Commune de Coulon (79)
COULON (79) : Ouverture d’un nouveau gîte familial : le « Gîte de la Coulonnerie »
Un nouvel hébergement touristique vient d’ouvrir à Coulon (Deux-Sèvres – France) au cœur du Marais Poitevin. Le « Gîte de la Coulonnerie » est une ancienne ferme située dans le centre-bourg historique de la capitale de la Venise Verte.

Le « Gîte de la Coulonnerie » est aménagé dans une grande maison familiale en pierres de taille datant du 18ème siècle et remaniée fin 19ème. D’architecture typique de Coulon, possédant deux cours privées, l’une close, l’autre ouverte offrant un parking réservé. Le bâtiment est idéalement situé au cœur du village maraîchin dans un secteur très calme, proche de nombreux commerces et services, d’établissements de restauration, de l’éco-musée « La Maison du Marais Poitevin ». . . , ainsi que des quais de la Sèvre Niortaise pourvus de plusieurs embarcadères proposant la location de barques et canoës, avec ou sans guides.







Le Marais Poitevin

Seconde zone humide de France s’étendant sur trois départements (Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Vendée) et deux régions (Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire) , le Marais Poitevin est composé de trois paysages différents d’une grande richesse écologique :
les marais mouillés, aussi appelés Venise Verte, avec leurs canaux bordés de frênes têtards et de peupliers ;
les marais desséchés, vaste zone de prairies humides s’étendant jusqu’à l’océan ;
le littoral et ses 150 km de côtes, dont la Baie de l’Aiguillon, estuaire des principaux fleuves irriguant les marais.
Le village de Coulon
Habité depuis le Néolithique, le village de Coulon se situe sur le tracé de la voie romaine reliant Saintes, ancienne capitale de la Gaule Aquitaine, à Angers. Cette commune « péri-urbaine » de 2 318 habitants, au 1er janvier 2020, qui longe la Sèvre Niortaise, est considérée comme la capitale du Marais Poitevin. De sa place centrale partent les rues principales du bourg, interconnectées par nombre de petites ruelles et venelles piétonnes. En face et en aval de Coulon, s’étend la partie principale de la Venise Verte avec ses nombreux canaux. Plusieurs pistes pédestres et cyclistes sillonnent la commune.

Gîte de la Coulonnerie
3 chambres – Salon – Salle à manger
Cuisine équipée
Salle d’eau
6 Ruelle de la Coulonnerie
79510 COULON, France
Tél. : +33 (0)7 88 17 67 56 Courriel : bienvenue@gitedelacoulonnerie.com
COULON (79) : Réhabilitation de la voirie du Quai Louis-Tardy
Intitulé par la municipalité coulonnaise « Au fil des quais », un atelier-diagnostique a réuni les responsables d’embarcadères touristiques, des habitants riverains et la chargée d’études, en présence de messieurs l’inspecteur des sites et l’Architecte des Bâtiments de France. Le but : essayer d’harmoniser le patrimoine architectural avec le futur revêtement de la voirie du Quai Louis-Tardy.

Une partie du Quai Louis-Tardy (rive à gauche) en bordure de Sèvre Niortaise à Coulon (79)
Le Quai Louis-Tardy est l’artère emblématique du cœur de village puisqu’il concentre la totalité des embarcadères professionnels et une grande partie des commerces (restaurants, hôtel…). Ce lieu touristique incontournable de Coulon, où convergent tous les visiteurs, a une chaussée en partie endommagée. Il devrait donc être en harmonie avec les autres rues et places honteusement réhabilitées, ces dernières années, avec du béton. Le projet prévoit de traiter non seulement l’aspect architectural et environnemental de cette voie en utilisant des matériaux simples et d’origine locale, mais également le problème de la circulation, du stationnement et du cheminement piéton et cycliste avec un accent tout particulier mis sur la sécurité et l’accessibilité. D’un linéaire relativement important, le projet est scindé en quatre secteurs.
Ce « projet majeur » consiste à restaurer l’ensemble de la voirie du Quai Louis-Tardy à Coulon, du pont sous la Route Départementale n°1 jusqu’à la plaine de l’Autremont (non comprise), voire « un peu plus en fonction de la capacité d’action une fois qu’on aura le projet élaboré », précise M. Dominique Giret, 1er adjoint au maire.
Au mois d’octobre 2020, une consultation avait été lancée pour une mission de maîtrise d’œuvre. Sur les huit bureaux d’études qui ont répondu, les membres de la commission d’appel d’offres ont retenu le bureau d’études dci-Environnement, basé à Boufféré en Vendée, lequel propose de réaliser ce programme environnemental pour un montant d’honoraires de 24 200 € HT (la mission de base) + 1000 € HT pour l’option «atelier diagnostique en marchant». La durée de la mission est évaluée à 49.50 jours. Les plans seraient présentés avant cet été, pour un début de chantier envisagé en début d’hiver prochain.
Une visite déambulatoire
Conduit par M. Giret et Mme Mélisande Bertrais, de la Cellule conception chez dci-Environnement, cet « atelier-diagnostique en marchant » a eu lieu sous forme de deux heures de déambulation sur les quais de la Sèvre Niortaise à laquelle étaient conviés les habitants de la commune, principalement ceux résidant sur les quais, et l’ensemble des acteurs touristiques concernés par ce projet.
Photo Gilles Petit


Étaient également présents (de gauche à droite) MM. Jean Richer, urbaniste, géographe et Architecte des Bâtiments de France (ABF) en Deux-Sèvres auprès de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) Nouvelle-Aquitaine, et Sylvain Provost, inspecteur des sites à la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). On notera que l’ABF intervient car le village est compris dans le périmètre architectural de l’église de la Sainte-Trinité, alors que la DREAL intervient car les quais (et uniquement les quais, pas les bâtiments riverains) sont inclus dans le site classé qu’est le Marais Poitevin.
Photo Gilles Petit

