Fontenay-le-Comte

FONTENAY-LE-COMTE (85) : mise en service du premier crématorium du Sud-est Vendée

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Construit en un temps record à Fontenay-le-Comte (Vendée), le premier crématorium du Sud-est Vendée répond à « un besoin en constante évolution ». Ce service public de proximité ouvre, ce début d’octobre 2025, pour les 96 000 habitants d’une zone allant de Luçon à Chantonnay (Vendée).

« Le service public de la crémation est un sujet d’actualité, mais aussi d’avenir. Au deuil, un moment douloureux, s’ajoute une problématique logistique pour les familles et les proches des défunts. Dans un esprit de responsabilité, notre collectivité a décidé de répondre à cette attente et à ce besoin », estiment les délégués de la Communauté de communes Pays de Fontenay-Vendée. Selon une étude, « le taux de couverture sur le sud-est de la Vendée est relativement faible. » Jusqu’à présent, les familles se déplaçaient à Niort, La Rochelle ou La Roche-sur-Yon.

Le premier crématorium du Sud-est Vendée pourrait assurer, en 2050, près de 45% des crémations envisagées dans ce territoire. Illustration Pays de Fontenay-Vendée

Une construction très rapide

Le 30 juin 2021, le Conseil communautaire du Pays de Fontenay-Vendée a délibéré et pris une compétence en matière de création et de gestion d’un crématorium. En effet, la création et la gestion des crématoriums relèvent des communes ou des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui sont « seuls compétents pour créer et gérer, directement ou par voie de gestion déléguée, les crématoriums et les sites cinéraires destinés au dépôt ou à l’inhumation des urnes ou à la dispersion des cendres ». Le 11 juillet 2022, les délégués ont décidé « à l’unanimité de recourir à la gestion déléguée, par une concession, pour la construction et l’exploitation d’un crématorium ».

Un marché de délégation de service public ayant été lancé très vite, avec un cahier des charges très précis, trois candidats ont répondu à l’appel d’offres. Le 17 juillet 2023, le Conseil a retenu la proposition du groupe basque Etchart. Le projet proposé par la société Credge (Crématoriums du Groupe Etchart) s’étend sur dix-neuf mois avec la création d’un bâtiment équipé et de ses abords pour accueillir le public et organiser des crémations. A ce délai de construction s’ajoute une délégation d’exploitation de 28 ans qui stipule que « le concessionnaire est autorisé à percevoir directement des redevances auprès des usagers, conformément aux tarifs fixés en accord avec la Communauté de communes ». A Fontenay-le-Comte, le tarif annoncé serait de 790 € pour une crémation adulte, la moyenne des prix pratiqués dans la proche région étant de 738 €.

Après 19 mois de réalisation du projet dont 6 mois de travaux sur site, le crématorium est construit au n°134 Boulevard des Champs-Marot à Fontenay-le-Comte Photo Pays de Fontenay-Vendée

La réalisation des neuf ModulesM, de 15 tonnes chacun, fabriqués sur mesure (12 mètres de long, 3 mètres de large et 4 mètres de haut) du crématorium a commencé en usine, début 2025. Ces blocs ont été installés à Fontenay-le-Comte mi-avril 2025, par cinq à six monteurs et un grutier. Durant trois jours, l’équipe a déchargé neuf camions semi-remorques surbaissés, arrivés en convoi exceptionnel. Le crématorium, de 302m² d’emprise au sol, a été mis en service le 2 octobre 2025.

Une inauguration officielle avant des demi-journées portes ouvertes

(Crédit Pays de Fontenay-Vendée)

Jeudi 2 octobre 2025, MM. Ludovic Hocbon, président du Pays de Fontenay-Vendée et Alain Etchart, président du Groupe Etchart, ont inauguré le 4eme crématorium de Vendée en présence des 25 maires du Pays de Fontenay-Vendée.

Tout de bois vêtu, extérieur et intérieur, le crématorium dispose d’une salle de cérémonie qui semble dégager une atmosphère apaisante. Une ambiance pouvant être accentuée par des lumières tamisées. Les banquettes peuvent accueillir une centaine de personnes et une cinquantaine d’auditeurs peuvent assister debout adossés au mur du fond. L’équipement est complété par « un salon des retrouvailles », une petite pièce ouvrant sur une terrasse extérieure.

Document DM
Pour que « les habitants s’approprient cet équipement », des demi-journées portes ouvertes devraient être organisées prochainement Photos Pays de Fontenay-Vendée

Le bâtiment est entouré d’un hectare de pelouse, sur laquelle 300 arbres et arbustes ont été plantés. Ce jardin des souvenirs aura « différentes ambiances végétales », a assuré le directeur d’exploitation du groupe Etchart M. Jean-Emmanuel Dufrène.

