Commune de Coulon (79)

MARAIS POITEVIN des Deux-Sèvres : une manifestation au chevet du pont d’Irleau

Publié le Mis à jour le

Un tablier de pont qui s’affaisse, les activités économiques et touristiques de la Venise Verte s’effondrent. Entre le « pont de la discorde » et le « Pont des Révérences », les Maraîchins ont choisi une manifestation historique, samedi 23 juin 2018. La conciliation doit succéder à la colère. A l’issue d’importants travaux, programmables en fin d’année 2018, le pont d’Irleau devrait retrouver « la situation qui existait avant. »

Enjambant la Sèvre Niortaise sur trente mètres, entre les communes du Vanneau-Irleau et de Coulon, le pont d’Irleau est actuellement limité à 3,5 tonnes et réduit à deux mètres de large.

Parallèlement à une passerelle métallique type Eiffel, encore récente en 1929, le « Pont des Révérences » d’Irleau, construit en béton armé [voir sa genèse et l’origine de ce nom dans le livre « Marais Poitevin : les rives du passé » de Jean-Claude Coursaud et Daniel Mar, aux éditions du Marmot], est inauguré en juin 1931 après deux années de travaux.

Aujourd’hui, le tablier de ce pont, lequel franchit le fleuve La Sèvre Niortaise à cheval sur les communes deux-sévriennes du Vanneau-Irleau et Coulon, donne des signes de faiblesse. Son utilisation est désormais limitée aux véhicules jusqu’à 3,5 tonnes ou deux mètres de large. Habitants, agriculteurs, élus locaux, acteurs du tourisme. . . dénoncent la position du Conseil départemental des Deux-Sèvres, propriétaire de l’ouvrage.

M. Gilbert Favreau (à gauche) président du CD79 en compagnie de M.Robert Gousseau (au micro) maire de la commune du Vanneau-Irleau.

Présent sur le site, le président du Conseil départemental 79 Gilbert Favreau a tenté d’expliquer les décisions prises : « En 1998, les services du département ont décidé de le fermer après une étude, puis de le limiter à 12,5 tonnes. Les usagers ont continué à circuler avec des véhicules de plus en plus lourds. En 2017, quand je suis arrivé à la présidence, un cabinet d’études m’a conseillé de fermer immédiatement le pont à toute circulation. Il fallait prendre des mesures. Il fallait faire des travaux, alors on a fait faire une étude technique qui a préconisé trois séries de travaux. D’abord, il y avait des appuis qui risquaient de lâcher. Ce sont les premiers travaux qui ont été fait en avril dernier. Aujourd’hui, il reste à faire des travaux sur le tablier du pont, surtout au niveau des soubassements qui portent le pont aux extrémités. La chaussée et les garde-corps sont également fatigués. » Le Conseil est intervenu sur la priorité, à savoir les appuis-piliers en béton qui tiennent le pont. Parallèlement, le poids limite des véhicules a été ramené à 3,5 tonnes. « Bien évidemment, il y a un certain nombre d’usagers qui sont gênés par cette situation et notamment les agriculteurs. Ils veulent qu’on rouvre le pont à tous tonnages. Le problème, c’est que le président du département que je suis ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Si un jour il y a une chute ou s’il y a un problème d’effondrement parce qu’on aura mis un gros cube de 35 tonnes. Le responsable, c’est moi ! Aujourd’hui, je suis dans un esprit de conciliation avec tout le monde. J’ai fait programmer des travaux pour l’automne et j’espère qu’à l’issue, on pourra me confirmer que, effectivement, on peut rouler à 12,5 tonnes. On reviendra donc à la situation qui existait avant. Mais on n’aura jamais l’autorisation sur un pont de cette qualité de faire passer des 35 tonnes. Voilà la situation. Je comprend aussi la gêne. Je suis obligé de faire comme ça. »

Promu porte-parole des manifestants, le maire du Vanneau-Irleau Robert Gousseau pose les problèmes : « On ne peut pas prétendre être les Portes du Marais, le Marais dans sa splendeur, l’emblème du département, un site touristique, un site classé, un Parc naturel régional, un Grand Site de France, et ne pas passer la Sèvre Niortaise à pied sec. Tous nos agriculteurs ne peuvent plus travailler, les touristes ne peuvent plus passer. On peut concevoir que le pont peut avoir des faiblesses, mais on ne peut pas, non plus, ne pas penser à demain. Par conséquent, il serait judicieux d’avoir, au moins, une perspective de ce qui va se faire dans la suite. Mettre 700 000 € sur trois ans, c’est un fait. A ce moment-là, il faut mettre 4 millions d’euros sur cinquante ans et puis on refait un pont. Si on avait un Département ambitieux, on ferait comme ça, sauf que ,apparemment, ce n’est pas le cas. On ne nous prend pas au sérieux, alors on fait voir qu’on n’est pas contents, c’est tout. On ne veut pas faire passer des revendications extraordinaires, mais en vérité, on est là pour démontrer que nos agriculteurs sont en souffrance et même éventuellement les touristes, les camping-cars ne passant plus. C’est désastreux. On ne peut pas se contenter de ça. De toute façon, on se bat contre plus fort que nous ; nous sommes tenaces. Si c’est faire des travaux pour ne rien faire de mieux, c’est pas la peine. Quand on me dit, on va mettre 700 000 € et qu’en fin de compte le pont va rester comme il est en ce moment, c’est pas satisfaisant. A ce moment-là, il ne faut pas mettre d’argent, moi j’appelle ça du gaspillage de l’argent public. Nos anciens, en 1930, ont pensé qu’il fallait un pont et il n’y avait pas de touristes, aujourd’hui il y a des touristes mais on ne peut même pas faire de pont. Peut-être qu’on pourrait remettre la passerelle à ce moment-là ! »

Au delà des « bons mots », le quotidien doit se réorganiser. Un agriculteur-éleveur de charolaises à Benet en Vendée : « Nous avons des terres sur Irleau, Le Vanneau, Arçais, Saint-Georges-de-Rex. Nous habitons de l’autre côté [rive droite de la Sèvre Niortaise] et je ne peux pas passer sur le pont pour aller en Deux-Sèvres. Nous exploitons environ 170 hectares sur ces communes-là. Nous élevons 600 bêtes en tout, dont à peu près 150 de ce côté deux-sévrien. L’ensemble tracteur, avec, par exemple, tout le matériel de fenaison ou la bétaillère, est trop large pour passer entre les chicanes. De plus, un convoi agricole pèse entre 4 à 12 tonnes maxi. Quand le pont a été construit, c’étaient des chevaux qui passaient là. Doit-on vivre avec les méthodes du 19ème siècle ou du 21ème siècle ? Parce que, on constate qu’au 20ème siècle, il a été fait un pont pour favoriser les échanges et qu’au 21ème siècle, on le ferme. Nous passions sur ce pont environ trois fois par jour. Actuellement, nous passons par Sansais-La Garette (79) ou par Damvix (85), ça dépend où on va. Ça va être compliqué cet été avec les véhicules qui vont tous dévier par là-bas. Le problème, c’est qu’un automobiliste coincé entre deux tracteurs pendant dix minutes, voire un quart d’heure, double dans un virage avec une petite visibilité. Quand dix plateaux à paille circuleront à longueur de journée, bonjour les dégâts. »

M. Gousseau poursuit : « Votre participation prouve que ce pont a une valeur symbolique, aussi bien pour les gens de chez nous que pour les gens de l’extérieur. La solution de facilité était de fermer le pont. Hier il marchait à 40 tonnes, aujourd’hui à 3,5 tonnes, ça fait une différence. En 1930, quand nos anciens, qui étaient aussi intelligents que nous, ont pensé qu’il fallait faire un pont, il n’y avait pas de touristes, il y avait les mogettes. Aujourd’hui, y a plus de mogettes, y a des touristes. Est-ce que ça compense, la question reste posée. On ne peut pas se contenter d’un pont à 3,5 tonnes et deux mètres de large. Un Conseil départemental digne de ce nom, soucieux du bien être de son bassin de vie, peut mettre, à mon avis, 3 millions d’euros sur cinquante ans. »

S’adressant à nouveau aux 200 personnes présentes sur le pont, M. Favreau précise: « Ceux qui ont fait ce pont n’ont peut-être pas pensé qu’il devait durer plus de 80 ans. Ce pont est dans un état déplorable, ce qui justifie des décisions prises. Nous avons fait en sorte de laisser passer au minimum les véhicules de tourisme jusqu’à 3,5 tonnes. Les travaux commenceraient probablement à la mi-septembre sur les soubassements et les garde-corps, pour une durée de deux mois et demi. Durant ces deux mois et demi, il y aura une fermeture. Après, nous serons à douze tonnes. Au delà de douze tonnes, je ne peux vous promettre. Il y a des contingences techniques qui ont fait que nous n’avons pas pu aller plus vite. Après ?!?! Un nouveau pont ?!?! Je ne sais pas si vous connaissez aujourd’hui les exigences administratives en matière de construction, notamment dans le Marais Poitevin qui est un site Natura 2000. C’est une administration d’État qui gère tout ça. Il faudra faire une étude très exigeante. C’est une bagatelle de 4 à 5 millions à la sortie. Je suis désolé des ennuis que ça cause à la population et à tout le secteur économique du Marais, mais je crois que c’est une obligation. »

Ancien maire de la commune d’Arçais (79), M. Joël Bourchenin, a ouvert le volet tourisme : « notre territoire sert de vitrine à notre département, de longue date. Évidemment que ce pont a toute son utilité pour notre tourisme d’été et de toutes saisons. On voit des agriculteurs se mobiliser, on voit aussi des acteurs du tourisme. » Un tourisme estival détourné dont dépend de nombreux commerçants installés dans les villages desservis par le pont.

