Marais poitevin
COULON (79) : l’incidence du tourisme
Appelée « capitale du Marais Poitevin », la commune de Coulon (Deux-Sèvres France) est proche de l’asphyxie. La cause : le poids du tourisme. Un constat s’impose !
Pêle-mêle, la municipalité vend son plus beau patrimoine architectural au Conseil Départemental des Deux-Sèvres (CD79), pour le tourisme ; la municipalité privatise les quais Louis-Tardy, pour le tourisme ; la municipalité condamne la circulation de la rue de l’Église et de rues voisines, pour le tourisme ; la municipalité prépare la réfection du revêtement des quais Louis-Tardy, pour le tourisme ; une opération « mise en lumière » est lancée par le CD79, pour le tourisme ; la municipalité incite fortement les habitants à rentrer leur poubelle, pour le tourisme ; une zone de rencontre est instaurée, pour le tourisme ; . . . Le tout sur fond de pandémie et de sécurité concentré dans le centre-bourg de Coulon.

La commune de Coulon s’appauvrit économiquement, ses élus gèrent à vue. En effet, depuis une vingtaine d’années, les municipalités successives végètent. Manque d’ambition à long terme, du saupoudrage en permanence. Des projets que l’on dit importants restent en . . . projet. D’autres, utopiques, sont morts-nés, tout en grevant les finances locales. De plus, elle vend ses joyaux les plus précieux : les bâtiments du port de la Coutume. Du patrimoine immobilier de caractère, savamment acquis par les maires Maurice Moinard et Pierre Rousseau, il ne reste que les bâtisses qui hébergent la mairie et le siège du syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin.

Les élus de la mandature précédente, dont l’actuelle maire Anne-Sophie Guichet était première adjointe, a donc vendu ces deux maisons historiques (360 000 € le tout) au CD79 à la veille des élections municipales. Des lieux occupés respectivement par les associations Centre Social et Culturel du Marais (CSCM) et gestion de l’éco-musée La Maison du Marais Poitevin, et l’Office de Tourisme Niort-Marais Poitevin (OT). Photo Gilles PETIT
Normalement, lorsqu’un propriétaire souhaite vendre, il doit faire une proposition au locataire en place, en priorité. A notre connaissance, les occupants ont été écartés d’une éventuelle reprise. L’éco-musée et l’OT devraient rester locataires du CD79. Le CSCM est expulsé sans relogement assuré. Pour le tourisme.
Les quais Louis-Tardy
Les quais Louis-Tardy accueillent l’essentiel du flux de visiteurs estivaux, à pied ou à vélo. Les voitures ne peuvent pas cohabiter, évidemment. Celles, essentiellement coulonnaises, qui se retrouvent emprisonnées, entre les rues du Château et du Port-aux-Moules, n’ont qu’une seule solution : fendre la foule pour rejoindre la seule sortie possible la rue du Port-aux-Moules (les autres sorties sont enchaînées et cadenassées. Voir le diaporama ci-dessous). Parallèlement, sur cette voie, la municipalité a fait très fort, sous prétexte de sécurité, ou de pandémie, semble-t-il : elle a condamné les accès à la Sèvre Niortaise pour tous au profit des entreprises privées de batellerie. Des potelets équipés de chaînes barrent les descentes d’escaliers vers l’eau et des barrières métalliques fixes ferment le lavoir ancestral et les petits quais du port de la Coutume. Pour le tourisme.

Quant au revêtement des quais Louis-Tardy, nous vous invitons à (re)lire notre article : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2021/01/31/coulon-79-rehabilitation-de-la-voirie-du-quai-louis-tardy/
« Mise en lumière »
L’opération « mise en lumière » du centre-bourg pourrait intéresser les Coulonnais s’il n’était pas orienté, une fois de plus, vers le tourisme. Voir notre article expliquant la genèse de ce projet : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2018/06/18/coulon-marais-poitevin-79-fiat-lux-que-la-lumiere-soit/ . Énoncé au futur proche et non au conditionnel, le sujet « avant-projet définitif » a fait l’objet, au dernier conseil municipal de Coulon (1er juillet 2021), d’une simple information demandant seulement aux élus d’accepter le plan de financement pour lancer l’étape suivante.

Exclusivement centré sur l’église, sa place et les rues alentours, ce projet propose « le remplacement des candélabres actuels par des lanternes dont le faisceau lumineux sera dirigé vers le sol ce qui permettra une réduction de la pollution lumineuse et une meilleure visibilité ». La question d’économie d’énergie n’a pas été évoquée, la commune payant les factures des consommations électriques.
Nous attendions l’annonce de l’usage de lampes à LED (Diodes Électroluminescentes) faible consommatrices d’énergie. Ce sera pour plus tard car la LED deviendra prochainement la norme en éclairage public. La commune qui aura, encore, loupé une opportunité, devra alors débourser davantage.
La consommation d’électricité se verra booster par « l’ajout de projecteurs qui seront implantés sur des bâtiments publics ou privés et sur un mât adossé au support de communication historique existant sur la place », côté ouest. Ainsi, les touristes verront mieux l’affreux sol en béton du parvis et les passants pourront bien voir où ils mettent les pieds afin de ne pas se blesser sur les dangereux pavés dégradés.

Photographie ci-contre : Sur la place de l’Église, l’arbre de la Liberté se verrait affublé d’un poteau (sur sa gauche). Cette arbre remarquable a été replanté par M. Louis Tardy en 1948 à l’occasion du centenaire de la Révolution devant lequel l’assistance aurait entonné « Le chant des ouvriers », l’hymne de la Révolution de 1848, écrit, en 1846, par le Coulonnais Pierre Dupont.
Photo Gilles PETIT
Enfin, cerise sur le gâteau, il est inclus dans le paquet-cadeau « la projection sur le sol du parvis de dessins rappelant l’identité de la commune (faune, flore, architecture…) ». Pour ce faire, un concepteur-lumières a été recruté pour étudier le projet commun à cinq Petites Cités de Caractère des Deux-Sèvres adhérentes au projet. Le premier adjoint à la maire, Dominique Giret, précise : « En ce qui concerne le planning, ces travaux devraient débuter en septembre pour être terminés avant les fêtes de fin d’année ». Les touristes seront alors repartis. La facture de cette tranche de « mise en lumière » de l’Église et du complément d’éclairage de la place affiche un total de 153 829,40 € HT (Subventionnés à hauteur de 75 % par l’AggloNiort, le Département et l’État). Pour le tourisme.
Incidence ?!
Petit à petit, la commune de Coulon perd son indépendance. Elle bénéficie ou supporte (c’est selon !) l’expansion économique de sa voisine Magné. Cette influence s’ajoute aux pressions exercées par le CD79 et la CAN. En effet, le Département et l’AggloNiort se livrent une guéguerre pour la conduite du tourisme en Marais Poitevin. La CAN possède l’Office de tourisme et gère le projet de tourisme fluvial (fluvestre) sur la Sèvre Niortaise ; le Département aménage les circuits pédestres et cyclables, achète les principaux bâtiments à vocation touristique et a toujours présidé l’association qui gère l’éco-musée Maison du Marais Mouillé, aujourd’hui appelée Maison du Marais Poitevin. Chapeautant l’association Petites Cités de Caractère, le CD79 a lancé « la mise en lumière » et promis officieusement plus d’aides financières pour les quais de Coulon, en contrepartie. La maire de Coulon ne peut pas arbitrer la lutte car elle est à la fois vice-présidente de la CAN et conseillère départementale des Deux-Sèvres. Elle ne peut qu’assister au combat et acquiescer aux initiatives de ces deux rouleaux-compresseurs, sans qui rien ne serait possible sur le territoire de sa commune. La génération actuelle de conseillers municipaux n’a pas connu les grands projets et les ambitieuses réalisations de Coulon. Tout cela est révolu, sauf si cette capitale maraîchine fusionne avec celle de Magné. Le tourisme pour l’une, l’économie pour l’autre. Ensemble, elles ne travailleraient pas seulement pour le tourisme.
Gilles PETIT
COULON (79) : Ouverture d’un nouveau gîte familial : le « Gîte de la Coulonnerie »
Un nouvel hébergement touristique vient d’ouvrir à Coulon (Deux-Sèvres – France) au cœur du Marais Poitevin. Le « Gîte de la Coulonnerie » est une ancienne ferme située dans le centre-bourg historique de la capitale de la Venise Verte.

