Malgré l’éventuelle présence du « Bras rouge », la municipalité magnésienne a tracé un sentier de découvertes intramuros « De port en port », autour du thème de l’eau et du petit patrimoine local. Une petite balade pédagogique de deux kilomètres.
Le départ du sentier « De port en port » est situé devant ce panneau d’information fixé sur le mur des toilettes publiques de l’Espace du Bief, parking du 11ème GRCA. Photo Gilles PETIT
« Pour démarrer, » explique Mme Martine Brouard, adjointe au maire de Magné et coordinatrice du groupe de travail patrimoine qui a planché sur ce projet, « nous voulions un sentier adapté aux personnes à mobilité réduite et destiné aussi bien aux Magnésiens qu’aux touristes. Il fallait un sentier pas très long, qui peut être la promenade du dimanche, sur deux kilomètres suivant un parcours permettant de découvrir le patrimoine. »
Quel patrimoine ? C’était la question. Mme Brouard tente une réponse : « En fait de patrimoine, Magné a peu de monuments historiques, à part l’église, la chapelle Sainte-Macrine, le Four Pontet, le pont-levis. On ne fait pas un sentier du patrimoine avec trois ou quatre monuments. Donc, nous avons arpenté les rues. En regardant, en observant, nous avons trouvé une foule de choses : des fours à pain, des puits, une pompe, des abreuvoirs, des choses intéressantes mais de petits patrimoines. Ça ne fait pas un sentier du patrimoine. Il fallait absolument trouver un fil conducteur. Or, Magné est une île. Cette île comporte 22 ports. C’est exceptionnel pour une commune d’avoir autant de ports. » En effet, la Sèvre Niortaise, avec ses bras, entoure toute l’île de Magné. Fort de ce constat, le groupe de travail a décidé de retenir la thématique de l’eau.
A partir de cette idée, le groupe a affiné sa réflexion en sollicitant M. Richard Joseph, conseiller patrimoine au Parc naturel régional du Marais Poitevin.
Les photographies qui illustrent
les pupitres proviennent de
la collection du regretté
André Pignoux.
Comment faire le lien ? A l’évidence, créer un sentier « De port en port ». Le projet a été centré sur le centre-bourg. Aujourd’hui, sur huit ports intramuros, des pupitres retracent l’histoire des gens d’ici, la façon dont ils vivaient au quotidien, avec les petits métiers, les tisserands, les sabotiers, les tailleurs de pierres, et les tâches au cœur du Marais comme l’exploitation du bois, sans oublier la pêche aux engins. La lessive, les contes, . . . tout ce patrimoine immatériel a été recensé. Le patrimoine dit naturel est, lui aussi, détaillé. Outre les oiseaux, les poissons, . . . et les plantes locales, à découvrir au fil des pupitres, l’aménagement de « l’île du Bras Rouge » devrait interpeller les visiteurs. On notera que les textes sont doublés en anglais, et que les panneaux proposent également aux enfants un jeu de questions « A toi de jouer !», dont les réponses figurent à la station suivante.
Prochainement jalonné de «clous» en laiton fixés au sol (actuellement remplacés par des flèches blanches collées), le balisage du sentier de découvertes débute face au panneau d’information installé au parking du 11ème GRCA (parking du stade, des terrains de pétanque et de tennis). Direction la première station, un hangar à vocation pédagogique, porte d’entrée de « l’île du Bras rouge ».
Acheté par la collectivité locale depuis de nombreuses années à la société Bidet, cet hangar a désormais une vocation pédagogique, notamment pour les enfants. Photo Gilles PETIT
Le hangar dispose d’un coin lecture pour les enfants installé dans l’ancien bateau à chaîne de la commune, équipé d’un pupitre contant des histoires locales dont la légende du Bras rouge.
On y trouve également un local dédié à la pêche dans le Marais…
… dans lequel on peut voir, en ouvrant des lucarnes, des engins de pêche traditionnelle…
… et un Maraîchin confectionnant une nasse à anguilles, semble-t-il. Photos Gilles PETIT
Le hangar offre aussi le gite aux chauves-souris, en particulier à la pipistrelle commune européenne. Photo Gilles PETIT
Après avoir sillonné le « vieux bourg », le sentier mène de l’autre côté de la route départementale autour de laquelle est construit le village de Magné. Le promeneur passe devant l’incontournable église Sainte-Catherine, afin de rejoindre un pupitre évoquant un château. Car Magné possédait son château. Notre guide Martine Brouard commente le plan floqué sur le pupitre n°6 : « Le vieux château de Magné était situé sur le site de l’ancienne tour. Cette tour, construite en bordure de la Sèvre Niortaise, était un édifice qui défendait l’île de Magné. Dans les années 900, un édit de Charles-le-Chauve impose la construction de tours afin d’éviter aux vikings de remonter les fleuves et d’envahir le pays et de tout dévaster. Donc cette tour protégeait les habitants d’une invasion par voie d’eau. » Voilà le lien avec la Sèvre Niortaise. Ensuite, le sentier remonte par les bords du fleuve. « Et là, on découvre un autre aspect de Magné avec une partie plus « balnéaire » qui évoque les villas de la côte atlantique dont le Cottage du Roc, les Charmettes, de belles maisons, jusqu’à l’Espace culturel du Four Pontet et le remarquable pont-levis. »
Longeant le Bief Saint-Germain, l’île du Bras rouge héberge toutes les essences d’arbres déjà plantés par le Parc naturel régional dans le but de faire des essais afin de remplacer les frênes atteints par une maladie, la chalarose. Photo Gilles PETIT
L’île est un lieu de promenade réhabilité par les services techniques municipaux. Ces techniciens ont tracé le sentier et construit une solide passerelle dite de sortie qui boucle le parcours. Tout cela sous la menace d’un Bras rouge stylisé par un artiste local Thierry Larrat. Photo Gilles PETIT
Constitué d’élus et de bénévoles magnésiens, le groupe de travail « sentier du patrimoine » s’est adjoint les services de l’Agence Magenta Conseil, maître d’œuvre du parcours, du cabinet 1D2, graphisme, signalétique et scénographie du chantier, et l’entreprise de menuiserie MB2. Sans oublier les travaux réalisés par les employés municipaux qui ont travaillé « avec enthousiasme, compétence et beaucoup de plaisir », selon le maire de Magné Gérard Laborderie, à l’aménagement de l’île au Bras Rouge.
Martine Brouard a coupé le symbolique ruban inaugural du sentier de découvertes « De port en port », accompagnée (de gauche à droite) de Cathy Tromas, conseillère municipale et vice présidente du Parc naturel régional du Marais Poitevin, Gérard Laborderie, maire de Magné, Sébastien Billaud, adjoint au maire, et Séverine Vachon, vice-présidente du Conseil départemental 79 et présidente de l’Institution Interdépartemental du Bassin de la Sèvre Niortaise. Photo Gilles PETIT
Le Théâtre Roger-Blin va rendre hommage à deux hommes, disparus l’année dernière, qui ont FAIT le TRB à Coulon : André Pignoux et Paul-André Maby. De nombreux artistes qui ont suivi et/ou accompagné ces deux personnalités du monde artistique seront présents samedi 20 juillet 2019. Musiques, chansons, textes. . . un programme éclectique sera proposé dès 18 heures dans le Parc de la Mairie de Coulon (Deux-Sèvres).
Basé à Coulon (dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres), le Théâtre Roger-Blin est une pépinière de jeunes talents. Fondée le 6 août 1984, cette association, régie par la Loi de juillet 1901, organise, toute l’année, des stages divers, des spectacles de théâtre, chansons, musique, lectures publiques. . . et, en saison estivale, des tournées de théâtre dans la Venise Verte. Cette année, la tournée sera ponctuée par une soirée hommage à André Pignoux et Paul-André Maby.
Pour cela, laissons la plume à Mme Cosette Pignoux, metteur en scène, l’autre pilier du Théâtre Roger-Blin :
André Pignoux
Paul-André Maby
Lundi 15 juillet 2019, à Coulon, la Compagnie des 3 C a lancé la tournée estivale du Théâtre Roger-Blin en présentant sa pièce « To Bee or not to bee », une histoire d’abeilles collant à l’actualité. Photo Gilles Petit
Durant ce mois de juillet 2019, les comédiens amateurs du Théâtre Roger-Blin, accompagnés de troupes professionnelles invitées, interpréteront trois pièces alternativement sur les scènes des villages deux-Sévriens de Coulon, Arçais, La-Garette (commune de Sansais-La Garette), Bessines, Mauzé-sur-Le-Mignon, Magné et vendéen de Benet :
L’HABILLEUR de Ronald Harwood (21 heures : 16 juillet à Arçais, 19 juillet à La-Garette, 22 juillet à Bessines, 24 juillet à Mauzé-sur-Le-Mignon, 27 juillet à Coulon, 29 juillet à Benet et 31 juillet à Magné)
Véritable profession de foi dans l’art dramatique, « l’habilleur » ne cesse de mêler dans une savante mise en abîme, le théâtre dans le théâtre s’inscrivant dans la lignée de Shakespeare, Pirandello.
