Pays de Fontenay-le-Comte
FONTENAY-LE-COMTE (85) : mise en service du premier crématorium du Sud-est Vendée
Construit en un temps record à Fontenay-le-Comte (Vendée), le premier crématorium du Sud-est Vendée répond à « un besoin en constante évolution ». Ce service public de proximité ouvre, ce début d’octobre 2025, pour les 96 000 habitants d’une zone allant de Luçon à Chantonnay (Vendée).
« Le service public de la crémation est un sujet d’actualité, mais aussi d’avenir. Au deuil, un moment douloureux, s’ajoute une problématique logistique pour les familles et les proches des défunts. Dans un esprit de responsabilité, notre collectivité a décidé de répondre à cette attente et à ce besoin », estiment les délégués de la Communauté de communes Pays de Fontenay-Vendée. Selon une étude, « le taux de couverture sur le sud-est de la Vendée est relativement faible. » Jusqu’à présent, les familles se déplaçaient à Niort, La Rochelle ou La Roche-sur-Yon.

Une construction très rapide
Le 30 juin 2021, le Conseil communautaire du Pays de Fontenay-Vendée a délibéré et pris une compétence en matière de création et de gestion d’un crématorium. En effet, la création et la gestion des crématoriums relèvent des communes ou des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui sont « seuls compétents pour créer et gérer, directement ou par voie de gestion déléguée, les crématoriums et les sites cinéraires destinés au dépôt ou à l’inhumation des urnes ou à la dispersion des cendres ». Le 11 juillet 2022, les délégués ont décidé « à l’unanimité de recourir à la gestion déléguée, par une concession, pour la construction et l’exploitation d’un crématorium ».
Un marché de délégation de service public ayant été lancé très vite, avec un cahier des charges très précis, trois candidats ont répondu à l’appel d’offres. Le 17 juillet 2023, le Conseil a retenu la proposition du groupe basque Etchart. Le projet proposé par la société Credge (Crématoriums du Groupe Etchart) s’étend sur dix-neuf mois avec la création d’un bâtiment équipé et de ses abords pour accueillir le public et organiser des crémations. A ce délai de construction s’ajoute une délégation d’exploitation de 28 ans qui stipule que « le concessionnaire est autorisé à percevoir directement des redevances auprès des usagers, conformément aux tarifs fixés en accord avec la Communauté de communes ». A Fontenay-le-Comte, le tarif annoncé serait de 790 € pour une crémation adulte, la moyenne des prix pratiqués dans la proche région étant de 738 €.

La réalisation des neuf ModulesM, de 15 tonnes chacun, fabriqués sur mesure (12 mètres de long, 3 mètres de large et 4 mètres de haut) du crématorium a commencé en usine, début 2025. Ces blocs ont été installés à Fontenay-le-Comte mi-avril 2025, par cinq à six monteurs et un grutier. Durant trois jours, l’équipe a déchargé neuf camions semi-remorques surbaissés, arrivés en convoi exceptionnel. Le crématorium, de 302m² d’emprise au sol, a été mis en service le 2 octobre 2025.
Une inauguration officielle avant des demi-journées portes ouvertes

Jeudi 2 octobre 2025, MM. Ludovic Hocbon, président du Pays de Fontenay-Vendée et Alain Etchart, président du Groupe Etchart, ont inauguré le 4eme crématorium de Vendée en présence des 25 maires du Pays de Fontenay-Vendée.
Tout de bois vêtu, extérieur et intérieur, le crématorium dispose d’une salle de cérémonie qui semble dégager une atmosphère apaisante. Une ambiance pouvant être accentuée par des lumières tamisées. Les banquettes peuvent accueillir une centaine de personnes et une cinquantaine d’auditeurs peuvent assister debout adossés au mur du fond. L’équipement est complété par « un salon des retrouvailles », une petite pièce ouvrant sur une terrasse extérieure.



