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Marais Poitevin : la 5ème Transhumance de la Vallée du Curé à Saint-Sauveur d’Aunis

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La Transhumance de la Vallée du Curé est née à l’initiative principalement des éleveurs de races limousines de Charente-Maritime. Elle est organisée les années impaires. Photo Gilles PETIT

Créée en 2011, par les communes de Nuaillé d’Aunis, du Gué d’Alleré et de Saint-Sauveur d’Aunis, la fête de la Transhumance 2019, organisée par l’association Transhumance de la Vallée du Curé, présidée par Rémy Mouche, s’est déroulée, cette année, sans Le Gué-d’Alleré, faute de bénévoles locaux semble-t-il, mais avec l’arrivée de la commune de Ferrières d’Aunis. Le Curé est le plus court des trois fleuves, avec le Lay et la Sèvre Niortaise, qui se jettent dans la Baie de l’Aiguillon.

« Ce n’est pas véritablement une tradition. En fait, il s’agit d’une animation autour du marais, » explique M. Jean Luc, maire de Saint-Sauveur d’Aunis. « Avant, il y avait la mise à l’herbe avec une arrivée un petit peu échelonnée des troupeaux sur le marais communal. Ici, des organisateurs dynamiques et imaginatifs ont voulu transposer la transhumance des montagnes de France. C’est une très, très belle fête qui met en valeur la vocation d’élevage et la qualité de nos marais communaux. L’élevage est quand même très vivant dans nos plaines céréalières. Ce rassemblement, cette convivialité, sont un aspect économique non négligeable parce que 157 bêtes sur une cinquantaine d’hectares de marais à Saint-Sauveur, constituent une grande richesse. Nous avons des éleveurs qui viennent d’autres communes pour mettre leurs bêtes. C’est important, ça fait chaud au cœur. Beaucoup de monde accompagne cette transhumance, ce qui montre que l’élevage fait partie de l’ADN de notre région. Le marais communal a une vocation en matière d’écoulement des eaux, les eaux y stagnent, elles s’y reposent. On y trouve une végétation importante, la faune, la flore, tout ce qu’il faut pour faire un milieu naturel, une biodiversité comme on dit maintenant. Les vaches vont rester dans le communal jusqu’au mois de décembre. Elles ont de quoi manger. »

Des centaines de marcheurs ont accompagné la 5ème Transhumance de la Vallée du Curé. Photo Gilles PETIT

L’étude réalisée et publiée par Eléonore Charles « Les communaux du Marais Poitevin : géohistoire et construction collective d’un projet global » explique (extrait) :

« Nés entre le Xème et le XIIème siècles lors des premières opérations de dessèchement par les abbayes, les communaux du Marais Poitevin sont, en fait, des terres gagnées sur la mer. Au Moyen-Age, ils avaient une place importante au sein de la société. Les moines et les seigneurs les mettaient à disposition des communautés d’habitants, notamment les plus pauvres, pour y chasser, pêcher, ramasser des champignons et y faire paître les bêtes. Cette propriété commune est ancienne et antérieure à la naissance des communes actuelles (« marais commun » plutôt que « communal »), et résulterait d’une concession aux paroisses de droits territoriaux sur les propriétés des seigneurs ou des abbayes. Au XVIIème siècle, après la deuxième phase de dessèchement du Marais Poitevin, l’arrêt du Parlement de Paris du 30 avril 1654 impose aux Compagnies de « laisser à chaque paroisse un vaste communal à portée et en bon état ». A la Révolution française, les marais communaux deviennent la propriété des communes mais garderont longtemps un statut ambigu : ni privés ni publics, ils sont du domaine commun. Peu modifiés par l’homme, ces espaces n’ont jamais (ou presque) été exploités autrement qu’en pâturage extensif, libre, collectif et plurispécifique (bovins, équins et quelques ovins). »

« Pas de chevaux sur Saint-Sauveur », signale le maire M. Luc qui informe : « Au XIX° siècle il y avait des chevaux soldats destinés à aller à la guerre, pour acquérir de l’endurance, on les mettait sur le marais communal. Saint-Sauveur a une tradition de cheval, d’élevage de chevaux, toutes les belles demeures de la commune appartenaient à d’anciens marchands de chevaux qui vendaient leurs chevaux élevés dans les marais communaux. Actuellement, dans notre marais, ce sont des bestiaux destinés à l’alimentation des êtres humains. »

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PRIN DEYRANCON (79) : l’unité de méthanisation récupère, transforme et valorise.

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La SAS Déméter Energies a construit une unité de méthanisation sur la commune de Prin-Deyrançon (Deux-Sèvres) au « profit » du village voisin Mauzé-sur-Le-Mignon. Un modèle de transition énergétique qui permet notamment de traiter les effluents d’exploitations agricoles des environs. Un lourd investissement pour un projet innovant.

L’unité de méthanisation a été construite assez loin de Mauzé-sur-Le-Mignon. Dans quelque temps, elle devrait se fondre dans le paysage selon les préconisations du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (document ©WWW.1NFINITY.COM)

Selon la mythologie grecque, Déméter (un nom qui signifierait « la Mère de la Terre ») est la déesse de l’agriculture et des moissons. Demeter est aussi une marque de certification internationale de produits issus de l’agriculture biodynamique, une science agricole inventée dans les années 1920 par l’occultiste autrichien Rudolf Steiner (Source Wikipédia).

Six chiffres donnent une idée du défi que s’est lancé la SAS Déméter Energies, à l’initiative de David Paillat (agriculteurs, éleveurs laitiers à Mauzé-sur-Le-Mignon) et son épouse Vanessa : 12 exploitations agricoles locales adhérentes, 21 000 tonnes de déchets organiques valorisés, 499 KWE de puissance installée en cogénérateur; 180 KWC de solaire en auto consommation; 6 millions d’investissement sur le territoire de l’agglomération niortaise; 5 000 MWH de chaleur valorisée.

