Marais poitevin

Seize ans déjà : le 8 mai 2003 on repêchait « L’enfant de la Conche » à Coulon (79 France)

Publié le Mis à jour le

Le 16 juillet 2003, Alice Géraud, journaliste à Libération, écrivait : « Elle n’a pas de nom. Pas d’âge. Pas de visage. Les gendarmes disent «la fille», parfois «la femme». Le curé du village, lui, préfère parler de «la maman». Ils ne savent rien d’elle. Si ce n’est qu’elle a dû accoucher d’un garçon fin avril, début mai. Le corps du nouveau-né a été retrouvé le 8 mai dans l’eau d’un canal du Marais poitevin ».

Le 8 mai 2003 était une journée quasi estivale dans le Marais Poitevin. Particulièrement à Coulon (Deux-Sèvres France), « capitale » de la Venise Verte. Ce jour-là, cette seconde zone humide de France offrait d’agréables balades aux nombreux promeneurs.  Notamment le long du canal de la Rive droite de la Sèvre Niortaise, communément appelé la Rigole du Grand-Coin. C’est dans cette cathédrale de verdure, qu’en milieu d’après-midi, un homme remarque un objet flottant accroché aux herbes. Avec l’aide de ses amis, ils  repêchent une besace noire de marque Centrix, lestée d’un poids. A l’intérieur, un banal sac poubelle dans lequel ils découvrent le corps d’un nouveau-né.

Une cellule « Grand Coin »

Une cellule, intitulée « Grand Coin », composée de six gendarmes de la brigade de recherche départementale de Niort est alors constituée. Les militaires sont entièrement mobilisés pour identifier le bébé et retrouver sa maman. Sous le contrôle du juge d’instruction de Niort, ils ont procédé à des centaines de vérifications. Ils ont contrôlé tous les campings, gîtes et hôtels de la région, vérifié toutes les rumeurs qui circulaient sur cette affaire. Des plongeurs ont minutieusement inspecté le cours d’eau à la recherche du moindre indice. Coulon étant située en limite de trois départements, l’enquête s’est poursuivie en Vendée et Charente-Maritime. Les enquêteurs ont même fait appel à l’hypnose pour aider un témoin à éclaircir ses souvenirs. Ce dernier aurait assisté à une animation inhabituelle près de la rigole où le promeneur a repêché la besace.

Cette besace à bandoulière a fait l’objet de toutes les attentions de la part des enquêteurs. Ceux-ci étaient même prêts à interroger tous les propriétaires de ce sac très particulier (il s’agit d’un objet publicitaire largement distribué en entreprises sur lequel figure le logo de celles-ci, une marque soigneusement découpée) resté immergé au fond de l’eau «au moins neuf à dix jours». «Il était très abîmé», explique-t-on. On imagine l’état du nouveau-né qui ne portait pas de trace de violences . « Juste un corps de nourrisson. De sexe masculin, de type européen. Sans vêtement ni signe distinctif. Et sans passé, forcément ! » précisait Alice Géraud.

Seize ans plus tard, on ignore toujours si l’enfant est mort-né ou s’il a vécu. L’autopsie n’a donné aucune certitude. Du côté de la maman, les enquêteurs ont cherché une femme ayant pu être enceinte ce printemps-là. Ils ont comparé les grossesses déclarées et les naissances enregistrées dans les trois départements. Mais elle a pu cacher sa maternité et/ou accoucher seule. Ils ont aussi recoupé l’affaire avec les précédents dossiers d’infanticides et d’abandon d’enfant sur leur juridiction.

La municipalité se substitue à la famille.

Durant l’enquête, le curé du village, le père Michel Châtaigner, a écrit au maire pour demander que le corps du bébé soit «dignement inhumé» en souhaitant : «Il faudrait respecter la religion de la maman. Enfin, si on la retrouve.» Les enquêteurs n’ont pas retrouvé cette personne.

Finalement, comme le prévoit la législation, selon le délai d’instruction et s’il n’y a pas d’identification, le corps doit revenir à la commune du lieu de la découverte. S’adressant au Conseil municipal de Coulon, dès le 13 mai 2003, le maire de l’époque Michel Grasset annonçait : « la commune devra assumer si nécessaire. Dans cette hypothèse, la municipalité devra offrir une sépulture à la petite victime. La crémation est proscrite dans l’éventualité où la famille réclamerait ultérieurement son corps.« 

Début octobre 2003, le petit corps a effectivement été rendu à la commune de Coulon. Il a été inhumé le mercredi 15 octobre à 10h30 dans le cimetière communal à l’issue d’une cérémonie solennelle en présence de la municipalité, du curé, d’un pasteur, de représentants de la Gendarmerie et de l’Etat, accompagnés de quelques Coulonnais. Les dépenses (mise en bière, transport de corps, plaque, gerbe de fleurs…) ont été prises en charge par la collectivité locale.

Depuis ce jour, la petite tombe de « L’enfant de la Conche » est régulièrement entretenue par des anonymes.

Gilles PETIT

Publicités

COULON – MAGNE : le Centre Social et Culturel du Marais entre nouveau et renouveau !

Publié le Mis à jour le

À 33 ans, le Centre Social et Culturel du Marais renaît après une seconde crise existentielle. Entre des valses à la présidence et à la direction, cette association, qui siège à Coulon (79), repart dans « des conditions de travail saines et motivantes », selon sa nouvelle présidente Estelle Howell.

Le Centre Social et Culturel du Marais siège au bord de Sèvre Niortaise à Coulon.

Né en juillet 1986 dans la continuité de la Maison Pour Tous de Coulon, association pluridisciplinaire, le Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) a ouvert ses portes en 1987 à Coulon. Installé dans une maison ancienne reconstruite par la municipalité coulonnaise sur les bords du fleuve Sèvre Niortaise, le CSCM a développé sur sa zone d’influence (à l’origine sur les douze communes du Marais Mouillé) un ensemble d’actions qui l’ont fait connaître comme une véritable structure de développement social et culturel. Encore aujourd’hui, les locaux, les services permanents et les activités sont toujours ouverts à l’ensemble de la population du Marais, toutes générations confondues. Les actions mises en œuvre chaque année ont concerné, en 2018, environ 500 usagers réguliers dont beaucoup d’enfants et de jeunes, ainsi qu’une vingtaine d’associations.

Ces missions d’intérêt général sont conduites avec l’aide de plusieurs partenaires financiers : les communes (essentiellement Coulon et Magné), la Mutualité Sociale Agricole, le Syndicat Intercommunal à Vocation Unique Magné-Coulon pour la petite enfance et la jeunesse, le Conseil départemental des Deux-Sèvres, l’Europe, l’État français, la Communauté d’Agglomération du Niortais et la Caisse d’allocation familiale des Deux-Sèvres. Cette dernière verse annuellement une prestation de service, par contrat quadriennal. Portant ainsi le budget prévisionnel 2019 du CSCM à 525 490 euros.

