venise verte

COULON (79) : indésirables sur la Maison du Marais Poitevin, les pigeons ont retrouvé leurs boulins

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A Coulon, les pigeons de la place de l’Écu avaient été chassés de leurs boulins ancestraux. En cause, une sur-production de « colombine », à savoir la fiente des pigeons. Le maire de cette petite commune maraîchine voulait les faire partir en obstruant les boulins. Dès le lendemain du tournage d’un reportage TV sur le sujet, les pigeons ont retrouvé leur habitat.

Le pigeonnier dont on parle est construit dans un mur orné d’une remarquable fenêtre à meneaux sur laquelle figure un Écu. Ce mur est situé sur la face nord de la bâtisse qui héberge la Maison du Marais Poitevin, l’écomusée-phare du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin.

Appartenant à la municipalité coulonnaise, « cette maison est citée dans de nombreux documents tels que dans l’aveu du 11 octobre 1709, rendu au seigneur de Benet par Dame Suzanne de Saint-Gellais De Lusignan, veuve de Messire Claude De Bellevielle, chevalier seigneur de Coullon », nous informent les locaux MM. Jacques Altmeyer-Carrio et Jean-Louis Gibaud dans leur ouvrage « Histoire de Coulon de A à Z » (chez Geste Editions).

Selon M. Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc dit Viollet-le-Duc, l’un des architectes français les plus célèbres du XIXe siècle, un pigeonnier est un «bâtiment destiné à contenir des troupes de pigeons et à leur permettre de pondre et de couver leurs œufs à l’abri des intempéries». Appelés boulins, ces abris sont des espaces aménagés dans lesquels niche un couple de pigeons. Le colombier ou pigeonnier est un patrimoine symbolique qui conférait à la demeure un prestige indéniable.

Dès l’Antiquité, les historiens mentionnent l’élevage des pigeons en volière sur le pourtour de la Méditerranée et au Moyen Orient. Le plus ancien remonterait au XVIème siècle avant notre ère. A cette époque, l’élevage des pigeons avait pour objectif premier, la production d’engrais. C’est lors des Conquêtes de l’Empire Romain et, plus tard, des Croisades que l’art d’élever des pigeons et de construire des pigeonniers s’est répandu en Europe. En France, on ne connait pas d’exemples de colombiers antérieurs au Moyen-âge. Le développement de l’élevage du pigeon est né de la nécessité de trouver des compléments à une alimentation composée surtout de céréales. Au moyen-âge, la viande était un luxe. La deuxième fonction du colombier était la production de colombine, très recherchée comme engrais pour les cultures exigeantes telles que la vigne, les jardins potagers ou les vergers. C’était une source de revenus qui figurait même sur les contrats de mariage (en Quercy).

Jusqu’à la moitié du XIXème siècle, le pigeon, en tant que denrée alimentaire et pourvoyeur d’engrais, tenait encore une place importante (Source : pigeonniers-de-france.chez-alice.fr).

Depuis février dernier, les boulins étaient obstrués par des pierres, placées par des employés communaux. Photo Gilles PETIT

Pendant de longues années, les nombreux touristes qui traversaient la petite place de l’Écu à Coulon photographiaient cette façade avec sa fenêtre à meneaux, son Écu et ses 81 boulins alors non occupés. Les pigeons sont arrivés petit à petit. Aujourd’hui, ils sont une dizaine installés dans cet illustre immeuble. Et laissent forcément les traces que l’on imagine.

« Cela fait des mois que les déjections de ces animaux s’accumulent tant sur les toitures environnantes qu’au sol, sous leur lieu d’habitat », avait expliqué, au maire Michel Simon, un voisin, dans un courrier adressé le 1er janvier dernier. Cet habitant avait notamment écrit avoir « contacté la Direction des Services Sanitaires de Niort pour savoir ce qu’il en était de ces volatiles sauvages. Il [lui] a été répondu qu’effectivement la présence des pigeons générait des risques et qu’il incombait au maire de prendre les mesures nécessaires ».

Datée du 7 janvier 2017, la réponse de M. Simon était ferme : « Je suis tout à fait conscient de ces désagréments et surtout des risques que cette colonisation peut engendrer et je demande de suite aux agents des services municipaux : 1- de procéder rapidement au nettoyage de tous les lieux et équipements souillés (trottoirs, lampadaires, toitures. . .  ; 2- de capturer un maximum d’oiseaux nichant à cet endroit ; 3- de prévoir un système de fermeture du pigeonnier afin de supprimer ce lieu de nidification ».

« A ce jour, déclare le voisin, le nettoyage n’a été effectué qu’une fois (la semaine de réception du courrier par le maire), et de façon incomplète (seul le sol en a bénéficié). Nous sommes donc revenus à la case départ. Deux pigeons ont été attrapés par les employés municipaux. Tous les autres continuent à nicher sous la toiture ou à se poser sur la fenêtre à meneaux, continuant donc à dégrader et souiller l’endroit ».

Ce riverain affirme : « Dans mon courrier, je n’ai pas parlé des dégradations que leur présence engendrait au niveau de la fenêtre et des boulins (morceaux de pierre jonchant le sol, rongés par les fientes et les coups de bec) parce que ce n’était pas un «levier » suffisant pour faire réagir le maire. J’ai donc découvert avec effarement que les employés avaient bouché l’accès aux trous avec des pierres (certaines rentrées en force à l’aide d’une petite masse) au lieu de mettre du grillage à l’intérieur, invisible et protecteur de l’ouvrage, comme cela se fait partout ailleurs ».

« Que dire ? » s’interroge-t-il, « Au lieu de protéger l’endroit comme [il] pensai[t] qu’il le ferait, [le maire] a accentué sa détérioration ».

Même avec des pierres enfoncées dans les boulins, les pigeons ne sont pas partis. Ils dormaient posés sur les fils électriques qui courent sous l’avant-toit.