Une reconnaissance des lieux
Après avoir recensé les nombreuses informations recueillies par sa technicienne, Mélisande Bertrais (à gauche en compagnie de Dominique Giret), le bureau d’études va travailler sur « les principes techniques en matière de restauration sur l’ensemble du Quai Louis-Tardy ».
Photo Gilles Petit
M. Giret explique : « Seront chiffrés la totalité des quais, [de la plaine de l’Autremont, non comprise, jusqu’au pont de la route départementale] sur près d’un kilomètre, mais nous connaissons déjà notre capacité financière limitée à 500 000 €. Il s’agira ensuite en fonction du coût au mètre linéaire de voir quelle portion on peut faire pour positionner les travaux. Du fait des premières estimations, il semble qu’on ne soit pas en capacité de réaliser la totalité linéaire des quais. Cette discussion, on l’aura quand on aura le devis. Évidemment, nous ferons le plus possible et ce ne sera qu’une première phase si nous ne pouvons pas couvrir l’ensemble linéaire. »
Les dépenses de réhabilitation du Quai Louis-Tardy, estimées à 506.200 €, seraient subventionnées par des dotations du Département et de l’Etat, au titre de la DTER 2021 (dotation des territoires ruraux).

Louis Tardy
Né à Coulon (79) le 4 juin 1875 et mort à Paris le 6 mai 1961, Louis Tardy était ingénieur agronome et banquier. Il fut également maire de Coulon à partir de 1947 jusqu’à sa mort à l’âge de 86 ans. En 1901, il participe à la fondation de la Caisse régionale de Crédit Agricole d’Île-de-France, qu’il dirige jusqu’en 1904. Après la Première Guerre mondiale, il est nommé directeur du Crédit Agricole. En 1940, il revient à Coulon et devient administrateur puis président de la Caisse régionale de Crédit Agricole des Deux-Sèvres.
Document : « Histoire de Coulon de A à Z » auteurs Jacques Altmeyer-Carrio et Jean-Louis Gibaud 2016 Geste Editions

Engagée en janvier 2000 de façon identique à la tranche déjà exécutée, la restauration des berges a connu en 2002 deux nouvelles phases de réalisation : de la rue de l’Église à la rue du Château-Bas, puis de la rue du Château-Bas à la Ruelle du Four.

En aval du bourg,
la principale entrée des touristes mérite un petit rajeunissement
En amont du bourg,
la liaison avec la piste piétonne/cyclable
reste à créer sous le pont de la RD 1
Hormis l’harmonisation
souhaitée avec les perrés et les habitations,
il n’y a pas grand chose à faire
La Place de la Coutume
devrait retrouver un revêtement plus doux,
en enlevant ce lourd et ingrat béton
Comment harmoniser la voirie
avec les berges neuves et les bâtiments anciens ?
A première vue,
un simple grattage du sol suivi d’un beau revêtement propre serait suffisant

Et quid des évailles (crues) ?

En 1995, … 
… la première tranche des Grands Travaux … 
… de réhabilitation et de restructuration … . 
… du Quai Louis-Tardy … 
… pour cause de crue. Photos Gilles Petit 
…a été stoppée pendant 39 jours…

Gilles PETIT
Avant toute intervention sur la voirie du Quai Louis-Tardy à Coulon, il faudra régler ce problème sous-jacent. Photos Gilles Petit
MARAIS POITEVIN : l’itinérance douce sur la Sèvre Niortaise vue par le PNR
« Comment renforcer l’attractivité du Marais Poitevin? » martelait, dès 2010, l’Agence de Développement Touristique (ADT79) des Deux-Sèvres. « En relançant l’activité touristique sur la Sèvre Niortaise et ses bords par l’itinérance douce », répond aujourd’hui le pilote du projet M. Fabrice Laumond, directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR). Il s’agit d’ouvrir la Sèvre Niortaise aux bateaux habitables de façon à proposer un produit nouveau : le tourisme fluvial et fluvestre.
109, 15, 1 300, 14, 9, 5, 11, 2022, ce ne sont pas des numéros de loterie, mais les chiffres-clés du « vrai potentiel de développement du tourisme fluvial et fluvestre » de la Sèvre Niortaise et de ses canaux, selon une étude commandée en 2010 par l’ADT79. 109 km seraient empruntés par 15 bateaux habitables, visant 1 300 navigants. La Sèvre Niortaise compte 14 écluses, dont 11 en fonction (les autres sont implantées sur des tronçons aujourd’hui non-navigables). 9 sont inscrites au programme de restauration dans le cadre du projet de tourisme sur le fleuve. Un projet chiffré à 5 M€ (plus exactement 4,9 M€) pour des retombées économiques totales locales (liées à l’exploitation et aux dépenses des visiteurs à terre) estimées à plus de 11 M€, à l’horizon 2022.
Réuni lundi 4 juillet 2016, un comité de pilotage a entériné le plan de financement et l’engagement de l’ensemble des collectivités et de l’État dans ce « projet structurant pour le territoire ». Siègent au comité, l’État, les Régions Nouvelle-Aquitaine et Pays-de-la Loire, les Départements des Deux-Sèvres, Vendée, Charente-Maritime, l’Agglo du Niortais, des communautés de communes (Vendée-Sèvre-Autize, Aunis-Atlantique, Isles-du-Marais Poitevin, Pays de Fontenay-le-Comte), les Villes de Niort, Marans et Fontenay-Le-Comte.