Le bâtiment est entouré d’un hectare de pelouse, sur laquelle 300 arbres et arbustes ont été plantés. Ce jardin des souvenirs aura « différentes ambiances végétales », a assuré le directeur d’exploitation du groupe Etchart M. Jean-Emmanuel Dufrène.
« C’est un nouvel équipement structurant pour notre territoire qui se développe avec de nouveaux habitants et des entreprises qui s’implantent. Il faut que nous ayons des services à leur proposer dans tous les domaines, y compris celui des funérailles », conclut M. Ludovic Hocbon, président du Pays de Fontenay-Vendée, également maire de Fontenay-le-Comte.
Gilles PETIT
FONTENAY-LE-COMTE 85 : l’École Intercommunale de Musique restaurée renommée « LE 34 »
Installée à Fontenay-le-Comte (Vendée) dans l’ancien collège Viète, l’Ecole Intercommunale de Musique a désormais une entité « LE 34 ». Un nom qui reprend son adresse le n°34 rue Rabelais. Un nom qui marque la fin d’un vaste chantier de rénovation XXL chiffré à 12 M€ TTC.

Lors de la soirée d’inauguration, samedi 13 septembre 2025, M. François Bon, représentant la Fondation du Patrimoine, a exprimé son émotion de se retrouver « ici dans la cours de l’ancien collège Viète puisque, en 1961, j’y entrais en 6ème et en suis sorti en 1968 pour passer le baccalauréat. Je revois encore dans l’aile qui n’est pas restaurée [l’aile gauche ndlr], au rez-de-chaussée, le bureau du principal. Dans l’aile centrale, là au coin, le bureau du surveillant général. Et je peux vous dire qu’il valait mieux ne pas être invité à aller dans ces bureaux. Je revois également derrière moi, les classes d’allemand et d’espagnol. En face, les classes d’anglais, de français. A l’étage de cette aile [l’aile droite du bâtiment ndlr], le laboratoire de physique et de chimie. Que de bons souvenirs, des souvenirs qui vous marquent pour toute la vie. A cette époque, on nous recommandait vivement de ne pas nous approcher des façades de l’établissement à cause des risques de chutes d’enduit et de pierre. Il faut dire que soixante ans plus tard tout danger est écarté et pour longtemps puisque la communauté de communes du Pays de Fontenay a entrepris la restauration complète de l’édifice qui avait été reconstruit en 1874 après un incendie. Cet ancien collège Viète est, peut être, l’édifice le plus emblématique de la ville de Fontenay avec son église Notre-Dame. De très nombreux anciens élèves réclamaient depuis longtemps la sauvegarde et un maintien de sa vocation. Face à un tel chantier, la Fondation du Patrimoine ne pouvait pas passer à côté de cet ambitieux projet. Nous devions soutenir ce projet, d’un respect total pour le bâti existant, et vraiment d’une grande élégance avec l’apport du verre, des galeries verrières.
« On aurait pu inaugurer ici un complexe hôtelier ou une résidence seniors, ou autre chose. Mais ce n’est pas le cas, ce n’est pas le choix que les élus du territoire ont fait. L’édifice a, depuis sa toute première existence, été un lieu de formation, d’enseignement. Sa destination n’a pas été changée. Il restera pour des décennies un lieu d’éducation à des disciplines artistiques pour les jeunes et les moins jeunes, et beaucoup d’anciens du collège Viète s’en félicitent. »
En quelques mots, M. Bon a ranimé la flamme de la nostalgie. Une flamme entretenue par M. Gilbert Quéré, l’architecte du chantier : « On a trouvé des noms d’élèves gravés sur certains des chapiteaux de pierre par des gens qui devaient être collés. M. Bon a dû être collé. Si on cherche, on devrait trouver son nom. Dans les combles, on a trouvé des noms de soldats allemands dans une des tourelles car il y avait des allemands de 1941 à 1944. On a laissé ces gravures, des sortes de fresques. Dans une école des arts, des œuvres faites à même le mur, c’est toute une vie. »
Un chantier XXL
« Seize mois de chantier aujourd’hui. Nous inaugurons bien plus qu’un bâtiment, un symbole patrimonial, culturel, littéraire, communément appelé « ancien collège Viète » ou Pôle intercommunal culture et jeunesse », a expliqué M. Ludovic Hocbon, maire de Fontenay-le-Comte, président du Pays de Fontenay-Vendée et conseiller régional des Pays-de-la-Loire.