C’est un hymne à la persévérance qui se décline politiquement en résistance face à l’oppresseur et prend la forme du sacerdoce pour le comédien dévoué à Shakespeare et à sa compagnie. Beaucoup d’artistes caressent le rêve de mourir au plus fort de leur art; s’éteindre sur scène, de cette mort splendide, que s’offrit Molière; de la seule mort qu’accepterait celui qui, toute son existence, a mimé la vie. Mais cette fin-là serait pour le Maître un renoncement et il le fait, au contraire, et impérativement ne pas mourir sur scène mais se cacher, disparaître après avoir joué jusqu’à l’épuisement.
C’est la question que nous pose l’habilleur : où, pourquoi, comment, par quel moyen, par quel miracle continuer à créer, à trouver en soi et ailleurs la force, la volonté, la nécessité, l’étincelle de la création artistique; même dans la catastrophe; sans quoi le monde n’est plus que ce monde-ci et alors est-il vraiment supportable ?
Dans cette pièce, belle et humaine, qui a triomphé dans les trente et quelques pays où elle a tourné, cette écriture est d’un Grand Auteur.
Le maître, cet acteur, si égoïste soit-il, continue à ouvrir ici ou là, pour qui l’aperçoit, des fenêtres vers la liberté.
Par le théâtre nous pouvons avoir accès à un autre monde, et ce monde-là fait que nous pouvons supporter ce monde-ci même au cœur de la tourmente.
CENDRILLON de Joël Pommerat (21 heures : 17 juillet à Arçais, 18 juillet à Sansais, 21 juillet à Coulon, 23 juillet à Bessines, 25 juillet à Mauzé-sur-Le-Mignon, 26 juillet à Benet et 30 juillet à Magné)
Le metteur en scène livre ici sa version très personnelle du conte de Perrault. Loin des histoires de princesses qui rêvent au prince charmant, il se plonge au cœur de l’enfance et des questions tragiques qui la jalonnent parfois. Oubliés les oiseaux chanteurs et les couleurs pastel. Cendrillon est Sandra, une petite fille submergée par le deuil de sa mère, qu’elle tente de vivre comme elle le peut. Tous les éléments de l’histoire originale sont présents, mais détournés, chargés d’un sens différent qui lui donne un souffle radicalement novateur. Si Pommerat choisit d’axer sa pièce autour du deuil et de la confrontation d’une enfant avec la mort, il le fait avec assez de légèreté pour que les spectateurs se laissent aller à rire à de nombreux moments du spectacle. Émotion et humour sont au rendez-vous grâce à leur belle performance.
Le DÉFUNT de René Obaldia (17 juillet à Arçais, 18 juillet à Sansais, 21 juillet à Coulon, 23 juillet à Bessines, 25 juillet à Mauzé-sur-Le-Mignon, 26 juillet à Benet et 30 juillet à Magné)
Deux personnes se retrouvent pour évoquer le souvenir d’un homme décédé trois ans auparavant.
Qui était Victor? Qui sont ces personnes qui revendiquent son amour ? Confidence après confidence, l’oraison annoncée se transforme, de fil en aiguille, en révélations sur la véritable identité du mystérieux défunt, de cet homme si appréciable…
A la fois drôle, grinçant et absurde, le texte s’inscrit dans le registre de l’humour noir. Entre comédie et tragédie et derrière une apparente banalité, cette composition donne à voir les reflets de la folie et de l’abomination. Et si tout ceci n’était que duperie ?
Mesdames Cosette Pignoux (à gauche) du TRB et Agnès Brion de la Compagnie des 3 C, ont lancé la tournée d’été. Photo Gilles Petit
Les mises en scène sont assurées par Mme Cosette Pignoux :
L’animatrice du Théâtre Roger-Blin conclut : « Il faut que les gens viennent découvrir ces pièces. J’aime bien que les gens soient critiques, qu’ils viennent dire après ce qu’ils ont ressenti ou pensé. Mais les gens n’osent jamais. On dit toujours que c’est bien, mais ça veut rien dire pour moi. Oui, les avis sont intéressants. C’est aussi aller plus au fond des choses. »
Le 28 juillet 2019 à 21 heures dans le Parc de la Mairie (ou dans la salle des fêtes selon la météo) de Coulon les compagnies invitées interpréteront « La désireuse » de Agnès Brion et « Le petit manuel du héros » de Julian Rouhet.
Le Collectif citoyen « Bassines Non Merci ! » se bat depuis maintenant deux ans contre un projet de 19 réserves d’eau destinées à l’irrigation agricole. Soutenu par des structures environnementales, paysannes, syndicales, militantes et politiques, le Collectif a installé, dimanche 30 juin 2019, le premier Campement de Résistance et de Surveillance (CRS) près de Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres).
Photo Gilles Petit
Selon le Collectif citoyen « Bassines, Non Merci ! », ce projet de 19 réserves de substitution, réduit aujourd’hui à 16 réserves, concerne le bassin versant de la Sèvre Niortaise, le fleuve lui-même dans toute sa vallée, en général, et le Marais Poitevin en particulier.
« Bassines, Non Merci ! » dénonce des « dénis de démocratie, des arrangements avec la réglementation, dont la Loi sur l’eau, des enquêtes publiques, . . ., la captation massive d’argent public, l’intervention de lobbies, le maintien envers et contre tout d’une agriculture productiviste en l’habillant d’oripeaux écologiques, et le projet de réserves de substitution agricoles, appelées « bassines », en Deux-Sèvres. » Il comporte également un site dans la Vienne et un autre en Charente-Maritime.
Le collectif explique : « Une bassine est une réserve d’eau géante de 10 hectares en moyenne, entourée d’une digue de 10 mètres de haut. Elle est remplie en hiver en pompant l’eau principalement dans les nappes souterraines. Le but est d’irriguer en été des cultures intensives (2/3 de maïs, semences, légumes industriels). Chacune est financée à 70% par de l’argent public provenant de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, l’État français et l’Europe. » L’association avance des chiffres clés qui interpellent : coût de l’ensemble des projets supérieur à 40 millions d’euro, 200 ha de terres agricoles seraient plastifiés, 128 forages seraient actifs, pour seulement 6 % des agriculteurs du territoire raccordés.
Près de 800 personnes, de toutes les générations, ont rejoint le site de construction d’une Zone A Défendre dans la campagne mauzéenne. Photo Gilles Petit
Le 9 mai 2019, la justice a donné raison aux associations de protection de la nature NE 17 et NE 16 et aux Fédérations de pêche de ces deux mêmes départements qui avaient attaqué en justice les arrêtés préfectoraux. « Ceci vient conforter les convictions du collectif citoyen au sujet des dangers du projet de bassines sur le territoire Sèvre-Marais Poitevin, lui aussi visé par un recours en justice », précise le Collectif qui ajoute : « En effet, la justice a retenu trois motifs susceptibles de casser et d’annuler les arrêtés préfectoraux : des prélèvements trop importants autorisés par l’État; une étude d’impact largement insuffisante sur l’environnement; la mise en place d’un véritable projet de territoire. Ces trois éléments majeurs sifflent donc la fin du match du projet de bassines tel que conçu actuellement. De plus, récemment, les huit bassines en projet dans la Vienne ont été annulées par le Tribunal Administratif de la Vienne. »
Le Collectif Bassines Non Merci ! est « une force d’opposition qui veut aussi être une force de proposition allant dans le bon sens, en mettant au centre des débats une réelle concertation de tous, pour tous et dans l’intérêt de nos enfants et petits-enfants. »
Le kiosque à musique de Mauzé-sur-Le-Mignon a hébergé les Assises citoyennes eau/agriculture/alimentation. Photo Gilles Petit
Les participants aux Assises considèrent que ces projets issus de l’agriculture productiviste sont de nature à mettre gravement en danger les milieux aquatiques et les réserves d’eau potable.