« C’est un nouvel équipement structurant pour notre territoire qui se développe avec de nouveaux habitants et des entreprises qui s’implantent. Il faut que nous ayons des services à leur proposer dans tous les domaines, y compris celui des funérailles », conclut M. Ludovic Hocbon, président du Pays de Fontenay-Vendée, également maire de Fontenay-le-Comte.

Gilles PETIT

FONTENAY-LE-COMTE 85 : l’École Intercommunale de Musique restaurée renommée « LE 34 »

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Installée à Fontenay-le-Comte (Vendée) dans l’ancien collège Viète, l’Ecole Intercommunale de Musique a désormais une entité « LE 34 ». Un nom qui reprend son adresse le n°34 rue Rabelais. Un nom qui marque la fin d’un vaste chantier de rénovation XXL chiffré à 12 M€ TTC.

Une vue du projet final, en octobre 2026, de la future École Intercommunale de Musique « LE 34 » à Fontenay-le-Comte Illustration Cabinet Quéré-Jouan

Lors de la soirée d’inauguration, samedi 13 septembre 2025, M. François Bon, représentant la Fondation du Patrimoine, a exprimé son émotion de se retrouver « ici dans la cours de l’ancien collège Viète puisque, en 1961, j’y entrais en 6ème et en suis sorti en 1968 pour passer le baccalauréat. Je revois encore dans l’aile qui n’est pas restaurée [l’aile gauche ndlr], au rez-de-chaussée, le bureau du principal. Dans l’aile centrale, là au coin, le bureau du surveillant général. Et je peux vous dire qu’il valait mieux ne pas être invité à aller dans ces bureaux. Je revois également derrière moi, les classes d’allemand et d’espagnol. En face, les classes d’anglais, de français. A l’étage de cette aile [l’aile droite du bâtiment ndlr], le laboratoire de physique et de chimie. Que de bons souvenirs, des souvenirs qui vous marquent pour toute la vie. A cette époque, on nous recommandait vivement de ne pas nous approcher des façades de l’établissement à cause des risques de chutes d’enduit et de pierre. Il faut dire que soixante ans plus tard tout danger est écarté et pour longtemps puisque la communauté de communes du Pays de Fontenay a entrepris la restauration complète de l’édifice qui avait été reconstruit en 1874 après un incendie. Cet ancien collège Viète est, peut être, l’édifice le plus emblématique de la ville de Fontenay avec son église Notre-Dame. De très nombreux anciens élèves réclamaient depuis longtemps la sauvegarde et un maintien de sa vocation. Face à un tel chantier, la Fondation du Patrimoine ne pouvait pas passer à côté de cet ambitieux projet. Nous devions soutenir ce projet, d’un respect total pour le bâti existant, et vraiment d’une grande élégance avec l’apport du verre, des galeries verrières.

« On aurait pu inaugurer ici un complexe hôtelier ou une résidence seniors, ou autre chose. Mais ce n’est pas le cas, ce n’est pas le choix que les élus du territoire ont fait. L’édifice a, depuis sa toute première existence, été un lieu de formation, d’enseignement. Sa destination n’a pas été changée. Il restera pour des décennies un lieu d’éducation à des disciplines artistiques pour les jeunes et les moins jeunes, et beaucoup d’anciens du collège Viète s’en félicitent. »

En quelques mots, M. Bon a ranimé la flamme de la nostalgie. Une flamme entretenue par M. Gilbert Quéré, l’architecte du chantier : « On a trouvé des noms d’élèves gravés sur certains des chapiteaux de pierre par des gens qui devaient être collés. M. Bon a dû être collé. Si on cherche, on devrait trouver son nom. Dans les combles, on a trouvé des noms de soldats allemands dans une des tourelles car il y avait des allemands de 1941 à 1944. On a laissé ces gravures, des sortes de fresques. Dans une école des arts, des œuvres faites à même le mur, c’est toute une vie. »

Un chantier XXL

« Seize mois de chantier aujourd’hui. Nous inaugurons bien plus qu’un bâtiment, un symbole patrimonial, culturel, littéraire, communément appelé « ancien collège Viète » ou Pôle intercommunal culture et jeunesse », a expliqué M. Ludovic Hocbon, maire de Fontenay-le-Comte, président du Pays de Fontenay-Vendée et conseiller régional des Pays-de-la-Loire.