M. Michel Simon, maire de Coulon, s’exprimant au titre de président de l’Office de tourisme Niort-Marais Poitevin : « A l’Office, nous expliquons aux touristes le problème du pont d’Irleau et l’interdiction des camping-cars. Ils le comprennent. Mais quand un touriste arrive en voiture, il voit tous ces panneaux de déviation. Il se dit que la commune doit être en travaux partout, il file son chemin. On perd du tourisme notamment depuis le début de la saison, les premiers chiffres de fréquentation de l’aire de camping-cars de Coulon l’attestent. »

Cherchons ensemble les bonnes idées pour restaurer le pont d’Irleau et apaiser le climat social dans la Venise Verte ?!?!

Finalement, la conciliation succède à la colère. Tout le monde s’est retrouvé autour d’une table qui « dessèche le gosier », à l’invitation du maire du Vanneau-Irleau. Là, au moins, on s’est parlé sans titre, sans tabou, ni procédure administrative.

 

Gilles PETIT (récit et photos)

COULON (Marais Poitevin 79) : FIAT LUX !!! « Que la lumière soit ! »

Publié le Mis à jour le

Comme un enfant regarde la vitrine d’un magasin de jouets la veille de Noël, le maire de Coulon Michel Simon voit déjà sa commune « mise en lumière » par l’association Petites Cités de Caractère. Datant de 2016, ce « vieux » projet départemental, lancé par feue l’Agence de Développement Touristique (ADT79), est censé « permettre la mise en valeur du cadre du centre-bourg patrimonial et rural. » D’études en études, pourquoi faire simple (et moins cher !) quand on peut faire compliqué.

 

Comme ici à l’occasion des dernières Nuits Romanes, l’église de Coulon aurait fière allure avec une « mise en lumière » permanente.

Selon Mme Corinne GION, chargée de mission tourisme au Conseil Départemental des Deux-Sèvres (CD79), ce dernier ayant absorbé l’ADT79 : « Douze collectivités deux-sévriennes ont été associées à ce projet. » A savoir, les dix communes engagées dans les Petites Cités de Caractère (Airvault, Arçais, Celles-sur-Belle, Coulon, La-Mothe-Saint-Héray, Mauléon, Melle, Oiron, Saint-Loup-Lamairé et, peut-être, Chef-Boutonne) et les deux villes d’Art et d’Histoire : Thouars et Parthenay.

« La mise en lumière est en même temps un vecteur pour embellir un centre-bourg mais aussi un enjeu de développement économique et touristique puisqu’il s’agit, au travers de ce projet d’aménagement, d’élargir les amplitudes de visites et de séjours au niveau du cœur de bourg », telle est la démarche officielle. En somme, comme des insectes, il s’agit d’attirer par des lumières toujours plus de touristes dans nos petits villages. Mais pas que ! Car il existe un volet éclairage public qui pourrait intéresser les Coulonnais, tant les avis sont partagés sur la gestion des horaires de veille et des économies à faire. La chargée de mission précise : « l’éclairage public va de paire, la mise en lumière sera là pour souligner et pour être en complémentarité avec les sources fonctionnelles et sécuritaires. » En saison estivale uniquement.

Qu’est-ce donc que cette « mise en lumière » ? Il s’agit d’ « intéresser les concepteurs de lumière dans l’étude et la conception de ce projet. La mise en lumière est inscrite dans le cadre du schéma départemental de développement cognitif, approuvé en 2016 par le Conseil départemental des Deux-Sèvres, établi pour la période 2017-2021.  Qui doit permettre de justifier, puis de déclencher des financements départementaux spécifiques. » En clair, le CD79 a travaillé, depuis deux ans, avec l’agence Orpin de Lune, basée à Lyon, en mission d’assistance de maîtrise d’ouvrage sur cette mise en lumière. Évidemment, à l’échelle du département, mais avec des points communs à minima entre ces Petites Cités de caractère.

C’est pas gagné ! En effet, selon Mme Gion : « Il faut répondre aux besoins spécifiques de chacune des collectivités au travers de la déclinaison. Ce n’est pas seulement mettre en lumière un objet déterminé comme un bâtiment, il faut prendre en compte tout un zonage, un secteur donné. Vous pouvez entrer dans une programmation, c’est la définition d’un plan lumière, à savoir, que l’on prend en compte un périmètre donné dans lequel il y a un certain nombre d’objets d’intérêt patrimonial que l’on souhaite valoriser. Ce plan de lumière permettra de définir un phasage, une enveloppe et un calendrier pour déterminer la tranche de travaux. Un état des lieux a déjà été effectué fin 2017 avec l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, puis formalisé dans le cadre d’un support écrit avec un reportage photographique, inventaire de tous les points lumineux. »

Le maire de Coulon souhaite remettre en valeur l’église de la Sainte-Trinité dont l’éclairage est désormais inhibé tant le système disjonctait. Il pense aussi au pigeonnier de la place de l’Ecu et quelques autres façades ou places et des passages de venelles. Ses yeux ont brillé à l’évocation de l’autre volet de cette mise en lumière : les illuminations estivales des quais de la Sèvre Niortaise, voire du centre du village. Il faut dire que la mission tourisme lui en a mis plein la vue en organisant, l’été dernier, des déplacements à Chaumont-sur-Loire ( Loir-et-Cher) et surtout à Montrésor (Indre-et-Loire). Depuis une dizaine d’années, Montrésor organise en juillet et en août, dans les rues du village et au bord de l’Indrois, au pied de ses deux châteaux, dont un est construit au début du XIe siècle à l’extrémité d’un éperon rocheux surplombant la vallée, une série d’animations et de spectacles estivaux nocturnes retraçant l’histoire de Montrésor appelés Les Nuits solaires de Montrésor.

La halle aux laines de Montrésor mise en lumière en permanence.

Au conseil municipal de Coulon, M. Simon s’est lancé dans un panégyrique vantant la majesté de ces manifestations  monumentales et rêvant de voir la Sèvre Niortaise et ses quais s’animer, à la nuit, d’effets lumineux de toutes sortes ponctués musicalement de diverses apparitions végétales et/ou animales sous forme d’ombres (la belle anguille du Marais remplaçant le grand lézard de Montrésor, par exemple). Il a précisé : « Tout ne sera pas éclairé, il y aura aussi des zones sombres ». Nous avons une pensée pour les Coulonnais qui imaginent déjà la disparition des billetteries des embarcadères entre 22/23 heures et 1 heure (du matin). Un rêve parmi d’autres.

Le projet « mise en lumière » est une « œuvre globale unique en France », dit-on. Or, il n’est pas certain que les douze collectivités retenues adhèrent à l’initiative. « On va s’appuyer sur le collectif pour faire réduire les coûts liés à l’étude, » explique Mme Corinne Gion. « Le département prendrait à sa charge la quasi totalité du chiffrage estimatif (50 000 €) en demandant une participation forfaitaire à chacune des communes à hauteur de 1 000 € » (Coulon a déjà prévu une enveloppe de 3 000 €). Pour les phases suivantes : projets et travaux, le département n’ayant pas vocation à aller plus loin en termes d’appui et de maîtrise d’ouvrage, chaque collectivité reprendra à son compte la maîtrise d’ouvrage, dont le financement, et déclenchera les phases techniques. Il faut que les conseils municipaux acceptent afin que le département sache le nombre définitif des communes qui souhaitent s’engager.

Les Nuits solaires illuminent les bords de l’Indrois et le château Renaissance de Montrésor chaque été.

En résumé, des études ont été réalisées par une agence de maîtrise d’ouvrage. Cette agence doit traverser la France pour travailler en Deux-Sèvres. Maintenant, les communes sont invitées à adhérer à un groupement de commandes chargé de recruter un nouveau cabinet d’études, lequel devra émettre au moins deux propositions au comité de pilotage à former. Ensuite, il faudra encore d’autres études pour définir un plan lumière par collectivité. Suivront des études réalisées concrètement par le ou les prestataires techniques. Parallèlement, des études fixeront les coûts des opérations par collectivité engagée. Tout ça avant que quelqu’un appuie sur le bouton d’allumage estival. « Il s’agit d’avoir un projet suffisamment avancé en terme de simulation, de rendu de simulation, d’estimation financière et puis de descriptif technique. »

On ne peut guère faire plus compliqué. Pour la phase éclairage public, Coulon finance déjà un prestataire-fournisseur d’énergie compétent pour repenser le système, comme l’ont fait des communes voisines réalisant désormais d’importantes économies d’énergie. Pour la phase animation lumineuse estivale, il suffit de débloquer une enveloppe tirée d’un budget culture à remettre à une structure associative experte en technique scénique (à l’image de l’ancienne association Côté Marais qui organisait le Festival du Marais) pour voir émerger des animations féériques. Le tout ne prend que quelques semaines de mise en place, sans gaspillage de fonds.