Ils ne veulent pas donner un blanc-seing au maintien d’une agriculture destructrice des sols, polluante pour l’eau et l’air, catastrophique pour la biodiversité animale et végétale,
et donc incapable de poursuivre sa mission de nourrir les populations dans les décennies à venir. Photos Gilles Petit
Afin d’expliquer les tenants et les aboutissants d’un sujet qui semble complexe, 28 organisations (*) environnementales, agricoles, citoyennes ont participé à une journée de rencontre à l’intention de tous, dimanche 30 juin 2019 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres). Des Assises citoyennes eau se sont tenues sous le kiosque de la Place du Champ-de-Foire locale, en présence de paysans, d’ingénieurs agronomes, de scientifiques, d’élus régionaux, d’un député européen, de maires, de représentants syndicaux et de divers mouvements. . . également opposés à ces projets titanesques.
Photos Gilles Petit
A l’issue de ces Assises, près de 800 personnes ont marché trois kilomètres vers la commune d’Usseau jusqu’au site le plus proche retenu dans le projet global. Les participants y ont installé un « plongeoir », à savoir un mirador destiné à surveiller la Zone A Défendre (ZAD). Puis tout le monde a rejoint le premier Campement de Résistance et de Surveillance, un CRS niché dans une oasis de fraîcheur ombragée au milieu des cultures céréalières, avec vue sur le « plongeoir ». Depuis dimanche, des permanents zadistes se relaient nuit et jour afin d’alerter sur l’éventuelle arrivée d’engins de chantier à proximité de la parcelle concernée.
Photos Gilles Petit
Photos Gilles Petit
De plus, le Collectif annonce que durant l’été « seront organisées toutes sortes d’actions et de manifestations dont un camp climat, des formations à la désobéissance civile, la rédaction d’un fanzine, la création d’une pièce de théâtre, etc. Ce sera l’occasion de rédiger collectivement un projet de territoire ambitieux, porteur d’alternatives agricoles, alimentaires et sociales. »
Le Campement de Résistance et de Surveillance,
est désormais en place. Photos Gilles Petit
Le Collectif conclut : « Le campement constituera un lieu de tourisme militant pour toutes les personnes qui souhaitent profiter de leurs vacances pour participer à la construction d’un autre modèle. »
Gilles PETIT
(*) APPMA Pêches Sportives Saint-Maixent-l’Ecole, Alternatiba La-Rochelle, ANV-COP21 La-Rochelle, APIEEE, CGT 79, CGT Spectacles Poitou-Charentes, Colibris 79, Collectif Anti-Linky, Collectif des Usagers de l’Hôpital de Niort, Collectif à Teurtous, Collectif Marche pour le Climat Niort, Comité Notre-Dame-des-Landes La-Roche-sur-Yon 85, Confédération paysanne 17 et 79, Europe Ecologie – Les Verts, Extinction Rébellion La-Rochelle, Gilets Jaunes 79, La France Insoumise, Le Priouté, Nature Environnement 17, Parti Communiste Français, SCOP La Frênaie, SOS Rivières, Syndicat SUD-Solidaires, Terres & Rivières 85 . . .
Le Collectif citoyen « Bassines Non Merci ! » se bat depuis maintenant deux ans contre un projet de 19 réserves d’eau destinées à l’irrigation agricole. Soutenu par des structures environnementales, paysannes, syndicales, militantes et politiques, le Collectif a installé, dimanche 30 juin 2019, le premier Campement de Résistance et de Surveillance (CRS) près de Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres).
Photo Gilles Petit
Selon le Collectif citoyen « Bassines, Non Merci ! », ce projet de 19 réserves de substitution, réduit aujourd’hui à 16 réserves, concerne le bassin versant de la Sèvre Niortaise, le fleuve lui-même dans toute sa vallée, en général, et le Marais Poitevin en particulier.
« Bassines, Non Merci ! » dénonce des « dénis de démocratie, des arrangements avec la réglementation, dont la Loi sur l’eau, des enquêtes publiques, . . ., la captation massive d’argent public, l’intervention de lobbies, le maintien envers et contre tout d’une agriculture productiviste en l’habillant d’oripeaux écologiques, et le projet de réserves de substitution agricoles, appelées « bassines », en Deux-Sèvres. » Il comporte également un site dans la Vienne et un autre en Charente-Maritime.
Le collectif explique : « Une bassine est une réserve d’eau géante de 10 hectares en moyenne, entourée d’une digue de 10 mètres de haut. Elle est remplie en hiver en pompant l’eau principalement dans les nappes souterraines. Le but est d’irriguer en été des cultures intensives (2/3 de maïs, semences, légumes industriels). Chacune est financée à 70% par de l’argent public provenant de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, l’État français et l’Europe. » L’association avance des chiffres clés qui interpellent : coût de l’ensemble des projets supérieur à 40 millions d’euro, 200 ha de terres agricoles seraient plastifiés, 128 forages seraient actifs, pour seulement 6 % des agriculteurs du territoire raccordés.
Près de 800 personnes, de toutes les générations, ont rejoint le site de construction d’une Zone A Défendre dans la campagne mauzéenne. Photo Gilles Petit
Le 9 mai 2019, la justice a donné raison aux associations de protection de la nature NE 17 et NE 16 et aux Fédérations de pêche de ces deux mêmes départements qui avaient attaqué en justice les arrêtés préfectoraux. « Ceci vient conforter les convictions du collectif citoyen au sujet des dangers du projet de bassines sur le territoire Sèvre-Marais Poitevin, lui aussi visé par un recours en justice », précise le Collectif qui ajoute : « En effet, la justice a retenu trois motifs susceptibles de casser et d’annuler les arrêtés préfectoraux : des prélèvements trop importants autorisés par l’État; une étude d’impact largement insuffisante sur l’environnement; la mise en place d’un véritable projet de territoire. Ces trois éléments majeurs sifflent donc la fin du match du projet de bassines tel que conçu actuellement. De plus, récemment, les huit bassines en projet dans la Vienne ont été annulées par le Tribunal Administratif de la Vienne. »
Le Collectif Bassines Non Merci ! est « une force d’opposition qui veut aussi être une force de proposition allant dans le bon sens, en mettant au centre des débats une réelle concertation de tous, pour tous et dans l’intérêt de nos enfants et petits-enfants. »
Le kiosque à musique de Mauzé-sur-Le-Mignon a hébergé les Assises citoyennes eau/agriculture/alimentation. Photo Gilles Petit
Les participants aux Assises considèrent que ces projets issus de l’agriculture productiviste sont de nature à mettre gravement en danger les milieux aquatiques et les réserves d’eau potable.
Ils ne veulent pas donner un blanc-seing au maintien d’une agriculture destructrice des sols, polluante pour l’eau et l’air, catastrophique pour la biodiversité animale et végétale,
et donc incapable de poursuivre sa mission de nourrir les populations dans les décennies à venir. Photos Gilles Petit
Afin d’expliquer les tenants et les aboutissants d’un sujet qui semble complexe, 28 organisations (*) environnementales, agricoles, citoyennes ont participé à une journée de rencontre à l’intention de tous, dimanche 30 juin 2019 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres). Des Assises citoyennes eau se sont tenues sous le kiosque de la Place du Champ-de-Foire locale, en présence de paysans, d’ingénieurs agronomes, de scientifiques, d’élus régionaux, d’un député européen, de maires, de représentants syndicaux et de divers mouvements. . . également opposés à ces projets titanesques.
Photos Gilles Petit
A l’issue de ces Assises, près de 800 personnes ont marché trois kilomètres vers la commune d’Usseau jusqu’au site le plus proche retenu dans le projet global. Les participants y ont installé un « plongeoir », à savoir un mirador destiné à surveiller la Zone A Défendre (ZAD). Puis tout le monde a rejoint le premier Campement de Résistance et de Surveillance, un CRS niché dans une oasis de fraîcheur ombragée au milieu des cultures céréalières, avec vue sur le « plongeoir ». Depuis dimanche, des permanents zadistes se relaient nuit et jour afin d’alerter sur l’éventuelle arrivée d’engins de chantier à proximité de la parcelle concernée.
Photos Gilles Petit
Photos Gilles Petit
De plus, le Collectif annonce que durant l’été « seront organisées toutes sortes d’actions et de manifestations dont un camp climat, des formations à la désobéissance civile, la rédaction d’un fanzine, la création d’une pièce de théâtre, etc. Ce sera l’occasion de rédiger collectivement un projet de territoire ambitieux, porteur d’alternatives agricoles, alimentaires et sociales. »
Le Campement de Résistance et de Surveillance,
est désormais en place. Photos Gilles Petit
Le Collectif conclut : « Le campement constituera un lieu de tourisme militant pour toutes les personnes qui souhaitent profiter de leurs vacances pour participer à la construction d’un autre modèle. »
Gilles PETIT
(*) APPMA Pêches Sportives Saint-Maixent-l’Ecole, Alternatiba La-Rochelle, ANV-COP21 La-Rochelle, APIEEE, CGT 79, CGT Spectacles Poitou-Charentes, Colibris 79, Collectif Anti-Linky, Collectif des Usagers de l’Hôpital de Niort, Collectif à Teurtous, Collectif Marche pour le Climat Niort, Comité Notre-Dame-des-Landes La-Roche-sur-Yon 85, Confédération paysanne 17 et 79, Europe Ecologie – Les Verts, Extinction Rébellion La-Rochelle, Gilets Jaunes 79, La France Insoumise, Le Priouté, Nature Environnement 17, Parti Communiste Français, SCOP La Frênaie, SOS Rivières, Syndicat SUD-Solidaires, Terres & Rivières 85 . . .
