Commune de Coulon (79)

COULON (79) : Anne-Sophie Guichet : « maire de Coulon, c’est pas possible, pas moi et puis voilà »

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A Coulon, une commune deux-sévrienne située dans le Marais Poitevin, la population s’est choisi une nouvelle équipe municipale dirigée par Mme Anne-Sophie Guichet. La tête de la liste, sans étiquette, « Ensemble, construisons l’avenir », seule en lice élue dès le premier tour des dernières élections, « recherche un système de plateforme participative, quelque chose qui pourrait créer du lien permanent avec la population, laquelle pourrait interagir, poser des questions . . . »

Mme Anne-Sophie Guichet, maire de Coulon 79) Photo Gilles PETIT

Selon Mme Anne-Sophie Guichet, première adjointe au maire de la municipalité précédente : « Coulon est une magnifique commune du Marais Poitevin. Coulon est une commune touristique qui est un peu un dortoir du pays niortais. Sa population [2318 habitants au 1er janvier 2020 NDLR] évolue avec beaucoup de jeunes qui viennent s’installer. C’est intéressant puisque ça nous permet de faire vivre nos écoles, ce qui est hyper important, comme faire vivre un peu nos commerces. » « La population a bien rajeuni, » constate la maire, « c’est le résultat de la politique du développement de lotissements, et d’autres opérations » menées par les municipalités précédentes.

En effet, le dernier recensement effectué par l‘Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) démontre qu’après une période de stagnation entre les années 1920 et 1970, la commune a amorcé une progression constante, ce qui lui vaut sans aucun doute aujourd’hui d’être classée non plus « commune rurale », mais plutôt « commune péri-urbaine ». Coulon a gagné plus de 300 habitants depuis 1999 et plus de 850 habitants depuis 1968.

 

Pourquoi avoir brigué le poste de maire à Coulon ?

Anne-Sophie Guichet : « La nouvelle maire est arrivée là parce qu’à un moment donné elle a été sollicitée par des personnes qui ont souhaité, voilà quelques années, qu’elle intègre l’équipe municipale. J’ai commencé à être impliquée dans la vie de la commune quand mes enfants sont allés à l’école. Avant, ce qui se passait sur Coulon, je le vivais, mais je n’étais pas forcément impliquée dans la commune. Puis il y a eu l’association des parents d’élèves, je me suis impliquée, je me suis prise au jeu et tout ça a fait que je me suis rendu compte que je vivais dans une belle commune. Que cette commune avait besoin de personnes pour vivre sa dynamique. Et puis, ça s’est fait naturellement. Je pense que j’ai des prédispositions. J’ai dans ma famille des parents qui ont toujours été impliqués dans des associations, qui ont toujours été bénévoles. C’est un état d’esprit. De plus, mon papa est aussi dans un conseil municipal. J’ai été élevée dans cette dynamique et j’en suis ravie. Je pense que mes enfants vont avoir aussi cet héritage. C’est hyper important et c’est riche. Si quelques années en arrière on m’avait dit « tu seras maire de Coulon », j’aurais dit non c’est pas possible, pas moi et puis voilà. Cette envie et ce besoin de faire avancer les choses toujours dans l’intérêt général. Je me suis piquée au jeu, si l’on peut dire. C’est ce qui m’a motivée et fait que j’ai accepté de prendre cette responsabilité, en me disant que finalement j’ai tout aussi ma place que n’importe quelle autre personne. »

Anne-Sophie Guichet poursuit : « Il ne faut pas s’attendre à avoir des félicitations sinon on va finir par être malheureux. J’en suis consciente. J’ai fait un abandon partiel de la vie familiale, mais aussi de la vie professionnelle, puisque je suis jeune (47 ans), je ne suis pas encore à la retraite et j’ai une activité professionnelle mise entre parenthèses, pas complètement. Mais je le fais parce que j’y trouve aussi un intérêt collectif. Je me dis : mince, Coulon est une belle commune, il y a plein de belles choses à faire. Je suis entourée d’une bonne équipe. Je ne serais pas partie sans une bonne équipe. J’ai mis du temps à franchir le pas, maintenant qu’il est franchi je ne regrette pas. Je sais qu’on a une lourde charge et qu’on a beaucoup de travail. J’en suis convaincue. Et qu’on a pris du retard notamment avec la pandémie. On ne va pas faire un mandat de six ans, on va faire un mandat de cinq ans et demi parce que là, on n’a pris des fonctions qu’au mois de mai. Les choses se font de moins en moins facilement, par des contraintes de budgets, des contraintes administratives. L’enjeu pour notre équipe est d’apporter du sens en permanence à ce que l’on fait ou que l’on ne fait pas. Et quand on ne le fait pas, expliquer pourquoi c’est retardé. C’est hyper important et ça passera par la communication. On doit encore discuter, échanger, voir comment on va mettre en place. J’en suis convaincu, si on explique les choses, si l’on dit pourquoi on a fait comme ça et pas autrement. Faut être transparent, c’est la transparence qui permettra aux gens de comprendre. »

 

L’équipe municipale, quésaco

Les nouveaux conseillers municipaux coulonnais (photo DR extraite de la profession de foi de la liste candidate)

Anne-Sophie Guichet : « L’équipe est formée de personnes résidant un peu partout sur le territoire pour qu’il y ait une représentation logique ; qu’on ait tous les âges ; de plusieurs catégories socio-professionnelles ; d’activités différentes ; aussi des personnes issues d’associations qui ont un souci d’intérêt collectif, de bien vivre ensemble, de partage. Les compétences ont aussi joué un rôle, » notamment en matière de sécurité, communication interne, externe, tourisme, . . . « Il faudra être vigilant, c’est pourquoi [la maire] a souhaité un poste d’adjoint en moins pour avoir plus de conseillers délégués de manière à impliquer davantage de personnes. » Le conseil municipal compte aujourd’hui quatre adjoints (1er, M.Dominique Giret ; 2ème, Mme Marie Le Chapelain ; 3ème, M. Fabrice Berjonneau ; 4ème, Mme Isabelle Héhunstre) et cinq délégués (Madame Angélique Dumoulin et Messieurs François Sabourin, Julien Guibert, Patrick Cartier et Pascal Morin).

 

Les relations publiques ?!

En terme de fonctionnement, Mme Guichet souhaite avoir « très souvent des moments de partage et d’échange. Que ce ne soit pas uniquement les adjoints qui se réunissent, que tout le monde ait le même niveau d’informations. C’est important. Il y aura des réunions publiques sur des sujets spécifiques (grands projets. . .). Pour moi, c’est une obligation de communiquer, de donner du sens et d’expliquer. On recherche un système de plateforme participative, quelque chose qui pourrait créer du lien permanent avec la population et qu’on puisse interagir, poser des questions, pour faire des sortes de sondages. . . Il faut qu’on avance tranquillement, il ne faut pas se précipiter, il ne faut pas se tromper. Nous avons plein d’idées. On voudrait faire des points de temps en temps en différents endroits de la commune. Nous avons institué le quart d’heure citoyen [en fin de réunions du conseil municipal] : on essaie, on met en place, si ça fonctionne tant mieux, si ça ne fonctionne pas, on voit si on peut améliorer ou changer quelque chose. Des questions d’intérêt collectif uniquement. » « Je me réserverais le droit de ne pas répondre en proposant une prise de rendez-vous pour les questions personnelles », précise la maire qui « envisage d’être présente en mairie tous les mercredis sans rendez-vous et de le faire savoir aux Coulonnais ». Cependant, il faut laisser au conseil municipal jusqu’à la fin de l’année pour prendre ses marques.

 

Des projets ?!