« L’étude doit durer jusqu’en mai 2019 », précise la chargée de mission. Au mois de mai, il sera trop tard pour penser et installer des lumières artistiques pour la saison 2019. 2020 sera une année de renouvellement des équipes municipales avec ses incontournables remises en cause des politiques antérieures.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple !!!

Gilles PETIT

Crédit photos les Nuits solaires de Montrésor : Alain Crozemarie — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45362902

MARAIS POITEVIN : Bassines et signature du contrat de Parc 2018-2020 à Coulon

Publié le Mis à jour le

D’entrée, le ton est donné à Coulon (Deux-Sèvres) jeudi 26 avril 2018 en début d’après-midi devant le siège du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNR), à l’occasion de la signature du contrat de Parc 2018-2020 entre le PNR et la Région Nouvelle-Aquitaine. « La Région et Monsieur Rousset n’ont pas donné leur arbitrage quant au financement des bassines à hauteur de dix millions d’euros », informe M. Julien Le Guet, représentant des manifestants regroupés dans la structure collective Bassines Non Merci !. « Qu’on ne vienne pas me mélanger le marais et les bassines. Maintenant s’il y a des problèmes je saurai le dire, mais qu’ on n’en profite pas, sinon on n’avance pas, on oppose, on clive, et quand on clive, on ne construit pas », répond le Président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Toutefois, « une rencontre est calée le 29 mai prochain avec M. Alain Rousset sur le terrain pour lui montrer l’aberration de ce projet », précise M. Le Guet.

Le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset a été accueilli devant le siège du PNR par une délégation de Bassines Non Merci !

Pour les non initiés ou les absents, cette notion de « bassines » est expliquée dans nos articles précédents :  MARAIS POITEVIN : A Amuré (79), une chaîne humaine pour dire « Bassines, Non Merci ! » et MARAIS POITEVIN : le Collectif « Bassines Non Merci ! » lance « La Marche des Pigouilles » – dimanche 4 mars 2018 à Mauzé-sur-Le-Mignon (Deux-Sèvres), aux liens suivants, respectivement : https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2017/11/12/marais-poitevin-…ssines-non-merci/ et https://actualitescoulonmaraispoitevin.com/2018/02/26/marais-poitevin-…gnon-deux-sevres/.

Les manifestants dénoncent l’attitude du Parc, « pro-bassines » selon eux, « C’est dix ans d’histoire loupée, dix ans de mépris vis à vis des habitants et des associations du territoire. Donc aujourd’hui, on est là pour interroger en profondeur la pertinence d’un tel outil qui finalement n’est plus un projet de protection du milieu, mais bien un projet de soutien au pire développement économique. Si M. Rousset venait à signer, en dépit de nos interpellations, ce triste document, le Parc serait mort. »

 

 

Le Contrat de Parc 2018-2020 présente 46 actions pour un montant total de dépenses de 5 995 599 € sur trois ans. Selon le texte, « cette somme correspond aux objectifs de mise en œuvre de la charte 2011-2023 et à la feuille de route régionale. »

Le contrat est structuré autour des axes stratégiques de la dite-charte, à savoir :

  • Soutenir une agriculture durable (programmes autour des marais desséchés favorisant l’élevage extensif et la réhabilitation des milieux) ;
  • Développer un tourisme durable, rayonnant dans l’espace et dans le temps (itinérances, tourisme fluvial, . . .) ;
  • Favoriser l’émergence, le développement d’activités économiques fondées sur la valorisation du patrimoine et des ressources naturelles (marque parc, stratégie territoriale énergétique) ;
  • Préserver et restaurer le fonctionnement écologique du marais (observatoire patrimoine naturel, Life Baie d’Aiguillon, amélioration de la connaissance et de la conscience du risque, . . .) ;
  • Préserver et mettre en valeur les paysages identitaires de la ruralité maraîchine (valorisation de l’architecture maraîchine, plantation et suivi de boisement, . . .) ;
  • Forger une culture du marais engagée vers le développement durable (éducation à l’environnement, . . .).

    Au départ de Coulon, une petite balade touristique dans la Venise Verte a précédé la cérémonie de signature du contrat de Parc.

M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du Parc naturel régional du Marais Poitevin

Selon M. Pierre-Guy Perrier, président du Syndicat mixte du PNR : « Cette terre est une terre d’exception comme tous les Parcs naturels régionaux. [La région Nouvelle-Aquitaine compte aujourd’hui quatre Parcs naturels régionaux : Landes de Gascogne, Marais Poitevin, Millevaches en Limousin, Périgord-Limousin, et bientôt cinq avec le projet du Médoc] Elle a une histoire qui est tournée vers l’eau. Cette eau qui, à la fois, peut apporter tant de richesse, mais aussi tant de danger. Cette eau nous amène aujourd’hui à mettre en avant toutes les richesses de ce territoire. Ces richesses sont à la fois culturelles, à la fois architecturales, à la fois de l’histoire et aussi de l’environnement. Ces richesses que l’on se doit de préserver dans l’avenir. » Dans cet objectif, le Marais Poitevin, deuxième zone humide de France et cinquième d’Europe, vient de se voir renouveler le label Grand Site de France. Le PNR envisage de « conquérir la reconnaissance de l’UNESCO et le label Convention RAMSAR. » La Convention de Ramsar est le plus ancien de tous les accords modernes mondiaux et intergouvernementaux sur l’environnement. Il s’agit d’un traité négocié dans les années 1960 par différents pays et organisations non gouvernementales préoccupés par la perte et la dégradation croissantes des habitats en zones humides pour les oiseaux d’eau migrateurs. Adopté dans la ville iranienne de Ramsar en 1971, il est entré en vigueur en 1975.

M. Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine.

M. Alain Rousset : « Ce Marais Poitevin est peut-être un résumé du défi que l’on a aujourd’hui sur la planète. On vit plusieurs défis : le défi de la croissance démographique, donc de nourrir la planète, de l’occuper, et le défi de la préserver. Et l’eau est un marqueur essentiel. Pour moi, voir une rivière à sec est un vrai malheur. Et puis, nous sommes là vers des systèmes de résurgence, mais on est en même temps vers des systèmes de submersion et d’inondation. C’est le deuxième paradoxe plus local. Comment peut-on à la fois souffrir de manque d’eau et de trop d’eau ? Le réchauffement climatique va entraîner la montée des eaux. Moi je souhaite que le Marais poitevin soit un lieu qui soit, d’une certaine manière, comme l’huître l’est à l’égard de la qualité des eaux, un lieu témoin à l’échelle de l’Europe.

Bassines Non Merci ! a organisé une procession de l’église de Coulon à l’embarcadère afin d’enterrer le Parc comme on a toujours enterré les morts dans le Marais Poitevin, c’est à dire, en leur proposant un dernier tour en barque pour dire au revoir à leur Marais.

 

 

« Je reste dans l’idée qu’on ne peut pas opposer l’homme et la nature parce qu’à un moment donné les verrous sautent. Donc, il  faut les marier justement. Il y a des activités humaines et agricoles, horticoles et maraîchères. Il y a des lieux, le marais humide et le marais desséché. Il y a du patrimoine. Il se trouve qu’un parc naturel régional est un joli témoin de ce que nous pouvons faire d’une manière publique avec la société civile pour, à la fois, faire en sorte qu’on préserve et qu’on vive, et qu’on montre. Rien ne serait pire que de garder pour quelques-uns cette balade magnifique sur les canaux. Cet espace doit être mis à la disposition du public, d’abord parce qu’il y a de l’argent public qui est mis pour le préserver. Donc il y a toute une réflexion sur un tourisme durable à mettre en place dans le cadre du Parc. En liaison avec les professions, les communes, les associations présentes avec les professionnels de la batellerie. Je sais qu’il y a des inquiétudes que j’espère infondées, en tout cas que je vais vérifier, sur l’approvisionnement en eau du marais. »

Par ailleurs, poursuit le Président : « la Région n’est pas là pour reproduire l’État, c’est à dire de tout décider, de Bordeaux ou de X ou Y, sur ce qui se passe sur les territoires. Je fais confiance aux territoires, à la société civile des territoires, aux associations des territoires, aux organisations et aux élus des territoires. Il y a des lignes qui seront fixées, mais ce n’est pas à moi, président de la Région, de les fixer, même si la Région est un des principaux financeurs, sinon le principal. Je fais confiance; c’est dans ce sens là qu’il faut voir la signature du président de la Région. Il y a un débat local. Ce débat est démocratique. On n’a rien inventé de mieux que la démocratie. C’est à la Région de fixer les grandes lignes et les orientations d’un Parc naturel régional. »

MM. Rousset et Perrier ont finalement paraphé le Contrat de Parc naturel régional du Marais Poitevin 2018-2020.

