COULON (79) : l’incidence du tourisme

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Appelée « capitale du Marais Poitevin », la commune de Coulon (Deux-Sèvres France) est proche de l’asphyxie. La cause : le poids du tourisme. Un constat s’impose !

Pêle-mêle, la municipalité vend son plus beau patrimoine architectural au Conseil Départemental des Deux-Sèvres (CD79), pour le tourisme ; la municipalité privatise les quais Louis-Tardy, pour le tourisme ; la municipalité condamne la circulation de la rue de l’Église et de rues voisines, pour le tourisme ; la municipalité prépare la réfection du revêtement des quais Louis-Tardy, pour le tourisme ; une opération « mise en lumière » est lancée par le CD79, pour le tourisme ; la municipalité incite fortement les habitants à rentrer leur poubelle, pour le tourisme ; une zone de rencontre est instaurée, pour le tourisme ; . . . Le tout sur fond de pandémie et de sécurité concentré dans le centre-bourg de Coulon.

Habituellement, la journée du 15 août affiche la plus forte fréquentation touristique de l’année à Coulon. Cette année, ce n’était pas la grande foule car aucune animation n’était proposée. Photo Gilles PETIT

La commune de Coulon s’appauvrit économiquement, ses élus gèrent à vue. En effet, depuis une vingtaine d’années, les municipalités successives végètent. Manque d’ambition à long terme, du saupoudrage en permanence. Des projets que l’on dit importants restent en . . . projet. D’autres, utopiques, sont morts-nés, tout en grevant les finances locales. De plus, elle vend ses joyaux les plus précieux : les bâtiments du port de la Coutume. Du patrimoine immobilier de caractère, savamment acquis par les maires Maurice Moinard et Pierre Rousseau, il ne reste que les bâtisses qui hébergent la mairie et le siège du syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin.

Les élus de la mandature précédente, dont l’actuelle maire Anne-Sophie Guichet était première adjointe, a donc vendu ces deux maisons historiques (360 000 € le tout) au CD79 à la veille des élections municipales. Des lieux occupés respectivement par les associations Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) et gestion de l’éco-musée La Maison du Marais Poitevin, et l’Office de Tourisme Niort-Marais Poitevin (OT). Photo Gilles PETIT

Normalement, lorsqu’un propriétaire souhaite vendre, il doit faire une proposition au locataire en place, en priorité. A notre connaissance, les occupants ont été écartés d’une éventuelle reprise. L’éco-musée et l’OT devraient rester locataires du CD79. Le CSCM est expulsé sans relogement assuré. Pour le tourisme.

Les quais Louis-Tardy

Les quais Louis-Tardy accueillent l’essentiel du flux de visiteurs estivaux, à pied ou à vélo. Les voitures ne peuvent pas cohabiter, évidemment. Celles, essentiellement coulonnaises, qui se retrouvent emprisonnées, entre les rues du Château et du Port-aux-Moules, n’ont qu’une seule solution : fendre la foule pour rejoindre la seule sortie possible la rue du Port-aux-Moules (les autres sorties sont enchaînées et cadenassées. Voir le diaporama ci-dessous). Parallèlement, sur cette voie, la municipalité a fait très fort, sous prétexte de sécurité, ou de pandémie, semble-t-il : elle a condamné les accès à la Sèvre Niortaise pour tous au profit des entreprises privées de batellerie. Des potelets équipés de chaînes barrent les descentes d’escaliers vers l’eau et des barrières métalliques fixes ferment le lavoir ancestral et les petits quais du port de la Coutume. Pour le tourisme.

Voilà la photographie que les visiteurs peuvent prendre du joli lavoir de Coulon : une guirlande de gilets de sauvetage. Ils ont osé défoncer le beau pavage dont les Coulonnais sont si fiers depuis 1995, pour cette ineptie. Photos Gilles PETIT

Quant au revêtement des quais Louis-Tardy, nous vous invitons à (re)lire notre article : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2021/01/31/coulon-79-rehabilitation-de-la-voirie-du-quai-louis-tardy/

« Mise en lumière »

L’opération « mise en lumière » du centre-bourg pourrait intéresser les Coulonnais s’il n’était pas orienté, une fois de plus, vers le tourisme. Voir notre article expliquant la genèse de ce projet : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2018/06/18/coulon-marais-poitevin-79-fiat-lux-que-la-lumiere-soit/ . Énoncé au futur proche et non au conditionnel, le sujet « avant-projet définitif » a fait l’objet, au dernier conseil municipal de Coulon (1er juillet 2021), d’une simple information demandant seulement aux élus d’accepter le plan de financement pour lancer l’étape suivante.

Exclusivement centré sur l’église, sa place et les rues alentours, ce projet propose « le remplacement des candélabres actuels par des lanternes dont le faisceau lumineux sera dirigé vers le sol ce qui permettra une réduction de la pollution lumineuse et une meilleure visibilité ». La question d’économie d’énergie n’a pas été évoquée, la commune payant les factures des consommations électriques.

Nous attendions l’annonce de l’usage de lampes à LED (Diodes Électroluminescentes) faible consommatrices d’énergie. Ce sera pour plus tard car la LED deviendra prochainement la norme en éclairage public. La commune qui aura, encore, loupé une opportunité, devra alors débourser davantage.

La consommation d’électricité se verra booster par « l’ajout de projecteurs qui seront implantés sur des bâtiments publics ou privés et sur un mât adossé au support de communication historique existant sur la place », côté ouest. Ainsi, les touristes verront mieux l’affreux sol en béton du parvis et les passants pourront bien voir où ils mettent les pieds afin de ne pas se blesser sur les dangereux pavés dégradés.

Photographie ci-contre : Sur la place de l’Église, l’arbre de la Liberté se verrait affublé d’un poteau (sur sa gauche). Cette arbre remarquable a été replanté par M. Louis Tardy en 1948 à l’occasion du centenaire de la Révolution devant lequel l’assistance aurait entonné « Le chant des ouvriers », l’hymne de la Révolution de 1848, écrit, en 1846, par le Coulonnais Pierre Dupont.