La méthanisation est un processus biologique naturel permettant la valorisation de matières organiques (lisier et déchets végétaux) en gaz (méthane CH4). La dégradation de la matière organique par les bactéries en milieu anaérobie chauffée à 44 degrés produit du biogaz. Le méthane contenu dans le biogaz est récupéré pour alimenter un moteur dit de « cogénération » (La cogénération est une double production d’énergie : électricité et chaleur). Ce processus permet l’élimination des polluants, la production d’électricité, de chaleur (eau du circuit de refroidissement du moteur de cogénération) et d’engrais écologique.

Placés ici pour la décoration, ces tracteurs donnent une idée de la taille plutôt modeste des dômes des deux digesteurs. Image Capt’Action79

Déméter Energies a été créée en 2015 par les associés du Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC) Biraud-Paillat. Cette SAS regroupe aujourd’hui au sein de son capital les agriculteurs éleveurs locaux partenaires (bovins lait, bovins viande et caprins) et de grands acteurs régionaux du secteur agricole et des énergies renouvelables (coopératives et syndicat d’énergie).

Entourant ici Madame le préfet des Deux-Sèvres Isabelle David, les agriculteurs partenaires ont guidé par groupe les nombreux invités à l’inauguration, samedi 23 mars 2019. Image Capt’Action79

« Au delà d’une profonde volonté de contribuer à la transition énergétique sur le territoire, cette initiative est née pour faire face au nouveau paysage agricole français qui impose aux agriculteurs de reconsidérer leurs méthodes de producteurs et surtout de les diversifier pour continuer à faire vivre le secteur », précisent les concepteurs de cette unité de méthanisation.

Alimenté par le Biogaz émanant des digesteurs, le cogénérateur produit de l’électricité, distribue une eau de chauffage qui sera bientôt dirigée vers la piscine, le collège, les écoles et la mairie du proche village de Mauzé-sur-Le-Mignon. L’alimentation en électricité interne à l’unité de méthanisation est fournie par les capteurs solaires qui couvrent le bâtiment de stockage des intrants. Image Capt’Action79

Image Capt’Action79

Gilles PETIT

Saint-Georges-de-Rex (79), l’ancien maire René MATHE a participé au « grand ouvrage de la vie » du Marais Poitevin

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A propos de « son » Marais, René Mathé disait à qui voulait l’entendre : « le travail laborieux de l’homme, c’est les pyramides ! Le Marais chez nous est un milieu construit, bâti et il faut toujours, toujours, le travailler, l’entretenir, le sauvegarder ! » René Mathé, ancien maire de Saint-Georges-de-Rex, est parti le 1er février 2019, à l’âge de 72 ans. Sans aucun doute, il continuera à veiller sur cette cathédrale de verdure qu’est le Marais Mouillé du Marais Poitevin.

A Coulon, le 15 juin 2014, l’ancien maire de Saint-Georges-de-Rex, René Mathé participait à la remise au Syndicat mixte du label Parc Naturel Régional, par la ministre Ségolène Royal. Photo PNRMP

Mardi 5 février 2019, 10h30, le centre du village de Saint-Georges-de-Rex est fermé à toute circulation automobile. Dans un grand silence, des dizaines de personnes convergent vers le parvis de l’église. Une église trop petite pour accueillir tout ce monde venu de l’ensemble du Marais Poitevin et de la couronne niortaise, dont beaucoup de responsables politiques et d’anciens élus. D’ailleurs, la municipalité locale avait prévu cette affluence en installant un tivoli ouvert, équipé d’une sonorisation permettant de participer à la cérémonie.

Au micro, Clément, l’un des trois enfants du couple René et Jeannick Mathé, a retracé la « carrière » de son père : « Une sensibilité pour ton prochain aura été l’un des moteurs de ton engagement pour ta communauté. Je pense que les Rexois peuvent en témoigner : cinq mandats, 31 ans à la mairie et des réélections à plus de 80% aux premiers tours. » Parallèlement, René Mathé compte 35 ans d’activité au sein du Syndicat mixte du Parc, d’abord Interrégional, puis Naturel Régional, du Marais Poitevin, en charge de l’architecture et de l’urbanisme. Sans oublier son poste de secrétaire au Syndicat intercommunal à vocation unique des Grands Travaux du Marais Poitevin, dont il fut l’un des artisans avec la présidente Mme Ségolène Royal. Des Grands Travaux lancés, le 4 février 1992, par M. François Mitterrand, alors président de la République française.

Clément poursuit : « Nous nous retrouvons donc à Saint-Georges-de-Rex, ce petit village du Marais Poitevin, à quelques kilomètres d’Irleau où tu as vu le jour le vendredi 5 avril 1946 et où, surprise pour la famille Mathé, vous êtes arrivés à deux, Jacques et René. Des jumeaux rejoignant leurs parents Roger et Madeleine et le frère aîné André. »

En mai 1994, René Mathé, alors maire depuis 11 ans, constatait que les projets de Saint-Georges-de-Rex prenaient déjà forme grâce à l’adhésion de sa commune à la Communauté d’Agglomération de Niort. Photo C.O.

Dans un film vidéo, diffusé sur Internet (Dailymotion), René Mathé raconte « je suis né dans le Marais , toute ma famille maternelle et paternelle est liée à ce territoire. J’ai même eu un arrière-grand-père qui a été maire de la commune d’à côté et ma famille était liée aussi à une production du bois, les bois du Marais, les usines de scierie, le contreplaqué que, moi étant enfant, j’ai pratiqué, y compris sur le terrain avec l’exploitation du bois, les chantiers, les abatteurs, donc je suis vraiment un enfant du pays. »

Cependant, René Mathé n’a pas travaillé dans l’entreprise familiale. Selon son fils, « malgré des études loin de nos conches, frênes têtards et peupliers, malgré les voyages pour découvrir culture et patrimoine aux quatre coins du monde, le soixante-huitard revient s’installer avec sa belle dans le Marais. » Puis, en 1980, il se marie avec Jeannick, une Bretonne qui lui donne Clément, Capucine et Vivien.

