Gilles Petit

COULON (79): le CAJCA, une idée différente des rapports Nord-Sud

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Du terrain de football aux tables-bancs en passant par l’alphabétisation, l’adduction d’eau potable et la construction de latrines, entre autres, le CAJCA (Coulon Association de Jumelage et de Coopération avec Anié 1) œuvre, depuis 1989, au développement du village togolais d’Anié en Afrique. Grâce à 35 ans d’échanges riches et constructifs soudés par la volonté d’avancer ensemble, l’association est reconnue d’intérêt général, un statut qui autorise la collecte de dons défiscalisés.

A ce jour, l’association a financé 640 tables-bancs pour les écoles Photo : documentation CAJCA

« Au fil des ans, l’écart entre le Nord et le Sud se creuse de plus en plus », expliquait en juin 1992, Mme Josette Moinard, la regrettée présidente-fondatrice du CAJCA. « Les associations de jumelage-coopération ont une idée différente des rapports Nord-Sud. Il ne s’agit ni de charité, ni d’aide impersonnelle et vague mais d’échanges basés sur le respect mutuel et l’amitié. Car les Africains peuvent nous apprendre beaucoup en ce qui concerne les rapports humains, la place des « anciens » dans la société, l’hospitalité, la convivialité et la communicabilité. »

Anié, une commune togolaise

Le 18 janvier 1989 était signé l’acte de jumelage, au village africain d’Anié, situé dans la région des Plateaux, à 180 km de Lomé, la capitale du Togo, et à 30 km de la ville d’Atakpamé, localité jumelée avec Niort. Anié compte environ 45 000 habitants. On notera que dans le cadre de la décentralisation au Togo, la Loi locale du 29 juin 2017 a divisé la commune d’Anié en deux parties : Anié 1 et Anié 2. Le CAJCA est désormais jumelé avec la commune d’Anié 1 dont le maire, M. Atara, a été élu en juin 2019.

Document publication CAJCA

Sur place, les Togolais de l’ADJAC (Association de Développement du Jumelage Anié-Coulon) jugent de l’opportunité de lancer un projet, en évaluent le coût, établissent un devis et précisent quelle pourrait être leur participation, le plus souvent en main d’œuvre. Il revient alors à l’association française de calculer si, avec l’aide communale coulonnaise (1€/habitant), de diverses entrées extérieures, et avec l’apport du CAJCA, il est possible de financer le projet présenté par leurs amis africains.

En mars 1995, l’assemblée générale du CAJCA était présidée par Mme Josette Moinard (au centre) en compagnie de MM. Pierre Rousseau (à droite), maire de Coulon, et Moutawakilou Abdoulaye (à gauche), membre de l’ADJAC, l’association de jumelage togolaise. Photo Gilles PETIT

Lors d’un entretien que Mme Moinard nous avait accordé en janvier 1993, la présidente emblématique du CAJCA, définit la genèse de l’association de jumelage-coopération avec Anié : « Peut-être est-il nécessaire d’expliquer pourquoi aller chercher si loin des gens à aider alors que, si près, la misère gagne. Aller à la rencontre d’un autre monde, d’une autre culture, c’est apprendre à se comprendre, à se respecter, à s’enrichir mutuellement. L’Afrique bouge. Peuple soumis pendant des siècles, il devient majeur, il veut se prendre en main ; secouant le joug du despotisme, il marche vers la démocratie. Le chemin est long et semé d’embûches mais la volonté est là et elle vaincra. A Anié comme ailleurs, les villageois se mobilisent, ils se refusent à demeurer des assistés, ils veulent décider de leur avenir, améliorer leur cadre de vie, instruire leurs enfants, accueillir leurs malades de façon décente. Cela coûte, ils ont peu, nous les aidons. Plus nous les aiderons à bien vivre chez eux, moins ils seront tentés d’aller chercher dans nos pays dits riches, le bonheur qu’ils auront du mal à trouver, et c’est peut-être une façon de mieux respecter la dignité de l’homme. Que recevrons-nous en retour ? Une grande leçon de sagesse et d’humilité. »

Les réalisations

Les Coulonnais sont tout d’abord intervenus dans la construction de latrines publiques (en 1990 et 1991). Ils ont doté le dispensaire local en médicaments et petit matériel médical (1991), aidé à l’aménagement d’une bibliothèque (1993) et participé à l’achat de manuels scolaires (1993). Est venu ensuite, un projet cher aux habitants, la construction d’un nouveau terrain de football dont le mur de clôture fut le plus gros investissement et le plus important pourvoyeur de recettes locales. Au fil du temps, les efforts conjugués ont permis de construire des latrines publiques, une bibliothèque, une salle de soins, un dispensaire, un bâtiment scolaire de trois classes, des latrines scolaires, des bornes-fontaine, etc.

19 bornes-fontaine sont installées. Photo : publication CAJCA

Pour aider au financement de ces actions, les Coulonnais organisent ou participent régulièrement à des manifestations publiques : bourse aux vêtements d’hiver, loto, bric-à-brac, marché africain, etc. L’association a longtemps procédé chaque trimestre à une collecte de vieux papiers et cartons avec le concours de la municipalité. Aujourd’hui, la collecte de ferrailles est une grande réussite.

La pérennité du jumelage-coopération

En mars 2016, l’assemblée générale du CAJCA a pris une importance particulière. Après Mme Josette Moinard, présidente pendant une quinzaine d’années, Mme Nicole Sagory qui avait pris la suite, a souhaité passer la main en assurant une coprésidence avec Mme Christine Nouzille. Cette dernière est aujourd’hui présidente du CAJCA.