Photo Gilles PETIT

Enfin, cerise sur le gâteau, il est inclus dans le paquet-cadeau « la projection sur le sol du parvis de dessins rappelant l’identité de la commune (faune, flore, architecture…) ». Pour ce faire, un concepteur-lumières a été recruté pour étudier le projet commun à cinq Petites Cités de Caractère des Deux-Sèvres adhérentes au projet. Le premier adjoint à la maire, Dominique Giret, précise : « En ce qui concerne le planning, ces travaux devraient débuter en septembre pour être terminés avant les fêtes de fin d’année ». Les touristes seront alors repartis. La facture de cette tranche de « mise en lumière » de l’Église et du complément d’éclairage de la place affiche un total de 153 829,40 € HT (Subventionnés à hauteur de 75 % par l’AggloNiort, le Département et l’État). Pour le tourisme.

Incidence ?!

Petit à petit, la commune de Coulon perd son indépendance. Elle bénéficie ou supporte (c’est selon !) l’expansion économique de sa voisine Magné. Cette influence s’ajoute aux pressions exercées par le CD79 et la CAN. En effet, le Département et l’AggloNiort se livrent une guéguerre pour la conduite du tourisme en Marais Poitevin. La CAN possède l’Office de tourisme et gère le projet de tourisme fluvial (fluvestre) sur la Sèvre Niortaise ; le Département aménage les circuits pédestres et cyclables, achète les principaux bâtiments à vocation touristique et a toujours présidé l’association qui gère l’éco-musée Maison du Marais Mouillé, aujourd’hui appelée Maison du Marais Poitevin. Chapeautant l’association Petites Cités de Caractère, le CD79 a lancé « la mise en lumière » et promis officieusement plus d’aides financières pour les quais de Coulon, en contrepartie. La maire de Coulon ne peut pas arbitrer la lutte car elle est à la fois vice-présidente de la CAN et conseillère départementale des Deux-Sèvres. Elle ne peut qu’assister au combat et acquiescer aux initiatives de ces deux rouleaux-compresseurs, sans qui rien ne serait possible sur le territoire de sa commune. La génération actuelle de conseillers municipaux n’a pas connu les grands projets et les ambitieuses réalisations de Coulon. Tout cela est révolu, sauf si cette capitale maraîchine fusionne avec celle de Magné. Le tourisme pour l’une, l’économie pour l’autre. Ensemble, elles ne travailleraient pas seulement pour le tourisme.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : Le Niou Maraisthon, prévu le 28 août 2021 à La Garette (79) est ANNULE

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Le Niou Maraisthon 2021 devait se dérouler le samedi 28 août 2021 aux départ et arrivée du village de La Garette sur la commune de Sansais-La Garette, dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres. Les organisateurs nous informent que « Compte tenu de l’obligation de mise en place du pass sanitaire et d’un faible nombre d’inscriptions, nous avons le regret de vous informer de l’annulation de l’édition 2021. »

Les membres du conseil d’administration ont considéré « qu’il n’était pas possible d’organiser d’une manière optimale, [leur] événement. Pour rappel, organisant une manifestation dans l’espace public, [ils sont] dans l’obligation de contrôler toutes les personnes présentes, participants, accompagnants et simples spectateurs, dans l’espace de départ-arrivée du Châtelet, à Sansais-La Garette. [Ils] n’ont pas les moyens humains d’effectuer ce contrôle réclamé par les autorités publiques. De plus, peu de coureurs et de coureuses se sont inscrits pour participer à [leur] événement. »

Les bénévoles tiennent « à remercier tous les partenaires et intervenants pour leur engagement et leur soutien dans cette période particulièrement incertaine. » Également, ils remercient toutes les personnes inscrites pour leur confiance et leur donnent rendez-vous en juin 2022 toujours au départ de Sansais-La Garette . Les personnes inscrites seront entièrement remboursées.

Après l’annulation de l’an dernier, l’organisation avait annoncé que le Niou Maraisthon aurait bien lieu. Cependant, il devait être bien différent de ce qui était prévu. Se courant habituellement en juin, au départ de Coulon, la 11ème édition était prévue le samedi 28 août 2021 depuis le complexe touristique du Châtelet à La Garette. Les conditions sanitaires avaient contraint les organisateurs à proposer des distances différentes en auto-suffisance et à annuler le marathon, le relais-duo et la marche de 12 km.

95 % du parcours dans le Marais
Avec un accès direct au marais et au parcours, le Niou Maraisthon réitèrera, peut-être en 2022, un passage sur des routes bitumées en renforçant l’idée de course nature. Les participants pourraient ainsi s’élancer directement sur les chemins du marais sur un parcours qui traverserait deux communes : Sansais-La Garette et Le Vanneau-Irleau. Le 23,5 km s’élancerait dans la fraîcheur à 9 heures, le 12,3 km à 10 h 30 et le 6,4 km, course familiale, à 11 heures. L’épreuve marathon, le relais-duo et la sortie marche de 12 km seraient peut-être délaissés, une fois de plus.

COULON (79) : Ouverture d’un nouveau gîte familial : le « Gîte de la Coulonnerie »

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Un nouvel hébergement touristique vient d’ouvrir à Coulon (Deux-Sèvres – France) au cœur du Marais Poitevin. Le « Gîte de la Coulonnerie » est une ancienne ferme située dans le centre-bourg historique de la capitale de la Venise Verte.

Gîte de la Coulonnerie

Le « Gîte de la Coulonnerie » est aménagé dans une grande maison familiale en pierres de taille datant du 18ème siècle et remaniée fin 19ème. D’architecture typique de Coulon, possédant deux cours privées, l’une close, l’autre ouverte offrant un parking réservé. Le bâtiment est idéalement situé au cœur du village maraîchin dans un secteur très calme, proche de nombreux commerces et services, d’établissements de restauration, de l’éco-musée « La Maison du Marais Poitevin ». . . , ainsi que des quais de la Sèvre Niortaise pourvus de plusieurs embarcadères proposant la location de barques et canoës, avec ou sans guides.

Le Marais Poitevin

Seconde zone humide de France s’étendant sur trois départements (Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Vendée) et deux régions (Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire) , le Marais Poitevin est composé de trois paysages différents d’une grande richesse écologique :

les marais mouillés, aussi appelés Venise Verte, avec leurs canaux bordés de frênes têtards et de peupliers ;

les marais desséchés, vaste zone de prairies humides s’étendant jusqu’à l’océan ;

le littoral et ses 150 km de côtes, dont la Baie de l’Aiguillon, estuaire des principaux fleuves irriguant les marais.

