l’adresse https://youtu.be/Q7hF6Y0TSl4. Pour rappel, voici le lien du film du palmarès et de la remise des prix : https://youtu.be/9GqYMywFmLQ.

A l’issue du 30ème Festival de peinture, le président Claude Audis (à gauche) passe la main à son vice-président André prunier (à droite).

Par ailleurs, M. Audis a tenu à remercier tous ceux qui l’ont aidé et « supporté » depuis vingt-neuf ans : « une équipe fidèle qui a fait d’une boutade de maire, une manifestation connue et reconnue dans l’hexagone et au-delà. De l’équipe ayant vécu l’aventure depuis le départ, seuls deux acolytes ont subsisté, c’est mon ami Louis Richard dit Loulou et mon ami Gérard Albert dit Gégé. Le premier s’occupe de la bouffe, le second des comptes. J’ai le plaisir de remercier en public toute l’équipe de Magné Animation, y compris les bénévoles, tous les parrains, collectivités et privés qui ont cru en notre équipe et nous ont aidé financièrement. Mais aussi, tous les artistes invités d’honneur et les artistes participants. Un merci particulier à un homme qui travaille toute l’année dans l’ombre et qui donne des conseils importants, je veux nommer mon inséparable ami Jean-Marie Zacchi. Jean-Marie a reçu récemment le grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, l’une des principales distinctions de la République Française. Je vous signale qu’une nouvelle équipe se met en place avec, à sa tête, mon vice-président André Prunier. »

Avant d’animer la remise aux partenaires des tableaux primés à l’issue du 30ème Festival, M. Prunier a simplement déclaré : « Dans quelques semaines, la nouvelle équipe réfléchira au Festival 2019. Il est déjà en partie sur les rails, notamment pour les invités d’honneur qu’il faut retenir pratiquement un an à l’avance. »

Présidente départementale de la Ligue contre le cancer, Mme Martine Pelonnier (à droite) a remis le tableau aux heureux gagnants.

La cérémonie a débuté par un point sur l’action que Magné Animation a mené depuis quatre ans en faveur de la Ligue contre le cancer. Sur quatre années, près de 10 000 € ont été collectés. « Cette somme va bien vers la recherche et vers l’aide aux malades et ça ça nous tenait à cœur aussi, a expliqué M. Prunier qui précise cette année, le chèque n’est que de 1 275 €, mais c’est une participation. Pour collecter ces fonds, il y avait un système de tombola dont le prix était un tableau. » Une très belle huile réalisée par M. André Rouvreau offerte à La Ligue. M. et Mme Biron sont les heureux gagnants.

Emma Burgaud a reçu un important lot de cadeaux.

Pour la seconde année consécutive, il était proposé « Le jeu de la couleur mystère ». A savoir, sur un dessin, chercher à positionner la couleur rouge à l’endroit que les organisateurs avaient préalablement placé sur une image-témoin. « Cette année, nous n’avons pas eu beaucoup de dessins vraiment terminés. Nous n’avons qu’une seule gagnante Melle Emma Burgaud. Le point à trouver était la barrière du pont-levis traitée en rouge. »

 

 

Mesdames Catherine Dambrine et Dominique Bauruel (de gauche à droite) ont dressé un rapide bilan des actions menées auprès des jeunes durant le Festival.

Dans le prolongement de ce jeu, un atelier jeunes était animé par Mme Dominique Bauruel, une artiste locale qui participe au Festival tous les ans et par M. Pierre Rebichon, aidés par l’adjointe au maire de Magné Catherine Dambrine en charge des actions liées à l’enfance. Pierre Rebichon avait aussi lancé l’idée de réaliser une vaste fresque (2 mètres de haut sur 3 mètres de large) à coloriser pendant les deux jours du festival par tout le monde, petits et grands. Cette initiative a bien plu aux festivaliers. Cette fresque sera offerte aux écoles de Magné.

La fresque à l’ouverture du Festival, le samedi matin.
La fresque à la fermeture du Festival, le dimanche en fin d’après-midi.

Lors de cette soirée de clôture du 30ème Festival de peinture de Magné, les partenaires présents ont pris possession des œuvres qu’ils ont parrainées.

Prix Restaurant La Belle Étoile
Commune de Magné : Grand Prix du Festival

Le dernier mot revient au maire de Magné M. Gérard Laborderie : « Je voudrais saluer cette belle longévité. Lorsqu’une manifestation dure trente ans, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est parce qu’il y a toute une équipe autour de Claude Audis qui a œuvré pour faire de ce festival ce qu’il est aujourd’hui, c’est à dire un festival de réputation nationale, mais aussi internationale. C’est un festival qui contribue aussi à la notoriété de la commune. La réussite a été exceptionnelle avec une densité de peintres de pointure nationale voire internationale au mètre-carré qu’on ne doit pas trouver partout. »

Gilles PETIT

(crédit photos : Michel Castellani, Gilles Petit)