« Nous avons choisi de requalifier ce lieu global en lui donnant un nom simple, évocateur, ancré dans son histoire. Ce sera désormais « LE 34″. Un nom qui reprend son adresse : le 34 rue Rabelais à Fontenay-le-Comte », a dévoilé M. Hocbon (à droite) Photo Gilles PETIT

Ce site unique accueillera deux structures : l’École Intercommunale de Musique et un Accueil de Loisirs Sans Hébergement qui verra le jour dans l’aile gauche en 2026 après la réalisation de la deuxième tranche de travaux, actuellement en cours. Photos Gilles PETIT

M. Gilbert Quéré (photo ci-contre), architecte au Cabinet Quéré-Jouan, avec l’appui de M. Leconte pour le pilotage ont su « prendre un bâtiment ancien avec toutes ses contraintes d’un autre temps, et sublimer les facettes de l’histoire pour les fondre dans la modernité jusqu’à créer un lieu où l’héritage du passé dialogue avec l’avenir dans la tradition fontenaisienne. »

Arsène Charrier

A propos d’architecte, M. Hocbon a cité le nom d’Arsène Charrier, « l’architecte émérite reconnu par ses pairs qui fut celui de la reconstruction de ce collège, lieu élégant et majestueux, en 1874, avant de devenir maire de Fontenay-Le-Comte. Arsène Charrier compte ainsi parmi tous nos illustres personnalités que furent François Rabelais, François Viète, André Tiraqueau, Jean Imbert qui nous léguèrent nos lettres de noblesse dont nous portons aujourd’hui l’héritage mémoriel. »

Les quinze salles ont des ambiances assez différentes. (Photos Gilles PETIT) « On a des espaces qui sont plutôt mats,«  détaille M. Quéré. « Les écoles de musique sont davantage construites en direction des enseignants car les enseignants vont passer 6 heures d’affilée, l’élève va y passer trois-quarts d’heure, une heure. Ceci sur quatre jours, quatre jours et demi par semaine. Les professeurs seront plus disponibles car moins fatigués. Et les élèves quand ils sortent des cours et vont dans un endroit un peu plus réverbérant auront l’impression d’avoir beaucoup de talent puisqu’ils auront appris dans des locaux qui ne renvoient pas beaucoup le son. »

Illustration F. Lasa (reproduction) Région Pays-de-la-Loire Inventaire général Archives départementales 85

M. Hocbon conclut : « Nous devons aussi beaucoup à l’excellente collaboration avec les services des Bâtiments de France, mais surtout nous le devons aux compagnons, aux maîtres, aux artisans des 25 corps de métiers qui auront rénové une surface totale de 5 652 m². Vous êtes les poètes du geste, les gardiens des traditions, les sculpteurs du temps. Dans la précision de vos métiers se lit la beauté d’un patrimoine vivant que vous avez donnée à ce bâtiment, une nouvelle jeunesse. Et vous lui offrez une destinée qui portera votre empreinte pour des décennies. »

Actuellement, l’École Intercommunale de Musique accueille 340 élèves. A terme, elle comptera jusqu’à 450 élèves (enfants et adultes).

Gilles PETIT

« LE 34 » École intercommunale de musique Pays de Fontenay-Vendée 34 rue Rabelais 85200 Fontenay-le-Comte Tél. : 02 51 53 41 64 Courriel : eimd.secretariat@fontenayvendee.fr

Il est possible de verser un don à la Fondation du Patrimoine consacré exclusivement à la restauration des arcades en se rendant sur https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/restauration-des-arcades-du-college-francois-viete-a-fontenay-le-comte ou sur http://www.fondation-patrimoine.org/100232

Association des Anciens Élèves du Collège François-Viète Salle du Parloir n°34 rue Rabelais à Fontenay-le-Comte Président M. Joël Massé tél. : 02 28 13 09 46 courriel : massejubinerie@aol.com

Second « Région-Pays-de-la-Loire-Tour », un Grand Départ 2024 au cœur d’une cité de cyclisme Fontenay-le-Comte

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Mise en œuvre par Le Mans Sarthe Cyclisme Organisation pour le compte de la région Pays-de-la-Loire, la deuxième édition du « Région Pays-de-la-Loire-Tour » a pris son Grand Départ à Fontenay-le-Comte (Vendée). Il s’agit d’une compétition internationale de cyclisme professionnel sur route qui traverse les cinq départements de cette région, du 2 au 5 avril 2024.