Le village de Coulon

Habité depuis le Néolithique, le village de Coulon se situe sur le tracé de la voie romaine reliant Saintes, ancienne capitale de la Gaule Aquitaine, à Angers. Cette commune « péri-urbaine » de 2 318 habitants, au 1er janvier 2020, qui longe la Sèvre Niortaise, est considérée comme la capitale du Marais Poitevin. De sa place centrale partent les rues principales du bourg, interconnectées par nombre de petites ruelles et venelles piétonnes. En face et en aval de Coulon, s’étend la partie principale de la Venise Verte avec ses nombreux canaux. Plusieurs pistes pédestres et cyclistes sillonnent la commune.

Gîte de la Coulonnerie
3 chambres – Salon – Salle à manger
Cuisine équipée
Salle d’eau
6 Ruelle de la Coulonnerie
79510 COULON, France

Tél. : +33 (0)7 88 17 67 56 Courriel : bienvenue@gitedelacoulonnerie.com

Site : https://gitedelacoulonnerie.com

Final du 33ème Festival International de peinture et dessin de Magné-Coulon 23-25 juillet 2021 : le palmarès en vidéo

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Organisé par l’association Magné-Animation, le 33ème Festival international de peinture et dessin, concours et expositions, de Magné (Deux-Sèvres – France) s’est déroulé les 24 et 25 juillet 2021 dans le Marais Poitevin. Pour la première fois, cette manifestation était précédée, le 23 juillet 2021, d’un concours identique dans la commune voisine de Coulon.

On a su assez tard que le Festival international de peinture et dessin de Magné (Marais Poitevin Deux-Sèvres France) pourrait avoir lieu. On se posait la question du pass sanitaire, des gestes barrière.

C’est vrai qu’il y a eu moins de public car il y avait une jauge. Mais, selon le président de Magné Animation André Prunier, « c’est le moindre mal. » C’est à dire que le festival peut toujours vivre. « Nous ne pouvons pas rester deux ans, trois ans » sans Festival. « Ce serait terrible pour l’art, pour la culture, pour les bénévoles, … Plus de cinquante personnes et souvent les conjoints sont parties prenantes. »

Environ 160 peintres étaient préalablement inscrits, mais il y a eu des absences. Une vingtaine d’autres se sont engagés sur place. Dans le contexte du Covid et de la météo incertaine, les palmarès ont décerné dix prix sur le site de Coulon, le 23 juillet 2021, et trente prix à Magné. « C’est beaucoup » fait remarquer M. Prunier, « mais ça permet de récompenser de nombreux artistes. »

A Magné, le jury des professionnels était ainsi composé : la sculptrice d’origine russe Yeva, le peintre de l’hyper-réalisme Richard Gautier, le dessinateur Tony Jandard, le peintre « naïf » Jean Delêtre, le peintre des glacis et des patines à l’huile Daniel Doutre, le peintre de la Marine Bernard Masson, la restauratrice de tableaux Camille Lemoine de Grafic Encadrement, le peintre des Armées Jean-Pierre Minvielle.

La vidéo

Voici, en vidéo, la proclamation du palmarès à Magné par le président de Magné-Animation M. André Prunier et le maire de Magné M. Gérard Laborderie.

Photos des œuvres Julie Aumonier

Vidéo Gilles Petit

Montage Réalisation Gilles Petit Août 2021

MAGNE (79) : Un double hommage des Magnésiens à M. Claude Audis

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L’équipe de Magné-Animation, la municipalité et les bénévoles du Festival International de Peinture de Magné (79) ont doublement rendu hommage à leur président fondateur et président d’honneur Claude Audis. Samedi 18 juillet 2020, une plaque « lumineuse » a été dévoilée au cimetière local. Samedi 24 juillet 2021, la municipalité a baptisé le square de la mairie : « Jardin Claude Audis ».

A la demande de M. Jean-Marie Zacchi, peintre de renommée mondiale et président d’honneur du Festival pendant de nombreuses années, le maire Gérard Laborderie a proposé au conseil municipal de dénommer un espace public au nom de Claude Audis. Le choix n’a pas été difficile. Il s’est très vite porté sur le jardin de la mairie qui est « le berceau des moments forts de ce Festival avec, notamment, les inaugurations officielles, l’exposition des tableaux réalisés par les peintres et la remise des prix. » Le Conseil municipal a approuvé cette décision à l’unanimité et a fait poser des plaques à chaque entrée de ce square qui, jusqu’à présent, n’était pas dénommé. Il porte aujourd’hui officiellement le nom de « Jardin Claude Audis ».

 

Jusqu’à la 31ème édition, l’artiste-peintre Jean-Marie Zacchi (à gauche) et Claude Audis (à droite) étaient les piliers du Festival International de Peinture de Magné. Photo Michel Castellani

 

Les origines du Festival

Tout a commencé en 1989 lorsque Jean Thébault alors maire de Magné, avec Bernard Texier, le père du célèbre peintre Richard Texier, a demandé à son adjoint Claude Audis d’imaginer une manifestation culturelle autour de la peinture et de la mettre en œuvre. Si le cahier des charges pouvait paraître simple, le défi était de taille pour quelqu’un qui était chef d’entreprise, mais pas dans le monde de l’art. Il fallait une bonne dose d’audace en 1989.

 Claude Audis aimait rappeler, « le Festival est né comme un pari, comme un défi, et il s’est installé comme une évidence. »

 

Une plaque-photo et un monument

Le 18 juillet 2020, Magné Animation a déposé une plaque sur la tombe de Claude Audis, sous la forme d’une « photo lumineuse » (auteur Michel Grégoire) présentant parfaitement le Festival avec les peintres, la Sèvre Niortaise et le village de Magné à l’horizon. Le maire de Magné avait alors refermé ainsi le livre des éloges : « En guise de reconnaissance de [son] action, l’équipe municipale qui m’entoure réfléchit à donner [son] nom à un espace de la commune en lien avec le site du Festival. La période de confinement ne nous a pas permis d’être prêts pour aujourd’hui, mais je m’engage à ce que tout soit prêt pour l’inauguration de juillet 2021. »

Effectivement, le 24 juillet 2021, au cours de l’inauguration du 33ème Festival international de peinture et dessin de Magné, M. Gérard Laborderie et Mme Nicole Audis ont dévoilé « une structure » à la mémoire de Claude Audis, installée dans le « Jardin Claude Audis ». La vidéo de cette cérémonie : https://youtu.be/VyFk9FXNY8o

En juillet 2020, Magné Animation a déposé une plaque en hommage à Claude Audis, récemment disparu.
En juillet 2021, la municipalité de Magné a installé « une structure » en l’honneur de Claude Audis à proximité de la mairie. Photo Gilles PETIT

COULON : Coulon-Rive Gauche, seize artistes de talent

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Cette saison estivale 2021, seize artistes investissent La Grange de Camille, à l’invitation de « Coulon, Rive gauche ». Toutes les techniques y sont présentées : aquarelle, huile, dessin, sculpture, estampe, photographie, art du papier, … Parmi les petits nouveaux, une jeune « peintre sur mobilier » Sabrina Brulay, à l’enseigne « NINA B ART DU MOBILIER ».