Ce site unique accueillera deux structures : l’École Intercommunale de Musique et un Accueil de Loisirs Sans Hébergement qui verra le jour dans l’aile gauche en 2026 après la réalisation de la deuxième tranche de travaux, actuellement en cours. Photos Gilles PETIT
M. Gilbert Quéré (photo ci-contre), architecte au Cabinet Quéré-Jouan, avec l’appui de M. Leconte pour le pilotage ont su « prendre un bâtiment ancien avec toutes ses contraintes d’un autre temps, et sublimer les facettes de l’histoire pour les fondre dans la modernité jusqu’à créer un lieu où l’héritage du passé dialogue avec l’avenir dans la tradition fontenaisienne. »

Arsène Charrier
A propos d’architecte, M. Hocbon a cité le nom d’Arsène Charrier, « l’architecte émérite reconnu par ses pairs qui fut celui de la reconstruction de ce collège, lieu élégant et majestueux, en 1874, avant de devenir maire de Fontenay-Le-Comte. Arsène Charrier compte ainsi parmi tous nos illustres personnalités que furent François Rabelais, François Viète, André Tiraqueau, Jean Imbert qui nous léguèrent nos lettres de noblesse dont nous portons aujourd’hui l’héritage mémoriel. »





Les quinze salles ont des ambiances assez différentes. (Photos Gilles PETIT) « On a des espaces qui sont plutôt mats,« détaille M. Quéré. « Les écoles de musique sont davantage construites en direction des enseignants car les enseignants vont passer 6 heures d’affilée, l’élève va y passer trois-quarts d’heure, une heure. Ceci sur quatre jours, quatre jours et demi par semaine. Les professeurs seront plus disponibles car moins fatigués. Et les élèves quand ils sortent des cours et vont dans un endroit un peu plus réverbérant auront l’impression d’avoir beaucoup de talent puisqu’ils auront appris dans des locaux qui ne renvoient pas beaucoup le son. »

M. Hocbon conclut : « Nous devons aussi beaucoup à l’excellente collaboration avec les services des Bâtiments de France, mais surtout nous le devons aux compagnons, aux maîtres, aux artisans des 25 corps de métiers qui auront rénové une surface totale de 5 652 m². Vous êtes les poètes du geste, les gardiens des traditions, les sculpteurs du temps. Dans la précision de vos métiers se lit la beauté d’un patrimoine vivant que vous avez donnée à ce bâtiment, une nouvelle jeunesse. Et vous lui offrez une destinée qui portera votre empreinte pour des décennies. »

Gilles PETIT
« LE 34 » École intercommunale de musique Pays de Fontenay-Vendée 34 rue Rabelais 85200 Fontenay-le-Comte Tél. : 02 51 53 41 64 Courriel : eimd.secretariat@fontenayvendee.fr
Il est possible de verser un don à la Fondation du Patrimoine consacré exclusivement à la restauration des arcades en se rendant sur https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/restauration-des-arcades-du-college-francois-viete-a-fontenay-le-comte ou sur http://www.fondation-patrimoine.org/100232
Association des Anciens Élèves du Collège François-Viète Salle du Parloir n°34 rue Rabelais à Fontenay-le-Comte Président M. Joël Massé tél. : 02 28 13 09 46 courriel : massejubinerie@aol.com
MARAIS POITEVIN : l’itinérance douce sur la Sèvre Niortaise vue par le PNR
« Comment renforcer l’attractivité du Marais Poitevin? » martelait, dès 2010, l’Agence de Développement Touristique (ADT79) des Deux-Sèvres. « En relançant l’activité touristique sur la Sèvre Niortaise et ses bords par l’itinérance douce », répond aujourd’hui le pilote du projet M. Fabrice Laumond, directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR). Il s’agit d’ouvrir la Sèvre Niortaise aux bateaux habitables de façon à proposer un produit nouveau : le tourisme fluvial et fluvestre.
109, 15, 1 300, 14, 9, 5, 11, 2022, ce ne sont pas des numéros de loterie, mais les chiffres-clés du « vrai potentiel de développement du tourisme fluvial et fluvestre » de la Sèvre Niortaise et de ses canaux, selon une étude commandée en 2010 par l’ADT79. 109 km seraient empruntés par 15 bateaux habitables, visant 1 300 navigants. La Sèvre Niortaise compte 14 écluses, dont 11 en fonction (les autres sont implantées sur des tronçons aujourd’hui non-navigables). 9 sont inscrites au programme de restauration dans le cadre du projet de tourisme sur le fleuve. Un projet chiffré à 5 M€ (plus exactement 4,9 M€) pour des retombées économiques totales locales (liées à l’exploitation et aux dépenses des visiteurs à terre) estimées à plus de 11 M€, à l’horizon 2022.
Réuni lundi 4 juillet 2016, un comité de pilotage a entériné le plan de financement et l’engagement de l’ensemble des collectivités et de l’État dans ce « projet structurant pour le territoire ». Siègent au comité, l’État, les Régions Nouvelle-Aquitaine et Pays-de-la Loire, les Départements des Deux-Sèvres, Vendée, Charente-Maritime, l’Agglo du Niortais, des communautés de communes (Vendée-Sèvre-Autize, Aunis-Atlantique, Isles-du-Marais Poitevin, Pays de Fontenay-le-Comte), les Villes de Niort, Marans et Fontenay-Le-Comte.