En organisant la première édition de la « Fête de la transhumance par bateau », le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR) a officiellement lancé sa marque « Valeurs Parc Naturel Régional », samedi 1er juin 2019 sur le site de l’ancienne scierie du village de La Garette à Magné (79). L’occasion de promouvoir, entre autres, le travail des éleveurs locaux et la viande bovine qu’ils produisent.
« Elle est pas belle la maraîchine ? » Photo Gilles Petit
Les bovins du Marais Poitevin n’ont jamais connu de transhumance, du moins dans le sens littéral du mot. Selon un dictionnaire, la transhumance, du latin trans (de l’autre côté) et humus (la terre, le pays), est la migration périodique du bétail (bovidés, cervidés, équidés et ovins) entre les pâturages d’hiver et les pâturages d’été. Elle a pour objectif l’engraissement du troupeau, mais aussi sa reproduction. Elle se pratique sur tous les continents. Festive ou pas, elle remonterait au moins à 4 000 ans.
Dans le Marais mouillé du Marais Poitevin, le terme « transhumance » n’est guère approprié. Le site de La Garette a la particularité d’être constitué de petites parcelles de 5 à 10 hectares entourées d’eau couvrant les communes de Sansais-La Garette et Magné. N’étant pas accessibles par voie de terre, ces îlots n’étaient pas ou plus entretenus par leurs propriétaires respectifs. Face à la friche qui gagnait et à l’envasement du réseau hydraulique secondaire, le PNR a pris le bétail par les cornes en étroite relation, entre autres, avec des éleveurs du secteur. Ces derniers ont alors créé l’Association des éleveurs par bateau, présidée par un agriculteur coulonnais M. Dominique Moinet.
Chaque îlot sélectionné a bénéficié d’aménagements destinés à améliorer les conditions d’exploitation : la création de parcs de contention pour rassembler les animaux; la mise en place de franchissements permettant la circulation entre les parcelles; le curage des voies d’eau; la réhabilitation de l’ancienne scierie de La Garette en port technique pour l’entretien du Marais; et la mise à disposition d’un chaland bétaillère permettant le transport des bovins vers le site inaccessible par voie de terre.
Près de 150 vaches maraîchines, charolaises et Salers sont ainsi
transportées dans le Marais inaccessible par voie de terre. Photos Gilles Petit
M. Pierre-Guy Perrier, Président du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin. Photo Gilles Petit
« Il faut savoir que cette activité permet de maintenir des prairies naturelles. En effet, il est aujourd’hui possible de les maintenir en l’état grâce à l’action de nos amis éleveurs qui organisent cette transhumance d’une manière tout à fait originale, » explique M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin.
Une satisfaction partagée par M. Xavier Garreau, de la Chambre d’agriculture de Vendée représentant les trois Chambres d’agriculture (Vendée, Charente-Maritime, Deux-Sèvres) au bureau du PNR : « On découvre une petite partie de ce qui se fait en terme d’élevage dans le Marais Poitevin. C’est quand même remarquable. J’apprécie le travail que font les éleveurs et plus particulièrement le travail d’entretien car, finalement, sans élevage, sans éleveurs, le Marais Poitevin ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Malgré tout, on assiste à une baisse très importante du nombre d’éleveurs, du nombre de vaches. A chaque fois que, dans une exploitation, un agriculteur s’en va, souvent, c’est l’élevage qui disparaît. Alors, pour essayer de maintenir l’élevage sur le Marais, la marque Valeurs Parc Naturel Régional a été une solution. Maintenant lancée, la marque est partie avec 44 éleveurs et avec un certain nombre d’opérateurs : Parc, commerçants, . . . Ce fut un long travail de trois années durant lesquelles il a fallu mettre sur le papier des choses qui se font déjà. C’est à dire qu’on n’a pas voulu mettre des contraintes supplémentaires sur les éleveurs. On a donc regardé ce qui se faisait de remarquable en terme d’alimentation, en terme de bien-être animal d’un point de vue social, d’un point de vue environnemental. On a identifié tous ces aspects, on les a mis sur le papier. Ça s’appelle la traçabilité, du moins une partie de la traçabilité. Aujourd’hui, les éleveurs qui se sont lancés dans cette marque en attendent les fruits parce que l’un des facteurs qui participent à la baisse du nombre d’éleveurs est que les gens ont du mal à vivre de leurs activités. La contrepartie, c’est une juste rémunération sur le prix de la viande qui permettra, on l’espère tous, au moins à maintenir le nombre d’éleveurs tel qu’il est aujourd’hui pour continuer à entretenir le Marais Poitevin. On commence à trouver la viande dans un certain nombre de magasins dont l’Hyper U de l’Aiguillon. On espère qu’il y en aura beaucoup d’autres à l’avenir : les restaurateurs, la boucherie traditionnelle et, pourquoi pas, les cantines dans nos communes. Il faut le faire savoir; c’est le travail de tout le monde de faire connaître la marque. »
Une partie des « lanceurs » de la marque Valeurs Parc Naturel Régional. Photo Gilles Petit
« Une marque qui met en valeur tout ce qui est propre au territoire du Marais Poitevin et en particulier la viande bovine typique d’ici, » ajoute M. Perrier. Valeurs Parc Naturel Régional est une marque nationale attribuée aux produits, savoir-faire et services des professionnels des Parcs naturels régionaux qui s’engagent à porter les trois valeurs fondamentales que sont le territoire, l’environnement et l’humain. En plus de la viande bovine (maraîchine, charolaise, Salers), le PNR propose déjà d’autres produits et services marqués comme le miel, le savon à l’eau de peuplier ou des gîtes et chambres d’hôtes.
Cette première « transhumance
des vaches par bateau » à La Garette
proposait aussi un marché fermier
et un repas local
marqué « Valeurs Parc »
et sans plastique. Photos Gilles PETIT
Cette maraîchine semble très heureuse de retrouver la quiétude du Marais… et ses congénères. Photo Gilles Petit
Selon un des éleveurs présents à La-Garette : « Ce n’est qu’un début ». « C’est un encouragement pour montrer la valeur de notre territoire, » conclut le président du PNR.
Gilles PETIT
Voici la vraie « transhumance » du Marais a rappelé l’ancien M. Albert Chataignier.
Sur cette photo, le Coulonnais (à droite) conduit un 22 pieds avec M. Gilbert Lacroix, un autre Maraîchin bien connu.
Dimanche 12 mai 2019, les communes de Saint-Sauveur d’Aunis, de Ferrières d’Aunis et un collectif d’associations ont organisé la 5ème fête de la Transhumance sur le Marais communal de Saint-Sauveur d’Aunis. Accompagnées d’un millier de marcheurs, de toutes générations, une vingtaine de vaches ont parcouru les 6,3 km qui séparent la zone d’activité commerciale des Beaux-Vallons à Saint-Sauveur d’Aunis du communal. Avec une halte « Bénédiction de la Transhumance » sur la place du village.
La Transhumance de la Vallée du Curé est née à l’initiative principalement des éleveurs de races limousines de Charente-Maritime. Elle est organisée les années impaires. Photo Gilles PETIT
Créée en 2011, par les communes de Nuaillé d’Aunis, du Gué d’Alleré et de Saint-Sauveur d’Aunis, la fête de la Transhumance 2019, organisée par l’association Transhumance de la Vallée du Curé, présidée par Rémy Mouche, s’est déroulée, cette année, sans Le Gué-d’Alleré, faute de bénévoles locaux semble-t-il, mais avec l’arrivée de la commune de Ferrières d’Aunis. Le Curé est le plus court des trois fleuves, avec le Lay et la Sèvre Niortaise, qui se jettent dans la Baie de l’Aiguillon.