Le « Gîte de la Coulonnerie » est aménagé dans une grande maison familiale en pierres de taille datant du 18ème siècle et remaniée fin 19ème. D’architecture typique de Coulon, possédant deux cours privées, l’une close, l’autre ouverte offrant un parking réservé. Le bâtiment est idéalement situé au cœur du village maraîchin dans un secteur très calme, proche de nombreux commerces et services, d’établissements de restauration, de l’éco-musée « La Maison du Marais Poitevin ». . . , ainsi que des quais de la Sèvre Niortaise pourvus de plusieurs embarcadères proposant la location de barques et canoës, avec ou sans guides.







Le Marais Poitevin

Seconde zone humide de France s’étendant sur trois départements (Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Vendée) et deux régions (Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire) , le Marais Poitevin est composé de trois paysages différents d’une grande richesse écologique :
les marais mouillés, aussi appelés Venise Verte, avec leurs canaux bordés de frênes têtards et de peupliers ;
les marais desséchés, vaste zone de prairies humides s’étendant jusqu’à l’océan ;
le littoral et ses 150 km de côtes, dont la Baie de l’Aiguillon, estuaire des principaux fleuves irriguant les marais.
Le village de Coulon
Habité depuis le Néolithique, le village de Coulon se situe sur le tracé de la voie romaine reliant Saintes, ancienne capitale de la Gaule Aquitaine, à Angers. Cette commune « péri-urbaine » de 2 318 habitants, au 1er janvier 2020, qui longe la Sèvre Niortaise, est considérée comme la capitale du Marais Poitevin. De sa place centrale partent les rues principales du bourg, interconnectées par nombre de petites ruelles et venelles piétonnes. En face et en aval de Coulon, s’étend la partie principale de la Venise Verte avec ses nombreux canaux. Plusieurs pistes pédestres et cyclistes sillonnent la commune.

Gîte de la Coulonnerie
3 chambres – Salon – Salle à manger
Cuisine équipée
Salle d’eau
6 Ruelle de la Coulonnerie
79510 COULON, France
Tél. : +33 (0)7 88 17 67 56 Courriel : bienvenue@gitedelacoulonnerie.com
MAGNE (79) : Un double hommage des Magnésiens à M. Claude Audis
L’équipe de Magné-Animation, la municipalité et les bénévoles du Festival International de Peinture de Magné (79) ont doublement rendu hommage à leur président fondateur et président d’honneur Claude Audis. Samedi 18 juillet 2020, une plaque « lumineuse » a été dévoilée au cimetière local. Samedi 24 juillet 2021, la municipalité a baptisé le square de la mairie : « Jardin Claude Audis ».

A la demande de M. Jean-Marie Zacchi, peintre de renommée mondiale et président d’honneur du Festival pendant de nombreuses années, le maire Gérard Laborderie a proposé au conseil municipal de dénommer un espace public au nom de Claude Audis. Le choix n’a pas été difficile. Il s’est très vite porté sur le jardin de la mairie qui est « le berceau des moments forts de ce Festival avec, notamment, les inaugurations officielles, l’exposition des tableaux réalisés par les peintres et la remise des prix. » Le Conseil municipal a approuvé cette décision à l’unanimité et a fait poser des plaques à chaque entrée de ce square qui, jusqu’à présent, n’était pas dénommé. Il porte aujourd’hui officiellement le nom de « Jardin Claude Audis ».

Les origines du Festival
Tout a commencé en 1989 lorsque Jean Thébault alors maire de Magné, avec Bernard Texier, le père du célèbre peintre Richard Texier, a demandé à son adjoint Claude Audis d’imaginer une manifestation culturelle autour de la peinture et de la mettre en œuvre. Si le cahier des charges pouvait paraître simple, le défi était de taille pour quelqu’un qui était chef d’entreprise, mais pas dans le monde de l’art. Il fallait une bonne dose d’audace en 1989.
Claude Audis aimait rappeler, « le Festival est né comme un pari, comme un défi, et il s’est installé comme une évidence. »
Une plaque-photo et un monument
Le 18 juillet 2020, Magné Animation a déposé une plaque sur la tombe de Claude Audis, sous la forme d’une « photo lumineuse » (auteur Michel Grégoire) présentant parfaitement le Festival avec les peintres, la Sèvre Niortaise et le village de Magné à l’horizon. Le maire de Magné avait alors refermé ainsi le livre des éloges : « En guise de reconnaissance de [son] action, l’équipe municipale qui m’entoure réfléchit à donner [son] nom à un espace de la commune en lien avec le site du Festival. La période de confinement ne nous a pas permis d’être prêts pour aujourd’hui, mais je m’engage à ce que tout soit prêt pour l’inauguration de juillet 2021. »
Effectivement, le 24 juillet 2021, au cours de l’inauguration du 33ème Festival international de peinture et dessin de Magné, M. Gérard Laborderie et Mme Nicole Audis ont dévoilé « une structure » à la mémoire de Claude Audis, installée dans le « Jardin Claude Audis ». La vidéo de cette cérémonie : https://youtu.be/VyFk9FXNY8o


COULON : Coulon-Rive Gauche, seize artistes de talent
Cette saison estivale 2021, seize artistes investissent La Grange de Camille, à l’invitation de « Coulon, Rive gauche ». Toutes les techniques y sont présentées : aquarelle, huile, dessin, sculpture, estampe, photographie, art du papier, … Parmi les petits nouveaux, une jeune « peintre sur mobilier » Sabrina Brulay, à l’enseigne « NINA B ART DU MOBILIER ».







Lors de l’inauguration de La Grange de Camille, la maîtresse de maison Cosette Pignoux, de sa plume poétique, a expliqué « comment la Grange a grandi » : « Quand est-ce qu’on ouvre la Grange à Camille ? Quand ? Perchée sur mon escabeau, la phrase prononcée me fait dans le cœur une tristesse tendre. Ce lieu si pensé à deux dans la passion qui fait vibrer la corde sensible, rencontrer la sensibilité de notre nous-même, en ressentir les vibrations. La Grange, ce lieu vibrant de mille pas, de mille joies. Ce lieu qu’on a rêvé ensemble, André et moi, si plein de nos désirs d’échanges, si plein de nos rêves de troubadours fous, fous d’amour, d’extravagance, de beauté, de musiques, de mots, de partages. Cette grange qui était destinée à fermer sa porte à toute vie, nous allions la faire renaître. Mais offrir une grande et belle aventure. Camille, le voisin d’enfance accepta par tendresse. Son « Oui, je veux bien » fut un chant d’alouette, un baiser de tendresse de l’enfant que j’avais été. On exposerait des photos. Travaux des champs sur le foin. De l’authentique. La grange avait sa fierté, nous nous devions de la respecter. Elle avait cette odeur du passé où l’homme vivait encore au pas des bêtes, sur les chemins des cigales, où les soirs se partageaient la parole sur les seuils des portes. La Grange ouverte au regard sur la beauté d’expression, d’échange. Pas n’importe quelle grange : la grange à Camille avec ses pavés cirés par les pas des visiteurs, sa douce fraîcheur quand on y entre par les journées chaudes. La Grange, habitée de poésie et d’amour. Ce qu’il faut à l’être pour être heureux, c’est la beauté, de la passion. Notre désir était de faire de cette grange, le lieu de création pour poètes, amoureux de la vie, du beau, du fantastique. Prendre le temps de regarder, de se laisser surprendre. Tout simplement, le temps d’aimer, de partager, laisser ses yeux vagabonder. Alors oui, il faut la rouvrir la Grange de Camille. » Cette scène s’est déroulée voici 52 ans. Depuis, ce lieu unique de rencontres d’artistes rouvrent ses portes tous les étés sur la commune de Coulon sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise.
Seize artistes de talent

Cette année, « Coulon, Rive Gauche » invite les œuvres de Jean Artibricolo, Danièle Baudry, Élisabeth Blanchart, Anne Bouffard, Anne Dahomé, Fredy Gautier, Patrick Gélineau, Christiane Gilbert, Phil Lejeune, Daniel Mar, Richard Métais, Olivier Nillesse, André Pignoux, Sandrine Pignoux, Philippe Simon et, parmi les petits nouveaux, une jeune « peintre sur mobilier » Sabrina Brulay.
NINA B ART DU MOBILIER
Sabrina Brulay vient d’ouvrir un atelier de métier d’art de peintre sur mobilier sous le nom de « Nina B Art du mobilier » à Mauzé-sur-Le-Mignon en Deux-Sèvres, entre Niort et La-Rochelle. « Je rénove et transforme des meubles anciens et aussi contemporains, » explique-t-elle et précise « j’utilise des techniques contemporaines et du XVIIIème siècle pour le décapage puisque je fais tout à la main, décors compris ».