Actuellement, le CAJCA mène simultanément sept actions : une opération tables-bancs aux écoles, l’aménagement de la bibliothèque, les cours d’alphabétisation pour adultes, l’agriculture dont le maraîchage, d’autres latrines, la distribution d’électricité, et l’extension du réseau d’eau potable avec la pose de bornes-fontaine publiques.

Un appel aux dons

Le CAJCA poursuit donc son action de solidarité au profit des écoles d’Anié qui manquent de tout : bâtiments, latrines, tables-bancs, tableaux, craies, matériel didactique… Depuis 2010, grâce à de nombreux dons, l’association a financé notamment l’achat de 640 tables-bancs, 14 tableaux et des cartons de craies.

Les besoins demeurent néanmoins très importants. L’objectif 2024 du CAJCA vise à financer 400 tables-bancs. Pour contribuer à l’équilibre fragile de la forêt sur la région chaque table-banc fera l’objet d’une plantation d’arbres. Don pour 1 table-banc + 1 plant d’arbre = 25 € (soit 8,50 € après défiscalisation). En effet, le CAJCA étant reconnu association d’intérêt général depuis 2017, 66% du montant du don peuvent être déductibles de l’impôt sur le revenu.

Contacts CAJCA : Christine Nouzille : tél. 06 74 88 18 32 – Nicole Gatineau : tél. 06 67 49 59 98

Gilles PETIT

COULON : un projet de lotissement privé en débat public

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Le mercredi 11 octobre 2023, la maire de Coulon (Deux-Sèvres), Anne-Sophie Guichet, a invité les habitants du secteur de la Route de Malécot à une réunion d’information au sujet de la création d’un nouveau lotissement prévu tout près de chez eux. Les concepteurs du projet ont « affronté » des voisins du site retenu. Le sujet d’achoppement : l’augmentation de la circulation automobile et la gestion des flux hydrauliques spécifiques au site.

Pressentant une soirée animée, Mme Guichet a, d’entrée, posé des jalons en s’adressant ainsi aux représentants des foyers invités : « Dans le cadre des engagements que nous avons pris en début de mandat, l’équipe municipale a souhaité organiser cette réunion au sujet du lotissement qui va voir le jour dans votre secteur de Malécot. C’est un lotissement qui n’est pas communal. La commune n’a pas son mot à dire sur l’aménagement proprement dit du terrain, car il s’agit d’un opérateur privé. Cette réunion est organisée pour prendre connaissance du projet et vous permettre de poser toutes les questions que vous pourriez avoir par rapport à ce projet qui, semble-t-il, va vous impacter dans votre quotidien, puisqu’il va y avoir un certain nombre de maisons construites à proximité des vôtres, avec un flux de véhicules un peu plus important qui va sortir sur la voie Malécot en direction de la Route Départementale. La commune sera là pour l’aménagement de la voirie, et l’étude de la mobilité douce. »

Le projet

« Un terrain Pour Demain »a présenté son projet de lotissement le long de la Route de Malécot à Coulon. Document Maisons du Marais

Pour le compte d’un propriétaire privé, dont le nom n’a pas été divulgué, le projet est porté par une filiale de l’entrepreneur Maisons du Marais, à savoir « Un Terrain Pour Demain », spécialiste de l’aménagement foncier dont, en particulier, la création de lotissements en Deux-Sèvres, sud Vendée, Charente-Maritime et Vienne. Le plan de composition présenté à l’assistance prévoit un découpage en 21 lots privatifs de 440 m² en moyenne et de trois logements sociaux. Il est prévu un seul accès sur la route de Malécot, une placette arborée, des cases de stationnement visiteurs végétalisées, des noues plantées d’arbres, un chemin piétonnier connecté au lotissement voisin « Les Grands Champs Ouest », un bassin de gestion des eaux pluviales accessible et facile d’entretien, etc.

Les intervenants ont difficilement poursuivi leur exposé car les « futurs » voisins les ont rapidement bombardés de réflexions. Dans un premier temps, il a été question de la sortie aménagée à l’intérieur d’une courbe avec une visibilité réduite, pour des voitures du lotissement, estimées à 50, devant grossir la circulation sur la route de Malécot, renforçant ainsi le flux des deux lotissements existants (La Niquière et Le Champs des Fuyes) et des habitations riveraines, en plus du transit habituel. Dans un second temps, les riverains ont soulevé le problème de la gestion des eaux pluviales, dans ce large secteur Est de la commune.

La circulation automobile

Au sujet de la circulation, les intervenants disent avoir prévu une voie uniquement piétonne reliant le lotissement voisin « Les Grands Champs Ouest » afin que les véhicules de ce secteur ne traversent pas le nouveau quartier. Au-delà du périmètre de leur projet, la circulation sur la route de Malécot ne les concerne pas. Quant à la sortie sur la route, « les gens ne verront rien car il y a une courbe. Les voitures roulent vite. Ce sera chaud », estiment des riverains.

La sortie du futur lotissement sera percée à l’intérieur de cette courbe. Photo Gilles PETIT

En guise de mesure de sécurité, M. Fabrice Berjonneau, adjoint à la maire en charge de l’urbanisme, a évoqué « un cheminement piéton qui débuterait des premières maisons jusqu’à l’entrée de La Niquière, afin que les enfants soient en sécurité avec des passages piétons qui permettront de traverser la route, et des aménagements sur la chaussée qui permettront de faire ralentir les gens. Ici ce n’est pas une départementale, mais les services du Département nous conseillent. »

A ce stade des débats, Mme Guichet a haussé le ton : « Il faut nous laisser le temps de faire ces aménagements. On va fonctionner par priorité. Vous n’êtes pas sans savoir que le budget de la commune n’est pas extensible. Je n’ai pas la compétence pour vous dire quel type d’aménagement on peut mettre. Oui, on va faire une étude, il va y avoir un aménagement. Quand on aura une réponse, comme on a l’habitude de faire, on vous le dira. »

