Commune de Coulon (79)

MARAIS POITEVIN : les traditions maraîchines à la 12ème Fête du Miget à Coulon (79)

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Organisée, les 30 juin et 1er juillet 2018, par le Comité d’animations coulonnais, la douzième édition de la Fête du miget, s’est déroulée sur le site de l’Autremont à Coulon (79). En un coup d’œil, les visiteurs se sont trouvés plongés au cœur du quotidien des Maraîchins des siècles passés.

Dans leur ouvrage [disponible sur le site Internet de la galaxie Aranei-Orbis] : A la Croisée de l’Anjou, de la Touraine et du Poitou, Jean-Claude Raymond et François Jourdin expliquent : « Le Miget ou migé est une boisson traditionnelle, rafraîchissante à base de pain, de vin et de sucre (de lait pour les enfants), quelquefois agrémentée de fruits : fraises ou groseilles. Quelques minutes suffisent pour le préparer avec la mie du pain dur, du sucre, de l’eau et du vin rouge peu alcoolisé (8° environ) ou du lait sans eau. »

Les auteurs précisent : « le miget était consommé l’été quand il fait chaud et particulièrement les jours de battage au cours de l’après-midi. Le vin sortait de la cave où des bouteilles avaient été mises à rafraîchir dans un seau d’eau tirée du puits. Lorsqu’il était consommé lors des travaux des champs, le vin était emporté dans des bonbonnes ou dames Jeanne, les mijettes dans des saladiers. Pour leur garder une certaine fraîcheur, le tout était enveloppé dans des sacs de jute qu’on arrosait de façon à les maintenir humides. L’évaporation est un processus physique qui produit du froid et maintenait ainsi les ingrédients à une température inférieure à la température ambiante. »

Le public a dégusté le miget au bar « Le Nénuphar », du nom d’un établissement renommé de Coulon aujourd’hui disparu.

 « Cette boisson, à cause de l’alcool et du sucre, donne un coup de fouet, le pain lui se digère plus lentement. Elle était particulièrement bien adaptée pour les travaux des champs. »

Le nom de cette boisson comprend de nombreuses variantes : migé en berrichon, migi, migeot en poitevin, miet, miôt, miotte, miéttée en solognot, miotte ou miottée en tourangeau. Ces noms sont à rapprocher de celui qui désigne la mie, les miettes de pain, voire de fines tranches : mijette ou migette en poitevin, mejette, mijà ou mijade à Availles-Limouzine.

En présence de quelques animaux du Marais Poitevin présentés par le CREGENE (conservatoire des ressources génétiques du centre ouest atlantique), le programme des festivités était copieux :

un marché artisanal ;

des expositions de photos, de peinture, d’anciens appareils photo et une collection d’étiquettes de fromage ; des voitures anciennes, des vélos d’antan, des tracteurs d’époque et de vieux outils. . . ; un film retraçait la fabrication d’une roue par un charron ;

La reconstitution d’un mini village (le garage, la salle à manger maraîchine, la boulangerie, l’école, le fromager et l’épicerie, l’étable) avec son bistrot « Le nénuphar » où l’on pouvait déguster le fameux miget ;

Des jeux étaient proposés dont la pesée du cochon, le tir à la carabine, la pétanqu’oeuf, une pêche à la ligne ; les jeux de la grenouille et de la ficelle, . . .

Les visiteurs ont aussi assisté aux spectacles équestres offerts par Mélanie et ses traits poitevins, aux prestations de sonneurs de trompes de chasse, comme du groupe folklorique « Les Grelets de Santun ».

Dans la tradition, les bénévoles de l’association organisatrice ont aussi reconstitué des saynètes maraîchines, à savoir le mariage, la bugeaille et les activités d’antan essentiellement pratiquées en bateau.

Un des points forts de ce weekend d’animations : la bugeaille, ou plutôt le rinçage du linge au lavoir du fleuve, puis le séchage sur place.
Un bateau-tracteur pétaradant a fermé le défilé sur l’eau.

Gilles PETIT (photos)

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MARAIS POITEVIN des Deux-Sèvres : une manifestation au chevet du pont d’Irleau

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Un tablier de pont qui s’affaisse, les activités économiques et touristiques de la Venise Verte s’effondrent. Entre le « pont de la discorde » et le « Pont des Révérences », les Maraîchins ont choisi une manifestation historique, samedi 23 juin 2018. La conciliation doit succéder à la colère. A l’issue d’importants travaux, programmables en fin d’année 2018, le pont d’Irleau devrait retrouver « la situation qui existait avant. »

Enjambant la Sèvre Niortaise sur trente mètres, entre les communes du Vanneau-Irleau et de Coulon, le pont d’Irleau est actuellement limité à 3,5 tonnes et réduit à deux mètres de large.

Parallèlement à une passerelle métallique type Eiffel, encore récente en 1929, le « Pont des Révérences » d’Irleau, construit en béton armé [voir sa genèse et l’origine de ce nom dans le livre « Marais Poitevin : les rives du passé » de Jean-Claude Coursaud et Daniel Mar, aux éditions du Marmot], est inauguré en juin 1931 après deux années de travaux.

Aujourd’hui, le tablier de ce pont, lequel franchit le fleuve La Sèvre Niortaise à cheval sur les communes deux-sévriennes du Vanneau-Irleau et Coulon, donne des signes de faiblesse. Son utilisation est désormais limitée aux véhicules jusqu’à 3,5 tonnes ou deux mètres de large. Habitants, agriculteurs, élus locaux, acteurs du tourisme. . . dénoncent la position du Conseil départemental des Deux-Sèvres, propriétaire de l’ouvrage.

M. Gilbert Favreau (à gauche) président du CD79 en compagnie de M.Robert Gousseau (au micro) maire de la commune du Vanneau-Irleau.