Depuis sa naissance, le CSCM s’est considérablement développé sous la houlette de plusieurs présidents ou présidentes et directeurs ou directrices. Malgré quelques vicissitudes, il fonctionnait bien jusqu’à l’arrivée, début 1997, d’un nouveau directeur recruté par voie de concours. M. Dany Le-Tohic a alors bouleversé les « habitudes », créé un nouveau dynamisme en activités tant sociales que culturelles et remonté la trésorerie avec les félicitations de tous. Malheureusement, ce changement s’est accompagné de conflits relationnels entre ce directeur et les salariés. Un problème qui s’est propagé à des bénévoles du Centre, à des responsables d’associations, à la Fédération départementale des Centres sociaux et à certains membres du Conseil d’administration. La Fédération départementale des Centres sociaux avait alors pris les rênes de l’association. Elle avait fourni un professionnel pour gérer les dossiers courants, puis suggéré la nomination, en septembre 2001, d’une nouvelle directrice Marie-Noëlle Louis-Bonnin. L’année 2001 restera la première année noire du CSCM.

L’histoire s’est répétée en 2017. La fièvre est de nouveau montée au CSCM entre le personnel et la directrice. En entamant un mouvement de grève soutenu par des bénévoles, les salariés, qui contestaient le management, attendaient du conseil d’administration qu’il prenne ses responsabilités et tienne ses engagements. Des membres de ce conseil, dont la présidente Nicole Bernard, ont alors démissionné.

Madame Stéphanie Kerdoncuff, par ailleurs conseillère municipale de Coulon, a assuré pendant neuf mois l’intérim à la présidence d’un Conseil d’administration (CA) en cours de renouvellement. Le 20 novembre 2017, ce CA a élu sa présidente Madame Estelle Howell. Enfin, le 29 novembre suivant, le Conseil d’administration et la nouvelle présidente ont licencié la directrice. Un nouveau directeur, Mickaël Abbes, a rapidement été engagé. Cependant, le courant est mal passé entre la présidence et la direction. « On n’est pas resté en amour avec le directeur », regrette Estelle Howell. L’arrivée d’un autre nouveau directeur, Anthony Levrault, et d’une nouvelle comptable Nathalie Sauzeau, ont permis « d’apporter au centre des conditions de travail saines et motivantes », selon la présidente.

Mme Estelle Howell, la nouvelle présidente du Centre Social et Culturel du Marais Photo Gilles Petit

Mme Howell : « Nous sommes très heureux de la nouvelle constitution de notre équipe d’animation, de notre organisation administrative et de l’évolution des activités emploi famille et enfance jeunesse. Nous avons une équipe soudée, détendue, volontaire et dynamique. Ceci a été fait avec un grand souci du respect de notre contrat de projet social et des salariés. La mise en lumière des particularités et des compétences de chacun a permis d’atteindre leurs objectifs personnels, ainsi que ceux du Centre. Formations, optimisation des missions, sécurisation des contrats, accompagnement personnalisé ont été mis en place pour s’assurer du respect des attentes de tous. » Enfin, s’adressant aux adhérents présents à l’assemblée générale du CSCM, qui s’est tenue le 11 avril 2019, la présidente a terminé son rapport moral ainsi : « C’est vous qui portez les projets et on vous accompagne. C’est quelque chose qui nous tient vraiment à cœur. »

Quant aux représentants des municipalités, Mme Anne-Sophie Guichet, 1ère adjointe au maire de Coulon a expliqué : « On a été présents dans les bons moments, dans les moins bons, et là dans des moments beaucoup plus sereins. Avec Anthony, on vit les choses beaucoup plus sereinement. » Le maire de Magné, M. Gérard Laborderie a constaté : « L’an dernier, c’était l’assemblée générale de la renaissance après une période de turbulences qui nous avait passablement inquiétés. Mais une nouvelle équipe était en train de se mettre en place. Une équipe renouvelée, dirigée, semble-t-il, de main de maître par Anthony. Des activités ont lieu aussi sur Magné, c’est vrai que nous avons des salles à disposition. »

M. Anthony Levrault, nouveau directeur du CSCM. Photo Gilles Petit

Le directeur Anthony Levrault a dressé un rapide rapport d’activité 2018 du CSCM. Il a notamment présenté Mme Amandine Fleur, encore une nouvelle venue depuis novembre 2018, chargée du secteur enfance-jeunesse. Amandine Fleur a expliqué : « de janvier à juin 2018, en enfance, les Temps d’Activités périscolaires (TAPS) existaient sur Coulon et, depuis septembre, Coulon est passé à la semaine d’école de quatre jours, sans les TAPS. Donc, avec l’équipe nous avons fait le choix de monter des opérations sur le temps périscolaire chaque jour le matin ou le soir et les mercredis. » En fait, les enfants coulonnais n’ayant plus école le mercredi matin depuis la rentrée scolaire 2018-2019, un accueil de loisirs a été mis en place le mercredi dès le matin. Leurs camarades de Magné dont les écoles ont conservé la semaine de cinq jours, les rejoignent l’après-midi après le déjeuner.

Parmi les nombreux ateliers culturels ou sportifs, le secteur jeunesse du CSCM a connu une baisse d’activité. L’équipe d’animateurs aimerait renouer le dialogue avec les parents et les jeunes afin de proposer un espace dédié. Ils voudraient permettre aux jeunes de se retrouver dans un lieu d’échanges, d’écoute, de rencontre, de détente et contribuer à développer leur citoyenneté. Mais aussi, impliquer les jeunes dans la construction de leurs temps de loisirs avec l’aide des animateurs.

Importante assistance à l’assemblée générale du CSCM le 11 avril 2019. Photo Gilles Petit

« Ce qui nous rend fiers, aujourd’hui, conclut la présidente Estelle Howell, c’est que le Centre a à nouveau ouvert non seulement ses portes, mais aussi son cœur et ses oreilles pour écouter la parole des habitants et répondre à leurs attentes. »

Gilles PETIT

Centre Social et Culturel du Marais, 3 place de la Coutume 79510 Coulon – Tél : 05 49 35 99 90 – Courriel : contact.lemarais@csc79.org – Site lemarais.csc79.org

 

 

PRIN DEYRANCON (79) : l’unité de méthanisation récupère, transforme et valorise.