Lors de l’inauguration de La Grange de Camille, la maîtresse de maison Cosette Pignoux, de sa plume poétique, a expliqué « comment la Grange a grandi » : « Quand est-ce qu’on ouvre la Grange à Camille ? Quand ? Perchée sur mon escabeau, la phrase prononcée me fait dans le cœur une tristesse tendre. Ce lieu si pensé à deux dans la passion qui fait vibrer la corde sensible, rencontrer la sensibilité de notre nous-même, en ressentir les vibrations. La Grange, ce lieu vibrant de mille pas, de mille joies. Ce lieu qu’on a rêvé ensemble, André et moi, si plein de nos désirs d’échanges, si plein de nos rêves de troubadours fous, fous d’amour, d’extravagance, de beauté, de musiques, de mots, de partages. Cette grange qui était destinée à fermer sa porte à toute vie, nous allions la faire renaître. Mais offrir une grande et belle aventure. Camille, le voisin d’enfance accepta par tendresse. Son « Oui, je veux bien » fut un chant d’alouette, un baiser de tendresse de l’enfant que j’avais été. On exposerait des photos. Travaux des champs sur le foin. De l’authentique. La grange avait sa fierté, nous nous devions de la respecter. Elle avait cette odeur du passé où l’homme vivait encore au pas des bêtes, sur les chemins des cigales, où les soirs se partageaient la parole sur les seuils des portes. La Grange ouverte au regard sur la beauté d’expression, d’échange. Pas n’importe quelle grange : la grange à Camille avec ses pavés cirés par les pas des visiteurs, sa douce fraîcheur quand on y entre par les journées chaudes. La Grange, habitée de poésie et d’amour. Ce qu’il faut à l’être pour être heureux, c’est la beauté, de la passion. Notre désir était de faire de cette grange, le lieu de création pour poètes, amoureux de la vie, du beau, du fantastique. Prendre le temps de regarder, de se laisser surprendre. Tout simplement, le temps d’aimer, de partager, laisser ses yeux vagabonder. Alors oui, il faut la rouvrir la Grange de Camille. » Cette scène s’est déroulée voici 52 ans. Depuis, ce lieu unique de rencontres d’artistes rouvrent ses portes tous les étés sur la commune de Coulon sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise.

Seize artistes de talent

Une partie des artistes qui exposent dans la Grange de Camille, en compagnie de Cosette Pignoux (au centre) Photo Gilles PETIT

Cette année, « Coulon, Rive Gauche » invite les œuvres de Jean Artibricolo, Danièle Baudry, Élisabeth Blanchart, Anne Bouffard, Anne Dahomé, Fredy Gautier, Patrick Gélineau, Christiane Gilbert, Phil Lejeune, Daniel Mar, Richard Métais, Olivier Nillesse, André Pignoux, Sandrine Pignoux, Philippe Simon et, parmi les petits nouveaux, une jeune « peintre sur mobilier » Sabrina Brulay.

NINA B ART DU MOBILIER

Sabrina Brulay vient d’ouvrir un atelier de métier d’art de peintre sur mobilier sous le nom de « Nina B Art du mobilier » à Mauzé-sur-Le-Mignon en Deux-Sèvres, entre Niort et La-Rochelle. « Je rénove et transforme des meubles anciens et aussi contemporains, » explique-t-elle et précise « j’utilise des techniques contemporaines et du XVIIIème siècle pour le décapage puisque je fais tout à la main, décors compris ».

Sabrina Brulay poursuit : « Mes clients sont des gens qui ont du mobilier souvent ancien, parfois contemporain. Ils viennent à l’atelier ou je vais à leur rencontre comme ici [à La Grange de Camille] dans une galerie d’art. Je fais un projet décoratif adapté en fonction de leur projet. Souvent, le mobilier a une histoire familiale, les gens ne veulent pas s’en séparer d’autant que le meuble a une âme. Ils aimeraient le conserver et pouvoir leur donner un peu plus d’allure ou une « nouvelle tête ». Je peux proposer beaucoup de choses et je m’adapte en fonction de leur intérieur puisque j’ai des outils modernes, comme la planche décorative sur laquelle ils peuvent visualiser leur projet avec leur intérieur. C’est super intéressant. »

Photo Sabrina Brulay

Nina B a suivi une formation complète à Rians (83) . Dans ce petit village de Provence, le centre de formation Atelier Garance dispense une qualification unique en France qui délivre le titre d’artisan d’art avec certification professionnelle. « Nous sommes aujourd’hui exactement cinquante-deux artisans à proposer ce métier d’art en France. Actuellement sur mon secteur, je suis la seule », précise Sabrina Brulay.

Lors de ses permanences prévues les vendredis et samedis après midi, à La Grange de Camille, Nina B pourra détailler chaque pièce exposée comme autant d’échantillons de ses talents. Du faux cuir, de la fausse rouille sur des matières métallisées ; la création ou rénovation de boiseries, d’éléments de cuisines, de salles à manger… Elle transmettra sa passion en démontrant pourquoi elle fait des patines inspirées des techniques du XVIIIème siècle : les meubles à nu, sept couches, des fiches de travail, le décapage, la préparation sur place, l’impression des peintures, la couleur des patines, la finition et la protection de l’ouvrage.

Sabrina Brulay poursuit : « je suis aussi spécialisée dans le travail à la feuille d’or, une formation complémentaire enseignée en Suisse que je peux utiliser sur une assiette comme sur un meuble (photo ci-contre). Posée sur ce meuble, une lampe boule année 1960/1970 revisitée avec un abat jour en accord avec l’effet porphyre. Le porphyre est une pierre pourpre tachetée de blanc. Je n’utilise que des pigments naturels provenant de trois carrières en France dont la plus connue, la carrière de Gargas, les fameux ocres de Provence dans le Vaucluse. »

Photo Gilles PETIT

« Je suis heureuse de faire partie des artistes standard, inscrite au registre de l’Institut national des métiers d’art qui participe à la protection des ouvrages artistiques français. Ce n’est pas rien. C’est une reconnaissance au niveau national », se félicite Sabrina Brulay. http://www.ninabartdumobilier.fr

L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte tous les après-midis jusqu’à fin septembre dans « la Grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise, face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.