Sabrina Brulay poursuit : « Mes clients sont des gens qui ont du mobilier souvent ancien, parfois contemporain. Ils viennent à l’atelier ou je vais à leur rencontre comme ici [à La Grange de Camille] dans une galerie d’art. Je fais un projet décoratif adapté en fonction de leur projet. Souvent, le mobilier a une histoire familiale, les gens ne veulent pas s’en séparer d’autant que le meuble a une âme. Ils aimeraient le conserver et pouvoir leur donner un peu plus d’allure ou une « nouvelle tête ». Je peux proposer beaucoup de choses et je m’adapte en fonction de leur intérieur puisque j’ai des outils modernes, comme la planche décorative sur laquelle ils peuvent visualiser leur projet avec leur intérieur. C’est super intéressant. »
Photo Sabrina Brulay
Nina B a suivi une formation complète à Rians (83) . Dans ce petit village de Provence, le centre de formation Atelier Garance dispense une qualification unique en France qui délivre le titre d’artisan d’art avec certification professionnelle. « Nous sommes aujourd’hui exactement cinquante-deux artisans à proposer ce métier d’art en France. Actuellement sur mon secteur, je suis la seule », précise Sabrina Brulay.
Lors de ses permanences prévues les vendredis et samedis après midi, à La Grange de Camille, Nina B pourra détailler chaque pièce exposée comme autant d’échantillons de ses talents. Du faux cuir, de la fausse rouille sur des matières métallisées ; la création ou rénovation de boiseries, d’éléments de cuisines, de salles à manger… Elle transmettra sa passion en démontrant pourquoi elle fait des patines inspirées des techniques du XVIIIème siècle : les meubles à nu, sept couches, des fiches de travail, le décapage, la préparation sur place, l’impression des peintures, la couleur des patines, la finition et la protection de l’ouvrage.

Sabrina Brulay poursuit : « je suis aussi spécialisée dans le travail à la feuille d’or, une formation complémentaire enseignée en Suisse que je peux utiliser sur une assiette comme sur un meuble (photo ci-contre). Posée sur ce meuble, une lampe boule année 1960/1970 revisitée avec un abat jour en accord avec l’effet porphyre. Le porphyre est une pierre pourpre tachetée de blanc. Je n’utilise que des pigments naturels provenant de trois carrières en France dont la plus connue, la carrière de Gargas, les fameux ocres de Provence dans le Vaucluse. »
Photo Gilles PETIT
« Je suis heureuse de faire partie des artistes standard, inscrite au registre de l’Institut national des métiers d’art qui participe à la protection des ouvrages artistiques français. Ce n’est pas rien. C’est une reconnaissance au niveau national », se félicite Sabrina Brulay. http://www.ninabartdumobilier.fr
L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte tous les après-midis jusqu’à fin septembre dans « la Grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise, face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.
Gilles PETIT
Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.
Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI
COULON (79) : Histoire de l’immeuble Élise LUCAS
Tout Maraîchin résidant dans la Venise Verte (Marais Poitevin des Deux-Sèvres) a forcément entendu parler du « Centre du Préplot ». Cette ancienne ferme du lieu-dit Préplot à Coulon défraie la chronique depuis le décès de sa propriétaire Mme Élise Lucas, sans héritier connu. Histoire d’une bâtisse léguée, voici 44 ans, sous condition, à la municipalité coulonnaise.
L’histoire commence en janvier 1977, Mme Élise Lucas vient de décéder à l’âge de 97 ans. Elle vivait seule dans la petite ferme familiale de « Prépelot ». « C’était une personne de petite taille, pétillante d’intelligence. Un personnage politiquement très marqué, défenseur de l’école publique. Elle était très amie, bien sûr, avec le monde enseignant de Coulon, » se souvient M. Jean-Claude Coursaud, ancien agriculteur, chroniqueur local, qui a côtoyé Mme Lucas alors qu’il était tout jeune garçon. Dans son éloge funèbre, M. Maurice Moinard, à l’époque maire de Coulon, déclara, notamment : « C’était l’une des figures les plus connues du Marais Poitevin surtout depuis l’émission télévisée produite sur le Niortais, voici quelques années, et durant laquelle chacun avait fort prisé la façon de raconter dont fit preuve la nonagénaire ».


Née Benoist en 1879, Élise Lucas était veuve depuis le 22 février 1947, date de la mort de son époux Pascal. Elle a donné naissance, le 31 août 1905, à leur fils unique Henri. M. Henri Lucas était président de l’Amicale Laïque de Coulon, une structure pluridisciplinaire au service de l’Éducation Populaire, lorsque, au cours d’une permission le 29 novembre 1942, il traverse des animaux en bateau dans un marais, sur la « conche du Château ». Au retour, il tombe dans la Sèvre Niortaise et se noie à proximité de la cale de Préplot.
Photo Pascal, Élise et Henri Lucas
Collection Maryse COURSAUD

« Le lien avec le monde enseignant a été primordial chez Élise Lucas soutenue par une idéologie de gauche bien affirmée », indique M. Coursaud. « Avec son mari, elle était issue de ce monde paysan qui avait une culture certaine. Elle faisait partie de ces femmes de la terre très intellectuelles. Tout ce qui était spectacles, elle aimait ça. Voilà des gens qui avaient deux ou trois vaches, qui vendaient un peu de lait, qui vendaient quelques peupliers, puis ça suffisait. Tout était assez compartimenté chez elle. Elle était assez sélective. Peut être que la politique la rendait ainsi. »
Mme Elise Lucas en compagnie de MM. Prillaud, Vergne, Boineaud et Prioux, (de gauche à droite) personnalités politiques et enseignantes Photo Collection Maryse COURSAUD
Le legs de Mme Lucas
Ceci explique peut-être cela. Quelque temps avant sa chute avec fracture, dont les suites de l’intervention chirurgicale nécessaire lui furent fatale, Mme Lucas avait rédigé son testament : En 1977, elle donnait les terres qu’elle possédait sur les communes de Sansais – La-Garette et Coulon aux familles Frère de Sansais et Pailler de Coulon. Quant aux bâtiments et dépendances de la ferme de Préplot, elle les léguait à la municipalité coulonnaise, conduite par « son ami » le maire Maurice Moinard, sous l’unique condition : « les utiliser au bénéfice des enfants et de la jeunesse en général. » De nos jours, ce legs est toujours en vigueur. Ainsi est né le « Centre du Préplot », un « cadeau » dont les municipalités coulonnaises qui se sont succédé se seraient bien passées, quoique bien venu.
Faisant suite à ses dernières volontés, la maison natale d’Élise Lucas a rapidement été dévolue au Foyer Léo-Lagrange. Le bâtiment a été réaménagé en centre de vacances dont la gestion a donc été confiée à la Fédération régionale Léo-Lagrange jusqu’en juin 1989. Alors que la municipalité avait réalisé des travaux pour 2,54 millions de francs, le nouveau maire Pierre Rousseau a accusé Léo Lagrange d’« oublier de payer les loyers ». Ce contentieux ne s’est soldé qu’en juillet 1990.