La gestion des eaux en question

Concernant le problème de la gestion des eaux pluviales, le sujet a déchaîné les passions dans la salle des fêtes de Coulon. Le chargé d’étude de « Un Terrain Pour Demain » a réussi à expliquer que pour un aménagement spécifique, « nous allons enlever une partie de haie existante (ci-contre, cerclée en vert), puis la replanter, pour faire les travaux d’aménagement de gestion des eaux pluviales. Une zone de stockage pour éviter de mettre l’eau dans la rue. On va créer un petit talus de 50 cm pour retenir du volume supplémentaire. On remonte un peu le niveau, ce qui nous permet de créer ce volume. »

L’eau serait certainement dirigée vers le fossé en aval longeant la Route de Malécot, un fossé déjà saturé par temps de forte pluie.

Document « Un Terrain Pour Demain »

L’intervenant a précisé : « Dans notre périmètre d’opération, notre obligation est de ne pas détériorer la situation hydraulique avant et après l’aménagement. Quant aux problématiques de gestion des eaux pluviales qui peuvent être rencontrées par d’autres aménagements extérieurs à notre opération, nous n’avons pas vocation à travailler dessus. »

Actuellement, l’eau pluviale est retenue par cette haie (cerclée en rouge), située au nord. Cette eau se déverse dans le fossé (matérialisé en bleu) qui longe la Route de Malécot. Document « Un Terrain Pour Demain »

Les constructions, leurs clôtures, et la voirie, imperméabilisantes par définition, seraient édifiées presque au sommet d’un coteau versant sur lequel « glissent » les eaux pluviales. En fait, le problème de gestion des eaux se pose en aval du futur lotissement. D’un côté, l’essentiel des eaux coule dans un seul fossé directement vers une mare ; de l’autre côté, l’eau rejoint la dite mare en traversant le lotissement du « Hameau Vert », puis le lotissement « Le Champs des Fuyes ».

Dans la salle, une réflexion a tonné : « Dans le lotissement des Frères Doré (« Le Champs des Fuyes »), juste réalisé, il y a plusieurs maisons qui ont inondé. On avait fait les plus belles études du monde, l’eau a traversé les maisons. Vous ne pouvez pas dissocier le petit talutage et le traitement de la haie, de la mare qui se trouve quelques mètres plus bas. Il faut écouter les gens du terrain. »

Un habitant de longue date du secteur informe : « Quand il pleut pendant trois jours, on est inondé. Quand le lotissement de La Niquière a été fait avec 40 maisons, plusieurs se sont retrouvées avec 15 cm d’eau. Il a été commis des erreurs. De l’autre côté, le lotissement des Fuyes a été inondé aussitôt après sa construction. » Même le lotissement du Hameau Vert a eu des problèmes d’accumulation d’eau pluviale.

La mare des Fuyes

Tous les regards sont tournés vers la mare, la fameuse mare qui fait peur aux habitants les plus proches. « L’histoire de la mare, nous y travaillons avec l’agglomération du Niortais », a déclaré la maire de Coulon.

Toutes les eaux pluviales de ce bassin versant coulent vers la mare (à gauche). Elles se frayent des passages parmi les maisons, notamment dans le lotissement du Champs des Fuyes (à droite) et buttent contre la levée récemment construite par la municipalité. Photo Gilles PETIT

Un autre sujet, survolé lors de la réunion, est évoqué par un participant : « depuis quelques années, il est promu l’assainissement individuel, ne craignez-vous pas que la nappe phréatique nous rejette quelque chose qui soit nauséabond dans quelques années. A l’époque, les gosses allaient à la pêche dans la mare, aujourd’hui même les écrevisses se barrent. » En réponse, l’entrepreneur a déclaré : « En assainissement, nous étudions aujourd’hui la possibilité de raccorder le lotissement à la future station d’épuration mais pour l’instant on part sur un assainissement individuel. »

La gestion actuelle de l’eau pluviale dans le secteur de la Route de Malécot à Coulon relève de la méconnaissance du terrain par les lotisseurs. On veut construire à tout prix, on veut rentabiliser des investissements au plus vite, etc. Le résultat se solde par des aberrations et des nuisances collatérales subies par les nouveaux habitants, lesquels ont fait confiance aux lotisseurs.

« Nous devons réduire de 50% nos espaces constructibles, » a informé Mme Guichet. « Le permis d’aménagement de ce nouveau lotissement existant nous a rattrapés. Nous souhaitons avoir une politique de dynamisation de la commune, on a besoin d’habitants, on a besoin d’enfants. »

Gilles PETIT

COULON – MAGNE (79) : La Maison de Santé Pluridisciplinaire intercommunale est ouverte

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La Maison de Santé Pluridisciplinaire est construite à Magné 3 rue des Iris, dans la Zone d’Activités Commerciales de La Chaume aux Bêtes. Photo Gilles PETIT

Née en 2008 sous le nom « Pôle Santé » et relancée en 2014, la Maison de Santé Pluridisciplinaire (MSP) de Coulon-Magné ou Magné-Coulon (Deux-Sèvres France) accueille le public depuis début août 2023. La première pierre avait été posée le 20 septembre 2022 et l’inauguration s’est déroulée le 14 octobre 2023.