M. Pierre Rousseau, ancien maire de Coulon Photo Gilles PETIT

L’ombre de M. Pierre Rousseau, l’ancien maire de Coulon de 1989 à 1998 qui a remodelé en profondeur le bourg de Coulon, a plané lors de l’évocation des grands projets de cette nouvelle mandature. En effet, tous ces projets remontent à l’ère Pierre-Rousseau. Par exemple, la construction d’une salle polyvalente qui revient périodiquement, pourrait voir le jour sur la commune dans le secteur de l’Autremont. « Un autre projet qui me tient à cœur, » annonce Mme Guichet. C’est la résidence seniors envisagée dans l’ancienne Maison Familiale Rurale, rue Elise-Lucas. « Pour [la maire], ce serait un beau projet pour la commune qui permettrait à nos aînés qui le veulent de rester à Coulon, voire de bénéficier d’une structure adaptée. »

Le Centre Social et Culturel du Marais, à gauche, le musée du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, à droite. Photo Gilles Petit

Enfin, M. Pierre Rousseau répétait à qui voulait l’entendre : « une commune s’enrichit quand elle possède et crée un patrimoine immobilier ». Outre la maison Elise-Lucas, citée plus haut, le groupe école-salle des fêtes, l’église et le bâtiment de la mairie actuelle, les Coulonnais possèdent la maison de la Coutume et sa voisine l’ancienne auberge. Le premier bâtiment est loué au Parc Naturel Régional du Marais Poitevin pour l’aménagement de son musée « Maison du Marais Poitevin ». Le second héberge le Centre Social et Culturel du Marais (CSCM), une structure intercommunale Coulon-Magné. Ces deux bâtiments font l’objet d’une offre d’achat par le Conseil départemental des Deux-Sèvres. Sur proposition de son maire, le Conseil municipal précédent s’est dit favorable à cette initiative. Les nouveaux élus n’y sont pas opposés. Mme Anne-Sophie Guichet explique : « Avec l’agent d’assurance, nous avons fait le tour des bâtiments communaux. » L’agent estime que Coulon est la commune qui possède le plus de patrimoine lequel n’est pas toujours en très bon état. « Le souci est là, » estime la maire. « Plus il y a de patrimoine, plus ça demande d’entretien et donc d’argent. Et aujourd’hui, les finances de la commune ont tant de choses à faire. Le bâtiment du Centre social n’est plus aux normes et on sera incapable de supporter la charge de travaux. On a beaucoup réfléchi à la question. Ce qui a fait pencher la balance, c’est que ces bâtiments vont rester publics, ouverts à tous sur la commune. Effectivement, on perd la propriété, mais on ne vend pas à un privé qui va tout fermer. Cet argent va permettre de développer autre chose pour les Coulonnais. Il y aura repositionnement du CSCM. Ce centre social est une richesse sur la commune. Il faut voir tout ce que ça nous rapportera. Nous expliquerons aux Coulonnais. La nouvelle équipe n’a rien décidé, il faut qu’on travaille, qu’on fasse des groupes de travail. Qu’on associe la population. Faire une commission. L’ancienne équipe avait des idées pas forcément mauvaises, la nouvelle équipe a des idées qui ne sont pas forcément les mêmes alors il faut qu’on arrive à mixer tout ça et sortir les meilleures. »

 

En tous cas, rappelons que, dans l’immédiat, les élus comptent développer la communication. Ils vont refondre le site internet local et relancer l’édition d’un bulletin municipal, un magazine distribué en plus de l’agenda annuel, ce-dernier étant, semble-t-il, apprécié car « les gens l’attendent avec beaucoup d’impatience ».

Gilles Petit

COULON (79) : L’Epicerie d’Isa, la nouvelle supérette COOP

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« Que les Coulonnais prennent le temps de découvrir le magasin. J’aimerais qu’ils oublient l’ancien. Qu’ils viennent rencontrer la nouvelle propriétaire », tel est le souhait de Madame Isabelle Montillaud. Nouvelle venue dans la Venise Verte, la commerçante vient d’ouvrir L’Epicerie d’Isa, reprenant ainsi la supérette Coop installée depuis 1932, 10 rue du Marais à Coulon (Deux-Sèvres).

Le magasin COOP devient L’Epicerie d’Isa de Coulon. Photo Gilles PETIT

Géré depuis le 3 mai 2017 par Mme Alexandra Gobin-Flandrois et M. Thierry Albert, au sein de la SARL ALEXTHINO, le magasin Coop de Coulon a fermé juridiquement le 1er mai 2020 au terme de la location-gérance de trois années donnée par la société Coop Atlantique. Un contrat renouvelable d’année en année par tacite reconduction, sauf dénonciation. Dès la dissolution et la clôture décidées lors des assemblées générales extraordinaires des 10 janvier 2020 et 23 avril 2020 de la SARL ALEXTHINO, Madame Isabelle Montillaud a saisi l’opportunité de (re)venir aux origines de sa famille : le village de Coulon.

Mme Isabelle Montillaud, nouvelle gérante de l’enseigne COOP de Coulon. Photo Gilles PETIT

Née à Paris, Mme Isabelle Montillaud a grandi en région parisienne : « Je suis arrivée en 2002 sur la région à Saint-Pierre-le-Vieux en Vendée », se félicite-t-elle. La néo-maraîchine a toujours œuvré dans le commerce d’alimentation. « J’ai débuté avec le groupe Monoprix. » Puis, après une petite interruption d’activité consacrée à ses enfants, elle a repris du service . . .  dans une station-service. En 2015, elle a acheté un fond de commerce, en co-gérance, la Coop de Maillezais qu’elle a quittée en décembre 2018.

 

Et la voilà dans la Venise Verte.

Pourquoi Coulon, s’étonneraient les autochtones ? « Parce que les événements privés font parfois qu’on peut être amené à se déplacer et il se trouve que Coulon était la ville de ma famille », avoue l’intéressée. « Je suis petite-fille, arrière-petite-fille de Coulonnais. Mon arrière-grand-père était le sabotier de Coulon, M. Pierre Vergnon et son épouse Germaine qui travaillait à la cantine de l’école locale, je crois. Mes grands-parents s’appelaient Léon et Lisette Morin. J’ai passé mes vacances ici. » Peut-être à courir dans les venelles de Coulon qu’elle dit « bien connaître ». En fait, « quand on a quitté la région parisienne, c’était pour venir à Coulon. »

Une petite histoire de la Coop à Coulon

Créée par un sieur Martin, qui pérennisa l’affaire durant près de quatre décennies, l’épicerie de la rue du Marais a connu plusieurs gérances. Ce commerce a tenu le haut de l’affiche de 1996 à 1998. En effet, le 14 septembre 1996, les Coulonnais découvrent sur la porte d’entrée du magasin Score, la renommée supérette située près de l’Eglise de Coulon, le panonceau « Fermé pour congés annuels ». En réalité, la propriétaire Mme Marie Villeneuve avait choisi d’arrêter définitivement son commerce d’alimentation après la saison estivale car elle ne « pouvait plus assurer la qualité du service faute d’un chiffre d’affaires satisfaisant », avait-elle argumenté. Prenant l’affaire à cœur, le maire d’alors M. Pierre Rousseau a entrepris des démarches pour « recréer un magasin d’alimentation afin de maintenir un peu de vie dans le bourg« . Et de préciser : « Il y a pourtant de la place pour deux commerces de ce genre ». L’autre magasin à l’enseigne Coop était tenu par M. et Mme Jacques Celereau, rue du Marais. « Malheureusement », soulignait le maire, « il est légèrement décentralisé. Il faudrait qu’il se rapproche du centre-bourg ». De ce fait, M. Rousseau avait contacté la direction générale de la Coop à Saintes (Charente Maritime) afin de solliciter une implantation place de l’Eglise. Dans sa réponse, la coopérative avait suggéré la construction d’un atelier relais par la municipalité dans lequel seraient installés des commerces. Cette solution n’a pas été approuvée par les élus. De plus, l’extension du supermarché Unico, situé à Magné la proche commune voisine, était en projet. Cette moyenne surface commerciale « joue un grand rôle dans les difficultés financières des petits commerces des bourgs voisins », constatait déjà le maire de Coulon.