Trois objectifs
Récemment, devant les élus des communes de Damvix (85) et Coulon (79), M. Laumond a dressé trois objectifs : « Dans un premier temps, il s’agit de diversifier l’offre touristique. C’est vrai que le Marais Poitevin est surtout connu pour sa promenade en barque, l’activité phare. Depuis quelques années, il y a une autre activité en pleine croissance, la promenade à vélo. Un autre produit touristique viendrait renforcer l’attractivité du site, » à savoir naviguer sur la Sèvre Niortaise dans des bateaux habitables. Selon le pilote, « le second objectif est de faire vivre la Sèvre Niortaise. On a pu se rendre compte que le fleuve n’est pas très valorisé sur le plan touristique mais que la navigation permettait de ramener un peu de vie aux activités sur l’axe structurant du Marais. » Le troisième point vise à développer l’itinérance douce compatible avec la préservation du territoire. M. Laumond détaille ce terme : « Itinérance : naviguer entre Niort et Marans ; douce : dans une circulation lente. Les bateaux avancent entre six et huit kilomètres/heure, moins rapides qu’un vélo, parce que la propulsion est électrique, respectueuse de l’environnement. »
« Enfin, c’est faire venir une nouvelle clientèle ». Les habitués relouent régulièrement un bateau habitable et changent de destination (à l’exemple du Canal du Midi, du Canal du Rhin, en France ou à l’étranger). « Le Marais est surtout en dessous de 8 à 10 % de la fréquentation moyenne d’étrangers. On a donc un déficit de fréquentation étrangère dans le Marais, » assure le directeur.
Pour développer le tourisme fluvial dans le Marais Poitevin, l’étude de faisabilité a flashé sur la mise à niveau des infrastructures. « Certes, la Sèvre Niortaise est encore classée dans les voies navigables françaises, mais les écluses en particulier n’étaient pas forcément en bon état », reconnait M. Fabrice Laumond. « Ce travail de normalisation est entrepris par l’IIBSN [Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise NDLR], propriétaire et gestionnaire du domaine public fluvial. »


Actuellement, l’IIBSN travaille au réaménagement de la Cale-du-Port à Niort, le site de départ et d’attache de la flotte des bateaux habitables du Marais Poitevin. Des travaux sont également en cours sur l’écluse de Comporté.
Un tourisme fluvestre
En second point, l’étude a relevé que « la Sèvre est très très peu équipée en haltes-escales ». Une halte-escale est un point auquel un bateau peut accoster et débarquer ses passagers en toute sécurité. « Pourquoi descendre à terre ? » interroge le pilote, « parce que le principal intérêt de la navigation en usage dans un territoire, c’est la complémentarité des activités annexes. La rentabilité ne va pas forcément au loueur de bateaux. » Sur un bateau, les clients ne consomment pas. Il faut qu’ils pratiquent des activités, qu’ils aillent dans des endroits clairement identifiés et aménagés. Ces actions sont appelées le tourisme fluvestre. M. Laumond précise « Le tourisme fluvestre est la complémentarité entre la navigation, activité majeure, et des activités limites comme la visite de la Maison du Marais Poitevin, les restaurants, les balades à vélo, en barque, toutes offres touristiques. »

Le fleuve et deux tronçons
Le directeur du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin est ensuite rentré dans les détails. Le projet initial concerne le bassin de la Sèvre Niortaise entre Niort et Marans, ainsi que deux autres tronçons, de Marans à La Rochelle et de Marans à Fontenay-le-Comte. « Le premier tronçon est intéressant en terme d’attractivité, d’image, le littoral, le patrimoine de La Rochelle, une notoriété qui rayonne au niveau national. » Ce canal n’a jamais été navigué car il était fait pour le transport de marchandises. Un transport rapidement supplanté par le chemin de fer, plus rapide. De plus, il a quelques écluses très étroites non adaptées à la navigation d’aujourd’hui. « Il faudrait installer des passes à bateau à chaque écluse. Une opération chiffrée entre 4 à 5 millions d’euros. »
Le deuxième tronçon concerne essentiellement la rivière Vendée. « Ici, c’est pire », déplore le pilote. « Elle n’a jamais été prévue pour être naviguée ; elle a des barrages non équipés d’écluses ; on est sur les mêmes coûts d’investissement [4 à 5 M€]. L’intérêt financier n’est pas forcément pertinent. » On notera que ces deux tronçons disposent de pistes cyclables longeant les canaux.
Des haltes-escales
Des points d’accostage, appelés haltes-escales, sont prévus sur la Sèvre Niortaise à La-Roussille, Magné, Coulon, La-Sotterie, Le-Mazeau, Damvix, Maillé, Bazoin, les Combrands de Taugon et Marans ; sur le Bief de La-Garenne au port d’Arçais. A partir des écluses de Bazoin, deux canaux sont navigables : le Canal de la Vieille Autize qui remonte vers les haltes de Saint-Sigismond et Courdault. Une ramification est prévue jusqu’à Maillezais par le Canal de la Jeune Autize ; A l’opposé, le Canal du Mignon qui descend jusqu’à Mauzé-sur-Le-Mignon via une halte à La-Grève-sur-Le-Mignon. Une borne de service est prévue sur chaque halte-escale munie de prises électriques 360 volts.
En 2017, l’IIBSN a réalisé des travaux de mise en valeur et de modernisation de l’écluse de La Roussille, près de Niort. Coût : 704 800 € TTC avec un financement d’Etat de 376 100€ et un financement IIBSN de 328 700€ (3 départements).
La première phase d’investissement (4.9 M€ écluses, signalétique, haltes, ports de Marans et Niort) se concentre sur la partie déjà navigable entre Niort et Marans. La rentabilité est calculée sur 15 à 20 bateaux. La location qui sera basée sur la durée, devrait coûter aux clients entre 1 800 et 2 500 € par bateau la semaine, suivant la période. « C’est relativement onéreux, » reconnaît M. Laumond. « Mais il n’y a pas d’hébergement à supporter en plus. Par rapport aux produits sur le littoral, on n’est pas si mal placé. Un bateau jusqu’à six personnes, une clientèle qui n’existe pas sur le Marais. »
Et le bateau.