Trois objectifs
Récemment, devant les élus des communes de Damvix (85) et Coulon (79), M. Laumond a dressé trois objectifs : « Dans un premier temps, il s’agit de diversifier l’offre touristique. C’est vrai que le Marais Poitevin est surtout connu pour sa promenade en barque, l’activité phare. Depuis quelques années, il y a une autre activité en pleine croissance, la promenade à vélo. Un autre produit touristique viendrait renforcer l’attractivité du site, » à savoir naviguer sur la Sèvre Niortaise dans des bateaux habitables. Selon le pilote, « le second objectif est de faire vivre la Sèvre Niortaise. On a pu se rendre compte que le fleuve n’est pas très valorisé sur le plan touristique mais que la navigation permettait de ramener un peu de vie aux activités sur l’axe structurant du Marais. » Le troisième point vise à développer l’itinérance douce compatible avec la préservation du territoire. M. Laumond détaille ce terme : « Itinérance : naviguer entre Niort et Marans ; douce : dans une circulation lente. Les bateaux avancent entre six et huit kilomètres/heure, moins rapides qu’un vélo, parce que la propulsion est électrique, respectueuse de l’environnement. »
« Enfin, c’est faire venir une nouvelle clientèle ». Les habitués relouent régulièrement un bateau habitable et changent de destination (à l’exemple du Canal du Midi, du Canal du Rhin, en France ou à l’étranger). « Le Marais est surtout en dessous de 8 à 10 % de la fréquentation moyenne d’étrangers. On a donc un déficit de fréquentation étrangère dans le Marais, » assure le directeur.
Pour développer le tourisme fluvial dans le Marais Poitevin, l’étude de faisabilité a flashé sur la mise à niveau des infrastructures. « Certes, la Sèvre Niortaise est encore classée dans les voies navigables françaises, mais les écluses en particulier n’étaient pas forcément en bon état », reconnait M. Fabrice Laumond. « Ce travail de normalisation est entrepris par l’IIBSN [Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise NDLR], propriétaire et gestionnaire du domaine public fluvial. »


Actuellement, l’IIBSN travaille au réaménagement de la Cale-du-Port à Niort, le site de départ et d’attache de la flotte des bateaux habitables du Marais Poitevin. Des travaux sont également en cours sur l’écluse de Comporté.
Un tourisme fluvestre
En second point, l’étude a relevé que « la Sèvre est très très peu équipée en haltes-escales ». Une halte-escale est un point auquel un bateau peut accoster et débarquer ses passagers en toute sécurité. « Pourquoi descendre à terre ? » interroge le pilote, « parce que le principal intérêt de la navigation en usage dans un territoire, c’est la complémentarité des activités annexes. La rentabilité ne va pas forcément au loueur de bateaux. » Sur un bateau, les clients ne consomment pas. Il faut qu’ils pratiquent des activités, qu’ils aillent dans des endroits clairement identifiés et aménagés. Ces actions sont appelées le tourisme fluvestre. M. Laumond précise « Le tourisme fluvestre est la complémentarité entre la navigation, activité majeure, et des activités limites comme la visite de la Maison du Marais Poitevin, les restaurants, les balades à vélo, en barque, toutes offres touristiques. »