Publié le Mis à jour le

La SAS Déméter Energies a construit une unité de méthanisation sur la commune de Prin-Deyrançon (Deux-Sèvres) au « profit » du village voisin Mauzé-sur-Le-Mignon. Un modèle de transition énergétique qui permet notamment de traiter les effluents d’exploitations agricoles des environs. Un lourd investissement pour un projet innovant.

L’unité de méthanisation a été construite assez loin de Mauzé-sur-Le-Mignon. Dans quelque temps, elle devrait se fondre dans le paysage selon les préconisations du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (document ©WWW.1NFINITY.COM)

Selon la mythologie grecque, Déméter (un nom qui signifierait « la Mère de la Terre ») est la déesse de l’agriculture et des moissons. Demeter est aussi une marque de certification internationale de produits issus de l’agriculture biodynamique, une science agricole inventée dans les années 1920 par l’occultiste autrichien Rudolf Steiner (Source Wikipédia).

Six chiffres donnent une idée du défi que s’est lancé la SAS Déméter Energies, à l’initiative de David Paillat (agriculteurs, éleveurs laitiers à Mauzé-sur-Le-Mignon) et son épouse Vanessa : 12 exploitations agricoles locales adhérentes, 21 000 tonnes de déchets organiques valorisés, 499 KWE de puissance installée en cogénérateur; 180 KWC de solaire en auto consommation; 6 millions d’investissement sur le territoire de l’agglomération niortaise; 5 000 MWH de chaleur valorisée.

La méthanisation est un processus biologique naturel permettant la valorisation de matières organiques (lisier et déchets végétaux) en gaz (méthane CH4). La dégradation de la matière organique par les bactéries en milieu anaérobie chauffée à 44 degrés produit du biogaz. Le méthane contenu dans le biogaz est récupéré pour alimenter un moteur dit de « cogénération » (La cogénération est une double production d’énergie : électricité et chaleur). Ce processus permet l’élimination des polluants, la production d’électricité, de chaleur (eau du circuit de refroidissement du moteur de cogénération) et d’engrais écologique.

Placés ici pour la décoration, ces tracteurs donnent une idée de la taille plutôt modeste des dômes des deux digesteurs. Image Capt’Action79

Déméter Energies a été créée en 2015 par les associés du Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC) Biraud-Paillat. Cette SAS regroupe aujourd’hui au sein de son capital les agriculteurs éleveurs locaux partenaires (bovins lait, bovins viande et caprins) et de grands acteurs régionaux du secteur agricole et des énergies renouvelables (coopératives et syndicat d’énergie).

Entourant ici Madame le préfet des Deux-Sèvres Isabelle David, les agriculteurs partenaires ont guidé par groupe les nombreux invités à l’inauguration, samedi 23 mars 2019. Image Capt’Action79

« Au delà d’une profonde volonté de contribuer à la transition énergétique sur le territoire, cette initiative est née pour faire face au nouveau paysage agricole français qui impose aux agriculteurs de reconsidérer leurs méthodes de producteurs et surtout de les diversifier pour continuer à faire vivre le secteur », précisent les concepteurs de cette unité de méthanisation.

Alimenté par le Biogaz émanant des digesteurs, le cogénérateur produit de l’électricité, distribue une eau de chauffage qui sera bientôt dirigée vers la piscine, le collège, les écoles et la mairie du proche village de Mauzé-sur-Le-Mignon. L’alimentation en électricité interne à l’unité de méthanisation est fournie par les capteurs solaires qui couvrent le bâtiment de stockage des intrants. Image Capt’Action79

Image Capt’Action79

Gilles PETIT

COULON (79): Quand l’administration cultive l’absurde à NiortAgglo

Publié le Mis à jour le

Ce n’est pas un conte, ni une légende. Il était une fois un ménage résidant à Coulon (Deux-Sèvres) qui reçoit, en deux lettres distinctes, deux factures d’eau / assainissement, datées du 27 octobre 2015, émises par le Syndicat des Eaux du Vivier (SEV), siégeant à Niort, payable au Trésor Public. Réglées en ligne sur le site tipi.budget.gouv.fr, le 24 novembre 2015, l’une d’elle fait aujourd’hui l’objet d’une procédure de recouvrement énigmatique émanant d’un huissier deux-sévrien. Récit d’une partie de ping-pong entre trois services administratifs arbitrée par les consommateurs concernés. Pour un montant total de 41,45 €.

La famille coulonnaise a reçu un courrier, daté du 5 mars 2019, provenant d’une société d’huissier gâtinaise.

Telle que la lettre simple est arrivée, « dans un premier temps nous l’avons jetée dans notre bac à papiers recyclables car nous pensions à une tentative de fishing. Et je m’apprêtais à le signaler aux autorités compétentes. Comme nous n’avons rien à nous reprocher, à notre connaissance », commente le destinataire.

Ce qui les a trompés, c’est d’abord l’enveloppe neutre dénuée de toute indication d’expéditeur sans oblitération postale faisant foi en cas de litige sur la réception et envoyée depuis Paris Sud PIC. Ce genre d’enveloppes éco’pli que l’on peut recevoir régulièrement renfermant ou pas des publicités et autres sollicitations.

Le courrier mentionne la société éditrice, avec son adresse, sans nom d’huissier, sans raison sociale (SIRET, code APE . . .); des lignes sans signification pour le commun des mortels; sans chiffrage ligne par ligne; laissant paraître une ligne « Frais » (« Les frais sont payés par le client, c’est à dire celui qui a recours à l’huissier, sauf décision judiciaire contraire », selon le Guide de l’huissier de justice publié par ooreka, page 16. La nomenclature de ce guide affiche un tarif minimum d’assignation de 40 €); et un montant de recouvrement de 29,54 €, sorti d’on ne sait où, affichant un « prix » se terminant par neuf, seuil psychologique pratiqué dans le commerce et par les arnaques. Il s’agit d’une facture non conforme qui ressemble à un montage de plusieurs photocopies en noir et blanc. Qui, en plus, menace d’une saisie.

« La signature ainsi que le sceau sont de simples représentations que je dirais photocopiées, » estime le Coulonnais qui ajoute « vous savez qu’un sceau est une empreinte destinée à garantir l’authenticité d’un document ou d’une information, et à rendre évidente son éventuelle divulgation ou son altération. La signature et le sceau doivent être propres et originaux sur un document officiel. »

« S’il s’avère que nous avons une dette (c’est possible !), nous la règlerons directement au(x) service(s) concerné(s). Tout ça pour une vingtaine d’euros. C’est absurde, » concluent les intéressés.

Faut-il accorder un quelconque crédit à cette demande de recouvrement ? La question a été posée à la société d’huissier concernée et à la présidente de la Chambre départementale des huissiers. Sans réponse de l’une ou de l’autre, à l’heure où nous publions ces lignes.

