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VENISE VERTE : Le garde-champêtre de Coulon (79) Gilbert Lacroix est décédé à 94 ans

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Membre très actif de la vie coulonnaise, Gilbert Lacroix est décédé à l’âge de 94 ans.

M. GILBERT LACROIX à Coulon en 1992          Photo Gilles petit

Né le 21 décembre 1923 à Coulon, Gilbert Lacroix était agriculteur. Ses vaches pâturaient dans le Marais durant la belle saison. Parallèlement, il cultivait la fameuse « mogette du Marais » qu’il vendait avec sa production laitière. Gilbert Lacroix était avant tout un Maraîchin spécialiste du cubage des peupliers.

Les Coulonnais d’un certain âge garderont le souvenir du garde-champêtre qu’il a été durant une douzaine d’années, maniant tambour et baguettes au gré des « avis à la population ». Paraissant bougon, un poil renfrogné, cet ancien combattant et prisonnier de guerre a toujours été dévoué aux autres, ne serait-ce que dans la vie associative.

 

 

M. Lacroix fut membre-fondateur de la société de pêche La Coulonnaise. Une association déclarée en préfecture le 8 juin 1942. Il est élu au bureau du conseil d’administration en 1950 comme trésorier. Un poste qu’il occupera jusqu’à fin 1972, avant de prendre celui de secrétaire, de janvier 1975 à décembre 1997. Gilbert Lacroix a donc été sociétaire de La Coulonnaise durant 56 ans.

Excellent comédien de théâtre, dit-on, il a adhéré, en avril 1946, à l’Amicale des œuvres post-scolaires de Coulon. Au sein de cette Amicale, il a participé à la création de la Maison Pour Tous locale, une innovante structure pluriactivités.

A l’heure de sa retraite, l’homme qui ne se déplaçait qu’à Mobylette ou en barque, a rejoint le club local Retraite et Loisirs, en janvier 1986. Administrateur dès 1990, il en était le trésorier jusqu’à son retrait définitif de la vie associative. Au Club, il aimait, par dessus tout, organiser des activités ludiques et « ses » voyages. Des voyages, commentés avec précisions, qu’il maîtrisait avec ses cartes Michelin « plus efficace qu’un GPS », disait-on.

Entre temps, le 31 juillet 1986, il fut également membre de l’assemblée constitutive du Centre social et culturel du Marais, une structure intercommunale qui siège encore aujourd’hui à Coulon.

Pour l’ensemble de ses activités associatives, M. Lacroix a reçu la médaille de la jeunesse et des sports, échelon bronze, au titre de la promotion du 14 juillet 2002.

Gilbert Lacroix s’était retiré à la maison de retraite de Benet (Vendée) où il avait retrouvé quelques connaissances de sa génération. Des pensionnaires qui se souviendront longtemps des passionnantes et passionnées parties de belote qu’il animait. . . à sa manière.  « Dévoué aux autres » jusqu’au bout.

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : Bassines et signature du contrat de Parc 2018-2020 à Coulon

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D’entrée, le ton est donné à Coulon (Deux-Sèvres) jeudi 26 avril 2018 en début d’après-midi devant le siège du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), à l’occasion de la signature du contrat de Parc 2018-2020 entre le PNR et la Région Nouvelle-Aquitaine. « La Région et Monsieur Rousset n’ont pas donné leur arbitrage quant au financement des bassines à hauteur de dix millions d’euros », informe M. Julien Le Guet, représentant des manifestants regroupés dans la structure collective Bassines Non Merci !. « Qu’on ne vienne pas me mélanger le marais et les bassines. Maintenant s’il y a des problèmes je saurai le dire, mais qu’ on n’en profite pas, sinon on n’avance pas, on oppose, on clive, et quand on clive, on ne construit pas », répond le Président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Toutefois, « une rencontre est calée le 29 mai prochain avec M. Alain Rousset sur le terrain pour lui montrer l’aberration de ce projet », précise M. Le Guet.

Le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset a été accueilli devant le siège du PNR par une délégation de Bassines Non Merci !

Pour les non initiés ou les absents, cette notion de « bassines » est expliquée dans nos articles précédents :  MARAIS POITEVIN : A Amuré (79), une chaîne humaine pour dire « Bassines, Non Merci ! » et MARAIS POITEVIN : le Collectif « Bassines Non Merci ! » lance « La Marche des Pigouilles » – dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres), aux liens suivants, respectivement : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2017/11/12/marais-poitevin-…ssines-non-merci/ et https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2018/02/26/marais-poitevin-…gnon-deux-sevres/.

Les manifestants dénoncent l’attitude du Parc, « pro-bassines » selon eux, « C’est dix ans d’histoire loupée, dix ans de mépris vis à vis des habitants et des associations du territoire. Donc aujourd’hui, on est là pour interroger en profondeur la pertinence d’un tel outil qui finalement n’est plus un projet de protection du milieu, mais bien un projet de soutien au pire développement économique. Si M. Rousset venait à signer, en dépit de nos interpellations, ce triste document, le Parc serait mort. »

 

 

Le Contrat de Parc 2018-2020 présente 46 actions pour un montant total de dépenses de 5 995 599 € sur trois ans. Selon le texte, « cette somme correspond aux objectifs de mise en œuvre de la charte 2011-2023 et à la feuille de route régionale. »

Le contrat est structuré autour des axes stratégiques de la dite-charte, à savoir :

  • Soutenir une agriculture durable (programmes autour des marais desséchés favorisant l’élevage extensif et la réhabilitation des milieux) ;
  • Développer un tourisme durable, rayonnant dans l’espace et dans le temps (itinérances, tourisme fluvial, . . .) ;
  • Favoriser l’émergence, le développement d’activités économiques fondées sur la valorisation du patrimoine et des ressources naturelles (marque parc, stratégie territoriale énergétique) ;
  • Préserver et restaurer le fonctionnement écologique du marais (observatoire patrimoine naturel, Life Baie d’Aiguillon, amélioration de la connaissance et de la conscience du risque, . . .) ;
  • Préserver et mettre en valeur les paysages identitaires de la ruralité maraîchine (valorisation de l’architecture maraîchine, plantation et suivi de boisement, . . .) ;
  • Forger une culture du marais engagée vers le développement durable (éducation à l’environnement, . . .).