Une équipe de la chaîne de télévision France 3 Poitou-Charentes s’est intéressée au sujet. Elle s’est rendue sur place, mercredi 15 mars 2017. Tous les protagonistes ont été interviewés, hormis les pigeons qui s’étaient absentés pour la journée. Dans son interview, M. Michel Simon, maire de Coulon, a expliqué avoir choisi cette solution radicale, mais provisoire. Selon lui : « Mettre du grillage nécessitait de percer des trous avec le risque de vraiment dégrader la façade ! » C’est exact. Cependant, tout bricoleur sait que le grillage peut être façonné à souhait, sans outil spécifique, et placé dans un espace par effet de clipsage. Surtout s’il est assez fin pour être dissimulé. Ceci 81 fois sur mesure.

Devant la caméra, le maire a aussi informé que les pierres seraient enlevées à la fin du mois de mars. En fait, des agents municipaux sont intervenus dès le lendemain, jeudi 16 mars 2017, pour libérer l’entrée des boulins.

Retour à la case départ. Voilà ce que l’on appelle, l’influence (involontaire) des médias.

 Gilles PETIT


À Fontenay, les volatiles vont se faire pigeonner

Afin de réguler la population de pigeons, la ville de Fontenay-le-Comte (Vendée) a fait fabriquer un pigeonnier qui abritera les volatiles et permettra de contrôler les naissances. Fientes dans les rues, dans les gouttières, cadavres. . . La population importante de pigeons dans les centres villes cause des dégâts et des désagréments. Afin de stopper l’augmentation des pigeons, la ville de Fontenay-le-Comte a décidé de se doter d’un pigeonnier. . . contraceptif.

Ce dispositif a pour objectif de réguler la population, en attirant les couples : 72 nichoirs les attendent, et en stérilisant les œufs, mais pas tous. Car comme tous les animaux qui forment des colonies, ils ont un très fort instinct de survie : ainsi, « nous ne détruirons pas tous les œufs, nous en laisserons un pour chaque couple afin qu’ils reviennent au pigeonnier », explique M. Stéphane Bouillaud, conseiller à l’environnement de la ville.

À Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), un employé communal est chargé de secouer les œufs, geste qui tue l’embryon, mais n’empêche pas la pigeonne de couver. (Michèle BESSON Ouest-France)

8ème VENDÉE GLOBE : le film de l’arrivée du vainqueur Armel Le Cléac’h, jeudi 19 janvier 2017 aux Sables d’Olonne (85)

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« Premier, sinon rien », Armel Le Cléac’h visait « encore plus haut », après ses deuxième places lors des deux précédentes éditions du Vendée Globe. Il l’a fait. Capt’Action79 était présent à son arrivée aux Sables d’Olonne.

Cette fois, le « chacal » Armel Le Cléac’h, navigateur solitaire, a pleinement réussi son tour du monde, sans escale et sans assistance. Revivez son arrivée aux Sables d’Olonne, le jeudi 19 janvier 2017. Une réalisation Capt’Action79 : https://youtu.be/NEYFjq1JsZ0 .

Le Vendée Globe est la course autour du monde à la voile la plus difficile et la plus célèbre. Surnommé « l’Everest des mers », il consiste à faire le tour de la planète en solitaire, sans escale et sans assistance, au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne, en doublant les trois grands caps mythiques : cap de Bonne Espérance au sud de l’Afrique du Sud, cap Leeuwin au sud de l’Australie et le fameux Cap Horn à la pointe de l’Amérique du Sud. La course traverse les océans Atlantique Sud et Atlantique Nord avant de faire le tour du continent Antarctique, traverser l’océan Indien, puis l’océan Pacifique. A l’instar de tous les grands événements sportifs internationaux (Jeux Olympiques, Coupe du monde de football,…), il est organisé tous les quatre ans depuis 1989. Cette épreuve impitoyable, à la fois aventure humaine et technologique, se court sur des voiliers monocoques de soixante pieds, soit 18,28 m : les IMOCA.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN – BENET : 873 contraints à abjurer leur foi.

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873, c’est le nombre de conversions au catholicisme enregistrées en 1681 et 1682 par la paroisse de Benet (Vendée). Ils portent souvent pour prénoms Pierre, Louis, Louise, Marie, des prénoms habituels. Mais aussi, bien souvent, ils s’appellent Isaac, Abraham, Elizabeth, Suzanne, Isaïe, Daniel, Simon, Sarah ou Judith, affirmant ainsi leur attachement aux personnages bibliques et leur adhésion à la foi protestante.

Leurs noms s’étalent, consciencieusement rangés, sur 17 pages. On y retrouve des familles toujours présentes à l’heure actuelle sur notre territoire : Dazelle, Cramois, Pouvreau, Thébaud, Bobin, Rousseau, Nouzille, Pillier, Soulisse et tant d’autres, même si l’orthographe en a parfois été légèrement modifiée.

Ce sont des gens humbles, tisserands, laboureurs, voituriers, fileuses de laine, journaliers, maréchaux, marchands, tailleurs d’habits . . ., des familles entières ou bien des veuves ou veufs avec ou sans enfants, des adolescents aussi. L’âge de ces nouveaux convertis va de 15 jours, pour le petit François Soulisse, à 86 ans pour le plus âgé, Jean Girardin.

Tous ces noms, on peut les lire sur ce registre portant le sceau de la Bibliothèque Royale :

On pourrait se demander quel événement, quel miracle peut-être, avait pu engendrer un enthousiasme tel que tant de gens se seraient précipités pour renier leur appartenance à l’Eglise Réformée.
Il n’y a pas eu de miracle. Aucun enthousiasme non plus dans ces conversions. Toutes sont dues à la politique despotique de Louis XIV vis à vis de la Religion Réformée.