Présent sur le site, le président du Conseil départemental 79 Gilbert Favreau a tenté d’expliquer les décisions prises : « En 1998, les services du département ont décidé de le fermer après une étude, puis de le limiter à 12,5 tonnes. Les usagers ont continué à circuler avec des véhicules de plus en plus lourds. En 2017, quand je suis arrivé à la présidence, un cabinet d’études m’a conseillé de fermer immédiatement le pont à toute circulation. Il fallait prendre des mesures. Il fallait faire des travaux, alors on a fait faire une étude technique qui a préconisé trois séries de travaux. D’abord, il y avait des appuis qui risquaient de lâcher. Ce sont les premiers travaux qui ont été fait en avril dernier. Aujourd’hui, il reste à faire des travaux sur le tablier du pont, surtout au niveau des soubassements qui portent le pont aux extrémités. La chaussée et les garde-corps sont également fatigués. » Le Conseil est intervenu sur la priorité, à savoir les appuis-piliers en béton qui tiennent le pont. Parallèlement, le poids limite des véhicules a été ramené à 3,5 tonnes. « Bien évidemment, il y a un certain nombre d’usagers qui sont gênés par cette situation et notamment les agriculteurs. Ils veulent qu’on rouvre le pont à tous tonnages. Le problème, c’est que le président du département que je suis ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Si un jour il y a une chute ou s’il y a un problème d’effondrement parce qu’on aura mis un gros cube de 35 tonnes. Le responsable, c’est moi ! Aujourd’hui, je suis dans un esprit de conciliation avec tout le monde. J’ai fait programmer des travaux pour l’automne et j’espère qu’à l’issue, on pourra me confirmer que, effectivement, on peut rouler à 12,5 tonnes. On reviendra donc à la situation qui existait avant. Mais on n’aura jamais l’autorisation sur un pont de cette qualité de faire passer des 35 tonnes. Voilà la situation. Je comprend aussi la gêne. Je suis obligé de faire comme ça. »

Promu porte-parole des manifestants, le maire du Vanneau-Irleau Robert Gousseau pose les problèmes : « On ne peut pas prétendre être les Portes du Marais, le Marais dans sa splendeur, l’emblème du département, un site touristique, un site classé, un Parc naturel régional, un Grand Site de France, et ne pas passer la Sèvre Niortaise à pied sec. Tous nos agriculteurs ne peuvent plus travailler, les touristes ne peuvent plus passer. On peut concevoir que le pont peut avoir des faiblesses, mais on ne peut pas, non plus, ne pas penser à demain. Par conséquent, il serait judicieux d’avoir, au moins, une perspective de ce qui va se faire dans la suite. Mettre 700 000 € sur trois ans, c’est un fait. A ce moment-là, il faut mettre 4 millions d’euros sur cinquante ans et puis on refait un pont. Si on avait un Département ambitieux, on ferait comme ça, sauf que ,apparemment, ce n’est pas le cas. On ne nous prend pas au sérieux, alors on fait voir qu’on n’est pas contents, c’est tout. On ne veut pas faire passer des revendications extraordinaires, mais en vérité, on est là pour démontrer que nos agriculteurs sont en souffrance et même éventuellement les touristes, les camping-cars ne passant plus. C’est désastreux. On ne peut pas se contenter de ça. De toute façon, on se bat contre plus fort que nous ; nous sommes tenaces. Si c’est faire des travaux pour ne rien faire de mieux, c’est pas la peine. Quand on me dit, on va mettre 700 000 € et qu’en fin de compte le pont va rester comme il est en ce moment, c’est pas satisfaisant. A ce moment-là, il ne faut pas mettre d’argent, moi j’appelle ça du gaspillage de l’argent public. Nos anciens, en 1930, ont pensé qu’il fallait un pont et il n’y avait pas de touristes, aujourd’hui il y a des touristes mais on ne peut même pas faire de pont. Peut-être qu’on pourrait remettre la passerelle à ce moment-là ! »

Au delà des « bons mots », le quotidien doit se réorganiser. Un agriculteur-éleveur de charolaises à Benet en Vendée : « Nous avons des terres sur Irleau, Le Vanneau, Arçais, Saint-Georges-de-Rex. Nous habitons de l’autre côté [rive droite de la Sèvre Niortaise] et je ne peux pas passer sur le pont pour aller en Deux-Sèvres. Nous exploitons environ 170 hectares sur ces communes-là. Nous élevons 600 bêtes en tout, dont à peu près 150 de ce côté deux-sévrien. L’ensemble tracteur, avec, par exemple, tout le matériel de fenaison ou la bétaillère, est trop large pour passer entre les chicanes. De plus, un convoi agricole pèse entre 4 à 12 tonnes maxi. Quand le pont a été construit, c’étaient des chevaux qui passaient là. Doit-on vivre avec les méthodes du 19ème siècle ou du 21ème siècle ? Parce que, on constate qu’au 20ème siècle, il a été fait un pont pour favoriser les échanges et qu’au 21ème siècle, on le ferme. Nous passions sur ce pont environ trois fois par jour. Actuellement, nous passons par Sansais-La Garette (79) ou par Damvix (85), ça dépend où on va. Ça va être compliqué cet été avec les véhicules qui vont tous dévier par là-bas. Le problème, c’est qu’un automobiliste coincé entre deux tracteurs pendant dix minutes, voire un quart d’heure, double dans un virage avec une petite visibilité. Quand dix plateaux à paille circuleront à longueur de journée, bonjour les dégâts. »