Le départ a été donné, à 11h15 précises, par Mme Christelle Morançais, présidente de la Région des Pays de la Loire, et M. Ludovic Hocbon, maire de Fontenay-le-Comte, en direction de Saint-Jean-de-Monts. Photo RPDL Ouest Médias

Selon son maire M. Ludovic Hocbon : « Fontenay-le-Comte est terre d’accueil pour les événements sportifs. De nombreux labels sportifs démontrent son engagement dans le sport ! »

Après le récent passage du Tour de Vendée, Fontenay-le-Comte, « Ville d’art et d’histoire », avait accueilli le 7 juillet 2018 l’arrivée de la première étape du Tour de France. Ce mardi 2 avril 2024, la cité est le théâtre du Grand Départ du « Région-Pays-de-la-Loire-Tour ». Pour cette seconde édition, il n’était pas prévu de caravane publicitaire, laquelle précède traditionnellement le peloton des grandes courses, afin de limiter l’impact carbone. En revanche, le village départ est bien présent et ouvert librement au public. Malgré la météo capricieuse et une épreuve se déroulant en semaine, les amoureux du cyclisme de haut niveau et autre chasseurs d’autographes n’ont pas manqué ce rendez-vous.

« Cette deuxième édition continue à s’inscrire parmi les événements sportifs majeurs du Grand Ouest », rappelle M. Laurent Drouault, qui assure la direction sportive du « Région-Pays-de-la-Loire-Tour », en qualité de président de Le Mans Sarthe Cyclisme Organisation (MSCO). « Le parcours est magnifique et il permet de dévoiler la diversité du territoire, la variété des tracés, des longues lignes droites aux côtes en passant par les itinéraires sinueux à travers les bocages, paysages maritimes, vignobles… » Un accent est aussi porté sur la richesse du patrimoine.

Le président du MSCO et directeur de la course Laurent Drouault est interviewé par le normand Daniel Mangeas et la vendéenne Marion Hérault-Garnier. Photo Gilles Petit

Cette première étape 100% vendéenne Fontenay-le-Comte – Saint-Jean-de-Monts (210,5 km) du « Région-Pays-de-la-Loire-Tour » a vu le sprinteur néerlandais Marijn Van den Berg (EF Education First) passer la ligne d’arrivée en vainqueur, à l’issue d’un sprint massif.

Photo RPDL Ouest Médias

Si vous n’avez pas pu assister au Grand Départ de la course, voici un aperçu des festivités, en images :

Les coureurs ont traversé le cœur de la ville, en départ fictif sur 3,8 km, à partir du Quai Poey d’Avant, jusqu’au départ réel lancé face au n°17 de la rue Pilorge sur la D613. Le peloton de 106 cyclistes parait mince dans la rue de la République quasi déserte. Photo Gilles Petit
Sur le podium, outre les personnalités institutionnelles, l’organisation du tour a invité l’association d’action sociale Alya Vendée. Cette structure a pour mission de permettre aux familles d’accéder au répit grâce à la mise en relation de professionnels ou d’étudiants dans l’accompagnement d’enfants ou d’adultes en situation de handicap. Jusqu’au 31 mars 2024, elle s’appelait Les Amis d’Emilie Vendée. Photo Gilles Petit
Le 2 avril 2024, les 18 équipes de six coureurs chacune (sauf une de cinq engagés) se sont élancées pour sillonner la région sur 700 km durant quatre jours. Photo Gilles Petit

Une balade dans le parc des équipes (photos Gilles Petit) :

La présentation de presque tous les coureurs (Photos Gilles Petit) :

Photo Gilles Petit

Journées du patrimoine 2021: L’Espace culturel René-Cassin – La Gare de Fontenay-le-Comte à coulisses ouvertes

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Dans le cadre des journées européennes du patrimoine, l’Espace Culturel et de Congrès René-Cassin – La Gare a ouvert ses coulisses au public à Fontenay-le-Comte (Vendée). Une occasion de découvrir l’envers des décors.

L’Espace culturel et de congrès René-Cassin – La Gare à Fontenay-le-Comte (Vendée) Photo Sophie Petit

D’ordinaire, le public vient « consommer » le spectacle proposé par des artistes. Quand il entre dans une salle, tout est en place, les décors (s’il y en a, sinon c’est le noir complet !), les rideaux, la lumière, le son, l’ambiance tamisée enveloppant au premier abord . . . Le spectateur ne peut imaginer que, bien avant son arrivée, le plateau scénique grouillait d’activités, les artistes s’appropriant l’espace qui leur est dévolu, les techniciens peaufinant les réglages, notamment les régisseurs qui « balancent » le son et la lumière selon les desiderata des interprètes et la perception potentielle du public.

Ce monde du spectacle travaille dans un espace armé de lourds équipements ignorés des spectateurs ou du moins qui se font oublier. L’Espace Culturel et de Congrès (ECC) René-Cassin – La Gare de Fontenay-le-Comte dispose d’une machinerie permettant de travailler simultanément dans deux salles ou de réunir le tout en une seule.