« Ce n’est pas véritablement une tradition. En fait, il s’agit d’une animation autour du marais, » explique M. Jean Luc, maire de Saint-Sauveur d’Aunis. « Avant, il y avait la mise à l’herbe avec une arrivée un petit peu échelonnée des troupeaux sur le marais communal. Ici, des organisateurs dynamiques et imaginatifs ont voulu transposer la transhumance des montagnes de France. C’est une très, très belle fête qui met en valeur la vocation d’élevage et la qualité de nos marais communaux. L’élevage est quand même très vivant dans nos plaines céréalières. Ce rassemblement, cette convivialité, sont un aspect économique non négligeable parce que 157 bêtes sur une cinquantaine d’hectares de marais à Saint-Sauveur, constituent une grande richesse. Nous avons des éleveurs qui viennent d’autres communes pour mettre leurs bêtes. C’est important, ça fait chaud au cœur. Beaucoup de monde accompagne cette transhumance, ce qui montre que l’élevage fait partie de l’ADN de notre région. Le marais communal a une vocation en matière d’écoulement des eaux, les eaux y stagnent, elles s’y reposent. On y trouve une végétation importante, la faune, la flore, tout ce qu’il faut pour faire un milieu naturel, une biodiversité comme on dit maintenant. Les vaches vont rester dans le communal jusqu’au mois de décembre. Elles ont de quoi manger. »
Des centaines de marcheurs ont accompagné la 5ème Transhumance de la Vallée du Curé. Photo Gilles PETIT
L’étude réalisée et publiée par Eléonore Charles « Les communaux du Marais Poitevin : géohistoire et construction collective d’un projet global » explique (extrait) :
« Nés entre le Xème et le XIIème siècles lors des premières opérations de dessèchement par les abbayes, les communaux du Marais Poitevin sont, en fait, des terres gagnées sur la mer. Au Moyen-Age, ils avaient une place importante au sein de la société. Les moines et les seigneurs les mettaient à disposition des communautés d’habitants, notamment les plus pauvres, pour y chasser, pêcher, ramasser des champignons et y faire paître les bêtes. Cette propriété commune est ancienne et antérieure à la naissance des communes actuelles (« marais commun » plutôt que « communal »), et résulterait d’une concession aux paroisses de droits territoriaux sur les propriétés des seigneurs ou des abbayes. Au XVIIème siècle, après la deuxième phase de dessèchement du Marais Poitevin, l’arrêt du Parlement de Paris du 30 avril 1654 impose aux Compagnies de « laisser à chaque paroisse un vaste communal à portée et en bon état ». A la Révolution française, les marais communaux deviennent la propriété des communes mais garderont longtemps un statut ambigu : ni privés ni publics, ils sont du domaine commun. Peu modifiés par l’homme, ces espaces n’ont jamais (ou presque) été exploités autrement qu’en pâturage extensif, libre, collectif et plurispécifique (bovins, équins et quelques ovins). »
Le Père Antoine Sagna de la paroisse de Saint-Bernard-en-Aunis . . .
… a procédé à la Bénédiction des animaux sur la place centrale de Saint-Sauveur d’Aunis. Photos Gilles PETIT
« Pas de chevaux sur Saint-Sauveur », signale le maire M. Luc qui informe : « Au XIX° siècle il y avait des chevaux soldats destinés à aller à la guerre, pour acquérir de l’endurance, on les mettait sur le marais communal. Saint-Sauveur a une tradition de cheval, d’élevage de chevaux, toutes les belles demeures de la commune appartenaient à d’anciens marchands de chevaux qui vendaient leurs chevaux élevés dans les marais communaux. Actuellement, dans notre marais, ce sont des bestiaux destinés à l’alimentation des êtres humains. »
Sur le site du marais communal de Saint-Sauveur d’Aunis, de nombreuses animations attendaient les participants dont un marché des producteurs fermiers du marais, des expositions de matériel agricole, de vieux tracteurs, de voitures anciennes, des attelages, . . . ainsi que des jeux adaptés à toutes les générations. En plus du « repas du terroir », le public intéressé a pu assister à un spectacle avec des vachettes landaises.
À 33 ans, le Centre Social et Culturel du Marais renaît après une seconde crise existentielle. Entre des valses à la présidence et à la direction, cette association, qui siège à Coulon (79), repart dans « des conditions de travail saines et motivantes », selon sa nouvelle présidente Estelle Howell.
Le Centre Social et Culturel du Marais siège au bord de Sèvre Niortaise à Coulon.
Né en juillet 1986 dans la continuité de la Maison Pour Tous de Coulon, association pluridisciplinaire, le Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) a ouvert ses portes en 1987 à Coulon. Installé dans une maison ancienne reconstruite par la municipalité coulonnaise sur les bords du fleuve Sèvre Niortaise, le CSCM a développé sur sa zone d’influence (à l’origine sur les douze communes du Marais Mouillé) un ensemble d’actions qui l’ont fait connaître comme une véritable structure de développement social et culturel. Encore aujourd’hui, les locaux, les services permanents et les activités sont toujours ouverts à l’ensemble de la population du Marais, toutes générations confondues. Les actions mises en œuvre chaque année ont concerné, en 2018, environ 500 usagers réguliers dont beaucoup d’enfants et de jeunes, ainsi qu’une vingtaine d’associations.
Avant l’assemblée générale du CSCM, six comédiens de la compagnie Théâtre de la Chaloupe…
… ont offert une déambulation, dans Coulon, dédiée à la vie et à l’oeuvre de Jacques Prévert.
Ces missions d’intérêt général sont conduites avec l’aide de plusieurs partenaires financiers : les communes (essentiellement Coulon et Magné), la Mutualité Sociale Agricole, le Syndicat Intercommunal à Vocation Unique Magné-Coulon pour la petite enfance et la jeunesse, le Conseil départemental des Deux-Sèvres, l’Europe, l’État français, la Communauté d’Agglomération du Niortais et la Caisse d’allocation familiale des Deux-Sèvres. Cette dernière verse annuellement une prestation de service, par contrat quadriennal. Portant ainsi le budget prévisionnel 2019 du CSCM à 525 490 euros.
Depuis sa naissance, le CSCM s’est considérablement développé sous la houlette de plusieurs présidents ou présidentes et directeurs ou directrices. Malgré quelques vicissitudes, il fonctionnait bien jusqu’à l’arrivée, début 1997, d’un nouveau directeur recruté par voie de concours. M. Dany Le-Tohic a alors bouleversé les « habitudes », créé un nouveau dynamisme en activités tant sociales que culturelles et remonté la trésorerie avec les félicitations de tous. Malheureusement, ce changement s’est accompagné de conflits relationnels entre ce directeur et les salariés. Un problème qui s’est propagé à des bénévoles du Centre, à des responsables d’associations, à la Fédération départementale des Centres sociaux et à certains membres du Conseil d’administration. La Fédération départementale des Centres sociaux avait alors pris les rênes de l’association. Elle avait fourni un professionnel pour gérer les dossiers courants, puis suggéré la nomination, en septembre 2001, d’une nouvelle directrice Marie-Noëlle Louis-Bonnin. L’année 2001 restera la première année noire du CSCM.
L’histoire s’est répétée en 2017. La fièvre est de nouveau montée au CSCM entre le personnel et la directrice. En entamant un mouvement de grève soutenu par des bénévoles, les salariés, qui contestaient le management, attendaient du conseil d’administration qu’il prenne ses responsabilités et tienne ses engagements. Des membres de ce conseil, dont la présidente Nicole Bernard, ont alors démissionné.
Madame Stéphanie Kerdoncuff, par ailleurs conseillère municipale de Coulon, a assuré pendant neuf mois l’intérim à la présidence d’un Conseil d’administration (CA) en cours de renouvellement. Le 20 novembre 2017, ce CA a élu sa présidente Madame Estelle Howell. Enfin, le 29 novembre suivant, le Conseil d’administration et la nouvelle présidente ont licencié la directrice. Un nouveau directeur, Mickaël Abbes, a rapidement été engagé. Cependant, le courant est mal passé entre la présidence et la direction. « On n’est pas resté en amour avec le directeur », regrette Estelle Howell. L’arrivée d’un autre nouveau directeur, Anthony Levrault, et d’une nouvelle comptable Nathalie Sauzeau, ont permis « d’apporter au centre des conditions de travail saines et motivantes », selon la présidente.