M. Gousseau poursuit : « Votre participation prouve que ce pont a une valeur symbolique, aussi bien pour les gens de chez nous que pour les gens de l’extérieur. La solution de facilité était de fermer le pont. Hier il marchait à 40 tonnes, aujourd’hui à 3,5 tonnes, ça fait une différence. En 1930, quand nos anciens, qui étaient aussi intelligents que nous, ont pensé qu’il fallait faire un pont, il n’y avait pas de touristes, il y avait les mogettes. Aujourd’hui, y a plus de mogettes, y a des touristes. Est-ce que ça compense, la question reste posée. On ne peut pas se contenter d’un pont à 3,5 tonnes et deux mètres de large. Un Conseil départemental digne de ce nom, soucieux du bien être de son bassin de vie, peut mettre, à mon avis, 3 millions d’euros sur cinquante ans. »

S’adressant à nouveau aux 200 personnes présentes sur le pont, M. Favreau précise: « Ceux qui ont fait ce pont n’ont peut-être pas pensé qu’il devait durer plus de 80 ans. Ce pont est dans un état déplorable, ce qui justifie des décisions prises. Nous avons fait en sorte de laisser passer au minimum les véhicules de tourisme jusqu’à 3,5 tonnes. Les travaux commenceraient probablement à la mi-septembre sur les soubassements et les garde-corps, pour une durée de deux mois et demi. Durant ces deux mois et demi, il y aura une fermeture. Après, nous serons à douze tonnes. Au delà de douze tonnes, je ne peux vous promettre. Il y a des contingences techniques qui ont fait que nous n’avons pas pu aller plus vite. Après ?!?! Un nouveau pont ?!?! Je ne sais pas si vous connaissez aujourd’hui les exigences administratives en matière de construction, notamment dans le Marais Poitevin qui est un site Natura 2000. C’est une administration d’État qui gère tout ça. Il faudra faire une étude très exigeante. C’est une bagatelle de 4 à 5 millions à la sortie. Je suis désolé des ennuis que ça cause à la population et à tout le secteur économique du Marais, mais je crois que c’est une obligation. »

Ancien maire de la commune d’Arçais (79), M. Joël Bourchenin, a ouvert le volet tourisme : « notre territoire sert de vitrine à notre département, de longue date. Évidemment que ce pont a toute son utilité pour notre tourisme d’été et de toutes saisons. On voit des agriculteurs se mobiliser, on voit aussi des acteurs du tourisme. » Un tourisme estival détourné dont dépend de nombreux commerçants installés dans les villages desservis par le pont.

M. Michel Simon, maire de Coulon, s’exprimant au titre de président de l’Office de tourisme Niort-Marais Poitevin : « A l’Office, nous expliquons aux touristes le problème du pont d’Irleau et l’interdiction des camping-cars. Ils le comprennent. Mais quand un touriste arrive en voiture, il voit tous ces panneaux de déviation. Il se dit que la commune doit être en travaux partout, il file son chemin. On perd du tourisme notamment depuis le début de la saison, les premiers chiffres de fréquentation de l’aire de camping-cars de Coulon l’attestent. »

Cherchons ensemble les bonnes idées pour restaurer le pont d’Irleau et apaiser le climat social dans la Venise Verte ?!?!

Finalement, la conciliation succède à la colère. Tout le monde s’est retrouvé autour d’une table qui « dessèche le gosier », à l’invitation du maire du Vanneau-Irleau. Là, au moins, on s’est parlé sans titre, sans tabou, ni procédure administrative.

 

Gilles PETIT (récit et photos)

COULON (Marais Poitevin 79) : FIAT LUX !!! « Que la lumière soit ! »

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Comme un enfant regarde la vitrine d’un magasin de jouets la veille de Noël, le maire de Coulon Michel Simon voit déjà sa commune « mise en lumière » par l’association Petites Cités de Caractère. Datant de 2016, ce « vieux » projet départemental, lancé par feue l’Agence de Développement Touristique (ADT79), est censé « permettre la mise en valeur du cadre du centre-bourg patrimonial et rural. » D’études en études, pourquoi faire simple (et moins cher !) quand on peut faire compliqué.

 

Comme ici à l’occasion des dernières Nuits Romanes, l’église de Coulon aurait fière allure avec une « mise en lumière » permanente.

Selon Mme Corinne GION, chargée de mission tourisme au Conseil Départemental des Deux-Sèvres (CD79), ce dernier ayant absorbé l’ADT79 : « Douze collectivités deux-sévriennes ont été associées à ce projet. » A savoir, les dix communes engagées dans les Petites Cités de Caractère (Airvault, Arçais, Celles-sur-Belle, Coulon, La-Mothe-Saint-Héray, Mauléon, Melle, Oiron, Saint-Loup-Lamairé et, peut-être, Chef-Boutonne) et les deux villes d’Art et d’Histoire : Thouars et Parthenay.

« La mise en lumière est en même temps un vecteur pour embellir un centre-bourg mais aussi un enjeu de développement économique et touristique puisqu’il s’agit, au travers de ce projet d’aménagement, d’élargir les amplitudes de visites et de séjours au niveau du cœur de bourg », telle est la démarche officielle. En somme, comme des insectes, il s’agit d’attirer par des lumières toujours plus de touristes dans nos petits villages. Mais pas que ! Car il existe un volet éclairage public qui pourrait intéresser les Coulonnais, tant les avis sont partagés sur la gestion des horaires de veille et des économies à faire. La chargée de mission précise : « l’éclairage public va de paire, la mise en lumière sera là pour souligner et pour être en complémentarité avec les sources fonctionnelles et sécuritaires. » En saison estivale uniquement.