« Nous sommes partis vers un gabarit plutôt petit par rapport à ce qui se fait ailleurs. C’est un problème de tirant d’air essentiellement », explique le pilote. Le tirant d’air est la limite entre la hauteur du bateau et le niveau de l’eau, important pour le passage des ponts. « Les plus bas sont à 2,40 m au niveau normal de saison, alors que les bateaux des opérateurs connus sont au minimum à 2,60 m. Ce qui obligerait ces opérateurs à faire des bateaux adaptés. Beaucoup de contraintes car ils ne pouvaient pas venir avec leurs bateaux existants. Les élus ont décidé que ce serait la collectivité qui ferait les premiers investissements sur les bateaux car il faut une embarcation spécifique. »
Les caractéristiques techniques du bateau : une motorisation électrique (la tendance du marché, pas de bruit, pas de gaz polluant); des cotes, déterminées par le gabarit de la rivière dont les écluses, 4,15 m de large pour 13 m de long, 2,15 m à 2,40 m de tirant d’air; un tirant d’eau limité à 0,90 m,

une capacité d’accueil de 4 à 6 personnes; deux cabines équipées d’un lit double et deux lits simples, et un salon convertible, qui permet d’accueillir deux couples, deux enfants ou deux familles. Un espace extérieur avec banquettes sur terrasse, un pont supérieur accessible avec un système d’accrochage des vélos. Il serait possible d’embarquer des personnes handicapées mais le bateau ne sera pas adapté aux normes handicapées car « c’est compliqué sur un bateau », dit-on. Ils auraient une autonomie d’environ 90 km et 120 km à 6 km/h, selon le passage des écluses, grandes énergivores. Ils seraient munis de réservoirs de 1000 litres chacun en eau propre et eaux usées. L’emprise au ponton des haltes-escales serait d’environ sept mètres, couple ponton-bateau. Ces bateaux seraient géolocalisés pour aider à une bonne gestion de la circulation.
Photo Gilles Petit
Seulement deux bateaux sont actuellement prévus alors que l’ensemble des pontons pourrait accueillir simultanément vingt embarcations. En effet, neuf entreprises avaient proposé des bateaux, mais ces loueurs disposent actuellement de bateaux non habitables. Ces pénichettes ne remonteraient pas au-delà de La Sotterie. Le comité de pilotage a donc décidé de faire construire les bateaux nécessaires, mais les finances ne supporteront l’achat que de deux embarcations. Enfin, les communes n’auront rien à débourser. Toutefois, la commission d’appels d’offres a retenu deux modèles avec un look assez moderne. Pour l’heure, ce ne sont que des esquisses.
Le calendrier des prochaines échéances est, lui aussi, esquissé. D’abord demander des subventions pour la construction des deux bateaux ; neuf mois d’instruction avec l’enquête publique ; le démarrage des travaux à l’automne 2021 pour une mise en service en 2022. Une entreprise du Morbihan se donne un an pour réaliser les bateaux. Les offres de construction d’un bateau spécifique affichent une large fourchette de prix entre 180.000 € et 700.000 €. Les élus ont limité l’achat à 300.000 € le bateau.
Gilles PETIT
MARAIS POITEVIN : 22 motards d’un jour au Jumbo Run Handi Side, le 5 septembre 2020!
L’association Handi Side Nouvelle-Aquitaine soutient les personnes en situation de handicap en organisant un Jumbo Run annuel. La 4ème édition a embarqué des pensionnaires du Foyer de Loulay dans 22 sidecars, encadrés par 70 motos solos et un service de haute sécurité routière. Samedi 5 septembre 2020, ils étaient de passage dans la Venise Verte avec un arrêt à Coulon.

« Faire partager notre passion avec des personnes frappées de handicap », tel est le credo de M. Claude Delile, président de l’association Handi Side Nouvelle-Aquitaine. « Nous sommes un groupe de motards qui organisons chaque premier week-end de septembre une journée pour les personnes handicapées. On réunit des sidecars dans lesquels nous transportons des personnes handicapées qui sont motards pour un jour. »
Les « motards d’un jour » sont des pensionnaires du Foyer de vie et occupationnel de Loulay (Charente-Maritime), un établissement qui accueille des personnes âgées de 18 à 60 ans, reconnues en situation de handicap.
» Nous sommes partis ce matin [5 septembre 2020] de Loulay à 9 heures, pour un premier arrêt petit-déjeuner au château de Péré, à côté de Marigny (79). A midi, le comité des fêtes de Saint-Symphorien nous a accueillis dans sa commune. Ces bénévoles nous ont aidés pour les distances et tout le nécessaire. » Le repas avait été préparé par l’EHPAD (maison de retraite) de Loulay où résident des « motards d’un jour ». L’après-midi était consacré à la balade, dont un petit tour dans la Venise Verte ponctué d’un arrêt tourisme à Coulon. L’étape fut courte car le cortège devait repartir vers Dampierre-sur-Boutonne où était servi un goûter. Après ce goûter, ce fut le retour à Loulay afin de partager un grand repas. « C’était fini pour la partie moto, de la journée. Il y avait une soirée musicale mais pas de danses parce que c’est interdit pour cause de la Covid19. »
- Photos Gilles PETIT