Gilles PETIT

COULON (79) : Applaudissements pour l’artiste ANDRE PIGNOUX

Publié le Mis à jour le

Vendredi 23 mars 2018 après-midi, on se pressait, pour ne pas dire on courait, à Coulon (Deux-Sèvres). Pour assister à la toute dernière représentation de l’homme de théâtre qu’était André Pignoux. Autour du cercueil placé au milieu d’une allée centrale du cimetière, la foule des grandes premières formait comme un cocon protecteur. Ici, il n’y avait point de spectateurs. Tous étaient, cette fois-ci, acteurs d’une pièce qui clôt un « livre de la vie ».

L’homme de théâtre et complice des artistes de toutes factures André PIGNOUX (juillet 2017)       Photo Gilles Petit

 A la demande de la famille, Jean-Claude a feuilleté le « livre de la vie » d’André Pignoux : « Et maintenant te voilà plongé dans la nuit. La nuit interminable, cette nuit dont nous savons toi et moi qu’elle ne finit jamais par un matin. L’information est arrivée implacable, certes mais sans surprise. »

« André Pignoux, ce Coulonnais de toujours est tombé dans le guet-apens de la vie qui est propre à chacun. » Parti discrètement à 86 ans, André est né en 1931, à Magné (Deux-Sèvres), sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise. Ses parents travaillent alors sur la rive droite à Coulon. Dix ans plus tard, une petite sœur le rejoint, Françoise.
« Un passage à la communale et une adolescence sans histoire vont révéler un enthousiasme particulier pour le théâtre. Le Coulon d’alors sort de la seconde guerre mondiale, un vent de liberté s’affiche, les pièces de théâtre se multiplient, André y trouve ses repères et excelle dans de multiples interprétations. Pagnol, Labiche ou encore cette pièce en un acte de Tchékhov, « Les méfaits du tabac » où, seul en scène, André se révèle brillantissime.

« La présence de la famille Richard, du cinéaste Pierre Gurgand et surtout de Cosette Richard vont transformer la vie d’André Pignoux. Ils se marient et se réjouissent de l’arrivée de Sandrine, leur fille unique. »

A son retour de Paris en 1969, André Pignoux a pris sa plume :

« C’est le départ vers la capitale, poursuit  J.-C., André et Cosette Pignoux sont accueillis, excusez du peu, par la famille Serreau. Grâce à ses qualités de machiniste, de photographe, d’électricien, il devient l’homme indispensable. De cabarets en théâtres, André travaille sans relâche, ce qui est d’autant plus épuisant qu’il faut composer tous les deux jours avec une nouvelle pièce. Pourtant, ce côté « ombre et lumière des éclairages » le séduit.

« Malheureusement, André tombe malade. Inexorablement, c’est le retour vers le Marais.

« Fort d’une détermination sans faille, et avec son inséparable Cosette, il s’investit dans le théâtre et les arts. Coulon devient la capitale culturelle du Marais Poitevin. En 1970, André loue, crée et aménage une authentique ferme, une maison ayant appartenu à M. Camille Paris, sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise – un lieu qu’il baptise « la Grange à Camille » [aujourd’hui La Grange de Camille] et qui, très vite, devient mythique. Ensemble, ils créent une véritable maison d’artisans et un repère d’artistes. Plus tard, avec le concours de la municipalité et d’une équipe de bénévoles, ils mettent en place un rendez-vous culturel estival annuel : les Soirs d’été. » Ce festival a vécu quinze années jusqu’en 1985. Parallèlement, en période hivernale, la même équipe a géré pendant sept ans un cabaret nommé « Le raton laveur », installé dans l’ancienne demeure du receveur de la Coutume. Un bâtiment qui héberge aujourd’hui la Maison du Marais Poitevin.

« Que d’artistes prestigieux ne sont pas venus à Coulon ! Le plus illustre d’entre eux est Jean Cocteau, qui fait le déplacement en août 1974. Des chanteurs tels que Jean-Roger Caussimon, Mouloudji, Paco Ibanez et Colette Renard, pour n’en citer que quelques-uns, transforment eux aussi le petit village en un haut-lieu de culture. »

Les générations actuelles connaissent Cosette et André Pignoux, comme les fondateurs du Théâtre Roger-Blin, en août 1984. Siégeant à Coulon, cette pépinière d’artistes de théâtre est dédiée à « un ami et collègue »: Roger Blin. Ce grand acteur et metteur en scène était décédé quelques mois auparavant.

Tous les Maraîchins, et les autres, se souviendront du photographe André Pignoux. Témoin de son temps, ce véritable historien de la photographie a saisi entre les années 1946 et 1950 des documents d’une valeur inestimable.

L’artiste André Pignoux devant quelques unes de ses œuvres dans La Grange de Camille (juillet 2013) Image Capt’Action79

Dans notre reportage vidéo consacré à La Grange de Camille, édition 2013 ( à voir ou revoir à l’adresse : https://youtu.be/4AortAw5HWI), André Pignoux s’exprime  : « Revenu dans mon pays, j’ai appris la photo, je me suis installé photographe. J’ai voulu figer mon pays dans la photographie. C’était l’époque charnière où les tronçonneuses remplaçaient les scies, les tracteurs remplaçaient les chevaux. Tout changeait, les vaches en bateau, les dernières laveuses au bord de la rivière, j’ai saisi tout ça. C’est parti vite en trois – quatre ans. Alors c’est ce qui m’a beaucoup motivé et le noir et blanc. J’ai toujours adoré le noir et blanc. Parce que, peut-être, on m’a dit que venant du théâtre comme régisseur éclairagiste, au Théâtre de Lutèce à Paris, j’ai toujours été fasciné par le noir et blanc et les éclairages clairs-obscurs. Avec le numérique, c’est autre chose, l’âge arrivant faut savoir arrêter maintenant. »

Des photos d’André Pignoux dans le livre Simeons du Marais.

Le photographe André Pignoux a aussi participé à la publication de livres dont Cuisine de Poitou et de Vendée de Jeanne Philippe-Levatois, une collection ‎Poitiers Cuisines régionales, aux Éditions du Marais 1968 ; Simeons du Marais de Pierre Gurgand, aux Éditions du Quéré 1989 ; et une plaquette disque Bataille de Torfou 1793, un scénario de l’auteur Serge Danot, une adaptation de Marcel Jaud.

« Le temps passe, conclut Jean-Claude, l’érosion de la vie fait ses ravages et nous rappelle tous pour le grand sommeil. Ne soyons ni tristes, ni accablés de chagrin, il nous suffit de rester fidèles dans l’œuvre culturelle qu’André Pignoux a si brillamment défendue. La plus belle garante en est incontestablement Cosette, qui perpétue sa passion théâtrale avec le brio que les Maraîchins lui connaissent. »

 Monsieur André Pignoux a quitté la scène sous les applaudissements.

 

Gilles PETIT avec Jean-Claude Coursaud

COULON (79) : « La Grange du Champ des Dames », un monument historique détruit ?!

Publié le Mis à jour le

En mars 2003, le conseil municipal de Coulon voulait « sauver de la ruine au regard de son importance et de ses caractéristiques, ce patrimoine bâti d’intérêt général » ; En février 2017, les élus déclarent qu’il est « dans un tel état de délabrement et d’effondrement qu’il devient inconcevable, pour des raisons d’hygiène et de sécurité mais également de respect de l’environnement, de le conserver en l’état ». Ballottée d’un projet à un autre depuis les années 1990, « La Grange du Champ des Dames » de Coulon était un monument historique menacé.

Construite sur la voie romaine qui reliait la Saintonge à l’Anjou, « La Grange du Champ des Dames » était l’une des plus anciennes métairies de Coulon rattachée au prieuré du même nom situé à côté de l’église, au centre du village de Coulon.

Aujourd’hui, des fouilles archéologiques seraient indispensables en amont de tous éventuels projets, lesquels seraient gelés. En effet, selon histoirecoulon.centerblog.net/14, « trois tombeaux gallo-romains furent trouvés en 1883 dans un terrain situé à droite de la Route de la Gare [appelée aujourd’hui la Route du Gué romain] qui conduit au gué contigu à l’ancienne entrée qui mène au Gué Romain de la Grange et du pré appelé « Le Pré Feuillant » ou « Pré Fillon » du nom des Feuillants, religieux propriétaires jusqu’à la Révolution du Prieuré de la Grange et Pré-Fillon à cause de Jacob FILLON, fermier général du prieuré de la Grange au 17ème début 18ème siècle. »

Dans le projet d’autoroute A83, le contournement de Niort envisageait plusieurs tracés. Le n°3 passait devant la Grange du Champ des Dames et sur le Gué romain au franchissement de la Sèvre Niortaise entre les communes de Coulon et Magné. (document NR79 des 10 et 11/09/1994)

De plus, des sondages géologiques, effectués en 1990 en raison d’un éventuel passage de l’autoroute A83, ont révélé la présence d’une vie préhistorique à Magné et à Coulon datant de la fin de l’âge de bronze ou du début de l’âge de fer. Des recherches archéologiques ont alors été entreprises sur l’axe du tracé autoroutier, de part et d’autre de la route départementale n°9 reliant Magné à Coulon. Les études ont abouti à la découverte, sous une couche de limons d’une épaisseur moyenne de un mètre, d’objets en pierre et fer, de poteries, de fossés et trous, de traces de combustion. Ces dernières seraient des foyers « ouverts », témoignant de la présence d’un habitat protohistorique, entouré d’une palissade de poteaux et piquets enfoncés dans des trous et calés avec des pierres calcaires. Les fossés servant au drainage ou de tranchées de fondation. Proche du site archéologique de Coulon et connaissant l’importance vitale de l’eau pour les sociétés humaines, l’île de Magné, située comme Coulon au fond du Golfe des Pictons, a pu être un lieu intéressant d’activité humaine. Selon la responsable des fouilles : « Les éléments rencontrés sont suffisamment intéressants et importants pour attester que la partie du site touché représente un fait majeur pour la compréhension et l’implantation protohistorique dans le Marais Poitevin. Des fouilles plus approfondies pourraient nous le révéler. . . » Sachant que la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) a classé Coulon « Grand site archéologique » pour sa « profondeur historique énorme » et repéré 35 sites archéologiques sur la commune, tout porte à penser que La Grange pouvait être posée sur des fondations construites vers 3000 ans à 1000 ans avant Jésus-Christ.