En 1997, la Coopérative régionale de Saintes annonce que le bâtiment qui abrite son magasin de la rue du Marais va bénéficier d’une totale rénovation de la cave au grenier, intérieur et extérieur, profitant de l’occasion pour doubler sa surface de vente qui passera ainsi de 38m² à 78m². Afin d’éviter la fermeture de son commerce pendant deux mois de travaux, M. Celereau a trouvé un local dépannage donnant sur la place de l’Eglise au n°38, voisin du restaurant de la Venise Verte, aujourd’hui dénommé Le Marais Social Club. La Coop a fermé le vendredi 24 octobre 1997 le temps de déplacer les rayons durant un week-end. La famille Celereau qui logeait au-dessus du magasin, était alors hébergée dans un bungalow du village de vacances mis à sa disposition par la commune. Le magasin Coop a réintégré ses locaux rénovés début janvier 1998 après avoir réalisé un remarquable et inespéré chiffre d’affaires malgré l’exiguïté de la boutique temporaire. Force est de constater que l’implantation définitive dans le centre-bourg était une belle opportunité manquée par la Coop.

Le rêve d’Isa

« Je préfèrerais être plus au centre qu’ici », regrette Mme Montillaud. « Tout ce qui est tourisme ne passe plus devant le magasin, on envoie directement vers le grand parking alors qu’avant les touristes qui rentraient à Coulon passaient forcément par ici, tous les bus, tout passait par là. Maintenant plus personne ne passe devant un magasin placé ici. En plus le stationnement a été supprimé. » Toutefois, la nouvelle gérante souffle que la Coop étudie un projet d’implantation sur le site de l’ancienne station-service de Coulon qui est judicieusement placé rue André-Cramois sur le passage des estivants. « Ce serait toujours mieux là-bas qu’ici. Il y aurait du passage, du stationnement sans problème, un magasin deux fois plus grand », imagine la commerçante. « Ce magasin resterait proche des habitants du centre-bourg lesquels n’auraient pas de déplacement plus long. Ça ne devrait pas changer. Les résidents des écarts auront plus de visibilité. » De plus, il y aurait la présence d’un boulanger dans ce projet.

Mme Isabelle Montillaud (à gauche) présente à ces clientes le nouvel agencement de son magasin. Photo Gilles PETIT

Un nouvel agencement

Pour l’heure, Mme Isabelle Montillaud présente L’Epicerie d’Isa : « Le magasin a eu pas mal de transformations. Il a été réaménagé à mon goût. En terme d’agencement tout a été revu, les peintures refaites. De nouvelles vitrines froides ont été mises en place. Un nouveau présentoir en bois qui n’existait pas pour les fruits et légumes. On est sur la gamme des produits auxquels on peut accéder en tant que gérant de chez Coop et des produits U puisque, depuis 2015, les petites supérettes Coop ont la marque U intégrée dans leurs magasins. C’est un plus car, d’abord U est une marque connue, reconnue, appréciée. Ça permet d’avoir des prix de vente plus raisonnables que ceux qu’il y avait avant. On ne peut pas demander à un magasin de proximité de pouvoir s’aligner sur les prix pratiqués en grande surface car on n’a pas le même débit. Mais maintenant, on est capable d’offrir une gamme de produits quasiment tout aussi importante que dans une grande surface. Et au-delà de la Coop, j’ai une entière liberté de travailler également avec d’autres fournisseurs. En terme de statut, je suis complètement indépendante. Ici je loue les bâtiments appartenant à Coop. »

« J’ai la chance de faire le métier que j’aime sinon je n’aurais pas ouvert les portes. Je suis seule à travailler ici pour l’instant », conclut la commerçante. « Bien sûr, j’ai des projets. Mais pour que ces projets aboutissent, c’est comme tout petit commerçant, il nous faut des clients. Si je n’ai pas de clients, je n’évoluerai pas. Que les Coulonnais prennent le temps de découvrir le magasin, de me rencontrer. J’aimerais qu’ils ne restent pas sur l’idée de l’ancien magasin. Tout dépendra des Coulonnais. »

Des services

L’Epicerie d’Isa offre ses services d’abord aux locaux. En plus de l’alimentaire, la supérette envisage de proposer d’autres produits (des fleurs, des vêtements, de l’outillage, de la quincaillerie, des produits artisanaux. . .) Les idées ne manquent pas. En revanche, il n’y a plus de « chinage », à savoir le colportage avec un camion-magasin. Mais des livraisons à domicile seront assurées sur la commune de Coulon, sur les villages de Sansais et La Garette, ainsi qu’à Magné en complément du drive de Super U pour les personnes qui ne peuvent se déplacer.

Client-coopérateur

Les clients de L’Epicerie d’Isa peuvent devenir coopérateurs-actionnaires chez Coop porteurs d’une carte ad hoc. Un coopérateur achète au minimum une part d’une valeur actuelle de 7 euros, sachant qu’il est possible d’en acheter bien d’avantage. Ainsi, à chaque fois qu’un client-coopérateur fait un achat, au bout d’un certain temps, il reçoit un ou plusieurs bons de réduction valables sur l’ensemble du magasin ou d’autres offres. La carte donne aussi accès à des conditions de vacances, de logements, etc suivant un système d’autocollants qui peuvent permettre d’obtenir par exemple un filet de 15-30 euros offert. En plus, la supérette proposera de petites opérations commerciales, dont, le mois prochain, un euro offert pour 15 euros d’achat utilisable lors d’un prochain achat que l’on soit client-coopérateur ou non.

L’Epicerie d’Isa, magasin Coop, 10 rue du Marais 79510 Coulon, ouverte tous les jours sauf le mercredi de 8h30 à 13h00 et de 15h00 à 19h30, le dimanche de 9h00 à 13h00. Tél. : 05 49 35 90 01

Gilles PETIT

 

 

MARAIS POITEVIN : Coulon en confinement Covid-19, des photos inédites

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Dans la Venise Verte, notamment à Coulon (Deux-Sèvres), la saison touristique débute habituellement aux fêtes de Pâques. Cette année, le confinement de la population française dû à la pandémie du Covid-19 a contraint les entreprises de batellerie à laisser leurs barques au garage. En effet, les bateliers n’étaient pas autorisés à reprendre leurs activités et, d’ailleurs, les potentiels touristes étaient invités à rester confinés en leur domicile.

Fait exceptionnel, à cette période de l’année, seules les barques des autochtones sont amarrées aux anneaux des rives de la Sèvre Niortaise. Elles aussi sont appelées à rester à quai.

Voici un florilège d’instantanés saisis un dimanche de Pâques le 12 avril 2020, entre 17 et 18 heures.

On regrette de ne pas pouvoir restituer les sons, les odeurs, l’atmosphère surnaturelle d’une situation surnaturelle et . . . ce silence sans cris de gens surexcités, sans les (trop forts) commentaires des guides bateliers qui poussent leurs lourdes barques pleines de touristes, sans véhicules automobiles qui vrombissent et/ou franchissent, au loin, ostensiblement les ponts et autres passages piétons surélevés. Même le vent s’est fait murmure cet après-midi là dans les arbres aux feuilles naissantes. Et ce soleil qui illumine Coulon uniquement pour les Coulonnais, pense-t-on. « Le bonheur », selon une habitante qui, d’ordinaire, voit passer sous sa fenêtre des dizaines, voire des centaines de bateaux par jour.