Visite guidée

Suivons nos guides Amandine et Lledo, respectivement chargée de communication et technicien à l’ECC. « Construite sur le site de l’ancienne gare ferroviaire de Fontenay-le-Comte, » explique Amandine, « une nouvelle structure contemporaine a su s’intégrer et préserver la façade du bâtiment d’origine typique de l’architecture ferroviaire du XIXème siècle. »

Notre guide poursuit : « Nous sommes une salle de spectacle, dans un bâtiment qui date de 1881. Date de la pose de la première pierre. Cette gare qui existe donc depuis 140 ans, a fermé en 1969 pour les passagers. Des mouvements de marchandises étaient encore constatés alors que des bus remplaçaient les trains au départ de la gare. Cet espace a été transformé en 2005 en espace culturel et de congrès. » Les concepteurs ont conservé le hall et la façade principale. Celle-ci porte encore une date 1888, inscrite sous l’horloge. Une date qui fige la mise en service de cette gare. On notera aussi la présence du logo des « Chemins de Fer de l’État » sur les cheminées de l’édifice.

« La création de la gare a connu bien des déboires, » précise Amandine. « Il y avait des lignes qui passaient autour de la ville et en direction de La Rochelle et Bordeaux mais qui n’arrivaient pas à Fontenay-le-Comte. Les élus se sont longtemps battus pour obtenir cette gare et desservir cette ville du sud-Vendée. Après quelques années sans activité, sauf un service guichet SNCF, on a décidé d’en faire un espace culturel. » L’accueil de l’ECC était vraiment un guichet SNCF à la base. Le hall est conservé en différents espaces bien distincts. « Ici, on retrouvait le marchand de journaux à la fin des années 1960, à savoir le kiosque où arrivaient tous les journaux ensuite distribués dans les commerces de presse de la ville. On est venu accoler une grande structure qui offre deux salles : la grande halle et la salle 518 places. Ces deux salles sont reliées par une scène qui a une double orientation. » En plus des spectacles de toutes factures, ces salles peuvent aussi accueillir des assemblées générales, des salons, des foires expositions . . . « Nous avons une équipe technique, composée de différents métiers dont la régie générale qui a sous sa coupe un régisseur son, un régisseur lumières et des personnes polyvalentes. La logistique est importante. »

A la question : « Pourquoi ce nom René Cassin ? », Amandine explique qu’il s’agit d’un « hommage à M. René Cassin, une personne qui a contribué à l’écriture des Droits de l’Homme et on a rajouté La Gare pour marquer ce lieu. » Un espace géré par la ville de Fontenay-le-Comte. Laquelle gère aussi le théâtre municipal à l’italienne, pouvant recevoir d’autres compagnies, des associations locales ou autres . . .

Lledo, notre guide technique prend le relai : « Nous allons essayer de suivre le cheminement d’une équipe artistique qui arrive ici. Tout commence à l’arrière du bâtiment. Regardez bien cette photo ancienne (ci-contre) des voies de la gare de Fontenay-le-Comte car tout ça n’existe plus et dans une seconde vous serez dans un autre monde. »

La grande halle

En effet, après avoir franchi deux lourdes portes, les visiteurs sont plongés dans la grande halle. Une salle qui peut accueillir jusqu’à 4 800 personnes debout ou 3 000 assises. Grâce à un jeu de parois qui peuvent s’escamoter, le plateau scénique peut être commun aux deux salles.

La salle 518

Les visiteurs ont eu le privilège de marcher sur le plateau scénique. Une scène qui paraît en désordre organisé car les régisseurs ont disposé divers outils. Ainsi, il était possible de moduler quelques projecteurs-lumière et diffuser de la musique, via deux consoles de commande. Un panel de projecteurs, de microphones et de câblages de toute nature était aussi exposé. De quoi donner une certaine idée du matériel nécessaire pour assurer un spectacle. « Vous êtes sur une scène, une scène creuse, » lance Lledo. « Ce sont 48 panneaux qui couvrent le plateau. C’est la fameuse scène qui monte et qui descend sur 20 mètres d’ouverture du côté grande halle et 24 mètres du côté gradin salle 518. Chaque panneau supporte une tonne. Pour monter, panneau par panneau, tout ou parties de la scène, de 0,40 à 1,40 mètre, nous utilisons une machine spéciale qui se trouve sous la scène. Il s’agit d’une table élévatrice que l’on va placer sous chaque panneau pour le soulever ou le baisser. »

Après un passage par les cinq loges, avec les fameux miroirs, et un foyer attenant où « les artistes se retrouvent et prennent confortablement leurs marques, » le groupe a quitté le rez-de-chaussée pour gravir l’étroit escalier qui conduit au-dessus de la scène, au niveau du grill en aluminium chargé de supporter lumières et rideaux noirs. « Le grill peut descendre d’un bloc grâce à seize treuils de deux tonnes chacun. »