Clément enchaîne : « Vient alors le temps du Parc Naturel Régional et des engagements locaux, politique, associatif et militant. [Il] va avancer et combattre avec des valeurs chevillées au cœur et au corps : patrimoine, histoire, écologie, humanité, cherchant le compromis pour ne léser personne, malgré [ses] convictions parfois très tranchées. »

René Mathé : « Ce n’est pas la fin du monde, juste une page qui se tourne et chacun continuera d’écrire et prolongera son histoire dans le grand ouvrage de la vie. »

 

Gilles PETIT

MAGNE 79 : Quand des vœux se réalisent…

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Les projets que dessine la municipalité de Magné semblent se concrétiser naturellement avec une facilité déconcertante. De quoi rendre envieuses des communes voisines. De nouveaux terrains à bâtir, de nouveaux habitants, de nouvelles entreprises, de nouvelles associations . . . et une capacité d’autofinancement pour investir, malgré la baisse des dotations d’État.

M. Gérard Laborderie, maire de Magné : « Depuis 2015, j’espère, comme chaque année, débuter cette cérémonie de vœux sur une note légère. Mais malheureusement, l’actualité me l’interdit encore. Les nombreux attentats des années passées, aussi horribles soient-ils, avaient pour conséquence de nous rassembler, politiques de gauche, de droite, syndicats, forces de l’ordre, tous unis pour la France, pour cette liberté de toute nature, contre l’obscurantisme, le fanatisme, sa violence aveugle incompréhensible. Les événements qui agitent notre pays depuis novembre dernier sont d’une autre nature. La révolte dite des gilets jaunes vient de l’intérieur de notre pays. Et nous oppose les uns aux autres, le peuple aux gouvernants, le peuple aux forces de l’ordre, avec un niveau de violence rarement atteint lors de manifestations, faisant voler en éclats la belle unité nationale malheureusement éphémère des lendemains de catastrophes. Les revendications sont nombreuses. Cette révolte exprime un sentiment profond de colère et de désespoir qu’il faut entendre. »

Le premier vœu du maire pour 2019 sera « un vœu d’apaisement de la violence qui sévit en ce moment dans notre pays, et, pour cela, [il] souhaite qu’un véritable dialogue se mette en place avec une écoute réciproque, attentive et une recherche de solutions concertées au bénéfice de plus d’égalité et plus de justice sociale. »

2018

2018 a été une année d’activités particulièrement intenses pour tous, élus et services, mais, regrette M. Laborderie, « la conduite simultanée de nombreux dossiers ajoutée à la gestion quotidienne nécessite beaucoup d’énergie, beaucoup de travail, beaucoup de temps passé et aussi beaucoup de tracasseries car l’administration est lourde et de plus en plus complexe. Elle nécessite de nombreuses compétences dans les domaines administratif, réglementaire, juridique, comptable, fiscal, technique, etc. Dans tous les domaines. » Est-ce pour cela que M. Alain Sauviac a démissionné du conseil municipal, le 26 juin 2018, laissant vacant son poste de 2ème adjoint en charge de la communication et des projets structurants ? Membre non élu de la liste du maire aux municipales, M. Jean-Claude Daroux a été appelé pour compléter le conseil. Les fonctions d’adjoints ont glissé vers le haut, le 3ème devenant le 2ème, et ainsi de suite jusqu’au 5ème. Auparavant « simple » conseiller, M. Jean-Paul Chaudron a été élu, le 3 juillet 2018, 5ème adjoint à la communication. Le maire reprenant la gestion des projets structurants.

La baisse des dotations de l’État diminue les recettes de la commune. Une baisse constante de 2013 à 2017 qui représente quand même 420 000 euros de recettes cumulées en moins dans le budget d’investissement. « Heureusement, soupire le maire, d’autres recettes sont venues atténuer ce manque, dont le PACT [Programme d’Appui Communautaire au Territoire] de la CAN [Communauté d’Agglomération du Niortais] d’un montant de 230 000 euros sans lequel nous n’aurions pas pu terminer l’aménagement du centre-bourg. » La municipalité a également bénéficié d’une subvention de 80 % dans le cadre du dispositif TEPCV [Territoire à Énergie Positive pour la Croissance Verte], pour le remplacement de la totalité des 516 points lumineux d’éclairage public par des LED [Diodes Électro Luminescentes] permettant des économies annuelles de plus de 60 % sur les consommations d’électricité. Un investissement amortissable sur environ trois ans.

M. Laborderie précise : « Nous sommes donc contraints à une gestion toujours plus rigoureuse de nos dépenses. Pour cela, la recherche d’économies que nous menons depuis 2008, avec une intensité accrue depuis 2014, nous permet de dégager chaque année une capacité d’autofinancement, grâce à laquelle nous pouvons conduire les projets, sans recours à l’emprunt, sauf pour la ZAC [Zone d’Activités Commerciales] de la Chaume-aux-Bêtes, bien sûr. Et toujours sans augmentation de la part communale des impôts locaux depuis 2010, conformément à notre engagement de campagne. Et ce sera maintenu en 2019. »

La traversée du centre-bourg de Magné a été réaménagée. Photo Gilles PETIT
Des associations sont maintenant logées au rez-de-chaussée de cet immeuble, Place de Weitnau. Photo Gilles PETIT

L’année passée a vu de nombreux projets se concrétiser dont la refonte de l’espace public du centre-bourg, à savoir la sécurisation de la circulation, l’embellissement du village et l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Le deuxième gros chantier a été l’aménagement d’un tourne-à-gauche sur la Route départementale n°9, direction Coulon, afin de sécuriser le carrefour avenue du Marais Poitevin / chemin de la Chaume-aux-Bêtes / rue du moulin / chemin de Franc-Girouard. Autre grand chantier, la création d’un pôle associatif autour de la Place de Weitnau. En effet, déplacés vers le pôle commerces et services dans la ZAC de La-Chaume-aux-Bêtes, le Crédit Agricole, la pharmacie et La Poste ont laissé des locaux vides d’une surface totale de 450 m². La municipalité leur a vite trouvé une nouvelle utilisation : héberger les associations précédemment logées dans des locaux dont la mise aux normes de sécurité et d’accessibilité aurait nécessité un investissement disproportionné.