Gilles PETIT

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

COULON (79) : Histoire de l’immeuble Élise LUCAS

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Tout Maraîchin résidant dans la Venise Verte (Marais Poitevin des Deux-Sèvres) a forcément entendu parler du « Centre du Préplot ». Cette ancienne ferme du lieu-dit Préplot à Coulon défraie la chronique depuis le décès de sa propriétaire Mme Élise Lucas, sans héritier connu. Histoire d’une bâtisse léguée, voici 44 ans, sous condition, à la municipalité coulonnaise.

L’histoire commence en janvier 1977, Mme Élise Lucas vient de décéder à l’âge de 97 ans. Elle vivait seule dans la petite ferme familiale de « Prépelot ». « C’était une personne de petite taille, pétillante d’intelligence. Un personnage politiquement très marqué, défenseur de l’école publique. Elle était très amie, bien sûr, avec le monde enseignant de Coulon, » se souvient M. Jean-Claude Coursaud, ancien agriculteur, chroniqueur local, qui a côtoyé Mme Lucas alors qu’il était tout jeune garçon. Dans son éloge funèbre, M. Maurice Moinard, à l’époque maire de Coulon, déclara, notamment : « C’était l’une des figures les plus connues du Marais Poitevin surtout depuis l’émission télévisée produite sur le Niortais, voici quelques années, et durant laquelle chacun avait fort prisé la façon de raconter dont fit preuve la nonagénaire ».

Collection Maryse COURSAUD
Mme Elise Lucas n’avait pas d’héritier Photo Collection Maryse COURSAUD

Née Benoist en 1879, Élise Lucas était veuve depuis le 22 février 1947, date de la mort de son époux Pascal. Elle a donné naissance, le 31 août 1905, à leur fils unique Henri. M. Henri Lucas était président de l’Amicale Laïque de Coulon, une structure pluridisciplinaire au service de l’Éducation Populaire, lorsque, au cours d’une permission le 29 novembre 1942, il traverse des animaux en bateau dans un marais, sur la « conche du Château ». Au retour, il tombe dans la Sèvre Niortaise et se noie à proximité de la cale de Préplot.

Photo Pascal, Élise et Henri Lucas

Collection Maryse COURSAUD

« Le lien avec le monde enseignant a été primordial chez Élise Lucas soutenue par une idéologie de gauche bien affirmée », indique M. Coursaud. « Avec son mari, elle était issue de ce monde paysan qui avait une culture certaine. Elle faisait partie de ces femmes de la terre très intellectuelles. Tout ce qui était spectacles, elle aimait ça. Voilà des gens qui avaient deux ou trois vaches, qui vendaient un peu de lait, qui vendaient quelques peupliers, puis ça suffisait. Tout était assez compartimenté chez elle. Elle était assez sélective. Peut être que la politique la rendait ainsi. »

Mme Elise Lucas en compagnie de MM. Prillaud, Vergne, Boineaud et Prioux, (de gauche à droite) personnalités politiques et enseignantes Photo Collection Maryse COURSAUD

Le legs de Mme Lucas

Ceci explique peut-être cela. Quelque temps avant sa chute avec fracture, dont les suites de l’intervention chirurgicale nécessaire lui furent fatale, Mme Lucas avait rédigé son testament : En 1977, elle donnait les terres qu’elle possédait sur les communes de Sansais – La-Garette et Coulon aux familles Frère de Sansais et Pailler de Coulon. Quant aux bâtiments et dépendances de la ferme de Préplot, elle les léguait à la municipalité coulonnaise, conduite par « son ami » le maire Maurice Moinard, sous l’unique condition : « les utiliser au bénéfice des enfants et de la jeunesse en général. » De nos jours, ce legs est toujours en vigueur. Ainsi est né le « Centre du Préplot », un « cadeau » dont les municipalités coulonnaises qui se sont succédé se seraient bien passées, quoique bien venu.

Faisant suite à ses dernières volontés, la maison natale d’Élise Lucas a rapidement été dévolue au Foyer Léo-Lagrange. Le bâtiment a été réaménagé en centre de vacances dont la gestion a donc été confiée à la Fédération régionale Léo-Lagrange jusqu’en juin 1989. Alors que la municipalité avait réalisé des travaux pour 2,54 millions de francs, le nouveau maire Pierre Rousseau a accusé Léo Lagrange d’« oublier de payer les loyers ». Ce contentieux ne s’est soldé qu’en juillet 1990.

La maison de la famille Lucas en bord de Sèvre Niortaise à « Prépelot » Photo Collection Maryse COURSAUD

La commune reprend la gestion directe du centre d’hébergement, ouvert de Pâques à la Toussaint. Elle embauche le personnel nécessaire dont une directrice. Laquelle quittera ses fonctions le 30 avril 1992 pour des raisons personnelles. A ce moment-là, toutes les analyses et comparaisons les plus récentes démontraient que, selon M. Rousseau, « si l’implantation est bonne et attrayante, l’investissement était trop lourd ce qui généraient des charges financières pesant considérablement sur l’exploitation. » Bref, le « Centre du Préplot », chargé de l’accueil de groupes en visite dans le Marais, s’avère peu rentable. Il fallait trouver une « autre orientation » afin de maintenir l’activité en réduisant les charges de manière drastique.

Arrivée de la MFR

Un miracle s’est produit le lundi 7 septembre 1992. La Maison Familiale Rurale (MFR) de Brioux-sur-Boutonne recevait au centre du Préplot à Coulon, les vingt jeunes filles du BEPA 2ème année économie familiale et rurale, option service aux personnes. En effet, la maison-mère de la MFR, ne pouvant plus, en raison des effectifs, assurer l’accueil à Brioux-sur-Boutonne de tous les élèves dans de bonnes conditions, a reçu de la mairie de Coulon l’autorisation de s’installer au centre d’hébergement du Préplot pour l’année scolaire 1992-1993. « Tout le monde apprécie le calme des lieux, la proximité de la Sèvre Niortaise et l’installation dans des locaux spacieux, clairs et gais laissant bien augurer de l’année scolaire », estimait alors la directrice Mme Guillemain-Touzeau.