Dans leur transcription de l’histoire de Coulon (publiée le 10 avril 2015), les chercheurs locaux Jacky Carrio-Altmeyer et Jean-Louis Gibaud informent : « Coulon fut donnée à l’Abbaye de Charroux par Louis Le Débonnaire vers 830. Cette donation comprenait une grande partie des terres qui aujourd’hui composent la Métairie de la Grange. (. . .) Un arrêt de 1624 adjuge la Grange aux Feuillants de Poitiers. A cette date l’exploitant était Pierre Augier. Jean Constant, curé de Coulon, s’opposa à cet arrêt. L’affaire se termina par une transaction le 11 septembre 1629. Les Feuillants percevaient les fruits de la Grange et Constant une pension. »

Considérée comme bien ecclésiastique, à la Révolution, la Métairie de La Grange fut vendue comme bien national le 5 mars 1791 pour 75 100 livres (une somme énorme, est-il précisé !). Elle était composée de deux logements, un de maître et l’autre de métayer, dans un vaste bâtiment cerné de terres appelées, encore aujourd’hui au nord, « Le Champ des Dames », de prés dans le marais et de sols plantés en bois.

La Grange a connu de nombreux propriétaires. Avant le récent rachat par la commune de Coulon, le dernier était un couple de britanniques qui souhaitait transformer la bâtisse en restaurant, reprenant ainsi l’idée émise par le Conseil général des Deux-Sèvres d’aménager le site de La Grange en aire de service placée sur l’éventuelle autoroute A83. Un projet qui fut d’abord stoppé par l’enquête publique du 28 septembre 1992 au 30 octobre 1992, laquelle a instauré un sursis à statuer qui a bloqué les opérations sur les bâtis. Le tracé de l’autoroute longeant la voie romaine dans le Marais Poitevin a été abandonné en 1995.

Le début de la fin de La Grange du Champ des Dames commence en 2003. Les Anglais lancent leur projet : un complexe de restauration et d’hébergement en gîtes. Le Conseil municipal de Coulon est alors favorable et décide : « Le dernier Plan d’occupation des sols (POS) de la commune  remonte au 30 juin 1998. Une révision du Plan Local d’Urbanisme [nouveau nom du POS] est nécessaire et urgente. En l’état, le document d’urbanisme ne permet pas d’envisager la sauvegarde du site » car il est classé à usage agricole et il convient de le classer en logement locatif à usage touristique dans le cadre de la préservation du patrimoine. L’appellation NCt (agricole avec connotation touristique) pour les initiés. Le projet de PLU a été approuvé par les élus le 4 novembre 2003.

Comme la réhabilitation de La Grange était en bonne voie, les propriétaires ont réalisé des premiers travaux de préservation du bâti, à savoir déconstruire les parties affaiblies de l’édifice, le toit et des hauts de murs instables. En conservant les deux façades. Aujourd’hui, en 2017, le bâtiment était resté dans cet état. Des murs s’étaient en partie écroulés et la végétation, avec sa faune indésirable, avait pris possession des lieux.

Pourquoi ? Car entre-temps, le projet de PLU a été arrêté le 30 novembre 2004 et repris fin 2006, en raison notamment de divergences au conseil municipal (le maire était M. Michel Grasset) en mars 2006, et l’organisation de nouvelles élections municipales partielles. Parallèlement, diverses mesures environnementales (Plan oiseaux, Natura 2000 . . .) ont retardé l’achèvement d’un PLU.

La propriétaire qui a perdu patience, a accepté une proposition de la municipalité, à savoir, vendre sa propriété à la commune (achat de trois parcelles d’une superficie totale de 4.569 m2 pour la somme de 2.500 €), selon l’estimation du service « France Domaine ». Coulon prendrait alors en charge les travaux de démolition et de remise en état du terrain. Le terrain assaini pourrait être revendu à des exploitants agricoles ou à des riverains. L’intérêt, dit-on, pour la commune d’acquérir cet immeuble est de « pouvoir récupérer un volume important de pierres de taille et moellons qui pourront ensuite servir pour différents travaux : réfection des murs du cimetière, création de murets, constructions diverses. . . »

Les avis étant partagés, notamment sur « les coûts cachés », les élus municipaux s’étaient donné un délai de réflexion supplémentaire, le temps de faire évaluer les frais de démolition, de tri et de stockage d’une « montagne » de pierres et d’estimer les possibilités de revente. Mais, à la surprise générale, l’entreprise Bonnet (constructeur d’ouvrages d’art, . . .) de Coulonges-sur-l’Autize (79), s’est déclaré intéressée par la récupération des pierres de taille. Elle a proposé de réaliser à ses frais le défrichage du site, la démolition du bâtiment, l’évacuation des moellons et la livraison de moellons triés sur le dépôt de la commune. En juin dernier, le maire de Coulon imaginait déjà, pour le début d’automne, un bâtiment rasé et un terrain parfaitement dégagé de tout danger.

« Ce patrimoine bâti d’intérêt général » a désormais disparu.

Gilles PETIT

 

COULON (79) : indésirables sur la Maison du Marais Poitevin, les pigeons ont retrouvé leurs boulins

Publié le Mis à jour le

A Coulon, les pigeons de la place de l’Écu avaient été chassés de leurs boulins ancestraux. En cause, une sur-production de « colombine », à savoir la fiente des pigeons. Le maire de cette petite commune maraîchine voulait les faire partir en obstruant les boulins. Dès le lendemain du tournage d’un reportage TV sur le sujet, les pigeons ont retrouvé leur habitat.

Le pigeonnier dont on parle est construit dans un mur orné d’une remarquable fenêtre à meneaux sur laquelle figure un Écu. Ce mur est situé sur la face nord de la bâtisse qui héberge la Maison du Marais Poitevin, l’écomusée-phare du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin.

Appartenant à la municipalité coulonnaise, « cette maison est citée dans de nombreux documents tels que dans l’aveu du 11 octobre 1709, rendu au seigneur de Benet par Dame Suzanne de Saint-Gellais De Lusignan, veuve de Messire Claude De Bellevielle, chevalier seigneur de Coullon », nous informent les locaux MM. Jacques Altmeyer-Carrio et Jean-Louis Gibaud dans leur ouvrage « Histoire de Coulon de A à Z » (chez Geste Editions).

Selon M. Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc dit Viollet-le-Duc, l’un des architectes français les plus célèbres du XIXe siècle, un pigeonnier est un «bâtiment destiné à contenir des troupes de pigeons et à leur permettre de pondre et de couver leurs œufs à l’abri des intempéries». Appelés boulins, ces abris sont des espaces aménagés dans lesquels niche un couple de pigeons. Le colombier ou pigeonnier est un patrimoine symbolique qui conférait à la demeure un prestige indéniable.

Dès l’Antiquité, les historiens mentionnent l’élevage des pigeons en volière sur le pourtour de la Méditerranée et au Moyen Orient. Le plus ancien remonterait au XVIème siècle avant notre ère. A cette époque, l’élevage des pigeons avait pour objectif premier, la production d’engrais. C’est lors des Conquêtes de l’Empire Romain et, plus tard, des Croisades que l’art d’élever des pigeons et de construire des pigeonniers s’est répandu en Europe. En France, on ne connait pas d’exemples de colombiers antérieurs au Moyen-âge. Le développement de l’élevage du pigeon est né de la nécessité de trouver des compléments à une alimentation composée surtout de céréales. Au moyen-âge, la viande était un luxe. La deuxième fonction du colombier était la production de colombine, très recherchée comme engrais pour les cultures exigeantes telles que la vigne, les jardins potagers ou les vergers. C’était une source de revenus qui figurait même sur les contrats de mariage (en Quercy).

Jusqu’à la moitié du XIXème siècle, le pigeon, en tant que denrée alimentaire et pourvoyeur d’engrais, tenait encore une place importante (Source : pigeonniers-de-france.chez-alice.fr).

Depuis février dernier, les boulins étaient obstrués par des pierres, placées par des employés communaux. Photo Gilles PETIT

Pendant de longues années, les nombreux touristes qui traversaient la petite place de l’Écu à Coulon photographiaient cette façade avec sa fenêtre à meneaux, son Écu et ses 81 boulins alors non occupés. Les pigeons sont arrivés petit à petit. Aujourd’hui, ils sont une dizaine installés dans cet illustre immeuble. Et laissent forcément les traces que l’on imagine.