2019

Organisée en 2018, la première fête du pain autour du four à pain rénové par l’association Les Amis du Four à Pain et le savoir-faire de son président Roger Bodet devrait avoir une seconde édition lors des Journées du Patrimoine 2019. Photo Gilles PETIT

« Il y aura encore des travaux en 2019, annonce M. Laborderie. Le premier chantier qui va démarrer très vite sera la 4ème tranche de requalification des espaces publics du centre-bourg. Il s’agit de la partie sud de la Grande-Rue depuis l’avenue du Marais Poitevin jusqu’à la rue du Clouzis. Toujours avec les mêmes objectifs : sécurisation, accessibilité avec un large trottoir du côté boulangerie et embellissement de la commune. Un chantier de trois mois. L’autre chantier qui va aussi démarrer, c’est l’extension de la zone habitat de la ZAC de La-Chaume-aux-Bêtes avec la création de sept nouveaux terrains viabilisés d’une surface comprise entre 500 m² et 850 m², situés en prolongement des maisons déjà construites. A l’arrière du centre de formation, ouvert l’année passée, le bailleur social 3f Immobilière Atlantic Aménagement va construire douze logements sociaux du T2 au T4. Ce seront des logements particulièrement économes en énergie qui auront le label de maisons passives. Du côté du pôle commerces et services, un second bâtiment devrait sortir de terre juste à côté du bureau de presse. Les choses bougent aussi concernant le projet de pôle médical. C’est un projet très difficile à monter puisque ce n’est pas le genre de projet qu’une commune peut monter toute seule car il faut nécessairement une implication des professionnels médicaux. Un terrain est réservé à une maison de santé juste derrière l’actuel bureau de presse. »

Par ailleurs, un sentier du patrimoine verra le jour. Baptisé « De port en port », cette création permettra, sur deux kilomètres environ, de découvrir, à pied ou à vélo, le patrimoine, l’histoire et même une légende de Magné autour de l’eau. Les promeneurs seront invités à suivre un parcours balisé à l’aide de « clous » en bronze placés dans le sol. Un service d’aide sociale à l’écriture est déjà en place dans le cadre du CCAS [Centre Communal d’Actions sociales]. Il est entièrement gratuit sur rendez-vous par une écrivaine publique un jeudi sur deux en alternance avec son bureau de Coulon. Enfin, l’installation de la fibre optique va débuter par l’installation de six armoires de connexion couvrant l’ensemble de la commune. 580 logements magnésiens seront éligibles fin 2019, la commune sera couverte à 80 % fin 2020 et 100 % en 2022.

Les îlots directionnels de l’avenue du Marais Poitevin avaient été ensemencés, dans le cadre du fleurissement de la commune. Malheureusement, la faible épaisseur de terre a fait que ça n’a pas fonctionné et la sécheresse de l’été n’a pas arrangé les choses. Il a été décidé de les recouvrir de béton et il reste à les peindre au printemps pour une meilleure visibilité. Photo Gilles PETIT

Côté environnement, le maire explique : « Cela fait deux ans que l’usage des pesticides pour l’entretien des espaces publics et notamment les trottoirs est interdit. La nature reprend peu à peu ses droits. C’est particulièrement visible sur les trottoirs de certaines rues qui verdissent sur la totalité de leur surface. Il est indispensable de changer notre regard sur ces herbes, certes indésirables mais qui témoignent d’un sol sain et, par là même, d’une nappe phréatique moins polluée. C’est important si nous voulons laisser une planète vivable à nos descendants. Cette année encore et les suivantes, particulièrement au printemps, les agents municipaux feront le maximum. » M. Laborderie demande à tous ceux qui le peuvent d’entretenir le trottoir devant chez eux, « sans pesticide, bien sûr. »

Une dernière information, la médiathèque a été transférée à la CAN le 1er janvier 2019. Dans le cadre de ses compétences optionnelles, la CAN a pris celles des équipements sportifs et culturels d’intérêt communautaire et la médiathèque, inaugurée en septembre 2015, remplissait les conditions pour ce transfert. La CAN assurera donc désormais l’entretien et la charge relative au bâtiment comme c’est déjà le cas depuis 2014 pour la piscine communautaire.

Le maire de Magné ajoute « modestement bien que sincèrement, que 2019 nous garde aussi la santé si précieuse et dont on n’apprécie la valeur réelle que le jour où elle se dégrade. Et en disant cela, [il] pense à toutes celles et ceux qui auraient sans doute aimer être présents à cette soirée de vœux et qui en sont empêchés par la maladie, la souffrance, l’isolement ou la précarité. »

En conclusion, M. Laborderie adhère aux vœux prononcés par Jacques Brel le 1er janvier 1968 sur la radio Europe 1. « Il y a 51 ans mais ils n’ont pas pris une ride et il m’a semblé qu’un peu de poésie ne pouvait que faire du bien par les temps qui courent, alors que les turpitudes de la vie quotidienne nous font oublier l’essentiel de ce que nous sommes et pourquoi nous vivons ». Jacques Brel : « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences, je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fiers de l’être et heureux car le bonheur est notre destin véritable ! »

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : Entre tourisme et entretien, le Syndicat des Marais Mouillés 79 parle de « hold-up ».

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Qui du tourisme ou du Marais était le premier ? Le tourisme doit son développement au Marais, le Marais ne doit rien au tourisme. Si les bateaux des touristes circulent dans la Venise Verte, c’est grâce au Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres qui entretient les conches. Sans aucune participation financière des professionnels du tourisme locaux.

« Je veux préciser, n’en déplaise à certains, que toutes ces réalisations : élagage, curage, enlèvement des embâcles et bouchons de vase, profitent presque exclusivement au tourisme et à la batellerie. » En peu de mots, le président du Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres (SMM79), Bernard Riffault a dénoncé « un hold-up sur le Marais », lors de la dernière assemblée générale de cette structure.