La religion réformée s’est développée dans notre territoire à partir de Niort (79), Fontenay le Comte (85) et Maillezais (85) dès le 16ème siècle. Toute la seconde partie du 16ème siècle est ensuite marquée par des affrontements entre Catholiques et Protestants.
A Benet, selon la tradition orale, en 1574, un combat sanglant aurait causé la mort de 2000 hommes qui furent enterrés dans une fosse commune chemin de la Grand’Fosse.

Au 17ème siècle, la politique restrictive puis hostile de Louis XIV conduit à la fermeture de la plupart des lieux de culte en 1665. A Benet, le culte réformé est interdit le 16 août 1665 et le temple est rasé en 1666.
Le culte protestant semble se poursuivre à Niort où l’Eglise Réformée célèbre des mariages, comme en attestent celui de Philippe Ripault et Louise Pillier le 8 avril 1674 ou celui de son frère François Pillier et de Jeanne Bouhier le 14 juin 1676.
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Quelques années plus tard, la répression atteint ensuite une intensité insupportable avec la première dragonnade.
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La première dragonnade en Poitou est initiée en 1681 par René de Marillac, intendant du Poitou de 1677 jusqu’en janvier 1682.

La technique de terreur utilisée est décrite dans le « blog de Sylvie » que je prends la liberté de retranscrire ici :
« Louvois lui ayant envoyé un régiment de cavalerie pour ses quartiers d’hiver, Marillac les loge principalement chez les réformés en leur permettant de piller et de ruiner leurs hôtes. Les dragons se font nourrir et payer. Quand l’argent est épuisé, les dragons vendent les meubles ou les mettent en morceaux. Si l’hôte protestant s’obstine à ne pas se convertir, il est maltraité, frappé et devient le jouet de brutes qui inventent des supplices allant jusqu’à faire souffrir les enfants. Ils font subir aux femmes toutes les exactions possibles. Quand le malheureux abjure, les dragons passent chez le voisin.
En quelques mois, les curés enregistrent 38 000 conversions. La région Poitou est ruinée, les habitants s’enfuient vers l’Angleterre, la Hollande. La nouvelle suscite l’indignation de l’Europe protestante. Les soldats sont rappelés et Marillac est déplacé. »

Dès lors, comment s’étonner du flot impressionnant de nouveaux convertis de 1681 et 1682 ?
Cette vague de panique collective a-t-elle été renforcée par la décision du roi de France Louis XIV qui, 3 ans avant l’abrogation de l’Edit de Nantes, faisait promulguer par son Conseil d’Etat l’arrêt du 17 juin 1682 ? Un arrêt dirigé contre les ministres et consistoires de la « Religion prétendue réformée » de la province de Poitou qui continuaient à « séduire (sic) les nouveaux convertis et à les porter à retourner aux temples », faisant fi des édits royaux précédents.

Décret du 17 juin 1682 ,signé par le ministre Le Tellier, marquis de Louvois.

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On notera que la religion réformée y est désignée par les initiales R.P.R. (Religion Prétendue Réformée) alors que s’étale généreusement Religion Catholique Apostolique et Romaine.

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Le Sieur Nicolas de Lamoignon de Basville, marquis de la Mothe, intendant du Poitou de 1682 à 1685 fait appliquer avec un zèle ardent les ordonnances royales, notamment après la révocation de l’Edit de Nantes. On lui doit la suite des dragonnades du Poitou.

L’existence de nombreux mariages entre membres de familles d’anciens convertis,  porte à penser que, même si ces unions étaient célébrées par les prêtres catholiques, la conversion n’était souvent que de façade.

A la Révolution, le culte protestant se tient dans une des tours du château mais il faut attendre 1833 pour voir l’édification d’un nouveau temple à Benet, dans la rue menant à Coulon. Le bâtiment, fragilisé par une construction faite a minima, est démoli en 1965 mais beaucoup en gardent le souvenir.

En hommage à mes ancêtres et à tous ceux que le despotisme et l’intolérance ont contraints à abjurer leur foi ou renier leurs idéaux.
Antoinette Pillier- Petit

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Tourisme en Deux-Sèvres : des Plans cavaliers pour les « Petites Cités de Caractère® »

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L’Agence de Développement Touristique des Deux-Sèvres et l’Association Régionale des Petites Cités de Caractère® en Poitou-Charentes (ARPCC) viennent de faire un beau cadeau aux neuf communes deux-sévriennes bénéficiant du label « Petites Cités de Caractère® » : un plan cavalier pour chacune d’elles. L’architecte-dessinateur Damien Cabiron a détaillé la création d’un tel plan et les exploitations possibles.

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Le plan cavalier de Coulon réalisé par le dessinateur Damien Cabiron.

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(De gauche à droite) MM Romain Dupeyrou, Damien Delage et Gilbert Favreau ont présenté les premiers plans cavaliers réalisés dans le département des Deux-Sèvres.

MM Romain Dupeyrou, Gilbert Favreau et Damien Delage, respectivement présidents de l’Agence de Développement Touristique 79, du Conseil départemental 79 et de l’ARPCC, ont accueilli, lundi 10 octobre 2016, des acteurs locaux du tourisme et élus des communes concernées, dans le « Manège » du Conseil départemental. Cet imposant et majestueux « Manège » est situé dans l’aile nord de l’ancienne caserne Du Guesclin sur le Mail Lucie-Aubrac à Niort (Deux-Sèvres). Commencée en 1734 et achevée en 1752, la caserne a abrité jusqu’en 1919 des régiments de cavalerie dont le dernier occupant le 7ème Hussards, avant un régiment d’artillerie jusqu’en 1928. Le lieu était donc idéal pour présenter le plan cavalier. Sans jeu de mots.