Lors du scellement de la première pierre, le 20 septembre 2022, la maire de Coulon, Anne-Sophie Guichet, avait retracé la genèse du projet de MSP : « La Maison de Santé Pluridisciplinaire est une vieille histoire. Prenez d’abord deux communes, deux équipes municipales qui s’entendent bien et surtout portent la même volonté politique affirmée de lutter contre la désertification médicale. Ajoutez à cela, une équipe de professionnels de santé avec l’arrivée d’un jeune médecin, le docteur Alexandre Desnouhes, et le souhait de porter ce projet en collaboration avec les deux municipalités. Ajoutez ensuite l’ARS (Agence Régionale de Santé) présente lors de nos nombreuses réunions pour nous aider à structurer le projet. Ajoutons également les partenaires institutionnels co-financeurs du projet que sont l’Europe, l’Etat, la Région, le Département, qui contribuent au financement d’investissements de plus de 3 millions d’euros TTC. Sans eux, la réalisation de ce projet n’aurait pas été possible car il s’agit d’un investissement bien au dessus des capacités de financement de nos communes. Et, pour finir, saupoudrons le tout d’une équipe de maîtrise d’œuvre performante et professionnelle avec le cabinet Crescendo Conseil qui a réalisé l’étude de faisabilité initiale, et le cabinet d’architectes et d’urbanistes Corset-Roche & Associés qui a séduit le jury à l’unanimité avec une proposition inspirée des longères traditionnelles. »

La MSP se situe dans la ZAC communale de Magné dédiée au développement économique des deux communes, en bordure de la route départementale qui les réunit quasiment à équidistance des deux bourgs. Ce n’est qu’en 2018 que le projet a véritablement démarré avec l’arrivée d’un jeune médecin sur la commune le docteur Alexandre Desnouhes qui a pris en charge la coordination de l’ensemble des professionnels de santé avec le maître d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre.

La Maison de Santé Pluridisciplinaire est organisée en cinq pôles indépendants : cabinet dentaire (bleu), cabinet kinésithérapie (violet), espace paramédical orthophonie, psychologie (vert foncé), cabinet médical (orange), cabinet infirmier constitué d’un bureau et du bureau de l’infirmière IDE ASALEE, la partie vert clair représente les zones communes. Chauffé à la chaudière bois, ce bâtiment respectera les normes environnementales, peu gourmand en énergie et produisant peu de carbone. Il a deux parkings à accès indépendants, un de 36 places pour les patients avec deux arrêts minutes ; 20 places pour les praticiens à l’arrière. Il offre un maximum de surfaces extérieures perméables et est orienté sud pour mieux gérer le chaud et le froid. La façade en brique doublée en pierre s’inspire de l’ambiance locale. Document Commune de Magné

La Maison de Santé Pluridisciplinaire accueille cinq cabinets médicaux, avec une salle d’urgence ; trois cabinets dentaires avec une salle de chirurgie ; six kinésithérapeutes ; cinq infirmiers ; une infirmière IDE-ASALEE (Association nationale qui embauche des salariés infirmières de santé publique, mis à disposition de généralistes le souhaitant) ; deux psychologues ; et trois orthophonistes. Pour la plupart déjà présents sur les deux communes.

L’équipement a une surface de 998 m² sur une parcelle de 5 000 m², pour un coût prévisionnel de 3 139 936 € HT soit 3 767 923 € TTC. Les deux communes ont bénéficié d’un taux de subventions autour de 75%. Les 25% restant étant la part d’autofinancement de ces deux communes. Techniquement, le maximum de subventions attribuées a permis de fixer des loyers compétitifs, car les praticiens sont locataires de leur espace de travail. Ainsi, les professionnels de santé ont constitué la Société Interprofessionnel de Soins Ambulatoires, la SISA Reine des Prés qui gère un bail professionnel depuis le 1er août 2023, alors que les psychologues signeront conjointement un bail professionnel spécifique. Les baux sont établis pour 25 ans. Par ailleurs, les professionnels de cette SISA et des autres praticiens sont, ou seront, adhérents de l’ASPIC « Association Santé Pluridisciplinaire Inter Communale de Magné et Coulon » créée en novembre 2016, qui regroupe l’ensemble des praticiens libéraux qui exercent tant en dehors qu’au sein de la MSP dans l’objectif d’avoir une activité coordonnée.

Réuni le 17 juillet 2023, le Conseil municipal de Magné a fixé le règlement de la Maison de Santé Pluridisciplinaire dont est extrait ce chapitre : « La location est consentie et acceptée par les preneurs moyennant un loyer mensuel évolutif, payable d’avance à réception du titre de recette. La révision légale du loyer (article 7) est prévue chaque année à la date anniversaire en fonction de l’indice des loyers des activités tertiaires publié par l’INSEE (le premier indice connu est celui du 1er trimestre 2023 s’élevant à 128,59 points). Il est convenu entre les parties d’aucun dépôt de garantie.
Monsieur le Maire poursuit en précisant que seule la clause concernant le montant du loyer évolutif est
ajustée en fonction du preneur et ainsi du bail signé, à savoir :
o Pour la SISA, le loyer mensuel est évolutif : Zéro euro mensuel la première année soit du 01/08/2023 au 31/07/2024. Puis 2.121,00 € mensuel les deux années suivantes ;

o Pour les psychologues qui partagent les mêmes espaces (PSY 01 et 02), le loyer mensuel est aussi évolutif : Zéro euro mensuel la première année soit du 01/08/2023 au 31/07/2024. Puis, 73,00 € mensuel les deux années suivantes. »

Des loyers qui couvriront un emprunt pris en charge par Magné, maître d’ouvrage. Cette commune a l’obligation d’assurer un auto-financement à hauteur de 20%. Les 5% complémentaires seront donnés par Coulon sous forme de subvention. L’Europe a subventionné à hauteur de 50% du budget prévisionnel ; l’État fournira 400 000 € ; la commission permanente de la Région Nouvelle-Aquitaine a voté une subvention de 200 000 € ; le département des Deux-Sèvres propose 100 000 € dans le cadre d’un Plan santé départemental, qui donne un coup de pouce aux jeunes étudiants pour qu’ils travaillent sur les Deux-Sèvres, réunissant plusieurs partenaires ayant, pour mission, la lutte contre la désertification médicale ; l’Agglomération du Niortais est associée dans le cadre d’un Contrat local de santé, mais ne participe pas financièrement ; et le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin a accompagné le projet préalable en conseils d’intégrations paysagère et environnementale, lesquelles peuvent générer des surcoûts.