A Coulon, la Sèvre Niortaise, une autoroute de bateaux en pleine saison, sans barques, sans touristes, sans Maraîchins, et . . . sans commentaires (Photos Gilles PETIT) :

 

ELECTIONS MUNICIPALES 2020 : les pronostics IA pour Coulon (79)

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A l’occasion des élections municipales, Linternaute.com, avec l’équipe Data du Figaro, a fait appel à l’intelligence artificielle (IA) pour prédire les grandes tendances de l’élection à Coulon (Deux-Sèvres). Les internautes sont appelés à « battre le pronostic de la machine ». Avant la publication des résultats, retrouvez ses prévisions ci-dessous !

Candidate à la municipale de Coulon

Tête de liste
Anne-Sophie GUICHET Anne-Sophie GUICHET ENSEMBLE, CONSTRUISONS L’AVENIR

Municipales 2020 à Coulon : les enjeux selon l’Intelligence Artificielle

Résultat des élections municipales 2014

Municipales 2014 – TOUR 1

Tête de listeListe Voix % des voix
Michel Simon Michel Simon (19 élus)Coulon passion 713 100,00%
Participation au scrutin Coulon
Taux de participation 61,36%
Taux d’abstention 38,64%
Votes blancs et nuls (en pourcentage des votes exprimés) 31,77%
Nombre de votants 1 045

Résultat des élections municipales 2008

Municipales 2008 – TOUR 2

Candidat Voix % des voix
Alain Giltaire Alain Giltaire (élu) 573 56,56%
Cyrille Rousseau Cyrille Rousseau (élu) 569 56,17%
Danielle Favreau Danielle Favreau (élue) 550 54,29%
Joëlle Ordronneau Joëlle Ordronneau (élue) 541 53,41%
Fréderic Pastor Fréderic Pastor (élu) 540 53,31%
Dominique Moinet Dominique Moinet (élu) 534 52,71%
Rose-Noëlle Pracchia Rose-Noëlle Pracchia (élue) 532 52,52%
Angèle Metay Angèle Metay (élue) 530 52,32%
Michel Simon Michel Simon (élu) 528 52,12%
Philippe Moret Philippe Moret (élu) 528 52,12%
Karine Guignard Karine Guignard (élue) 507 50,05%
Albert Cheminet Albert Cheminet (élu) 487 48,08%
Stéphane Richard Stéphane Richard (élu) 477 47,09%
Nathalie Compostel Nathalie Compostel (élue) 476 46,99%
Marie-Catherine Girard Marie-Catherine Girard (élue) 400 39,49%
Participation au scrutin Coulon
Taux de participation 64,87%
Taux d’abstention 35,13%
Votes blancs et nuls (en pourcentage des votes exprimés) 6,55%
Nombre de votants 1 084

Municipales 2008 – TOUR 1

Candidat Voix % des voix
Jacques Guilloteau Jacques Guilloteau (élu) 573 53,50%
Laurent Leuillet Laurent Leuillet (élu) 566 52,85%
Josette Clement Josette Clement (élue) 566 52,85%
Emmanuel Messager Emmanuel Messager (élu) 560 52,29%
Participation au scrutin Coulon
Taux de participation 69,96%
Taux d’abstention 30,04%
Votes blancs et nuls (en pourcentage des votes exprimés) 8,38%
Nombre de votants 1 169

Festival international de peinture de MAGNE 79 : clôture du 31ème, place au 32ème, vidéo et images

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Sous titré « La peinture Grandeur Nature », le 31ème Festival international de peinture de Magné (Deux-Sèvres) a refermé ses chevalets. La 32ème édition se déroulera les 18 et 19 juillet 2020.

235 artistes (sans compter les enfants) ont participé à la réussite du 30ème anniversaire de l’association organisatrice Magné Animation. Le jury a primé trente-trois « adultes » et huit « juniors », attribuant ainsi plus de 12.000 euros de prix.

Nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir en vidéo cette 31ème édition, ainsi que la proclamation du palmarès 2019, au lien YouTube suivant : https://youtu.be/lt9XouF-x3g

Prise de vue : Gilles Petit
Réalisation : Capt’Action79. juillet2019

 

Toutes Catégories
Prix POUJOULAT : NGUYEN Kim-Chi
Prix THEBAULT : RODRIGUEZ Cathy
Prix restaurant LA BELLE ETOILE : VALLENET Annick
2ème Prix Pastel – Prix Embarcadère CARDINAUD : DAVID Nadia
2ème Prix Aquarelle – Prix GROUPAMA : DELAROCHE Dominique
Prix PARC NATUREL REGIONAL : FAURE-ROSSARD Christiane

Prix Spécial
Prix Conseil Départemental 79 : KIENER Christiane
2ème Prix Techniques Mixtes – Prix CREDIT MUTUEL : COURILLEAU Karen

Toutes Catégories
Prix AUDIS : BAURUEL Dominique
Prix Groupe Y NEXIA : CHÂTEAU Frédéric
Prix Ambulance de l’ANGELIQUE : LE DEROFF Michel
Prix GRAFIC ENCADREMENT : LE BORGNE
3ème Prix Huile – Prix MARAIS POITEVIN IMMOBILIER : FOURREAUX Michel
3ème Prix Pastel – Prix PIEJAC MAINGRET : RIBARDIERE Marie-Noelle
3ème Prix Techniques Mixtes – Prix ROUVREAU RECYCLAGE : BELAIR Yvan
Prix MUTUELLE DE POITIERS : ACHARD Joël
Prix AXA Assurances : PUMA QUISPE Sabino
Prix TERRASSON : DAUGA Jean-Jacques
Prix AMBASSADE DU VIN : MOREAU Jean-François
Prix GRAPHIC APPLICATION : FAGES Roger
Prix EUROVIA : RAUSA Robert-Victor
Prix TEDELEC : LE MOUEL Stéphane
Prix EVERGIE : BRAILLON Michel
Prix ACSOR : MARTIN-HAJPEK Vesnica
3ème Prix Aquarelle – Prix NEWLOC : PATETA Serge

Une ultime exposition des tableaux lauréats des prix 2019

Comme de coutume, le public a pu revoir, en octobre 2019, toutes les œuvres primées dans les locaux du Centre culturel du Four Pontet. Cette ultime exposition, ouverte pour la première fois sur deux weekends, s’est refermée par le « décrochage » des tableaux avec remise à leurs parrains respectifs présents.

Photos Gilles PETIT

Un nouveau président du jury en 2020

Gilles PETIT

A l’issue de l’assemblée générale de Magné Animation, le conseil d’administration a accueilli de nouveaux adhérents. Photo : les membres du CA en compagnie des artistes Daniel Doutre et Richard Gautier (à gauche). Photo Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN : A Coulon, une bénédiction des bateliers entre tradition et animation touristique

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Le dimanche 18 août 2019, le village de Coulon (79) a été le théâtre d’une « bénédiction des bateliers ». Le nom de Saint-Nicolas, le patron des bateliers et mariniers, et des navigateurs d’une manière générale, n’a pas été cité. En effet, il s’agissait d’une animation touristique imaginée en 2003 par le curé local, l’abbé Michel Chataigner. A l’époque, le Père Michel, comme l’appelaient amicalement les Coulonnais croyants ou non, parlait de « pardon » car plusieurs centres importants de la batellerie en France et en Belgique utilisaient ce terme pour désigner des fêtes et traditions souvent anciennes ponctuant la vie marinière,  toujours avec une double vocation, civile et religieuse.