L’histoire pourrait s’arrêter là. Mais, l’administration, faisant parfois compliqué au lieu de faire simple, a divisé la facture et multiplié les problèmes. Suivez bien.

On l’a dit, le système de paiement d’une des factures n’a apparemment pas fonctionné. Les faits remontant à quatre ans, les justificatifs informatiques ont disparu. Seuls, les relevés bancaires sur papier que la famille conserve sur dix ans, mentionnent le paiement de la première facture (323,92 €), mais pas celle en question qui concerne une habitation en cours de rénovation. Donc, les Coulonnais veulent désormais s’acquitter de cette dette. Or, la Trésorerie de Niort-Sèvre municipale avait adressé, en deux envois, deux lettres de relance datées du 26 janvier 2016 concernant la dite facture due de 41,45 €.

Pourquoi deux lettres de relance pour un même « Avis de sommes à payer » ? La SEV a expliqué : « Le montant total de la facture de 2015 était de 41,45 €, comportant de l’eau potable (SEV : 21,41 €) et de l’assainissement (CAN : 19,43 €), ainsi que des redevances dues auprès de l’Agence de l’Eau (0,41 €). Les sommes dues à divers titres ou à divers débiteurs ont été éclatées en deux relances, l’une pour la partie «eau potable» et les «redevances dues auprès de l’Agence de l’Eau» (29,54 €), l’autre pour l’assainissement (19,43 €). Cette dernière pourrait faire l’objet d’un prochain courrier d’huissier car, actuellement, vous avez été relancé uniquement sur la partie eau potable et les redevances dues auprès de l’Agence de l’Eau» (29,54 €). La somme des deux montants dus (19,43 € et 29,54 €) ne correspond pas à la facture initialement émise (41,45 €) car, sur la dernière facture reçue de 29,54 € figurent des frais d’huissier. » Rappelons que ces frais sont dus par le donneur d’ordre. Il reste à payer la partie assainissement.

Pour bien comprendre l’absurde de la situation : Imaginons une facture d’épicerie non payée. Le rayon crémerie envoie une lettre de relance au consommateur fautif, le rayon boucherie fait une démarche semblable, le rayon boulangerie aussi, et ainsi de suite. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?!

« Lors des relances que nous avons reçues, le 23 février 2016, une personne au bureau d’accueil de la SEV nous avait expliqué que c’était un problème de répartition des sommes perçues entre les deux services eau-assainissement, qu’il n’y avait pas à s’inquiéter. Quant au service de la CAN, il devait étudier le sujet. Nous n’avons pas insisté, nous avons fait confiance, » se souviennent les Coulonnais. Trois ans après, les paroles se sont envolées et les écrits ont disparu.

En l’état actuel de l’enquête, il s’avère que le système de paiement tipi-budget a failli, que quelqu’un de la SEV a failli, que la Communauté d’Agglomération du Niortais a failli. Et que ces abberrations retombent sur l’usager. La famille est disposée à régler la somme demandée sur la facture originale, sans aucun souci, ni retard, auprès de la Trésorerie. Mais elle n’accepte pas le recouvrement demandé. « Notre intégrité est mise en cause. »

Pour l’heure, le service assainissement et eaux pluviales de NiortAgglo et le service facturation du Syndicat des Eaux du Vivier renvoient la responsabilité de cet imbroglio à la Trésorerie de Niort-Sèvre municipale – Amendes. Organisme public qui semble sourd et muet, mais certainement pas aveugle. Quant aux huissiers deux-sévriens, ils n’ont pas encore donné signe de vie. Et dire que nous avons relayé la campagne de communication que cette corporation a largement diffusée cet hiver dans les médias nationaux.

Nous réactualiserons cet article au fur et à mesure de l’évolution de cette affaire.

 

Gilles PETIT

Saint-Georges-de-Rex (79), l’ancien maire René MATHE a participé au « grand ouvrage de la vie » du Marais Poitevin

Publié le Mis à jour le

A propos de « son » Marais, René Mathé disait à qui voulait l’entendre : « le travail laborieux de l’homme, c’est les pyramides ! Le Marais chez nous est un milieu construit, bâti et il faut toujours, toujours, le travailler, l’entretenir, le sauvegarder ! » René Mathé, ancien maire de Saint-Georges-de-Rex, est parti le 1er février 2019, à l’âge de 72 ans. Sans aucun doute, il continuera à veiller sur cette cathédrale de verdure qu’est le Marais Mouillé du Marais Poitevin.

A Coulon, le 15 juin 2014, l’ancien maire de Saint-Georges-de-Rex, René Mathé participait à la remise au Syndicat mixte du label Parc Naturel Régional, par la ministre Ségolène Royal. Photo PNRMP

Mardi 5 février 2019, 10h30, le centre du village de Saint-Georges-de-Rex est fermé à toute circulation automobile. Dans un grand silence, des dizaines de personnes convergent vers le parvis de l’église. Une église trop petite pour accueillir tout ce monde venu de l’ensemble du Marais Poitevin et de la couronne niortaise, dont beaucoup de responsables politiques et d’anciens élus. D’ailleurs, la municipalité locale avait prévu cette affluence en installant un tivoli ouvert, équipé d’une sonorisation permettant de participer à la cérémonie.

Au micro, Clément, l’un des trois enfants du couple René et Jeannick Mathé, a retracé la « carrière » de son père : « Une sensibilité pour ton prochain aura été l’un des moteurs de ton engagement pour ta communauté. Je pense que les Rexois peuvent en témoigner : cinq mandats, 31 ans à la mairie et des réélections à plus de 80% aux premiers tours. » Parallèlement, René Mathé compte 35 ans d’activité au sein du Syndicat mixte du Parc, d’abord Interrégional, puis Naturel Régional, du Marais Poitevin, en charge de l’architecture et de l’urbanisme. Sans oublier son poste de secrétaire au Syndicat intercommunal à vocation unique des Grands Travaux du Marais Poitevin, dont il fut l’un des artisans avec la présidente Mme Ségolène Royal. Des Grands Travaux lancés, le 4 février 1992, par M. François Mitterrand, alors président de la République française.

Clément poursuit : « Nous nous retrouvons donc à Saint-Georges-de-Rex, ce petit village du Marais Poitevin, à quelques kilomètres d’Irleau où tu as vu le jour le vendredi 5 avril 1946 et où, surprise pour la famille Mathé, vous êtes arrivés à deux, Jacques et René. Des jumeaux rejoignant leurs parents Roger et Madeleine et le frère aîné André. »

En mai 1994, René Mathé, alors maire depuis 11 ans, constatait que les projets de Saint-Georges-de-Rex prenaient déjà forme grâce à l’adhésion de sa commune à la Communauté d’Agglomération de Niort. Photo C.O.