Les concepteurs du projet ont conçu un bâtiment extensible. Photo Gilles Petit

Conjointement, les maires de Magné et Coulon affirment : « Notre objectif est que nos communes ne deviennent pas un désert médical. Que nos concitoyens puissent à l’avenir bénéficier d’une offre de soin, à proximité. Un équipement fonctionnel et confortable pour que les professionnels y trouvent les conditions idéales dans l’exercice de leur profession. Un magnifique équipement aussi à l’architecture à la fois qualitative et esthétique inspiré des longères traditionnelles. Conforme aux nouvelles normes d’économie d’énergie et de bilan carbone. Situé dans un environnement proche préservé, doté de tous services, commerces et équipements publics dans le grand site du Marais Poitevin, à 10 minutes de la ville de Niort et 45 minutes de l’océan. Un équipement attractif aux nombreux atouts que nous attendons avec impatience. Les travaux sont prévus jusqu’à fin juin 2023. »

Gilles PETIT

COULON 79 : un clin d’œil sur les animations de la Fête Nationale, les 13 et 14 juillet 2023

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Voici en quelques photographies, un aperçu des animations proposées par la municipalité coulonnaise avec le concours d’associations locales dont les Cyclos de La Venise Verte.

Album photos sans commentaire

Gilles PETIT

COULON : l’héritage d’un mentor : Pierre Rousseau

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Quelques semaines avant de démissionner de ses fonctions, le premier magistrat de la commune de Coulon, M. Pierre Rousseau nous avait accordé un entretien. Des propos que cet emblématique maire avait finalement publié dans le bulletin municipal Coulon-Info. Des leçons de vie pour les générations d’élus actuels et futurs. L’héritage d’un maire.

Décédé en 2015, à 88 ans, M. Pierre Rousseau avait déclaré, en avril 1998 : « j’ai eu 70 ans en octobre 1997 et, compte tenu des exigences de la fonction et surtout de problèmes de santé, j’estime ne plus être en mesure d’assumer correctement les devoirs de la charge de Maire et de Président de la Communauté de Communes de la Venise Verte. Cependant, par fidélité et loyauté envers les électeurs qui m’avaient très largement fait confiance, j’envisage de demeurer Conseiller municipal de Coulon. »

Combien d’élus municipaux coulonnais de la mandature actuelle ont connu celui qu’on appelait en tout petit comité « Pierre ». A notre connaissance un seul, les autres n’étant pas nés, non résidents sur la commune, ou se désintéressant de la politique locale.

Cet homme, qui a laissé une trace indélébile dans le paysage maraîchin, a tenu à transmettre en « héritage » sa conception du fonctionnement du Conseil municipal. Une leçon que tous les élus municipaux doivent retenir et devraient suivre.

Photo : M. Pierre Rousseau le 15 juillet 1994

Collection privée Gilles PETIT

Le mot du maire Pierre ROUSSEAU, publié dans le Bulletin municipal Coulon – Info n°7 de février 1998 (texte intégral) :

 » Le fonctionnement du Conseil municipal, une question qui mérite d’être posée. Qui compose la municipalité ? La réponse est simple : le maire et les adjoints, le maire devant assumer seul l’exécutif communal. Si les adjoints n’ont pas d’attributions qui leur sont propres, ils peuvent fort heureusement recevoir par délégation une partie des attributions du maire, délégation à laquelle il peut être mis fin à tout moment. Le maire dispose, quant à lui, de pouvoirs propres importants et a, dans certains domaines, la qualité d’agent de l’État. Les règles concernant les rapports entre le maire et les adjoints, d’une part, entre le maire et le Conseil municipal, d’autre part, sont codifiées. Si les pouvoirs confiés au maire sont très larges, il est néanmoins fort souhaitable de faire partager par l’ensemble des élus toutes les décisions majeures, c’est à dire celles qui engagent l’avenir de la commune, qui ont des conséquences sur le budget, sur le fonctionnement des services et du personnel, par exemple : les orientations pluriannuelles ou les actes de disposition. En effet, rien n’interdit au maire, aux adjoints et aux conseillers municipaux intéressés, de préparer collégialement les décisions municipales. Bien au contraire, le bon fonctionnement d’un Conseil municipal suppose l’utilisation de toutes les compétences, le partage des connaissances, des informations, afin d’aider à la prise de décisions. Afin que ces dispositions soient mises en œuvre dans les meilleures conditions, il convient que chacun agisse avec discernement, en maîtrisant ses habitudes, sa formation, son tempérament. La pratique de la délégation, qui est souvent revendiquée, s’accompagne de la nécessité absolue de rendre compte. La vie publique exige de nos jours une très grande disponibilité. La fonction exercée conduit à être sollicité en maintes circonstances, et implique une répartition des tâches qui ne peut bien fonctionner que grâce aux délégations. Mais il est essentiel dans la démarche des élus de faire remonter très objectivement à l’exécutif les informations permettant d’appréhender le plus justement possible les problèmes posés afin d’éviter les erreurs d’appréciation et de faciliter les décisions. »

Le maire de Coulon M. Pierre Rousseau (à droite) lors de la fête du jeu et du jouet du Centre Social et Culturel du Marais, en décembre 1992. Photo collection privée