Installés chacun dans un bateau, une vingtaine de guides-bateliers, tous employés par la même entreprise de balades touristiques ont participé à la manifestation. Photo Gilles PETIT

S’inspirant d’une demande formulée, l’année précédente, par des motards stationnés sur le parvis de l’église de Coulon, qui avaient demandé au prêtre, et obtenu, de les bénir avec leurs motos, le père Michel a eu l’idée d’appliquer cette « tradition » aux guides qui conduisent les touristes en barque sur l’ensemble du Marais Mouillé. L’idée a alors évolué en manifestation qui n’aurait rien de religieux car elle était alors réprouvée par le Conseil pastoral du secteur qui couvrait, à cette époque, les communes de Coulon, Magné et Sansais-La Garette.

Du haut de la passerelle coulonnaise, le père Michel a procédé à la toute première « bénédiction des guides-bateliers » le samedi 14 juin 2003. Photo Gilles PETIT/CO

Grâce à sa pugnacité « légendaire », le père Michel Chataigner a réussi à organiser, le samedi 14 juin 2003, une nouvelle animation estivale à Coulon qu’il a appelée : « la bénédiction des bateliers ». En réalité, c’était un rassemblement de guides-bateliers volontaires, croyants ou non, de l’ensemble des embarcadères commerciaux de la Venise Verte. Ce fut un succès. 37 guides-bateliers, issus donc d’entreprises locales, ont répondu à l’appel, munis chacun d’une pelle (une rame) à la main.  Ce samedi-là, les participants se sont rassemblés sur le parvis de l’église de Coulon pour s’élancer à 9 heures précises vers les quais de la Sèvre Niortaise jusqu’à la place de la Coutume, en suivant une joueuse d’accordéon. A 9h15, les guides embarquaient à bord de sept bateaux à la cale de la Coutume, lesquels ont remonté la Sèvre Niortaise en amont de la passerelle qui enjambe ce fleuve. Puis, à 9h30, simplement accompagné de deux enfants de chœur, le père Michel s’est installé sur la passerelle. Il a d’abord entonné la chanson « Les bateliers de la Volga », avant de faire une brève allocution. Il a notamment retracé l’histoire des activités quotidiennes des Maraîchins et celle des premières balades touristiques. Ensuite, il a procédé à la bénédiction proprement dite. Un quart d’heure plus tard, tout le monde, y compris le peu de personnes présentes, s’est réuni autour du verre de l’amitié servi à proximité sur le Quai Louis-Tardy. La matinée s’était poursuivi en musique et en pas de danse.

En septembre 2004, après trois années de sacerdoce dans le Marais, l’abbé Michel Chataigner fut nommé dans le nord des Deux-Sèvres, en pays thouarsais. L’abbé Fabien Zlatev, son successeur, n’a repris le flambeau qu’en 2011, répondant favorablement aux sollicitations de la municipalité Michel Simon et d’un entrepreneur de balades touristiques installé à Coulon. Avant son départ pour Chauvigny dans la Vienne, en septembre 2014, le père Fabien a transmis la « tradition » à ses successeurs, le père Auguste Sambou, en collaboration avec un autre prêtre-coopérateur, le père Claude Baratange, responsables d’une nouvelle paroisse « Sainte-Sabine en Niortais » regroupant les communautés des anciens secteurs pastoraux de Beauvoir-sur-Niort / Frontenay-Rohan-Rohan, Marais / Mignon et Prahecq / Fors.

Le père Fabien Zlatev lors de la bénédiction des bateliers.
En 2014, le père Michel Chataigner (au premier plan sur la photo) était au côté du père Fabien Zlatev lors de cette « bénédiction des bateliers ». Photo J. C. Coursaud/NR
 

Dimanche 18 août 2019, la « bénédiction des bateliers » a suivi un protocole semblable à celui élaboré par le père Michel. A ceci près que les festivités ont débuté à 19 heures, après la journée de travail des guides-bateliers. Au départ de l’église de Coulon, les abbés Auguste Sambou et Claude Baratange ont conduit le cortège en présence de Monseigneur Pascal Wintzer, archevêque du diocèse de Poitiers.

Sans croix chrétienne ostensible, les prières, les chants et les textes entonnés depuis l’autel improvisé au sommet de la passerelle, ont donné un caractère particulièrement religieux à cette manifestation. Une animation qui s’est déroulée au-dessus et sur un fleuve du domaine public.

Archevêque de Poitiers, Monseigneur Pascal Wintzer. Photo Gilles PETIT

Dans son commentaire de circonstance, Mgr Pascal Wintzer a parlé du Marais Poitevin « fruit d’un équilibre savant et délicat où tout doit être pris en compte à la fois, l’eau, la végétation, la faune et aussi les êtres humains. » Il a développé ses propos : « le Marais Poitevin, c’est un peu un raccourci de toute notre planète. Notre planète est aussi fragile. Fruit d’un équilibre savant où chaque élément a sa place. (. . .) Nous sommes à une époque, c’est le cas de notre génération, où nous prenons conscience de cette fragilité, la fragilité de la planète, la fragilité des animaux et la fragilité de notre vie. Nous avons oublié cette fragilité. On a voulu se développer, nous occidentaux, à tout prix. Au prix de l’exploitation de la planète et de ses ressources et on mesure aujourd’hui les conséquences de cela à travers les différentes crises qui marquent toute notre planète. (. . .) L’eau, la végétation, les espèces qui disparaissent et même l’humain qui, à terme, pourrait voir son espérance atteinte. (. . .) J’espère que vous continuerez, vous bateliers et vous tous ici qui vivez dans le Marais, à accueillir tant de visiteurs pour qu’ils transmettent cette leçon, cette leçon d’espérance dont l’humanité a été capable de faire un Marais si beau et d’une humanité qui aujourd’hui encore et demain est capable de construire et de faire que notre planète soit plus belle, plus belle pour tous et plus belle pour tous les êtres humains. Espérons; le Marais est une source d’espérance. »

Gilles PETIT

La passerelle de Coulon, un autel de circonstance. Photo Gilles PETIT

COULON (Marais Poitevin) : « Le mystère de l’icône cachée », une exposition BD dans l’église en août 2019

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L’Espace Saint-Hilaire de Niort, avec la participation des paroisses Sainte-Sabine et Saint-Jean-Baptiste en Niortais, propose COULON (Marais Poitevin) : « Le mystère de l’icône cachée », une exposition BD dans l’église en août 2019

M. Roger Barbe (à gauche), membre de la paroisse, et le Père Jérôme de La Roulière ont inauguré la nouvelle exposition consacrée à la BD de Jean Evesque « Le mystère de l’icône cachée ». Photo Gilles Petit

En 1967, un Français se balade dans les rues de Moscou, une capitale qu’on ne présente plus. Au détour d’une rue, Jean-Claude est abordé par un inconnu qui lui fait une proposition étonnante : acheter clandestinement une vieille icône orthodoxe du XVème siècle. Piqué par la curiosité, Jean-Claude va suivre cet inconnu et découvrir l’histoire singulière de cette icône à travers les siècles. Cette rencontre improbable va changer sa vie. Telle est la trame de départ de la BD « Le mystère de l’icône cachée », publiée aux éditions Béatitudes.

Après le Festival de la BD d’Angoulême, en décembre 2019, l’exposition était installée à Melle le mois dernier. En septembre, elle rejoindra Bruxelles en Belgique.

Inspirée d’une histoire vraie, cette BD est le récit d’une icône du Christ, réalisée par le moine Andreï Roublev, qui devint la propriété d’une humble famille russe. Passant de main en main, tour à tour cachée, puis oubliée pendant des années, à sa réapparition elle fascine tous ceux qui la contemplent.

Quels sont les destins de ces hommes et de ces femmes qui ont croisé le regard de cette icône ? Quel mystère entoure cette œuvre qui a traversé les siècles ? La réponse n’est pas forcément évidente à définir au fil de la vingtaine de planches (sur 44 que compte la BD originale) exposées en l’église de la Sainte-Trinité à Coulon.