Qu’est-ce donc que cette « mise en lumière » ? Il s’agit d’ « intéresser les concepteurs de lumière dans l’étude et la conception de ce projet. La mise en lumière est inscrite dans le cadre du schéma départemental de développement cognitif, approuvé en 2016 par le Conseil départemental des Deux-Sèvres, établi pour la période 2017-2021.  Qui doit permettre de justifier, puis de déclencher des financements départementaux spécifiques. » En clair, le CD79 a travaillé, depuis deux ans, avec l’agence Orpin de Lune, basée à Lyon, en mission d’assistance de maîtrise d’ouvrage sur cette mise en lumière. Évidemment, à l’échelle du département, mais avec des points communs à minima entre ces Petites Cités de caractère.

C’est pas gagné ! En effet, selon Mme Gion : « Il faut répondre aux besoins spécifiques de chacune des collectivités au travers de la déclinaison. Ce n’est pas seulement mettre en lumière un objet déterminé comme un bâtiment, il faut prendre en compte tout un zonage, un secteur donné. Vous pouvez entrer dans une programmation, c’est la définition d’un plan lumière, à savoir, que l’on prend en compte un périmètre donné dans lequel il y a un certain nombre d’objets d’intérêt patrimonial que l’on souhaite valoriser. Ce plan de lumière permettra de définir un phasage, une enveloppe et un calendrier pour déterminer la tranche de travaux. Un état des lieux a déjà été effectué fin 2017 avec l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, puis formalisé dans le cadre d’un support écrit avec un reportage photographique, inventaire de tous les points lumineux. »

Le maire de Coulon souhaite remettre en valeur l’église de la Sainte-Trinité dont l’éclairage est  désormais inhibé tant le système disjonctait. Il pense aussi au pigeonnier de la place de l’Ecu et quelques autres façades ou places et des passages de venelles. Ses yeux ont brillé à l’évocation de l’autre volet de cette mise en lumière : les illuminations estivales des quais de la Sèvre Niortaise, voire du centre du village. Il faut dire que la mission tourisme lui en a mis plein la vue en organisant, l’été dernier, des déplacements à Chaumont-sur-Loire ( Loir-et-Cher) et surtout à Montrésor (Indre-et-Loire). Depuis une dizaine d’années, Montrésor organise en juillet et en août, dans les rues du village et au bord de l’Indrois, au pied de ses deux châteaux, dont un est construit au début du XIe siècle à l’extrémité d’un éperon rocheux surplombant la vallée, une série d’animations et de spectacles estivaux nocturnes retraçant l’histoire de Montrésor appelés Les Nuits solaires de Montrésor.

La halle aux laines de Montrésor mise en lumière en permanence.

Au conseil municipal de Coulon, M. Simon s’est lancé dans un panégyrique vantant la majesté de ces manifestations  monumentales et rêvant de voir la Sèvre Niortaise et ses quais s’animer, à la nuit, d’effets lumineux de toutes sortes ponctués musicalement de diverses apparitions végétales et/ou animales sous forme d’ombres (la belle anguille du Marais remplaçant le grand lézard de Montrésor, par exemple). Il a précisé : « Tout ne sera pas éclairé, il y aura aussi des zones sombres ». Nous avons une pensée pour les Coulonnais qui imaginent déjà la disparition des billetteries des embarcadères entre 22/23 heures et 1 heure (du matin). Un rêve parmi d’autres.

Le projet « mise en lumière » est une « œuvre globale unique en France », dit-on. Or, il n’est pas certain que les douze collectivités retenues adhèrent à l’initiative. « On va s’appuyer sur le collectif pour faire réduire les coûts liés à l’étude, » explique Mme Corinne Gion. « Le département prendrait à sa charge la quasi totalité du chiffrage estimatif (50 000 €) en demandant une participation forfaitaire à chacune des communes à hauteur de 1 000 € » (Coulon a déjà prévu une enveloppe de 3 000 €). Pour les phases suivantes : projets et travaux, le département n’ayant pas vocation à aller plus loin en termes d’appui et de maîtrise d’ouvrage, chaque collectivité reprendra à son compte la maîtrise d’ouvrage, dont le financement, et déclenchera les phases techniques. Il faut que les conseils municipaux acceptent afin que le département sache le nombre définitif des communes qui souhaitent s’engager.

Les Nuits solaires illuminent les bords de l’Indrois et le château Renaissance de Montrésor chaque été.

En résumé, des études ont été réalisées par une agence de maîtrise d’ouvrage. Cette agence doit traverser la France pour travailler en Deux-Sèvres. Maintenant, les communes sont invitées à adhérer à un groupement de commandes chargé de recruter un nouveau cabinet d’études, lequel devra émettre au moins deux propositions au comité de pilotage à former. Ensuite, il faudra encore d’autres études pour définir un plan lumière par collectivité. Suivront des études réalisées concrètement par le ou les prestataires techniques. Parallèlement, des études fixeront les coûts des opérations par collectivité engagée. Tout ça avant que quelqu’un appuie sur le bouton d’allumage estival. « Il s’agit d’avoir un projet suffisamment avancé en terme de simulation, de rendu de simulation, d’estimation financière et puis de descriptif technique. »

On ne peut guère faire plus compliqué. Pour la phase éclairage public, Coulon finance déjà un prestataire-fournisseur d’énergie compétent pour repenser le système, comme l’ont fait des communes voisines réalisant désormais d’importantes économies d’énergie. Pour la phase animation lumineuse estivale, il suffit de débloquer une enveloppe tirée d’un budget culture à remettre à une structure associative experte en technique scénique (à l’image de l’ancienne association Côté Marais qui organisait le Festival du Marais) pour voir émerger des animations féériques. Le tout ne prend que quelques semaines de mise en place, sans gaspillage de fonds.

« L’étude doit durer jusqu’en mai 2019 », précise la chargée de mission. Au mois de mai, il sera trop tard pour penser et installer des lumières artistiques pour la saison 2019. 2020 sera une année de renouvellement des équipes municipales avec ses incontournables remises en cause des politiques antérieures.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple !!!