Mme Estelle Howell, la nouvelle présidente du Centre Social et Culturel du Marais Photo Gilles Petit
Mme Howell : « Nous sommes très heureux de la nouvelle constitution de notre équipe d’animation, de notre organisation administrative et de l’évolution des activités emploi famille et enfance jeunesse. Nous avons une équipe soudée, détendue, volontaire et dynamique. Ceci a été fait avec un grand souci du respect de notre contrat de projet social et des salariés. La mise en lumière des particularités et des compétences de chacun a permis d’atteindre leurs objectifs personnels, ainsi que ceux du Centre. Formations, optimisation des missions, sécurisation des contrats, accompagnement personnalisé ont été mis en place pour s’assurer du respect des attentes de tous. » Enfin, s’adressant aux adhérents présents à l’assemblée générale du CSCM, qui s’est tenue le 11 avril 2019, la présidente a terminé son rapport moral ainsi : « C’est vous qui portez les projets et on vous accompagne. C’est quelque chose qui nous tient vraiment à cœur. »
Quant aux représentants des municipalités, Mme Anne-Sophie Guichet, 1ère adjointe au maire de Coulon a expliqué : « On a été présents dans les bons moments, dans les moins bons, et là dans des moments beaucoup plus sereins. Avec Anthony, on vit les choses beaucoup plus sereinement. » Le maire de Magné, M. Gérard Laborderie a constaté : « L’an dernier, c’était l’assemblée générale de la renaissance après une période de turbulences qui nous avait passablement inquiétés. Mais une nouvelle équipe était en train de se mettre en place. Une équipe renouvelée, dirigée, semble-t-il, de main de maître par Anthony. Des activités ont lieu aussi sur Magné, c’est vrai que nous avons des salles à disposition. »
M. Anthony Levrault, nouveau directeur du CSCM. Photo Gilles Petit
Le directeur Anthony Levrault a dressé un rapide rapport d’activité 2018 du CSCM. Il a notamment présenté Mme Amandine Fleur, encore une nouvelle venue depuis novembre 2018, chargée du secteur enfance-jeunesse. Amandine Fleur a expliqué : « de janvier à juin 2018, en enfance, les Temps d’Activités périscolaires (TAPS) existaient sur Coulon et, depuis septembre, Coulon est passé à la semaine d’école de quatre jours, sans les TAPS. Donc, avec l’équipe nous avons fait le choix de monter des opérations sur le temps périscolaire chaque jour le matin ou le soir et les mercredis. » En fait, les enfants coulonnais n’ayant plus école le mercredi matin depuis la rentrée scolaire 2018-2019, un accueil de loisirs a été mis en place le mercredi dès le matin. Leurs camarades de Magné dont les écoles ont conservé la semaine de cinq jours, les rejoignent l’après-midi après le déjeuner.
Parmi les nombreux ateliers culturels ou sportifs, le secteur jeunesse du CSCM a connu une baisse d’activité. L’équipe d’animateurs aimerait renouer le dialogue avec les parents et les jeunes afin de proposer un espace dédié. Ils voudraient permettre aux jeunes de se retrouver dans un lieu d’échanges, d’écoute, de rencontre, de détente et contribuer à développer leur citoyenneté. Mais aussi, impliquer les jeunes dans la construction de leurs temps de loisirs avec l’aide des animateurs.
Importante assistance à l’assemblée générale du CSCM le 11 avril 2019. Photo Gilles Petit
« Ce qui nous rend fiers, aujourd’hui, conclut la présidente Estelle Howell, c’est que le Centre a à nouveau ouvert non seulement ses portes, mais aussi son cœur et ses oreilles pour écouter la parole des habitants et répondre à leurs attentes. »
Gilles PETIT
Centre Social et Culturel du Marais, 3 place de la Coutume 79510 Coulon – Tél : 05 49 35 99 90 – Courriel : contact.lemarais@csc79.org – Site lemarais.csc79.org
A propos de « son » Marais, René Mathé disait à qui voulait l’entendre : « le travail laborieux de l’homme, c’est les pyramides ! Le Marais chez nous est un milieu construit, bâti et il faut toujours, toujours, le travailler, l’entretenir, le sauvegarder ! » René Mathé, ancien maire de Saint-Georges-de-Rex, est parti le 1er février 2019, à l’âge de 72 ans. Sans aucun doute, il continuera à veiller sur cette cathédrale de verdure qu’est le Marais Mouillé du Marais Poitevin.
A Coulon, le 15 juin 2014, l’ancien maire de Saint-Georges-de-Rex, René Mathé participait à la remise au Syndicat mixte du label Parc Naturel Régional, par la ministre Ségolène Royal. Photo PNRMP
Mardi 5 février 2019, 10h30, le centre du village de Saint-Georges-de-Rex est fermé à toute circulation automobile. Dans un grand silence, des dizaines de personnes convergent vers le parvis de l’église. Une église trop petite pour accueillir tout ce monde venu de l’ensemble du Marais Poitevin et de la couronne niortaise, dont beaucoup de responsables politiques et d’anciens élus. D’ailleurs, la municipalité locale avait prévu cette affluence en installant un tivoli ouvert, équipé d’une sonorisation permettant de participer à la cérémonie.
Au micro, Clément, l’un des trois enfants du couple René et Jeannick Mathé, a retracé la « carrière » de son père : « Une sensibilité pour ton prochain aura été l’un des moteurs de ton engagement pour ta communauté. Je pense que les Rexois peuvent en témoigner : cinq mandats, 31 ans à la mairie et des réélections à plus de 80% aux premiers tours. » Parallèlement, René Mathé compte 35 ans d’activité au sein du Syndicat mixte du Parc, d’abord Interrégional, puis Naturel Régional, du Marais Poitevin, en charge de l’architecture et de l’urbanisme. Sans oublier son poste de secrétaire au Syndicat intercommunal à vocation unique des Grands Travaux du Marais Poitevin, dont il fut l’un des artisans avec la présidente Mme Ségolène Royal. Des Grands Travaux lancés, le 4 février 1992, par M. François Mitterrand, alors président de la République française.
Clément poursuit : « Nous nous retrouvons donc à Saint-Georges-de-Rex, ce petit village du Marais Poitevin, à quelques kilomètres d’Irleau où tu as vu le jour le vendredi 5 avril 1946 et où, surprise pour la famille Mathé, vous êtes arrivés à deux, Jacques et René. Des jumeaux rejoignant leurs parents Roger et Madeleine et le frère aîné André. »
En mai 1994, René Mathé, alors maire depuis 11 ans, constatait que les projets de Saint-Georges-de-Rex prenaient déjà forme grâce à l’adhésion de sa commune à la Communauté d’Agglomération de Niort. Photo C.O.
Dans un film vidéo, diffusé sur Internet (Dailymotion), René Mathé raconte « je suis né dans le Marais , toute ma famille maternelle et paternelle est liée à ce territoire. J’ai même eu un arrière-grand-père qui a été maire de la commune d’à côté et ma famille était liée aussi à une production du bois, les bois du Marais, les usines de scierie, le contreplaqué que, moi étant enfant, j’ai pratiqué, y compris sur le terrain avec l’exploitation du bois, les chantiers, les abatteurs, donc je suis vraiment un enfant du pays. »
Cependant, René Mathé n’a pas travaillé dans l’entreprise familiale. Selon son fils, « malgré des études loin de nos conches, frênes têtards et peupliers, malgré les voyages pour découvrir culture et patrimoine aux quatre coins du monde, le soixante-huitard revient s’installer avec sa belle dans le Marais. » Puis, en 1980, il se marie avec Jeannick, une Bretonne qui lui donne Clément, Capucine et Vivien.
Clément enchaîne : « Vient alors le temps du Parc Naturel Régional et des engagements locaux, politique, associatif et militant. [Il] va avancer et combattre avec des valeurs chevillées au cœur et au corps : patrimoine, histoire, écologie, humanité, cherchant le compromis pour ne léser personne, malgré [ses] convictions parfois très tranchées. »
René Mathé : « Ce n’est pas la fin du monde, juste une page qui se tourne et chacun continuera d’écrire et prolongera son histoire dans le grand ouvrage de la vie. »
Qui du tourisme ou du Marais était le premier ? Le tourisme doit son développement au Marais, le Marais ne doit rien au tourisme. Si les bateaux des touristes circulent dans la Venise Verte, c’est grâce au Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres qui entretient les conches. Sans aucune participation financière des professionnels du tourisme locaux.
« Je veux préciser, n’en déplaise à certains, que toutes ces réalisations : élagage, curage, enlèvement des embâcles et bouchons de vase, profitent presque exclusivement au tourisme et à la batellerie. » En peu de mots, le président du Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres (SMM79), Bernard Riffault a dénoncé « un hold-up sur le Marais », lors de la dernière assemblée générale de cette structure.