« Cela fait des mois que les déjections de ces animaux s’accumulent tant sur les toitures environnantes qu’au sol, sous leur lieu d’habitat », avait expliqué, au maire Michel Simon, un voisin, dans un courrier adressé le 1er janvier dernier. Cet habitant avait notamment écrit avoir « contacté la Direction des Services Sanitaires de Niort pour savoir ce qu’il en était de ces volatiles sauvages. Il [lui] a été répondu qu’effectivement la présence des pigeons générait des risques et qu’il incombait au maire de prendre les mesures nécessaires ».

Datée du 7 janvier 2017, la réponse de M. Simon était ferme : « Je suis tout à fait conscient de ces désagréments et surtout des risques que cette colonisation peut engendrer et je demande de suite aux agents des services municipaux : 1- de procéder rapidement au nettoyage de tous les lieux et équipements souillés (trottoirs, lampadaires, toitures. . .  ; 2- de capturer un maximum d’oiseaux nichant à cet endroit ; 3- de prévoir un système de fermeture du pigeonnier afin de supprimer ce lieu de nidification ».

« A ce jour, déclare le voisin, le nettoyage n’a été effectué qu’une fois (la semaine de réception du courrier par le maire), et de façon incomplète (seul le sol en a bénéficié). Nous sommes donc revenus à la case départ. Deux pigeons ont été attrapés par les employés municipaux. Tous les autres continuent à nicher sous la toiture ou à se poser sur la fenêtre à meneaux, continuant donc à dégrader et souiller l’endroit ».

Ce riverain affirme : « Dans mon courrier, je n’ai pas parlé des dégradations que leur présence engendrait au niveau de la fenêtre et des boulins (morceaux de pierre jonchant le sol, rongés par les fientes et les coups de bec) parce que ce n’était pas un «levier » suffisant pour faire réagir le maire. J’ai donc découvert avec effarement que les employés avaient bouché l’accès aux trous avec des pierres (certaines rentrées en force à l’aide d’une petite masse) au lieu de mettre du grillage à l’intérieur, invisible et protecteur de l’ouvrage, comme cela se fait partout ailleurs ».

« Que dire ? » s’interroge-t-il, « Au lieu de protéger l’endroit comme [il] pensai[t] qu’il le ferait, [le maire] a accentué sa détérioration ».

Même avec des pierres enfoncées dans les boulins, les pigeons ne sont pas partis. Ils dormaient posés sur les fils électriques qui courent sous l’avant-toit.

Une équipe de la chaîne de télévision France 3 Poitou-Charentes s’est intéressée au sujet. Elle s’est rendue sur place, mercredi 15 mars 2017. Tous les protagonistes ont été interviewés, hormis les pigeons qui s’étaient absentés pour la journée. Dans son interview, M. Michel Simon, maire de Coulon, a expliqué avoir choisi cette solution radicale, mais provisoire. Selon lui : « Mettre du grillage nécessitait de percer des trous avec le risque de vraiment dégrader la façade ! » C’est exact. Cependant, tout bricoleur sait que le grillage peut être façonné à souhait, sans outil spécifique, et placé dans un espace par effet de clipsage. Surtout s’il est assez fin pour être dissimulé. Ceci 81 fois sur mesure.

Devant la caméra, le maire a aussi informé que les pierres seraient enlevées à la fin du mois de mars. En fait, des agents municipaux sont intervenus dès le lendemain, jeudi 16 mars 2017, pour libérer l’entrée des boulins.

Retour à la case départ. Voilà ce que l’on appelle, l’influence (involontaire) des médias.

 Gilles PETIT


À Fontenay, les volatiles vont se faire pigeonner

Afin de réguler la population de pigeons, la ville de Fontenay-le-Comte (Vendée) a fait fabriquer un pigeonnier qui abritera les volatiles et permettra de contrôler les naissances. Fientes dans les rues, dans les gouttières, cadavres. . . La population importante de pigeons dans les centres villes cause des dégâts et des désagréments. Afin de stopper l’augmentation des pigeons, la ville de Fontenay-le-Comte a décidé de se doter d’un pigeonnier. . . contraceptif.

Ce dispositif a pour objectif de réguler la population, en attirant les couples : 72 nichoirs les attendent, et en stérilisant les œufs, mais pas tous. Car comme tous les animaux qui forment des colonies, ils ont un très fort instinct de survie : ainsi, « nous ne détruirons pas tous les œufs, nous en laisserons un pour chaque couple afin qu’ils reviennent au pigeonnier », explique M. Stéphane Bouillaud, conseiller à l’environnement de la ville.

À Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), un employé communal est chargé de secouer les œufs, geste qui tue l’embryon, mais n’empêche pas la pigeonne de couver. (Michèle BESSON Ouest-France)

MARAIS POITEVIN (Deux-Sèvres) : le village de Coulon, futur écomusée de Magné ?!?!

Publié le Mis à jour le

L’activité commerciale est « en pleine mutation » à Coulon, au point de « changer la physionomie de notre village », a déclaré  monsieur Michel Simon, maire d’une petite commune du Marais Poitevin des Deux-Sèvres qui perd son identité en flattant les touristes. L’édile maraîchin rassure sa population : « Le label Petites Cités de caractère met en valeur l’authenticité et la diversité de notre commune dotée d’un bâti architectural et patrimonial remarquable. Aujourd’hui, ce label appartient à tous les Coulonnais. Il faut que chacun se l’approprie pour le valoriser et faire que la commune en soit digne. » Bientôt, sans commerces, ni services de proximité, dotée d’un label qui ne nourrit pas une population, et dépendante des communes voisines, Coulon devient peu à peu une coquille vide huit mois de l’année et un écomusée en saison estivale. A terme, Coulon sera le parc d’attraction de la commune voisine de Magné.

L'église de la Sainte-Trinité de Coulon est un paisible édifice roman.
L’église de la Sainte-Trinité de Coulon voit de moins en moins d’habitants des écarts.

Vendredi 27 janvier 2017, lors de la traditionnelle soirée de vœux, monsieur Michel Simon a d’abord salué les nouveaux arrivants présents (dont la majorité sont retraités, ou presque, sans enfants scolarisés). Puis, fataliste, il a évoqué le désert commercial qui avance dans sa commune.

photo-gilles-petit-5450
Le garage Renault et la Poste, entre autres, vont déménager dans la commune voisine à Magné.

Dans son allocution, nous n’avons ressenti aucune compassion pour les Coulonnais : « Le départ prochain du cabinet notarial, de l’agence Les Mutuelles de Poitiers, et de la Poste [également les fermetures d’une boulangerie et du garage automobile, et on suppute aussi celle du cabinet médical ! NDLR], va changer la physionomie de notre village. Mais leur installation à Magné dans la zone commerciale et artisanale créée à proximité de Super U semble une évidence. Chacune de nos deux communes va développer des compétences propres. Magné, le commerce et l’artisanat, et Coulon, le tourisme. Le regroupement, voire la fusion des communes est dans l’air du temps. Il semble être une solution pragmatique et efficace pour faire face aux difficultés financières que nous rencontrons. Le partenariat qui commence à se tisser avec notre voisine la commune de Magné en est la preuve. Il ne s’agit ni d’un affaiblissement, ni d’une perte d’identité de la commune, mais simplement d’une mise à profit des particularités et des richesses de chacune pour un enrichissement mutuel. Aujourd’hui, il faut savoir dépasser l’esprit de clocher et travailler en concertation. Comme le dit l’adage : l’union fait la force ! Cela vaut aussi pour les collectivités. Travailler en commun renforcera nos actions et nous permettra de développer nos capacités et nos investissements. »

D’ores et déjà, les Coulonnais doivent s’approvisionner dans les communes voisines, Magné ou Benet (85), voire à Niort (79). Pourtant, le centre-bourg de Coulon possède encore une boulangerie, une maison de la presse et une supérette, ouvertes toute l’année, ainsi qu’un centre socioculturel et une médiathèque. Les habitants des écarts, lesquels se déplacent principalement en voiture, s’y aventurent peu, ou alors avec la « peur au ventre » (ces mots venant des intéressés ne sont pas trop forts !) en guettant le policier municipal prompt à verbaliser un éventuel stationnement illicite.

Afin d'offrir de mieux accueillir les touristes, la rue du Marais, principale voie d'entrée à Coulon a été dégagée de tout véhicule. Au détriment de la supérette COOP car seul le camion-magasin peut stationner occasionnellement.
Afin d’offrir un meilleur accueil aux touristes, la rue du Marais, principale voie d’entrée à Coulon a été dégagée de tout véhicule. Au détriment de la supérette COOP car seul son camion-magasin peut stationner occasionnellement.