    Au départ de Coulon, une petite balade touristique dans la Venise Verte a précédé la cérémonie de signature du contrat de Parc.
M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du Parc naturel régional du Marais Poitevin

Selon M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du PNR : « Cette terre est une terre d’exception comme tous les Parcs naturels régionaux. [La région Nouvelle-Aquitaine compte aujourd’hui quatre Parcs naturels régionaux : Landes de Gascogne, Marais Poitevin, Millevaches en Limousin, Périgord-Limousin, et bientôt cinq avec le projet du Médoc] Elle a une histoire qui est tournée vers l’eau. Cette eau qui, à la fois, peut apporter tant de richesse, mais aussi tant de danger. Cette eau nous amène aujourd’hui à mettre en avant toutes les richesses de ce territoire. Ces richesses sont à la fois culturelles, à la fois architecturales, à la fois de l’histoire et aussi de l’environnement. Ces richesses que l’on se doit de préserver dans l’avenir. » Dans cet objectif, le Marais Poitevin, deuxième zone humide de France et cinquième d’Europe, vient de se voir renouveler le label Grand Site de France. Le PNR envisage de « conquérir la reconnaissance de l’UNESCO et le label Convention RAMSAR. » La Convention de Ramsar est le plus ancien de tous les accords modernes mondiaux et intergouvernementaux sur l’environnement. Il s’agit d’un traité négocié dans les années 1960 par différents pays et organisations non gouvernementales préoccupés par la perte et la dégradation croissantes des habitats en zones humides pour les oiseaux d’eau migrateurs. Adopté dans la ville iranienne de Ramsar en 1971, il est entré en vigueur en 1975.

M. Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine.

M. Alain Rousset : « Ce Marais Poitevin est peut-être un résumé du défi que l’on a aujourd’hui sur la planète. On vit plusieurs défis : le défi de la croissance démographique, donc de nourrir la planète, de l’occuper, et le défi de la préserver. Et l’eau est un marqueur essentiel. Pour moi, voir une rivière à sec est un vrai malheur. Et puis, nous sommes là vers des systèmes de résurgence, mais on est en même temps vers des systèmes de submersion et d’inondation. C’est le deuxième paradoxe plus local. Comment peut-on à la fois souffrir de manque d’eau et de trop d’eau ? Le réchauffement climatique va entraîner la montée des eaux. Moi je souhaite que le Marais poitevin soit un lieu qui soit, d’une certaine manière, comme l’huître l’est à l’égard de la qualité des eaux, un lieu témoin à l’échelle de l’Europe.

Bassines Non Merci ! a organisé une procession de l’église de Coulon à l’embarcadère afin d’enterrer le Parc comme on a toujours enterré les morts dans le Marais Poitevin, c’est à dire, en leur proposant un dernier tour en barque pour dire au revoir à leur Marais.

 

 

« Je reste dans l’idée qu’on ne peut pas opposer l’homme et la nature parce qu’à un moment donné les verrous sautent. Donc, il  faut les marier justement. Il y a des activités humaines et agricoles, horticoles et maraîchères. Il y a des lieux, le marais humide et le marais desséché. Il y a du patrimoine. Il se trouve qu’un parc naturel régional est un joli témoin de ce que nous pouvons faire d’une manière publique avec la société civile pour, à la fois, faire en sorte qu’on préserve et qu’on vive, et qu’on montre. Rien ne serait pire que de garder pour quelques-uns cette balade magnifique sur les canaux. Cet espace doit être mis à la disposition du public, d’abord parce qu’il y a de l’argent public qui est mis pour le préserver. Donc il y a toute une réflexion sur un tourisme durable à mettre en place dans le cadre du Parc. En liaison avec les professions, les communes, les associations présentes avec les professionnels de la batellerie. Je sais qu’il y a des inquiétudes que j’espère infondées, en tout cas que je vais vérifier, sur l’approvisionnement en eau du marais. »

Par ailleurs, poursuit le Président : « la Région n’est pas là pour reproduire l’État, c’est à dire de tout décider, de Bordeaux ou de X ou Y, sur ce qui se passe sur les territoires. Je fais confiance aux territoires, à la société civile des territoires, aux associations des territoires, aux organisations et aux élus des territoires. Il y a des lignes qui seront fixées, mais ce n’est pas à moi, président de la Région, de les fixer, même si la Région est un des principaux financeurs, sinon le principal. Je fais confiance; c’est dans ce sens là qu’il faut voir la signature du président de la Région. Il y a un débat local. Ce débat est démocratique. On n’a rien inventé de mieux que la démocratie. C’est à la Région de fixer les grandes lignes et les orientations d’un Parc naturel régional. »

MM. Rousset et Perrier ont finalement paraphé le Contrat de Parc naturel régional du Marais Poitevin 2018-2020.

Gilles PETIT

COULON (79) : Applaudissements pour l’artiste ANDRE PIGNOUX

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Vendredi 23 mars 2018 après-midi, on se pressait, pour ne pas dire on courait, à Coulon (Deux-Sèvres). Pour assister à la toute dernière représentation de l’homme de théâtre qu’était André Pignoux. Autour du cercueil placé au milieu d’une allée centrale du cimetière, la foule des grandes premières formait comme un cocon protecteur. Ici, il n’y avait point de spectateurs. Tous étaient, cette fois-ci, acteurs d’une pièce qui clôt un « livre de la vie ».

L’homme de théâtre et complice des artistes de toutes factures André PIGNOUX (juillet 2017)       Photo Gilles Petit

 A la demande de la famille, Jean-Claude a feuilleté le « livre de la vie » d’André Pignoux : « Et maintenant te voilà plongé dans la nuit. La nuit interminable, cette nuit dont nous savons toi et moi qu’elle ne finit jamais par un matin. L’information est arrivée implacable, certes mais sans surprise. »

« André Pignoux, ce Coulonnais de toujours est tombé dans le guet-apens de la vie qui est propre à chacun. » Parti discrètement à 86 ans, André est né en 1931, à Magné (Deux-Sèvres), sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise. Ses parents travaillent alors sur la rive droite à Coulon. Dix ans plus tard, une petite sœur le rejoint, Françoise.
« Un passage à la communale et une adolescence sans histoire vont révéler un enthousiasme particulier pour le théâtre. Le Coulon d’alors sort de la seconde guerre mondiale, un vent de liberté s’affiche, les pièces de théâtre se multiplient, André y trouve ses repères et excelle dans de multiples interprétations. Pagnol, Labiche ou encore cette pièce en un acte de Tchékhov, « Les méfaits du tabac » où, seul en scène, André se révèle brillantissime.

« La présence de la famille Richard, du cinéaste Pierre Gurgand et surtout de Cosette Richard vont transformer la vie d’André Pignoux. Ils se marient et se réjouissent de l’arrivée de Sandrine, leur fille unique. »

A son retour de Paris en 1969, André Pignoux a pris sa plume :

« C’est le départ vers la capitale, poursuit  J.-C., André et Cosette Pignoux sont accueillis, excusez du peu, par la famille Serreau. Grâce à ses qualités de machiniste, de photographe, d’électricien, il devient l’homme indispensable. De cabarets en théâtres, André travaille sans relâche, ce qui est d’autant plus épuisant qu’il faut composer tous les deux jours avec une nouvelle pièce. Pourtant, ce côté « ombre et lumière des éclairages » le séduit.

« Malheureusement, André tombe malade. Inexorablement, c’est le retour vers le Marais.