Dans un film vidéo, diffusé sur Internet (Dailymotion), René Mathé raconte « je suis né dans le Marais , toute ma famille maternelle et paternelle est liée à ce territoire. J’ai même eu un arrière-grand-père qui a été maire de la commune d’à côté et ma famille était liée aussi à une production du bois, les bois du Marais, les usines de scierie, le contreplaqué que, moi étant enfant, j’ai pratiqué, y compris sur le terrain avec l’exploitation du bois, les chantiers, les abatteurs, donc je suis vraiment un enfant du pays. »

Cependant, René Mathé n’a pas travaillé dans l’entreprise familiale. Selon son fils, « malgré des études loin de nos conches, frênes têtards et peupliers, malgré les voyages pour découvrir culture et patrimoine aux quatre coins du monde, le soixante-huitard revient s’installer avec sa belle dans le Marais. » Puis, en 1980, il se marie avec Jeannick, une Bretonne qui lui donne Clément, Capucine et Vivien.

Clément enchaîne : « Vient alors le temps du Parc Naturel Régional et des engagements locaux, politique, associatif et militant. [Il] va avancer et combattre avec des valeurs chevillées au cœur et au corps : patrimoine, histoire, écologie, humanité, cherchant le compromis pour ne léser personne, malgré [ses] convictions parfois très tranchées. »

René Mathé : « Ce n’est pas la fin du monde, juste une page qui se tourne et chacun continuera d’écrire et prolongera son histoire dans le grand ouvrage de la vie. »

 

Gilles PETIT

MAGNE 79 : Quand des vœux se réalisent…

Publié le Mis à jour le

Les projets que dessine la municipalité de Magné semblent se concrétiser naturellement avec une facilité déconcertante. De quoi rendre envieuses des communes voisines. De nouveaux terrains à bâtir, de nouveaux habitants, de nouvelles entreprises, de nouvelles associations . . . et une capacité d’autofinancement pour investir, malgré la baisse des dotations d’État.

M. Gérard Laborderie, maire de Magné : « Depuis 2015, j’espère, comme chaque année, débuter cette cérémonie de vœux sur une note légère. Mais malheureusement, l’actualité me l’interdit encore. Les nombreux attentats des années passées, aussi horribles soient-ils, avaient pour conséquence de nous rassembler, politiques de gauche, de droite, syndicats, forces de l’ordre, tous unis pour la France, pour cette liberté de toute nature, contre l’obscurantisme, le fanatisme, sa violence aveugle incompréhensible. Les événements qui agitent notre pays depuis novembre dernier sont d’une autre nature. La révolte dite des gilets jaunes vient de l’intérieur de notre pays. Et nous oppose les uns aux autres, le peuple aux gouvernants, le peuple aux forces de l’ordre, avec un niveau de violence rarement atteint lors de manifestations, faisant voler en éclats la belle unité nationale malheureusement éphémère des lendemains de catastrophes. Les revendications sont nombreuses. Cette révolte exprime un sentiment profond de colère et de désespoir qu’il faut entendre. »

Le premier vœu du maire pour 2019 sera « un vœu d’apaisement de la violence qui sévit en ce moment dans notre pays, et, pour cela, [il] souhaite qu’un véritable dialogue se mette en place avec une écoute réciproque, attentive et une recherche de solutions concertées au bénéfice de plus d’égalité et plus de justice sociale. »

2018

2018 a été une année d’activités particulièrement intenses pour tous, élus et services, mais, regrette M. Laborderie, « la conduite simultanée de nombreux dossiers ajoutée à la gestion quotidienne nécessite beaucoup d’énergie, beaucoup de travail, beaucoup de temps passé et aussi beaucoup de tracasseries car l’administration est lourde et de plus en plus complexe. Elle nécessite de nombreuses compétences dans les domaines administratif, réglementaire, juridique, comptable, fiscal, technique, etc. Dans tous les domaines. » Est-ce pour cela que M. Alain Sauviac a démissionné du conseil municipal, le 26 juin 2018, laissant vacant son poste de 2ème adjoint en charge de la communication et des projets structurants ? Membre non élu de la liste du maire aux municipales, M. Jean-Claude Daroux a été appelé pour compléter le conseil. Les fonctions d’adjoints ont glissé vers le haut, le 3ème devenant le 2ème, et ainsi de suite jusqu’au 5ème. Auparavant « simple » conseiller, M. Jean-Paul Chaudron a été élu, le 3 juillet 2018, 5ème adjoint à la communication. Le maire reprenant la gestion des projets structurants.

La baisse des dotations de l’État diminue les recettes de la commune. Une baisse constante de 2013 à 2017 qui représente quand même 420 000 euros de recettes cumulées en moins dans le budget d’investissement. « Heureusement, soupire le maire, d’autres recettes sont venues atténuer ce manque, dont le PACT [Programme d’Appui Communautaire au Territoire] de la CAN [Communauté d’Agglomération du Niortais] d’un montant de 230 000 euros sans lequel nous n’aurions pas pu terminer l’aménagement du centre-bourg. » La municipalité a également bénéficié d’une subvention de 80 % dans le cadre du dispositif TEPCV [Territoire à Énergie Positive pour la Croissance Verte], pour le remplacement de la totalité des 516 points lumineux d’éclairage public par des LED [Diodes Électro Luminescentes] permettant des économies annuelles de plus de 60 % sur les consommations d’électricité. Un investissement amortissable sur environ trois ans.

M. Laborderie précise : « Nous sommes donc contraints à une gestion toujours plus rigoureuse de nos dépenses. Pour cela, la recherche d’économies que nous menons depuis 2008, avec une intensité accrue depuis 2014, nous permet de dégager chaque année une capacité d’autofinancement, grâce à laquelle nous pouvons conduire les projets, sans recours à l’emprunt, sauf pour la ZAC [Zone d’Activités Commerciales] de la Chaume-aux-Bêtes, bien sûr. Et toujours sans augmentation de la part communale des impôts locaux depuis 2010, conformément à notre engagement de campagne. Et ce sera maintenu en 2019. »

La traversée du centre-bourg de Magné a été réaménagée. Photo Gilles PETIT
Des associations sont maintenant logées au rez-de-chaussée de cet immeuble, Place de Weitnau. Photo Gilles PETIT

L’année passée a vu de nombreux projets se concrétiser dont la refonte de l’espace public du centre-bourg, à savoir la sécurisation de la circulation, l’embellissement du village et l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Le deuxième gros chantier a été l’aménagement d’un tourne-à-gauche sur la Route départementale n°9, direction Coulon, afin de sécuriser le carrefour avenue du Marais Poitevin / chemin de la Chaume-aux-Bêtes / rue du moulin / chemin de Franc-Girouard. Autre grand chantier, la création d’un pôle associatif autour de la Place de Weitnau. En effet, déplacés vers le pôle commerces et services dans la ZAC de La-Chaume-aux-Bêtes, le Crédit Agricole, la pharmacie et La Poste ont laissé des locaux vides d’une surface totale de 450 m². La municipalité leur a vite trouvé une nouvelle utilisation : héberger les associations précédemment logées dans des locaux dont la mise aux normes de sécurité et d’accessibilité aurait nécessité un investissement disproportionné.