Les trois Syndicats des Marais Mouillés de l’ensemble du Marais Poitevin jouent un rôle essentiel dans l’écosystème des zones humides. Photo document Gilles PETIT
Le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres
Le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres est un établissement public fonctionnant, depuis juillet 1987, sous le statut d’Association Syndicale Autorisée (ASA). Créé le 24 août 1833 par ordonnance du roi Louis-Philippe autorisant la création de trois syndicats départementaux (Deux-Sèvres, Vendée et Charente-Maritime), le syndicat a pour vocation l’entretien des ouvrages hydrauliques d’intérêt collectif (canaux, écluses). Le SMM79 gère le domaine fluvial du réseau secondaire des Deux-Sèvres, c’est à dire les voies d’eau lui appartenant, celles des communes, des fossés importants de particuliers non inclus dans le réseau principal et quelques fossés de séparation et de communication déclarés d’intérêt collectif. Ses adhérents sont tous propriétaires de parcelles de marais, lesquels paient obligatoirement chaque année une taxe destinée à l’entretien et la gestion du Marais. Ces propriétaires sont représentés au conseil d’administration de l’ASA par deux syndics par secteur (*). Par ailleurs, le 4 décembre 1930, un décret a encouragé le regroupement des trois syndicats avec celui de la Jeune Autize au sein de l’Union des Syndicats des Marais Mouillés du Marais Poitevin, ceci afin d’harmoniser les programmes d’intérêt collectif.
Dans ses propos, M. Riffault évoque particulièrement l’entretien des conches dans cette zone de la Venise Verte. Des voies d’eau parcourues par des milliers de touristes à bord de centaines de bateaux au départ de Coulon, La-Repentie de Magné ou La-Garette.
Devant de nombreux propriétaires, M. Riffault a ainsi terminé ses longs rapports moral et d’activité : « Maintenant je souhaite aborder un dossier simple pour beaucoup d’entre nous mais très compliqué par la volonté de certains qui ne connaissent pas le Marais, qui ne comprennent rien au fonctionnement du Marais, qui malheureusement attendent encore que ce soit l’autre qui leur permettra de réaliser leur chiffre d’affaires. Ceux-là, dans leur comportement le plus égoïste, pensent encore et toujours que les propriétaires de marais doivent assurer seuls l’entretien de celui-ci, mais que ce dit marais doit bénéficier au plus grand nombre. Je vais répéter ce que j’ai déjà dit de nombreuses fois. Si le marais bénéficie de l’apport d’une nouvelle économie, c’est tant mieux. Mais il ne faut pas oublier que ce fonds de commerce, si cher à tous, nécessite beaucoup d’entretien comme toutes les zones humides. Cet entretien ne peut pas être laissé entièrement à la charge des propriétaires. »
Le syndicat a effectué un sondage-enquête auprès de ses adhérents/propriétaires. « Environ un millier ont répondu par écrit signé de leur main », assure le président. Il en ressort que « la batellerie, grosse utilisatrice des conches, ainsi que le tourisme en général doivent participer à l’entretien de cette zone humide dont tout le monde parle sans faire aucun effort dans cette direction. » Ont suivi des délibérations prises par le conseil syndical, lesquelles ont été « approuvées par l’autorité de tutelle, sans modification, sans remises en cause quelles qu’elles soient. » A savoir, mettre en place auprès des communes membres de l’association syndicale (le syndicat ne peut pas taxer une entreprise, la loi le lui interdit) des taxes votées et prévues dans les délibérations et d’établir les titres de recettes s’y rapportant.
Les conches du Marais Mouillé doivent être régulièrement entretenues. L’image n’en sera que plus belle. Photo Gilles PETIT
M. Riffault souligne : « Si nous avons fait passer la taxe par le biais des communes c’est que les communes sont aussi des propriétaires donc des membres du syndicat et ces communes représentent quand même l’activité économique de leur territoire. Quand les gens viennent dans le Marais ça ne profite pas qu’aux bateliers, ça profite également à l’hôtellerie, aux boulangers, aux marchands de cartes postales, et ainsi de suite. Nous avons adressé cette demande aux communes du fait de leur positionnement. »
« Dans un souci de courtoisie, le 23 janvier 2018, nous avons écrit aux maires des communes concernées Coulon, Magné, Sansais – La-Garette, Le Vanneau – Irleau, Arçais, et Saint-Hilaire-la-Palud, que nous allions émettre les titres se rapportant aux décisions prises et qu’ils allaient les recevoir prochainement. Notre lettre n’a jamais reçu de réponse de qui que ce soit, nous n’avons jamais reçu un coup de téléphone, jamais reçu de courriers. Les maires ont reçu la lettre mais ils n’ont rien dit. Forts de cette situation, nous avions déduit que nous pouvions adresser nos titres. » Avec l’approbation de Madame le préfet des Deux-Sèvres, les titres ont été émis par la Trésorerie.
« Même la maison bleue qu’on dit toujours à Coulon, est sur la commune de Sansais – La-Garette » a rappelé M. Riffault Photo Gilles PETIT
« S’en suivit une rébellion », déplore M. Riffault, « sauf de la commune du Vanneau- Irleau qui a honoré aussitôt la taxe demandée. Cette rébellion conduite par le maire de Coulon, commune qui a la plus forte concentration batelière et qui se dit la capitale du Marais, avec pour seul territoire à montrer aux touristes qui viennent dans le Marais, la Sèvre Niortaise [fleuve du domaine public, NDLR]. Lorsqu’un bateau quitte le port de Coulon, après avoir traversé la Sèvre Niortaise, il se trouve sur les communes de Magné et de Sansais – La-Garette, ainsi que sur le territoire principal entretenu par le Syndicat. Un autre détail, Coulon bénéficie de beaucoup d’avantages, même la maison bleue qu’on dit toujours à Coulon, est sur la commune de Sansais – La-Garette. Enfin, les communes énoncées font régler aux entreprises batelières des taxes sans assurer, ni participer à de quelconques travaux dans le Marais. Pour l’occupation du domaine public fluvial, notamment dans les ports, elles reversent une quotte part à l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise, par contre pas un centime au Syndicat. »
Une contribution des communes
La Venise Verte en hiver Photo Gilles PETITLa Venise Verte en été Photo Gilles PETIT
Le SMM79 demande aux communes de verser, à l’année, 60 € par bateau et 40 € par canoë destinés aux promenades touristiques payantes. Il est donc réclamé, compte tenu du nombre d’embarcations : Arçais, 3 960 € ; Sansais, 3 240 € ; Saint-Hilaire-La-Palud, 2 580 € ; Le Vanneau-Irleau, 300 € ; Magné, 3 900 € ; et Coulon, 8 800 €. Le Marais Mouillé des Deux-Sèvres compte douze embarcadères ou loueurs de canoës.
Cependant, on notera que des communes participent aux travaux prévus par le Syndicat sur leur territoire, dans le cadre d’un Contrat Territorial Milieux Aquatiques (CTMA). C’est notamment le cas de Saint-Hilaire-la-Palud qui, sur son budget 2017, a prélevé 10 000 € afin d’aider aux travaux d’élagage, de désencombrement et de curage de biefs et conches sur son territoire, pour un coût global de 62 160 € TTC, le reste étant pris en charge à hauteur de 22 000 € par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, 9 500 € par le Conseil départemental des Deux-Sèvres et 20 660 € par le Syndicat des Marais Mouillés des Deux-Sèvres.
L’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise
Traversant ici Magné, le fleuve appartenant au domaine public est géré par l’Institut Interdépartemental du Bassin de la Sèvre Niortaise. Photo Gilles PETIT
L’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSN) est un organisme missionné par l’État, propriétaire des voies d’eau principales du réseau national. Depuis le 1er janvier 2015, l’IIBSN gère le domaine public fluvial de l’ensemble du Marais Poitevin. Depuis de nombreuses années, des communes étaient signataires avec l’État d’une convention qui les autorisaient à utiliser le domaine public de l’État, leur permettant d’accorder des autorisations d’exploitation aux entreprises de batellerie installées dans leur port. L’IIBSN a donc repris ce principe de convention, d’une durée de six ans, qui stipule que la signature est assortie du versement à l’État d’une redevance annuelle calculée en fonction de la longueur de berges, et du nombre de barques et de canoës à usage commercial.
Dans la Venise Verte, à notre connaissance, trois municipalités ont conclu un tel accord. Sansais – La-Garette pour son port communal donnant sur « Le Sevreau » ; Arçais, pour son port situé sur le Bief de La Garenne ; et Coulon pour 535 mètres de berge de la Sèvre Niortaise.