Un lieu refuge

Avant de terminer la visite, nos guides ont informé : « l’ECC est un lieu-refuge pour la population en cas de catastrophe. Un groupe électrogène peut rapidement prendre le relais si nécessaire. Tout est prévu pour facilité les interventions de secours et héberger un centre de soins et d’accueil d’urgence. Climatisées, les salles peuvent palier les conditions climatiques de l’extérieur. »

Ouverture le 25 septembre 2021

L’ECC René-Cassin – La Gare ouvrira samedi 25 septembre 2021 par une soirée de présentation de sa saison culturelle. Ainsi, la ville de Fontenay-le-Comte invite le public à partager une animation proposée par des artistes locaux issus de cinq compagnies conventionnées : La compagnie des Artisans rêveurs, l’Ensemble vocal Polymnie, Fontenay fait sa renaissance, Le Camembert, la Compagnie Gianni Joseph. La soirée débutera à 16 heures sur le parvis de l’Espace culturel, et se poursuivra, à partir de 18 heures, en salle par la présentation des spectacles retenus pour la saison 2021/2022. A partir de 20 heures, le cabaret percussif de la Cie Toumback lancera un bal participatif. Cette soirée s’adresse gratuitement à tous les publics. Le placement est libre, sur réservation.

Gilles PETIT Illustrations originales : Amandine et Lledo Photos Sophie Petit

L’Espace Culturel et de Congrès René Cassin – la Gare

70 Avenue de la Gare

85200 Fontenay-le-Comte

Tél. : 02 51 00 05 00

ecc.r.cassin@ville-fontenaylecomte.fr http://www.fontenay-le-comte.fr Facebook.com/ReneCassin.LaGare

MARAIS POITEVIN : l’itinérance douce sur la Sèvre Niortaise vue par le PNR

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« Comment renforcer l’attractivité du Marais Poitevin? » martelait, dès 2010, l’Agence de Développement Touristique (ADT79) des Deux-Sèvres. « En relançant l’activité touristique sur la Sèvre Niortaise et ses bords par l’itinérance douce », répond aujourd’hui le pilote du projet M. Fabrice Laumond, directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR). Il s’agit d’ouvrir la Sèvre Niortaise aux bateaux habitables de façon à proposer un produit nouveau : le tourisme fluvial et fluvestre.

109, 15, 1 300, 14, 9, 5, 11, 2022, ce ne sont pas des numéros de loterie, mais les chiffres-clés du « vrai potentiel de développement du tourisme fluvial et fluvestre » de la Sèvre Niortaise et de ses canaux, selon une étude commandée en 2010 par l’ADT79. 109 km seraient empruntés par 15 bateaux habitables, visant 1 300 navigants. La Sèvre Niortaise compte 14 écluses, dont 11 en fonction (les autres sont implantées sur des tronçons aujourd’hui non-navigables). 9 sont inscrites au programme de restauration dans le cadre du projet de tourisme sur le fleuve. Un projet chiffré à 5 M€ (plus exactement 4,9 M€) pour des retombées économiques totales locales (liées à l’exploitation et aux dépenses des visiteurs à terre) estimées à plus de 11 M€, à l’horizon 2022.

Réuni lundi 4 juillet 2016, un comité de pilotage a entériné le plan de financement et l’engagement de l’ensemble des collectivités et de l’État dans ce « projet structurant pour le territoire ». Siègent au comité, l’État, les Régions Nouvelle-Aquitaine et Pays-de-la Loire, les Départements des Deux-Sèvres, Vendée, Charente-Maritime, l’Agglo du Niortais, des communautés de communes (Vendée-Sèvre-Autize, Aunis-Atlantique, Isles-du-Marais Poitevin, Pays de Fontenay-le-Comte), les Villes de Niort, Marans et Fontenay-Le-Comte.

Qu’elles soient transporteur de croisière ou pénichette habitable, ces embarcations sont quasi absentes en amont de l’écluse des Bourdettes près de Damvix (85). Photo Gilles PETIT

Trois objectifs

Récemment, devant les élus des communes de Damvix (85) et Coulon (79), M. Laumond a dressé trois objectifs : « Dans un premier temps, il s’agit de diversifier l’offre touristique. C’est vrai que le Marais Poitevin est surtout connu pour sa promenade en barque, l’activité phare. Depuis quelques années, il y a une autre activité en pleine croissance, la promenade à vélo. Un autre produit touristique viendrait renforcer l’attractivité du site, » à savoir naviguer sur la Sèvre Niortaise dans des bateaux habitables. Selon le pilote, « le second objectif est de faire vivre la Sèvre Niortaise. On a pu se rendre compte que le fleuve n’est pas très valorisé sur le plan touristique mais que la navigation permettait de ramener un peu de vie aux activités sur l’axe structurant du Marais. » Le troisième point vise à développer l’itinérance douce compatible avec la préservation du territoire. M. Laumond détaille ce terme : « Itinérance : naviguer entre Niort et Marans ; douce : dans une circulation lente. Les bateaux avancent entre six et huit kilomètres/heure, moins rapides qu’un vélo, parce que la propulsion est électrique, respectueuse de l’environnement. »