Selon le Père Jérôme de la Roulière, animateur de l’Espace Saint-Hilaire à Niort : « On voit bien les trois « époques  » de cette histoire. Elle commence par un homme qui, dans les années 1980, avant la chute du Mur, est allé en Russie. Il rencontre par hasard une famille qui veut vendre un bien familial, une icône. Cette icône a une grande valeur artistique. Il se rend compte que c’est une icône d’Andreï Roublev, le grand peintre de l’icône. Le moine Andreï Roublev, à un moment, s’est enfui de son monastère, et a donné sa dernière icône au membre de cette famille qui l’accueille à sa sortie du monastère. A l’époque du communisme, cette icône a changé la vie du grand-père de la famille qui, persécuteur de chrétiens, est devenu chrétien lui-même. Depuis, cette icône protège la famille. Finalement, l’homme achète l’icône, laisse l’argent mais ne prend pas l’icône, puisqu’elle a protégé la famille. »

Dans cette exposition, des planches relatent la création d’une icône, d’autres évoquent Andreï Roublev et la beauté de la nature. Quelques planches rappellent la persécution par le communisme des années 1930, alors que d’autres planches d’aujourd’hui représentent quelqu’un seul dans la vie qui découvre la Russie et l’icône.

L’auteur Jean Evesque Photo DR

« L’auteur Jean Evesque est un éducateur de jeunes, » poursuit le commissaire de l’exposition. « Il s’agit de sa première bande dessinée. Jean Evesque parle des icônes et de ce qui se passe dans les églises. » Jean Evesque est membre de la Communauté des Béatitudes depuis 2004. Diplômé de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille, il se lance en 2013 dans la bande dessinée. Dans cet album, il exprime, dit-on, un beau sens de la narration avec un récit qui parcourt les siècles, d’un monastère rayonnant du XVème siècle, au dénuement misérable d’un appartement du Moscou des années 1960, dans lequel se terrent les derniers héritiers de l’icône séculaire, cherchant à s’en débarrasser pour la sauver de la destruction. C’est de « l’Église du silence » qu’il est aussi question, celle de ces chrétiens condamnés à la clandestinité sous l’ère soviétique.

« Cette BD est dessinée dans les tons sépia », fait remarquer le Père Jérôme de La Roulière. « C’est un peu la mode aujourd’hui. Nous, on est plus habitué à des couleurs plutôt vives, crues. Le noir et blanc confère de la sobriété. »

L’icône ?!?!

L’icône religieuse est une forme de peinture particulière. On dit que la première icône a été peinte par Saint-Luc. L’art des icônes a pris naissance dans l’empire romain d’Orient (Grèce, Syrie, Égypte. . .). Il a vraiment commencé à se répandre au Vème siècle après le concile d’Éphèse où Marie a été déclarée solennellement Mère de Dieu. Dès le Xème siècle, l’icône avait pénétré dans une Russie qui s’ouvrait au christianisme. L’icône est devenue un élément essentiel de la vie religieuse des orthodoxes russes avec un nombre impressionnant d’icônes produites. « Il y a une tradition russe et une tradition grecque, » précise le commissaire de l’exposition. « Le doré a beaucoup d’importance puisque l’icône montre que le monde est habité par des forces spirituelles et des belles forces. Andreï Roublev est un moine, mais les icônes peuvent être peintes par tout le monde. Même aujourd’hui sous sa forme bande dessinée. Les gens aiment peindre les icônes. Les écoles d’icônes sont ouvertes aux non croyants comme aux non pratiquants. »

L’exposition est ouverte jusqu’au 31 août 2019, de 8h00 à 20h00, en l’église de la Sainte-Trinité de Coulon. Entrée libre.

Gilles PETIT

http://www.eglise-niort.net/-espace-st-hilaire

VENISE VERTE : hommage et tournée estivale 2019 au Théâtre Roger-Blin de Coulon (79)

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Le Théâtre Roger-Blin va rendre hommage à deux hommes, disparus l’année dernière, qui ont FAIT le TRB à Coulon : André Pignoux et Paul-André Maby. De nombreux artistes qui ont suivi et/ou accompagné ces deux personnalités du monde artistique seront présents samedi 20 juillet 2019. Musiques, chansons, textes. . . un programme éclectique sera proposé dès 18 heures dans le Parc de la Mairie de Coulon (Deux-Sèvres).

Basé à Coulon (dans le Marais Poitevin des Deux-Sèvres), le Théâtre Roger-Blin est une pépinière de jeunes talents. Fondée le 6 août 1984, cette association, régie par la Loi de juillet 1901, organise, toute l’année, des stages divers, des spectacles de théâtre, chansons, musique, lectures publiques. . . et, en saison estivale, des tournées de théâtre dans la Venise Verte. Cette année, la tournée sera ponctuée par une soirée hommage à André Pignoux et Paul-André Maby.

Pour cela, laissons la plume à Mme Cosette Pignoux, metteur en scène, l’autre pilier du Théâtre Roger-Blin :

André Pignoux

Paul-André Maby

Lundi 15 juillet 2019, à Coulon, la Compagnie des 3 C a lancé la tournée estivale du Théâtre Roger-Blin en présentant sa pièce « To Bee or not to bee », une histoire d’abeilles collant à l’actualité. Photo Gilles Petit

Durant ce mois de juillet 2019, les comédiens amateurs du Théâtre Roger-Blin, accompagnés de troupes professionnelles invitées, interpréteront trois pièces alternativement sur les scènes des villages deux-Sévriens de Coulon, Arçais, La-Garette (commune de Sansais-La Garette), Bessines, Mauzé-sur-Le-Mignon, Magné et vendéen de Benet :

L’HABILLEUR de Ronald Harwood (21 heures : 16 juillet à Arçais, 19 juillet à La-Garette, 22 juillet à Bessines, 24 juillet à Mauzé-sur-Le-Mignon, 27 juillet à Coulon, 29 juillet à Benet et 31 juillet à Magné)

Véritable profession de foi dans l’art dramatique, « l’habilleur » ne cesse de mêler dans une savante mise en abîme, le théâtre dans le théâtre s’inscrivant dans la lignée de Shakespeare, Pirandello.

C’est un hymne à la persévérance qui se décline politiquement en résistance face à l’oppresseur et prend la forme du sacerdoce pour le comédien dévoué à Shakespeare et à sa compagnie. Beaucoup d’artistes caressent le rêve de mourir au plus fort de leur art; s’éteindre sur scène, de cette mort splendide, que s’offrit Molière; de la seule mort qu’accepterait celui qui, toute son existence, a mimé la vie. Mais cette fin-là serait pour le Maître un renoncement et il le fait, au contraire, et impérativement ne pas mourir sur scène mais se cacher, disparaître après avoir joué jusqu’à l’épuisement.

C’est la question que nous pose l’habilleur : où, pourquoi, comment, par quel moyen, par quel miracle continuer à créer, à trouver en soi et ailleurs la force, la volonté, la nécessité, l’étincelle de la création artistique; même dans la catastrophe; sans quoi le monde n’est plus que ce monde-ci et alors est-il vraiment supportable ?

Dans cette pièce, belle et humaine, qui a triomphé dans les trente et quelques pays où elle a tourné, cette écriture est d’un Grand Auteur.

Le maître, cet acteur, si égoïste soit-il, continue à ouvrir ici ou là, pour qui l’aperçoit, des fenêtres vers la liberté.

Par le théâtre nous pouvons avoir accès à un autre monde, et ce monde-là fait que nous pouvons supporter ce monde-ci même au cœur de la tourmente.