2019

Organisée en 2018, la première fête du pain autour du four à pain rénové par l’association Les Amis du Four à Pain et le savoir-faire de son président Roger Bodet devrait avoir une seconde édition lors des Journées du Patrimoine 2019. Photo Gilles PETIT

« Il y aura encore des travaux en 2019, annonce M. Laborderie. Le premier chantier qui va démarrer très vite sera la 4ème tranche de requalification des espaces publics du centre-bourg. Il s’agit de la partie sud de la Grande-Rue depuis l’avenue du Marais Poitevin jusqu’à la rue du Clouzis. Toujours avec les mêmes objectifs : sécurisation, accessibilité avec un large trottoir du côté boulangerie et embellissement de la commune. Un chantier de trois mois. L’autre chantier qui va aussi démarrer, c’est l’extension de la zone habitat de la ZAC de La-Chaume-aux-Bêtes avec la création de sept nouveaux terrains viabilisés d’une surface comprise entre 500 m² et 850 m², situés en prolongement des maisons déjà construites. A l’arrière du centre de formation, ouvert l’année passée, le bailleur social 3f Immobilière Atlantic Aménagement va construire douze logements sociaux du T2 au T4. Ce seront des logements particulièrement économes en énergie qui auront le label de maisons passives. Du côté du pôle commerces et services, un second bâtiment devrait sortir de terre juste à côté du bureau de presse. Les choses bougent aussi concernant le projet de pôle médical. C’est un projet très difficile à monter puisque ce n’est pas le genre de projet qu’une commune peut monter toute seule car il faut nécessairement une implication des professionnels médicaux. Un terrain est réservé à une maison de santé juste derrière l’actuel bureau de presse. »

Par ailleurs, un sentier du patrimoine verra le jour. Baptisé « De port en port », cette création permettra, sur deux kilomètres environ, de découvrir, à pied ou à vélo, le patrimoine, l’histoire et même une légende de Magné autour de l’eau. Les promeneurs seront invités à suivre un parcours balisé à l’aide de « clous » en bronze placés dans le sol. Un service d’aide sociale à l’écriture est déjà en place dans le cadre du CCAS [Centre Communal d’Actions sociales]. Il est entièrement gratuit sur rendez-vous par une écrivaine publique un jeudi sur deux en alternance avec son bureau de Coulon. Enfin, l’installation de la fibre optique va débuter par l’installation de six armoires de connexion couvrant l’ensemble de la commune. 580 logements magnésiens seront éligibles fin 2019, la commune sera couverte à 80 % fin 2020 et 100 % en 2022.

Les îlots directionnels de l’avenue du Marais Poitevin avaient été ensemencés, dans le cadre du fleurissement de la commune. Malheureusement, la faible épaisseur de terre a fait que ça n’a pas fonctionné et la sécheresse de l’été n’a pas arrangé les choses. Il a été décidé de les recouvrir de béton et il reste à les peindre au printemps pour une meilleure visibilité. Photo Gilles PETIT

Côté environnement, le maire explique : « Cela fait deux ans que l’usage des pesticides pour l’entretien des espaces publics et notamment les trottoirs est interdit. La nature reprend peu à peu ses droits. C’est particulièrement visible sur les trottoirs de certaines rues qui verdissent sur la totalité de leur surface. Il est indispensable de changer notre regard sur ces herbes, certes indésirables mais qui témoignent d’un sol sain et, par là même, d’une nappe phréatique moins polluée. C’est important si nous voulons laisser une planète vivable à nos descendants. Cette année encore et les suivantes, particulièrement au printemps, les agents municipaux feront le maximum. » M. Laborderie demande à tous ceux qui le peuvent d’entretenir le trottoir devant chez eux, « sans pesticide, bien sûr. »

Une dernière information, la médiathèque a été transférée à la CAN le 1er janvier 2019. Dans le cadre de ses compétences optionnelles, la CAN a pris celles des équipements sportifs et culturels d’intérêt communautaire et la médiathèque, inaugurée en septembre 2015, remplissait les conditions pour ce transfert. La CAN assurera donc désormais l’entretien et la charge relative au bâtiment comme c’est déjà le cas depuis 2014 pour la piscine communautaire.

Le maire de Magné ajoute « modestement bien que sincèrement, que 2019 nous garde aussi la santé si précieuse et dont on n’apprécie la valeur réelle que le jour où elle se dégrade. Et en disant cela, [il] pense à toutes celles et ceux qui auraient sans doute aimer être présents à cette soirée de vœux et qui en sont empêchés par la maladie, la souffrance, l’isolement ou la précarité. »

En conclusion, M. Laborderie adhère aux vœux prononcés par Jacques Brel le 1er janvier 1968 sur la radio Europe 1. « Il y a 51 ans mais ils n’ont pas pris une ride et il m’a semblé qu’un peu de poésie ne pouvait que faire du bien par les temps qui courent, alors que les turpitudes de la vie quotidienne nous font oublier l’essentiel de ce que nous sommes et pourquoi nous vivons ». Jacques Brel : « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences, je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fiers de l’être et heureux car le bonheur est notre destin véritable ! »

Gilles PETIT

SANSAIS – LA-GARETTE (79) : des vœux, un thème « Donne moi ta main ! »

Publié le Mis à jour le

« On va zoomer sur 2019 puis, tous ensemble, on sortira de notre marais, de notre commune, de notre département, parce qu’on appartient à un ensemble qui s’appelle la France, qui s’appelle l’Europe, qui s’appelle la planète. Enfin, on va émettre des vœux, des souhaits pour que les hommes vivent en paix », annonce d’entrée, en guise de vœux, M. Rabah Laïchour, le maire de la commune de Sansais – La-Garette.