« Fort d’une détermination sans faille, et avec son inséparable Cosette, il s’investit dans le théâtre et les arts. Coulon devient la capitale culturelle du Marais Poitevin. En 1970, André loue, crée et aménage une authentique ferme, une maison ayant appartenu à M. Camille Paris, sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise – un lieu qu’il baptise « la Grange à Camille » [aujourd’hui La Grange de Camille] et qui, très vite, devient mythique. Ensemble, ils créent une véritable maison d’artisans et un repère d’artistes. Plus tard, avec le concours de la municipalité et d’une équipe de bénévoles, ils mettent en place un rendez-vous culturel estival annuel : les Soirs d’été. » Ce festival a vécu quinze années jusqu’en 1985. Parallèlement, en période hivernale, la même équipe a géré pendant sept ans un cabaret nommé « Le raton laveur », installé dans l’ancienne demeure du receveur de la Coutume. Un bâtiment qui héberge aujourd’hui la Maison du Marais Poitevin.

« Que d’artistes prestigieux ne sont pas venus à Coulon ! Le plus illustre d’entre eux est Jean Cocteau, qui fait le déplacement en août 1974. Des chanteurs tels que Jean-Roger Caussimon, Mouloudji, Paco Ibanez et Colette Renard, pour n’en citer que quelques-uns, transforment eux aussi le petit village en un haut-lieu de culture. »

Les générations actuelles connaissent Cosette et André Pignoux, comme les fondateurs du Théâtre Roger-Blin, en août 1984. Siégeant à Coulon, cette pépinière d’artistes de théâtre est dédiée à « un ami et collègue »: Roger Blin. Ce grand acteur et metteur en scène était décédé quelques mois auparavant.

Tous les Maraîchins, et les autres, se souviendront du photographe André Pignoux. Témoin de son temps, ce véritable historien de la photographie a saisi entre les années 1946 et 1950 des documents d’une valeur inestimable.

L’artiste André Pignoux devant quelques unes de ses œuvres dans La Grange de Camille (juillet 2013) Image Capt’Action79

Dans notre reportage vidéo consacré à La Grange de Camille, édition 2013 ( à voir ou revoir à l’adresse : https://youtu.be/4AortAw5HWI), André Pignoux s’exprime  : « Revenu dans mon pays, j’ai appris la photo, je me suis installé photographe. J’ai voulu figer mon pays dans la photographie. C’était l’époque charnière où les tronçonneuses remplaçaient les scies, les tracteurs remplaçaient les chevaux. Tout changeait, les vaches en bateau, les dernières laveuses au bord de la rivière, j’ai saisi tout ça. C’est parti vite en trois – quatre ans. Alors c’est ce qui m’a beaucoup motivé et le noir et blanc. J’ai toujours adoré le noir et blanc. Parce que, peut-être, on m’a dit que venant du théâtre comme régisseur éclairagiste, au Théâtre de Lutèce à Paris, j’ai toujours été fasciné par le noir et blanc et les éclairages clairs-obscurs. Avec le numérique, c’est autre chose, l’âge arrivant faut savoir arrêter maintenant. »

Des photos d’André Pignoux dans le livre Simeons du Marais.

Le photographe André Pignoux a aussi participé à la publication de livres dont Cuisine de Poitou et de Vendée de Jeanne Philippe-Levatois, une collection ‎Poitiers Cuisines régionales, aux Éditions du Marais 1968 ; Simeons du Marais de Pierre Gurgand, aux Éditions du Quéré 1989 ; et une plaquette disque Bataille de Torfou 1793, un scénario de l’auteur Serge Danot, une adaptation de Marcel Jaud.

« Le temps passe, conclut Jean-Claude, l’érosion de la vie fait ses ravages et nous rappelle tous pour le grand sommeil. Ne soyons ni tristes, ni accablés de chagrin, il nous suffit de rester fidèles dans l’œuvre culturelle qu’André Pignoux a si brillamment défendue. La plus belle garante en est incontestablement Cosette, qui perpétue sa passion théâtrale avec le brio que les Maraîchins lui connaissent. »

 Monsieur André Pignoux a quitté la scène sous les applaudissements.

 

Gilles PETIT avec Jean-Claude Coursaud

MARAIS POITEVIN : le Collectif « Bassines Non Merci ! » lance « La Marche des Pigouilles » – dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres)

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Protestant contre le projet de construction de 19 « réserves de substitution » destinées à l’irrigation, environ 1500 personnes avaient formé une chaîne de 1,7 km autour d’une parcelle de 18 hectares, le samedi 11 novembre 2017 dans la plaine d’Amuré, une commune du Marais Poitevin des Deux-Sèvres. « On a besoin de vous le 4 mars prochain ! » clame le collectif « Bassines Non Merci ».

« Bassines Non Merci ! » est un collectif composé de citoyens, d’élus, de scientifiques, d’associations environnementales, de naturalistes, d’agriculteurs et de paysans, mais aussi de chefs d’entreprises, d’organisations syndicales, de partis politiques (EELV, PS 79, FI, La République en Marche 79, le Modem 79. . . d’hommes politiques UDI comme le Maire de Niort également Président de l’Agglomération du Niortais ..) et de plus en plus de maires du Marais Poitevin, du Haut Val de Sèvre . . .) qui s’opposent à la construction de cette première vague des 19 réserves d’eau en Deux-Sèvres et en Charente-Maritime.

Au total, le programme  concernera 200 bassines sur le territoire au profit de seulement 10% d’agriculteurs céréaliers, financées avec 70% d’argent public, au-dépens du patrimoine naturel et du partage équitable du bien commun qu’est l ‘EAU.

Le collectif organise une nouvelle manifestation de masse, (il est attendu entre 3000 et 4 000 participants), pour faire vaciller les pouvoirs publics auprès desquels les financements ont été sollicités. Pourquoi ? Parce que l’opposition citoyenne est la véritable arme contre ce projet, comme à Notre-Dame-des-Landes.

La manifestation du 11 novembre 2017 à Amuré (Deux-Sèvres), qui a rassemblé 1 500 opposants, ayant permis aux pouvoirs publics de mesurer l’opposition citoyenne à ce projet, le collectif souhaite transformer cet essai  le dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres), commune sur laquelle trois « bassines » sont prévues. En une année, celles-ci détourneraient la consommation sur huit ans des 2 800 habitants de Mauzé-sur-Le-Mignon.