Le fleuve et deux tronçons
Le directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin est ensuite rentré dans les détails. Le projet initial concerne le bassin de la Sèvre Niortaise entre Niort et Marans, ainsi que deux autres tronçons, de Marans à La Rochelle et de Marans à Fontenay-le-Comte. « Le premier tronçon est intéressant en terme d’attractivité, d’image, le littoral, le patrimoine de La Rochelle, une notoriété qui rayonne au niveau national. » Ce canal n’a jamais été navigué car il était fait pour le transport de marchandises. Un transport rapidement supplanté par le chemin de fer, plus rapide. De plus, il a quelques écluses très étroites non adaptées à la navigation d’aujourd’hui. « Il faudrait installer des passes à bateau à chaque écluse. Une opération chiffrée entre 4 à 5 millions d’euros. »
Le deuxième tronçon concerne essentiellement la rivière Vendée. « Ici, c’est pire », déplore le pilote. « Elle n’a jamais été prévue pour être naviguée ; elle a des barrages non équipés d’écluses ; on est sur les mêmes coûts d’investissement [4 à 5 M€]. L’intérêt financier n’est pas forcément pertinent. » On notera que ces deux tronçons disposent de pistes cyclables longeant les canaux.
Des haltes-escales
Des points d’accostage, appelés haltes-escales, sont prévus sur la Sèvre Niortaise à La-Roussille, Magné, Coulon, La-Sotterie, Le-Mazeau, Damvix, Maillé, Bazoin, les Combrands de Taugon et Marans ; sur le Bief de La-Garenne au port d’Arçais. A partir des écluses de Bazoin, deux canaux sont navigables : le Canal de la Vieille Autize qui remonte vers les haltes de Saint-Sigismond et Courdault. Une ramification est prévue jusqu’à Maillezais par le Canal de la Jeune Autize ; A l’opposé, le Canal du Mignon qui descend jusqu’à Mauzé-sur-Le-Mignon via une halte à La-Grève-sur-Le-Mignon. Une borne de service est prévue sur chaque halte-escale munie de prises électriques 360 volts.
En 2017, l’IIBSN a réalisé des travaux de mise en valeur et de modernisation de l’écluse de La Roussille, près de Niort. Coût : 704 800 € TTC avec un financement d’Etat de 376 100€ et un financement IIBSN de 328 700€ (3 départements).
La première phase d’investissement (4.9 M€ écluses, signalétique, haltes, ports de Marans et Niort) se concentre sur la partie déjà navigable entre Niort et Marans. La rentabilité est calculée sur 15 à 20 bateaux. La location qui sera basée sur la durée, devrait coûter aux clients entre 1 800 et 2 500 € par bateau la semaine, suivant la période. « C’est relativement onéreux, » reconnaît M. Laumond. « Mais il n’y a pas d’hébergement à supporter en plus. Par rapport aux produits sur le littoral, on n’est pas si mal placé. Un bateau jusqu’à six personnes, une clientèle qui n’existe pas sur le Marais. »
Et le bateau.

« Nous sommes partis vers un gabarit plutôt petit par rapport à ce qui se fait ailleurs. C’est un problème de tirant d’air essentiellement », explique le pilote. Le tirant d’air est la limite entre la hauteur du bateau et le niveau de l’eau, important pour le passage des ponts. « Les plus bas sont à 2,40 m au niveau normal de saison, alors que les bateaux des opérateurs connus sont au minimum à 2,60 m. Ce qui obligerait ces opérateurs à faire des bateaux adaptés. Beaucoup de contraintes car ils ne pouvaient pas venir avec leurs bateaux existants. Les élus ont décidé que ce serait la collectivité qui ferait les premiers investissements sur les bateaux car il faut une embarcation spécifique. »
Les caractéristiques techniques du bateau : une motorisation électrique (la tendance du marché, pas de bruit, pas de gaz polluant); des cotes, déterminées par le gabarit de la rivière dont les écluses, 4,15 m de large pour 13 m de long, 2,15 m à 2,40 m de tirant d’air; un tirant d’eau limité à 0,90 m,

une capacité d’accueil de 4 à 6 personnes; deux cabines équipées d’un lit double et deux lits simples, et un salon convertible, qui permet d’accueillir deux couples, deux enfants ou deux familles. Un espace extérieur avec banquettes sur terrasse, un pont supérieur accessible avec un système d’accrochage des vélos. Il serait possible d’embarquer des personnes handicapées mais le bateau ne sera pas adapté aux normes handicapées car « c’est compliqué sur un bateau », dit-on. Ils auraient une autonomie d’environ 90 km et 120 km à 6 km/h, selon le passage des écluses, grandes énergivores. Ils seraient munis de réservoirs de 1000 litres chacun en eau propre et eaux usées. L’emprise au ponton des haltes-escales serait d’environ sept mètres, couple ponton-bateau. Ces bateaux seraient géolocalisés pour aider à une bonne gestion de la circulation.
Photo Gilles Petit