Gilles PETIT

Crédit photos les Nuits solaires de Montrésor : Alain Crozemarie — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45362902

COULON – MAGNE : Sept artistes présents au 48 ans de « La Grange de Camille »

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Pour sa 48ème année, le centre culturel « Coulon, rive gauche », une vraie grange maraîchine appelée « la grange de Camille », s’ouvre à sept artistes : Jean-Claude Daroux (gravure), Camille Gougnard (dessin à la plume), Daniel Mar (art du papier), Noël Marchesseau (aquarelle), Brigitte Belaud (sculpture), Chantal Gadreau (pastel) et les photographies du regretté André Pignoux.

Les artistes qui exposent, cette année, dans « la grange de Camille » : (de g. à d.) Camille Gougnard, Brigitte Belaud, Noël Marchesseau et Daniel Mar entourent l’hôtesse des lieux Cosette Pignoux (au centre). Manquent sur ce cliché, Chantal Gadreau, Jean-Claude Daroux et . . . André Pignoux.                                                                                 Photo Gilles Petit
Monsieur Camille PARIS

Nous sommes en 1969, le fermier maraîchin Camille Paris  vient de vendre ses trois dernières vaches et son cheval, l’écurie et la grange restent désormais vides. L’année suivante, la famille Pignoux a l’idée d’en faire un lieu d’exposition et l’ensemble est alors réhabilité. S’y succèdent des potiers, tisserands, ébénistes. . . Puis de nombreux artisans et artistes. Citons des peintres de prestige : Chenilleau, Bugeant, H. Benard-Giraudias et des intellectuels. « On a connu le potier de Jean Cocteau qui a bien voulu exposer là une trentaine de ses pièces », se souvenait André Pignoux. « Dans les années 1970, la grange faisait office de lieu culturel à Coulon. Il est passé plus de 200 exposants depuis 40 ans ».

Ouverte en 1970, sous le nom de « la grange à Camille », l’ancienne ferme de Monsieur Paris, située sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise face au village de Coulon (Deux-Sèvres), vit les premières expositions des photographies de M. André Pignoux et la fondation, en 1974, d’un groupement d’artisans régionaux. « Il y avait encore du foin à l’étage et les vaches juste parties », aimait rappeler le photographe local. Très fréquentée, « la grange à Camille » ne devait pas rouvrir ses portes, après la pause hivernale. Mais André et Cosette Pignoux, qui résident juste en face sur l’autre rive de la Sèvre Niortaise, n’ont pu se résigner à laisser les volets clos. Parlant alors au nom des artistes de la première édition, le regretté sculpteur Laurent Page expliquait : « Avec cette rénovation de la grange, nous faisons le pari de continuer à faire vivre cet endroit avec les fruits de nos travaux ». Réaménagée en un lieu aéré et clair, l’ancienne ferme héberge désormais, sur 120 m², des aquarelles, pastels, dessins à la plume, sculptures, gravures, art du papier. . .  et des séries de photographies, d’un temps perdu dont André Pignoux fut le témoin, des travaux artistiques pudiques et sensuels sur les nus féminins, et des natures mortes composées.

André Pignoux n’est plus, mais sa mémoire demeure !

Rebaptisée « la grange de Camille », l’ancienne propriété de M. Camille Paris, conserve l’architecture caractéristique de ces vieilles maisons du bord de fleuve, à savoir un corps d’habitation et une écurie en l’état, les auges, les râteliers, même le sol a été conservé intact avec ses pierres inégales et le courant au purin intégralement préservé. Construite comme la plupart des maisons maraîchines, à la fin du XIXe siècle, elle dispose d’un rez-de-chaussée (l’ancienne écurie) et d’un étage (ancien fenil), où était stockée la pâture des animaux.

Certains artistes exposent leurs œuvres dans « la grange de Camille » depuis une vingtaine d’années, c’est le cas de Camille Gougnard (dessin à la plume) ou de Daniel Mar (photographie puis art du papier).

L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte jusqu’à fin septembre dans « la grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.

La plume de Camille Gougnard plonge les visiteurs dans le dessin « gratté ».
L’art se conjugue à tous les sens !?!?

Gilles PETIT

Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.

Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI

 

 

MARAIS POITEVIN : Bassines et signature du contrat de Parc 2018-2020 à Coulon

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D’entrée, le ton est donné à Coulon (Deux-Sèvres) jeudi 26 avril 2018 en début d’après-midi devant le siège du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), à l’occasion de la signature du contrat de Parc 2018-2020 entre le PNR et la Région Nouvelle-Aquitaine. « La Région et Monsieur Rousset n’ont pas donné leur arbitrage quant au financement des bassines à hauteur de dix millions d’euros », informe M. Julien Le Guet, représentant des manifestants regroupés dans la structure collective Bassines Non Merci !. « Qu’on ne vienne pas me mélanger le marais et les bassines. Maintenant s’il y a des problèmes je saurai le dire, mais qu’ on n’en profite pas, sinon on n’avance pas, on oppose, on clive, et quand on clive, on ne construit pas », répond le Président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Toutefois, « une rencontre est calée le 29 mai prochain avec M. Alain Rousset sur le terrain pour lui montrer l’aberration de ce projet », précise M. Le Guet.

Le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset a été accueilli devant le siège du PNR par une délégation de Bassines Non Merci !

Pour les non initiés ou les absents, cette notion de « bassines » est expliquée dans nos articles précédents :  MARAIS POITEVIN : A Amuré (79), une chaîne humaine pour dire « Bassines, Non Merci ! » et MARAIS POITEVIN : le Collectif « Bassines Non Merci ! » lance « La Marche des Pigouilles » – dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres), aux liens suivants, respectivement : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2017/11/12/marais-poitevin-…ssines-non-merci/ et https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2018/02/26/marais-poitevin-…gnon-deux-sevres/.