La commune reprend la gestion directe du centre d’hébergement, ouvert de Pâques à la Toussaint. Elle embauche le personnel nécessaire dont une directrice. Laquelle quittera ses fonctions le 30 avril 1992 pour des raisons personnelles. A ce moment-là, toutes les analyses et comparaisons les plus récentes démontraient que, selon M. Rousseau, « si l’implantation est bonne et attrayante, l’investissement était trop lourd ce qui généraient des charges financières pesant considérablement sur l’exploitation. » Bref, le « Centre du Préplot », chargé de l’accueil de groupes en visite dans le Marais, s’avère peu rentable. Il fallait trouver une « autre orientation » afin de maintenir l’activité en réduisant les charges de manière drastique.
Arrivée de la MFR
Un miracle s’est produit le lundi 7 septembre 1992. La Maison Familiale Rurale (MFR) de Brioux-sur-Boutonne recevait au centre du Préplot à Coulon, les vingt jeunes filles du BEPA 2ème année économie familiale et rurale, option service aux personnes. En effet, la maison-mère de la MFR, ne pouvant plus, en raison des effectifs, assurer l’accueil à Brioux-sur-Boutonne de tous les élèves dans de bonnes conditions, a reçu de la mairie de Coulon l’autorisation de s’installer au centre d’hébergement du Préplot pour l’année scolaire 1992-1993. « Tout le monde apprécie le calme des lieux, la proximité de la Sèvre Niortaise et l’installation dans des locaux spacieux, clairs et gais laissant bien augurer de l’année scolaire », estimait alors la directrice Mme Guillemain-Touzeau.
La MFR était tellement satisfaite que, tout au long de l’année, il a fallu adapter les pièces, les commodités … La commune a rapidement acquis, auprès des Domaines, un bâtiment préfabriqué pour la somme de 4 160 francs, puis, en 1995, deux autres préfabriqués d’occasion qui abriteront trois salles de classe, une cuisine pédagogique et un foyer-convivialité. Ces travaux étaient menés en parallèle avec l’aménagement de l’internat filles et garçons. Enfin, une convention a été signée par la MFR avec la commune qui met à disposition les locaux durant cinq jours par semaine, laissant libre les week-ends pour l’accueil d’autres groupes. Le contrat de location stipulait que la Maison Familiale Rurale loue les locaux 95 francs la journée de présence pendant 17 semaines de septembre à juin. Les années scolaires suivantes, l’effectif a doublé puis triplé. En somme, tous les cours ont rejoint Coulon. Finalement, la municipalité a consenti la location annuelle à la MFR sur la base de 150.000 francs par an.
Après d’autres lourds investissements et travaux d’aménagement répondant aux exigences de l’école, financés par elle-même et la commune, largement subventionnés, la MFR commence, en 2007, à parler de « déménagement dans une construction neuve sur un espace proche ». Souhaitant rester à Coulon. Mais, il était aussi envisagé le déplacement de la MFR à proximité de la Maison du Cheval à La-Garette sur des terrains appartenant au Conseil Général des Deux-Sèvres. Finalement, le couperet est tombé le 8 décembre 2009. Le maire Albert Cheminet a informé les élus du courrier qu’il a reçu le 3 décembre 2009 de Monsieur le président de la Maison Familiale Rurale de Coulon lui annonçant la décision du conseil d’administration de quitter la commune de Coulon pour La-Garette.
Une maison inoccupée
La MFR a rendu les clés du « Centre du Préplot » le 1er juillet 2012. Les locaux étant désormais vacants, deux possibilités s’offraient à la municipalité coulonnaise conduite par le maire Michel Simon. Soit vendre l’immeuble ; soit le louer à une autre structure, sachant que celle-ci devra répondre aux conditions du legs de Mme Élise Lucas.

Il faut préciser que les travaux de remise en état et de mise aux normes sont considérables et fort onéreux et que la meilleure des solutions serait de trouver un investisseur qui accepte de louer ces locaux en l’état et de les réhabiliter lui-même. Les élus coulonnais ont finalement choisi la location.
Quel sera l’avenir de l’héritage de la famille Lucas ? Photo Collection Maryse COURSAUD
On passe rapidement sur les démarches infructueuses du maire auprès de l’association GPA79-16 (Groupement entre la Pep et l’Apajh) qui souhaitait créer, en 2015, un centre de découverte pour adultes et jeunes handicapés. Un projet abandonné, suivi, fin 2018, par des discussions engagées avec un porteur de projet privé, le groupe Les Printanières, qui se disait très intéressé par le site pour la construction d’une résidence services séniors pour l’automne 2020. Pendant ce temps, le « Centre du Préplot » inoccupé, décrépit rapidement.
Aujourd’hui, en 2021, il est question d’y loger le Centre Social et Culturel du Marais (CSCM). Étant évincé de son bâtiment originel par la municipalité coulonnaise, qui l’a vendu au Conseil départemental des Deux-Sèvres, le CSCM est à la recherche d’une nouvelle adresse. Mais ceci est une autre histoire dont la trame n’est pas encore écrite.
Gilles PETIT
Un grand merci à Mme Maryse Coursaud, ancienne directrice d’école à Coulon, historienne du Marais Poitevin, pour le prêt des photos de Mme Élise Lucas
MAGNE (79) Les 30 ans du Square du 11ème G.R.C.A.
Le 8 mai 1991, la municipalité magnésienne, conduite par son maire M. Jean Thébault, honorait le 11ème Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée formé à Magné en septembre 1939, avec des éléments de réserve. L’histoire du « Square du 11è G.R.C.A. », un parking municipal ainsi nommé en souvenir d’une Amicale locale dissoute.
Créées de juillet à septembre 1939, les unités Groupes de Reconnaissance de Corps d’Armée (G.R.C.A.) ont été dissoutes à l’armistice de 1940. Les G.R.C.A. avaient été formés par les Centres de Mobilisation de Cavalerie (C.M.C.). Ils étaient principalement composés de réservistes. Les G.R.C.A. étaient structurés selon deux modèles : les G.R.C.A. comprenant uniquement des unités motorisés (les 1er, 2e et 3e G.R.C.A. ) ; les G.R.C.A. mixtes comprenant des unités à cheval et des unités motorisées. Les mixtes étaient nommés du 6e au 25e G.R.C.A. dont le 11e.


Lors de l’inauguration du Square du 11e G.R.C.A., M. Carillon (photo ci-contre), dernier secrétaire de l’Amicale du même nom, a retracé l’histoire de son régiment [Un texte extrait du guide annuaire municipal n°13-1991] : « Pour tous les anciens combattants et la population, le 8 mai 1945 a été une date historique, l’hégémonie nazie était anéantie et chacun poussait un soupir de soulagement après cinq années d’occupation allemande. Aujourd’hui 8 mai 1991, restera aussi pour le 11e G.R.C.A. une date historique. Formé à Magné en septembre 1939, avec des éléments de réserve, sous le commandement du Colonel Malcor, ce régiment, après dix jours de formation [au 9e Centre Mobilisateur de Cavalerie basé à Niort – NDLR], était dirigé sur la Lorraine. En tant que Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée, notre mission était d’être aux avant-postes pour surveiller l’ennemi, ses déplacements et l’efficacité de son armement.
Pendant huit mois, de la forêt de Warndt à Forbach, nous avons fait ce travail délicat et dangereux. A fin mai, nous avons dû partir pour la Somme pour aider à enrayer l’avance ennemie. Efforts sans résultat puisque le 6 juin, nous trouvant sur le passage des chars à Guderian, le régiment fut complètement décimé : morts, blessés, prisonniers ne se comptaient plus. »
La bataille de France
Le 11e G.R.C.A. a donc combattu lors de « la bataille de France ». Selon un article de l’encyclopédie libre Wikipédia : La bataille de France ou campagne de France désigne l’invasion des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France, par les forces du Troisième Reich, pendant la Seconde Guerre mondiale. L’offensive débute le 10 mai 1940 mettant fin à la «drôle de guerre». Après la percée allemande de Sedan et une succession de reculs des armées britannique, française et belge, ponctuée par les batailles de la Dyle, de Gembloux, de Hannut, de la Lys et de Dunkerque, elle se termine par la retraite des troupes britanniques et la demande d’armistice du gouvernement français, qui est signé le 22 juin 1940, les militaires ayant refusé la capitulation.