Les trois Syndicats des Marais Mouillés de l’ensemble du Marais Poitevin jouent un rôle essentiel dans l’écosystème des zones humides. Photo document Gilles PETIT

Le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres

Le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres est un établissement public fonctionnant, depuis juillet 1987, sous le statut d’Association Syndicale Autorisée (ASA). Créé le 24 août 1833 par ordonnance du roi Louis-Philippe autorisant la création de trois syndicats départementaux (Deux-Sèvres, Vendée et Charente-Maritime), le syndicat a pour vocation l’entretien des ouvrages hydrauliques d’intérêt collectif (canaux, écluses). Le SMM79 gère le domaine fluvial du réseau secondaire des Deux-Sèvres, c’est à dire les voies d’eau lui appartenant, celles des communes, des fossés importants de particuliers non inclus dans le réseau principal et quelques fossés de séparation et de communication déclarés d’intérêt collectif. Ses adhérents sont tous propriétaires de parcelles de marais, lesquels paient obligatoirement chaque année une taxe destinée à l’entretien et la gestion du Marais. Ces propriétaires sont représentés au conseil d’administration de l’ASA par deux syndics par secteur (*). Par ailleurs, le 4 décembre 1930, un décret a encouragé le regroupement des trois syndicats avec celui de la Jeune Autize au sein de l’Union des Syndicats des Marais Mouillés du Marais Poitevin, ceci afin d’harmoniser les programmes d’intérêt collectif.

Dans ses propos, M. Riffault évoque particulièrement l’entretien des conches dans cette zone de la Venise Verte. Des voies d’eau parcourues par des milliers de touristes à bord de centaines de bateaux au départ de Coulon, La-Repentie de Magné ou La-Garette.

Devant de nombreux propriétaires, M. Riffault a ainsi terminé ses longs rapports moral et d’activité : « Maintenant je souhaite aborder un dossier simple pour beaucoup d’entre nous mais très compliqué par la volonté de certains qui ne connaissent pas le Marais, qui ne comprennent rien au fonctionnement du Marais, qui malheureusement attendent encore que ce soit l’autre qui leur permettra de réaliser leur chiffre d’affaires. Ceux-là, dans leur comportement le plus égoïste, pensent encore et toujours que les propriétaires de marais doivent assurer seuls l’entretien de celui-ci, mais que ce dit marais doit bénéficier au plus grand nombre. Je vais répéter ce que j’ai déjà dit de nombreuses fois. Si le marais bénéficie de l’apport d’une nouvelle économie, c’est tant mieux. Mais il ne faut pas oublier que ce fonds de commerce, si cher à tous, nécessite beaucoup d’entretien comme toutes les zones humides. Cet entretien ne peut pas être laissé entièrement à la charge des propriétaires. »

Le syndicat a effectué un sondage-enquête auprès de ses adhérents/propriétaires. « Environ un millier ont répondu par écrit signé de leur main », assure le président. Il en ressort que « la batellerie, grosse utilisatrice des conches, ainsi que le tourisme en général doivent participer à l’entretien de cette zone humide dont tout le monde parle sans faire aucun effort dans cette direction. » Ont suivi des délibérations prises par le conseil syndical, lesquelles ont été « approuvées par l’autorité de tutelle, sans modification, sans remises en cause quelles qu’elles soient. » A savoir, mettre en place auprès des communes membres de l’association syndicale (le syndicat ne peut pas taxer une entreprise, la loi le lui interdit) des taxes votées et prévues dans les délibérations et d’établir les titres de recettes s’y rapportant.

Les conches du Marais Mouillé doivent être régulièrement entretenues. L’image n’en sera que plus belle. Photo Gilles PETIT

M. Riffault souligne : « Si nous avons fait passer la taxe par le biais des communes c’est que les communes sont aussi des propriétaires donc des membres du syndicat et ces communes représentent quand même l’activité économique de leur territoire. Quand les gens viennent dans le Marais ça ne profite pas qu’aux bateliers, ça profite également à l’hôtellerie, aux boulangers, aux marchands de cartes postales, et ainsi de suite. Nous avons adressé cette demande aux communes du fait de leur positionnement. »

« Dans un souci de courtoisie, le 23 janvier 2018, nous avons écrit aux maires des communes concernées Coulon, Magné, Sansais – La-Garette, Le Vanneau – Irleau, Arçais, et Saint-Hilaire-la-Palud, que nous allions émettre les titres se rapportant aux décisions prises et qu’ils allaient les recevoir prochainement.  Notre lettre n’a jamais reçu de réponse de qui que ce soit, nous n’avons jamais reçu un coup de téléphone, jamais reçu de courriers. Les maires ont reçu la lettre mais ils n’ont rien dit. Forts de cette situation, nous avions déduit que nous pouvions adresser nos titres. » Avec l’approbation de Madame le préfet des Deux-Sèvres, les titres ont été émis par la Trésorerie.

« Même la maison bleue qu’on dit toujours à Coulon, est sur la commune de Sansais – La-Garette » a rappelé M. Riffault Photo Gilles PETIT

« S’en suivit une rébellion », déplore M. Riffault, « sauf de la commune du Vanneau- Irleau qui a honoré aussitôt la taxe demandée. Cette rébellion conduite par le maire de Coulon, commune qui a la plus forte concentration batelière et qui se dit la capitale du Marais, avec pour seul territoire à montrer aux touristes qui viennent dans le Marais, la Sèvre Niortaise [fleuve du domaine public, NDLR]. Lorsqu’un bateau quitte le port de Coulon, après avoir traversé la Sèvre Niortaise, il se trouve sur les communes de Magné et de Sansais – La-Garette, ainsi que sur le territoire principal entretenu par le Syndicat. Un autre détail, Coulon bénéficie de beaucoup d’avantages, même la maison bleue qu’on dit toujours à Coulon, est sur la commune de Sansais – La-Garette. Enfin, les communes énoncées font régler aux entreprises batelières des taxes sans assurer, ni participer à de quelconques travaux dans le Marais. Pour l’occupation du domaine public fluvial, notamment dans les ports, elles reversent une quotte part à l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise, par contre pas un centime au Syndicat. »

Une contribution des communes

La Venise Verte en hiver Photo Gilles PETIT
La Venise Verte en été Photo Gilles PETIT

Le SMM79 demande aux communes de verser, à l’année, 60 € par bateau et 40 € par canoë destinés aux promenades touristiques payantes. Il est donc réclamé, compte tenu du nombre d’embarcations : Arçais, 3 960 € ; Sansais, 3 240 € ; Saint-Hilaire-La-Palud, 2 580 € ; Le Vanneau-Irleau, 300 € ; Magné, 3 900 € ; et Coulon, 8 800 €. Le Marais Mouillé des Deux-Sèvres compte douze embarcadères ou loueurs de canoës.