Les manifestants dénoncent l’attitude du Parc, « pro-bassines » selon eux, « C’est dix ans d’histoire loupée, dix ans de mépris vis à vis des habitants et des associations du territoire. Donc aujourd’hui, on est là pour interroger en profondeur la pertinence d’un tel outil qui finalement n’est plus un projet de protection du milieu, mais bien un projet de soutien au pire développement économique. Si M. Rousset venait à signer, en dépit de nos interpellations, ce triste document, le Parc serait mort. »

 

 

Le Contrat de Parc 2018-2020 présente 46 actions pour un montant total de dépenses de 5 995 599 € sur trois ans. Selon le texte, « cette somme correspond aux objectifs de mise en œuvre de la charte 2011-2023 et à la feuille de route régionale. »

Le contrat est structuré autour des axes stratégiques de la dite-charte, à savoir :

  • Soutenir une agriculture durable (programmes autour des marais desséchés favorisant l’élevage extensif et la réhabilitation des milieux) ;
  • Développer un tourisme durable, rayonnant dans l’espace et dans le temps (itinérances, tourisme fluvial, . . .) ;
  • Favoriser l’émergence, le développement d’activités économiques fondées sur la valorisation du patrimoine et des ressources naturelles (marque parc, stratégie territoriale énergétique) ;
  • Préserver et restaurer le fonctionnement écologique du marais (observatoire patrimoine naturel, Life Baie d’Aiguillon, amélioration de la connaissance et de la conscience du risque, . . .) ;
  • Préserver et mettre en valeur les paysages identitaires de la ruralité maraîchine (valorisation de l’architecture maraîchine, plantation et suivi de boisement, . . .) ;
  • Forger une culture du marais engagée vers le développement durable (éducation à l’environnement, . . .).

    Au départ de Coulon, une petite balade touristique dans la Venise Verte a précédé la cérémonie de signature du contrat de Parc.
M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du Parc naturel régional du Marais Poitevin

Selon M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du PNR : « Cette terre est une terre d’exception comme tous les Parcs naturels régionaux. [La région Nouvelle-Aquitaine compte aujourd’hui quatre Parcs naturels régionaux : Landes de Gascogne, Marais Poitevin, Millevaches en Limousin, Périgord-Limousin, et bientôt cinq avec le projet du Médoc] Elle a une histoire qui est tournée vers l’eau. Cette eau qui, à la fois, peut apporter tant de richesse, mais aussi tant de danger. Cette eau nous amène aujourd’hui à mettre en avant toutes les richesses de ce territoire. Ces richesses sont à la fois culturelles, à la fois architecturales, à la fois de l’histoire et aussi de l’environnement. Ces richesses que l’on se doit de préserver dans l’avenir. » Dans cet objectif, le Marais Poitevin, deuxième zone humide de France et cinquième d’Europe, vient de se voir renouveler le label Grand Site de France. Le PNR envisage de « conquérir la reconnaissance de l’UNESCO et le label Convention RAMSAR. » La Convention de Ramsar est le plus ancien de tous les accords modernes mondiaux et intergouvernementaux sur l’environnement. Il s’agit d’un traité négocié dans les années 1960 par différents pays et organisations non gouvernementales préoccupés par la perte et la dégradation croissantes des habitats en zones humides pour les oiseaux d’eau migrateurs. Adopté dans la ville iranienne de Ramsar en 1971, il est entré en vigueur en 1975.

M. Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine.

M. Alain Rousset : « Ce Marais Poitevin est peut-être un résumé du défi que l’on a aujourd’hui sur la planète. On vit plusieurs défis : le défi de la croissance démographique, donc de nourrir la planète, de l’occuper, et le défi de la préserver. Et l’eau est un marqueur essentiel. Pour moi, voir une rivière à sec est un vrai malheur. Et puis, nous sommes là vers des systèmes de résurgence, mais on est en même temps vers des systèmes de submersion et d’inondation. C’est le deuxième paradoxe plus local. Comment peut-on à la fois souffrir de manque d’eau et de trop d’eau ? Le réchauffement climatique va entraîner la montée des eaux. Moi je souhaite que le Marais poitevin soit un lieu qui soit, d’une certaine manière, comme l’huître l’est à l’égard de la qualité des eaux, un lieu témoin à l’échelle de l’Europe.

Bassines Non Merci ! a organisé une procession de l’église de Coulon à l’embarcadère afin d’enterrer le Parc comme on a toujours enterré les morts dans le Marais Poitevin, c’est à dire, en leur proposant un dernier tour en barque pour dire au revoir à leur Marais.

 

 

« Je reste dans l’idée qu’on ne peut pas opposer l’homme et la nature parce qu’à un moment donné les verrous sautent. Donc, il  faut les marier justement. Il y a des activités humaines et agricoles, horticoles et maraîchères. Il y a des lieux, le marais humide et le marais desséché. Il y a du patrimoine. Il se trouve qu’un parc naturel régional est un joli témoin de ce que nous pouvons faire d’une manière publique avec la société civile pour, à la fois, faire en sorte qu’on préserve et qu’on vive, et qu’on montre. Rien ne serait pire que de garder pour quelques-uns cette balade magnifique sur les canaux. Cet espace doit être mis à la disposition du public, d’abord parce qu’il y a de l’argent public qui est mis pour le préserver. Donc il y a toute une réflexion sur un tourisme durable à mettre en place dans le cadre du Parc. En liaison avec les professions, les communes, les associations présentes avec les professionnels de la batellerie. Je sais qu’il y a des inquiétudes que j’espère infondées, en tout cas que je vais vérifier, sur l’approvisionnement en eau du marais. »