Ici la mairie de Sansais semble somnoler, mais, derrière cette façade, la municipalité travaille. Photo Gilles PETIT

Devant un parterre d’une centaine de personnes réunies samedi 19 janvier 2019 dans une petite salle du complexe touristique de La-Garette, M. Rabah Laïchour a d’abord dressé la liste des travaux réalisés sur sa commune en 2018. Il a débuté par la mise en sécurité à Sansais du carrefour des routes du Vanneau et de La-Garette, et du « plateau-ralentisseur » routier construit devant la mairie et l’église. A été aussi aménagée une salle d’activités sous le préau de l’école, opérationnelle depuis la rentrée scolaire. A cette occasion, une ancienne salle de classe a été transformée en salle de restauration pour les enfants de l’école.

Toujours à Sansais, dans le cadre du « zéro pesticide » un carré a été végétalisé et, dans un ou deux mois, un second bénéficiera aussi de cette végétalisation, avec l’aide d’un paysagiste professionnel.

Sur le site de La-Garette, un programme de plantations se poursuit, entre autres, avec l’association Maraisthon et la société Agentis partenaire de cette course pédestre qui « parle du Marais au-delà des frontières européennes, et même d’autres continents. »

Après le village de La-Garette, lequel est raccordé depuis très longtemps à la station de la commune voisine de Magné, Sansais bénéficie enfin de l’assainissement collectif. Le réseau et sa station d’épuration de type « filtres plantés de roseaux », d’une capacité de 600 équivalents-habitants, seront en fonctionnement en janvier. « Maintenant les toilettes au fond du jardin, logiquement c’est fini. Et quoi que l’on dise, heureusement que nous appartenons à un ensemble qui s’appelle la CAN [Communauté d’Agglomération du Niortais] puisque ce projet a été porté par l’intercommunalité. La commune de Sansais toute seule n’aurait pas pu mettre 1,450 million d’euros sur la table pour construire une telle station », a précisé le maire.

Côté santé, M. Laïchour s’enorgueillit: « Nous avons trois kinésithérapeutes et une infirmière. Dans les semaines qui viennent nous accueillerons deux autres professionnels de santé dont, nous espérons, un médecin généraliste. C’est notre objectif, ou alors voir avec les médecins des communes alentour s’ils ne peuvent pas assurer des permanences. »

« Pour les écoles, il y a quelques années, l’État nous a dit : la scolarité, c’est quatre jours par semaine ; quelques années après, c’est quatre jours et demi ; et depuis, vous avez le choix, » s’est étonné le maire. « Nous, on est passé à la semaine des quatre jours, par contre on n’a abandonné ni les parents, ni leurs enfants parce qu’on a proposé, avec nos collègues d’Amuré, mais aussi de Bessines pour le centre de loisirs, des activités le mercredi. Les parents peuvent déposer leurs gamins le mercredi matin dès 7h30 à la garderie. Ensuite il y a des activités assurées par des bénévoles ».

M. Laïchour a omis d’informer que le Syndicat Intercommunal à Vocation Scolaire, (SIVS) qui unissait les écoles d’Amuré, de Sansais – La-Garette et de Saint-Georges-de-Rex, a implosé fin 2017. En effet , les deux premières communes citées ont remis en cause le fonctionnement de cette structure créée dans le cadre d’un Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI). Depuis, Sansais – La-Garette et Amuré roulent en tandem dans le sens opposé, vers les loisirs proposés à Bessines. Se retrouvant isolée, Saint-Georges-de-Rex s’est tournée vers la commune voisine de Saint-Hilaire-La-Palud, laquelle l’a acceptée. Ces deux municipalités vont fonder une nouvelle organisation à compter de la rentrée 2019/2020, afin de répondre à l’obligation de l’accueil scolaire.

Lorsque la scolarité au SIVS était aussi le mercredi matin, le conseil municipal de Sansais – La-Garette du 28 août 2008 avait choisi adhérer au SIVU Coulon-Magné qui gère un espace petite-enfance et assure les centres de loisirs de mi-semaine et durant les vacances. Arguant de la fragilité du budget de la commune et, entre autres, la très faible fréquentation du centre de loisirs du mercredi par les enfants de Sansais, les élus locaux ont décidé de demander le retrait de leur commune du SIVU Magné-Coulon-Sansais – La-Garette, à compter du 1er janvier 2017. Le comité syndical n’est pas contre ce retrait mais il demande le règlement d’une importante « dette » due par Sansais – La-Garette. A notre connaissance, l’affaire est dans une impasse. Nous y reviendrons dans une prochaine édition.

Côté sécurité incendie, « Quand il y a le feu sur la commune, on appelle Niort », signale M. Laïchour qui ajoute « les pompiers mettent combien de temps pour arriver ? Parfois une demi-heure oui ! Souvent, ce sont ceux du Vanneau-Arçais ou ceux de La-Gorre qui viennent. Donc, nous avons décidé d’adhérer au syndicat CPI [Centre de Première Intervention] de la Courance. Nous sommes désormais quatre communes avec Frontenay-Rohan-Rohan, Amuré – La-Gorre et Épannes. »

La commune contribue au budget du SDIS (service départemental d’incendie et de secours), cette contribution s’élève pour 2018 à 14 033,96 €. Cette somme est déterminée depuis 2013 selon les critères de population DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) pour 40%, potentiel financier pour 30%, revenu de la population pour 30%. Des dégrèvements viennent s’appliquer dont l’appartenance à un CPI. Le budget communal va donc bénéficier d’un dégrèvement.

La fibre arrive

L’année 2019 débute par une bonne nouvelle : la fibre arrive à la fois à La-Garette et à Sansais. « C’était écrit dans les petits papiers de la première CAN (Communauté d’Agglomération de Niort), » rappelle le maire. « Les 29 communes devaient disposer de la fibre au plus tard en 2020. Et nous, on était programmé pour 2019. La CAN a tenu ses promesses. Il y aura une armoire à La Garette à côté de la piscine et une à Sansais près de la mairie à la place de l’ancienne cabine téléphonique. La fibre va arriver chez nous et donc les pigeons voyageurs c’est fini ! »

« Donne moi ta main »

M. Rabah Laïchour a ensuite ouvert en grand un autre volet de son intervention que l’on pourrait intituler « Le coup de gueule d’un maire ! ».