Une Amicale fondée dès la Libération
M. Carillon poursuit : « Après la fin des hostilités et le retour des prisonniers, le Colonel Malcor, avec l’aide d’un Groupe d’officiers, fonda le 19 septembre 1947 à Magné, l’Amicale du 11e G.R.C.A..
Il regroupa les restes du régiment, et, pendant 22 ans, en assura la présidence. Après la mort du colonel, le 19 septembre 1969, l’Amicale subit une certaine désaffection. En mars 1971, au cours d’une réunion à Poitiers, monsieur Jacques De Luze, lieutenant à l’escadron motos était sollicité pour reprendre le flambeau. Il en accepta la présidence me demandant d’en assurer le secrétariat. Malheureusement, le 13 juillet 1990, notre président était emporté brutalement à l’affection des siens et de nous tous. N’ayant plus de président, ni de vice-président, les membres de notre amicale, âgés et ayant beaucoup de difficultés à se déplacer, notre dernière réunion se tiendra aujourd’hui [8 mai 1991]. Mais cette dernière réunion sera marquée d’une date qui restera au fond de nos cœurs. Un hommage qui touche très profondément tous mes camarades. »
Un Square pour ne pas oublier

« 1939…1991, cela fait 52 ans que votre groupe avait été formé à Magné, » a rappelé le maire M. Thébault, « et vous aviez autour de 20 ans en 1939, car tous, vous étiez mobilisés et non appelés. Vous veniez à vos assemblées générales à Magné avec vos familles tous les deux ans; cela paraissait faire nombre et vous nous sembliez plus jeunes. Vous renoncez aujourd’hui à vous compter pour oublier le temps, mais non les circonstances qui vous avaient réunis ici en 1939. J’ai donc proposé au conseil municipal de donner le nom de votre régiment à une rue, c’est un square finalement qui a été retenu. Il est à l’entrée du bourg, parmi les sportifs et autres qui se poseront des questions à votre sujet. Nous leur répondrons en leur apprenant l’histoire de votre formation et les faits d’armes que vous avez accomplis dans cette « drôle de guerre ». Monsieur Carillon, messieurs les membres de l’Amicale, nous ne savons pas assez de choses sur votre régiment, sur votre Groupe de Reconnaissance. Je crois qu’il faudra toujours garder un certain esprit patriotique, et le souvenir des sacrifices consentis et des atrocités commises pour que cela ne se reproduise plus. »
HISTORIQUE du 11e G.R.C.A.
Groupe de commandement:
– Colonel Malcor.
– adjoint: Capitaine Burot de l’Isle puis capitaine Chaix
escadron hors rang:
– Capitaine Ausseur puis capitaine de Broucker.
- Formé à Magné, près de Niort, et embarqué à destination de la Warndt.
- En ligne, secteur de Carling (19-09-1939).
- Déplacement dans le secteur de la Petite-Rosselle, bois de Forbach (03-10-1939).
- Mouvement sur le secteur d’Emmenweiller (14-10-1939).
- Renforcé de 2 bataillons et de 2 batteries, en ligne à Longeville les Saint-Avold (secteur de Faulquemont) (22-10-1939).
- Prise de contact avec l’ennemi, patrouilles et organisation de PA
- En ligne sur la ligne Maginot (12-05-1940).
- Embarqué pour la Somme et rattaché à la Xe Armée (25 mai au 1er juin 1940).
- Occupation défensive de la ligne Poix-Hornoy et Tieulloy–l’Abbaye (02-06-1940).
- Violentes attaques ennemies repoussées grâce à une résistance opiniâtre des PA du GR, à l’aérodrome de Poix, à la ferme d’Hervilly, à Hornoy et à Thieulloy. L’escadron mitrailleuses et canons est submergé après avoir repoussé trois assauts de chars (05 et 06-06-1940).
- Réduit à 5 pelotons, forme Groupement avec les débris de 2 bataillons de Chasseurs et 2 groupes d’artillerie aux ordres du commandant du GR, reçoit l’ordre d’interdire le passage de Morvillers, puis repli derrière la Bresle en direction de Rouen. Encerclé à Saint-Valery-sur Somme, reçoit ordre de déposer les armes.
Gilles PETIT
COULON (79) : Des travaux dits de « sécurité » sur la rue Main
Après les « rendez-vous manqués » (voir notre article : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2021/03/15/coulon-les-ralentisseurs-des-rendez-vous-manques/), la municipalité poursuit son opération « sécurisation routière » en centre-bourg. Contre toute attente, la rue Main est concernée au premier chef … une nouvelle fois.
C’est inné chez les nouveaux élus municipaux. Depuis des décennies, ils détiennent la solution miracle garantissant une vitesse automobile raisonnable dans la courte rue Main à Coulon. Si cette solution miracle existait, on le saurait déjà au fil des mandatures.
L’actuelle municipalité coulonnaise, dirigée par Mme Anne-Sophie Guichet, ne déroge pas à la règle. En effet, au cours de la réunion du Conseil municipal, datée du 1er avril 2021 (sans rire !), il a été évoqué le plan de réhabilitation du Quai Louis-Tardy. En aparté, M. Fabrice Berjonneau, adjoint chargé des travaux, a informé les conseillers (le public n’était pas admis pour cause de pandémie, il n’a pas pu entendre des propos qui ne figurent pas dans le compte-rendu officiel de cette assemblée) que « les travaux de sécurité vont commencer au mois d’avril par la rue Main ».

La rue Main est l’une des trois voies d’entrée dans le centre-bourg. Elle est principalement empruntée par des locaux qui, pour la plupart, ont pris la mauvaise habitude de descendre cette rue pentue, en voiture, à moto, et à vélo, à bonne allure.
Une voie à sens unique
Comme les véhicules des habitants y sont stationnés, un sens unique a été institué voici de longues années. Une mesure qui a longtemps alimenté les débats entre élus et riverains. Quand il y a eu débat. A l’image de cette anecdote : une matinée, des employés communaux sont arrivés avec leurs clés à molette et leur pot de peinture. Ainsi armés, ils ont inversé le sens de circulation. Les véhicules allaient pouvoir sortir du village en débouchant directement sur la route départementale n°1 en côte avec peu de visibilité. Une hérésie qui a été réparée après d’âpres discussions.
Lors de la précédente mandature, il a été constaté que des voitures stationnaient dans le virage à gauche au bas de cette rue au débouché de la rue de la Douve. Un élu bien intentionné a fait mettre des potelets dans ce virage à la place des voitures. Résultat de l’opération, des locaux roulent encore plus vite car ils ont une bien meilleure visibilité et savent que très peu de monde arrive de la Sèvre Niortaise.
Pour les piétons et les cyclistes
Lors de cette réunion du 1er avril 2021, l’adjoint aux travaux a annoncé : « Nous allons mettre le Quai Louis-Tardy entièrement piétonnier et cyclable. Comme ça, il n’y aura plus de voitures stationnées. » A l’entendre, les riverains seraient d’accord. Il a ajouté, pour cela « on va commencer par la rue Main au mois d’avril. On va revoir l’entrée de cette rue parce qu’il y a une espèce d’ilot qui ne ressemble à rien. Et on revoit le stationnement qui va permettre de faire ralentir les gens. Beaucoup de Coulonnais coupent systématiquement par là. » On notera que ses propos sont exprimés au futur proche et non au conditionnel. Les riverains apprécieront.
Avant cette annonce surprise, le premier adjoint Dominique Giret avait tracé le compte administratif de gestion 2020, et il avait présenté les budgets primitifs 2021. Un tableau qui affiche « une situation budgétaire 2021 très confortable », mais, selon la maire, « financièrement, on a dû couper dans les projets de travaux. » Car le programme d’amélioration de la voirie ne dispose que d’un budget annuel de 184 150 €.