« Voilà trois ans qu’on travaille avec le Foyer de Loulay, mais moi cela fait quinze ans que je fais ça, » explique M. Delile. L’association réalise ce type d’opération depuis six ou sept ans. « Nous sommes venus à monter cette journée parce que j’avais un fils handicapé. Je me suis mis au sidecar pour les personnes handicapées. C’est le partage. »
« Aujourd’hui, nous sommes 22 sidecars qui viennent de Bayonne, Périgueux, Bergerac, Limoges, Tours, Poitiers, des départements de la Mayenne et Charente-Maritime, ainsi que de la région, » précise le président de Handi Side Nouvelle-Aquitaine. « Ils viennent par connaissances spécialement pour faire des baptêmes. Ça s’appelle Jumbo Run, mais ce n’est pas moi qui l’ai inventé, ça se fait partout. A chaque fois qu’il y a un Jumbo Run quelque part en France, et surtout dans ma région, j’essaie d’y aller en sidecar. Dans l’association, nous ne sommes pas assez pour faire une journée comme celle-là. En nous réunissant tous, on peut faire une telle sortie. Nous emmenons tout un foyer et nous partageons tout, moto, repas, . . . et l’ambiance. J’estime que quand on a de belles motos autant les partager. C’est mon but. Nous avons 22 sidecars et 70 motos solo, donc si on compte trois personnes par sidecar et deux personnes par moto, ça fait dans les 150 personnes, » estime M. Delile.
On notera la participation de motards de la Gendarmerie venus renforcer l’impressionnant service de sécurité. Ceci dans le cadre de la journées de la moto et de la sécurité routière régulièrement organisée par la Préfecture des Deux-Sèvres et le Groupement de Gendarmerie des Deux-Sèvres, en partenariat avec le SDIS 79 (Service de lutte contre l’incendie) et l’association Handi-Side Région Nouvelle-Aquitaine.
Gilles PETIT

HANDI SIDE Nouvelle-Aquitaine
15 rue du Champs de Foire 17290 LE THOU
Contact : courriel handiside17290@gmail.com ou téléphone 06 77 34 27 55
MARAIS POITEVIN : Les « Elles » ont survolé la Venise Verte le 9 août 2020. Le tour de France du sport féminin
Le Tour de France cycliste 2020 traversera le Marais Poitevin mercredi 9 septembre prochain. Il était précédé par un tour de France féminin, dimanche 9 août. Cette 6ème édition, hors compétition, intitulée « Donnons des elles au vélo » M-1, a fait une halte impromptue à Coulon.

Partis de Nice le 29 juillet, treize femmes, quelques hommes, rejoints par d’autres cyclistes femmes occasionnellement, effectuent les mêmes itinéraires de toutes les étapes du Tour masculin jusqu’au 20 août 2020 à Paris. La onzième étape « Donnons des elles au vélo » a traversé la Venise Verte dimanche 9 août 2020 en matinée. Le groupe a quitté Angoulins (Charente-Maritime) pour rejoindre Poitiers (Vienne) au terme de 167 kms d’un parcours jugé plat. Le programme de cette journée prévoyait un arrêt déjeuner à Cerzeau, une petite commune deux-sévrienne du saint-maixentais. Cependant, la municipalité coulonnaise a souhaité mettre l’accent sur le passage de ce tour de France au féminin. Un bourg de Coulon que le groupe devait seulement effleurer. Comme il ne s’agit pas d’une compétition, l’adjoint au maire, Fabrice Berjonneau, a invité les organisateurs à faire une courte pause dans les jardins de la mairie.

Les organisatrices de « Donnons des elles au vélo » expliquent leurs motivations : « Le Tour de France féminin n’existe plus. La mobilisation de coureuses professionnelles a permis l’organisation d’une unique étape féminine officielle : « La Course by le Tour de France ». Ceci est un premier pas, mais poursuivons ces efforts en faveur du cyclisme féminin. Nous profitons du coup de projecteur du Tour de France Cycliste, pour promouvoir l’existence d’un cyclisme féminin. Afin d’attirer à nouveau l’attention sur cette inégalité et de montrer aux différents acteurs du cyclisme l’intérêt du public pour notre sport au féminin. » Un groupe de femmes devait se lancer dans l’aventure : « Faire le Tour de France 1 jour avant les professionnels hommes». Mais le confinement lié au coronavirus en a décidé autrement. De fait, l’opération sous-titrée J-1 est devenue M-1, pour : un mois avant le jour J.

Il est précisé que « Parce que le coronavirus circule toujours, toute l’équipe souhaite associer cette 6ème édition à une cause solidaire : une collecte de dons reversés à l’Institut Pasteur au profit de la recherche. » Vous pouvez faire un don sur la plateforme dédiée : don.pasteur.fr/coronavirus?fr
- Les participantes au tour de France au féminin et leur staff. Photo Gilles PETIT
- Les participantes avec les représentants de la municipalité coulonnaise. Photo Gilles PETIT
- Entre autres, un groupe de femmes venu de Touraine a accompagné, ce jour-là, les participantes. Photo Gilles PETIT
- La municipalité coulonnaise avait organisé une collation, dite privée, dans les jardins de la mairie. Photo Gilles PETIT
« Toujours dans l’ombre des hommes », elles tentent de « développer le cyclisme au féminin, fédérer, casser les stéréotypes et médiatiser la pratique ». Pour ce faire, elles invitent tous les cyclistes, femmes et hommes de tous niveaux, à les rejoindre sur une ou plusieurs étapes, voire sur quelques kilomètres seulement. Il suffit de choisir le ou les jours souhaités dans la rubrique Événements de la page Facebook https://business.facebook.com/pg/DonnonsdesellesauveloJ1. De plus amples renseignements sont disponibles sur le site dédié aux inscriptions https://ddeav.epinix.net.
Pour les accompagner, inscrivez-vous sur https://ddeav.epinix.net/parcours. Le nombre d’inscrit(e)s sera limité en fonction de la réglementation en vigueur (et à 70 inscrit(e)s maximum), avec une moitié de places réservée aux femmes et une moitié réservée aux hommes. »
Les étapes de « Donnons des elles au vélo » sont à suivre sur
lessportives.fr/tag/donnons-de
donnonsdesellesauvelo@gmail.com
https://www.instagram.com/donnonsdesellesauvelo/