Par ailleurs, poursuit le Président : « la Région n’est pas là pour reproduire l’État, c’est à dire de tout décider, de Bordeaux ou de X ou Y, sur ce qui se passe sur les territoires. Je fais confiance aux territoires, à la société civile des territoires, aux associations des territoires, aux organisations et aux élus des territoires. Il y a des lignes qui seront fixées, mais ce n’est pas à moi, président de la Région, de les fixer, même si la Région est un des principaux financeurs, sinon le principal. Je fais confiance; c’est dans ce sens là qu’il faut voir la signature du président de la Région. Il y a un débat local. Ce débat est démocratique. On n’a rien inventé de mieux que la démocratie. C’est à la Région de fixer les grandes lignes et les orientations d’un Parc naturel régional. »

MM. Rousset et Perrier ont finalement paraphé le Contrat de Parc naturel régional du Marais Poitevin 2018-2020.

Gilles PETIT

En organisant une pétition, Anita ESCA demande la « Démission du préfet de l’Oise pour incitation à la violence »

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Au sujet de la chasse à courre, exceptionnellement, nous relayons le texte de la pétition qu’Anita ESCA a récemment lancé sur Change.org.

« Lors de la dernière assemblée générale de la fédération des chasseurs de l’Oise, soit une semaine après une manifestation pacifique record contre la chasse à courre le 31 mars 2018 à Compiègne, le préfet de l’Oise et les présidents de la Fédération Nationale de la Chasse et de la Fédération de la Chasse de l’Oise, ont répondu à l’unisson pour appeler à la violence contre les opposants à la chasse à courre, de plus en plus nombreux. 

Le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs, M Willy Schraen, en appelle à ses « gros bras », 800 chasseurs de gibier d’eau, pour venir « chasser en meute » les citoyens qui s’opposeraient désormais à cette pratique. Il faut noter qu’il appelle des chasseurs non concernés par ce mouvement qui ne s’oppose qu’à une seule forme de chasse, la chasse à courre. 

Le Préfet de l’Oise, M Louis Lefranc, appuie cette initiative en les appelant à « passer à l’action ». 

Une véritable milice est levée à la simple demande de représentants de la chasse française. 

Ces méthodes sont anti-démocratiques et contraires aux droits de l’homme et du citoyen. Elles visent à écraser un élan citoyen qui n’en peut plus de supporter une pratique féodale et morbide qui représente la domination par la violence, extrême et gratuite, sur des êtres innocents. 

Au lieu d’écouter ce mouvement et ce désir de beaucoup de français de vivre sans ces horreurs et ses souffrances infligées aux animaux, juste pour le plaisir d’une minorité, M le préfet de l’Oise a choisi LA RÉPRESSION et soutient désormais toute action des chasseurs visant à se faire justice eux-mêmes afin de continuer à vivre selon leurs us et coutumes. 

Par ailleurs, M  Guy Harle d’Ophove affirme que toute personne n’aimant pas la chasse se doit de déménager et de quitter les villages forestiers, qui bien sûr selon lui, n’appartiennent qu’à une seule catégorie de citoyens : LES CHASSEURS. 

Ce discours, en plus de son caractère dictatorial et violent, atteint plus d’une liberté fondamentale du citoyen français:

– le droit de manifester et d’exprimer ses opinions,

– le droit de vivre à la campagne et dans les villages forestiers pour toute personne opposée à la chasse.

 En soutenant ces  propos dangereux, le préfet de l’Oise cautionne la violence contre des citoyens qui ne veulent que préserver la vie.

Il prône de même l’obligation d’abattre tout animal s’introduisant sur une zone urbaine. Ceci, alors que les habitants des villages ont souvent manifesté leur désir de protéger ces animaux.

Comment un représentant de l’État peut-il à ce point ignorer le peuple au profit d’une caste minoritaire ?

Comment un préfet peut-il cautionner l’emploi de la violence face à des militants pacifistes ?

Comment peut-il mettre en place un dispositif tel que ‘les chasseurs vigilants’, tout en les incitant en même temps, à se faire justice eux-mêmes, alors qu’il s’adresse à des personnes munies d’armes ?

 Il doit être le garant de la sécurité sur son territoire et non l’inverse.

Il doit par ailleurs respecter les libertés fondamentales des citoyens, ce qui n’est apparemment pas le cas.

 Pour rappel, la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la DÉONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires:

 Art. 25.-Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. Dans l’exercice de ses fonctions, il est tenu à l’obligation de neutralité.

 Art. 25 bis.-I.-Le fonctionnaire veille à faire cesser immédiatement ou à prévenir les situations de conflit d’intérêts dans lesquelles il se trouve ou pourrait se trouver.

 Au sens de la présente loi, constitue un conflit d’intérêts toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions.

 Au vu des derniers évènements, le préfet Louis Le Franc, ne répond plus à aucune des obligations relatives à la DÉONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires.

Ses agissements sont de plus en plus dangereux pour nos concitoyens. Nous demandons de fait sa démission. »

MARAIS POITEVIN : un nouveau policier municipal à Coulon (2)

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Le policier municipal nouveau est arrivé à Coulon (Deux-Sèvres). La nouveauté vient du fait que Nicolas Fauchez est titulaire du grade de chef de service de Police municipale principal de 1re classe. Arborant trois barrettes blanches, ce nouveau « cadre d’emploi agent de Police municipale » est un professionnel d’expérience qui devrait faire oublier son prédécesseur.

M. Nicolas Fauchez, chef de service de Police municipale de 1ère classe, catégorie B, en poste à Coulon.

Le jeudi 15 mars 2018, en prélude à la réunion du Conseil municipal, le maire de Coulon, Michel Simon, a présenté aux élus, Nicolas Fauchez. En quelques mots, ce dernier a dressé un curriculum vitae digne d’un employé municipal de luxe à l’échelle d’une si petite commune aux moyens modestes.