Le rôle des élus

« Être élu, et donc avoir bénéficié de la confiance d’une majorité d’électeurs, exige d’être à l’écoute de tous les administrés, de se comporter en responsable. La position d’élu ne confère aucun droit, elle s’accompagne de devoirs, de contraintes parfois lourdes, pour celles et ceux qui s’impliquent pleinement. L’expérience démontre que l’on apprend beaucoup au contact des autres, des citoyens raisonnables, sérieux, reconnus pour leur bon sens et leur capacité de tolérance. Il convient d’être simple, modeste, d’admettre les idées d’autrui, parfois même de reconnaître ses propres erreurs, mais sans céder toutefois aux pressions partisanes ou aux intérêts personnels. Le pouvoir qui est momentanément confié aux élus suppose en retour de rendre compte aux électeurs, car rien n’est jamais définitivement acquis. Un élu attentif doit traduire les attentes de la population, évaluer les besoins réels, expliquer ce qui est possible, ce qui ne l’est pas, et demeurer intransigeant sur le plan de la probité, du désintéressement, pour mieux servir l’intérêt général. A cet égard, l’objectivité conduit à souligner qu’à Coulon, et depuis le précédent mandat, le maire et les adjoints ont accepté de réduire leur indemnité, ce qui représente 100 000 Francs chaque année au bénéfice de la commune. »

« Certes, la tâche est noble, exaltante, mais aussi parfois ingrate et contraignante car être choisi par le suffrage universel oblige ceux qui exercent pleinement leurs responsabilités à sacrifier une partie de leur vie privée et de leurs loisirs. L’important réside dans la qualité et la solidarité d’une équipe, à l’intérieur de laquelle chacun exerce pleinement ses responsabilités. »

Le mentor ne saurait mentir.

Gilles PETIT

Lire ou relire :

https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2022/12/02/marais-poitevin-il-faut-sauver-le-village-coulon/

https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2015/12/13/deces-dun-ancien-maire-de-coulon-79-m-pierre-rousseau-le-devoir-accompli/

COULON 79 : la 53ème édition de « la grange de camille »

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Pour la 53ème fois, l’espace culturel « la grange de camille » a rouvert ses portes sous le titre 2023 « Escale des arts ». Tous les après-midis jusqu’au 1er octobre 2023, le public peut déambuler librement dans ce lieu artistique atypique, fondé par le regretté André Pignoux.

Lors du vernissage des expositions de « la grange de camille », les artistes ont eu le bonheur d’accueillir Cosette Pignoux après une année d’absence. Photo Gilles Petit

Photographie, peinture, sculpture, art papier, aquarelle, dessin à la plume, gravure, pastel . . . , onze artistes se partagent l’espace : Élisabeth BLANCHART, Danielle BAUDRY, Fredy GAUTIER, Patrick GÉLINEAU, Christiane GILBERT, Camille GOUGNARD, Phil LEJEUNE, Daniel MAR, Sandrine PIGNOUX, Pierre REBICHON et une sélection de photographies prises entre 1964 et 1976 par André PIGNOUX.

Au fil des expositions :

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leurs auteurs. Photos Gilles Petit

Exposition Rive Gauche « Escale des Arts » à « la grange de camille » n° 75 chemin de Halage 79510 COULON. http://www.lagrangedecamille.jimdofree.com

Gilles PETIT

L’histoire des 50 ans de « la grange de camille » est à revivre au lien suivant : https://wp.me/p61nmR-NR

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

Vingt-trois ans déjà : le 8 mai 2003, on repêchait « L’enfant de la Conche » à Coulon (79 France)

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Le 16 juillet 2003, Alice Géraud, journaliste à Libération, écrivait : « Elle n’a pas de nom. Pas d’âge. Pas de visage. Les gendarmes disent «la fille», parfois «la femme». Le curé du village, lui, préfère parler de «la maman». Ils ne savent rien d’elle. Si ce n’est qu’elle a dû accoucher d’un garçon fin avril, début mai. Le corps du nouveau-né a été retrouvé le 8 mai 2003 dans l’eau d’un canal du Marais poitevin ».

Le 8 mai 2003 était une journée quasi estivale dans le Marais Poitevin. Particulièrement à Coulon (Deux-Sèvres France), « capitale » de la Venise Verte. Ce jour-là, cette seconde zone humide de France offrait d’agréables balades aux nombreux promeneurs.  Notamment le long du canal de la Rive droite de la Sèvre Niortaise, communément appelé la Rigole du Grand-Coin. C’est dans cette cathédrale de verdure, qu’en milieu d’après-midi, un homme remarque un objet flottant accroché aux herbes. Avec l’aide de ses amis, ils  repêchent une besace noire de marque Centrix, lestée d’un poids. A l’intérieur, un banal sac poubelle dans lequel ils découvrent le corps d’un nouveau-né.

Une cellule « Grand Coin »

Une cellule, intitulée « Grand Coin », composée de six gendarmes de la brigade de recherche départementale de Niort est alors constituée. Les militaires sont entièrement mobilisés pour identifier le bébé et retrouver sa maman. Sous le contrôle du juge d’instruction de Niort, ils ont procédé à des centaines de vérifications. Ils ont contrôlé tous les campings, gîtes et hôtels de la région, vérifié toutes les rumeurs qui circulaient sur cette affaire. Des plongeurs ont minutieusement inspecté le cours d’eau à la recherche du moindre indice. Coulon étant située en limite de trois départements, l’enquête s’est poursuivie en Vendée et Charente-Maritime. Les enquêteurs ont même fait appel à l’hypnose pour aider un témoin à éclaircir ses souvenirs. Ce dernier aurait assisté à une animation inhabituelle près de la rigole où le promeneur a repêché la besace.