La MFR était tellement satisfaite que, tout au long de l’année, il a fallu adapter les pièces, les commodités … La commune a rapidement acquis, auprès des Domaines, un bâtiment préfabriqué pour la somme de 4 160 francs, puis, en 1995, deux autres préfabriqués d’occasion qui abriteront trois salles de classe, une cuisine pédagogique et un foyer-convivialité. Ces travaux étaient menés en parallèle avec l’aménagement de l’internat filles et garçons. Enfin, une convention a été signée par la MFR avec la commune qui met à disposition les locaux durant cinq jours par semaine, laissant libre les week-ends pour l’accueil d’autres groupes. Le contrat de location stipulait que la Maison Familiale Rurale loue les locaux 95 francs la journée de présence pendant 17 semaines de septembre à juin. Les années scolaires suivantes, l’effectif a doublé puis triplé. En somme, tous les cours ont rejoint Coulon. Finalement, la municipalité a consenti la location annuelle à la MFR sur la base de 150.000 francs par an.

Après d’autres lourds investissements et travaux d’aménagement répondant aux exigences de l’école, financés par elle-même et la commune, largement subventionnés, la MFR commence, en 2007, à parler de « déménagement dans une construction neuve sur un espace proche ». Souhaitant rester à Coulon. Mais, il était aussi envisagé le déplacement de la MFR à proximité de la Maison du Cheval à La-Garette sur des terrains appartenant au Conseil Général des Deux-Sèvres. Finalement, le couperet est tombé le 8 décembre 2009. Le maire Albert Cheminet a informé les élus du courrier qu’il a reçu le 3 décembre 2009 de Monsieur le président de la Maison Familiale Rurale de Coulon lui annonçant la décision du conseil d’administration de quitter la commune de Coulon pour La-Garette.

Une maison inoccupée

La MFR a rendu les clés du « Centre du Préplot » le 1er juillet 2012. Les locaux étant désormais vacants, deux possibilités s’offraient à la municipalité coulonnaise conduite par le maire Michel Simon. Soit vendre l’immeuble ; soit le louer à une autre structure, sachant que celle-ci devra répondre aux conditions du legs de Mme Élise Lucas.

Il faut préciser que les travaux de remise en état et de mise aux normes sont considérables et fort onéreux et que la meilleure des solutions serait de trouver un investisseur qui accepte de louer ces locaux en l’état et de les réhabiliter lui-même. Les élus coulonnais ont finalement choisi la location.

Quel sera l’avenir de l’héritage de la famille Lucas ? Photo Collection Maryse COURSAUD

On passe rapidement sur les démarches infructueuses du maire auprès de l’association GPA79-16 (Groupement entre la Pep et l’Apajh) qui souhaitait créer, en 2015, un centre de découverte pour adultes et jeunes handicapés. Un projet abandonné, suivi, fin 2018, par des discussions engagées avec un porteur de projet privé, le groupe Les Printanières, qui se disait très intéressé par le site pour la construction d’une résidence services séniors pour l’automne 2020. Pendant ce temps, le « Centre du Préplot » inoccupé, décrépit rapidement.

Aujourd’hui, en 2021, il est question d’y loger le Centre Social et Culturel du Marais (CSCM). Étant évincé de son bâtiment originel par la municipalité coulonnaise, qui l’a vendu au Conseil départemental des Deux-Sèvres, le CSCM est à la recherche d’une nouvelle adresse. Mais ceci est une autre histoire dont la trame n’est pas encore écrite.

Gilles PETIT

Un grand merci à Mme Maryse Coursaud, ancienne directrice d’école à Coulon, historienne du Marais Poitevin, pour le prêt des photos de Mme Élise Lucas

COULON (79) : un drapeau de la Libération sort du grenier

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8 mai 1945, la France est enfin libre. Le pays pavoise.

A Coulon, dans le quartier du Coin du Four la joie est intense. Les fusils cachés dans le double plancher d’un des greniers, juste au-dessus des Allemands qui avaient été logés dans une chambre réquisitionnée, vont pouvoir sortir au grand jour.

Au rez-de-chaussée, des petites mains s’activent. « Viens m’aider Thérèse, y’allons faire un drapeau. » C’est ainsi qu’Armandine Pillier s’adresse à sa jeune voisine Thérèse Legris. Il faut trouver ou bien teindre des étoffes, découper les croix de Lorraine qui orneront les deux côtés du drapeau. Armandine est couturière et a tôt fait d’exécuter sa tâche. Armand son père et Émile son mari confectionnent la hampe et découpent une boîte de conserve pour représenter le fer de lance. Tout cela est bien artisanal mais c’est l’intention qui compte et il faut faire vite, avec les moyens du bord.

Le drapeau est maintenant fixé à une fenêtre et flotte au vent. Il ressortira régulièrement lors des anniversaires historiques puis sera remisé dans le grenier : ses couleurs ont passé et il n’est plus très présentable. Mais on l’a gardé précieusement en souvenir.

Le drapeau d’Armandine flottait à cette fenêtre dans le bourg de Coulon Photo Gilles Petit

Avec lui a été conservée la mémoire de ce jour de liesse mais aussi celui des personnes qui ont peuplé la maison et ses dépendances. La vingtaine de soldats français de l’armée en déroute qui seront hébergés quelque temps dans les granges, l’un d’entre eux, un coiffeur, faisant même profiter de ses talents tout le quartier. Les familles parisiennes réfugiées chez les Pillier ou dans le voisinage, les Personnat qui étaient déjà retournés depuis deux ans dans la capitale et une famille russe dont j’aimerais connaître le sort. Ce sont leurs deux enfants, Sonia et son frère, qui apparaissent sur la photo auprès de Mme Personnat, d’Armandine serrant comme toujours un chien dans ses bras et de son père Armand.

Armandine Pillier (à g.) et Armand Faucher (à d.) en compagnie, probablement, de Mme Personnat et les enfants Kusnatse Photo DR

Aujourd’hui, 8 mai 2021, le drapeau est ressorti et a, à nouveau, flotté à la fenêtre. Certes, le bleu n’est plus très bleu mais il était toujours agité par un grand souffle de liberté.

Antoinette Petit

MAGNE (79) Les 30 ans du Square du 11ème G.R.C.A.