Un plan cavalier !? Sur le premier panneau de l’exposition, en place dans le « Manège », M. Damien Cabiron, spécialiste dans l’art de représenter la ville à travers la perspective cavalière, donne cette définition : « Une ville, chacun le sait, est faite de plans et de projets. Pour vivre, il lui faut d’abord un dessin, des mesures d’anticipation, des équipements et des réseaux. Le plan cavalier, par son point de vue élevé et sa représentation combinant plan et élévation, constitue un grand relevé tranché net dans l’épaisseur et le secret de la ville, une manière de voir comment elle s’est tissée, comment elle s’est soudée à elle-même, constituée, épaissie. Émouvant état des lieux d’aujourd’hui, véritable miracle de l’édification et de la réalité, où comment il se fait que des centaines d’acteurs différents aient un jour parlé la même langue, réussi à fabriquer ce bijou serti sur son rocher, souple, aléatoire, long et sinueux, où d’étranges bâtiments se parlent sans se toucher . . . Modèle d’une ville à l’intérieur duquel chacun, soudain, voudrait intervenir. Sans que l’on sache très bien s’il s’agit de s’en inspirer, de le consolider ou de le modifier. »

 Pourquoi « cavalier » ? On dit que ces plans représenteraient une ville vue de la hauteur d’un cavalier, à savoir, 1,70 mètre. Ces plans ne reflètent pas directement la réalité des sites. Ayant la même échelle en avant comme en arrière plans, ces dessins ne sont donc pas naturels pour l’œil humain. C’est, avant tout, un outil de relevé systématiquement utilisé par l’ingénieur, architecte militaire, urbaniste français, Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban. « Il s’agit d’un mode de représentation dans lequel les dimensions réelles sont respectées, largeur, profondeur et hauteur. A la différence de la perspective où les volumes diminuent de taille en fonction de leur éloignement, » souligne le dessinateur Damien Cabiron sur son site Internet (http://www.damiencabiron.fr). « Il s’agit d’une perspective globale ou plutôt d’une perspective axonométrique. Les choses sont représentées comme si l’observateur était infiniment éloigné de l’objet qu’il regarde. Rejeté à cette distance infinie, l’œil de ce spectateur céleste ne verrait jamais converger des droites parallèles entre elles. Ce point de vue théorique offre pour l’arpenteur, l’architecte ou l’ingénieur, l’immense avantage de conserver dans l’image la mesure des choses selon des échelles déterminées pour chaque direction de l’espace.« 

Pas simple à comprendre ? En guise d’explications voici le canevas de plusieurs étapes de la création d’un plan cavalier, expliquées par le dessinateur :

 

L’Association des Petites Cités de Caractère® en Poitou-Charentes a pris en charge la réalisation de neuf plans cavaliers. En Deux-Sèvres, sont bénéficiaires les communes d’Airvault, Arçais, Celles-sur-Belle, Coulon, La-Mothe-Saint-Héray, Mauléon, Melle, Oiron et Saint-Loup-Lamairé. Et bientôt Chef-Boutonne. Elles pourront exploiter, morceler, agrandir, ces plans numérisés en de multiples déclinaisons en communication (touristique, . . .), en document technique ( prospections, simulations de nouveaux projets architecturaux, urbanistiques ou d’aménagements urbains). Mais aussi pour enrichir leurs sites internet, des publications sur divers supports comme des cartes postales . . .

Gilles Petit

Crédit documents Damien Cabiron et Anne Holmberg, 103 rue des nouvelles, 39100 Dole Tél :03.84.72.96.69 ou 06.78.99.51.90

MARAIS POITEVIN : La Vélo Francette® chez Marinette à Coulon (Deux-Sèvres – France)

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Après avoir hébergé M. Nicolas Moreau-Delacquis, le journaliste-vélo qui rédigeait alors le tout premier topo-guide pour La Vélo Francette®, paru en avril 2016, Mme Marinette Boisselier, gérante des chambres d’hôtes « Les Roseaux » installées à Coulon (Deux-Sèvres), a accueilli les Hollandais Jan et Margit Heitlager, venus, en . . . voiture, parcourir, à . . . vélo, des circuits annexes dans le Marais Mouillé du Marais Poitevin. Une étape dans un périple qui suit La Vélo Francette®, la dernière née des 43 véloroutes tracée entre Ouistreham (Normandie) et La Rochelle (Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes).

Mme Marinette Boisselier (au centre) a hébergé les Hollandais Margit et Jan Heitlager, en ses chambres d’hôtes (CléVacances) « les Roseaux » à Coulon.

LogoVeloFrancette-Haut-QJan et Margit Heitlager résident à De Haal, près de la ville de Oostzaan à une dizaine de kilomètres au nord d’Amsterdam, la capitale néerlandaise. Un pays d’eau, où « la nature est protégée » explique Jan, comparable au Marais Poitevin, seconde zone humide de France. Et plus exactement au Marais Mouillé, appelé « La Venise Verte ». C’est en découvrant le topo-guide La Vélo Francette®, rédigé en français car la version néerlandaise n’existe pas encore, que ces passionnés de cyclisme-loisir ont décidé de passer leurs vacances en France.

Au départ de Coulon, Jan et Margit Heitlager ont parcouru 40 à 50 km chaque jour sur des circuits balisés.
Laissant leur voiture au parking, Jan et Margit Heitlager ont parcouru 40 à 50 km chaque jour sur des circuits balisés, au départ de Coulon.

Quand ils parlent vélo, les Hollandais parlent en connaisseurs. « Pour nous, les Hollandais, la première destination de vacances, c’est la France, déclare M. Jan Heitlager. Chez nous, c’est tout plat, alors qu’en France, vous avez des collines, des montagnes, l’Alpe d’Huez.  » Dans un français encore hésitant, aidé par le dictionnaire de Margit, le retraité précise : « Il y a deux catégories de cyclistes hollandais, ceux qui sont montagne et ceux qui sont plaine. Margit et moi sommes plutôt plaine. » Cependant, nos voyageurs ont remarqué la naissance d’une troisième catégorie : le vélo à assistance électrique. « Malheureusement, nous ne trouvons pas de bornes de rechargement sur les parcours balisés. » Selon Mme Boisselier : « Un créneau que la France devra occuper rapidement si elle veut rester compétitive. »

Identifiable par son logo apposé sur les balises des circuits locaux existants, La Vélo Francette® propose des variantes, comme celle de Coulon (photo).