Cette besace à bandoulière a fait l’objet de toutes les attentions de la part des enquêteurs. Ceux-ci étaient même prêts à interroger tous les propriétaires de ce sac très particulier (il s’agit d’un objet publicitaire largement distribué en entreprises sur lequel figure le logo de celles-ci, une marque soigneusement découpée) resté immergé au fond de l’eau «au moins neuf à dix jours». «Il était très abîmé», explique-t-on. On imagine l’état du nouveau-né qui ne portait pas de trace de violences . « Juste un corps de nourrisson. De sexe masculin, de type européen. Sans vêtement ni signe distinctif. Et sans passé, forcément ! » précisait Alice Géraud.

Vingt-trois ans plus tard, on ignore toujours si l’enfant est mort-né ou s’il a vécu. L’autopsie n’a donné aucune certitude. Du côté de la maman, les enquêteurs ont cherché une femme ayant pu être enceinte ce printemps-là. Ils ont comparé les grossesses déclarées et les naissances enregistrées dans les trois départements. Mais elle a pu cacher sa maternité et/ou accoucher seule. Ils ont aussi recoupé l’affaire avec les précédents dossiers d’infanticides et d’abandon d’enfant sur leur juridiction.

La municipalité se substitue à la famille.

Durant l’enquête, le curé du village, le père Michel Châtaigner, a écrit au maire pour demander que le corps du bébé soit «dignement inhumé» en souhaitant : «Il faudrait respecter la religion de la maman. Enfin, si on la retrouve.» Les enquêteurs n’ont pas retrouvé cette personne.

Finalement, comme le prévoit la législation, selon le délai d’instruction et s’il n’y a pas d’identification, le corps doit revenir à la commune du lieu de la découverte. S’adressant au Conseil municipal de Coulon, dès le 13 mai 2003, le maire de l’époque Michel Grasset annonçait : « la commune devra assumer si nécessaire. Dans cette hypothèse, la municipalité devra offrir une sépulture à la petite victime. La crémation est proscrite dans l’éventualité où la famille réclamerait ultérieurement son corps.« 

Début octobre 2003, le petit corps a effectivement été rendu à la commune de Coulon. Il a été inhumé le mercredi 15 octobre à 10h30 dans le cimetière communal à l’issue d’une cérémonie solennelle en présence de la municipalité, du curé, d’un pasteur, de représentants de la Gendarmerie et de l’État, accompagnés de quelques Coulonnais. Les dépenses (mise en bière, transport de corps, plaque, gerbe de fleurs…) ont été prises en charge par la collectivité locale.

Depuis ce jour, la petite tombe de « L’enfant de la Conche » est régulièrement entretenue par des anonymes.

Gilles PETIT

COULON 79 : un inventaire comme bilan de mi-mandat du Conseil municipal

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A l’image de la soirée des vœux 2023, présentée par la maire Mme Guichet, qui avait fait salle comble, la réunion de jeudi 27 avril 2023 devait être LA grande assemblée publique du Conseil municipal de Coulon dans la salle des fêtes locale. Seulement, une soixantaine de personnes ont assisté à un inventaire à la Prévert censé démontrer que tout va bien dans le meilleur des mondes dans la commune au terme de trois années d’exercice.

Parfaitement orchestrée par la maire, Mme Anne-Sophie Guichet a donné tour à tour la parole aux adjoints responsables de commissions, et aux élus délégués ou référents : Mesdames Marie Le-Chapelain (affaires sociales, scolaires et intergénérationnelles), Isabelle Hehunstre (Culture, animations, sports) et Angélique Dumoulin (tourisme), ainsi que Messieurs Dominique Giret (finances), Benoît Lalère (biodiversité), Fabrice Berjonneau (urbanisme, voirie, sécurité) et Julien Guibert (communication). Il s’agissait dans un premier temps de présenter les projets les plus importants et les réalisations portés par l’équipe municipale. Un second temps étant consacré aux échanges avec l’assistance.

Coulon s’est associée avec la commune voisine de Magné pour la création d’une maison de santé pluridisciplinaire . Document Commune de Magné

Dans cet inventaire, il est noté beaucoup de projets intergénérationnels à l’attention, notamment, des enfants des écoles et des personnes âgées ou isolées de la commune. De l’hébergement d’une famille ukrainienne à la semaine du développement durable, en passant par l’enclos du groupe scolaire et le retour des serviettes en tissu à la cantine, Mme Marie Le-Chapelain n’a pas dévoilé le montant des dépenses engagées. Rien n’est gratuit. A ce propos, l’adjointe à la maire s’est enorgueillie de la réussite du repas annuel des aînés, sans souligner que les invités devaient payer leur repas, et étaient conviés à souscrire à une tombola au profit de la caisse communale d’actions sociales. Ainsi, les bénéficiaires alimentaient financièrement la caisse censée les aider.