« Pour faire la transition, que se passe-t-il autour de nous ? D’abord il y a l’actualité internationale. Aujourd’hui, il y a le désespoir un peu partout et on ne peut pas dire qu’on n’est pas concerné. Pourquoi ? Parce que ce matin, vous avez tous pris un café, je suppose ?! Ce café arrive de l’autre bout du monde. Ce matin, vous avez peut-être pris des tartines de pain avec du beurre. Le pain est fait à base de blé. Les prix sont fixés par des marchés internationaux qui se trouvent à l’autre bout du monde. On ne peut pas vivre tout seul comme ça, en autarcie, on est concerné par tout ce qui se passe dans le monde. Le terrorisme; on est concerné. Aucun pays n’est épargné. On ne peut pas rester indifférent. Les migrants; en 2018, il y a eu 2200 migrants morts en Méditerranée. C’est plus que les victimes du terrorisme. Ce que les politiques appellent le populisme; on est aussi concerné parce qu’on dépend de l’Europe. En fonction de ceux qui vont décider demain à Strasbourg, à Bruxelles, des aides aux agriculteurs, des normes pour les communes, etc, on est dépendant de ça. Donc, on ne vit pas seuls.

« L’autre désespoir aujourd’hui, c’est, d’une part, le blues des maires des petites communes. On leur donne de moins en moins de moyens, mais on leur dit, il faut proposer toujours plus de services pour vos administrés. Ce n’est pas possible. La colère noire des gilets jaunes. Les bassines. L’hôpital : si on allait tous tout de suite (nous sommes quatre-vingt à cent personnes, peu importe) aux urgences à l’hôpital. On ferait la queue. Le dernier d’entre nous passerait peut-être dans deux jours, et encore… . C’est aussi un peu le désespoir. J’ai pris cela comme exemple, j’aurais pu en citer d’autres. Au dessus de tout ça, il y a Thomas Pesquet. Lui, a pris de la hauteur, il a regardé et il nous a dit : terriens, arrêtez vos bêtises, moi je vous regarde. D’abord, il ne nous a même pas vus parce qu’on est tellement petits, il a vu la terre mais il n’a pas vu les habitants de Sansais, de La Garette, il a regardé la terre dans son état. Aucun d’entre nous n’est venu de Mars ou Jupiter, nous sommes tous sur cette planète Terre. Et sur cette planète Terre, imaginez : vous habitez à Sansais et vous ne vous entendez pas avec votre voisin, qu’allez-vous faire ? Vous allez appeler le maire. Le maire va vous dire appelez la Gendarmerie. Quand les gendarmes arrivent, ils vont vous dire, le pouvoir de police c’est le maire qui le détient. Vous revenez voir le maire. Après vous pouvez dire, finalement à Sansais les voisins ne sont pas sympas, je vais aller habiter à Magné. Mais à Magné, vous allez transférer le problème sur mon collègue de Magné. Vous ne pourrez pas dire, je vais habiter sur un autre planète. Nous sommes condamnés à vivre sur la planète Terre et seulement sur la planète Terre.

« Le premier vœu que nous pouvons émettre : un monde sans terrorisme. Mais non, ça ne marchera pas. Parce qu’une des premières industries est l’industrie de l’armement. Donc il faut vendre des armes. Dans le top 10 des plus grands vendeurs d’armes au monde, la France est en quatrième position. Il faut que le jeu continue. Si on ne veut plus de terrorisme, il ne faudra plus fabriquer d’armes.

« Un autre vœu : la fin des murs. C’est bizarre parce qu’il y a des murs qui tombent (Berlin, les deux Corées); mais pendant ce temps, ailleurs, on a le truand Donald Trump qui s’accroche à son mur ; vous avez un mur au Proche-Orient; c’est Israël qui en construit un pour éviter que les Palestiniens reviennent chez eux.

« Un autre espoir, c’est un monde sans guerre. Un autre espoir, c’est un monde sans pollution, il y a ce que l’on appelle un 7ème continent. On est en train de rêver, mais peut-être que certains vont se réaliser si chacun fait son petit bout à son niveau. Un autre espoir, c’est un monde sans pesticide, les pesticides tuent plus de personnes que les terroristes. Un autre espoir : la fin des actes gratuits et irresponsables, parce qu’il y a des choses qui se passent chez nous (saccage d’un appareil distributeur automatique de pain, vol de plantations, . . .), on espère qu’il y aura moins d’incivilité. Nous avons reçu dans nos boîtes à lettres un papier, non signé, distribué au mois de novembre. Il y a eu un deuxième papier et dans celui-ci on nous dit M. le maire vous n’avez pas répondu ! Comment voulez-vous que je réponde à un inconnu, ce n’est pas possible, il n’est pas signé, c’est un manque de courage, lamentable. Un autre espoir, c’est moins d’inégalité. « Face aux gilets jaunes, des maires français déstabilisés ! » a titré un journal. Pourquoi les maires ? Ce monsieur, cette dame, ce n’est pas le maire qui les a nommés ou a fixé leur salaire. Les maires n’y sont pour rien dans cette histoire, c’est le gouvernement qui les nomme, qui fixe leur rémunération. Autre titre : « Malgré la baisse du pétrole, Total a réalisé 8 milliards de dollars de bénéfices en 2016. » On marche sur la tête. Le prix du baril diminue, le prix de l’essence à la pompe augmente. Il y a la colère des gilets jaunes, il faut que les maires viennent éteindre le feu. Nous, on n’y est pour rien dans cette affaire. Vous voyez, c’est plus compliqué qu’on nous le dit. C’est bien facile de botter en touche, de dire c’est pas moi c’est les autres.

La patate chaude.

« On nous donne la patate chaude maintenant. Vous, les maires vous allez organiser des réunions, vous allez mettre des cahiers de doléances. Nous, à la mairie, on a une chemise pour mettre les doléances. « Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés par rapport à leur utilité ? » Je vais vous faire une proposition : la mairie est un service public, on va fermer la mairie pendant un mois, est-ce que vous êtes d’accord ? Notre ami qui est là-haut n’est pas né de la dernière pluie parce qu’il dit notamment : A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ? Ça veut dire qu’il faudra que vous apportiez des solutions pour ces nouveaux services donc il demande à la population. L’argent se trouve où ? Voilà la vraie question. »

Malgré cela, la vie continue. En 2019, il y a un recensement de la population de la commune, des animations, des spectacles, des activités sportives, une ferme pédagogique, le Maraisthon (15 et 16 juin 2019), les Foulées du Marais (19 mai 2019), du théâtre, l’allée enchantée. . . .

Le dernier mot est revenu à Madame Dominique Pougnard, conseillère départementale des Deux-Sèvres : « Bob Marley disait : la vie est une longue route jalonnée de panneaux indicateurs et je vous souhaite d’éviter ceux de l’indifférence, de la haine, de la méchanceté, du repli sur soi et de prendre celui de la solidarité, de l’amitié, de la fraternité, de l’ouverture aux autres. »

Enfin, M. Rabah Laïchour a conclu cette cérémonie des vœux en diffusant ce clip-vidéo du chanteur Claudio Capéo interprétant « Ta main » :

 

Gilles PETIT