Après un premier arrêt d’une semaine autour d’Angers (Maine-et-Loire) et des châteaux de la Loire, pour la seconde étape de leur périple au fil de La Vélo Francette®, Jan et Margit Heitlager ont choisi un point central pour poser leur voiture dans le but de sillonner des parcours annexes balisés. Ils ont déniché l’adresse coulonnaise dans le topo-guide parmi les gîtes labellisés « Accueil Vélo ». « Retraités, pas vraiment fortunés, nous souhaitions nous reposer tout en visitant un marais totalement inconnu avant. » Ouverte en 2015, La Vélo Francette®, nouvel itinéraire de 630 km balisés, est conçue pour les « Cyclistes du dimanche, mordus du 2 roues ou amateurs de belles épopées ». Coulon ne se trouve pas sur le tracé initial (Niort – La Rochelle), lequel traverse les proches villages de Magné et La Garette. Mais il est proposé des variantes dont une dirige les cyclistes vers Coulon.

Gilles PETIT

Marinette et Patrice BOISSELIER Les Roseaux  285 route du Grand Coin  79510 COULON
Tél : 05.49.35.03.08;  06.71.26.10.74 ; mail : contact@lesroseaux.com

FVT - Grand itinéraire V43 - Vélofrancette

MARAIS POITEVIN : Damvix (Vendée), un village en fête à la mi-août.

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Durant la saison estivale, de nombreuses communes du Marais Poitevin organisent leur grande journée festive. A la mi-août, des Vendéens proposent « Damvix en fête ! ».  Clin d’œil aux Damvitaises et Damvitais qui, en costumes d’époque, ont offert, dimanche 14 août 2016, un copieux programme : vide-greniers, brocante, fête foraine, marché de produits locaux, expositions, danses folkloriques, . . . et même un vrai-faux mariage avec un vrai maire, un faux curé et des mariés peu ordinaires.

DAMVIX Noces villageoises 14 août 2016 Photo Gilles PETIT 4693
Dans les fêtes de villages en Marais Mouillés du Marais Poitevin, la reconstitution des activités d’antan, par voie d’eau, représente toujours une animation très attendue par le public. La noce villageoise, arrivant en barques sur la Sèvre Niortaise, constitue donc un double événement.

Damvix est un village touristique vendéen construit, en grande partie, sur la rive droite de la Sèvre Niortaise, dans un site appelé « La Venise Verte » dans le Marais Poitevin. Selon le site internet officiel de la commune damvix.fr : « L’appellation Damvix reste quelque peu mystérieuse. Selon l’église, sous le nom de « Datunum » ou « Domnovito », Damvix aurait été donné, vers 1010, à l’abbaye de Saint-Maixent par Guillaume V, comte du Poitou. Selon d’autres recherches le nom de Damvix serait beaucoup plus ancien puisque remontant à l’époque des invasions romaines. Damvix viendrait alors du latin Dam Vix contraction de Damnum Viccus, signifiant « village maudit » ou « bourg des damnés ». Selon d’autres recherches encore, il paraîtrait que le village se soit surnommé « la porte de l’enfer » à l’époque du bagne de Cayenne, époque où les prisonniers devaient traverser nos marais pour rejoindre le port d’embarquement de La Rochelle. Une autre origine, plus réaliste, est souvent évoquée. Damvix serait peut-être tout simplement à rattacher à Saint Guy, saint patron de l’église : Dominus Vitus ou Dominus Vicus en latin.« 

Peu importe les origines de son nom, Damvix vit paisiblement dans son écrin de verdure baignée par le principal fleuve qui irrigue le Marais Poitevin, à  savoir la Sèvre Niortaise.

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Le cortège nuptial a descendu la Sèvre Niortaise jusqu’au port de Damvix. A l’époque, le seul moyen de transport possible était par voie d’eau.

DAMVIX en fête Affiche 14_aout_2016-2Dimanche 14 août 2016, « Damvix en fête » a débuté dès 6 heures, et pour toute la journée, par un vide-greniers et une brocante, bien achalandés. Mais aussi avec une mini fête foraine avec ses jeux et ses stands de produits les plus divers, un mini marché de produits locaux, un grand espace de jeux et jouets en bois, de grandes tablées pour déguster le traditionnel « grillé de mogettes-jambon », . . . , et un plateau scénique proposant des danses folkloriques, la prestation du conteur vendéen Christophe Noulet (prix Talent 2015 des artistes du Marais poitevin, catégorie arts vivants), et la vraie-fausse cérémonie de mariage.

Avec la participation des Damvitaises et Damvitais, petits et grands, le Comité d’Animation de Damvix, présidé par Alain Barrandon, aidé par l’Union des commerçants et artisans, ont fait le maximum pour que cette fête villageoise reste inoubliable pour les visiteurs qu’ils soient locaux ou de passage. Tous ont fait le plein d’images, lesquelles sont désormais enregistrées dans les appareils photos. Jusqu’à l’année prochaine.

« Damvix en fête ! » Tous les ans, le dimanche proche du 15 août. Renseignements au tél. : 02.51.51.78.53.

Un grand merci pour leur accueil au président du Comité d’animation Alain Barrandon et à l’artiste peintre-vannier Jean-Claude Meunier (ancien élève des Beaux-Arts) .