Le réaménagement du quai Louis-Tardy est satisfaisant. S’il n’y avait ces traces de grattage. Photo Gilles Petit

Urbanisme-voirie-sécurité

Demandant de grosses dépenses, le poste urbanisme-voirie-sécurité est hétéroclite. Par exemple, on y trouve l’implantation d’équipements qui « normalement doivent faire ralentir », selon M. Fabrice Berjonneau, rapporteur de la commission ad hoc, à savoir un plateau ralentisseur au carrefour de la route de Malécot et plusieurs écluses (rétrécissements) « pas très efficaces ». Si peu efficaces que les élus ont « rajouté des coussins berlinois en dur réglementaires », encore moins satisfaisants, voire dangereux. Ces constructions inutiles ont coûté une fortune, quoique largement subventionnées. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau face aux « gros travaux de voirie prévus avec un budget conséquent ». En effet, si quelques revêtements de rues et routes ont déjà été repris, il reste beaucoup à faire dans les écarts, « les oubliés de la commune » selon une habitante présente à la réunion. « On fait par tronçon car ça coute cher » a déclaré M. Berjonneau, lequel a omis de préciser que les zones touristiques sont privilégiées. Par ailleurs, obnubilé par la sécurité routière, l’adjoint ambitionne de régulariser globalement la circulation automobile, à l’image des ralentisseurs cités plus haut, et par des feux dits intelligents. Ainsi, une vaste étude est lancée sur la Route départementale n°123 entre les feux tricolores du centre-bourg jusqu’au pont qui enjambe la Sèvre Niortaise à Irleau. Ce projet n’étant pas chiffré publiquement, lui non plus, nous soufflons aux élus que cette étude est déjà réalisée, et payée, et qu’il suffit d’ouvrir le bon tiroir pour restituer le dossier. Les aménagements, encore récents, de la rue André-Cramois et des Bords de Sèvre sont issus de la présente étude. Il n’y a donc pas lieu d’intervenir sur ce tronçon. Des économies à la clé. Pour mémoire, une étude annexe prévoyait d’interdire cette RD123 aux voitures, au bénéfice des deux-roues et des piétons, entre le lieu-dit Préplot (face à la propriété Elise-Lucas) et le site du camping de la Venise Verte. Une route devant être créée dans les prés situés derrière les habitations existantes. Pour un budget pharaonique.

Dans cette rubrique urbanisme-voirie-sécurité, citons deux gros projets, la reconstruction des bâtiments des ateliers municipaux détruits par un incendie le 24 juillet 2021 (coût global 1 Million d’euros dont environ 20 000 € à la charge de la commune) et la création d’une nouvelle station d’épuration près de Baudichet (financée par la Communauté d’Agglomération du Niortais) qui devrait être fonctionnelle en juin prochain.

Un rapide rapport financier

Concernant les finances communales, M. Dominique Giret, rapporteur de la commission, a vite balayé le sujet. En effet, les comptes de clôture 2022 ne sont guère significatifs car de gros projets ne sont pas achevés ou non débutés, engendrant de nombreuses factures à régler. Selon M.Giret :« Des choses ont été faites grâce aux Petites Cités de Caractère [ndlr, par de substantielles subventions du Département des Deux-Sèvres]. C’est le cas notamment pour la mise en lumières financé à 50% par le biais des Petites Cités de Caractère. On a ainsi remplacé les candélabres sur l’ensemble du centre-bourg, réfléchis par l’architecte des Bâtiments de France. Ils sont aux LED [Diodes Electro Luminescentes], une modernité intéressante et une économie d’énergie. » Un nouvel équipement, non chiffré, qui ne fait pas l’unanimité dans la population coulonnaise.

Évasifs, les propos de M.Giret n’ont guère séduit l’assistance, semble-t-il. A l’issue d’une série de chiffres entremêlés de quelques explications, l’intervenant a déclaré : « le tout sans faire d’emprunt. Nous sommes sans doute la commune des Deux-sèvres la moins endettée, à hauteur de 20 € par habitant ». Selon notre analyse, une commune qui ne s’endette pas, raisonnablement bien sûr, est une commune qui ne s’enrichit pas, qui n’a pas d’ambition, qui ne croît pas à l’aide de ses dettes. D’autant que Coulon s’appauvrit dangereusement en vendant ses meilleurs biens immobiliers et en dégradant son patrimoine architectural par l’accrochage de lanternes et de projecteurs disparates.

A propos d’appauvrissement, en matière de communication, M. Julien Guibert a présenté le nouveau logo de Coulon, ainsi : « le logo reprend les éléments traditionnels de Coulon, à savoir le batelier, la barque, la pigouille. Il permet d’avoir une modernité en donnant le C de Coulon comme une porte d’entrée du Marais Poitevin et le reflet sur l’eau. » Comprendra qui peut le sens de sa réflexion en comparant cette explication avec le graphisme du logo en question. Voir notre précédent article au lien suivant : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2023/01/20/coulon-79-encore-un-nouveau-logo-pour-la-commune/

Un rendez-vous manqué

Enfin, en amont de cette réunion publique, nous avions sollicité un rendez-vous avec Madame la maire afin de parler de sujets dont nous étions certains qu’ils ne seraient pas évoqués. Mme Guichet, également conseillère départementale, a décliné cette rencontre. Nous aurions étudié la main-mise du Département des Deux-Sèvres sur le patrimoine immobilier (Maisons de la Coutume), sur l’incitation à travaux (Quais) et l’ingérence en matière de tourisme (Petites Cités de Caractère), en distribuant massivement des subventions. Nous aurions aussi discuté de la dépendance administrative de la part de l’agglomération niortaise (CAN). Nous aurions également demandé des explications sur la notion de « démarche participative » (choix des lanternes LED) vue par l’équipe municipale. Enfin, il va falloir s’interroger sur le poids du tourisme à Coulon, les habitants du bourg commencent à suffoquer. Les prochaines municipalités devront remettre en état la commune. Le travail sera immense et la facture astronomique.

Gilles PETIT

NIORT : 1er mai 2023, la manifestation « Retrait de la réforme des retraites », en images. Photos Gilles PETIT

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NIORT : Manifestation contre la réforme de retraites, le 1er mai 2023 dans le centre-ville. Ici Place du Roulage, la tête du cortège aperçoit « sa » queue, (au loin à gauche sur ce cliché) qui n’est pas encore sortie de la Place de la Brèche, lieu de départ des participants.

Photos-reportage Gilles PETIT