Engager des travaux dans une rue qui n’en demande pas revient à gaspiller des fonds qui seraient bien utiles ailleurs en améliorant le confort de vie des Coulonnais. On pense à l’urgente réfection de plusieurs trottoirs notamment rues de la Gare (photo ci-contre) et Auchier.
Certes, il convient de réétudier le problème de vitesse excessive dans cette rue. A moindres frais. Ici, nous préconisons d’abord de garder le sens de circulation actuel ; ensuite de conserver l’îlot cité (il est efficace) ; puis d’inclure cette voie dans la Zone de rencontre à vitesse limite de 20 km/h instaurée dans le village (ce qui permettra à de nombreux vélos de s’affranchir du sens interdit en toute légalité) ; réinstaller le stop d’antan au carrefour avec les rues de la Douve et de la Coulonnerie ; les habitants de la rue Main s’occuperaient du reste, ils ont l’expérience. Un panneau « Zone de rencontre » à déplacer, un panneau « Stop » à dénicher dans le stock des ateliers municipaux et une bande blanche à peindre au sol. En une demi-journée, les employés communaux auraient réalisé le travail et la municipalité engrangerait une sérieuse économie. Probablement avec « les félicitations du jury ».
Gilles PETIT
COULON Les ralentisseurs : des rendez-vous manqués
Il est constaté que les dispositifs, tout neufs, censés ralentir les voitures sont inefficaces sur les routes départementales n°1 et n°123 à Coulon (79) [Voir notre article précédent : https://wp.me/p61nmR-2pQ ]. Des travaux qui ont engagé de lourdes dépenses, alors que des solutions plus simples et moins onéreuses étaient évidentes. Histoires de rendez-vous manqués.
Lors du Conseil municipal de Coulon du 25 février 2021, M. Fabrice Berjonneau, l’adjoint au maire chargé des travaux et de la sécurité, a déclaré « le constat de l’inefficacité du dispositif mis en place est évident. La commune et le Département étudient donc la possibilité d’installer des aménagements supplémentaires : ralentisseurs, coussins berlinois … ».
Sur les RD1 et RD123, il semblerait que les pilotes d’automobiles et de motos accélèrent, ou du moins maintiennent leur vitesse, quand ils aperçoivent, en pleine ligne droite, le feu vert du carrefour. Que l’on vienne d’un des quatre côtés du carrefour, les feux se signalent de loin. Une solution : enlever les feux tricolores ou, dans l’immédiat, les mettre au clignotant orange, restaurant ainsi les priorités réglementaires. Mais, la meilleure solution serait la création d’un rond-point. Réduction de vitesse garantie. Ce dit-rond-point devrait être construit depuis trente ans.

Histoire d’un premier rendez-vous manqué
Dès le début des années 1990, les feux tricolores du principal carrefour de Coulon tombaient fréquemment en panne. Le 29 août 1994, il est annoncé : « les feux tricolores du carrefour des écoles ont enfin pu être réparés, mais après quelques jours de délai en raison de difficultés rencontrées pour obtenir la pièce. Le système utilisé commence à être « dépassé » et il faut envisager son remplacement. » Les élus et les responsables des routes du Département 79 pensaient alors créer un rond-point. Un équipement innovant à l’époque.
Pour ce faire, le Conseil général des Deux-Sèvres achète deux parcelles de terrain, l’une jouxtant l’actuelle pharmacie, l’autre jouxtant le bâtiment écoles-mairie-salle des fêtes. Deux angles opposés. Mais un plus grand espace était bienvenu. Il se trouve qu’au Conseil municipal du 7 septembre 1992, le maire Pierre Rousseau souligne « les inconvénients et la mauvaise image reflétée par un immeuble situé aux feux. Extérieurement, cette construction n’a jamais été terminée et les tranchées demeurent ouvertes, donc dangereuses. Enfin, la végétation s’étend sur les propriétés voisines. Malgré plusieurs tentatives, il n’a pas été possible de contacter le propriétaire qui, selon les dernières indications obtenues, aurait quitté le territoire national. » Considérant : que le permis de construire a été délivré le 17 octobre 1986 et que la construction n’est toujours pas terminée ; que la situation d’abandon est flagrante puisque même le terrain n’a pas été nettoyé depuis 1989, [ce sont les employés communaux qui doivent intervenir pour éviter les débordements sur la voie publique] le Conseil municipal, « conformément à l’article 7 de la loi n°89.550 du 2 août 1989 portant disposition en matière d’urbanisme et d’agglomérations nouvelles, demande au maire d’engager la procédure de déclaration d’abandon manifeste. » Il est précisé qu’après un délai de deux ans à compter de la publication de cet état d’abandon, la commune dispose de la parcelle pour une destination qu’elle détermine.

La procédure traîne. Le 29 mars 1994, les élus apprennent que « la maison d’habitation toujours en cours de construction, cadastrée section D n°1786 pour une contenance de 7 ares 22 centiares, a été vendue [215.000 Francs] aux enchères publiques le 28 mars 1994 au Tribunal de Grande Instance de Niort. Toutefois un délai de surenchère de 10 jours s’applique avant que la transaction soit définitive. » Cette procédure faisait suite à de longues démarches engagées par la commune.
Ne s’étant guère précipitée, la municipalité a loupé l’occasion, et en juin 1994, il est confirmé : « la vente, organisée par Maître Boizard, a permis d’adjuger cette habitation à un particulier [un commerçant de Fontenille près de Chef-Boutonne (79)] qui se propose de la louer après avoir fait les aménagements nécessaires. » Ces années-là, les élus ne pouvaient plus intervenir.

Coup de théâtre, le 22 mai 1995, les élus apprennent que la maison (à gauche sur la photo ci-contre du carrefour) est de nouveau en vente, 300.000 Frs + 18.000 Frs de frais d’agence. Aussitôt, le conseil décide de faire jouer son tout nouveau droit de préemption sur l’immeuble. L’acquisition serait motivée par « la nécessité d’aménager le carrefour ». Lors de cette réunion, un conseiller informe : « il appartiendra à la prochaine équipe municipale de conduire les démarches ». Le conseil avait deux mois pour préempter, un délai trop court, proche des élections municipales, pour que l’affaire soit conclue par l’équipe suivante. L’occasion est irrémédiablement manquée. Photo Gilles Petit
Depuis, les idées ont fusé pour assurer la sécurité sur les RD1 et RD123. Des « réveils chauffeurs », à savoir de larges bandes gravillonnées rose orangé, ont été collées sur la chaussée route de Benet. La dernière tentative connue remonte au 12 juillet 2000. Lors d’une réunion municipale, le maire a présenté « un devis pour la mise en place d’une signalisation au sol au carrefour des routes départementales n°1 et n°123 ». Cet aménagement consistait à coller des « flèches ralentisseurs de couleur », créées en résine, ainsi que « la reproduction du logo de la commune ». Lequel permettrait « une meilleure matérialisation de ce carrefour et le ralentissement des véhicules », disait-on. Chiffrée à 9.030 Frs TTC, cette idée n’a jamais abouti. En 2021, le carrefour est toujours géré par des feux de signalisation.
Quant aux terrains, aménagés en espaces verts par les jardiniers municipaux, précédemment achetés par le Département, ils ont été rétrocédés à la commune de Coulon le 20 juin 2013.
Histoire d’un second rendez-vous manqué