Pourquoi on s’oppose à ce projet (voir ce schéma explicatif :Bassines_info_Sèvre_niortaise_VF )
  • Une injustice économique et environnementale : sans même parler du coût global de 60 millions d’euros financés à 70% par des fonds publics, ce qui serait au passage inconcevable pour toute entreprise privée dans n’importe quel autre domaine, le coût pour la collectivité à l’échelle de la Région s’élèverait à 9,9 millions pour les seules 19 bassines de la Sèvre-Niortaise, et à 77 millions pour l’ensemble des 120 bassines en projet (sur les 200 envisagées) dans une période de contexte budgétaire difficile pour l’ensemble des collectivités locales. Et que dira l’Europe de l’utilisation de fonds FEADER si ceux-ci sont incompatibles avec la « Loi cadre sur l’eau et l’atteinte du bon état écologique des rivières en 2021 » ? On peut légitimement penser que la Cour Européenne de Justice aura sûrement une réponse à apporter.
    Le collectif s’oppose au non respect de la loi sur l’eau, avec ces projets d’un autre âge, les trois priorités de la loi sur l’eau s’inversent, avec ses dégâts sur nos cours d’eau et, cette année, c’était le cours d’eau de Crépé à la Grève-sur-Le-Mignon (Charente-Maritime) un 10 février en plein hiver.
    On veut de l’eau pour tous : pêcheurs, kayakistes, paysans, jardiniers, les arbres, amoureux de la nature, pour nos rivières, les poissons, batraciens. . .

  • Un déni de démocratie : des manquements flagrants en terme de concertation et d’information de l’ensemble des acteurs socio-économiques, dès l’enquête publique et alors que les signaux d’opposition à ce projet se multiplient chez les élus, citoyens, agriculteurs, paysans, chefs d’entreprises, scientifiques, forces politiques du territoire…

  • Une injustice économique et sociale (voir les détails dans ce document : Histoire volumes irrigation agricole SevreMignon_v2018 ) : quelle équité entre exploitants agricoles qui seront connectés à la bassine et qui auront la garantie d’un accès sécurisé à l’eau, et les autres qui devront se partager l’eau restante dans la nappe après le remplissage des bassines. Récemment deux paysans ont eu un refus d’accès à l’eau sur la Boutonne pour leur projet d’installation. De plus, la démesure des projets enfermera l’ensemble des adhérents de la COOP de l’eau (raccordés ou non) dans une voie sans retour de par l’ampleur des investissements initiaux et l’augmentation du prix de l’eau, le tout dans le cadre d’un montage économique fragile (non viable sans une part de 70% d’argent public et basé sur des prévisions de remplissage 9 années sur 10, ce qui n’aurait déjà pas été le cas sur les dix dernières années et semble encore plus optimiste pour les décennies à venir).

  • Un choix sociétal : le collectif souhaite donner une impulsion nationale à l’accompagnement à la transition vers des modèles agricoles durables, adaptés aux territoires et respectueux des hommes et des milieux, et dire stop à ce modèle destructeur des ressources naturelles et du monde paysan.

Lors de la journée du 4 mars 2018, le collectif organisera un marché de producteurs locaux de 10:00 à 17h00 auquel nous souhaitons vous associer afin de renforcer toujours et toujours l’importance de consommer local pour privilégier l’économie du territoire, mais aussi pour mettre en avant votre agriculture respectueuse de notre environnement.

Et si vous le souhaitez, n’hésitez pas à diffuser cette invitation afin de proposer à vos amis, votre famille, de participer à la Marche des Pigouilles. Le collectif précise que « plus on sera, plus on aura de chance de vaincre et de travailler autour d’un véritable projet de territoire dans l’intérêt de tous, de nos enfants et petits enfants et de la planète ! »

 Loïc MICHAUD
Pour le Collectif « Bassines Non Merci ! »

MARAIS POITEVIN : le film vidéo du 29ème Festival de peinture de Magné

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Le Festival International de Peinture de Magné (79 FRANCE), ouvert à tous, est un des premiers rendez-vous de peintres en France. Ce festival est organisé par Magné Animation, association culturelle soutenue par les Salons Nationaux que sont la Société des Artistes Français et le Salon Violet, ainsi que par des journaux spécialisés tel que Univers des Arts, et de nombreux autres partenaires fidèles. Pendant deux jours, les peintres participants doivent réaliser une œuvre exclusivement sur le territoire de la commune.

En attendant la 30ème Festival, qui aura lieu les 21 et 22 juillet 2018, voici le film vidéo de l’édition 2017 au lien YouTube suivant : https://youtu.be/vfZFOc2-H7I


Voici le palmarès de l’édition 2017 en images vidéo offertes par Capt’Action79 et Magné Animation :

 

COULON (79) : « La Grange du Champ des Dames », un monument historique détruit ?!

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En mars 2003, le conseil municipal de Coulon voulait « sauver de la ruine au regard de son importance et de ses caractéristiques, ce patrimoine bâti d’intérêt général » ; En février 2017, les élus déclarent qu’il est « dans un tel état de délabrement et d’effondrement qu’il devient inconcevable, pour des raisons d’hygiène et de sécurité mais également de respect de l’environnement, de le conserver en l’état ». Ballottée d’un projet à un autre depuis les années 1990, « La Grange du Champ des Dames » de Coulon était un monument historique menacé.

Construite sur la voie romaine qui reliait la Saintonge à l’Anjou, « La Grange du Champ des Dames » était l’une des plus anciennes métairies de Coulon rattachée au prieuré du même nom situé à côté de l’église, au centre du village de Coulon.

Aujourd’hui, des fouilles archéologiques seraient indispensables en amont de tous éventuels projets, lesquels seraient gelés. En effet, selon histoirecoulon.centerblog.net/14, « trois tombeaux gallo-romains furent trouvés en 1883 dans un terrain situé à droite de la Route de la Gare [appelée aujourd’hui la Route du Gué romain] qui conduit au gué contigu à l’ancienne entrée qui mène au Gué Romain de la Grange et du pré appelé « Le Pré Feuillant » ou « Pré Fillon » du nom des Feuillants, religieux propriétaires jusqu’à la Révolution du Prieuré de la Grange et Pré-Fillon à cause de Jacob FILLON, fermier général du prieuré de la Grange au 17ème début 18ème siècle. »

Dans le projet d’autoroute A83, le contournement de Niort envisageait plusieurs tracés. Le n°3 passait devant la Grange du Champ des Dames et sur le Gué romain au franchissement de la Sèvre Niortaise entre les communes de Coulon et Magné. (document NR79 des 10 et 11/09/1994)

De plus, des sondages géologiques, effectués en 1990 en raison d’un éventuel passage de l’autoroute A83, ont révélé la présence d’une vie préhistorique à Magné et à Coulon datant de la fin de l’âge de bronze ou du début de l’âge de fer. Des recherches archéologiques ont alors été entreprises sur l’axe du tracé autoroutier, de part et d’autre de la route départementale n°9 reliant Magné à Coulon. Les études ont abouti à la découverte, sous une couche de limons d’une épaisseur moyenne de un mètre, d’objets en pierre et fer, de poteries, de fossés et trous, de traces de combustion. Ces dernières seraient des foyers « ouverts », témoignant de la présence d’un habitat protohistorique, entouré d’une palissade de poteaux et piquets enfoncés dans des trous et calés avec des pierres calcaires. Les fossés servant au drainage ou de tranchées de fondation. Proche du site archéologique de Coulon et connaissant l’importance vitale de l’eau pour les sociétés humaines, l’île de Magné, située comme Coulon au fond du Golfe des Pictons, a pu être un lieu intéressant d’activité humaine. Selon la responsable des fouilles : « Les éléments rencontrés sont suffisamment intéressants et importants pour attester que la partie du site touché représente un fait majeur pour la compréhension et l’implantation protohistorique dans le Marais Poitevin. Des fouilles plus approfondies pourraient nous le révéler. . . » Sachant que la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) a classé Coulon « Grand site archéologique » pour sa « profondeur historique énorme » et repéré 35 sites archéologiques sur la commune, tout porte à penser que La Grange pouvait être posée sur des fondations construites vers 3000 ans à 1000 ans avant Jésus-Christ.