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Le 8 mai 1991, la municipalité magnésienne, conduite par son maire M. Jean Thébault, honorait le 11ème Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée formé à Magné en septembre 1939, avec des éléments de réserve. L’histoire du « Square du 11è G.R.C.A. », un parking municipal ainsi nommé en souvenir d’une Amicale locale dissoute.

Créées de juillet à septembre 1939, les unités Groupes de Reconnaissance de Corps d’Armée (G.R.C.A.) ont été dissoutes à l’armistice de 1940. Les G.R.C.A. avaient été formés par les Centres de Mobilisation de Cavalerie (C.M.C.). Ils étaient principalement composés de réservistes. Les G.R.C.A. étaient structurés selon deux modèles : les G.R.C.A. comprenant uniquement des unités motorisés (les 1er, 2e et 3e G.R.C.A. ) ; les G.R.C.A. mixtes comprenant des unités à cheval et des unités motorisées. Les mixtes étaient nommés du 6e au 25e G.R.C.A. dont le 11e.

Le Square du 11ème G.R.C.A. est situé à l’entrée de Magné au cœur du complexe sportif de plein air. Il est fréquenté par toutes les générations. Photo Gilles Petit

Lors de l’inauguration du Square du 11e G.R.C.A., M. Carillon (photo ci-contre), dernier secrétaire de l’Amicale du même nom, a retracé l’histoire de son régiment [Un texte extrait du guide annuaire municipal n°13-1991] : « Pour tous les anciens combattants et la population, le 8 mai 1945 a été une date historique, l’hégémonie nazie était anéantie et chacun poussait un soupir de soulagement après cinq années d’occupation allemande. Aujourd’hui 8 mai 1991, restera aussi pour le 11e G.R.C.A. une date historique. Formé à Magné en septembre 1939, avec des éléments de réserve, sous le commandement du Colonel Malcor, ce régiment, après dix jours de formation [au 9e Centre Mobilisateur de Cavalerie basé à Niort – NDLR], était dirigé sur la Lorraine. En tant que Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée, notre mission était d’être aux avant-postes pour surveiller l’ennemi, ses déplacements et l’efficacité de son armement.

Pendant huit mois, de la forêt de Warndt à Forbach, nous avons fait ce travail délicat et dangereux. A fin mai, nous avons dû partir pour la Somme pour aider à enrayer l’avance ennemie. Efforts sans résultat puisque le 6 juin, nous trouvant sur le passage des chars à Guderian, le régiment fut complètement décimé : morts, blessés, prisonniers ne se comptaient plus. »

La bataille de France

Le 11e G.R.C.A. a donc combattu lors de « la bataille de France ». Selon un article de l’encyclopédie libre Wikipédia : La bataille de France ou campagne de France désigne l’invasion des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France, par les forces du Troisième Reich, pendant la Seconde Guerre mondiale. L’offensive débute le 10 mai 1940 mettant fin à la «drôle de guerre». Après la percée allemande de Sedan et une succession de reculs des armées britannique, française et belge, ponctuée par les batailles de la Dyle, de Gembloux, de Hannut, de la Lys et de Dunkerque, elle se termine par la retraite des troupes britanniques et la demande d’armistice du gouvernement français, qui est signé le 22 juin 1940, les militaires ayant refusé la capitulation.

Une Amicale fondée dès la Libération

M. Carillon poursuit : « Après la fin des hostilités et le retour des prisonniers, le Colonel Malcor, avec l’aide d’un Groupe d’officiers, fonda le 19 septembre 1947 à Magné, l’Amicale du 11e G.R.C.A..

Il regroupa les restes du régiment, et, pendant 22 ans, en assura la présidence. Après la mort du colonel, le 19 septembre 1969, l’Amicale subit une certaine désaffection. En mars 1971, au cours d’une réunion à Poitiers, monsieur Jacques De Luze, lieutenant à l’escadron motos était sollicité pour reprendre le flambeau. Il en accepta la présidence me demandant d’en assurer le secrétariat. Malheureusement, le 13 juillet 1990, notre président était emporté brutalement à l’affection des siens et de nous tous. N’ayant plus de président, ni de vice-président, les membres de notre amicale, âgés et ayant beaucoup de difficultés à se déplacer, notre dernière réunion se tiendra aujourd’hui [8 mai 1991]. Mais cette dernière réunion sera marquée d’une date qui restera au fond de nos cœurs. Un hommage qui touche très profondément tous mes camarades. »

Un Square pour ne pas oublier

Le 8 mai 1991, M. Jean Thébault, alors maire de Magné, a inauguré le square en l’honneur du 11è G.R.CA.

« 1939…1991, cela fait 52 ans que votre groupe avait été formé à Magné, » a rappelé le maire M. Thébault, « et vous aviez autour de 20 ans en 1939, car tous, vous étiez mobilisés et non appelés. Vous veniez à vos assemblées générales à Magné avec vos familles tous les deux ans; cela paraissait faire nombre et vous nous sembliez plus jeunes. Vous renoncez aujourd’hui à vous compter pour oublier le temps, mais non les circonstances qui vous avaient réunis ici en 1939. J’ai donc proposé au conseil municipal de donner le nom de votre régiment à une rue, c’est un square finalement qui a été retenu. Il est à l’entrée du bourg, parmi les sportifs et autres qui se poseront des questions à votre sujet. Nous leur répondrons en leur apprenant l’histoire de votre formation et les faits d’armes que vous avez accomplis dans cette « drôle de guerre ». Monsieur Carillon, messieurs les membres de l’Amicale, nous ne savons pas assez de choses sur votre régiment, sur votre Groupe de Reconnaissance. Je crois qu’il faudra toujours garder un certain esprit patriotique, et le souvenir des sacrifices consentis et des atrocités commises pour que cela ne se reproduise plus. »

HISTORIQUE du 11e G.R.C.A.

Groupe de commandement:
– Colonel Malcor.
– adjoint: Capitaine Burot de l’Isle puis capitaine Chaix

escadron hors rang:
– Capitaine Ausseur puis capitaine de Broucker.