MARAIS POITEVIN – COULON – MAGNE : 50 ans, l’âge d’Or de « La Grange de Camille »
« 50 ans, l’âge d’Or. L’âge dort mais nous allons le réveiller pour évoquer ces années 1970 où, après une petite décennie passée sur Paris dans le milieu théâtral, Cosette et André reviennent à Coulon et décident que la nouvelle scène de leur vie aura maintenant pour décor leur pays natal. » Le maître dans l’art du papier, Daniel Mar, avec Cosette Pignoux retracent la genèse du centre culturel « Coulon, rive gauche », une vraie grange maraîchine appelée « La Grange de Camille ».

« En 1968, on écrivait « sous les pavés la plage », et en 1980 « sur les pavés l’art ». C’est ainsi que Bijou ne faisant plus entendre le bruit de ses sabots ferrés sur les pavés, étant déjà parti depuis quelque temps rejoindre ses compagnons de chevauchée dans la prairie du grand large, et Camille ayant refermé cette porte d’écurie comme on referme un livre quand l’histoire se termine. Camille le voisin d’enfance, le voisin du jardin d’à côté. C’est ainsi que commence l’histoire de la Grange à Camille, » se souvient Mme Cosette Pignoux, metteur en scène de théâtre.
L’écurie de Camille Paris
Nous sommes en 1969, le fermier maraîchin Camille Paris vient de vendre ses trois dernières vaches et son cheval Bijou, l’écurie et la grange restent désormais vides. Résidant juste en face, sur l’autre rive de la Sèvre Niortaise, M. André Pignoux voyait cette grange vacante. « Il demande à Camille s’il ne pouvait pas lui louer ce lieu un peu improbable. Tellement symbolique de l’âme du pays. Là, ses photos seraient exposées en parfaite symbiose avec ce qu’elles représentent, » commente Daniel Mar.
L’année suivante, la famille Pignoux a l’idée d’en faire un lieu d’exposition et l’ensemble est alors réhabilité. S’y succèdent des potiers, tisserands, ébénistes. . . Puis de nombreux artisans et artistes. Citons des peintres de prestige : Chenilleau, Bugeant, Hélène Besnard-Giraudias et des intellectuels. « On a connu le potier de Jean Cocteau qui a bien voulu exposer là une trentaine de ses pièces », se souvenait le regretté André Pignoux. « Dans les années 1970, la grange faisait office de lieu culturel à Coulon« .

Ouverte en 1970, sous le nom de « la Grange à Camille », l’ancienne ferme de Monsieur Paris, vit les premières expositions, sur 120 m², des photographies de M. André Pignoux et la fondation, en 1974, d’un groupement d’artisans régionaux. « Il y avait encore du foin à l’étage et les vaches juste parties », aimait rappeler le photographe local. Très fréquentée, « la Grange à Camille » ne devait pas rouvrir ses portes, après la pause hivernale. Mais André et Cosette Pignoux n’ont pu se résigner à laisser les volets clos. Parlant alors au nom des artistes de la première édition, le regretté sculpteur Laurent Page expliquait : « Avec cette rénovation de la grange, nous faisons le pari de continuer à faire vivre cet endroit avec les fruits de nos travaux ».
Quand la « Grange » change de nom !
Rebaptisée « la Grange de Camille », l’ancienne propriété de M. Camille Paris, conserve l’architecture caractéristique de ces vieilles maisons du bord de fleuve, à savoir un corps d’habitation et une écurie en l’état, les auges, les râteliers, même le sol a été conservé intact avec ses pierres inégales et le « courant au purin » intégralement préservé. Construite comme la plupart des maisons maraîchines, à la fin du XIXe siècle, elle dispose d’un rez-de-chaussée (l’ancienne écurie) et d’un étage (ancien fenil).
- Pour la toute première fois, la Grange de Camille propose, côte à côte, les photographies d’André Pignoux (à gauche) et de sa petite-fille Louise Maby.
Certains artistes exposent leurs œuvres dans « la Grange de Camille » depuis une vingtaine d’années, c’est le cas de Daniel Mar (photographie puis art du papier). L’artiste retrace la genèse d’une aventure « gagnante » : « Lorsqu’André a retrouvé son pays natal, il a tout de suite pris conscience des mutations qui étaient en train de se produire dans ce milieu rural. Une époque charnière où les tronçonneuses remplacent les scies, les tracteurs se substituent aux chevaux. . . Alors lui qui, sur Paris, a aussi appris la photo, se met à saisir en noir-et-blanc les ultimes images du transport du bétail dans les bateaux, des lavandières sur les bords de Sèvre, tous les gestes ancestraux de ce monde rural qui bientôt vont disparaître. Et dans cette grange, toutes ces images vont trouver là un parfait écho. Et puis très vite, André et Cosette pensent qu’ils pourraient peut-être aussi accueillir en ce lieu d’autres artistes, artisans d’art susceptibles de présenter ici leurs œuvres. Alors, les années suivantes, vont se croiser ici potiers, ébénistes, tisserands. Et d’emblée c’est le succès car à l’époque nulle part ailleurs dans la région il n’y a d’équivalent. On y trouve du mobilier, des abat-jours, des foulards, des peaux de bête, et bien sûr des œuvres peintes ou sculptées par des artistes locaux. On y accourt de partout de la région et plus encore du proche pays niortais où tout le monde a, au moins, entendu parler de la Grange à Camille.
« la Grange a 50 ans ! »