Pour comprendre l’absurdité de la situation, il faut un minimum de connaissance du site concerné. La scène se passe dans une large courbe de la route départementale n°123, à près de 200 mètres avant le panneau d’entrée de Coulon planté au carrefour n°3. Ici, un talus, presque deux mètres de haut, surplombe la chaussée, à l’intérieur de la courbe. La visibilité est donc quasi nulle et les usagers pouvaient alors rouler jusqu’à 90 km/h. Voilà le lieu choisi par un promoteur pour construire un lotissement, « Le Hameau Vert », dans la vaste plaine ex-agricole voisine. La suite est détaillée dans le compte-rendu de la réunion du Conseil municipal de Coulon, présidée le 31 mars 2009 par le maire Albert Cheminet.
Il s’agit de la révision simplifiée du PLU [Plan Local d’Urbanisme] dans le secteur « des Fuyes » : « Dominique Moinet rappelle que, par délibération du 9 février 2009, le conseil avait décidé d’engager une procédure de révision simplifiée du PLU pour notamment modifier les orientations d’aménagement sur le secteur des Fuyes en autorisant la création d’une route le long de la limite du lotissement « Le jardin des Fuyes » et ainsi permettre la réalisation d’un lotissement privé. Conformément à la réglementation, une réunion de concertation des personnes publiques associées a eu lieu le 17 mars. Lors de cette réunion, les services du Conseil Général, se basant sur des études techniques, ont exigé que deux voies soient créées : l’une d’entrée dans le lotissement le long de la limite des « jardins des Fuyes », l’autre de sortie plus à l’est vers « La Grange ». Afin de sécuriser cet accès situé dans une courbe et améliorer la visibilité, des travaux de terrassement et de talutage seront réalisés. Cyrille Rousseau et Emmanuel Messager se disent très sceptiques et inquiets quant aux mesures de sécurité envisagées et estiment cette décision irrationnelle et irresponsable. » Cette mesure a entraîné « la suppression de la zone réservée n°7 au PLU initialement destinée à la rectification de la RD 123 par le Conseil Général des Deux-Sèvres. »
Après avoir demandé, sans relâche depuis les années 1990, « la rectification de la RD 123 par le Conseil Général des Deux-Sèvres« , le regretté ancien maire Pierre Rousseau n’avait toujours pas eu gain de cause à l’issue de son dernier mandat. C’était sans compter sur ce projet de lotissement et, surtout, sur « cette décision irrationnelle et irresponsable » de créer sur cette route départementale la seule sortie d’une quarantaine de foyers. Un nombre d’habitations qui a aujourd’hui doublé. Qui plus est dans un virage dangereux. Deux autres lotissements sont déjà construits dans ce secteur. Aucun ne débouche sur la RD123.
Des solutions ?!?!
Au lieu d’embêter les nombreux usagers qui n’ont rien à se reprocher, mais qui subissent les incivilités d’une poignée d’irresponsables, des solutions, peu onéreuses, existent dans ce secteur. Une solution consiste à fermer cette sortie (n°1) avant qu’il n’y ait un drame, et mettre l’autre voie (n°2) dans les deux sens de circulation. On peut inverser le sens de circulation, à savoir, l’entrée (n°2) par la sortie actuelle et la sortie (n°1) du lotissement par l’entrée actuelle. Cette dernière voie (n°2) offre une excellente visibilité de sortie (voir photo ci-dessus) sur la départementale car elle est plus éloignée de la courbe et elle évite aux conducteurs de se « casser le cou » pour voir presque derrière eux sur leur gauche. Soit, fermer définitivement la sortie, voire aussi l’entrée, sur la RD123 car, il existe désormais une autre voie d’accès tracée dans le tout récent prolongement du lotissement en question qui rejoint la route de Malécot, laquelle accueille déjà les sorties sécurisées des deux autres lotissements (la Niquière et le Jardin des Fuyes).
Enfin, il serait plus sage de déplacer le panneau d’entrée d’agglomération en amont du lotissement le « Hameau Vert » couvrant ainsi l’extension du village et réduisant la vitesse à 50 km/h des véhicules aux abords du dit lotissement et du carrefour de la route de Malécot (n°3), autre point d’inquiétude. En effet, bon nombre de conducteurs lèvent le pied à partir du panneau, sans anticiper le changement de limitation de vitesse.

(Photo ci-contre) Le carrefour de la route de Malécot (n°3) qui vient d’être équipé d’un plateau sur-élevé, n’a pas été reprofilé avec un débouché sécurisé à angle droit sur la RD123. L’espace nécessaire était suffisant. Les automobilistes vont continuer à se « casser le cou ». Photo Gilles PETIT
M. Fabrice Berjonneau a déclaré : « pour ce qui est de la RD123, une réflexion est également menée par les services du Département pour l’installation de dispositifs permettant de réduire la vitesse des véhicules (ralentisseurs, coussins berlinois…). » Souhaitons à ces décideurs « bien pensants et bien portants » de ne jamais avoir de problèmes de dos, ni de cervicales, de ne jamais devoir être transporté avec une fracture, ni en urgence absolue . . .
Gilles PETIT
PS : une page qui peut vous intéresser au lien suivant : http://www.liguedesconducteurs.org/presse/trois-associations-automobiles-unies-contre-les-ralentisseurs-illegaux
COULON (79) : la gestion de l’éclairage public remise en question
Pendant le couvre-feu, du 15 décembre 2020 et au 20 janvier 2021, de 20 heures à 6 heures du matin, instauré par l’Etat français dans le cadre du confinement COVID-19, la municipalité coulonnaise « souhaitait éteindre tous les éclairages publics à partir de 21 heures » dès le 15 décembre 2020. Dans un communiqué daté du 17 décembre 2020, elle annonce : « malheureusement, bien indépendamment de notre volonté, certains secteurs, notamment dans le nord de Coulon, restent allumés. La responsabilité de cette situation revient au prestataire de l’électricité qui est dans l’incapacité de procéder aux réglages demandés. » Cette incapacité se cumulant à d’autres « insatisfactions », le Conseil municipal a décidé de ne pas renouveler le contrat de maintenance ad hoc avec la société SEOLIS.

La commune de Coulon a renouvelé, en 2017, un contrat de maintenance nommé IRIS avec le fournisseur multi-énergie SEOLIS. Ce contrat de gestion de l’éclairage public arrivant à échéance le 31 décembre 2020, SEOLIS a fait une nouvelle proposition à la collectivité, en ajoutant qu’il convient de mettre en sécurité des équipements non conformes : armoires de commande, disjoncteurs, trappes de mât, contre une facture de 4 817,17 € TTC.
Le contrat de maintenance et d’entretien renouvelable se monte à 47 505,03 € TTC sur quatre ans, soit 11 876,25 € TTC par an. On notera que la souscription précédente, également de quatre années, affichait la somme de 45 009 € TTC. Selon l’adjoint à la maire, M. Fabrice Berjonneau : « les élus ont rencontré récemment les représentants de SEOLIS et leur ont d’abord signifié leur insatisfaction sur les délais d’intervention sur les pannes et le dysfonctionnement du réseau d’éclairage public. » Il ajoute : « les termes du contrat ne sont pas toujours respectés et il est fort onéreux par rapport aux prestations rendues. » Par exemple, la municipalité avait décidé d’éteindre l’éclairage public à 21 heures pendant le couvre-feu. Ce qui n’est réalisé que partiellement car le secteur nord ne sera pas éteint, parce que, explique M. Berjonneau, « SEOLIS nous a branchés avec les réseaux des communes voisines Saint-Rémy et Benet. Si on éteint nos lanternes, on éteint aussi Saint-Rémy et Benet. Nous avons plein d’insatisfactions comme ça. »
La maire de Coulon Anne-Sophie Guichet confie : « il faut bien réfléchir parce qu’on paie très cher un contrat juste pour changer quelques ampoules et un petit peu de matériels supplémentaires. Mais nous avons des électriciens locaux capable de le faire. Sans compter qu’on a aussi un agent technique qui a une formation en électricité. »