Dans leur transcription de l’histoire de Coulon (publiée le 10 avril 2015), les chercheurs locaux Jacky Carrio-Altmeyer et Jean-Louis Gibaud informent : « Coulon fut donnée à l’Abbaye de Charroux par Louis Le Débonnaire vers 830. Cette donation comprenait une grande partie des terres qui aujourd’hui composent la Métairie de la Grange. (. . .) Un arrêt de 1624 adjuge la Grange aux Feuillants de Poitiers. A cette date l’exploitant était Pierre Augier. Jean Constant, curé de Coulon, s’opposa à cet arrêt. L’affaire se termina par une transaction le 11 septembre 1629. Les Feuillants percevaient les fruits de la Grange et Constant une pension. »

Considérée comme bien ecclésiastique, à la Révolution, la Métairie de La Grange fut vendue comme bien national le 5 mars 1791 pour 75 100 livres (une somme énorme, est-il précisé !). Elle était composée de deux logements, un de maître et l’autre de métayer, dans un vaste bâtiment cerné de terres appelées, encore aujourd’hui au nord, « Le Champ des Dames », de prés dans le marais et de sols plantés en bois.

La Grange a connu de nombreux propriétaires. Avant le récent rachat par la commune de Coulon, le dernier était un couple de britanniques qui souhaitait transformer la bâtisse en restaurant, reprenant ainsi l’idée émise par le Conseil général des Deux-Sèvres d’aménager le site de La Grange en aire de service placée sur l’éventuelle autoroute A83. Un projet qui fut d’abord stoppé par l’enquête publique du 28 septembre 1992 au 30 octobre 1992, laquelle a instauré un sursis à statuer qui a bloqué les opérations sur les bâtis. Le tracé de l’autoroute longeant la voie romaine dans le Marais Poitevin a été abandonné en 1995.

Le début de la fin de La Grange du Champ des Dames commence en 2003. Les Anglais lancent leur projet : un complexe de restauration et d’hébergement en gîtes. Le Conseil municipal de Coulon est alors favorable et décide : « Le dernier Plan d’occupation des sols (POS) de la commune  remonte au 30 juin 1998. Une révision du Plan Local d’Urbanisme [nouveau nom du POS] est nécessaire et urgente. En l’état, le document d’urbanisme ne permet pas d’envisager la sauvegarde du site » car il est classé à usage agricole et il convient de le classer en logement locatif à usage touristique dans le cadre de la préservation du patrimoine. L’appellation NCt (agricole avec connotation touristique) pour les initiés. Le projet de PLU a été approuvé par les élus le 4 novembre 2003.

Comme la réhabilitation de La Grange était en bonne voie, les propriétaires ont réalisé des premiers travaux de préservation du bâti, à savoir déconstruire les parties affaiblies de l’édifice, le toit et des hauts de murs instables. En conservant les deux façades. Aujourd’hui, en 2017, le bâtiment était resté dans cet état. Des murs s’étaient en partie écroulés et la végétation, avec sa faune indésirable, avait pris possession des lieux.

Pourquoi ? Car entre-temps, le projet de PLU a été arrêté le 30 novembre 2004 et repris fin 2006, en raison notamment de divergences au conseil municipal (le maire était M. Michel Grasset) en mars 2006, et l’organisation de nouvelles élections municipales partielles. Parallèlement, diverses mesures environnementales (Plan oiseaux, Natura 2000 . . .) ont retardé l’achèvement d’un PLU.

La propriétaire qui a perdu patience, a accepté une proposition de la municipalité, à savoir, vendre sa propriété à la commune (achat de trois parcelles d’une superficie totale de 4.569 m2 pour la somme de 2.500 €), selon l’estimation du service « France Domaine ». Coulon prendrait alors en charge les travaux de démolition et de remise en état du terrain. Le terrain assaini pourrait être revendu à des exploitants agricoles ou à des riverains. L’intérêt, dit-on, pour la commune d’acquérir cet immeuble est de « pouvoir récupérer un volume important de pierres de taille et moellons qui pourront ensuite servir pour différents travaux : réfection des murs du cimetière, création de murets, constructions diverses. . . »

Les avis étant partagés, notamment sur « les coûts cachés », les élus municipaux s’étaient donné un délai de réflexion supplémentaire, le temps de faire évaluer les frais de démolition, de tri et de stockage d’une « montagne » de pierres et d’estimer les possibilités de revente. Mais, à la surprise générale, l’entreprise Bonnet (constructeur d’ouvrages d’art, . . .) de Coulonges-sur-l’Autize (79), s’est déclaré intéressée par la récupération des pierres de taille. Elle a proposé de réaliser à ses frais le défrichage du site, la démolition du bâtiment, l’évacuation des moellons et la livraison de moellons triés sur le dépôt de la commune. En juin dernier, le maire de Coulon imaginait déjà, pour le début d’automne, un bâtiment rasé et un terrain parfaitement dégagé de tout danger.

« Ce patrimoine bâti d’intérêt général » a désormais disparu.

Gilles PETIT

 

LA GARETTE : en photos, l’Espace Jean Rochefort à la Maison du Cheval

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« Un César d’honneur l’an dernier, une plaque donnant mon nom à une carrière aujourd’hui, tout ça, ça sent le posthume », avait ainsi conclu son allocution l’acteur Jean Rochefort le 11 mai 2000, jour de l’inauguration officielle de la Maison du Cheval à La Garette, sur la commune maraîchine de Sansais-La Garette (Deux-Sèvres France).

Une partie des personnalités présentes lors de cette inauguration dont le préfet, les présidents des Conseils régional Poitou-Charentes et général des Deux-Sèvres, et M. Yves Leroux (à droite) président de la Maison du Cheval.

 En 2005, il a prêté sa voix au « Maître de cérémonie » du spectacle (Mousquetaire de Richelieu) du Grand Théâtre équestre créé au Puy du Fou en Vendée (85). Auparavant, le 11 mai 2000, il avait donné son nom à la carrière couverte de la Maison du Cheval, un bâtiment destiné aux activités socio-éducatives. Sa voix s’est éteinte le 9 octobre 2017, à Paris. Son nom demeure gravé sur un pilier à La Garette.