« Dès qu’il y a un cadeau à faire pour un parent : la Grange à Camille; un collègue qui part à la retraite : la Grange à Camille; le voisin qui va pendre sa crémaillère : la Grange à Camille. Les années passent, les temps changent. Nous sommes dans les années 1990, la Grange elle aussi se doit d’évoluer, mais Cosette et André craignent vivement que les organismes officiels les obligent à des changements radicaux comme, par exemple, la démolition du sol et son pavage qui participeraient à anéantir l’âme du lieu. Mais la bonne fée du Marais veille et la Grange ne connaîtra pas les transformations. Souhaitant alors se positionner en dehors de tout mercantilisme, en 1999, le couple va finalement décider de ne réserver la Grange qu’aux artistes. Elle va alors devenir un incontournable lieu culturel, un espace un peu hors du temps et de l’agitation galopante, une escale précieuse où il fait bon se poser. Et ils vont être nombreux à s’y succéder les artistes. Des dizaines et des dizaines, reconnus, connus ou inconnus, mais tous animés par une même flamme créative, reflet de leur âme. A ce jour, ont exposé ici, en ce lieu magique environ 280 artistes. Je fais partie de ceux-là. Je voudrais dire au nom du plus grand nombre combien nous sommes attachés à cet endroit qui se perçoit au travers de nos cinq sens. »
- Au fil de l’expo-vente dans « la Grange de Camille » Photos Gilles PETIT
« Coulon Rive gauche » offre du rêve
« On avait besoin d’un lieu pour mettre nos rêves, » reprend Cosette Pignoux. « Nous cherchions justement un lieu habité par une histoire. Oui, Camille les murs de ta grange parlent, les murs racontent ! Camille, toi qui fais maintenant des promenades en bateau avec les touristes, tu sais, ils seraient heureux ces gens-là de voir une expo ! L’amitié de voisinage allait jouer en notre faveur. Et voilà, mes ailes repoussent, mes rêves s’envolent, on parle, on rencontre, on partage, on crée, on imagine. Ah oui, l’imagination est au pouvoir. Rêves réalisés, on est dans le concret dans ce lieu avec des photos d’André accrochées sur un mur de foin. Qui pourrait faire ça, qui pourrait imaginer faire une chose pareille ? C’était très beau, les photos de labour, sur un mur de foin. C’était extraordinaire! »

Daniel Mar : « Sereine au bord du fleuve, la Grange est aujourd’hui d’une nature forte qui a vu passer bien des natures mortes mais qui pourtant reste toujours bien vivante. Tu vois André, tu vois Cosette, vous pouvez être fiers de ce jour et de ce que vous avez créé qui, cinquante ans plus tard, continue à se perpétuer. » L’artiste apporte « une petite preuve supplémentaire à ce constat. » En s’amusant avec les lettres du mot grange, Daniel Mar a mélangé les lettres. « Pour le mot grange, il n’y a qu’un anagramme possible : gagner! »
« C’est ainsi que vit la Grange, une porte ouverte aux rencontres, aux moments chaleureux des instants partagés, les yeux engrangent les souvenirs, les paroles s’échangent, s’enrichissent. La Grange, c’est le pas lourd des sabots de Bijou sur le pavé. La Grange, c’est Camille. La Grange, c’est l’amour, pour l’échange de deux passionnés. La Grange, telle est sa vocation, la beauté du tableau, la lumière des photos, le geste assuré du sculpteur passionné, les odeurs de lavande échappées du tableau, les pas du visiteur caressant les pavés. La Grange, c’est le lieu magique des magiciens. La Grange, c’est le reflet d’une vie transparente du vécu comme un poème qui s’éternise dans le temps, » conclut Cosette Pignoux.
L’exposition « Coulon rive gauche » est ouverte jusqu’à fin septembre dans « la Grange de Camille » en bordure de Sèvre Niortaise, face au bourg de Coulon (Marais Poitevin – Deux-Sèvres). Visite libre.
Gilles PETIT
Les œuvres présentées dans ce reportage sont la propriété de leur auteur.
Revoir notre reportage vidéo réalisé à l’occasion de l’édition 2013 : https://youtu.be/4AortAw5HWI
CIVAM MARAIS MOUILLE : A la recherche des plantes messicoles
Au cœur du Marais Poitevin, le réseau CIVAM Marais Mouillé a offert « une balade dans les champs cultivés » à la recherche des plantes messicoles. Guidée par un professionnel de Deux-Sèvres Nature Environnement.
Fidèle à son slogan « Campagnes vivantes », chaque premier mardi du mois (normalement), toute l’année, le réseau CIVAM (Centre d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural) anime « des Cafés Citoyens ouverts à tous les curieux, agriculteurs, particuliers, élus, Maraîchins ou visiteurs ». Il s’agit de soirées gratuites de découverte, d’échange et de partage autour de sujets liés à l’agriculture et au territoire du Marais Mouillé.
Une balade semi-nocturne
Mardi 7 juillet 2020, une dizaine de personnes se sont retrouvées dans la plaine coulonnaise pour découvrir « tout ce qui vit dans nos cultures ». En préambule, l’animatrice du CIVAM Marais Mouillé, Eline Lombart a informé que, d’une part, le Centre est une association d’agriculteurs ayant choisi de « se développer en échangeant entre eux sur des sujets liés au monde agricole, et en travaillant ensemble sur tout. » D’autre part, qu’il organisait, ce soir-là, un Café-citoyen accueilli par le GAEC La Passion, un Groupement Agricole d’Exploitation en Commun qui siège à Coulon (79), et par l’association Deux-Sèvres Nature Environnement (DSNE79) accompagnée opportunément d’un représentant du Groupement Ornithologique des Deux-Sèvres (GODS).
Cette balade consacrée à « la découverte de la biodiversité dans les champs cultivés avant les moissons », s’est déroulée à l’orée d’une parcelle de blé juste moissonnée. « Nous sommes tributaires des aléas de la maturation des germes et des conditions météorologiques, » a expliqué M. Guillaume Largeaud, l’agriculteur qui gère le GAEC La Passion, avec son associé Florian Moinet.
Le GAEC La Passion