CENDRILLON de Joël Pommerat (21 heures : 17 juillet à Arçais, 18 juillet à Sansais, 21 juillet à Coulon, 23 juillet à Bessines, 25 juillet à Mauzé-sur-Le-Mignon, 26 juillet à Benet et 30 juillet à Magné)

Le metteur en scène livre ici sa version très personnelle du conte de Perrault. Loin des histoires de princesses qui rêvent au prince charmant, il se plonge au cœur de l’enfance et des questions tragiques qui la jalonnent parfois. Oubliés les oiseaux chanteurs et les couleurs pastel. Cendrillon est Sandra, une petite fille submergée par le deuil de sa mère, qu’elle tente de vivre comme elle le peut. Tous les éléments de l’histoire originale sont présents, mais détournés, chargés d’un sens différent qui lui donne un souffle radicalement novateur. Si Pommerat choisit d’axer sa pièce autour du deuil et de la confrontation d’une enfant avec la mort, il le fait avec assez de légèreté pour que les spectateurs se laissent aller à rire à de nombreux moments du spectacle. Émotion et humour sont au rendez-vous grâce à leur belle performance. 

Le DÉFUNT de René Obaldia (17 juillet à Arçais, 18 juillet à Sansais, 21 juillet à Coulon, 23 juillet à Bessines, 25 juillet à Mauzé-sur-Le-Mignon, 26 juillet à Benet et 30 juillet à Magné)

Deux personnes se retrouvent pour évoquer le souvenir d’un homme décédé trois ans auparavant.

Qui était Victor? Qui sont ces personnes qui revendiquent son amour ? Confidence après confidence, l’oraison annoncée se transforme, de fil en aiguille, en révélations sur la véritable identité du mystérieux défunt, de cet homme si appréciable

A la fois drôle, grinçant et absurde, le texte s’inscrit dans le registre de l’humour noir. Entre comédie et tragédie et derrière une apparente banalité, cette composition donne à voir les reflets de la folie et de l’abomination. Et si tout ceci n’était que duperie ?

 

 

Mesdames Cosette Pignoux (à gauche) du TRB et Agnès Brion de la Compagnie des 3 C, ont lancé la tournée d’été. Photo Gilles Petit

Les mises en scène sont assurées par Mme Cosette Pignoux :

L’animatrice du Théâtre Roger-Blin conclut : « Il faut que les gens viennent découvrir ces pièces. J’aime bien que les gens soient critiques, qu’ils viennent dire après ce qu’ils ont ressenti ou pensé. Mais les gens n’osent jamais. On dit toujours que c’est bien, mais ça veut rien dire pour moi. Oui, les avis sont intéressants. C’est aussi aller plus au fond des choses. »

Le 28 juillet 2019 à 21 heures dans le Parc de la Mairie (ou dans la salle des fêtes selon la météo) de Coulon les compagnies invitées interpréteront « La désireuse » de Agnès Brion et « Le petit manuel du héros » de Julian Rouhet.

Renseignements et réservations : 05 49 35 91 42 ; 05 49 04 58 42 ; 02 51 51 96 27                                                                                   Courriel : danypiveteau@gmail.com http://theatrerogerblin.jimdo.com

Gilles PETIT

MARAIS POITEVIN 79 : le Collectif « Bassines Non Merci ! » installe un Campement de Résistance et de Surveillance à Mauzé-sur-le-Mignon (79)

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Le Collectif citoyen « Bassines Non Merci ! » se bat depuis maintenant deux ans contre un projet de 19 réserves d’eau destinées à l’irrigation agricole. Soutenu par des structures environnementales, paysannes, syndicales, militantes et politiques, le Collectif a installé, dimanche 30 juin 2019, le premier Campement de Résistance et de Surveillance (CRS) près de Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres).

Photo Gilles Petit

Selon le Collectif citoyen « Bassines, Non Merci ! », ce projet de 19 réserves de substitution, réduit aujourd’hui à 16 réserves, concerne le bassin versant de la Sèvre Niortaise, le fleuve lui-même dans toute sa vallée, en général, et le Marais Poitevin en particulier.

« Bassines, Non Merci ! » dénonce des « dénis de démocratie, des arrangements avec la réglementation, dont la Loi sur l’eau, des enquêtes publiques, . . ., la captation massive d’argent public, l’intervention de lobbies, le maintien envers et contre tout d’une agriculture productiviste en l’habillant d’oripeaux écologiques, et le projet de réserves de substitution agricoles, appelées « bassines », en Deux-Sèvres. » Il comporte également un site dans la Vienne et un autre en Charente-Maritime.

Le collectif explique : « Une bassine est une réserve d’eau géante de 10 hectares en moyenne, entourée d’une digue de 10 mètres de haut. Elle est remplie en hiver en pompant l’eau principalement dans les nappes souterraines. Le but est  d’irriguer en été des cultures intensives (2/3 de maïs, semences, légumes industriels). Chacune est financée à 70% par de l’argent public provenant de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, l’État français et l’Europe. » L’association avance des chiffres clés qui interpellent : coût de l’ensemble des projets supérieur à 40 millions d’euro, 200 ha de terres agricoles seraient plastifiés, 128 forages seraient actifs, pour seulement 6 % des agriculteurs du territoire raccordés.

Près de 800 personnes, de toutes les générations, ont rejoint le site de construction d’une Zone A Défendre dans la campagne mauzéenne. Photo Gilles Petit

Le 9 mai 2019, la justice a donné raison aux associations de protection de la nature NE 17 et NE 16 et aux Fédérations de pêche de ces deux mêmes départements qui avaient attaqué en justice les arrêtés préfectoraux. « Ceci vient conforter les convictions du collectif citoyen au sujet des dangers du projet de bassines sur le territoire Sèvre-Marais Poitevin, lui aussi visé par un recours en justice », précise le Collectif qui ajoute : « En effet, la justice a retenu trois motifs susceptibles de casser et d’annuler les arrêtés préfectoraux : des prélèvements trop importants autorisés par l’État; une étude d’impact largement insuffisante sur l’environnement; la mise en place d’un véritable projet de territoire. Ces trois éléments majeurs sifflent donc la fin du match du projet de bassines tel que conçu actuellement. De plus, récemment, les huit bassines en projet dans la Vienne ont été annulées par le Tribunal Administratif de la Vienne. »

Le Collectif Bassines Non Merci ! est « une force d’opposition qui veut aussi être une force de proposition allant dans le bon sens, en mettant au centre des débats une réelle concertation de tous, pour tous et dans l’intérêt de nos enfants et petits-enfants. »

Le kiosque à musique de Mauzé-sur-Le-Mignon a hébergé les Assises citoyennes eau/agriculture/alimentation. Photo Gilles Petit

Afin d’expliquer les tenants et les aboutissants d’un sujet qui semble complexe, 28 organisations (*) environnementales, agricoles, citoyennes ont participé à une journée de rencontre à l’intention de tous, dimanche 30 juin 2019 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres). Des Assises citoyennes eau se sont tenues sous le kiosque de la Place du Champ-de-Foire locale, en présence de paysans, d’ingénieurs agronomes, de scientifiques, d’élus régionaux, d’un député européen, de maires, de représentants syndicaux et de divers mouvements. . . également opposés à ces projets titanesques.

A l’issue de ces Assises, près de 800 personnes ont marché trois kilomètres vers la commune d’Usseau jusqu’au site le plus proche retenu dans le projet global. Les participants y ont installé un « plongeoir », à savoir un mirador destiné à surveiller la Zone A Défendre (ZAD). Puis tout le monde a rejoint le premier Campement de Résistance et de Surveillance, un CRS niché dans une oasis de fraîcheur ombragée au milieu des cultures céréalières, avec vue sur le « plongeoir ». Depuis dimanche, des permanents zadistes se relaient nuit et jour afin d’alerter sur l’éventuelle arrivée d’engins de chantier à proximité de la parcelle concernée.