Dans le discours du maire, on attendait qu’il parle de mesures sociales d’accompagnement. Par exemple, une suspension des zones bleues hors période estivale ; le rétablissement du stationnement à proximité de la supérette ; l’organisation d’un service de transport vers les commerces et services les plus proches (la zone d’activités commerciales de Magné est située à quatre kilomètres) à l’attention des personnes, souvent âgées, sans moyen de locomotion …

 

 

 

 

 

 

 

 

Côté finances, le discours de l’adjoint Yves Pouzet n’est guère optimiste :  » L’année 2017 s’inscrira dans la même politique de réduction de la dette publique poursuivie par le gouvernement sur la période 2014 – 2017. Elle se traduit globalement par une diminution de la dotation de fonctionnement des collectivités territoriales. Pour notre commune, la perte de cette recette pour 2016 par rapport à l’année de référence, début de cette politique, a été de moins 116 000 euros. Cette perte sera encore supérieure en 2017, puisqu’elle atteindra probablement 160 000 euros (. . .). Dans ce contexte, en 2016, nous avons révisé les taux d’imposition communaux sur la taxe d’habitation et sur le foncier bâti. Cette révision, dont on est conscient du sentiment désagréable qu’elle produit, sera la seule que nous opèrerons sur la mandature 2014-2020. Elle a permis d’accroître les recettes fiscales, ce qui représente en partie, et en partie seulement, notre capacité d’investissement.  »

A Coulon, l’investissement qui concerne directement les habitants représente des travaux de voirie, de sécurisation de sites et d’amélioration des conditions de vie au groupe scolaire.  » Pour la nouvelle salle des fêtes dont nous vous parlons depuis longtemps », poursuit le maire,  » une réflexion dans le cadre de l’intercommunalité a été engagée. Il s’agirait de créer, en partenariat avec le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin (PNRMP), le département, la région et la CAN (Communauté d’Agglomération du Niortais), un complexe qui pourrait accueillir la Maison du Marais Poitevin, l’office de tourisme et une boutique des produits et savoir-faire régionaux, ainsi qu’une salle de séminaire et spectacle. La réflexion est aujourd’hui bien avancée avec les différents partenaires et une étude de faisabilité va être engagée dans les prochains mois. »

document-mairie-de-magne-50
En 1998, la Communauté de communes de la Venise Verte (CCVV) qui regroupait Coulon, Magné et Sansais-La Garette, avait amorcé une réflexion sur un projet de salle d’animation rurale. A l’issue d’une réunion de concertation, l’année précédente, avec les représentants d’une trentaine d’associations, les initiateurs du projet avaient acquis la conviction que la salle s’avérait indispensable et qu’elle devait accueillir aussi bien de simples réunions que d’importantes manifestations non sportives. L’emplacement choisi, à proximité du giratoire de La Repentie, étant important sur le plan touristique, il a été décidé d’accoler un office de tourisme à la future structure. Cette salle devait ouvrir en 2001.

Initialement prévue lors de sa constitution, l'extension du Centre Social et Culturel du Marais serait possible si le musée est déplacé.
Initialement prévue lors de sa constitution, l’extension du Centre Social et Culturel du Marais serait possible si le musée est déplacé.

Une information qui laisse penser à une sortie du centre-bourg du musée phare du PNRMP et du plus important des guichets d’accueil des touristes que compte le Marais mouillé. Une bonne nouvelle pour le Centre Social et Culturel du Marais, tout proche voisin, qui pourrait ainsi investir le bâtiment libéré.

 

 

En outre, l’adjoint à l’urbanisme Dominique Giret informe : « Coulon offre beaucoup de surfaces constructibles. On a cette chance-là. (. . .) Nous, on a la chance d’avoir une partie de la commune qui est en dehors du marais, dans des secteurs qui ne sont pas zones humides. Et le PLU [Plan Local d’Urbanisme] permet aujourd’hui de faire beaucoup de choses. Cela dit, le prix du mètre carré reste assez élevé à Coulon. La commune n’a pas la main sur les prix du marché. Aujourd’hui encore, c’est de l’ordre de 80 à 90 euros le m², ça peut aller au delà parfois. C’est un frein, ces prix là. Notamment pour les primo accédants et les jeunes qui voudraient s’installer sur la commune. »

Hormis l’extension d’un lotissement, les autres projets d’investissement ne sont pas destinés aux autochtones. En premier lieu, la construction de nouvelles billetteries aux embarcadères. Des cahutes en tôle rouge maladroitement dissimulées sous des perches en châtaignier posées horizontalement. Le second projet ne verra pas le jour avant la fin de la mandature. Le troisième représente une lourde épée de Damoclès sur la dette locale. Ces deux derniers seraient gérés par des prestataires privés.

En effet, la construction d’une résidence seniors « connaît quelques retards, vu les difficultés rencontrées avec les propriétaires des terrains, qui, pour l’instant, refusent des négociations amiables », explique le maire. « Nous espérons que la raison l’emportera et que nous éviterons une expropriation, toujours gênante pour tout le monde. » La procédure d’expropriation comprend une 1ère phase administrative préparatoire au cours de laquelle la personne publique (État, collectivités . . .) doit démontrer l’utilité publique de son projet, et une 2ème phase judiciaire servant, à défaut de cession amiable, à transférer la propriété à la personne publique et à indemniser l’exproprié. Cette procédure peut prendre des mois, voire des années. Sachant que l’utilité publique de ce projet n’est guère évidente car il est situé en plein bourg dans un espace réduit, et l’installation au bord d’un fleuve d’une telle résidence est déconseillée par la profession, semble-t-il.

photo-gilles-petit-2885
Ce bâtiment qui a hébergé la Maison Familiale Rurale du Marais, est un legs fait par testament à la municipalité coulonnaise par madame Elise Lucas. Elle avait écrit une condition : l’utiliser au bénéfice des enfants et de la jeunesse en général.

Quant à la reprise des locaux de l’ex Maison Familiale Rurale du Préplot (MFR), monsieur Simon a déclaré : « Monsieur Jacques Mozzi-Ravel, le directeur général de GPA [Groupement entre les Pupilles de l’Enseignement Public et l’Association pour Adultes et Jeunes Handicapés], m’a dit : le conseil d’administration a acté la reprise de l’ex MFR, sous deux conditions. » Alors que l’investissement représente trois millions d’euros, la première condition : « avoir les subventions promises et que les banques suivent le GPA, également » ; la deuxième : « avoir un bail à construire parce que la commune est propriétaire de la maison historique d’Élise Lucas et avoir une clause de sortie dans ce bail à construire. C’est à dire que si jamais avec le GPA, ça ne fonctionnait pas et qu’il serait amené à cesser cette activité, pouvoir avoir une valeur négociable ou que la mairie s’engage à racheter, à hauteur des travaux effectués dans ces locaux, à reprendre, à la proportion, le rachat. Donc, ils veulent ces deux conditions de sortie. Sinon, c’est acté. L’architecte est nommé, les demandes de subventions sont faites. Si ça avance comme ils le souhaitent, on aura un permis de déposé en 2017 et les travaux pourraient commencer dès 2018, pour une ouverture au printemps 2019. Ça, c’est une bonne nouvelle, car c’est un dossier que nous travaillons depuis des années [depuis juillet 2013] qui a été difficile, rendu corrigé. »                                                                                                                                                                   Un dossier à risque pour les contribuables coulonnais. Est-ce qu’une gestion municipale peut accepter de telles conditions spéculatives ?

Monsieur Michel Simon, maire de Coulon, a conclu la soirée de vœux : « Que vous puissiez garder votre optimisme malgré les difficultés de la vie quotidienne et rester confiants dans un avenir plus serein, que cette nouvelle année voit la réalisation de vos projets et de vos souhaits les plus chers. »           On peut toujours rêver.

Gilles PETIT

8ème VENDÉE GLOBE : le film de l’arrivée du vainqueur Armel Le Cléac’h, jeudi 19 janvier 2017 aux Sables d’Olonne (85)

Publié le Mis à jour le

« Premier, sinon rien », Armel Le Cléac’h visait « encore plus haut », après ses deuxième places lors des deux précédentes éditions du Vendée Globe. Il l’a fait. Capt’Action79 était présent à son arrivée aux Sables d’Olonne.

Cette fois, le « chacal » Armel Le Cléac’h, navigateur solitaire, a pleinement réussi son tour du monde, sans escale et sans assistance. Revivez son arrivée aux Sables d’Olonne, le jeudi 19 janvier 2017. Une réalisation Capt’Action79 : https://youtu.be/NEYFjq1JsZ0 .

Le Vendée Globe est la course autour du monde à la voile la plus difficile et la plus célèbre. Surnommé « l’Everest des mers », il consiste à faire le tour de la planète en solitaire, sans escale et sans assistance, au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne, en doublant les trois grands caps mythiques : cap de Bonne Espérance au sud de l’Afrique du Sud, cap Leeuwin au sud de l’Australie et le fameux Cap Horn à la pointe de l’Amérique du Sud. La course traverse les océans Atlantique Sud et Atlantique Nord avant de faire le tour du continent Antarctique, traverser l’océan Indien, puis l’océan Pacifique. A l’instar de tous les grands événements sportifs internationaux (Jeux Olympiques, Coupe du monde de football,…), il est organisé tous les quatre ans depuis 1989. Cette épreuve impitoyable, à la fois aventure humaine et technologique, se court sur des voiliers monocoques de soixante pieds, soit 18,28 m : les IMOCA.