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : Le 42ème Rallye du Marais du Canoë-Kayak Niortais en vidéo

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Chaque dernier week-end de juin, le Canoë-Kayak Niortais organise « la plus grande manifestation nocturne de canoë-kayak de France ». Une manifestation, reconnue par la Fédération Française de Canoë-Kayak, qui attire tous les ans, plus d’un millier de participants qui viennent de toute la France. Il s’agit d’un jeu de piste nocturne en canoë ou kayak dont le départ est donné de Coulon (79) à la nuit tombée . . .

L’équipe de Capt’Action79 a filmé tous les étages de cet événement, en vidéo HD, bien sûr ! Le montage est terminé. Voici le film après ces quelques images capturées au hasard des rushes. A l’insu du plein gré de notre monteur. C’est cadeau.

Images Gilles PETIT Capt’Action79

Vidéo, une réalisation Capt’Action79

Le podium des équipes qui ont remporté les trois premières places.
Le podium des équipes classées aux trois premières places du classement général.

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MARAIS POITEVIN : Le CSCM fête ses 30 ans . . . « et c’est pas fini »

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Une programmation éclectique ouverte à tous. C’est à partir de cette idée que l’équipe du Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) a organisé son trentième anniversaire. Rayonnant principalement sur les communes de Coulon (Deux-Sèvres) et sa voisine Magné, le CSCM a investi le site de La Repentie, pour trois jours de fête. Clin d’œil à cette structure, lieu de citoyenneté, d’échanges, de réflexions, d’épanouissement des initiatives . . .

Texte et photos Gilles PETIT

Le Centre Social et Culturel du Marais siège au bord de la Sèvre Niortaise à Coulon.

Né en juillet 1986 dans la continuité de la Maison Pour Tous de Coulon, association pluridisciplinaire, le Centre Social et Culturel du Marais a ouvert ses portes en 1987 à Coulon. Installé dans une maison ancienne reconstruite par la municipalité coulonnaise alors conduite par M. Maurice Moinard, le CSCM a développé sur sa zone d’influence (à l’époque, douze communes du Marais Mouillé) un ensemble d’actions qui l’ont fait connaître comme une véritable structure de développement social et culturel. Les locaux, les services permanents et les activités sont toujours ouverts à l’ensemble de la population du Marais, toutes générations confondues.

Les actions mises en œuvre concernaient déjà 232 usagers en 1987, 485 en 1988, 672 en 1989, 734 en 1990. Trente ans plus tard, le CSCM annonce près de 750 personnes adhérentes dont les trois quarts d’enfants et de jeunes. Entre 60 et 70 bénévoles s’investissent dans les activités, régulières ou saisonnières, de cette association qui compte, aujourd’hui, 14 salariés et 20 à 25 vacataires, pour un budget annuel de 620.000 €.

Le CSCM assure des missions d’intérêt général avec l’aide de nombreux partenaires : les communes (principalement Coulon et Magné), les Conseils départemental et régional, l’Etat et la Caisse d’Allocation Familiale, laquelle verse une prestation de service dans le cadre de la « fonction d’animation globale et coordination ».

En 30 ans, le CSCM a connu 8 présidents(es), de Nicole Sagory à Nicole Bernard, et 6 directeurs(trices), de Jacques Brenet à Marie-Noëlle Louis-Bonnin.

A sa création en 1987, le CSCM devait regrouper quinze communes mais son rayonnement étant étroitement lié aux choix municipaux, celui-ci n’était soutenu financièrement que par six communes : Amuré, Arçais, Coulon, Saint-Georges-de-Rex, Saint-Hilaire-la-Palud et Le-Vanneau – Irleau.

Outre son rôle de maison des associations, le CSCM est, également, un centre de services : secrétariat permanent (dactylographie, reprographie), action sociale (aide aux démarches administratives, relais d’information pour la garde d’enfants à domicile) . . .

En fin d’année 1998, le centre a accueilli l’adhésion de Bessines, une commune qui ouvrait ainsi à sa population et plus particulièrement aux enfants, les nombreuses activités permanentes et ponctuelles que propose l’association.

Lors de la dernière assemblée générale, en mai 2016, il a été précisé que « le secteur d’intervention des communes participantes demeure Magné et Coulon, celle de Sansais – La-Garette apportant aussi sa coopération ». Cependant au cours de cette réunion annuelle, le maire de Magné, M. Gérard Laborderie a fait remarquer : « Nous devons élargir à d’autres communes. Actuellement, nous ne sommes que deux financeurs, à raison de 100.000 € soit un peu plus du quart du budget.»

La grande fête était installée au lieu-dit La Repentie sur la commune de Magné (79).

Plusieurs associations ont participé à la fête en présentant leur(s) activité(s). En voici quelques unes, en photos prises au hasard des stands.

En plus des tables rondes proposées sous le grand chapiteau noir, Photo Gilles PETIT 4114dressé par la Cie aiRe de Cirque, ou dans la yourte, construite par la SCOP La Frênaie, les « 30 ans » offraient aussi des séries de spectacles et d’animations, diurne ou nocturne. Le tout gratuitement. La liste étant longue, voici, pêle-mêle, un échantillon des talents saisis sur les différentes scènes disséminées dans la végétation du Marais Mouillé.

 

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Le Chœur de Rohan
L'énorme libellule, œuvre collective d'une quarantaine de personnes, de tout âge et tout milieu, qui accueillait les visiteurs.
L’énorme libellule, œuvre collective d’une quarantaine de personnes, de tout âge et tout milieu, qui accueillait les visiteurs.

HISTOIRE : A Irleau (Deux-Sèvres), une stèle en l’honneur de neuf patriotes du « Groupe Marais »

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Samedi 28 mai 2016, la commune du Vanneau-Irleau (Marais Poitevin des Deux-Sèvres) et le Souvenir Français ont rendu hommage à neuf patriotes du Groupe Marais arrêtés par la police politique de Vichy le 23 mai 1944, dont trois furent surpris à la ferme du Deffend à Irleau ; les autres étant arrêtés à Damvix (Marais Poitevin de Vendée) et à Niort (Deux-Sèvres). Huit seront exécutés sur la Butte de Biard (Vienne), le 4 juillet 1944 ; leur hébergeur Honoré Cadet sera déporté en Allemagne à Neckargerach, où il mourra le 29 décembre 1944.