  • Formé à Magné, près de Niort, et embarqué à destination de la Warndt.
  • En ligne, secteur de Carling (19-09-1939).
  • Déplacement dans le secteur de la Petite-Rosselle, bois de Forbach (03-10-1939).
  • Mouvement sur le secteur d’Emmenweiller (14-10-1939).
  • Renforcé de 2 bataillons et de 2 batteries, en ligne à Longeville les Saint-Avold (secteur de Faulquemont) (22-10-1939).
  • Prise de contact avec l’ennemi, patrouilles et organisation de PA
  • En ligne sur la ligne Maginot (12-05-1940).
  • Embarqué pour la Somme et rattaché à la Xe Armée (25 mai au 1er juin 1940).
  • Occupation défensive de la ligne Poix-Hornoy et Tieulloy–l’Abbaye (02-06-1940).
  • Violentes attaques ennemies repoussées grâce à une résistance opiniâtre des PA du GR, à l’aérodrome de Poix, à la ferme d’Hervilly, à Hornoy et à Thieulloy. L’escadron mitrailleuses et canons est submergé après avoir repoussé trois assauts de chars (05 et 06-06-1940).
  • Réduit à 5 pelotons, forme Groupement avec les débris de 2 bataillons de Chasseurs et 2 groupes d’artillerie aux ordres du commandant du GR, reçoit l’ordre d’interdire le passage de Morvillers, puis repli derrière la Bresle en direction de Rouen. Encerclé à Saint-Valery-sur Somme, reçoit ordre de déposer les armes.

Gilles PETIT

COULON (79) : Des travaux dits de « sécurité » sur la rue Main

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Après les « rendez-vous manqués » (voir notre article : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2021/03/15/coulon-les-ralentisseurs-des-rendez-vous-manques/), la municipalité poursuit son opération « sécurisation routière » en centre-bourg. Contre toute attente, la rue Main est concernée au premier chef … une nouvelle fois.

C’est inné chez les nouveaux élus municipaux. Depuis des décennies, ils détiennent la solution miracle garantissant une vitesse automobile raisonnable dans la courte rue Main à Coulon. Si cette solution miracle existait, on le saurait déjà au fil des mandatures.

L’actuelle municipalité coulonnaise, dirigée par Mme Anne-Sophie Guichet, ne déroge pas à la règle. En effet, au cours de la réunion du Conseil municipal, datée du 1er avril 2021 (sans rire !), il a été évoqué le plan de réhabilitation du Quai Louis-Tardy. En aparté, M. Fabrice Berjonneau, adjoint chargé des travaux, a informé les conseillers (le public n’était pas admis pour cause de pandémie, il n’a pas pu entendre des propos qui ne figurent pas dans le compte-rendu officiel de cette assemblée) que « les travaux de sécurité vont commencer au mois d’avril par la rue Main ».

Au droit de la route départementale n°1, l’entrée de la rue Main est sécurisé par un îlot, guère esthétique mais efficace, qui casse la vitesse des véhicules qui souhaitent emprunter cette voie. On notera au sol les traces de l’ancienne bande blanche d’un Stop. Photo Gilles Petit

La rue Main est l’une des trois voies d’entrée dans le centre-bourg. Elle est principalement empruntée par des locaux qui, pour la plupart, ont pris la mauvaise habitude de descendre cette rue pentue, en voiture, à moto, et à vélo, à bonne allure.

Une voie à sens unique

Comme les véhicules des habitants y sont stationnés, un sens unique a été institué voici de longues années. Une mesure qui a longtemps alimenté les débats entre élus et riverains. Quand il y a eu débat. A l’image de cette anecdote : une matinée, des employés communaux sont arrivés avec leurs clés à molette et leur pot de peinture. Ainsi armés, ils ont inversé le sens de circulation. Les véhicules allaient pouvoir sortir du village en débouchant directement sur la route départementale n°1 en côte avec peu de visibilité. Une hérésie qui a été réparée après d’âpres discussions.

Lors de la précédente mandature, il a été constaté que des voitures stationnaient dans le virage à gauche au bas de cette rue au débouché de la rue de la Douve. Un élu bien intentionné a fait mettre des potelets dans ce virage à la place des voitures. Résultat de l’opération, des locaux roulent encore plus vite car ils ont une bien meilleure visibilité et savent que très peu de monde arrive de la Sèvre Niortaise.

Pour les piétons et les cyclistes

Lors de cette réunion du 1er avril 2021, l’adjoint aux travaux a annoncé : « Nous allons mettre le Quai Louis-Tardy entièrement piétonnier et cyclable. Comme ça, il n’y aura plus de voitures stationnées. » A l’entendre, les riverains seraient d’accord. Il a ajouté, pour cela « on va commencer par la rue Main au mois d’avril. On va revoir l’entrée de cette rue parce qu’il y a une espèce d’ilot qui ne ressemble à rien. Et on revoit le stationnement qui va permettre de faire ralentir les gens. Beaucoup de Coulonnais coupent systématiquement par là. » On notera que ses propos sont exprimés au futur proche et non au conditionnel. Les riverains apprécieront.

Avant cette annonce surprise, le premier adjoint Dominique Giret avait tracé le compte administratif de gestion 2020, et il avait présenté les budgets primitifs 2021. Un tableau qui affiche « une situation budgétaire 2021 très confortable », mais, selon la maire, « financièrement, on a dû couper dans les projets de travaux. » Car le programme d’amélioration de la voirie ne dispose que d’un budget annuel de 184 150 €.

Engager des travaux dans une rue qui n’en demande pas revient à gaspiller des fonds qui seraient bien utiles ailleurs en améliorant le confort de vie des Coulonnais. On pense à l’urgente réfection de plusieurs trottoirs notamment rues de la Gare (photo ci-contre) et Auchier.

Certes, il convient de réétudier le problème de vitesse excessive dans cette rue. A moindres frais. Ici, nous préconisons d’abord de garder le sens de circulation actuel ; ensuite de conserver l’îlot cité (il est efficace) ; puis d’inclure cette voie dans la Zone de rencontre à vitesse limite de 20 km/h instaurée dans le village (ce qui permettra à de nombreux vélos de s’affranchir du sens interdit en toute légalité) ; réinstaller le stop d’antan au carrefour avec les rues de la Douve et de la Coulonnerie ; les habitants de la rue Main s’occuperaient du reste, ils ont l’expérience. Un panneau « Zone de rencontre » à déplacer, un panneau « Stop » à dénicher dans le stock des ateliers municipaux et une bande blanche à peindre au sol. En une demi-journée, les employés communaux auraient réalisé le travail et la municipalité engrangerait une sérieuse économie. Probablement avec « les félicitations du jury ».

Gilles PETIT