Gilles PETIT

Tourisme en Deux-Sèvres : des Plans cavaliers pour les « Petites Cités de Caractère® »

Publié le Mis à jour le

L’Agence de Développement Touristique des Deux-Sèvres et l’Association Régionale des Petites Cités de Caractère® en Poitou-Charentes (ARPCC) viennent de faire un beau cadeau aux neuf communes deux-sévriennes bénéficiant du label « Petites Cités de Caractère® » : un plan cavalier pour chacune d’elles. L’architecte-dessinateur Damien Cabiron a détaillé la création d’un tel plan et les exploitations possibles.

creation-damien-cabiron
Le plan cavalier de Coulon réalisé par le dessinateur Damien Cabiron.

plan-cavalier-photo-gilles-petit-4968
(De gauche à droite) MM Romain Dupeyrou, Damien Delage et Gilbert Favreau ont présenté les premiers plans cavaliers réalisés dans le département des Deux-Sèvres.

MM Romain Dupeyrou, Gilbert Favreau et Damien Delage, respectivement présidents de l’Agence de Développement Touristique 79, du Conseil départemental 79 et de l’ARPCC, ont accueilli, lundi 10 octobre 2016, des acteurs locaux du tourisme et élus des communes concernées, dans le « Manège » du Conseil départemental. Cet imposant et majestueux « Manège » est situé dans l’aile nord de l’ancienne caserne Du Guesclin sur le Mail Lucie-Aubrac à Niort (Deux-Sèvres). Commencée en 1734 et achevée en 1752, la caserne a abrité jusqu’en 1919 des régiments de cavalerie dont le dernier occupant le 7ème Hussards, avant un régiment d’artillerie jusqu’en 1928. Le lieu était donc idéal pour présenter le plan cavalier. Sans jeu de mots.

Un plan cavalier !? Sur le premier panneau de l’exposition, en place dans le « Manège », M. Damien Cabiron, spécialiste dans l’art de représenter la ville à travers la perspective cavalière, donne cette définition : « Une ville, chacun le sait, est faite de plans et de projets. Pour vivre, il lui faut d’abord un dessin, des mesures d’anticipation, des équipements et des réseaux. Le plan cavalier, par son point de vue élevé et sa représentation combinant plan et élévation, constitue un grand relevé tranché net dans l’épaisseur et le secret de la ville, une manière de voir comment elle s’est tissée, comment elle s’est soudée à elle-même, constituée, épaissie. Émouvant état des lieux d’aujourd’hui, véritable miracle de l’édification et de la réalité, où comment il se fait que des centaines d’acteurs différents aient un jour parlé la même langue, réussi à fabriquer ce bijou serti sur son rocher, souple, aléatoire, long et sinueux, où d’étranges bâtiments se parlent sans se toucher . . . Modèle d’une ville à l’intérieur duquel chacun, soudain, voudrait intervenir. Sans que l’on sache très bien s’il s’agit de s’en inspirer, de le consolider ou de le modifier. »

 Pourquoi « cavalier » ? On dit que ces plans représenteraient une ville vue de la hauteur d’un cavalier, à savoir, 1,70 mètre. Ces plans ne reflètent pas directement la réalité des sites. Ayant la même échelle en avant comme en arrière plans, ces dessins ne sont donc pas naturels pour l’œil humain. C’est, avant tout, un outil de relevé systématiquement utilisé par l’ingénieur, architecte militaire, urbaniste français, Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban. « Il s’agit d’un mode de représentation dans lequel les dimensions réelles sont respectées, largeur, profondeur et hauteur. A la différence de la perspective où les volumes diminuent de taille en fonction de leur éloignement, » souligne le dessinateur Damien Cabiron sur son site Internet (http://www.damiencabiron.fr). « Il s’agit d’une perspective globale ou plutôt d’une perspective axonométrique. Les choses sont représentées comme si l’observateur était infiniment éloigné de l’objet qu’il regarde. Rejeté à cette distance infinie, l’œil de ce spectateur céleste ne verrait jamais converger des droites parallèles entre elles. Ce point de vue théorique offre pour l’arpenteur, l’architecte ou l’ingénieur, l’immense avantage de conserver dans l’image la mesure des choses selon des échelles déterminées pour chaque direction de l’espace.« 

Pas simple à comprendre ? En guise d’explications voici le canevas de plusieurs étapes de la création d’un plan cavalier, expliquées par le dessinateur :

 

L’Association des Petites Cités de Caractère® en Poitou-Charentes a pris en charge la réalisation de neuf plans cavaliers. En Deux-Sèvres, sont bénéficiaires les communes d’Airvault, Arçais, Celles-sur-Belle, Coulon, La-Mothe-Saint-Héray, Mauléon, Melle, Oiron et Saint-Loup-Lamairé. Et bientôt Chef-Boutonne. Elles pourront exploiter, morceler, agrandir, ces plans numérisés en de multiples déclinaisons en communication (touristique, . . .), en document technique ( prospections, simulations de nouveaux projets architecturaux, urbanistiques ou d’aménagements urbains). Mais aussi pour enrichir leurs sites internet, des publications sur divers supports comme des cartes postales . . .

Gilles Petit

Crédit documents Damien Cabiron et Anne Holmberg, 103 rue des nouvelles, 39100 Dole Tél :03.84.72.96.69 ou 06.78.99.51.90

MARAIS POITEVIN : La Vélo Francette® chez Marinette à Coulon (Deux-Sèvres – France)

Publié le Mis à jour le

Après avoir hébergé M. Nicolas Moreau-Delacquis, le journaliste-vélo qui rédigeait alors le tout premier topo-guide pour La Vélo Francette®, paru en avril 2016, Mme Marinette Boisselier, gérante des chambres d’hôtes « Les Roseaux » installées à Coulon (Deux-Sèvres), a accueilli les Hollandais Jan et Margit Heitlager, venus, en . . . voiture, parcourir, à . . . vélo, des circuits annexes dans le Marais Mouillé du Marais Poitevin. Une étape dans un périple qui suit La Vélo Francette®, la dernière née des 43 véloroutes tracée entre Ouistreham (Normandie) et La Rochelle (Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes).

Mme Marinette Boisselier (au centre) a hébergé les Hollandais Margit et Jan Heitlager, en ses chambres d’hôtes (CléVacances) « les Roseaux » à Coulon.

LogoVeloFrancette-Haut-QJan et Margit Heitlager résident à De Haal, près de la ville de Oostzaan à une dizaine de kilomètres au nord d’Amsterdam, la capitale néerlandaise. Un pays d’eau, où « la nature est protégée » explique Jan, comparable au Marais Poitevin, seconde zone humide de France. Et plus exactement au Marais Mouillé, appelé « La Venise Verte ». C’est en découvrant le topo-guide La Vélo Francette®, rédigé en français car la version néerlandaise n’existe pas encore, que ces passionnés de cyclisme-loisir ont décidé de passer leurs vacances en France.

Au départ de Coulon, Jan et Margit Heitlager ont parcouru 40 à 50 km chaque jour sur des circuits balisés.
Laissant leur voiture au parking, Jan et Margit Heitlager ont parcouru 40 à 50 km chaque jour sur des circuits balisés, au départ de Coulon.

Quand ils parlent vélo, les Hollandais parlent en connaisseurs. « Pour nous, les Hollandais, la première destination de vacances, c’est la France, déclare M. Jan Heitlager. Chez nous, c’est tout plat, alors qu’en France, vous avez des collines, des montagnes, l’Alpe d’Huez.  » Dans un français encore hésitant, aidé par le dictionnaire de Margit, le retraité précise : « Il y a deux catégories de cyclistes hollandais, ceux qui sont montagne et ceux qui sont plaine. Margit et moi sommes plutôt plaine. » Cependant, nos voyageurs ont remarqué la naissance d’une troisième catégorie : le vélo à assistance électrique. « Malheureusement, nous ne trouvons pas de bornes de rechargement sur les parcours balisés. » Selon Mme Boisselier : « Un créneau que la France devra occuper rapidement si elle veut rester compétitive. »

Identifiable par son logo apposé sur les balises des circuits locaux existants, La Vélo Francette® propose des variantes, comme celle de Coulon (photo).

Après un premier arrêt d’une semaine autour d’Angers (Maine-et-Loire) et des châteaux de la Loire, pour la seconde étape de leur périple au fil de La Vélo Francette®, Jan et Margit Heitlager ont choisi un point central pour poser leur voiture dans le but de sillonner des parcours annexes balisés. Ils ont déniché l’adresse coulonnaise dans le topo-guide parmi les gîtes labellisés « Accueil Vélo ». « Retraités, pas vraiment fortunés, nous souhaitions nous reposer tout en visitant un marais totalement inconnu avant. » Ouverte en 2015, La Vélo Francette®, nouvel itinéraire de 630 km balisés, est conçue pour les « Cyclistes du dimanche, mordus du 2 roues ou amateurs de belles épopées ». Coulon ne se trouve pas sur le tracé initial (Niort – La Rochelle), lequel traverse les proches villages de Magné et La Garette. Mais il est proposé des variantes dont une dirige les cyclistes vers Coulon.

Gilles PETIT

Marinette et Patrice BOISSELIER Les Roseaux  285 route du Grand Coin  79510 COULON
Tél : 05.49.35.03.08;  06.71.26.10.74 ; mail : contact@lesroseaux.com

FVT - Grand itinéraire V43 - Vélofrancette