L’artiste venait de recevoir, en 1999, un César d’honneur pour l’ensemble de son œuvre. En fait, il a suivi deux carrières, celle du théâtre et du cinéma, celle du monde équestre. A La Garette, avec son sourire inimitable, Jean Rochefort s’était défini comme un « homme de spectacle » et un « homme de cheval ».

L’artiste en compagnie de M. André Dulait, alors président du Conseil général 79 (aujourd’hui Conseil départemental 79).

Porté par le Conseil général des Deux-Sèvres, (géré d’abord, par Délégation de Service Public en mai 2001 par le Club Hippique Niortais, puis depuis le 18 août 2006 par l’association Equi’SèvreS), le projet départemental d’une Maison du Cheval avait séduit Jean Rochefort parce qu’il avait pour but d’utiliser le cheval à de nobles fins, à savoir la découverte des prairies humides du Marais Poitevin, l’élevage, l’éducation et l’insertion. Il avait ainsi souligné que « associé à notre évolution, le cheval s’est fait tour à tour, moyen de guerre, de travail, de transport. L’homme ne serait rien sans lui, il lui doit tout. »

Un colloque européen sur le thème « l’homme et le cheval, alternatives pour un développement social » a ponctué l’ouverture de la Maison du Cheval. Déjà en cette fin de XXème siècle, de nouveaux acteurs s’intéressent à cet animal. Des voies se dessinent pour une utilisation différente du cheval. En règle générale, les vieux chevaux réformés d’une activité sportive ont une grande connaissance de l’homme. Ils seront donc employés dans des activités socio-éducatives et de rééducation pour un public en difficulté moteur ou psychopédagogique. Jean Rochefort adhérait à cette initiative tout en approuvant l’idée de proposer des activités complémentaires autres que celles qui tournent autour de l’eau. Des balades au fil des chemins blancs du Marais, ainsi que le développement de l’attelage au travers d’une filière de haut niveau au plan national et d’activités autant de loisirs que de promotion de la discipline. Présent depuis des siècles dans les Marais Mouillés et utilisés uniquement dans l’agriculture, le cheval a toujours fait partie du paysage de la Venise Verte, comme la barque traditionnelle.

 Le 11 mai 2000, la foule des grands jours avait écouté Jean Rochefort évoquer sa passion des chevaux « depuis [sa] plus tendre enfance » : « Mon grand-père possé­dait des chevaux de fiacre en Bretagne.  J’ai découvert l’équi­ta­tion à 30 ans pour le tournage du film Cartouche de Philippe de Broca (1961). Dès lors, je me suis lancé dans lélevage de chevaux. Je possède le Haras de Villequoy dans les Yvelines.  »

L’artiste Jean Rochefort est parti, l’Espace Jean Rochefort demeure à La Garette. Photo Gilles PETIT

Sa boutade : « Un César d’honneur l’an dernier, une plaque donnant mon nom à une carrière aujourd’hui, tout ça, ça sent le posthume », a effectivement failli devenir réalité pour l’excellent cavalier qu’il était. En effet, quelques semaines après son passage à La Garette, sur le tour­nage de L’homme qui a tué Don Quichotte, l’acteur se blesse et doit se faire opérer d’urgence d’une double hernie discale, il ne montera plus jamais à cheval. En 2004, l’éleveur Jean Rochefort reçoit la médaille du Mérite agri­cole pour avoir été à l’origine de la première trans­plan­ta­tion d’embryons chez la jument. Une autre carrière s’ouvrait . . .

Gilles PETIT (crédit photos : archives Conseil Départemental 79)

 

Yves Leroux, président de la Maison du Cheval, se souvient de l’arrivée de Jean Rochefort à La Garette : « J’avais réussi à le faire venir, non sans mal. Il avait, comme d’habitude, été super. Une anecdote : André Dulait [alors président du Conseil général des Deux-Sèvres] m’avait proposé une voiture du département pour aller le chercher chez lui, ce qu’il avait refusé . . . pas le genre à avoir un chauffeur. De même qu’il avait refusé des gendarmes à la sortie de l’autoroute pour l’accompagner. Alors, malgré le plan, il avait voulu se rassurer en traversant Sansais et vérifier qu’il était sur la bonne route. Il avait interpellé un passant qui le lui avait confirmé et rajouté : vous aussi vous allez là-bas pour voir Jean Rochefort (il était annoncé dans tous les journaux) ! Il en riait encore quand il est sorti de sa Saab devant tous les officiels qui l’attendaient sur le parking en bas de la Maison du Cheval . . .« 

MARAIS POITEVIN : A Amuré (79), une chaîne humaine pour dire « Bassines, Non Merci ! »

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Samedi 11 novembre 2017 dans la plaine d’Amuré, une commune du Marais Poitevin des Deux-Sèvres, environ 1500 personnes ont formé une chaîne de 1,7 km autour d’une parcelle de 18 hectares. Pourquoi ? Protester contre le projet de construction de 19 « réserves de substitution » destinées à l’irrigation.

« Dans ce contexte de gestion collective, le Parc considère que les réserves de substitution sont utiles d’un point de vue économique, qu’elles concourent à la préservation de la zone humide, et qu’elles sont l’occasion de promouvoir une agriculture plus vertueuse tenant compte des enjeux environnementaux », telle est la conclusion du communiqué transmis aux médias le 10 novembre 2017 par M. Pierre-Guy Perrier, président du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin et vice-président de la Région des Pays de la Loire. Cette position fait suite aux récents accords sur ce sujet des préfectures de Vendée, Deux-Sèvres et Vienne, puis de la décision de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne d’envisager une aide publique de 28 millions d’euros.

L’histoire se répète dans cette pointe orientale du Marais Poitevin. Après un projet autoroutier, l’implantation d’un incinérateur de déchets ménagers, . . . , un nouveau collectif s’est formé. Sous la bannière « Bassines, non merci ! »,  ce collectif citoyen s’élève contre la construction de dix-neuf retenues d’eau de substitution dont quinze en Deux-Sèvres, deux en Charente-Maritime et deux dans la Vienne.

Au départ de la mairie d’Amuré, 1500 personnes, toutes générations confondues, ont parcouru près de deux kilomètres pour rejoindre le site d’une éventuelle retenue de substitution.

Différents mouvements et associations ont rejoint ce collectif citoyen. « On a vraiment demandé aujourd’hui à ce que les appartenances des uns et des autres ne figurent pas, » précise M. Julien Le Guet, l’un des coordinateurs du collectif. « Des partis politiques sont clairement opposés aux projets de bassines sans ambiguïté. Ils ont communiqué dans ce domaine-là et ils ont joué le jeu. »

La retenue d’eau de substitution d’Amuré serait située dans ce périmètre.