Une exploitation qui, depuis 2008, élève des bovins allaitants Blonde d’Aquitaine et Maraîchine, ainsi que 18 000 poulettes pré-pondeuses. De plus, elle cultive l’alimentation nécessaire en interne et dispose de plusieurs herbages.
« L’exploitation, c’est environ 40 propriétaires de terres exploitées par nos familles depuis trois générations, » informe M. Largeaud. « L’avantage de notre métier fait qu’on en apprend tous les jours. Si on veut, on peut apprendre beaucoup de la terre, des sols, de l’environnement. C’est un métier formidable. On vit sur quelque chose de formidable, on n’y fait pas forcément attention. Prendre le temps de sortir du boulot, s’asseoir et admirer. »
Justement, ces jeunes agriculteurs voient bien des plantes poussées ça-et-là au travers de leurs cultures. Ils s’y intéressent, surtout lorsqu’elles perturbent les récoltes. Ce sont des plantes messicoles, thème de la présente soirée d’été.
Plantes messicoles ?!
M. Stéphane Barbier, chargé de mission botanique chez DSNE79, une association qui vient de fêter ses 50 ans, affiliée à France Nature environnement, Poitou-Charentes et Nouvelle-Aquitaine : « Messicole désigne un groupe de plantes liées aux moissons, calquées sur les semis de céréales d’hiver qui germent à l’automne, qui croissent en hiver, qui fleurissent au printemps et maturent au moment des moissons. Les graines restent d’une année à l’autre dans le sol, germent quand les conditions leur sont favorables, quand il existe des rotations de cultures. C’est un terme défini sur la base de l’écologie des plantes. » Les novices pourraient les confondre avec les adventices. M.Barbier précise : « En agriculture, les adventices sont des plantes qui posent des problèmes de rendements, qui gênent selon les types de cultures semées. » Les deux concepts se croisent donc.
- Saurez-vous identifier ces plantes messicoles ?
- Photos Gilles PETIT
« Des messicoles sont menacées et figurent sur des listes rouges. 80 espèces de plantes sur le Poitou-Charentes sont considérées comme messicoles. Et environ la moitié sont considérées comme menacées. Elles sont devenues rares et on passe du temps à venir échanger avec les agriculteurs pour mieux comprendre leur écologie, mieux comprendre leurs pratiques, pourquoi elles sont dans un champ plutôt qu’un autre, même proche voisin. Nous essayons de voir comment la préserver, la valoriser. Nous dressons actuellement un inventaire déjà bien avancé, » poursuit l’animateur de DSNE79.
On l’a dit, le champ de blé qui devait être ausculté était moissonné, mais pas les parcelles alentour et les bords du long chemin de pierre rectiligne, lieu de rendez-vous pour la balade semi-nocturne.
On a parlé et/ou cherché des plantes, communes ou rares, qui ne poussent pas forcément sur ce territoire. Il a été question (Ref.: le guide les Messicoles du Poitou-Charentes à destination des bénévoles) d’Adonis d’automne, Nielle des blés, Bugle Petit-pin, Buplèvre à feuilles rondes ou ovales, Caucalis à fruits larges, Bleuet, Chrysanthème des moissons, Petite spéculaire, Miroir de Vénus, Buglosse des champs, Muflier des champs, Renoncule des champs, Peigne-de-Vénus, Coquelicot hybride ou Argémone, et bien d’autres.
- M. Stéphane Barbier, chargé de mission botanique chez DSNE79
- avait l’oeil et les bonnes explications. Photo Gilles PETIT

Dans une culture de pois, les participants à la balade ont découvert, entre autres, le Falopia convolvulus. Confondue avec le liseron, cette renouée est une plante herbacée annuelle de la famille des Polygonaceae.
Était présent le long du chemin, le Torbyle élevé, ombellifère de la famille des carottes aux fruits aplatis et feuilles plaquées contre la tige, qui pousse également dans les friches mais préfère les champs cultivés.

En cherchant bien M. Stéphane Barbier a recueilli du Coquelicot commun. « Ça fait longtemps que l’on n’a pas eu d’invasion de coquelicot, » intervient M. Largeaud. C’est dû à quoi ? Peut-être à la pratique de semis cette fois-là. Les intempéries éventuellement ? « Souvent, une autre plante se développe dans les endroits où les cultures n’ont pas poussé. Soit parce qu’il y a eu un excès d’eau, un excès de chaleur, ou l’engrais organique qu’elle n’aimerait pas, la plante serait restée à stagner, d’autres espèces ayant alors pris la lumière, et elles ont pu se développer dessus, » s’interroge l’agriculteur.
Et les oiseaux ?!

















