 

Cependant, on notera que des communes participent aux travaux prévus par le Syndicat sur leur territoire, dans le cadre d’un Contrat Territorial Milieux Aquatiques (CTMA). C’est notamment le cas de Saint-Hilaire-la-Palud qui, sur son budget 2017, a prélevé 10 000 € afin d’aider aux travaux d’élagage, de désencombrement et de curage de biefs et conches sur son territoire, pour un coût global de 62 160 € TTC, le reste étant pris en charge à hauteur de 22 000 € par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, 9 500 € par le Conseil départemental des Deux-Sèvres et 20 660 € par le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres.

L’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise

Traversant ici Magné, le fleuve appartenant au domaine public est géré par l’Institut Interdépartemental du Bassin de la Sèvre Niortaise. Photo Gilles PETIT

L’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSN) est un organisme missionné par l’État, propriétaire des voies d’eau principales du réseau national. Depuis le 1er janvier 2015, l’IIBSN gère le domaine public fluvial de l’ensemble du Marais Poitevin. Depuis de nombreuses années, des communes étaient signataires avec l’État d’une convention qui les autorisaient à utiliser le domaine public de l’État, leur permettant d’accorder des autorisations d’exploitation aux entreprises de batellerie installées dans leur port. L’IIBSN a donc repris ce principe de convention, d’une durée de six ans, qui stipule que la signature est assortie du versement à l’État d’une redevance annuelle calculée en fonction de la longueur de berges, et du nombre de barques et de canoës à usage commercial.

Dans la Venise Verte, à notre connaissance, trois municipalités ont conclu un tel accord. Sansais – La-Garette pour son port communal donnant sur « Le Sevreau » ; Arçais, pour son port situé sur le Bief de La Garenne ; et Coulon pour 535 mètres de berge de la Sèvre Niortaise.

A Coulon, les berges de la rive droite de la Sèvre Niortaise sont du domaine public. Concédées à la municipalité, elles rassemblent la plus grosse flotte touristique de la Venise Verte. Photo Gilles PETIT

Prenons l’exemple de Coulon. La convention avec l’IIBSN court jusqu’au 31 décembre 2020. Sur la rive droite du fleuve, le linéaire concédé est de 535 mètres pour trois sections : 447 mètres du pont de la route départementale n°1, à la rue du Port-aux-Moules ; 35 mètres de la rue du Port-aux-Moules à l’embarcadère « La Trigale » ; et, plus en aval, 53 mètres longeant la rue Elise-Lucas, face à l’immeuble du même nom. Le nombre d’embarcations professionnelles enregistrées est de 136 bateaux et 8 canoës. La redevance annuelle est de 0,70 € par mètre linéaire, plus 119,00 € par barque et 85,00 € par canoë. Cette redevance est revalorisée chaque année en fonction de l’indice INSEE. Pour 2019, le conseil municipal coulonnais du 20 décembre 2018 a fixé ses propres redevances à percevoir par la batellerie locale : 215,00 € par barque et 103,00 € par canoë. A ces tarifs s’ajoute les nouvelles billetteries à chaque embarcadère professionnel. Ces cabanons, imposés par la municipalité, font l’objet de conventions datées du 1er mars 2017 pour une durée de trois ans, soit jusqu’au 29 février 2020, renouvelables par tacite reconduction par période de trois ans. En contrepartie , les entreprises s’engagent à verser à la commune une redevance dont le tarif est fixé à 15,00 € par m² et par mois, soit pour l’embarcadère « La Pigouille », 1 099,80 € par an ; « La Roselière », 469,80 € par an ; Prada », 1 452,60 € par an ; et « La Trigale », 480,60 € par an. Un simple calcul chiffre le montant des taxes et concessions encaissées par cette commune.

La taxe de séjour

« Il y a aussi la participation des organismes de tourisme par le biais de la taxe de séjour », poursuit M. Bernard Riffault. « Là on m’a dit c’est ‘niet’. Je demande un rendez-vous au président de la Communauté d’Agglomération du Niortais [CAN] puisque toutes les discussions que j’ai pu avoir avec le président de l’Office de tourisme de la CAN [M. Michel Simon, également maire de Coulon et vice-président de la CAN en charge du tourisme NDLR] ont toujours été stériles. Des conches très envasées où circulent tous les bateaux, avec ou sans guide, ont été curées, même hors programme CTMA, aux frais exclusifs du Syndicat pour aider au développement touristique. Le syndicat est ouvert à toute rencontre, à toute discussion, à toute proposition, à condition que ce soit dans l’intérêt du Marais, dans l’intérêt général et ce en dehors de toute langue de bois et tout intérêt particulier. »

490 000 touristes sont accueillis chaque année sur le secteur Grand Site de France ou « Marais mouillés », selon des données datant de 2013, hors clientèle d’affaires. La taxe de séjour a collecté près de 290 000 € en 2017. En Deux-Sèvres, selon une récente évaluation (fin 2016) de l’Agence Départementale du Tourisme des Deux-Sèvres, le chiffre d’affaires lié à l’activité touristique a été estimé à 205 340 980 € HT pour l’ensemble du département. Pour la CAN, il est estimé à 75 158 280 € HT soit 35% du chiffre d’affaires départemental. Ayant la compétence tourisme, la CAN percevait la taxe de séjour depuis le 1er janvier 2010 auprès des hébergeurs touristiques, intégralement reversée à l’Office de tourisme communautaire. Depuis le 1er octobre 2018, la CAN a confié la gestion administrative, l’application et la perception de cette taxe à l’Office de tourisme communautaire Niort Marais Poitevin-Vallée de la Sèvre.