De quoi parle-t-on ? C’est un projet de réserves artificielles. D’immenses ouvrages en plein milieu de la plaine céréalière consistant à décaisser sur cinq mètres de profondeur le calcaire, récupérer tous les gravats pour faire des buttes en périphérie, avec des digues de dix mètres de haut, le tout pour stocker de l’eau. Tout l’argumentaire des porteurs du projet est de dire qu’on prendra l’eau en hiver de manière à ne pas taper dans la nappe phréatique en été.

M. Julien Le Guet, l’un des coordonnateurs du collectif citoyen formé contre le projet de construction de dix-neuf « bassines ».

M. Le Guet explique : « C’est le principe de la substitution. Principe qu’on révoque largement parce que nous sommes tout à fait conscients que le volume global prélevé sera supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. Donc ce n’est pas une substitution. Et, à ce titre-là, l’Agence de l’eau ne devrait jamais financer un tel ouvrage. Le communiqué de l’Agence de l’eau prétend parler d’un projet d’intérêt général quand il ne concerne que 10% des 11% des irrigants du Poitou-Charentes. On est vraiment dans un projet qui va coûter très très cher pour une minorité. Nous avons pris conscience aujourd’hui de l’énormité du financement de ce projet très local. Le budget global de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne est de 65 millions d’euros. Sur ces 65 millions d’euros, pour 2018, 28 millions d’euros sont ciblés sur les dix-neuf réserves de substitution. Ça veut dire qu’il ne va pas rester beaucoup d’argent pour la protection des captages d’eau potable. Ça veut dire aussi qu’il ne va pas y avoir beaucoup de fonds pour permettre d’aller vers une agriculture si ce n’est raisonnée au moins raisonnable. Et on essaie de nous faire croire rétroactivement qu’on va réussir à imposer des cahiers des charges pour un mieux disant environnemental. L’Agence de l’eau commence à comprendre que l’écoconditionnalité est la condition sine qua non et obligatoire si on veut parler d’intérêt général. Ce qui est honteux aujourd’hui c’est qu’on essaie de dissocier deux problèmes qui sont les mêmes, à savoir, l’eau. Disons que d’un côté, on va gérer la quantité, l’autre côté on va gérer la qualité. En fait, avec les bassines, on va juste promouvoir les agricultures de plus en plus polluantes, ce qui va rendre la dépollution des eaux, notamment l’eau potable, de plus en plus chère ».

« Nous ne savons pas comment l’Europe va prendre ça, poursuit le coordonnateur. Comment l’Europe va exiger à la fois que la France respecte la Loi sur l’eau et l’objectif d’atteindre des rivières en bon état écologique en continuant à financer ce type d’exploitation agricole. On met toujours en avant des projets vertueux. Il y en a quelques uns au sein des porteurs de bassines, c’est portion congrue. L’essentiel, on le sait bien, c’est pour faire du maïs grain. On met en avant le soutien aux éleveurs, c’est moins de 10% du maïs qui sera fait sur ces bassines qui seront consacrés au maïs d’ensilage. On essaie de nous faire croire que ce projet permettra aux éleveurs de se maintenir. Au contraire, il va les étrangler parce qu’il n’y aura plus d’eau dans le marais, plus d’eau en été, et les prairies ne seront plus prospères. On essaie de nous faire croire que ce type de dispositif va permettre aux jeunes de s’installer. Allons faire l’analyse de ce qui s’est passé en sud-Vendée sur l’Autize. Voilà dix ans que des bassines voisinent cette rivière. Est-ce qu’elles ont vraiment permis l’installation des jeunes, ou est-ce qu’au contraire elles mettent en place des exploitations de 500 à 1000 hectares que seuls des géants peuvent reprendre ? Les porteurs de projets sont d’énormes exploitations qui transforment notre eau en quelques grains d’or, lesquels vont être mis sur le marché international. Donc là, le discours qui consiste à dire que c’est une agriculture pour nourrir le territoire, elle ne tient pas. »

Le collectif citoyen estime que le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin est « honteusement pour le projet bassines. Ce parc a perdu son label, il y a quelques années parce qu’on avait mis en évidence qu’il n’était pas l’outil pour mettre en place un modèle agricole compatible avec la biodiversité de ce territoire. Il est en train de faire exactement les mêmes erreurs. Erreurs de soutien d’un projet autoroutier qui n’avait rien à faire ici avec un impact majeur en terme de biodiversité. Ça veut dire qu’il n’a rien compris à la demande du territoire. Aujourd’hui, les gens sont prêts à se nourrir des produits récoltés sur ce territoire. Or, on continue à subventionner l’agriculture qui détruit cette agriculture-là ».

L’objectif du collectif citoyen était la formation d’une chaîne humaine qui a réussi à faire le tour de cette immense bassine, à savoir cet immense cratère d’1,7 km de périmètre, couvrant 18 hectares. En dépit du mauvais temps, un rapide comptage a enregistré 1500 participants de toutes générations. « Ça montre vraiment qu’il y a un mécontentement de la population. Cette construction n’est pas du tout estimée comme un projet d’intérêt général », peut-on conclure.

Photos et propos recueillis par Gilles PETIT

Mauzé-sur-Le-Mignon : Un p’tit tour à la Fête René-Caillié

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Pour la 175e fois, la commune de Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres) a honoré « son » aventurier René Caillié, le « découvreur de Tombouctou » au Mali, le 20 avril 1828. Capt’Action79 était présent dans le cadre du tournage d’un documentaire consacré aux 140 ans de l’Harmonie, un ensemble de musiciens issus des Marais Mouillés du Marais Poitevin. A cette occasion, nous avons réalisé un court film retraçant la journée du dimanche 25 juin 2017.

Le voyageur René Caillié est né à Mauzé-sur-Le-Mignon (79) le 19 novembre 1799.

Les traditionnelles fêtes René Caillié de Mauzé-sur-Le-Mignon ont débuté le samedi 24 juin 2017 par un copieux programme : des randonnées cyclistes, un concours de pétanque, une course en ligne pour les enfants, une course Run & Bike, une importante course pédestre de 7,5 km organisée par les Foulées René-Caillié, des démonstrations d’arts martiaux et une retraite aux flambeaux conduite par l’Harmonie mauzéenne.

Le dimanche 25 juin 2017 était consacré au 175 ème hommage à René Caillié (1799-1838) ponctué le matin par une cérémonie officielle au monument dédiée à l’aventurier, suivie, l’après-midi, par la grande cavalcade biennale de chars et bandas à travers la ville. Après un concert offert par l’Harmonie mauzéenne à deux pas d’une fête foraine très fréquentée, le week-end s’est achevé par un feu d’artifice nourri, tiré depuis le bas du champ de foire de Mauzé-sur-Le-Mignon.