« Enfin, c’est faire venir une nouvelle clientèle ». Les habitués relouent régulièrement un bateau habitable et changent de destination (à l’exemple du Canal du Midi, du Canal du Rhin, en France ou à l’étranger). « Le Marais est surtout en dessous de 8 à 10 % de la fréquentation moyenne d’étrangers. On a donc un déficit de fréquentation étrangère dans le Marais, » assure le directeur.

Pour développer le tourisme fluvial dans le Marais Poitevin, l’étude de faisabilité a flashé sur la mise à niveau des infrastructures. « Certes, la Sèvre Niortaise est encore classée dans les voies navigables françaises, mais les écluses en particulier n’étaient pas forcément en bon état », reconnait M. Fabrice Laumond. « Ce travail de normalisation est entrepris par l’IIBSN [Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise NDLR], propriétaire et gestionnaire du domaine public fluvial. »

Actuellement, l’IIBSN travaille au réaménagement de la Cale-du-Port à Niort, le site de départ et d’attache de la flotte des bateaux habitables du Marais Poitevin. Des travaux sont également en cours sur l’écluse de Comporté.

Un tourisme fluvestre

En second point, l’étude a relevé que « la Sèvre est très très peu équipée en haltes-escales ». Une halte-escale est un point auquel un bateau peut accoster et débarquer ses passagers en toute sécurité. « Pourquoi descendre à terre ? » interroge le pilote, « parce que le principal intérêt de la navigation en usage dans un territoire, c’est la complémentarité des activités annexes. La rentabilité ne va pas forcément au loueur de bateaux. » Sur un bateau, les clients ne consomment pas. Il faut qu’ils pratiquent des activités, qu’ils aillent dans des endroits clairement identifiés et aménagés. Ces actions sont appelées le tourisme fluvestre. M. Laumond précise « Le tourisme fluvestre est la complémentarité entre la navigation, activité majeure, et des activités limites comme la visite de la Maison du Marais Poitevin, les restaurants, les balades à vélo, en barque, toutes offres touristiques. »

Autre point de départ des pénichettes, le port maritime et fluvial de Marans (17) n’est pas encore équipé sauf techniquement en matière d’entretien et réparation car c’est avant tout un port de plaisance. Photo Gilles PETIT

Le fleuve et deux tronçons

Le directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin est ensuite rentré dans les détails. Le projet initial concerne le bassin de la Sèvre Niortaise entre Niort et Marans, ainsi que deux autres tronçons, de Marans à La Rochelle et de Marans à Fontenay-le-Comte. « Le premier tronçon est intéressant en terme d’attractivité, d’image, le littoral, le patrimoine de La Rochelle, une notoriété qui rayonne au niveau national. » Ce canal n’a jamais été navigué car il était fait pour le transport de marchandises. Un transport rapidement supplanté par le chemin de fer, plus rapide. De plus, il a quelques écluses très étroites non adaptées à la navigation d’aujourd’hui. « Il faudrait installer des passes à bateau à chaque écluse. Une opération chiffrée entre 4 à 5 millions d’euros. »

Le deuxième tronçon concerne essentiellement la rivière Vendée. « Ici, c’est pire », déplore le pilote. « Elle n’a jamais été prévue pour être naviguée ; elle a des barrages non équipés d’écluses ; on est sur les mêmes coûts d’investissement [4 à 5 M€]. L’intérêt financier n’est pas forcément pertinent. » On notera que ces deux tronçons disposent de pistes cyclables longeant les canaux.

Des haltes-escales

Des points d’accostage, appelés haltes-escales, sont prévus sur la Sèvre Niortaise à La-Roussille, Magné, Coulon, La-Sotterie, Le-Mazeau, Damvix, Maillé, Bazoin, les Combrands de Taugon et Marans ; sur le Bief de La-Garenne au port d’Arçais. A partir des écluses de Bazoin, deux canaux sont navigables : le Canal de la Vieille Autize qui remonte vers les haltes de Saint-Sigismond et Courdault. Une ramification est prévue jusqu’à Maillezais par le Canal de la Jeune Autize ; A l’opposé, le Canal du Mignon qui descend jusqu’à Mauzé-sur-Le-Mignon via une halte à La-Grève-sur-Le-Mignon. Une borne de service est prévue sur chaque halte-escale munie de prises électriques 360 volts.