Selon l’édition datée de mai 2018 du Guide pratique sur les taxes de séjour, la taxe est affectée aux dépenses destinées à favoriser la fréquentation touristique de la commune, ou du groupement, ou aux dépenses relatives à des actions de protection et de gestion des espaces naturels à des fins touristiques. La taxe de séjour est une recette imputée en section de fonctionnement du budget de la collectivité ou du groupement. Les dépenses imputées sur le produit collecté doivent permettre à la collectivité ou au groupement d’être en capacité de justifier qu’elles sont de nature à favoriser la fréquentation touristique (par exemple, des dépenses couvrant des travaux d’amélioration qualitative de l’espace public, des dépenses liées à la politique de communication, à la politique culturelle, sportive de la commune ou du groupement etc.). Ce sont des dépenses qui agissent sur l’attractivité du territoire concerné ou la politique de préservation environnementale.

Sans entretien, les fossés et les conches des zones humides se comblent rapidement. Photo Gilles PETIT

« S’ils souhaitent que l’économie touristique maintienne encore une petite activité, que ce territoire puisse se développer et garantir une vie à nos enfants, il est nécessaire que l’ensemble des collectivités concernées participent à l’entretien d’un réseau hydraulique de plus en plus fréquenté », conclut M. Bernard Riffault.

(*) Composition des syndics du Syndicat des Marais mouillés 79. Amuré – Saint Georges-de-Rex : Jacques Gelot et Bernard Regnier ; Arçais : Philippe Leyssenne et Sébastien Rambaud ; Bessines – Frontenay-Rohan-Rohan : Alain Robin et M. Gelin ; Prin-Deyrançon – Le-Bourdet : Christophe Morin et Cyril Bourreau ; Coulon – Magné – Niort : Manuel Mercier et Olivier Brunet ; Saint-Hilaire-la-Palud inférieur et supérieur : Serge Audebrand et Joël Longeau, Jannick Durand et Laurent Morin ; Sansais – La-Garette : Bernard Riffault et Nicolas Bouricaud ; Le-Vanneau – Irleau : Jean-Marc Renou et Jean-Dominique Roux.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : Le « Pont des Révérences » entre Irleau et Coulon rouvert à la circulation

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J’acceptais le passage des 12 tonnes maxi depuis 1998, puis des 3,5 tonnes depuis un an, et maintenant des 16 tonnes ; construit en 1931 à une seule voie, ma bande de roulement est de 3 mètres de large, qu’on a réduit à 2 mètres par sécurité, et maintenant retour à 3 mètres ; je supporte 1.200 véhicules par jour, dont une cinquantaine de poids lourds ; pour moi, ils ont dépensé 650.000 € en reconsolidation contre 4 M€ pour un ouvrage neuf ; j’ai subi deux périodes de fermeture complète, vingt jours en novembre 2017, puis trois mois du 24 septembre 2018 au 19 décembre 2018 ; âgé de 87 ans, on me franchit désormais à la vitesse limite de 30 km/heure ; je suis « le Pont des Révérences » à Irleau (Deux-Sèvres).

Construit entièrement en béton armé, le « Pont des révérences » relie les communes de Coulon et Le-Vanneau – Irleau, au dessus de la Sèvre Niortaise.

Avec un tablier en béton armé qui s’affaisse, des piliers-assises qui s’effritent, un ferraillage en partie mis à nu, le « Pont des Révérences » était devenu le « pont de la discorde ». On se souviendra longtemps de la pétition aux mille signatures, suivie d’une manifestation historique organisée par des Maraîchins le samedi 23 juin 2018 (lire notre article : MARAIS POITEVIN des Deux-Sèvres : une manifestation au chevet du pont d’Irleau https://wp.me/p61nmR-1zQ).

Habitants, agriculteurs, élus locaux, acteurs du tourisme. . . dénonçaient alors la position du Conseil départemental des Deux-Sèvres, propriétaire de l’ouvrage, à savoir, réduire le tonnage des véhicules en garantissant cette mesure de sécurité par un rétrécissement de la chaussée. Ceci dans l’attente de travaux de consolidation. Le Conseil avait alors lancé trois séries de travaux. D’abord, sur des appuis qui risquaient de lâcher, une première phase achevée en avril dernier. Les deux autres phases se sont enchaînées, cet automne, sur le tablier du pont, au niveau des soubassements qui portent l’ouvrage aux extrémités, puis sur les garde-corps fatigués. Le rafraîchissement de la chaussée a terminé le travail de sauvegarde avec, en prime, la réfection de la route départementale 123 d’accès de part et d’autre du pont.

Désormais, des capteurs détectent les fléchissements du tablier du pont.

Même avec un tonnage désormais limité à 16 tonnes, contre 12,5 tonnes avant la découverte de ses faiblesses, le pont d’Irleau peut, de nouveau, garantir un franchissement du fleuve Sèvre Niortaise en toute sécurité. Néanmoins, le respect de la nouvelle réglementation pourra être contrôlé par un système qui s’appuie sur les appareils de mesure de déformation du pont, déjà installés. Si nécessaire, reliées aux capteurs, des caméras pourront flasher les véhicules contrevenants pesant plus de 16 tonnes.

Les activités économiques et touristiques de la Venise Verte vont pouvoir reprendre. Ces importants travaux prolongent la durée de vie du pont d’Irleau jusqu’à ce qu’il tire sa révérence, le plus tard possible.

Gilles PETIT

Concours PNR « Ma maison dans le Marais Poitevin » : le palmarès 2018

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Le palmarès du second concours « Ma maison dans le parc du Marais Poitevin » a été proclamé à Maillezais (Vendée) au domicile de M. Didier Arnaud et Mme Yolande Boissinot, lauréats du 1er Prix de la catégorie « Maison récente construite en majeure partie après 1948 ».

Après la délibération du jury, réuni le 27 octobre 2018 à Marans, les résultats ont été proclamés le 5 décembre 2018 à Maillezais, suivis de la remise des prix.

Ce concours est organisé par le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), un syndicat mixte qui rassemble 91 communes de Charente-Maritime, Vendée et Deux-Sèvres. A travers ses missions, le Parc cherche à reconnaître et à préserver la valeur et la diversité des paysages du territoire. La sauvegarde de l’architecture traditionnelle et le soutien aux évolutions, voire aux innovations architecturales peut contribuer à sensibiliser le public au paysage bâti local. De plus, ce concours va permettre au Parc de recueillir des exemples d’habitations, d’élargir les références en matière d’architectures locales intégrées dans les paysages du Marais.