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Dressée à proximité de la ferme du Deffend (en arrière plan), la stèle rend hommage au Groupe Marais.

« En entrant en résistance, ils savaient qu’ils risquaient leur vie. Dans l’ombre, individuellement puis collectivement, ces femmes et ces hommes avaient à cœur de retrouver leur liberté. Les raisons de leur engagement furent multiples : refuser la défaite, chasser l’occupant, défendre les valeurs de la République. Leurs actes et comportements prirent des formes diverses s’adaptant à la radicalisation et à l’expression arbitraire de la répression imposée par l’occupant et le régime de Vichy ». Source : « Au nom de la Résistance » la Butte de Biard 1942-1944 – Hommage aux 128 fusillés, édité par l’association VRID Vienne Résistance Internement Déportation.

Pendant l’occupation, le Marais et sa configuration compliquée permet aux réfractaires du STO (Service du Travail Obligatoire) et aux jeunes du Parti communiste de se dissimuler. Ainsi, les sites de Coulon, d’Arçais, du Vanneau et d’Irleau sont alors des plaques tournantes. Un noyau de résistants «le Groupe Marais», qui n’est à aucun moment un maquis organisé, rassemble des jeunes dont le seul lien est l’appartenance à la même famille politique. Le climat va engendrer des dénonciations, il s’ensuit, une cascade d’arrestations aux terribles conséquences.

RESISTANCE
Camille DORE (archives documentaires)
RESISTANCE
Michel DORE (archives documentaires)

Ils s’appelaient : Honoré Cadet, Camille et Michel Doré, Jacques Jabouille, Raymond Giraudineau, Marcel Forestier, Paul Constant Mohimont, Léon Monéger, et Marcel Pouponneau. Ils ont été dénoncés à la Feldkommandantur de Poitiers, à la suite d’un sabotage sur la voie ferrée Niort-La Rochelle.

 

Souvenir Français 3986Honoré CADET était cultivateur à la ferme du Deffend. Il a hébergé, entre autres, les membres du Groupe Marais : Camille et Michel DORE sont nés le 9 juillet 1922 à Niort. Enfants de l’Assistance Publique et élevés à Coulon, ils sont requis au Service du Travail Obligatoire, qu’ils refusent en se cachant dans la ferme d’Irleau. Francs Tireurs Partisans tous les deux, ils sont arrêtés ensemble ; Marcel FORESTIER est né le 15 mai 1923. Il était électricien et résidait à St-Cloud (Seine) ; Raymond GIRAUDINEAU est né le 29 mai 1924. Il était ouvrier, domicilié à Bondy (Seine) ; Jacques JABOUILLE  est né le 22 juillet 1920. Marié, il était ajusteur, domicilié à Rochefort (Charente-Maritime). Responsable du Front National (mouvement de résistance créé par le Parti communiste), Jacques Jabouille avait été interné en juin 1942 au camp de Rouillé (Vienne), puis au camp de Migné (Vienne) d’où il s’évade le 29 septembre 1943 ; Paul Constant MOHIMONT est né le 1er juin 1923 à Bosseval (Ardennes). Ce cantonnier était entré dans le maquis en Vendée ; Léon MONEGER est né le 1er mars 1923. Photographe, il travaillait en région parisienne ; Marcel POUPONNEAU est né le 11 janvier 1918. Il était cultivateur à Yves (Charente Maritime).

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En présence des sections maraîchines d’anciens combattants, d’amis, de sympathisants et de membres des familles des héros honorés, la cérémonie a été organisée par le Souvenir Français et la municipalité locale, sur une proposition d’un ancien Irleaudais Jean-Michel Caquineau (2ème à droite)

Ezilda BARREAUNous avons aussi une pensée pour Ezilda BARREAU. Née à Cerzeau (Deux-Sèvres) en 1893, elle vend sa maison pour rejoindre son fils unique, Eugène, instituteur à Irleau. Tout premiers résistants communistes de cette région, ils s’engagent ensemble dès 1941 dans l’Organisation Spéciale, puis appartiennent aux Francs-Tireurs et Partisans, actifs dans le Marais Poitevin. Ezilda Barreau héberge de nombreux clandestins dont Rol Tanguy, assure les liaisons entre le «Groupe Marais» et les Francs-Tireurs et Partisans, distribue des tracts et transporte des armes. Arrêtée le 26 mai 1944 à Azay-le-Brûlé (Deux-Sèvres) où elle s’était repliée au début du mois après que son fils soit entré dans la clandestinité, elle meurt à la prison de la Pierre Levée à Poitiers le 1er juin 1944 suite aux supplices infligés. Madame Barreau est la seule femme inhumée au Carré Militaire du Cimetière des Sablières de NIORT.

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Gérée par Honoré Cadet, la ferme du Deffend a hébergé de nombreux réfractaires au STO, ainsi que des communistes et autres personnes persécutées par la police politique de Vichy.

 

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : des pontons non autorisés effacés du paysage dans la Venise Verte

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Top ! Dans le Marais Poitevin, en 2014, nous étions 723 sur 24 km entre Marans (17) et Coulon (79) ; cette année-là, nous étions 18 seulement déclarés et autorisés ; en 2015, 113 d’entre nous ont été démolis ; en mars 2016, 19 non déclarés et non autorisés ont été détruits le long de la Sèvre Niortaise à Coulon et au Vanneau-Irleau ; nous sommes ! nous sommes ! . . . les pontons et autres installations recensés par l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise. L’IIBSN qui a décidé de renforcer les contrôles des « installations engendrant une occupation du domaine public » sur les 183 km de voies d’eau qu’elle gère dans le Marais Poitevin.