La vidéo- souvenir de la journée du dimanche des Fêtes René-Caillié, édition 2017, est disponible sur Facebook à l’adresse suivante : https://youtu.be/uSK2zdUyi6s

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : « Les arbres sont des enfants qui grandissent », malgré la chalarose du frêne.

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Vieillissant et menacé par une maladie appelée « chalarose », le frêne va progressivement laisser la place à de nouvelles essences, taillées en têtard, dans le Marais Poitevin. La commune de Magné (Deux-Sèvres) a répondu à un appel à projet lancé par le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), en proposant un lieu symbolique : l’Île-au-Bras-rouge. A cette occasion, la Caisse d’Allocations Familiales des Deux-Sèvres participe à la création d’un « puits de carbone ».

 

Sur le Bief Saint-Germain, l’île de l’ancienne propriété Bidet se nomme désormais l’Île-au-Bras-rouge.

La commune de Magné est intégralement entourée d’eau. C’est donc une île cernée par la Sèvre Niortaise et la Vieille Sèvre appelée Le Sevreau. Un chemin d’eau, le Bief Saint-Germain, traverse le village et relie directement ces deux voies. Ce Bief se divise en ramifications formant de petites îles dont l’Île-au-Bras-rouge, appelée ainsi par les élus magnésiens en référence à une légende locale. « Nous avons acquis cette parcelle, voilà quelque temps, sans savoir ce que nous allions en faire », explique M. Gérard Laborderie, maire de Magné. « Ici, on préfigure le paysage du Marais de demain. On va en prendre grand soin, on va regarder pousser ces arbres avec attention. C’est un moment que l’on peut qualifier d’historique pour notre commune. »

 

 

Élue locale et vice-présidente du PNR, Mme Catherine Tromas précise : « Nous souhaitions en faire un lieu à la fois expérimental et pédagogique parce que c’est vraiment la nature au cœur du village. Pour remplacer nos frênes-têtards qui vont, peut-être, disparaître, on s’est dit que c’était un endroit privilégié pour pouvoir y implanter toutes ces nouvelles espèces qu’on taillera en têtard. Elles représenteront les éléments du paysage de demain dans le Marais. Faire de cette île un lieu symbolique où on retrouverait toutes ces essences,  et en même temps expérimental. On verra comment elles vont se comporter. »

La maîtrise d’œuvre des plantations a été confiée aux agents de l’Association d’Insertion par la Protection et l’Entretien du Marais Poitevin (AIPEMP). Sur l’Île au Bras-rouge à Magné, la photo de clôture de l’opération rassemble les agents et les représentants de la collectivité locale, du Parc et de la CAF.

 

Quand les arbres se seront développés, l’Île au Bras-rouge sera aménagée et constituera une étape d’un prochain Sentier de découverte du patrimoine élaboré par la municipalité magnésienne.

Sur cet espace triangulaire d’environ 111 m², ont été plantés cinq arbres de chacune des six essences identifiées pour diversifier la trame arborée du Marais : chêne pédonculé, orme champêtre, peuplier noir, saule blanc, érable champêtre et charme commun. Un plant d’aulne est venu compléter la panoplie afin de tenir les berges de la pointe nord du terrain.

 

 

 

La chalarose, propagée par un champignon l’Hymenoscyphus fraxineus ou Chalara fraxinea, est une maladie du flétrissement du frêne qu’il est conseillé de ne pas combattre et donc qu’il convient d’observer sans intervenir. Selon M. François Bon, vice-président du Parc en charge de l’Aménagement et du Cadre de vie, « L’appel à projet pour la plantation de nouveaux arbres têtards devait répondre à deux dangers : nos frênes têtards sont vieillissants, 100 ans, 150 ans, voire 200 ans ; et la menace de cette maladie. Nous savions que la chalarose se rapprochait du Marais Poitevin. Elle a finalement été repérée pour la première fois l’an dernier au début de l’automne. » M. Bon ajoute : « Ce sera un travail de longue haleine. Ici, on se lance pour quelques décennies au moins. Les arbres, ce sont des enfants qui grandissent. »

 

M. Noël Ruault, Président du conseil d’administration de la Caisse d’Allocations Familiales des Deux-Sèvres en compagnie de Mme Magali Triby, Directrice de la CAF79.

Mme Magali Triby, directrice de la Caisse d’Allocations Familiales des Deux-Sèvres, a posé ce dilemme : la CAF, les arbres, le Marais, quel lien ? « Ce sera un espace tourné vers les enfants, vers des élèves qui vont apprendre », dit-elle. La directrice parle de changement climatique. « J’ai le sentiment que la planète nous fait des signaux. La planète nous montre le chemin et la CAF 79 a décidé d’emprunter ce chemin. Aujourd’hui, on peut faire quelque chose pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le climat est en mutation. Il faut s’adapter à ces mutations pour apprendre à faire avec. L’homme a une grande capacité d’adaptation. L’idée est de participer à la création d’un puits de carbone. Le puits de carbone, c’est la captation du carbone, soit par le sol, soit par les océans, soit par des forêts en croissance. L’objet était de trouver un site où on puisse avoir un partenariat avec lequel on arriverait à créer ce puits de carbone. La CAF est partie sur l’idée de la création d’un tel puits et d’en parler. En 2016, nous avons décidé de financer 206 arbres. 206 parce que ça représente les 206 places en maisons d’assistance maternelle des Deux-Sèvres. Chaque année, nous choisirons nos politiques (crèches, multi-accueil, accueil enfants-parents. . . ) qui pourront se décliner en places associées à un arbre. Un partenariat qui devrait faire des émules, espère-t-elle. C’est aussi le sens. Entre 10 et 15 euros l’arbre planté, tutoré, protégé, etc. Finalement, ce n’est rien quand on a la main d’œuvre. Les CAF 17 et 85 réfléchissent à un tel projet sur l’ensemble du territoire. »

Mme Jordane Ancelin, paysagiste au PNR complète : « Ces arbres ont une certaine diversité pour améliorer la résistance. Dans la forme têtard, l’idée est de conserver au maximum l’emblème, l’image et surtout l’usage. Cette forme têtard est liée au fait que les branches sont taillées régulièrement et apportent cette silhouette singulière dans le Marais poitevin. » Les essences alternatives au frêne ont également des qualités calorifiques très recherchées par nos aïeuls dès les premiers travaux d’aménagement du Marais Poitevin. « Maintenant, conclut la paysagiste, il s’agit de les déployer à grande échelle pour que les habitants s’en emparent, avec le concours financier du Parc, afin de commencer à replanter aussi par anticipation. »

Gilles PETIT

Des informations complémentaires sur le site Internet : http://pnr.parc-marais-poitevin.fr rubrique « Les actions menées par le Parc – chalarose et replantations » ou auprès de Jordane Ancelin, paysagiste du PNR, par téléphone au 05 49 35 15 20.