Lors de la réunion du Conseil municipal, le 16 décembre 2020, les élus étaient invités à ne pas renouveler ce contrat. Coulon devenant ainsi autonome comme sa voisine Magné, notamment. « Nous avons consulté les services techniques, » assure la maire, « en interne, nous avons une personne qui a une formation de base en électricité, que l’on peut aussi former, sachant que, s’il n’est pas en mesure de le faire, on pourra éventuellement démarcher un électricien local qui pourrait l’aider dans ces travaux. » De l’avis général, le coût sera moins élevé que le tarif du contrat SEOLIS. Les élus coulonnais ont aussi demandé à leurs homologues magnésiens « comment ils faisaient en gestion interne ». « Ça me semble tout à fait faisable, » reprend M. Berjonneau, « ça va nous permettre de travailler aussi sur la souplesse de la gestion car aujourd’hui, quand nous voulons éteindre un site ou changer les horaires, c’est super compliqué. On pourra gérer comme on veut pour un coût moindre. Une partie de l’éclairage est réglé par des horloges, ce qui fait que les services techniques peuvent intervenir. Mais il y a toute une partie plus moderne gérée informatiquement par SEOLIS qui a donc la main. Si on reprend la gestion, il faudra changer le système d’horloges donc il y aura une partie d’investissement au départ. Après, on voit, on teste. Si nous nous apercevons que ça ne fonctionne pas, que c’est compliqué, on pourra revenir sur notre décision. »
PHOTO : La déco 2020 réalisée par la municipalité coulonnaise Photo Gilles Petit
Des Coulonnais ont constaté que l’éclairage public dans certains secteurs, est allumé en plein jour. « On leur dit, on leur signale et ça ne bouge pas, » réagit M. Berjonneau, « on passe, on voit notre éclairage et on paie. » L’adjoint conclut « SEOLIS s’est aperçu qu’on n’était pas sur les bons fuseaux horaires, ce sont ceux des pays de l’Est dont l’Allemagne. C’est grave car ça fait plusieurs années que la commune demande à ce que ça bouge. »
Fort de ce constat, le Conseil municipal de Coulon a voté, à l’unanimité, la non-reconduction du contrat IRIS avec SEOLIS. La municipalité sera donc autonome en matière d’éclairage public dès le 1er janvier 2021.
Gilles PETIT

Concernant cette publication, M. Sébastien Ferron, adjoint au maire de Magné (79), dresse ce commentaire : « On peut parfois constater une différence de traitement entre un ménage français et une municipalité chez certains prestataires de services. Il peut être intéressant de positionner un référent au sein d’une équipe municipale qui vient suivre et « éplucher » ces contrats. En général, il y a des économies à aller chercher avec un tel suivi. »
MARAIS POITEVIN : Terres d’envol, la montgolfière « trait d’union entre la terre et le rêve »
Le commandant de bord coulonnais Yann Siméau vient de créer « Terres d’envol ». Une montgolfière qui survolera essentiellement le Marais Poitevin. Rencontre avec cet informaticien qui voulait lâcher le clavier et la souris.


M. Yann Siméau est un normand né en 1973. « Il est un petit peu parisien et pas mal breton », dit-il. Il a suivi sa femme qui est descendue sur Niort pour des raisons professionnelles. Ce néo-maraîchin se qualifie comme « un gars normal ». Il développe : « c’est un gars qui a eu, pendant vingt ans, une carrière dans l’imagerie médicale, dans la télémédecine et des systèmes d’information de santé. Avec des projets qui vont de la prise en charge des urgences jusqu’à celle des soldats blessés sur les sites d’opérations extérieures, en passant par les enfants polyhandicapés et autistes. » A un moment donné, M. Siméau a constaté : « tu fais trop d’informatique, trop d’écran, trop de dossiers, tu es trop enfermé derrière ton bureau ». Il a fini par rebaptiser son bureau « la tour de contrôle ». Ainsi, le Coulonnais a progressivement développé le goût d’une activité professionnelle plus en extérieur. « Si je voulais créer mon entreprise, c’était le moment. Donc je me suis lancé dans ce projet », explique-t-il.
Photo Gilles Petit
Pourquoi l’aérostat ?
M. Yann Siméau : « Quand j’étais jeune, j’avais toujours un peu la tête en l’air. J’ai travaillé sur le pas de tir de la fusée Ariane à Kourou et puis, dans mes projets de télémédecine, j’ai abordé des projets notamment avec Airbus. J’ai aussi fait le concours de l’École Nationale d’Aviation Civile. A postériori, je me suis rendu compte que j’avais quelques affinités avec tout ce qui est en lien avec l’air ». Photo DR

« Et puis », ajoute-t-il, « la montgolfière est une niche, donc un métier relativement rare et assez technique. La montgolfière s’est démocratisée ces trente dernières années avec l’apparition de nouveaux matériaux qui offrent des ballons plus légers, plus performants. Et puis sur le plan réglementaire, comme ce n’était pas facile d’accès, ça me plaisait bien. »
Un rêve !

Le matin, ce rêveur voyait passer les montgolfières au dessus de son bureau installé dans le bourg de Coulon. Le soir, il les voyait encore passer. Un jour, il s’est dit « mon bureau, il faut qu’il soit là-haut. Avant de voir ces montgolfières, je n’avais pas l’idée. » Dans sa vie, Yann a souvent pris des chemins de traverse, « on trouve des embûches, mais on trouve pas mal de sujets de satisfaction. » Photo DR
Le projet !
L’entreprise Terres d’envol a démarré en 2018. L’entrepreneur s’est formé, durant un an, à l’école française d’aérostation en Forez. Son premier ballon sera un JZ, du nom des frères Jacquemot et Serge Zuin, encore appelé Zephyr Joyrider. L’aéronaute détaille : « Il s’agit d’un ballon conçu en France par la dernière société de fabrication : « les ballons Chaize ». Un ballon qui a une histoire. Donc j’ai acheté mon premier ballon, j’ai été formé et j’ai volé tout l’été en faisant du vol de loisir. J’ai eu ma licence en tout début d’année et j’ai volé pour m’aguerrir au delà de la licence et appréhender toutes les difficultés que représentent le vol dans une région souvent soumise aux entrées maritimes. » Durant ces vols de loisir, le nouveau commandant de bord a été soutenu par ses confrères voisins, les Montgolfières du Bocage, de Cerizay (79) qui volent aussi au-dessus du Marais Poitevin, de la Vendée, du site du Puy-du-Fou. . . « Il faut savoir », précise le Coulonnais, « que les sites d’envol doivent être homologués par la préfecture. Les Montgolfères du Bocage m’ont aidé en m’offrant leurs sites d’envol. Ce qui m’a permis de mieux appréhender le vol dans le Marais Poitevin, pas seulement au départ de Coulon, mais aussi sur les vents d’ouest au départ de Vix, de Damvix ou de Courçon. »

La montgolfière !
Chauffée au Propane, l’enveloppe est haute comme un immeuble de six étages, soit plus de vingt mètres de haut et vingt mètres de diamètre pour un volume total de 3.600 mètres/cube d’air chaud. La nacelle en osier est à taille familiale, soit quatre passagers seulement en plus du pilote. En moyenne, le vol se déroule plutôt à trois passagers. La machine consomme par vol autour de 40 kg de Propane. « C’est une petite consommation », assure M. Yann Siméau, lequel a entrepris « une démarche responsable de compensation carbone, vis-à-vis de l’environnement. »
Le « voyage » !
En été, il faut sortir le matériel (le ballon, la nacelle, le véhicule 4X4), entre quatre à six heures du matin, afin de décoller au lever du jour depuis l’un des sites d’envol, sites définis par « le vent météo » et les espaces que les passagers souhaitent survoler dans le Marais Poitevin.
On l’a dit, en organisant ces vols, M. Yann Siméau projette de « faire découvrir le Marais Poitevin en aérostat et profiter à la fois de la magie de la montgolfière », en jouant avec l’altitude. « Dans un premier temps », conclut M. Siméau, « c’est l’émerveillement lors des vols du matin. On a des lumières rasantes ; des brumes au sol. On voit beaucoup de gibier, des chevreuils, des lièvres, ça bouge un peu partout sous la nacelle parce que les brûleurs ont tendance à les déloger. Ensuite, les passagers essaient de se repérer. Je peux répondre à leurs questions car j’ai été initié par M. Richard Joseph, animateur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin. »




La saison officielle des vols en montgolfière se déroule entre Pâques et Toussaint, sous réserve que les contraintes sanitaires soient levées en 2021. Contact : Montgolfière Terres d’envol, www.terres-denvol.fr, courriel : info@terres-denvol.fr, tel : 06 65 09 49 92
Gilles PETIT


