De plus, le Collectif annonce que durant l’été « seront organisées toutes sortes d’actions et de manifestations dont un camp climat, des formations à la désobéissance civile, la rédaction d’un fanzine, la création d’une pièce de théâtre, etc. Ce sera l’occasion de rédiger collectivement un projet de territoire ambitieux, porteur d’alternatives agricoles, alimentaires et sociales. »

Le Collectif conclut : « Le campement constituera un lieu de tourisme militant pour toutes les personnes qui souhaitent profiter de leurs vacances pour participer à la construction d’un autre modèle. »

Gilles PETIT

(*) APPMA Pêches Sportives Saint-Maixent-l’Ecole, Alternatiba La-Rochelle, ANV-COP21 La-Rochelle, APIEEE, CGT 79, CGT Spectacles Poitou-Charentes, Colibris 79, Collectif Anti-Linky, Collectif des Usagers de l’Hôpital de Niort, Collectif à Teurtous, Collectif Marche pour le Climat Niort, Comité Notre-Dame-des-Landes La-Roche-sur-Yon 85, Confédération paysanne 17 et 79,  Europe Ecologie – Les Verts, Extinction Rébellion La-Rochelle, Gilets Jaunes 79, La France Insoumise, Le Priouté,  Nature Environnement 17, Parti Communiste Français, SCOP La Frênaie, SOS Rivières, Syndicat SUD-Solidaires, Terres & Rivières 85 . . .

 

MARAIS POITEVIN : le Collectif « Bassines Non Merci ! » installe un Campement de Résistance et de Surveillance à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres)

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Le Collectif citoyen « Bassines Non Merci ! » se bat depuis maintenant deux ans contre un projet de 19 réserves d’eau destinées à l’irrigation agricole. Soutenu par des structures environnementales, paysannes, syndicales, militantes et politiques, le Collectif a installé, dimanche 30 juin 2019, le premier Campement de Résistance et de Surveillance (CRS) près de Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres).

Photo Gilles Petit

Selon le Collectif citoyen « Bassines, Non Merci ! », ce projet de 19 réserves de substitution, réduit aujourd’hui à 16 réserves, concerne le bassin versant de la Sèvre Niortaise, le fleuve lui-même dans toute sa vallée, en général, et le Marais Poitevin en particulier.

« Bassines, Non Merci ! » dénonce des « dénis de démocratie, des arrangements avec la réglementation, dont la Loi sur l’eau, des enquêtes publiques, . . ., la captation massive d’argent public, l’intervention de lobbies, le maintien envers et contre tout d’une agriculture productiviste en l’habillant d’oripeaux écologiques, et le projet de réserves de substitution agricoles, appelées « bassines », en Deux-Sèvres. » Il comporte également un site dans la Vienne et un autre en Charente-Maritime.

Le collectif explique : « Une bassine est une réserve d’eau géante de 10 hectares en moyenne, entourée d’une digue de 10 mètres de haut. Elle est remplie en hiver en pompant l’eau principalement dans les nappes souterraines. Le but est  d’irriguer en été des cultures intensives (2/3 de maïs, semences, légumes industriels). Chacune est financée à 70% par de l’argent public provenant de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, l’État français et l’Europe. » L’association avance des chiffres clés qui interpellent : coût de l’ensemble des projets supérieur à 40 millions d’euro, 200 ha de terres agricoles seraient plastifiés, 128 forages seraient actifs, pour seulement 6 % des agriculteurs du territoire raccordés.

Près de 800 personnes, de toutes les générations, ont rejoint le site de construction d’une Zone A Défendre dans la campagne mauzéenne. Photo Gilles Petit

Le 9 mai 2019, la justice a donné raison aux associations de protection de la nature NE 17 et NE 16 et aux Fédérations de pêche de ces deux mêmes départements qui avaient attaqué en justice les arrêtés préfectoraux. « Ceci vient conforter les convictions du collectif citoyen au sujet des dangers du projet de bassines sur le territoire Sèvre-Marais Poitevin, lui aussi visé par un recours en justice », précise le Collectif qui ajoute : « En effet, la justice a retenu trois motifs susceptibles de casser et d’annuler les arrêtés préfectoraux : des prélèvements trop importants autorisés par l’État; une étude d’impact largement insuffisante sur l’environnement; la mise en place d’un véritable projet de territoire. Ces trois éléments majeurs sifflent donc la fin du match du projet de bassines tel que conçu actuellement. De plus, récemment, les huit bassines en projet dans la Vienne ont été annulées par le Tribunal Administratif de la Vienne. »

Le Collectif Bassines Non Merci ! est « une force d’opposition qui veut aussi être une force de proposition allant dans le bon sens, en mettant au centre des débats une réelle concertation de tous, pour tous et dans l’intérêt de nos enfants et petits-enfants. »

Le kiosque à musique de Mauzé-sur-Le-Mignon a hébergé les Assises citoyennes eau/agriculture/alimentation. Photo Gilles Petit

Afin d’expliquer les tenants et les aboutissants d’un sujet qui semble complexe, 28 organisations (*) environnementales, agricoles, citoyennes ont participé à une journée de rencontre à l’intention de tous, dimanche 30 juin 2019 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres). Des Assises citoyennes eau se sont tenues sous le kiosque de la Place du Champ-de-Foire locale, en présence de paysans, d’ingénieurs agronomes, de scientifiques, d’élus régionaux, d’un député européen, de maires, de représentants syndicaux et de divers mouvements. . . également opposés à ces projets titanesques.

A l’issue de ces Assises, près de 800 personnes ont marché trois kilomètres vers la commune d’Usseau jusqu’au site le plus proche retenu dans le projet global. Les participants y ont installé un « plongeoir », à savoir un mirador destiné à surveiller la Zone A Défendre (ZAD). Puis tout le monde a rejoint le premier Campement de Résistance et de Surveillance, un CRS niché dans une oasis de fraîcheur ombragée au milieu des cultures céréalières, avec vue sur le « plongeoir ». Depuis dimanche, des permanents zadistes se relaient nuit et jour afin d’alerter sur l’éventuelle arrivée d’engins de chantier à proximité de la parcelle concernée.

De plus, le Collectif annonce que durant l’été « seront organisées toutes sortes d’actions et de manifestations dont un camp climat, des formations à la désobéissance civile, la rédaction d’un fanzine, la création d’une pièce de théâtre, etc. Ce sera l’occasion de rédiger collectivement un projet de territoire ambitieux, porteur d’alternatives agricoles, alimentaires et sociales. »

Le Collectif conclut : « Le campement constituera un lieu de tourisme militant pour toutes les personnes qui souhaitent profiter de leurs vacances pour participer à la construction d’un autre modèle. »

Gilles PETIT

(*) APPMA Pêches Sportives Saint-Maixent-l’Ecole, Alternatiba La-Rochelle, ANV-COP21 La-Rochelle, APIEEE, CGT 79, CGT Spectacles Poitou-Charentes, Colibris 79, Collectif Anti-Linky, Collectif des Usagers de l’Hôpital de Niort, Collectif à Teurtous, Collectif Marche pour le Climat Niort, Comité Notre-Dame-des-Landes La-Roche-sur-Yon 85, Confédération paysanne 17 et 79,  Europe Ecologie – Les Verts, Extinction Rébellion La-Rochelle, Gilets Jaunes 79, La France Insoumise, Le Priouté,  Nature Environnement 17, Parti Communiste Français, SCOP La Frênaie, SOS Rivières, Syndicat SUD-Solidaires, Terres & Rivières 85 . . .