En 2017, l’IIBSN a réalisé des travaux de mise en valeur et de modernisation de l’écluse de La Roussille, près de Niort. Coût : 704 800 € TTC avec un financement d’Etat de 376 100€ et un financement IIBSN de 328 700€ (3 départements).

La première phase d’investissement (4.9 M€ écluses, signalétique, haltes, ports de Marans et Niort) se concentre sur la partie déjà navigable entre Niort et Marans. La rentabilité est calculée sur 15 à 20 bateaux. La location qui sera basée sur la durée, devrait coûter aux clients entre 1 800 et 2 500 € par bateau la semaine, suivant la période. « C’est relativement onéreux, » reconnaît M. Laumond. « Mais il n’y a pas d’hébergement à supporter en plus. Par rapport aux produits sur le littoral, on n’est pas si mal placé. Un bateau jusqu’à six personnes, une clientèle qui n’existe pas sur le Marais. »

Et le bateau.

Située dans le Bief de La Sotterie, la passerelle de Coulon (79) affiche un tirant d’air de 2,43 m, basé sur un niveau d’eau l’été de 3,20 m. Ayant la cote la plus basse du cours de la Sèvre Niortaise, ce pont est à peine franchissable par les bateaux habitables préconisés par la collectivité. Photo Gilles PETIT

« Nous sommes partis vers un gabarit plutôt petit par rapport à ce qui se fait ailleurs. C’est un problème de tirant d’air essentiellement », explique le pilote. Le tirant d’air est la limite entre la hauteur du bateau et le niveau de l’eau, important pour le passage des ponts. « Les plus bas sont à 2,40 m au niveau normal de saison, alors que les bateaux des opérateurs connus sont au minimum à 2,60 m. Ce qui obligerait ces opérateurs à faire des bateaux adaptés. Beaucoup de contraintes car ils ne pouvaient pas venir avec leurs bateaux existants. Les élus ont décidé que ce serait la collectivité qui ferait les premiers investissements sur les bateaux car il faut une embarcation spécifique. »

Les caractéristiques techniques du bateau : une motorisation électrique (la tendance du marché, pas de bruit, pas de gaz polluant); des cotes, déterminées par le gabarit de la rivière dont les écluses, 4,15 m de large pour 13 m de long, 2,15 m à 2,40 m de tirant d’air; un tirant d’eau limité à 0,90 m,

une capacité d’accueil de 4 à 6 personnes; deux cabines équipées d’un lit double et deux lits simples, et un salon convertible, qui permet d’accueillir deux couples, deux enfants ou deux familles. Un espace extérieur avec banquettes sur terrasse, un pont supérieur accessible avec un système d’accrochage des vélos. Il serait possible d’embarquer des personnes handicapées mais le bateau ne sera pas adapté aux normes handicapées car « c’est compliqué sur un bateau », dit-on. Ils auraient une autonomie d’environ 90 km et 120 km à 6 km/h, selon le passage des écluses, grandes énergivores. Ils seraient munis de réservoirs de 1000 litres chacun en eau propre et eaux usées. L’emprise au ponton des haltes-escales serait d’environ sept mètres, couple ponton-bateau. Ces bateaux seraient géolocalisés pour aider à une bonne gestion de la circulation.

Photo Gilles Petit

Seulement deux bateaux sont actuellement prévus alors que l’ensemble des pontons pourrait accueillir simultanément vingt embarcations. En effet, neuf entreprises avaient proposé des bateaux, mais ces loueurs disposent actuellement de bateaux non habitables. Ces pénichettes ne remonteraient pas au-delà de La Sotterie. Le comité de pilotage a donc décidé de faire construire les bateaux nécessaires, mais les finances ne supporteront l’achat que de deux embarcations. Enfin, les communes n’auront rien à débourser. Toutefois, la commission d’appels d’offres a retenu deux modèles avec un look assez moderne. Pour l’heure, ce ne sont que des esquisses.

Le calendrier des prochaines échéances est, lui aussi, esquissé. D’abord demander des subventions pour la construction des deux bateaux ; neuf mois d’instruction avec l’enquête publique ; le démarrage des travaux à l’automne 2021 pour une mise en service en 2022. Une entreprise du Morbihan se donne un an pour réaliser les bateaux. Les offres de construction d’un bateau spécifique affichent une large fourchette de prix entre 180.000 € et 700.000 €. Les élus ont limité l’achat à 300.000 € le bateau.

Gilles PETIT