Depuis le début de l’année 2014, l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSN), qui siège à Niort (79), est propriétaire gestionnaire du domaine public fluvial (DPF) de la Sèvre Niortaise, du Mignon et des deux Autizes. Une gestion partielle des Marais Mouillés du Marais Poitevin transférée par l’Etat. Une mission autrefois confiée à la DDTM (Direction départementale des territoires de la mer). Les autres voies d’eau (canaux de dérivation, conches, fossés . . .), dites de propriétaires, sont gérées par des Syndicats intercommunaux réunis au sein d’une Union des Syndicats des Marais Mouillés du Marais Poitevin.

Sont concernés, des communes dans les Deux-Sèvres et en Vendée, le canal de la Vieille-Autize, la rivière de la Vieille-Autize, le canal de la jeune Autize (de Souil jusqu’à la Sèvre). Les communes de Damvix, Maillé, Vix, Coulon, Le Vanneau-Irleau et Sansais-La Garette ont fait l’objet de contrôles.

Beaucoup de Maraîchins et de résidents occasionnels ignoraient que les occupations privées sur ce domaine public qu’est le fleuve et deux de ses affluents sont soumises à une autorisation d’occupation temporaire (AOT).
De ce fait, les particuliers doivent déclarer leur installation, laquelle doit être conforme pour être autorisée, contre le paiement d’une redevance domaniale annuelle (76 € par an pour un ponton jusqu’à 3 m2, plus 60 € par m2 supplémentaire). L’amarrage d’une barque ou d’un canoë dans la limite de deux par foyer et par ponton est gratuit ; 30 € seront demandés pour une barque supplémentaire. L’amarrage d’un bateau pour l’année coûtera 150 € ou 100 € pour la période estivale du 1er avril au 30 septembre.
Photo G.PETIT 3731Selon l’IIBSN : « A défaut de contrôles et de sanctions, les constructions se sont multipliées au fil des décennies le long des berges, de façon très anarchique. Ces installations peuvent entraver la libre circulation sur l’eau, poser des problèmes de sécurité voire d’esthétique lorsque certains ont eu l’idée de bétonner. »
Depuis juin 2014, l’IIBSN a recensé les installations construites sans autorisation sur le domaine public fluvial. Après une réunion publique, organisée fin 2014, l’IIBSN avait procédé à une première vague d’enlèvements en mars et avril 2015.  Une deuxième est intervenue les 7 et 8 mars 2016 entre le Pont d’Irleau et la limite d’exploitation de la commune de Coulon (voir plus bas). Une nouvelle opération de déconstruction est prévue en avril du côté de Taugon, La Ronde, Maillé, Vix, puis sur le secteur de Marans.


Les installations autorisées sont désormais identifiées par une plaque d’immatriculation normalisée.

Les particuliers ont toujours la possibilité d’installer un escalier, un ponton, des poteaux pour les barques . . . à la condition de déposer une demande auprès de l’Unité gestion du domaine et de la navigation, soit par téléphone au 05.49.09.01.55, soit par courriel à gestion.domaine@ sevre-niortaise.fr

Sont concernées par cette Autorisation d’Occupation Temporaire toutes installations de type ponton fixe ou flottant, descente (escalier ou échelle), point d’amarrage ou d’ancrage sur berge, cale de mise à l’eau, canalisation dans la berge, prélèvement d’eau et travaux de protection de berge.

 

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L’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise a dépêché le « Rutilus », son bateau à fond plat équipé d’une puissante mâchoire. Ici en aval du barrage de La Sotterie, sur la commune de Coulon, l’engin a délicatement déconstruit 19 installations, dont certaines ancestrales.

La commune de Coulon a établi une convention avec l’IIBSN : Depuis de nombreuses années, la commune est signataire avec l’Etat d’une convention qui l’autorise à utiliser le domaine public de l’Etat sur son territoire, lui permettant d’accorder des autorisations d’exploitation aux différentes entreprises de batellerie installées sur la rive droite de la Sèvre Niortaise. La signature est assortie du versement à l’Etat d’une redevance annuelle calculée en fonction de différents critères : longueur de berges, nombre de barques et canoës à usage commercial. Or, depuis le 1er janvier 2014, la gestion du domaine public fluvial a été confié à l’IIBSN.  La nouvelle convention est assortie des conditions suivantes : durée de 6 ans jusqu’au 31 décembre 2020. Le linéaire concédé est de 535 mètres pour trois sections : 447 mètres du pont de la route départementale n°1 (Magné – Benet) qui enjambe la Sèvre Niortaise, à la rue du Port aux Moules au cœur du bourg de Coulon; 53 mètres soit la longueur de la rue Elise-Lucas, face à l’immeuble légué par Mme Lucas ; 35 m de quai Louis-Tardy en aval de la rue du Port aux Moules sur l’emprise de l’embarcadère La Trigale. Le nombre d’embarcations professionnelles qui stationnent à Coulon est composé de 136 bateaux et 8 canoës. La redevance annuelle a été fixée à 0,70 € par mètre linéaire. A cela il faut ajouter 119 € par barque et 85 € par canoë. Cette redevance est revalorisée chaque année en fonction de l’indice INSEE.

On notera que, lors de sa réunion du 15 décembre 2015, le Conseil municipal de Coulon a décidé d’amortir la redevance due à l’IIBSN en facturant aux entreprises locales de batellerie le stationnement de leurs embarcations : 215.00 € HT par barque ou 103.00 € HT par canoë. Pour les particuliers, l’amarrage d’une barque ou d’un canoë reste gratuit le long des berges coulonnaises du fleuve.

Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise, adresse postale : Maison du département CS 58 880, 79028 Niort cedex. Adresse physique : 5, rue Duguesclin, Niort. Tél. 05 49 78 02 60 ; fax. 05 49 78 02 66.

Gilles PETIT