Supervisé par Mesdames Gaële Clavez, architecte-conseil du Service Aménagement et Cadre de vie au PNR et Sandrine Guiheneuf, directrice de ce même service, présidé par M. François Bon, conseiller départemental de Vendée, vice-président du PNR en charge de l’aménagement et du cadre de vie, et président du CAUE 85 (Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement), le jury était constitué de trois élus, deux spécialistes (maître d’œuvre et architecte) et sept habitants. Neuf candidatures ont été retenues et jugées en deux catégories maison traditionnelle ou maison récente.

L’extension lauréate du 1er Prix des « Maisons récentes » (côté jardin).

Pourquoi ce concours ? Selon M. Bon, en prélude à la proclamation des résultats, « parce que le Marais Poitevin, bien sûr, c’est un paysage naturel, végétal et très présent. L’eau est très présente. Mais le végétal et l’eau ne font pas tout le paysage, il y a aussi le bâti, le patrimoine construit. On souhaite promouvoir sur le territoire l’architecture additionnelle, mais aussi toutes les évolutions que peut connaître l’architecture et, pourquoi pas, l’architecture contemporaine. Ici, à Maillezais, nous en avons une belle illustration en mariant le traditionnel et le contemporain. Nous avons été séduits par ce travail sur le marais que l’architecte a su parfaitement interpréter. »

Les aménagements (côté cour) de la résidence de M. Arnaud et Mme Boissinot sont « le travail d’une équipe, précise M. Bon. « Une rencontre, des dialogues, un maître d’œuvre. Presque une cabane accrochée au fond du jardin. »

Le président du jury poursuit : « L’objectif de ce concours est d’avoir un certain nombre de réalisations dans le marais en traditionnel et en contemporain. De faire une sorte de catalogue, de guide qui pourra ensuite donner des idées à tous ceux qui veulent rénover leur maison ou bien construire ou faire une extension. A brève échéance, ce guide sera mis à la disposition des habitants du territoire. »

Le Parc ne cache pas qu’il souhaite encourager les gens à avoir recours à un maître d’œuvre compétent ou à un architecte. Ce n’est pas facile. Le seul mot « architecte » peut faire peur parce qu’on se dit « ça va coûter cher ». Parfois les architectes ont des idées de grandeur aussi. Le concours veut changer cette image d’architecte car c’est « un compagnon du maître d’ouvrage », dit-on. Y compris l’architecte des bâtiments de France.

Gilles PETIT

LE PALMARÈS 2018

Entourés de l’architecte et des artisans qui ont réalisés le projet, les lauréats ont reçu leur prix remis par le président du jury M. François Bon.

1ER PRIX DE LA CATEGORIE MAISON RÉCENTE
M. Didier ARNAUD et Mme Yolande BOISSINOT pour leur maison à Maillezais en Vendée.
Ce projet d’architecte a produit un mariage agréable et réussi entre ancien et nouveau, notamment par le choix et la mise en œuvre des matériaux. Architectes : Frenesis à Maillezais.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Normandie-Maine.

 

 

M. Frédéric GUESDON

2ème PRIX DE LA CATEGORIE MAISON RÉCENTE
M. Frédéric GUESDON  pour sa maison construite à Arçais en Deux-Sèvres.
Bien que située dans un contexte de lotissements récents, cette maison propose une architecture hors des standards habituels tout en restant simple et en étant plus respectueuse de l’environnement par sa construction en bois.
LOT :  1 bon d’achat de 200 euros chez un pépiniériste produisant des végétaux locaux :  la pépinière Carpus à Courçon.

 

Mme Corinne TEXIER-CASPAR

1ER PRIX DE LA CATÉGORIE MAISON TRADITIONNELLE (en majeure partie bâtie avant 1948)
Mme Corinne TEXIER-CASPAR pour sa maison située à L’Ile d’Elle en Vendée.
Cette maison a été particulièrement récompensée pour son alliance de la tradition et de la modernité, notamment par la création d’une extension permettant les usages contemporains et par la préservation d’un moulin.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Loire Anjou Touraine.

 

M. et Mme Jean-François DESVIGNES

2ème PRIX CATÉGORIE MAISON TRADITIONNELLE (en majeure partie bâtie avant 1948)
M. et Mme Jean-François DESVIGNES  pour leur maison située à Saint-Sigismond en Vendée.
En plus d’un bâti préservé et respecté dans son ensemble (enduits, couleur pastel volets bois), l’effort de gestion du jardin a été souligné, depuis ses haies bocagères jusqu’aux abords plus ornementaux de la maison, en passant par le potager. Cette végétation graduée assure l’intégration de la maison en entrée de village. Le jury suggère d’utiliser de la peinture de couleur pour l’entretien futur des fenêtres et portes.
LOT :  1 bon d’achat de 200 euros chez un pépiniériste fournissant des végétaux locaux : Végétal 85 de La Chaize Le Vicomte.

 

Séduit par la demeure de Mme Nicole CAQUINEAU, le maire de Marans, membre du jury, Thierry Belhadj a remis ce prix « Coup de Cœur ».

PRIX D’ENCOURAGEMENT DU JURY
Mme Nicole CAQUINEAU pour sa maison le long de la Sèvre Niortaise au Mazeau en Vendée
Cette maison a été remarquée par le jury pour son image typique des maisons du Marais mouillé : sa situation au bord de l’eau, sa préservation du bâti, sa gamme de couleurs. Ce prix vise à encourager la poursuite de la rénovation suivant des techniques et matériaux respectueux du site, notamment lors de la réalisation des enduits ou le changement des gouttières.
LOT : 1 week-end pour 2 personnes dans le Parc naturel régional de Millevaches en Limousin.

Revoir le reportage de TV Vendée

http://www.tvvendee.fr/le-journal/edition-du-mardi-11-decembre-2018-18h00_11122018/l-architecture-recompensee-dans-le-marais-poitevin