 « Je m’appelle Nicolas Fauchez, j’ai 42 ans, je suis marié et nous avons deux enfants âgés de 4 et 8 ans ». Son cursus universitaire est riche d’une licence en droit social, d’une maîtrise en droit privé spécialisé en droit pénal des affaires, et d’études en Institut de police judiciaire. Le tout dispensé à La Rochelle (Charente-Maritime).

Puis vient son parcours professionnel : « J’ai débuté comme policier municipal sur l’Île-de-Ré ». Il a ensuite rejoint les rangs de la Police nationale à la police de l’air et des frontières en l’aéroport international de Paris – Roissy – Charles-de-Gaulle durant trois ans environ. Ensuite, il a « retrouvé un poste de policier municipal sur l’Île-de-Ré dans la même commune qu’auparavant ». Avant d’effectuer un tournant, en 2002, en réussissant le concours de chef de service (catégorie B). Il a été recruté, en 2003, par une ville de la banlieue sud d’Orléans (Loiret) jusqu’à son arrivée à Coulon le 1er mars 2018. Il a « dirigé une brigade comptant jusqu’à quatre personnels ». Pendant ces quinze ans, il a « informatisé tout le service, mis en place un système de radio-communication numérique, la vidéoprotection, l’armement, des actions en sécurité routière et du contrôle radar sur la voie publique ». Après une période d’adaptation, M. Fauchez risque de s’ennuyer à Coulon.

Suite à un changement professionnel de sa femme, le ménage a décidé de revenir dans la région.

 A l’issue d’une laborieuse première expérience de Police municipale, l’agent en poste à Coulon avait démissionné en juin 2017. Le maire avait alors engagé son conseil dans le recrutement d’un nouveau policier visant les grades de «gardien brigadier», de «brigadier-chef principal» et de «brigadier». Or, suite aux entretiens de sélection menés avec les services du Centre départemental 79 de gestion du personnel territorial, qui a reçu deux personnes, le choix du recrutement s’est porté sur un candidat titulaire d’un grade du cadre d’emploi des « Chefs de service de Police municipale ». Les élus devaient donc modifier le libellé de ce poste, à savoir : Chef de service de Police municipale principal de 1ère classe, catégorie B, à temps complet.

S’agissant d’un recrutement par voie de mutation, et compte tenu d’un délai de préavis de trois mois, la nomination de ce nouvel agent n’a pu être effective qu’à compter du 1er mars 2018.

Un luxe que le budget municipal de Coulon n’avait pas prévu.

Selon la Gazette, le journal des communes, départements et régions de France, la rémunération des agents de Police municipale a été revalorisé au 1er janvier 2017 (décret n°2017-398 du 24 mars 2017). Ainsi, le « traitement indiciaire brut mensuel (montants indicatifs) des grades brigadiers chef principal et chef de service de Police municipale est porté, au 1er février 2017, de 1 537 euros environ en début de carrière à 2 310 euros environ en fin de carrière (échelon spécial, chef de service). » De plus, de nouvelles « bonifications indiciaires » peuvent être perçues, ainsi qu’une participation récente au « régime indemnitaire ».

 Les finances de la commune doivent aussi supporter l’achat et l’équipement d’un véhicule de fonction. Un investissement initialement prévu pour le policier précédent. Le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin proposait à la vente une Renault Clio diesel. Malgré un compteur  affichant plus de 180 000 km, Coulon a investi 1 000 €. « Le budget d’entretien des véhicules et du matériel roulant est serré », a notamment fait remarquer l’adjoint Yves Pouzet. Il pensait peut-être à l’âge de la Clio, aux nouvelles règles du contrôle technique, ainsi qu’aux frais de carburant et d’assurance.

En plus, il a fallu équiper cette voiture du matériel réglementaire, à savoir, une rampe lumineuse, des avertisseurs sonores et la sérigraphie « Police municipale ». Le coût de cet équipement est de 4 710 euros. Il convient d’ajouter la main d’œuvre pour l’installation.

En prime, la municipalité doit participer à l’armement du policier, à hauteur de 2 500 euros, afin que ce dernier conserve son habilitation de port d’arme, durant son passage à Coulon. Enfin, qui dit arme dit protection, pour 300 euros, les Coulonnais devront aider à l’achat d’un gilet pare-balles (valeur 550 euros).

 Au cours de cette réunion du Conseil municipal, le maire a souligné qu’il avait fait le tour des commerçants en compagnie du chef Fauchez, « il y a plein de choses qui ne sont pas aux normes à Coulon. Nicolas connait ça par cœur, il doit voir » pour y remédier. Au sujet des controversées zones bleues, M. Simon a informé que l’agent n’est pas du « style à mettre des PV à tout va ». Pour le moment, « il met des papiers sur les véhicules. » Il souhaite « se faire respecter et respecter tout le monde. Il est dans la bonne démarche ». Mais, le maire a ajouté que cette zone bleue est « faite pour les commerçants. » Un détail que la population ne va guère apprécier, surtout les nombreux Coulonnais qui résident dans les écarts. Enfin, le clou final de M. Simon: « Avant, les PV étaient à 17 euros, maintenant c’est 35 euros, l’État a légiféré. » Autour de l’église, le stationnement est limité à « une heure et demie avec une tolérance, dont, par exemple, à midi, pour les convives d’un restaurant, mais ça peut ne pas suffire pour des clients d’un coiffeur. »

En tout état de cause, le chef de service de Police municipale Nicolas Fauchez devra (re)nouer des liens de confiance avec les Coulonnais, et réguler les impulsions de leur maire.

Gilles PETIT