A Coulon, les berges de la rive droite de la Sèvre Niortaise sont du domaine public. Concédées à la municipalité, elles rassemblent la plus grosse flotte touristique de la Venise Verte. Photo Gilles PETIT
Prenons l’exemple de Coulon. La convention avec l’IIBSN court jusqu’au 31 décembre 2020. Sur la rive droite du fleuve, le linéaire concédé est de 535 mètres pour trois sections : 447 mètres du pont de la route départementale n°1, à la rue du Port-aux-Moules ; 35 mètres de la rue du Port-aux-Moules à l’embarcadère « La Trigale » ; et, plus en aval, 53 mètres longeant la rue Elise-Lucas, face à l’immeuble du même nom. Le nombre d’embarcations professionnelles enregistrées est de 136 bateaux et 8 canoës. La redevance annuelle est de 0,70 € par mètre linéaire, plus 119,00 € par barque et 85,00 € par canoë. Cette redevance est revalorisée chaque année en fonction de l’indice INSEE. Pour 2019, le conseil municipal coulonnais du 20 décembre 2018 a fixé ses propres redevances à percevoir par la batellerie locale : 215,00 € par barque et 103,00 € par canoë. A ces tarifs s’ajoute les nouvelles billetteries à chaque embarcadère professionnel. Ces cabanons, imposés par la municipalité, font l’objet de conventions datées du 1er mars 2017 pour une durée de trois ans, soit jusqu’au 29 février 2020, renouvelables par tacite reconduction par période de trois ans. En contrepartie , les entreprises s’engagent à verser à la commune une redevance dont le tarif est fixé à 15,00 € par m² et par mois, soit pour l’embarcadère « La Pigouille », 1 099,80 € par an ; « La Roselière », 469,80 € par an ; Prada », 1 452,60 € par an ; et « La Trigale », 480,60 € par an. Un simple calcul chiffre le montant des taxes et concessions encaissées par cette commune.
La taxe de séjour
« Il y a aussi la participation des organismes de tourisme par le biais de la taxe de séjour », poursuit M. Bernard Riffault. « Là on m’a dit c’est ‘niet’. Je demande un rendez-vous au président de la Communauté d’Agglomération du Niortais [CAN] puisque toutes les discussions que j’ai pu avoir avec le président de l’Office de tourisme de la CAN [M. Michel Simon, également maire de Coulon et vice-président de la CAN en charge du tourisme NDLR] ont toujours été stériles. Des conches très envasées où circulent tous les bateaux, avec ou sans guide, ont été curées, même hors programme CTMA, aux frais exclusifs du Syndicat pour aider au développement touristique. Le syndicat est ouvert à toute rencontre, à toute discussion, à toute proposition, à condition que ce soit dans l’intérêt du Marais, dans l’intérêt général et ce en dehors de toute langue de bois et tout intérêt particulier. »
490 000 touristes sont accueillis chaque année sur le secteur Grand Site de France ou « Marais mouillés », selon des données datant de 2013, hors clientèle d’affaires. La taxe de séjour a collecté près de 290 000 € en 2017. En Deux-Sèvres, selon une récente évaluation (fin 2016) de l’Agence Départementale du Tourisme des Deux-Sèvres, le chiffre d’affaires lié à l’activité touristique a été estimé à 205 340 980 € HT pour l’ensemble du département. Pour la CAN, il est estimé à 75 158 280 € HT soit 35% du chiffre d’affaires départemental. Ayant la compétence tourisme, la CAN percevait la taxe de séjour depuis le 1er janvier 2010 auprès des hébergeurs touristiques, intégralement reversée à l’Office de tourisme communautaire. Depuis le 1er octobre 2018, la CAN a confié la gestion administrative, l’application et la perception de cette taxe à l’Office de tourisme communautaire Niort Marais Poitevin-Vallée de la Sèvre.
Selon l’édition datée de mai 2018 du Guide pratique sur les taxes de séjour, la taxe est affectée aux dépenses destinées à favoriser la fréquentation touristique de la commune, ou du groupement, ou aux dépenses relatives à des actions de protection et de gestion des espaces naturels à des fins touristiques. La taxe de séjour est une recette imputée en section de fonctionnement du budget de la collectivité ou du groupement. Les dépenses imputées sur le produit collecté doivent permettre à la collectivité ou au groupement d’être en capacité de justifier qu’elles sont de nature à favoriser la fréquentation touristique (par exemple, des dépenses couvrant des travaux d’amélioration qualitative de l’espace public, des dépenses liées à la politique de communication, à la politique culturelle, sportive de la commune ou du groupement etc.). Ce sont des dépenses qui agissent sur l’attractivité du territoire concerné ou la politique de préservation environnementale.
Sans entretien, les fossés et les conches des zones humides se comblent rapidement. Photo Gilles PETIT
« S’ils souhaitent que l’économie touristique maintienne encore une petite activité, que ce territoire puisse se développer et garantir une vie à nos enfants, il est nécessaire que l’ensemble des collectivités concernées participent à l’entretien d’un réseau hydraulique de plus en plus fréquenté », conclut M. Bernard Riffault.
(*) Composition des syndics du Syndicat des Marais mouillés 79. Amuré – Saint Georges-de-Rex : Jacques Gelot et Bernard Regnier ; Arçais : Philippe Leyssenne et Sébastien Rambaud ; Bessines – Frontenay-Rohan-Rohan : Alain Robin et M. Gelin ; Prin-Deyrançon – Le-Bourdet : Christophe Morin et Cyril Bourreau ; Coulon – Magné – Niort : Manuel Mercier et Olivier Brunet ; Saint-Hilaire-la-Palud inférieur et supérieur : Serge Audebrand et Joël Longeau, Jannick Durand et Laurent Morin ; Sansais – La-Garette : Bernard Riffault et Nicolas Bouricaud ; Le-Vanneau – Irleau : Jean-Marc Renou et Jean-Dominique Roux.
J’acceptais le passage des 12 tonnes maxi depuis 1998, puis des 3,5 tonnes depuis un an, et maintenant des 16 tonnes ; construit en 1931 à une seule voie, ma bande de roulement est de 3 mètres de large, qu’on a réduit à 2 mètres par sécurité, et maintenant retour à 3 mètres ; je supporte 1.200 véhicules par jour, dont une cinquantaine de poids lourds ; pour moi, ils ont dépensé 650.000 € en reconsolidation contre 4 M€ pour un ouvrage neuf ; j’ai subi deux périodes de fermeture complète, vingt jours en novembre 2017, puis trois mois du 24 septembre 2018 au 19 décembre 2018 ; âgé de 87 ans, on me franchit désormais à la vitesse limite de 30 km/heure ; je suis « le Pont des Révérences » à Irleau (Deux-Sèvres).
Construit entièrement en béton armé, le « Pont des révérences » relie les communes de Coulon et Le-Vanneau – Irleau, au dessus de la Sèvre Niortaise.
Avec un tablier en béton armé qui s’affaisse, des piliers-assises qui s’effritent, un ferraillage en partie mis à nu, le « Pont des Révérences » était devenu le « pont de la discorde ». On se souviendra longtemps de la pétition aux mille signatures, suivie d’une manifestation historique organisée par des Maraîchins le samedi 23 juin 2018 (lire notre article : MARAIS POITEVIN des Deux-Sèvres : une manifestation au chevet du pont d’Irleau https://wp.me/p61nmR-1zQ).
Habitants, agriculteurs, élus locaux, acteurs du tourisme. . . dénonçaient alors la position du Conseil départemental des Deux-Sèvres, propriétaire de l’ouvrage, à savoir, réduire le tonnage des véhicules en garantissant cette mesure de sécurité par un rétrécissement de la chaussée. Ceci dans l’attente de travaux de consolidation. Le Conseil avait alors lancé trois séries de travaux. D’abord, sur des appuis qui risquaient de lâcher, une première phase achevée en avril dernier. Les deux autres phases se sont enchaînées, cet automne, sur le tablier du pont, au niveau des soubassements qui portent l’ouvrage aux extrémités, puis sur les garde-corps fatigués. Le rafraîchissement de la chaussée a terminé le travail de sauvegarde avec, en prime, la réfection de la route départementale 123 d’accès de part et d’autre du pont.
Ca ne se voit pas comme ça, mais le pont a bénéficié de sévères travaux de réhabilitation. Il parait tout neuf.
Désormais, des capteurs détectent les fléchissements du tablier du pont.
Même avec un tonnage désormais limité à 16 tonnes, contre 12,5 tonnes avant la découverte de ses faiblesses, le pont d’Irleau peut, de nouveau, garantir un franchissement du fleuve Sèvre Niortaise en toute sécurité. Néanmoins, le respect de la nouvelle réglementation pourra être contrôlé par un système qui s’appuie sur les appareils de mesure de déformation du pont, déjà installés. Si nécessaire, reliées aux capteurs, des caméras pourront flasher les véhicules contrevenants pesant plus de 16 tonnes.
Les activités économiques et touristiques de la Venise Verte vont pouvoir reprendre. Ces importants travaux prolongent la durée de vie du pont d’Irleau jusqu’à ce qu’il tire sa révérence, le plus tard possible.